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Ersi Volonaki, figure incontournable de l’économie mahoraise, nommée chevalier de la Légion d’honneur

Ersi Volonaki, figure incontournable de l'économie mahoraise, nommée chevalier de la Légion d'honneur

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La présidente du groupe Sodifram figure parmi les personnalités étrangères distinguées à l’occasion du 14 juillet 2026. Le décret du 13 juillet 2026, publié au Journal officiel le lendemain, l’officialise : Ersi Volonaki, de nationalité grecque, présidente de la Sodifram, est nommée chevalier de la Légion d’honneur. Elle figure sur la liste du protocole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, aux côtés notamment de l’actrice Natalie Portman. Le texte salue « 34 ans de services », soit l’aventure entamée en 1992, lorsque la Société de distribution franco-mahoraise a pris son essor à Mayotte.

De Thessalonique à Mayotte, en passant par Paris

Rien ne prédestinait cette enseignante à devenir l’une des figures de proue de l’économie mahoraise. Née en Grèce, Ersi Volonaki a fait ses études à l’Université Aristote de Thessalonique et a continué avec un DEA à la Sorbonne, où naît son attachement profond à la langue et à la culture française. De retour en Grèce, elle enseigne les langues pendant une dizaine d’années à l’Institut français de Thessalonique. En parallèle, elle aide des entreprises françaises à se repérer dans le monde des affaires grecques. Elle y acquiert une première expérience de l’import-export et du transport, en particulier dans l’agroalimentaire.

Elle épouse Gérard Roudolff et s’installe à Paris en 1984 où elle a fondé sa propre entreprise de négoce international. En parallèle aux cotés de son mari, elle jette les bases de ce qui deviendra le groupe Sodifram. Le couple mise sur Mayotte à une époque où tout reste à construire. Le premier magasin ouvre rue du Commerce, à Mamoudzou, au début des années 1990. Ersi Volonaki assurait depuis le départ la présidence du groupe implanté à Mayotte.

Gérard Roudolff, cofondateur et coactionnaire du groupe, est décédé le 25 avril 2026. Le 4 mai, une messe lui a rendu hommage en l’église Notre-Dame de Fatima de Mamoudzou, au moment même où se tenaient ses obsèques à Paris. Tous les magasins Sodifram  étaient fermés jusqu’à 13 heures. Moins de trois mois plus tard, la distinction accordée à Ersi Volonaki vient saluer un parcours qu’elle a longtemps mené à ses côtés.

Un groupe profondément ancré dans l’île

Parti de quelques commerces alimentaires, le groupe compte aujourd’hui une quarantaine de sites et plus d’un millier de salariés. Dès 2016, Mayotte Hebdo le présentait comme le premier employeur privé de l’île. Ses enseignes font partie du quotidien des Mahorais : Baobab, Sodifram supermarché, Sodicash, Hyperdiscount, Jéjé, Intersport, SEMDS ou encore Musada, rachetée en 2001.

Le groupe maîtrise l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, de l’achat à l’importation, jusqu’à la logistique et le transport. Il entend ainsi livrer des produits frais au plus vite, malgré les contraintes logistiques d’une île éloignée de ses fournisseurs. Depuis 2007, au moins un nouveau magasin a vu le jour chaque année.

En mars 2016, Ersi Volonaki a été sacrée « Manager de l’année 2015 » lors de la 4e édition des Trophées mahorais de l’entreprise. Le jury saluait notamment l’implantation à Kawéni de Goody’s, pionnier grec de la restauration rapide.

Un engagement local

Le groupe revendique une politique fondée sur la traçabilité et le recours aux fournisseurs de la région. Il référence ainsi des productions locales afin que le développement économique puisse être aussi favorisé. La politique prix est le point fort du groupe le mettant en position de leader sur son marché. Sodifram soutient par ailleurs des manifestations culturelles, sportives et humanitaires. Elle accueille aussi chaque année de nombreux alternants et forme de jeunes cadres mahorais.

Cet engagement a été mis à rude épreuve lors du cyclone Chido, en décembre 2024, lorsque le magasin des Hauts-Vallons, à Mamoudzou, a rouvert dès le lendemain de la catastrophe. Tandis que l’île manquait d’eau de nourriture et d’électricité, le groupe était en mesure d’assurer l’approvisionnement de la population grâce à ses entrepôts suffisamment grands et bien stockés.

Madame Volonaki a toujours fait preuve d’engagement, d’humanité et de bienveillance à l’exercice de ses fonctions. Elle est fière de la réussite de son entreprise et du rôle qu’elle joue dans la vie quotidienne des mahorais.

Une reconnaissance de la République

Plus haute distinction nationale, la Légion d’honneur récompense des mérites éminents. Elle peut être décernée à des étrangers pour les services rendus à la France. Elle vient ici saluer trente-quatre années de travail, de persévérance et de fidélité à une terre d’adoption.

De l’Institut français de Thessalonique aux rayons des supermarchés mahorais, le parcours d’Ersi Volonaki est celui d’une femme qui a fait de la rigueur et de l’attention portée à ses équipes, le fil conducteur de sa vie. Pour une grande partie de Mayotte, c’est aussi une réussite dont l’île peut être fière.

Comores : un influenceur publie les déchets de Moroni et crée une polémique

Comores : un influenceur publie les déchets de Moroni et crée une polémique

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Le youtubeur Davud Akhundzada, qui a également visité plusieurs pays de la région de l’océan Indien, a déploré la désorganisation dès l’aéroport, avant de filmer les déchets jonchant les rues de la capitale. Sa vidéo a suscité un tollé autour d’un problème qui est tout sauf nouveau.

Indignation et soutien. Ce sont les deux mots qui cristallisent le débat qui agite l’opinion comorienne depuis vendredi, après la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo par un influenceur azerbaïdjanais appelé Davud Akhundzada. « C’est l’enfer tropical, le problème des ordures est horrible, pire ici à Moroni. » Ce titre accompagne l’un des vlogs du youtubeur et a entraîné, en quelques heures, des réactions mitigées, probablement pour avoir touché un point sensible : celui de la gestion des ordures dans la capitale de l’Union des Comores.

« C’est une vidéo qui résonne comme un véritable coup de massue. Est-ce l’électrochoc nécessaire pour une prise de conscience collective ? Dans un pays comme le Rwanda, la responsabilité est collective. Chacun met la main à la pâte. En effet, cette prolifération des déchets et des ordures dans des points aussi stratégiques est une honte. Et cette polémique met également en lumière les actes manqués du passé, rappelant que la campagne nationale de propreté initiée par le président Azali en 2016 est restée lettre morte, faute d’un suivi gouvernemental adéquat », soulève Hamidou Mhoma, membre du patronat.

Arrivé dans l’archipel vendredi, Davud Akhundzada, qui cumule près de deux millions d’abonnés sur Facebook, a partagé ses impressions moins de 24 heures après sa descente d’avion. Il a commencé par filmer l’aéroport avant de se rendre dans les rues de Moroni, où il a été stupéfait par l’état du littoral.

« C’est absolument dégoûtant. Je vais vous montrer. Quelle quantité de déchets dans l’océan ! Oh mon Dieu. Ça devient encore plus dégoûtant, les gars. C’est absolument incroyable. Vous savez, ça me brise le cœur. C’est la capitale. L’océan est magnifique, splendide, quand on regarde en bas. Voilà ce que vous voyez. C’est là que les poissons nagent, au milieu des déchets. C’est incroyable à voir », raconte-t-il alors qu’il filmait l’océan, près du port.

Hausse de 7 % des arrivées en 2025

Selon la Banque centrale des Comores, en 2025, le secteur tertiaire a poursuivi son dynamisme, avec une croissance de 3,6 % de sa valeur ajoutée, portée principalement par la bonne performance du commerce et des activités touristiques.

« De même, le dynamisme des activités touristiques s’est poursuivi avec une nouvelle progression de la valeur ajoutée des services issue des hébergements et de la restauration, reflétée par la hausse de 7 % des arrivées aux frontières », indique le rapport annuel, publié début septembre.

Samedi, le vlog du créateur de contenu azerbaïdjanais, qui affirme avoir visité 87 pays dans le monde, dont les Comores, tournait encore en boucle sur Facebook. Davud est allé jusqu’à conclure : « Ils ont de superbes paysages, une nature incroyable, mais ils ne sont pas prêts pour le tourisme. Ils ne sont pas vraiment habitués au tourisme », a-t-il déclaré à ses deux millions d’abonnés.

D’aucuns n’ont pas apprécié ces propos et dénoncent son geste, lui reprochant d’avoir montré ce côté insalubre du pays au reste du monde.

« Quel que soit ce qu’il y a dans notre pays, aucun étranger n’a le droit de venir filmer et publier comme ça, car on n’aurait pas été autorisés à le faire à Dubaï. Pour moi, c’est une question de respect et le mec est mal éduqué », s’est offusqué Tourki Mohamed Ali, entrepreneur et fondateur de la startup de location de voitures Sahilkom.

Et il faut dire qu’il n’est pas le seul à dénoncer le contenu de la vidéo de M. Davud. Mais pour d’autres, et c’est l’avis de la majorité, s’indigner parce qu’un étranger a publié une réalité connue de tous relève d’une forme d’hypocrisie.

À Madagascar aussi, l’influenceur a filmé et publié, le 3 septembre, les immondices d’Antananarivo, rappellent de nombreux internautes comoriens, qui appellent à se servir de cette vidéo pour rectifier le tir.

Triste réalité

« Cet influenceur nous a interpellés sur une triste réalité. Malgré notre potentiel, qui reste sous-exploité, les déchets qui jonchent le long de nos plages et altèrent la beauté de nos paysages méritent une gestion durable et réfléchie, ainsi qu’une responsabilité collective », glisse une source du ministère du Tourisme, ajoutant que Davud interpelle le pays sur les défis structurels relatifs à la promotion du secteur du tourisme, à moins d’un an des Jeux des îles de l’océan Indien de 2027.

« Le tourisme est un secteur transversal, qui commence par l’accueil des visiteurs à l’aéroport, le visa, les fouilles des bagages, le tarmac, avant de parler des déchets », relève notre source, soulignant que Moroni, avec son statut particulier, est la seule commune qui bénéficie d’un soutien financier de l’État pour la gestion des déchets.

Le pays dispose d’une loi de 2017 interdisant l’importation des sacs en plastique, ainsi que de tout un arsenal juridique contre cette pollution, qui reste la plus visible dans tous nos écosystèmes terrestres, marins et côtiers.

« Mais pour les sachets, on attend toujours la validation des textes d’application. Nos services douaniers, eux aussi, ont transformé ce business des sachets en marché noir », poursuit notre source, qui pointe surtout l’attitude d’une partie de la population.

« Je me rappelle quand les jeunes de Moroni nettoyaient la baie de Kalaweni. Chaque matin, ils trouvaient quand même des déchets déversés. Nos principaux maux sont l’incivilité et le manque de patriotisme », regrette un cadre de la commune de Moroni.

OZM répond aux revendications de Force ouvrière avant la grève annoncée

OZM répond aux revendications de Force ouvrière avant la grève annoncée

Après l’annonce par Force ouvrière d’un préavis de grève illimitée à compter du 5 octobre au sein de l’association Ouzouissa Zifeli Maoré (OZM), la direction apporte plusieurs précisions sur les revendications évoquées dans nos colonnes, le 21 septembre dernier. Elle affirme notamment que le travail en binôme et les postes de nuit de douze heures sont déjà appliqués et souhaite désormais formaliser ou sécuriser ces dispositifs.

Le 17 septembre, Force ouvrière a déposé un préavis de grève illimitée concernant l’ensemble des salariés de l’association, avec un début de mouvement annoncé le lundi 5 octobre à 7 heures en l’absence de “négociation sérieuse”.

FO mettait notamment en avant une dégradation des conditions de travail et l’épuisement des équipes. Le syndicat demandait notamment la mise en place obligatoire du travail en binôme pour la mobilisation et les soins des résidents lourdement dépendants, une dérogation permettant aux personnels de nuit de travailler en douze heures, ainsi que l’arrêt de notes de service considérées comme coercitives lorsqu’elles sont diffusées sans dialogue préalable. Il réclamait également une transmission plus transparente et plus rapide des informations concernant les hospitalisations et les arrêts maladie.

C’est dans ce contexte qu’OZM a souhaité exercer son droit de réponse. L’association conteste plusieurs éléments présentés dans le cadre du mouvement et affirme avoir répondu favorablement aux revendications formulées par le syndicat, tout en précisant que certaines mesures étaient déjà appliquées.

“Il a été répondu favorablement à la totalité des revendications exprimées, alors qu’elles étaient déjà appliquées au sein de l’association”.

Sur le travail en binôme, la direction d’OZM affirme que cette organisation existe déjà pour les résidents nécessitant l’accompagnement le plus lourd.

“Le travail en binôme pour les résidents nécessitant l’accompagnement le plus lourd était déjà mis en œuvre au sein de l’établissement. La Direction a proposé de formaliser cette organisation par écrit, afin d’en garantir la pérennité et la lisibilité pour les équipes”.

La question des horaires de nuit fait également partie des revendications de FO. Le syndicat demandait une dérogation afin de permettre aux personnels concernés de travailler en postes de douze heures. OZM affirme que cette organisation existe déjà et explique avoir saisi les services compétents pour en examiner le cadre juridique.

“S’agissant du travail de nuit en postes de douze heures, cette organisation était déjà appliquée pour le personnel concerné. Afin d’en sécuriser le cadre juridique, OZM a formalisé, le 19 septembre 2026, une demande d’examen auprès de la DEETS de Mayotte, dans le respect des limites applicables à la durée du travail, aux repos et aux garanties dues aux salariés”.

L’association répond également aux critiques visant certaines notes de service, que Force ouvrière considère comme coercitives lorsqu’elles sont diffusées sans échange préalable avec les équipes. OZM réfute cette présentation et explique leur existence par les impératifs liés à la prise en charge des résidents.

“Quant aux notes de service qualifiées de “coercitives”, elles ont pour objet d’encadrer les pratiques afin d’assurer la sécurité des résidents lourdement polyhandicapés. La Direction a, en outre, proposé qu’un temps d’échange préalable avec les équipes concernées précède la diffusion de toute nouvelle note de service”.

Sur la circulation des informations concernant les arrêts de travail et les hospitalisations, l’association rappelle les contraintes liées au secret médical. Elle distingue toutefois ces données individuelles des informations nécessaires à l’organisation du service.

“OZM rappelle que les informations relatives aux arrêts de travail et aux hospitalisations des salariés sont soumises au respect du secret médical. L’organisation des remplacements peut, en revanche, être communiquée aux équipes sans divulgation de données médicales”.

Pour la direction, ces différents éléments doivent permettre de poursuivre les échanges avec les représentants du personnel alors que le préavis de grève doit prendre effet le 5 octobre.

“OZM demeure pleinement attachée à la continuité et à la qualité de l’accompagnement des résidents, ainsi qu’au dialogue social. Force ouvrière a ainsi été invitée à une réunion de discussion”.

Les peines de Rachadi Saindou et Salime Mdéré partiellement confirmées en appel

Les peines de Rachadi Saindou et Salime Mdéré partiellement confirmées en appel

La chambre d’appel de Mamoudzou a largement confirmé, ce jeudi 1er octobre, les condamnations de Rachadi Saindou et Salime M’déré prononcées en première instance en juin 2024. L’ancien président de la Cadema est condamné à deux ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, quatre ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende. Cette dernière avait été fixée à 50 000 euros en première instance.

Au cœur du dossier figure notamment le recrutement de Salime M’déré par la Cadema. La justice a considéré que l’ancien premier vice-président du Département avait bénéficié d’un emploi de complaisance, rémunéré plus de 39 000 euros, pour un travail jugé fictif. Rachadi Saindou était également poursuivi pour plusieurs marchés publics attribués à la société May Environnement, que l’accusation estimait avoir été fractionnés afin de contourner certaines règles de mise en concurrence, ainsi que pour les conditions d’achat d’un véhicule de fonction de la Cadema. Il a été reconnu coupable de prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et favoritisme. Salime M’déré a, lui, été reconnu coupable de recel de prise illégale d’intérêts et de recel de détournement de fonds publics.

Salime M’déré écope d’un an de prison, dont six mois ferme sous bracelet électronique, de deux ans d’inéligibilité, de deux ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique et de 25 000 euros d’amende. Leur procès en appel s’était tenu le 5 juin dernier. L’avocate de Rachadi Saindou a indiqué qu’elle étudierait la possibilité d’un pourvoi en cassation.

EDM intervient sur son réseau haute tension pour réparer les dégâts de Chido

EDM intervient sur son réseau haute tension pour réparer les dégâts de Chido

Électricité de Mayotte (EDM) a annoncé, ce mercredi 30 septembre, avoir récemment mené une opération de maintenance sur son réseau haute tension de 90 000 volts. Les équipes ont procédé au remplacement d’isolateurs endommagés sur plusieurs pylônes ainsi qu’au retrait d’une tôle restée coincée sur une ligne électrique depuis le passage du cyclone Chido. Réalisée avec l’appui du prestataire spécialisé Meziane, l’intervention a également permis de former les techniciens d’EDM directement sur le terrain. L’objectif est double : renforcer la résistance du réseau face aux aléas climatiques et développer les compétences locales pour assurer, à terme, ce type d’intervention.

Trois Mahoraises en finale des Women Entrepreneur Awards 2026

Trois Mahoraises en finale des Women Entrepreneur Awards 2026

Anliati Attoumani, Jacqueline Guez et Amina Madi-Bao représenteront Mayotte lors de la grande finale des Women Entrepreneur Awards (WEA), le 31 octobre 2026 à Maurice. Les trois entrepreneures figurent parmi les 25 finalistes de ce concours régional qui récompense les cheffes d’entreprise pour leur développement économique, leur capacité d’innovation et leur impact sur la société.

Créés à Maurice, les Women Entrepreneur Awards en sont à leur troisième édition et s’ouvrent pour la première fois à l’ensemble de la région, dont Mayotte. Le concours s’adresse aux femmes qui dirigent une entreprise en activité depuis au moins un an et en détiennent au minimum 50 % des parts, ou en sont actionnaires majoritaires. Le jury examine notamment la croissance de leur activité, leur capacité à innover, leur rôle de dirigeante et les retombées sociales ou environnementales de leur entreprise. Plusieurs distinctions sont prévues, dont celles de l’entrepreneure la plus innovante, la plus durable et celle ayant le plus d’impact, ainsi qu’un titre de championne WEA de l’année.

Au total, 55 femmes avaient initialement postulé à cette édition, dont 45 ont complété un questionnaire détaillé portant sur leurs résultats, les difficultés rencontrées et leurs ambitions. À l’issue des délibérations, 25 entrepreneures ont été retenues. Maurice et Rodrigues comptent dix finalistes, Madagascar, La Réunion et les Seychelles quatre chacune, et Mayotte trois.

« Il est très beau de constater que nos 25 finalistes représentent toujours chacun des territoires engagés dans cette édition, et qu’elles apportent une telle variété de secteurs, de stades de développement et de parcours », souligne Kirti Sheonarain, fondatrice des Women Entrepreneur Awards.

Les candidates ont désormais rendez-vous le 31 octobre à Maurice pour la grande finale. Chacune devra présenter son entreprise et défendre son parcours devant le jury et le public. Les finalistes des autres territoires pourront également participer à distance si elles ne peuvent pas effectuer le déplacement.

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Acoua : la Chambre régionale des comptes pointe un déficit de 5,2 millions d’euros et impose un plan de redressement

Acoua : la Chambre régionale des comptes pointe un déficit de 5,2 millions d’euros et impose un plan de redressement
Les comptes de la commune faisaient apparaître, au 31 décembre 2025, 6,54 millions d’euros de recettes enregistrées mais non encore régularisées.

Dans un avis rendu le 25 juin 2026, la Chambre régionale des comptes de Mayotte estime que le budget primitif 2026 de la commune d’Acoua est en déséquilibre. Elle demande à la municipalité de rectifier son budget et prévoit un plan de redressement sur six ans, jusqu’en 2031.

Le budget 2026 de la commune d’Acoua ne respecte pas, selon la Chambre régionale des comptes (CRC) de Mayotte, les conditions d’un équilibre budgétaire réel. Saisie le 26 mai par le préfet de Mayotte, la juridiction financière a examiné le budget adopté par le conseil municipal le 29 avril dernier.

Après analyse des comptes, des restes à réaliser et des recettes et dépenses inscrites au budget, la Chambre estime que le budget communal présente un déséquilibre de 5,267 millions d’euros.

Des comptes 2025 déjà déficitaires

La situation financière de la commune était déjà déficitaire à la clôture de l’exercice 2025. D’après le compte de gestion provisoire retenu par la Chambre, le résultat de fonctionnement affiche un déficit de 21 586 euros, tandis que le déficit de la section d’investissement atteint 1,686 million d’euros.

En tenant compte des déficits antérieurs, le déficit cumulé de la section d’investissement s’élève à 4,145 millions d’euros. Le déficit global de clôture pour 2025 atteint ainsi 4,166 millions d’euros.

La CRC relève également plusieurs difficultés dans la présentation et la justification des comptes. La commune n’avait notamment pas inscrit certains restes à réaliser dans son budget primitif, alors que des montants importants figuraient dans différents documents budgétaires.

Des recettes et dépenses corrigées

La Chambre a procédé à plusieurs corrections. Elle retient notamment 7,76 millions d’euros de recettes restant à réaliser et 7,69 millions d’euros de dépenses restant à réaliser.

Plusieurs recettes prévues par la commune ont été écartées ou réduites faute de justificatifs suffisants. C’est notamment le cas de plusieurs opérations d’investissement concernant des équipements sportifs, des établissements scolaires, la voirie ou encore l’éclairage public.

La CRC relève par ailleurs que la commune avait inscrit 2,1 millions d’euros d’emprunt comme une recette nouvelle alors que les fonds avaient déjà été encaissés en avril 2025. La Chambre demande donc que cette somme soit traitée comme un reste à réaliser.

En fonctionnement, elle estime également que certaines dépenses avaient été sous-évaluées. Le chapitre consacré aux charges générales, notamment, avait été budgété à 206 414 euros, alors que les dépenses exécutées en 2025 atteignaient près de 693 000 euros. La Chambre propose de porter cette enveloppe à 700 000 euros.

Plus de 6,5 millions d’euros à régulariser

Autre point relevé dans l’avis : les comptes de la commune faisaient apparaître, au 31 décembre 2025, 6,54 millions d’euros de recettes enregistrées mais non encore régularisées.

La Chambre souligne que certaines de ces sommes avaient été encaissées depuis plusieurs années sans avoir fait l’objet de l’émission des titres de recettes correspondants. Elle demande donc à la commune de procéder aux régularisations comptables nécessaires.

Parmi ces recettes, 824 750 euros sont identifiés comme pouvant être rattachés à la section de fonctionnement et 1,21 million d’euros à la section d’investissement.

Un redressement prévu jusqu’en 2031

Compte tenu de l’ampleur du déficit d’investissement, la Chambre considère qu’un retour à l’équilibre ne peut pas être réalisé sur un seul exercice. Elle propose donc un plan de redressement sur six ans, de 2026 à 2031.

Pour 2026, les mesures proposées doivent permettre de dégager un excédent de fonctionnement de 460 842 euros, destiné à être transféré vers la section d’investissement. Après ces mesures, le déficit d’investissement resterait toutefois de 2,97 millions d’euros.

Pour les exercices suivants, la CRC fixe comme objectif à la commune de dégager au moins 600 000 euros d’excédent chaque année afin de résorber progressivement ce déficit.

La Chambre prévoit également une maîtrise des dépenses. Les charges générales et autres charges de gestion doivent être maintenues sous 1,55 million d’euros, tandis que les dépenses de personnel doivent être durablement plafonnées à 3,7 millions d’euros.

Une hausse des impôts envisagée

La Chambre relève par ailleurs que les taux de fiscalité directe locale appliqués par Acoua sont inférieurs aux taux moyens communaux observés à l’échelle départementale. Elle estime que la commune dispose ainsi d’une marge de manœuvre pour augmenter ses recettes fiscales.

Dans son plan de redressement, la CRC prévoit donc une progression des recettes fiscales au cours des prochaines années. Elle précise qu’une hausse insuffisante des recettes ou une augmentation des dépenses pourrait conduire à de nouvelles propositions de hausse des taux.

Le conseil municipal doit revoir son budget

La Chambre régionale des comptes constate officiellement le déséquilibre du budget primitif 2026 et demande à la commune d’adopter une nouvelle délibération dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’avis.

Le conseil municipal devra ainsi rectifier le budget conformément aux propositions formulées par la juridiction financière. L’avis doit également être présenté au conseil municipal lors de sa prochaine réunion et faire l’objet d’une publicité immédiate.

La Chambre demande enfin que les mesures de redressement soient appliquées sur la période 2026-2031, avec un suivi de la situation financière de la commune au cours des prochains exercices.

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Septembre en Or : une journée dédiée aux enfants malades

Septembre en Or : une journée dédiée aux enfants malades

Dans le cadre de septembre en Or, mois de sensibilisation aux cancers pédiatriques, le centre hospitalier de Mayotte a organisé, ce mercredi 30 septembre, une journée spéciale en faveur des enfants atteints de cancer. Médecins, infirmiers et étudiants de l’institut de formation en soins infirmiers (IFSI) se sont tous mobilisés pour offrir aux enfants malades résidant sur le territoire un moment de joie, de partage et de convivialité.

À travers cette initiative, les équipes soignantes et les futurs professionnels de santé ont souhaité mettre les enfants à l’honneur et leur apporter, le temps d’une journée, un peu de légèreté et de réconfort dans leur parcours de soins.

L’idée de cette journée était avant tout de permettre aux enfants malades de s’amuser, de profiter d’un moment de détente et de se changer les idées grâce aux différentes activités proposées sur les différents stands. Le temps de quelques heures, l’objectif était de leur faire oublier leur maladie et leur quotidien à l’hôpital, parfois vécu entre quatre murs, loin de la lumière du jour. Cette journée leur a ainsi offert une véritable parenthèse de légèreté, de rire et de convivialité.

Cette journée a également été rendue possible grâce à la mobilisation de plusieurs associations, entreprises et partenaires locaux. À Mayotte, des dons de jouets, de cadeaux et de goûters ont notamment permis d’offrir aux enfants un moment encore plus chaleureux : “ Ici, à Mayotte, on a fait appel à quelques connaissances et à quelques contacts qui ont accepté de faire des dons, notamment de jouets et de cadeaux ”, confie Jaffar Fanyadat, puéricultrice formatrice à l’IES.

Parmi les organismes mobilisés figurent notamment l’association Asca Mayotte, l’association Amalca ainsi que l’association Joana Tissot, qui a également prévu d’offrir le goûter aux enfants. L’entreprise Handei s’est, elle aussi, associée à cette initiative en proposant gratuitement des séances de photo aux jeunes participants. Ils pourront ainsi repartir avec un souvenir de cette journée.

Des enfants finalement heureux et épanouis

Cette initiative a également permis aux parents de souffler, de se reposer et de retrouver un peu de sérénité, tout en sachant leurs enfants entourés et accompagnés par les équipes mobilisées pour l’occasion. Il y avait dans l’ensemble une dizaine d’enfants.

Hamada Nadjma, mère d’un enfant hospitalisé, partage son soulagement après cette journée. Préférant ne pas dévoiler le prénom de son enfant, elle se réjouit de l’avoir vu participer aux différentes activités proposées : “ Il a participé à la chasse au trésor, avec un jeu à gagner à la fin, puis à l’activité de décoration de gâteaux. Il a pu participer à des activités manuelles, c’est bien. C’est quelque chose qu’il faut continuer ”, témoigne-t-elle.

Hamada Nadjma précise que son enfant souffre d’un rhabdomyosarcome, une forme de cancer qui a touché sa jambe. Son fils a été suivi à La Réunion pendant près de deux ans. La famille est désormais de retour à Mayotte, où il poursuit son suivi médical. Pour elle, ce type d’action est particulièrement important, car il permet aux jeunes patients de s’évader.

Avec le sourire, une jeune patiente résume simplement cette journée : “ La journée s’est bien passée, car j’ai pu jouer. ”

Un moyen de sensibiliser et de faire passer un message

“ La sensibilisation ne se fait pas seulement au niveau de l’hôpital, elle commence dès l’école. Aujourd’hui, ces ateliers se déroulent au sein de l’IFSI, où sont formés les futurs professionnels de santé de Mayotte. Nous avons donc souhaité marquer le coup depuis l’IFSI. Les étudiants sont sensibilisés depuis leur rentrée, il y a maintenant un mois”, partage Samianti Kalame, directrice des soins et coordinatrice des écoles au CHM.

Elle explique que, dès lors que les parents arrivent à l’hôpital pour une prise en charge et qu’une maladie cancéreuse est diagnostiquée, tout un parcours se met en place : dépistage, bilan, examens complémentaires. L’objectif est de déterminer précisément la nature de la pathologie. Une fois le type de pathologie identifié par les équipes, l’accompagnement se met progressivement en place. Des professionnels de santé partenaires interviennent également auprès des familles, notamment à domicile et en libéral, afin d’assurer la continuité de la prise en charge.

Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre de septembre en Or, une campagne destinée à sensibiliser le public aux cancers de l’enfant et à rappeler l’importance de leur prise en charge et de leur accompagnement.

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123 cas de braconnage de tortues recensés par le REMMAT en 2025

123 cas de braconnage de tortues recensés par le REMMAT en 2025
Si les 123 cas de braconnage recensés en 2025 restent proches des 129 enregistrés en 2024, ce chiffre est à mettre en regard de la forte baisse des actions de suivi, passées de 301 à seulement 59 en un an.

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En 2025, 173 tortues mortes ou en détresse ont été recensées par le REMMAT, dont 123 victimes de braconnage. Le bilan détaille les cas documentés sur le territoire, avec une forte concentration dans plusieurs secteurs comme Papani, Nyamba et Lampi.

En 2025, selon son bilan annuel publié le 14 septembre dernier, le Réseau échouage mahorais de mammifères marins et de tortues marines (REMMAT) a recensé 173 cas de tortues mortes ou en détresse, sans risque de doublon.

En ajoutant les 43 situations pour lesquelles un double comptage ne pouvait être totalement écarté, le bilan porte l’intervalle à 216 cas. Le réseau précise que ces données ne permettent pas de mesurer le nombre réel de tortues mortes ou en détresse sur le territoire, mais uniquement les cas qui lui ont été signalés et documentés.

La tortue verte représente l’immense majorité des animaux recensés : 91 % des cas identifiés concernent cette espèce, contre 4 % pour la tortue imbriquée. Dans 5 % des situations, l’état du cadavre ou l’absence d’éléments suffisamment précis n’a pas permis d’identifier l’espèce. Les trois autres espèces de tortues pouvant être observées dans les eaux mahoraises – caouanne, luth et olivâtre – ne figurent pas parmi les animaux recensés en 2025.

123 cas de braconnage recensés

Comme les années précédentes, le braconnage reste la principale cause de mortalité des tortues recensées par le REMMAT. Le bilan indique qu’il représente 90 % des causes de mortalité en 2025, avec 118 tortues mortes, une proportion supérieure à la moyenne enregistrée depuis 2011, qui s’établit à 83 %. Au total, 123 cas de braconnage ont été documentés sans risque de doublon : 118 tortues ont été retrouvées mortes, avec leur carapace permettant de confirmer qu’il s’agissait d’individus distincts, et cinq ont été retrouvées vivantes après une tentative de braconnage.

123 cas de braconnage de tortues recensés par le REMMAT en 2025
La plage de Papani, à Dzaoudzi-Labattoir, concentre à elle seule 37 cas de braconnage recensés par le REMMAT en 2025, devant Nyamba à Chiconi (28) et Lampi à Kani-Kéli (10).

Ces cinq survivantes illustrent aussi une autre réalité du travail du réseau. Début juin, à Papani, à Pamandzi, une tortue verte femelle a ainsi été retrouvée sur le dos, coincée sous des rondins de bois. Dans ce secteur où une forte activité de braconnage était relevée, le contexte de découverte a conduit les membres de l’association Oulanga Na Nyamba à retenir cette cause de détresse. L’animal a été libéré puis remis sur son plastron pour pouvoir regagner la mer par ses propres moyens.

Avec 123 cas de braconnages recensés en 2025 contre 129 en 2024, le nombre de cas documentés reste proche d’une année sur l’autre. Le REMMAT souligne toutefois que cette évolution intervient malgré une forte baisse des actions de suivi et relève des cas de braconnage notamment dans des zones moins suivies.

37 cas de braconnage à la plage de Papani

La répartition géographique fait ressortir plusieurs secteurs. Le tableau du bilan recense notamment 39 cas à Dzaoudzi-Labattoir, 30 à Chiconi, 24 à Kani-Kéli, 12 à M’tsangamouji et dix à Acoua. À Chiconi, 28 des cas sont localisés sur la plage de Nyamba. À Kani-Kéli, la plage de Lampi en concentre dix. À Dzaoudzi-Labattoir, Papani représente à elle seule 37 cas dans le tableau détaillé du bilan.

Le mois de septembre ressort également avec 25 cas de braconnage recensés. Le bilan précise que cette concentration doit être mise en regard de la présence accrue de personnes formées au REMMAT sur certaines plages, notamment à Papani, Nyamba et Lampi. Mars dépasse également les 25 cas, tandis que mai, juin et juillet dépassent les 15 cas.

Quatre signalements de mammifères marins

Le volet consacré aux mammifères marins est beaucoup plus réduit, avec quatre signalements recensés en 2025 : deux alertes à Mayotte, un échouage aux Comores et un échouage local. Parmi eux, le jeune dauphin de Fraser retrouvé le 16 décembre sur la plage de Longoni constitue une première pour Mayotte dans les observations recensées par le réseau. Le bilan mentionne également un dauphin à bosse observé près de l’îlot Hajangua en août, avec une lésion sur le pédoncule caudal, ainsi qu’un dauphin tacheté pantropical signalé en novembre avec une profonde blessure derrière la nageoire dorsale. Le réseau évoque pour le premier une possible maladie de type lobomycose, sans pouvoir la confirmer faute de prélèvement, et considère l’impact d’une hélice comme l’hypothèse la plus probable pour le second.

123 cas de braconnage de tortues recensés par le REMMAT en 2025
Malgré le braconnage observé à Mayotte, la tortue verte est passée en 2025 de la catégorie « En danger » à « Préoccupation mineure » sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. La tortue imbriquée reste, elle, classée « En danger critique ».

Le REMMAT comptait par ailleurs 23 membres formés pour intervenir sur les mammifères marins à Mayotte, dont dix au niveau 2. Sept personnes étaient également formées au désenchevêtrement des grands cétacés. Aucun cas d’enchevêtrement de grand cétacé n’a été recensé en 2025.

Une année perturbée par Chido

Le passage du cyclone Chido puis la période de reconstruction ont eu un impact important sur les actions de suivi au début de 2025. Le nombre de suivis recensés par le REMMAT est ainsi passé de 301 en 2024 à seulement 59 en 2025, après 409 en 2023 et 2 139 en 2022.

Ces 59 suivis ne correspondent pas à l’ensemble des interventions ou actions menées autour du réseau. Oulanga Na Nyamba en a organisé 42 dans le cadre des suivis scientifiques et du suivi du braconnage, tandis que le Parc naturel marin en a réalisé 16. Le bilan précise que ces chiffres ne représentent que les efforts de prospection dont les données sont remontées au REMMAT et ne couvrent donc pas l’intégralité des actions réalisées à Mayotte.

Malgré cette baisse de la prospection, le réseau s’est renforcé sur le terrain. Huit formations REMMAT 1 ont été dispensées à 103 personnes en 2025 et 43 kits distribués. En fin d’année, le réseau comptait ainsi environ 103 membres, même si le bilan précise que ce chiffre reste approximatif. Dans le Sud-Centre-Ouest, la proportion de membres en capacité d’intervenir est passée de 29 % à 40 % en un an, et de 12 % à 25 % dans le Nord, secteur identifié comme soumis à une pression accrue du braconnage.

Avec une prospection fortement réduite en 2025, le réseau souligne lui-même que les données restent dépendantes des observations qui lui parviennent. La remontée des signalements demeure ainsi une pièce essentielle du suivi des tortues et des mammifères marins à Mayotte.

Encadré : Que faire face à un animal en détresse ?

123 cas de braconnage de tortues recensés par le REMMAT en 2025
Le sauvetage d’une jeune tortue verte par les membres du REMMAT aux abords de la digue de l’aéroport (Photo : Association Oulanga Na Nyamba).

En 2025, 16 % des alertes remontées au REMMAT provenaient directement de particuliers, soit 32 signalements. Le réseau reste toutefois encore peu connu : une enquête menée auprès des habitants avait fait passer son taux de notoriété de 8,6 % en 2021 à 14,4 % en 2024.

En cas de tortue marine ou de mammifère marin mort ou en détresse, le premier réflexe est donc de contacter le REMMAT. Le réseau dispose d’une astreinte téléphonique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 au 06 39 69 41 41, ainsi que d’une adresse mail, remmat976@gmail.com, pour recevoir les signalements et les photographies. Les membres formés peuvent ensuite se déplacer afin de documenter l’animal et son état.

Les interventions montrent l’utilité d’un signalement rapide. En mars, une tortue verte juvénile observée près de la pointe de l’aéroport, entravée par des cordages et des hameçons, a ainsi pu être prise en charge puis remise à l’eau. En juillet, une tortue retrouvée bloquée dans la mangrove de Moya 2 a également été accompagnée jusqu’à la mer par des membres formés, avec l’appui à distance de l’astreinte.

Au total, 40 tortues ont été signalées en détresse au REMMAT en 2025. Trente-six ont pu être renflouées. Les quatre autres sont mortes des suites de leurs blessures : deux après des attaques de chiens, une à la suite d’un acte de braconnage et une après une pêche accidentelle.

Octobre Rose 2026 : le CRCDC Mayotte renforce la prévention et le dépistage

Octobre Rose 2026 : le CRCDC Mayotte renforce la prévention et le dépistage

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Le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) Mayotte a organisé, ce jeudi 1 octobre, une conférence de presse à l’occasion du lancement d’Octobre Rose 2026, une campagne annuelle consacrée à la prévention et au dépistage du cancer du sein.  Cette rencontre avait pour objectif de présenter les nouveautés ainsi que les différentes actions qui seront mises en place tout au long du mois d’octobre. Ces initiatives visent notamment à sensibiliser les femmes à l’importance du dépistage, à mieux les informer sur les démarches à suivre et à les accompagner dans la prévention du cancer du sein.

Un lancement finalement réussi, marqué par la mobilisation de l’ensemble des partenaires dans cette campagne. Parmi eux figurent l’Agence régionale de santé de Mayotte (ARS), le centre hospitalier de Mayotte (CHM), la caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM), la protection maternelle et infantile (PMI), l’ordre des sages-femmes, ainsi que les associations ASCA et Amalca.

Cette mobilisation collective témoigne de l’importance accordée à la prévention et au dépistage du cancer du sein à Mayotte. Tout au long du mois d’octobre, les différents partenaires uniront leurs efforts pour informer, sensibiliser et accompagner les femmes dans leurs démarches de prévention et de dépistage.

D’ailleurs, des camions baptisés “ Aller vers ” sillonneront prochainement le sud de Mayotte afin d’aller directement à la rencontre des habitants. L’objectif est de sensibiliser la population, notamment les femmes, à l’importance de la prévention et du dépistage du cancer du sein, tout en facilitant l’accès à l’information et aux dispositifs de dépistage.

À travers cette campagne, le CRCDC Mayotte souhaite rappeler que le dépistage constitue un outil essentiel pour détecter la maladie le plus tôt possible et améliorer la prise en charge des femmes concernées.

Quelles sont les nouveautés prévues cette année pour octobre Rose ?

La grande nouveauté mise en place cette année par le CRCDC Mayotte est la création d’une formation ouverte à tous les acteurs du territoire. Des sessions seront proposées aux associations, aux entreprises, aux administrations ainsi qu’aux différents acteurs.

L’objectif est de permettre de mieux maîtriser les messages de prévention et de les transmettre de manière claire, afin de renforcer la sensibilisation autour du dépistage du cancer du sein.

Certaines de ces formations seront également proposées à distance. Les liens d’inscription ainsi que les différentes informations seront communiqués prochainement sur les réseaux sociaux.

Et non, le cancer du sein ne concerne pas uniquement les femmes

Les hommes peuvent, eux aussi, être touchés par le cancer du sein, même si la maladie reste rare. Le cancer du sein masculin représente moins de 1% de l’ensemble des cancers du sein. Selon les recherches, les hommes possèdent également du tissu mammaire, ce qui signifie qu’ils peuvent développer un cancer du sein. Les symptômes peuvent être similaires à ceux observés chez les femmes, notamment avec l’apparition d’une boule dure, généralement indolore, située le plus souvent sous le mamelon.

Ainsi, même si Octobre Rose est principalement associé à la sensibilisation des femmes, les hommes sont également concernés par la prévention et la vigilance face au cancer du sein. Toute anomalie inhabituelle au niveau de la poitrine doit inciter à consulter un professionnel de santé.

Apprendre à mieux connaître son corps

L’un des principaux objectifs de ce mois d’octobre est d’aider les femmes à mieux connaître leur corps et à être davantage attentives à leurs seins. Dans ce cadre, l’autopalpation est encouragée afin de renforcer cette vigilance au quotidien.

L’autopalpation ne remplace pas la mammographie, mais elle permet aux femmes de repérer plus rapidement une éventuelle anomalie ou un changement inhabituel au niveau des seins. En cas de doute, elle doit les inciter à consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un avis médical.

Choose Outre-mer : quinze PME mahoraises accompagnées pendant un an

Choose Outre-mer : quinze PME mahoraises accompagnées pendant un an

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Alors que la première édition de Choose Outre-mer réunissait ce jeudi 1er octobre investisseurs et entreprises à Paris, l’événement se déclinait simultanément à Mayotte par un job dating au gymnase de M’Gombani, à Mamoudzou. Cinquante-six entreprises y proposaient plus de 200 offres à quelque 500 demandeurs d’emploi attendus. À Paris, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a notamment annoncé la création d’un fonds d’investissement dédié aux territoires ultramarins et un accompagnement spécifique de quinze PME mahoraises par Bpifrance.

D’un côté, investisseurs, dirigeants d’entreprises et représentants des territoires réunis à la Banque de France, à Paris. De l’autre, des demandeurs d’emploi, CV à la main, passant de stand en stand dans le gymnase de M’Gombani. Pour sa première édition, Choose Outre-mer a voulu jouer sur les deux tableaux : attirer davantage de capitaux vers les territoires ultramarins, mais aussi rapprocher directement les entreprises de ceux qui cherchent un emploi.

Inspiré de Choose France, l’événement organisé par le ministère des Outre-mer se déroulait ce jeudi à Paris, avec des déclinaisons consacrées à l’emploi en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte.

À Paris, Naïma Moutchou a profité de cette première édition pour présenter les grands axes de la politique économique qu’elle entend mener dans les Outre-mer : financement des entreprises, ouverture sur les marchés régionaux, compétences et emploi, mais aussi simplification de certains freins, comme les délais de paiement.

La principale annonce concerne le lancement d’un fonds d’investissement à impact spécifiquement consacré aux territoires ultramarins. Géré par INCO Ventures, il doit associer argent public et capitaux privés afin de renforcer les fonds propres des entreprises et d’accompagner leur développement. Trois champs sont notamment ciblés : la valorisation des ressources naturelles, l’autonomie et la décarbonation de l’économie, ainsi que les projets à impact social, dans des domaines comme la santé, le logement, l’emploi ou la formation.

Quinze PME mahoraises dans un « accélérateur croissance »

Mayotte bénéficiera également d’un dispositif spécifique. « Avec Bpifrance, nous allons accompagner, pendant douze mois, quinze PME mahoraises dans le cadre d’un nouvel accélérateur croissance », a annoncé la ministre. Une mesure qu’elle inscrit dans la poursuite de la reconstruction après le cyclone Chido.

Dans la feuille de route présentée à l’occasion de Choose Outre-mer, quatre filières sont plus particulièrement identifiées pour Mayotte : la construction, l’économie bleue, l’agriculture et le tourisme. L’objectif affiché est de répondre aux besoins de reconstruction et d’équipement tout en développant la production locale et les ressources maritimes.

« Nous ne laisserons aucun territoire sur le bord du chemin économique », a assuré Naïma Moutchou. L’enjeu est aussi d’attirer des investisseurs alors que les besoins liés à la reconstruction sont considérables. À Mamoudzou, le préfet de Mayotte a indiqué qu’une délégation mahoraise avait fait le déplacement à Paris pour présenter les opportunités du territoire et tenter de convaincre de nouvelles entreprises de s’y implanter.

Interrogé sur les freins susceptibles de décourager les investisseurs, Frédéric Poisot a reconnu des difficultés « très grandes, très réelles », liées à « la sécurité, la lutte contre l’immigration clandestine, mais aussi la reconstruction ». « Mais Mayotte, ça n’est pas que ça. Mayotte, c’est aussi énormément d’atouts », a-t-il poursuivi, citant notamment la géographie du territoire et « les talents qui se trouvent ici ».

8 120 projets de recrutement, mais plus d’un sur deux jugé difficile

À M’Gombani, le directeur territorial de France Travail a résumé le paradoxe auquel Mayotte est confrontée : un nombre très important de personnes restent éloignées de l’emploi, tandis que les entreprises disent peiner à trouver certains profils.

En 2025, seuls 30 % des 15-64 ans occupaient un emploi à Mayotte, contre 70 % dans l’Hexagone. Chez les 15-29 ans, 36 000 jeunes n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation, soit 47 % de cette tranche d’âge. Parmi eux, 68 % déclaraient vouloir travailler.

Dans le même temps, l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail recense 8 120 projets de recrutement à Mayotte, dont 56,8 % sont considérés comme difficiles à pourvoir.

« Nous avons d’un côté une population qui a besoin d’emploi et de l’autre des entreprises qui ont besoin de recruter. Notre responsabilité collective est de construire le pont entre les deux », a résumé le directeur territorial de France Travail Mayotte.

Le préfet a annoncé pour cette journée « plus de 200 offres » proposées par les 56 entreprises présentes, pour plus de 500 demandeurs d’emploi attendus. Pour lui, la rencontre doit aussi permettre de mieux orienter les candidats vers les métiers en tension et les formations correspondantes, notamment dans le bâtiment, l’hôtellerie ou la restauration.

« Il faut avoir le diplôme »

Sur les stands, les difficultés de recrutement prennent une forme très concrète. La Maison Snoezelen de Mayotte, venue récupérer des CV et mieux faire connaître son activité, recherche notamment des accompagnants éducatifs et sociaux (AES). Les candidatures existent, explique une représentante de la structure, mais elles ne correspondent pas toujours aux qualifications exigées.

« La difficulté, c’est qu’il faut avoir le diplôme », explique-t-elle. La structure, actuellement en sous-effectif du fait de congés maladies, espérait donc profiter du job dating pour repérer de nouveaux profils. « On a eu des profils intéressants », assurait-elle après les premiers échanges.

C’est précisément cette rencontre directe que les organisateurs veulent développer. Une convention-cadre de trois ans doit d’ailleurs être signée entre l’État et France Travail afin d’adapter davantage les formations aux besoins des entreprises, améliorer la visibilité des offres et faciliter le retour vers les Outre-mer de personnes parties se former ou travailler ailleurs.

Comores : une journaliste entendue par la police à cause d’un post Facebook

Comores : une journaliste entendue par la police à cause d’un post Facebook

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Nourina Abdouldjabar, journaliste du quotidien Al-watwan basée sur l’île de Mohéli avait été auditionnée avant d’être relâchée pour avoir révélé le salaire des polices recrutés en 2012.

Encore une journaliste convoquée pour avoir fait son travail. Hier, Nourina Abdouldjabar a été entendue au poste de police de Fomboni. La correspondante d’Al-watwan sur l’île de Moheli y a passé près de 30 minutes à cause d’un poste fait sur son mur, dont le contenu est le suivant :  » Diplômé d’une licence et après 14 ans de service, un policier recruté en 2012, perçoit aujourd’hui 62 000 francs comoriens, soit 126 euros. Il affirme avoir été rémunéré à hauteur de 45 000 francs pendant 13 ans, de 2012 à 2025 avant qu’une intervention survienne fin de l’an dernier. Des agents de la même promotion seraient dans la même situation. Un supérieur hiérarchique le confirme. Des sources concordantes indiquent que les promotions suivantes bénéficieraient d’une rémunération plus élevée » .

Ce sont ces quelques mots publiés sur Facebook qui ont valu à la journaliste Nourina Abdouldjabar une convocation ce mercredi. Selon nos informations, les policiers l’ont d’abord appelée au téléphone lui demandant de révéler sa source ce que cette dernière a refusé de faire. Puis, moins d’une heure plus tard, on l’a invitée à se rendre au commissariat. Elle s’est exécutée et sans surprise, une fois devant les enquêteurs, la question de la source revient encore. L’audition aurait duré 30 minutes. Elle a certes été autorisée à rentrer à la maison rejoindre ses proches, mais on lui a dit de rester disponible au cas où a police souhaiterait l’interroger à nouveau.

Intimidation

Cette convocation n’a pas tardé à susciter des réactions notamment celle du syndicat national des journalistes comoriens.  » Le Snjc rappelle que la protection des sources journalistiques est un principe essentiel de la liberté de la presse et un droit protégé par le Code de l’information en vigueur aux Comores« , a déclaré le syndicat hier dans un communiqué condamnant au passage « toute pression ou intimidation visant à contraindre un professionnel des médias à dévoiler ses sources« . Pour rappel, ce n’est pas la première fois qu’un reporter est arrêté pour presque les mêmes raisons. Le 17 novembre 2025, notre correspondant Abdou Moustoifa, avait été interpellé par la police nationale à cause d’un post parlant de migrants retenus dans un commissariat de Moroni.

Des policiers avaient même débarqué au siège d’Al-watwan où il est employé, l’appréhender l’intimant de se présenter au poste à défaut de monter à bord du pickup qu’ils avaient conduit. Pendant plus de deux heures d’audition, les policiers chercheront à connaitre sa source. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la presse s’était mobilisée en décembre dernier pour dénoncer une proposition de loi qui aurait fragilisé la protection des sources journalistiques. En effet le ministère de l’information en collaboration avec le conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa) ont tenté d’ouvrir une brèche dans l’article 169 du code l’information. Un amendement laissait la possibilité à un juge après motivation, de contraindre le journaliste à dévoiler sa source. Mais le syndicat national des journalistes comoriens s’est battu jusqu’à obtenir le retrait de l’article en question et l’ancien est resté ainsi  » Le journaliste n’est pas tenu de divulguer ses sources et à cet effet, il ne peut être inquiété par l’autorité publique« .

Code de l’information

La fédération internationale des journalistes avait même salué cette victoire.  » La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se félicite d’une avancée majeure pour la liberté de la presse aux Comores, après l’adoption le 26 décembre d’une disposition législative confirmant que les journalistes ne sont pas tenus de révéler leurs sources. Cette décision marque une victoire syndicale importante, obtenue à l’issue d’une mobilisation déterminée des journalistes comoriens et de son affilié, le Syndicat national des journalistes comoriens », a déclaré dans un communiqué , le 31 décembre 2025,  la plus grande organisation syndicale des journalistes au monde. Huit mois plus tard, c’est cet article du code de l’information qui a permis à Nourina Abdouldjabar de rester sereine face aux enquêteurs de police qui jusqu’à preuve du contraire ne démentent l’information relayée par la journaliste.

Une source qui s’est confiée à Flash infos, explique seulement que la police n’a pas apprécié que des détails sur les salaires soient étalés sur les réseaux sociaux.  » Avez-vous les commentaires négatifs qui accompagnent le post« , pointe notre informateur lequel, assure que les conditions de ces policiers vont être améliorées bientôt.  » Pendant les recrutements, le diplôme ne compte pas. L’indice reste le même, Ils deviennent tous des agents ordinaires qu’ils soient diplômés de licence ou master« , clarifie, notre source qui révèle que la promotion de 2012 compte 91 personnes majoritairement originaires de Moheli et d’Anjouan. Mais, selon toujours notre source, un courrier datant de novembre 2025 a été adressé au directeur de la fonction publique pour accorder des avancements aux recrues de 2012 et de 2023.  » Le ministère de la fonction publique a déjà signé l’arrêté, il ne reste plus que les diplômes des policiers embauchés en 2012 devenus officiellement fonctionnaires depuis 2016. Une fois les diplômes versés, l’arrêté sera envoyé au secrétariat général du gouvernement pour visa. Cette promotion est au courant de toutes ces démarches. Pourquoi fuiter des informations sur les salaires maintenant« , s’interroge notre source.

Dembéni et Iloni : une opération de contrôle menée par 81 gendarmes

Dembéni et Iloni : une opération de contrôle menée par 81 gendarmes

Selon la préfecture de Mayotte, une opération de sécurisation et de contrôle a été menée hier soir à Dembéni et Iloni, sous l’autorité du préfet Frédéric Poisot. Au total, 81 gendarmes ont été mobilisés afin d’interpeller d’éventuels auteurs d’infractions et de lutter contre l’immigration irrégulière. Le préfet s’est rendu sur le terrain pour saluer l’engagement des forces mobilisées.

Une marche entre l’ancien village de Mitseni et Hamjago organisée le 11 octobre

Une marche entre l’ancien village de Mitseni et Hamjago organisée le 11 octobre
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Près de 200 participants sont attendus le 11 octobre pour une marche entre Bouyouni, dans la commune de Bandraboua, et Hamjago, dans la commune de Mtsamboro. Organisé depuis 2022, l’événement connaîtra cette année sa quatrième édition. Le rendez-vous est fixé à Mitseni, un village situé dans les hauteurs de Bouyouni, qui réunissait autrefois plusieurs tobé. La marche doit notamment permettre aux participants de revenir sur l’histoire et les souvenirs liés à ce village. Un transport en bus doit être mis en place depuis Hamjago. Un petit-déjeuner est également prévu à partir de 7 heures, avant le départ de la marche. À l’initiative de Nassur Soidiki, ancien militaire de formation, l’événement rassemble chaque année des habitants et des personnes originaaires de Mitseni. « On se retrouve, on discute du passé et du futur », explique l’organisateur. La manifestation s’inscrit également dans le cadre d’Octobre Rose. Les inscriptions sont annoncées selon le principe du premier arrivé, premier servi. Contact et renseignements : Nassur Soidiki 06 63 94 43 23.

Violences au stade de Sada : un homme condamné à huit mois de prison

Violences au stade de Sada : un homme condamné à huit mois de prison
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Un homme présenté par la gendarmerie comme « l’un des principaux auteurs des troubles » survenus samedi 26 septembre lors du match entre l’AS Sada et Bandrélé FC a été interpellé puis jugé en comparution immédiate. Il a été condamné à huit mois d’emprisonnement, dont quatre avec sursis, ainsi qu’à 70 heures de travaux d’intérêt général. Six mois d’un précédent sursis ont également été révoqués. Il a été incarcéré à l’issue de l’audience.

La rencontre avait été définitivement interrompue après des violences ayant conduit à l’évacuation de plus de 400 personnes, selon la gendarmerie de Mayotte. Celle-ci indique que les investigations se poursuivent et que d’autres personnes identifiées comme impliquées dans les incidents doivent être interpellées dans les prochains jours.

Le Département-Région de Mayotte condamne les caillassages du réseau M’Safara

Le Département-Région de Mayotte condamne les caillassages du réseau M’Safara

Un enfant de 9 ans a été très grièvement blessé après le caillassage d’un véhicule du réseau M’Safara, tandis qu’un conducteur a également été blessé ces derniers jours. Face à la multiplication des incidents depuis la mise en service du réseau le 22 mai 2026, le Département-Région de Mayotte condamne fermement ces violences. Caillassages, bris de vitres, dégradations et agressions ont été signalés dans plusieurs secteurs du territoire. La collectivité rappelle que ces actes mettent directement en danger les conducteurs et les passagers et peuvent entraîner l’immobilisation de véhicules, ainsi que des perturbations ou interruptions du service. Elle apporte son soutien aux victimes et appelle à la fin immédiate de ces violences.

La campagne Octobre Rose lancée à Mayotte

La campagne Octobre Rose lancée à Mayotte

Le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) Mayotte lance, ce jeudi 1er octobre, la campagne Octobre Rose 2026. Une conférence de presse est organisée à partir de 9 heures dans ses locaux de Boboka, à Mamoudzou. Cette campagne territoriale réunit plusieurs acteurs de la prévention, du dépistage, du soin et de l’accompagnement, dont l’ARS Mayotte, la CSSM, le CHM, la PMI, l’Ordre des sages-femmes, ASCA et AMALCA. La rencontre permettra de présenter les enjeux du dépistage du cancer du sein, le parcours de soins ainsi que les actions prévues durant tout le mois d’octobre. L’objectif est de renforcer la mobilisation collective et de faciliter l’accès des femmes de Mayotte à l’information et au dépistage.

La biodiversité au défi de la reconstruction

Le président du Département-Région, Ben Issa Ousséni, auprès des représentants de la FMAE lors des Assises. La FMAE demande que les associations disposent de financements adaptés pour inscrire leurs actions dans la durée.
Le stand de la FMAE lors de ses Assises.

Alors que Mayotte poursuit sa reconstruction après Chido, les acteurs de l’environnement veulent faire de la préservation et de la restauration des milieux naturels un volet à part entière de cette reconstruction. La FMAE-CPIE Maoré entend notamment défendre la place des associations et la nécessité de leur donner les moyens d’agir dans la durée.

La 2ème édition des Assises Outre-mer de la biodiversité réunissent pendant deux jours, les 29 et 30 septembre au PER de Coconi, les acteurs engagés dans la préservation des milieux naturels des territoires ultramarins. Cette deuxième édition, co-organisée par le Département-Région de Mayotte et idealCO, doit permettre de partager les expériences menées dans les différents territoires et de réfléchir à des solutions face aux enjeux liés au changement climatique.

La première journée est consacrée aux échanges et aux ateliers, en parallèle de l’événement national organisé à Tours. Plusieurs thématiques doivent être abordées, autour notamment de la biodiversité, de l’eau, des déchets et de la protection du littoral. Mercredi, des visites de sites permettront de présenter plusieurs initiatives locales et de mettre en avant les richesses naturelles de Mayotte. 

Pour les associations environnementales, ces Assises constituent surtout l’occasion de rappeler que la biodiversité ne peut pas être mise de côté dans la reconstruction du territoire. La FMAE-CPIE Maoré participe à l’événement et interviendra notamment dans l’atelier consacré à la protection du littoral par les solutions d’adaptation fondées sur la nature. Sa directrice, Latufa Msa, revient sur les attentes du réseau associatif.

Flash Info : Quel regard portez-vous sur la tenue de ces Assises à Mayotte, notamment après Chido ? 

Latufa Msa : C’est une bonne chose que Mayotte accueille ces Assises. Pour les associations qui agissent toute l’année sur le terrain, c’est l’occasion de rendre visibles à la fois la richesse de notre biodiversité, les dégradations qu’elles constatent et les actions et solutions qu’elles portent déjà.

Après Chido, il est compréhensible que les urgences humaines et matérielles mobilisent toute l’attention. Mais la restauration des milieux naturels fait aussi partie de la reconstruction du territoire. Les mangroves, les forêts et les cours d’eau jouent un rôle concret dans notre cadre de vie et notre capacité à faire face aux prochains événements. Nous espérons que ces deux jours permettront de leur redonner toute leur place dans les décisions.

Protéger, restaurer et donner les moyens d’agir aux acteurs locaux

FI : Qu’attendez-vous de ces deux jours d’échange face à tous les enjeux du territoire : préservation du lagon, des forêts, gestion des déchets, de l’eau . Quelles sont les priorités ? 

Latufa Msa : Nous attendons surtout que les échanges débouchent sur des actions coordonnées, avec des responsabilités et des moyens clairement définis. Les enjeux ne peuvent pas être traités séparément : ce qui se passe sur les bassins versants, dans les forêts ou dans la gestion des déchets a aussi des conséquences sur les mangroves et le lagon. 

Pour la FMAE, trois priorités se dégagent : protéger les milieux encore préservés, restaurer ceux qui ont été dégradés et donner aux acteurs locaux, notamment aux associations, les moyens d’agir dans la durée. Cela suppose d’associer les habitants, de soutenir la sensibilisation et de renforcer les capacités des associations, très présentes sur le terrain.

La biodiversité au défi de la reconstruction
Le président du Département-Région, Ben Issa Ousséni, auprès des représentants de la FMAE lors des Assises. La FMAE demande que les associations disposent de financements adaptés pour inscrire leurs actions dans la durée.

C’est dans cette perspective que la FMAE déploie actuellement son projet de reconstruction post-cyclone, financé par la Fondation de France, l’OFB et le Conseil départemental de Mayotte. Ce projet vise à coordonner et à accompagner les acteurs de l’environnement, en particulier les associations, pour contribuer à la reconstruction du territoire.

FI : Quelle place occupent les associations dans ces Assises ? Vous sentez-vous suffisamment associées et soutenues ? 

Latufa Msa : Les associations ont toute leur place dans ces Assises : elles connaissent les sites et leurs enjeux, travaillent avec les habitants et sont présentes au quotidien sur le terrain. Elles ont acquis une expertise reconnue par le Département et d’autres institutions, et ont été associées à la préparation de l’événement. 

D’autres associations sont également mobilisées, notamment le GEPOMAY. La FMAE interviendra dans l’atelier n° 1, consacré à la protection du littoral par les solutions d’adaptation fondées sur la nature. Elle tiendra aussi un stand et participera à une visite du parc forestier de Coconi, où se trouve notre rucher pédagogique.

Ces temps d’échange nous permettront de partager l’expérience de notre réseau et de faire remonter les besoins concrets des associations. Cette place donnée aux associations dans les Assises est positive. Pour que le soutien se traduise dans la durée, elles doivent aussi être associées à la définition des actions et disposer de financements adaptés pour les mettre en œuvre. 

En tant que CPIE Maoré, notre rôle est de porter la parole des associations et de faciliter l’action commune avec les associations, les collectivités et les institutions.

« Mayotte peut être un territoire de solutions »

FI : On parle régulièrement de faire de Mayotte un laboratoire des solutions pour la biodiversité. Voyez-vous les mentalités, les pratiques évoluer sur le terrain ?

Latufa Msa : Mayotte peut être un territoire de solutions si l’on part des réalités locales. Cela veut dire écouter les habitants et les associations, relier les connaissances scientifiques aux expériences de terrain, puis évaluer ce qui fonctionne.

Les personnes s’engagent plus facilement lorsqu’elles comprennent l’utilité des actions, qu’elles peuvent y participer et que les institutions leur donnent des moyens concrets. Les mentalités évoluent aussi lorsque les résultats deviennent visibles et que les actions se poursuivent au-delà d’un événement ponctuel.

F.I : Sur quels projets la FMAE et ses associations membres travaillent-elles actuellement ? 

Latufa Msa : La FMAE et ses associations membres interviennent sur plusieurs volets : la préservation de la biodiversité, la restauration de milieux naturels, la sensibilisation et l’accompagnement des associations environnementales.

Nous travaillons notamment sur les mangroves, sur des espèces locales comme la couleuvre de Mayotte et les pollinisateurs, ainsi que sur la remise en état de sites touchés par les dégradations et par Chido.

Dans les prochains mois, la FMAE organisera également des rencontres associatives pour relancer les dynamiques collectives, renforcer les coopérations et donner davantage de portée aux actions menées sur le territoire.

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Salaires, sécurité, moyens : la grève fédère les colères de la fonction publique

Salaires, sécurité, moyens : la grève fédère les colères de la fonction publique
Les manifestants ont défilé sur le rond-point à côté de la place place Zakia Madi avant de rejoindre le CHM et le Rectorat.

À l’appel de l’intersyndicale, les agents de la fonction publique ont manifesté ce mardi 29 septembre, dans le cadre d’une journée nationale de grève. Au gel du point d’indice et au manque de moyens s’ajoutent des revendications propres au territoire, notamment sur l’indexation des salaires, la sécurité et les conditions de travail.

À l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, une journée nationale de grève s’est tenue mardi 29 septembre, à quelques jours de la présentation du budget 2027. CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP dénoncent notamment le gel du point d’indice, les conditions de travail et le manque de moyens dans les services publics. Cette mobilisation intervient alors que l’exécutif prépare un budget marqué par la nécessité de réduire les dépenses, avec un déficit public attendu à 5,4 % du PIB en 2026 et une dette qui a atteint 119 % du PIB au deuxième trimestre.

À Mayotte, les syndicats ont ajouté à ces revendications nationales la revalorisation de l’indexation des salaires, la sécurité des agents et la reconnaissance de certains métiers. La journée s’inscrit dans un climat social déjà tendu sur le territoire. Plusieurs mouvements sont en cours dans les services publics, notamment au centre hospitalier de Mayotte, où des agents exercent leur droit de retrait pour dénoncer l’insécurité et où un autre préavis porte sur les rémunérations et les conditions de travail. Dans l’Éducation nationale, le lycée du Nord est toujours bloqué par des parents et des syndicats et des droits de retrait ont également été exercés au lycée de Sada.

Dans le cortège, parti de la place de la République pour rejoindre le Rectorat avec un passage par le CHM, les revendications nationales sur les salaires se mêlent donc aux problématiques propres à Mayotte.

“Tout est lié au pouvoir d’achat”

Le gel du point d’indice, qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires, est au cœur de la mobilisation. Concrètement, si ce point reste gelé, la base de calcul des salaires ne change pas : il n’y a donc pas de revalorisation générale liée au point d’indice, alors que les prix peuvent continuer d’augmenter.

Pour Rivo Rakotondravelo, responsable syndical et secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976, “tout est lié au pouvoir d’achat”. Il dénonce le gel du point d’indice et la perspective d’une nouvelle année sans revalorisation. À Mayotte, il met notamment en avant “l’égalité des droits”, la convergence des minima sociaux et la revalorisation de l’indexation des salaires. Il rappelle que plusieurs corps de fonctionnaires sont concernés, notamment dans la police, l’hôpital, l’Éducation nationale et les finances publiques.

Dans un communiqué joint, les syndicats demandent notamment une hausse d’au moins 20 points du taux d’indexation des salaires et l’alignement des droits à Mayotte. Ils réclament également l’alignement des droits sociaux sur ceux de l’Hexagone, un plan pluriannuel de titularisation des enseignants et agents contractuels, ainsi qu’une meilleure prise en compte de la situation des contractuels ressortissants de pays non européens. Les conditions particulières d’exercice à Mayotte sont également mises en avant, notamment pour les AESH, les personnels médico-sociaux et les agents territoriaux.

Police, éducation nationale, lycéens

Les policiers mettent eux aussi en avant des revendications nationales et des difficultés propres au territoire. Blandine Rostang, déléguée adjointe de l’Unsa Police à Mayotte, cite la revalorisation du point d’indice et les évolutions envisagées pour les agents qui souhaitent poursuivre une activité après leur retraite. Localement, le syndicat demande notamment une revalorisation de l’indexation pour les policiers adjoints, les contractuels et les personnels administratifs, ainsi qu’un différentiel de logement élargi.

Elle réclame également davantage d’effectifs et de moyens matériels, alors que l’état des véhicules et les conditions de travail quotidiennes sont pointés du doigt. Pour elle, les agents déjà présents sur le territoire doivent aussi pouvoir bénéficier des mesures et avantages accordées aux renforts.

Dans l’Éducation nationale, les syndicats déplorent des effectifs trop importants dans les établissements. Un membre du SNEP-FSU Mayotte dénonce des classes de REP+ qui dépassent la trentaine d’élèves en moyenne contre 19 dans l’Hexagone, avec, dans certains cas, jusqu’à 47 élèves. Le communiqué intersyndical réclame également que tous les établissements de Mayotte soient reconnus comme relevant de l’éducation prioritaire et que les personnels exerçant dans les lycées bénéficient d’une prime équivalente à celle versée en REP et REP+. Les syndicats demandent par ailleurs la construction de plateaux sportifs scolaires dignes et de quatre piscines flottantes.

Dans le cortège, les agents publics n’étaient toutefois pas les seuls à faire entendre leurs revendications. Plus d’une trentaine de lycéens du lycée Younoussa Bamana ont rejoint la mobilisation pour dénoncer à leur tour leurs conditions d’étude, les problèmes de sécurité et les difficultés de transport.

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Recours en hausse de plus de 90 % : le tribunal administratif de Mayotte appelle les administrations à agir

Recours en hausse de plus de 90 % : le tribunal administratif de Mayotte appelle les administrations à agir

Pour sa première audience solennelle de rentrée, organisée ce mardi 29 septembre, le tribunal administratif de Mayotte a dressé le bilan d’une année marquée par une activité “exceptionnelle”. Près de 3 700 requêtes avaient déjà été enregistrées au 31 août, tandis que les procédures d’urgence et le contentieux des étrangers occupent une place écrasante. Pour y faire face, son président, Jean-Michel Laso, appelle les administrations à réduire les « contentieux évitables » et à davantage de réactivité dans l’exécution des décisions rendues.

C’était une première pour le tribunal administratif de Mayotte. Ce mardi 29 septembre, magistrats, agents, avocats et représentants des institutions étaient réunis pour une audience solennelle de rentrée, consacrée au bilan de l’année judiciaire et aux principales affaires examinées par la juridiction.

Et les chiffres présentés par son président, Jean-Michel Laso, donnent la mesure de la pression qui pèse désormais sur le tribunal. Entre septembre 2025 et août 2026, le nombre de requêtes enregistrées a progressé de plus de 90 %. Depuis le début de l’année 2026, la hausse atteint même 110 %, selon le président, qui souligne qu’aucun autre tribunal administratif français ne connaît actuellement une telle augmentation.

Au 31 août, 3 700 requêtes avaient déjà été enregistrées, soit entre 15 et 20 nouvelles affaires chaque jour. Dans le même temps, le nombre de décisions rendues a augmenté de 50 %, sans toutefois suffire à absorber les nouvelles saisines. Le taux de couverture, qui mesure le rapport entre les affaires jugées et celles enregistrées, est ainsi passé de 120 % en 2025 à 86 % cette année.

Des délais qui s’allongent, plus de 1 600 dossiers à juger

Conséquence de cet afflux, le stock de dossiers à juger a augmenté de 45 % en un an et dépasse désormais les 1 600 affaires. Pour les procédures ordinaires, hors urgences, le délai moyen de jugement est passé de dix à treize mois. Plus d’une centaine de dossiers ont par ailleurs plus de deux ans.

L’activité du tribunal présente aussi une forte particularité à Mayotte : les procédures d’urgence, notamment les référés, représentent environ trois quarts de son activité. Surtout, le contentieux des étrangers concentre à lui seul plus de 80 % des affaires, très loin devant la fonction publique, autour de 10 %, et les marchés publics, à 2,5 %.

Pour y faire face, la juridiction fonctionne avec une organisation particulière. Le tribunal administratif de Mayotte est distinct de celui de La Réunion, mais les 16 magistrats sont communs aux deux juridictions et résident à La Réunion. Treize agents sont, eux, basés à Mayotte. Les magistrats viennent sur le territoire par roulement et assurent le reste des audiences à distance : selon Jean-Michel Laso, 85 % des audiences se tiennent aujourd’hui en visioconférence.

Réduire les « contentieux évitables »

Pour tenter de réduire cette pression, Jean-Michel Laso appelle les administrations à intervenir davantage en amont. « Il suffirait de corriger de nombreux dysfonctionnements administratifs qui concernent les services publics et en tout premier lieu, la préfecture », a-t-il déclaré. Il cite notamment les procédures de prise de rendez-vous, « qui sont à l’origine de trop nombreux référés ». Selon lui, plusieurs réunions ont déjà eu lieu avec les services préfectoraux pour tenter d’améliorer ces procédures.

La question dépasse Mayotte. Lors de la rentrée du Conseil d’État, le 9 septembre, son vice-président Marc Guillaume avait lui aussi appelé à réduire les « contentieux évitables ». Parmi ses exemples : les difficultés pour obtenir ou renouveler un titre en préfecture, qui poussent certains usagers à saisir le juge en urgence. Il indiquait que le ministère de l’Intérieur travaillait à réduire ces référés liés aux difficultés d’accès aux rendez-vous.

Le président pointe également les difficultés qui surviennent une fois les jugements rendus. Les demandes visant à obtenir l’exécution des décisions rendues représentent encore « une part trop importante » du travail du tribunal, estime Jean-Michel Laso. « Éviter les contentieux, mais aussi les régler plus rapidement grâce à l’action, la diligence des administrations », a-t-il résumé, en appelant notamment la préfecture, le rectorat, le centre hospitalier et les collectivités à davantage de réactivité.

Les affaires marquantes de l’année

L’audience a aussi permis de revenir sur plusieurs dossiers qui ont rythmé l’actualité judiciaire locale au cours de l’année.

En matière électorale, le tribunal a rappelé l’annulation des municipales de Bouéni, où 43 voix séparaient les deux listes au second tour, ainsi que le rejet, le 15 septembre, du recours visant les élections de Mamoudzou. Le port de Longoni a également été cité, avec la confirmation en appel de la fin de la délégation de service public de Mayotte Channel Gateway au 1er septembre 2026. L’affaire fait toujours l’objet d’un pourvoi devant le Conseil d’État.

Autre dossier marquant : celui de l’usine de dessalement d’Ironi Bé. Le 31 juillet, le tribunal administratif de Mayotte a suspendu son autorisation environnementale et accordé six mois au préfet et au Syndicat mixte Les Eaux de Mayotte pour régulariser trois irrégularités.

Le tribunal a enfin rappelé un dossier récent, appelé à peser sur son activité dans les prochains mois. Par deux jugements du 18 juin 2026, il a saisi le Conseil d’État pour avis sur l’application de nouvelles règles concernant certains titres de séjour à Mayotte.

La loi du 11 août 2025 impose désormais un visa de long séjour pour certaines premières demandes, tandis qu’un décret du 13 juin 2025 a précisé les modalités d’instruction. La préfecture s’est saisie de ce nouveau cadre en demandant aux personnes concernées de produire ce visa, puis en clôturant plusieurs centaines de dossiers lorsqu’il n’était pas fourni.

Face à des questions nouvelles susceptibles de se poser dans de nombreux dossiers, les magistrats ont préféré attendre l’avis du Conseil d’État avant de trancher. Près de 200 procédures sont aujourd’hui suspendues dans l’attente de sa réponse.

Le barreau défend la place du débat à l’audience

Me Hesler a consacré son intervention à la place de l’avocat devant le tribunal administratif.
Dans une juridiction où les procédures sont essentiellement écrites et où la visioconférence occupe une place importante, il a plaidé pour préserver la parole à l’audience. « L’écrit fige, l’oral révèle », a-t-il résumé, estimant que la plaidoirie permet de faire ressortir une précision, de répondre aux conclusions du rapporteur public ou de replacer derrière un dossier le parcours concret d’un justiciable. Un appel lancé à ses confrères, alors qu’à Mayotte le volume des dossiers, notamment en droit des étrangers, peut, selon lui, favoriser un traitement plus standardisé.

Son message s’adressait aussi aux administrations, appelées à prendre pleinement part au débat contradictoire. « Nous ne sommes pas les adversaires de l’administration. Nous sommes devant ce tribunal les partenaires d’une justice mieux rendue parce que mieux débattue », a-t-il insisté.

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