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Béatrice Bellay à l’assemblée : “Mayotte est française, mais ce mariage choisi a un goût amer”

Béatrice Bellay à l’assemblée : “Mayotte est française, mais ce mariage choisi a un goût amer”

De retour d’une mission parlementaire à Mayotte, la députée socialiste Béatrice Bellay a interpellé, ce mardi 9 juin, la ministre des Outre-mer sur la crise de l’eau, l’insécurité, l’immigration et la reconstruction post-Chido. Naïma Moutchou a défendu l’action de l’État, assurant que les calendriers étaient “tenus”.

Mayotte est revenue au cœur des débats nationaux, ce mardi 9 juin, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. La députée socialiste de Martinique Béatrice Bellay, tout juste rentrée d’une mission d’information parlementaire de la délégation aux Outre-mer, a livré une intervention sévère sur la situation du 101e département.

Mayotte est française, les Mahoraises et les Mahorais ont choisi la France. Mais ce mariage choisi a un goût amer”, a lancé la parlementaire, estimant que les habitants de l’île ont le sentiment que “la République les regarde de loin, de haut”. Pour la députée, l’égalité républicaine semble encore « s’arrêter aux rivages » de l’île.

La députée a d’abord pointé la pression démographique. Mayotte compte officiellement plus de 300 000 habitants, mais le débat sur la population réelle reste récurrent dans l’île. Pour Béatrice Bellay, cette incertitude pèse directement sur le dimensionnement des services publics : eau, soins, école, logement, sécurité. “Il n’y a pas d’eau au robinet”, a-t-elle insisté, évoquant les coupures régulières qui continuent de rythmer la vie quotidienne.

La question de la vie chère a également été soulevée à travers un exemple très concret : le prix de l’eau en bouteille. La députée a dénoncé le fait qu’une petite bouteille de 33 centilitres puisse être vendue 0,80 euro alors que, dans le même temps, l’État ne garantit pas un accès continu à l’eau potable à ses concitoyens mahorais.

Au-delà de la crise sociale, Béatrice Bellay a insisté sur la crise sécuritaire. Elle a décrit des habitants confrontés aux violences, aux cambriolages et aux bandes organisées, reprenant les alertes répétées des élus locaux sur une situation devenue “insoutenable”. Mais elle a aussi lié cette insécurité à la pression migratoire, “exceptionnelle” selon ses mots, que Mayotte supporte “seule”.

La députée a toutefois pris soin de replacer cette question dans un cadre régional et humanitaire. Selon elle, la situation mahoraise résulte aussi de “l’incapacité de l’État à construire une réponse durable et humaine dans son environnement régional”. Elle a notamment interrogé le gouvernement sur le maintien de visas territorialisés, en particulier pour des ressortissants de la République démocratique du Congo, alors que ce pays connaît une nouvelle flambée d’Ebola.

Face à cette charge, Naïma Moutchou n’a pas contesté les difficultés. “Elles sont réelles”, a reconnu la ministre des Outre-mer, évoquant à son tour une pression migratoire “hors normes”, les tensions sur les services publics et les difficultés d’accès à l’eau. Mais elle a rejeté l’accusation d’abandon de l’État.

Vous en tirez un procès en abandon de l’État. Moi, j’y vois l’obligation d’accélérer ce que nous faisons sur le terrain”, a répondu la ministre. Elle a rappelé que 800 millions d’euros avaient été “sanctuarisés” cette année pour la reconstruction de Mayotte, c’est-à-dire fléchés spécifiquement vers des projets mahorais.

Naïma Moutchou a également cité plusieurs chantiers structurants : l’accompagnement des collectivités, la création de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRD Mayotte) pour aider les maires, notamment dans la construction d’écoles, le futur aéroport de Bouyouni ou encore l’usine de dessalement d’Ironi Bé. “Les calendriers sont tenus”, a-t-elle affirmé.

Mais la ministre a aussi reconnu que la reconstruction ne pouvait pas se faire “en quelques mois”. Selon elle, la question n’est pas seulement celle de l’action de l’État, mais celle de “l’action collective”. Elle a appelé les collectivités, les élus et les parlementaires à être “au rendez-vous” dans les prochaines semaines, notamment sur les choix budgétaires, financiers et migratoires.

Il y aura des décisions difficiles à prendre en matière de gestion des flux migratoires”, a prévenu Naïma Moutchou, renvoyant les députés à leurs responsabilités lors des futurs débats parlementaires. Une manière de déplacer le débat : de la dénonciation de l’abandon vers la question des votes à venir.

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La diplomatie pragmatique de Paris pour insérer Mayotte dans la COI

La diplomatie pragmatique de Paris pour insérer Mayotte dans la COI

Qui aurait pu le croire ? La très frileuse diplomatie française, qui refuse de s’écraser devant l’hurlante mais lilliputienne République des Comores sur la délicate question de l’intégration de Mayotte au sein de la COI, ouvre une nouvelle page dans la relation passionnelle entre Paris et Moroni.

En attendant que la pilule réussisse à descendre laborieusement dans le gosier de la diplomatie comorienne, l’Histoire retiendra qu’une ministre française a eu le courage de tenir une position pragmatique devant tout l’océan Indien réuni sur le sol comorien. Et sans qu’il n’y ait eu mort d’homme.

Mayotte sera bien un sujet de controverse durant la présidence annuelle française de la COI en 2026-2027. Cette prise de manettes a officiellement été actée lundi matin (8 juin 2026) à Moroni, la capitale comorienne, à l’occasion de la 40e réunion des ministres des cinq États membres.

Comme s’y était engagé une semaine auparavant Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, devant l’Assemblée nationale, la question de l’intégration de Mayotte dans la Commission de l’océan Indien n’a pas été reléguée au dessert et aux petits fours. D’entrée de jeu, Éléonore Caroit, la jeune ministre déléguée à la Coopération et aux Partenariats internationaux, a annoncé la couleur dans sa prise de parole officielle : l’intégration de Mayotte serait l’un des principaux enjeux de la gouvernance française de la COI.

Étonnement réel ou simple parodie, son homologue comorien a joué au « fier-à-bras » en réaction à cette annonce aux conséquences imposantes, multiples et variées dans la politique intérieure comorienne. Posture classique de façade depuis un demi-siècle, l’Union des Comores y oppose son veto en raison de ses prétentions territoriales sur le territoire du 101e département français.

Pouvait-elle faire autrement ? Certainement pas ! Et pour cause : l’appropriation du sol mahorais (sans ses habitants) est élevée au rang de cause nationale aux Comores par les dirigeants successifs de l’archipel voisin. Les manuels scolaires et les livres d’histoire ont même été maintes fois révisés en cinquante ans pour vendre la chose aux jeunes générations post-indépendance.

Mais à côté de cette lubie irréaliste (parce que les Mahorais, premiers concernés dans cette affaire, s’opposent fermement à sa réalisation), il y a la « realpolitik », celle qui gouverne le monde en sous-terrain ou par la raison, selon les protagonistes en présence.

En effet, il convient de constater le calme avec lequel la ministre française déléguée à la Coopération a abordé ce sujet de l’intégration de Mayotte au sein de la COI depuis qu’elle a mis le pied sur le sol comorien. Les autorités de Moroni savaient donc exactement de quoi il allait être question.

D’autant plus qu’une partie non négligeable des députés français partage l’opinion exprimée, parfois avec virulence, ces derniers jours par Estelle Youssouffa et Anchya Bamana, les deux parlementaires LIOT et RN de Mayotte : « La contribution française au fonctionnement de la COI coûte beaucoup trop cher à la France pour qu’elle s’autorise le luxe de ne pas réussir à s’imposer sur la question de l’intégration de Mayotte. »

Presque un défi lancé à la diplomatie française quant à sa capacité à pouvoir encore s’imposer face à un État vassal de la superpuissance que demeure notre pays, bien que quelque peu malmenée ces dernières années sur le continent africain sous les coups de boutoir de la Russie poutinienne.

Une fois le coup encaissé…

Une fois le coup encaissé, les Comores s’avoueront-elles vaincues ou est-ce le début d’un nouveau poker menteur entre Paris et Moroni ?

Sous son allure de jeune initiée, Éléonore Caroit, ministre de la Coopération et des Partenariats internationaux, est restée droite dans ses souliers, arborant un air décontracté et insouciant, comme sûre d’une partition qui se joue ailleurs, dans le secret des alcôves, hors du champ public et des caméras de la presse.

Elle explique que, pour de multiples raisons, notamment sanitaires avec l’épidémie d’Ebola, les Comores et les autres composantes de la COI ne peuvent plus continuer à ignorer Mayotte, car celle-ci détient elle aussi une partie des clés du système. Elle a appelé cela « la diplomatie pragmatique ».

Un langage de vérité qui a laissé sur leur faim les faucons de la politique comorienne, lesquels n’ont guère trouvé grand-chose à opposer à leur visiteuse durant ces trois jours. Le même jour, elle a repris l’avion pour Paris après une ultime rencontre furtive avec Azali Assoumani, que l’on dit sérieusement souffrant ces temps-ci.

Les Comores vont-elles pour autant s’avouer vaincues dans ce dossier ? Pas si sûr, en tout cas en matière de gesticulations extérieures.

Dans les trois îles (et la blogosphère), la vox populi rumine encore sa colère d’avoir été traitée d’« État voyou et parasite » par Estelle Youssouffa en guise de défi adressé à Jean-Noël Barrot.

De là à ce que les partisans d’une participation mahoraise aux Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), programmés pour se tenir l’année prochaine dans l’Union des Comores, s’imaginent qu’ils seront accueillis à bras ouverts et sous des accolades fraternelles à Moroni, il y a un grand fleuve non tranquille à traverser, qui n’est certainement pas le Litani séparant le Liban d’Israël.

Les Mahorais qui choisiront d’aller pavoiser lors de ces Jeux devront s’attendre à une vive réaction du public comorien et aux manipulations du fameux « Comité Maoré » du très largué Idrisse Mohamed.

L’Histoire a décidé de nous offrir une nouvelle page et des notes supplémentaires. Seront-elles marquées par des formes gracieuses et joyeuses ou par une amertume sans nom ? Seuls celles et ceux qui les liront pourront en parler prochainement.

L’humiliation est une porte ouverte à toutes les incertitudes et aux gestes irréfléchis.

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Violente rixe au lycée des Lumières : un établissement sous tension après l’irruption de jeunes extérieurs

Violente rixe au lycée des Lumières : un établissement sous tension après l’irruption de jeunes extérieurs

Une journée de cours ordinaire a brutalement basculé dans la violence hier au lycée des Lumières de Kawéni. Une importante rixe impliquant des élèves de l’établissement et plusieurs individus non scolarisés a éclaté au sein de l’enceinte scolaire, provoquant un mouvement de panique parmi les élèves et le personnel éducatif. Face à la gravité des affrontements, les forces de l’ordre sont intervenues en urgence et l’évacuation du lycée a été décidée afin de garantir la sécurité de tous.

Au terme de cette opération, aucun individu n’a été interpellé. Si le calme est revenu dans l’établissement enfin d’après-midi, l’incident a profondément marqué la communauté scolaire, qui s’interroge désormais sur les moyens à mettre en œuvre pour éviter qu’un tel épisode ne se reproduise.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la situation s’est rapidement dégradée après une altercation impliquant plusieurs groupes de jeunes. Ce qui n’était au départ qu’un échange de provocations aurait rapidement dégénéré en affrontement collectif. Des individus extérieurs à l’établissement auraient alors pénétré dans l’enceinte du lycée, contribuant à amplifier les violences et à rendre la situation particulièrement difficile à maîtriser.

Alertées, les forces de l’ordre ont déployé un important dispositif afin de sécuriser les lieux. Les élèves ont été regroupés puis évacués dans le calme tandis que les personnels tentaient de rassurer les jeunes les plus choqués. Aucun blessé grave n’a été signalé à l’issue de l’intervention, mais plusieurs personnes en état de choc ont été prises en charge.

Cet épisode met en lumière des tensions plus profondes qui traversent certains quartiers de l’agglomération de Mamoudzou. Le lycée des Lumières présente en effet une particularité souvent évoquée par les équipes éducatives : il accueille des élèves issus de plusieurs villages dont les relations sont parfois marquées par des rivalités anciennes.

Parmi eux figurent notamment Kaweni et Majicavo, deux localités voisines régulièrement confrontées à des affrontements entre bandes de jeunes. Ces épisodes de violence urbaine, qui se traduisent parfois par des jets de pierres, des dégradations ou des confrontations directes, perturbent depuis plusieurs années la vie quotidienne des habitants. Les riverains dénoncent régulièrement un climat d’insécurité alimenté par ces querelles de territoire.

Jusqu’à présent, le lycée des Lumières semblait toutefois relativement préservé de ces tensions. L’établissement avait réussi à maintenir un équilibre fragile grâce à l’implication de ses équipes pédagogiques, éducatives et administratives. Les enseignants soulignent d’ailleurs que les rivalités observées à l’extérieur ne se traduisaient que rarement par des incidents majeurs à l’intérieur du lycée.

L’événement survenu hier apparaît donc comme une rupture inquiétante. Pour de nombreux membres du personnel, le franchissement des grilles de l’établissement par des individus extérieurs constitue un seuil particulièrement préoccupant. « L’école doit rester un sanctuaire », confie un membre de la communauté éducative, encore marqué par les événements. « Lorsque les conflits de quartier s’invitent dans l’enceinte scolaire, c’est toute la mission éducative qui est fragilisée. »

Au sein du lycée, l’émotion reste vive. Enseignants, surveillants et personnels administratifs expriment leur inquiétude quant à l’évolution de la situation. Beaucoup redoutent que cet épisode ne soit que le symptôme d’une montée des tensions entre certains groupes de jeunes. Ils appellent à un renforcement des dispositifs de prévention, mais également à un travail de fond impliquant les familles, les associations de quartier et les collectivités locales.

Les autorités éducatives suivent le dossier avec attention. Des échanges doivent avoir lieu dans les prochains jours afin d’évaluer les circonstances exactes des affrontements et de définir les mesures susceptibles de renforcer la sécurité autour de l’établissement. La question de la présence d’individus extérieurs aux heures d’entrée et de sortie des élèves figure notamment parmi les sujets qui devraient être examinés.

Au-delà de la réponse sécuritaire, plusieurs observateurs soulignent la nécessité d’agir sur les causes profondes de ces violences. La lutte contre le décrochage scolaire, l’encadrement de la jeunesse, la médiation entre quartiers rivaux et le développement d’activités éducatives et sportives sont régulièrement cités comme des leviers essentiels pour réduire les tensions.

En attendant, les cours devraient reprendre normalement, même si l’incident laisse une trace durable dans les esprits. Pour les élèves comme pour les personnels, l’objectif est désormais de retrouver un climat serein et de préserver le rôle fondamental de l’école : celui d’un lieu d’apprentissage, de dialogue et de cohésion sociale, à l’abri des conflits qui agitent l’extérieur.

Le même scénario s’est produit la semaine dernière au lycée de Tsararano et Kahani où les parents ont été invités à venir récupérer leurs enfants.

L’enquête se poursuit afin de déterminer précisément les responsabilités de chacun dans cette violente rixe qui a plongé, pendant plusieurs heures, le lycée des Lumières dans une situation exceptionnelle.

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M’Safara, le pari du transport public qui veut révolutionner les déplacements à Mayotte

M'Safara, le pari du transport public qui veut révolutionner les déplacements à Mayotte

Lancé en mai 2026 par le Conseil départemental de Mayotte, le réseau de bus M’Safara constitue l’un des projets de mobilité les plus ambitieux jamais mis en oeuvre sur l’île. Pensé pour relier les principales communes et faciliter les déplacements des habitants, ce nouveau service de transport collectif ambitionne de réduire les difficultés de circulation qui pénalisent le quotidien de milliers de Mahorais. Si cette initiative est largement saluée, les premières semaines d’exploitation ont également fait apparaître des critiques de certains usagers, qui dénoncent des retards et des horaires parfois difficiles à respecter.

Une réponse à un enjeu majeur de mobilité

À Mayotte, les déplacements représentent depuis de nombreuses années un véritable défi. La croissance rapide de la population, l’augmentation du nombre de véhicules et la concentration des activités économiques autour de Mamoudzou provoquent quotidiennement d’importants embouteillages. Pour de nombreux habitants, rejoindre leur lieu de travail, leur établissement scolaire ou une administration peut prendre plusieurs heures, notamment aux heures de pointe.

Face à cette situation, le Département a décidé de mettre en place un réseau de transport interurbain moderne capable de desservir progressivement l’ensemble du territoire. Baptisé M’Safara, un nom qui signifie « voyage » en shimaoré, ce projet s’inscrit dans une volonté de moderniser les transports publics et d’offrir une alternative crédible à l’utilisation systématique de la voiture individuelle.

Un réseau pensé pour connecter toute l’île

Le déploiement de M’Safara s’effectue progressivement avec plusieurs lignes reliant les principaux pôles de Grande-Terre et de Petite-Terre. Les premiers itinéraires permettent notamment de relier Mamoudzou à Dzoumogné ainsi qu’à Chirongui, tandis que d’autres dessertes assurent les déplacements entre Dzaoudzi, Labattoir et Pamandzi.

L’objectif affiché est de créer un véritable maillage territorial permettant aux habitants de circuler plus facilement entre les communes. Le réseau a également été conçu pour fonctionner en complément de la barge reliant Grande-Terre et Petite-Terre. Cette interconnexion constitue l’une des innovations majeures du projet puisqu’elle vise à simplifier les correspondances entre les différents modes de transport et à réduire les ruptures de trajet.

Une offre accessible et modernisée

Au-delà de la création de nouvelles lignes, M’Safara mise sur une modernisation globale de l’expérience des voyageurs. Les usagers peuvent acheter différents titres de transport adaptés à leurs besoins, qu’il s’agisse d’un ticket unitaire, d’un carnet de voyages ou d’un abonnement mensuel ou annuel. Des tarifs préférentiels sont également proposés pour les jeunes et les étudiants afin d’encourager l’utilisation des transports en commun.

Le réseau fonctionne tous les jours de la semaine et ambitionne de répondre aux besoins des salariés, des étudiants et des familles qui effectuent quotidiennement leurs déplacements sur l’île.

Une application pour faciliter les déplacements

L’un des outils les plus appréciés par les voyageurs est la plateforme numérique mise en place par M’Safara. Accessible depuis un smartphone ou un ordinateur, elle permet de consulter les horaires des bus, les différentes lignes, les arrêts desservis ainsi que les itinéraires disponibles. Les usagers peuvent préparer leur trajet avant leur départ et identifier les correspondances les plus adaptées à leur destination.

Cette digitalisation de l’information constitue une évolution importante pour les transports publics à Mayotte. Elle rapproche le réseau des standards observés dans de nombreuses collectivités françaises où les applications mobiles permettent désormais d’organiser facilement ses déplacements.

Des débuts encourageants mais des critiques sur la ponctualité

Malgré l’enthousiasme suscité par la mise en service du réseau, les premières semaines d’exploitation n’ont pas été exemptes de difficultés. Sur les réseaux sociaux et dans les échanges entre habitants, plusieurs passagers rapportent que certains bus arrivent avec du retard par rapport aux horaires annoncés. D’autres évoquent des temps d’attente parfois plus longs que prévu, ce qui peut compliquer les correspondances ou les déplacements vers le travail et les établissements scolaires.

Ces remarques doivent toutefois être replacées dans leur contexte. Le réseau est encore récent et fait face aux contraintes de circulation qui caractérisent le territoire. Les importants embouteillages, les aléas de la route et la phase de mise en service peuvent avoir une incidence sur la régularité des passages. À ce stade, ces critiques traduisent les témoignages de certains usagers et ne permettent pas de conclure à un dysfonctionnement généralisé de l’ensemble du réseau.

Un projet stratégique pour l’avenir de Mayotte

Au-delà des difficultés inhérentes à son lancement, M’Safara représente un investissement majeur pour l’avenir de la mobilité à Mayotte. Le développement des transports collectifs constitue un enjeu économique, social et environnemental pour un territoire confronté à une forte croissance démographique et à une circulation de plus en plus dense.

Le succès du réseau dépendra désormais de sa capacité à gagner la confiance des habitants en améliorant la régularité des horaires, en développant progressivement de nouvelles lignes et en maintenant une information fiable pour les voyageurs. Si ces objectifs sont atteints, M’Safara pourrait marquer un tournant dans l’histoire des transports à Mayotte et contribuer durablement à transformer le quotidien de milliers de Mahorais.

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L’Effet Pelapelaka à l’école : apprendre à décrypter l’information

L’Effet Pelapelaka à l’école : apprendre à décrypter l’information
Des élèves de la classe Jupiter participent à un atelier de l’association L’Effet Pelapelaka consacré à l’éducation aux médias.

À l’heure où les jeunes sont exposés quotidiennement à un flot d’informations sur les réseaux sociaux, l’éducation aux médias devient essentielle. À Mayotte, l’association L’Effet Pelapelaka intervient dans les établissements scolaires pour apprendre aux élèves à décrypter l’information, vérifier les sources et développer leur esprit critique.

Créer des espaces d’expression et transmettre des clés de lecture du monde : telle est la mission de l’association L’Effet Pelapelaka. Ce mardi 9 juin, l’association est intervenue auprès des élèves de CM2 de l’école élémentaire Madi Halidi, à Cavani, dans le cadre d’un atelier d’éducation aux médias et à l’information.

Depuis quatre ans, la présidente de l’association, Abby Said Adinani, sillonne les communes de Mayotte avec un objectif clair : vulgariser les médias et rendre l’information accessible aux plus jeunes. Grâce à une résidence menée en partenariat avec la Direction des affaires culturelles et le rectorat de Mayotte, plus de 1 000 jeunes ont déjà été sensibilisés sur l’ensemble du territoire.

Au cours de ces ateliers, les élèves reviennent aux fondamentaux du journalisme et de l’information. Qu’est-ce qu’une source ? Comment est construite la « une » d’un journal ? Quel est le rôle d’une association ou d’un média dans la société ? Autant de questions qui permettent aux jeunes de mieux comprendre le monde de l’information qui les entoure.

Apprendre à distinguer le vrai du faux

Cette intervention s’inscrit souvent dans le cadre de projets d’éducation aux médias déjà portés par les établissements scolaires. L’enjeu est particulièrement important à Mayotte, où une grande partie des enfants possède aujourd’hui un téléphone portable ou une tablette. Les élèves apprennent ainsi à distinguer une information fiable d’une fausse information et à développer leur esprit critique face aux contenus qu’ils rencontrent sur les réseaux sociaux.

« J’ai vu Macron qui danse », lance un élève pendant l’atelier, illustrant les nombreuses vidéos virales auxquelles les jeunes sont exposés quotidiennement. Ces exemples servent de point de départ pour expliquer les mécanismes de manipulation des images et l’importance de vérifier les sources.

Pour Abby Said Adinani, l’objectif est avant tout citoyen : « La mission de l’association est de développer l’esprit critique, d’aider les jeunes à accéder à l’information et de démocratiser les notions liées aux médias et au journalisme. Plus on est informé, plus on peut exercer pleinement son rôle de citoyen. »

Les ateliers rencontrent un réel écho auprès des élèves. Hanib, 11 ans, originaire de Mtsapéré, témoigne : « C’était bien parce qu’on comprend le métier et j’aimerais bien le faire plus tard. Ce qui m’attire, c’est parler aux gens. Tout m’a marqué. »

Pour les enseignants, ces interventions ouvrent également de nouvelles perspectives. Ilham Assiandi observe que certains élèves envisagent désormais de créer un journal scolaire régulier. « S’il y en a un ou deux qui découvrent une vocation grâce à ces ateliers, cela les aide à se projeter et à comprendre les bases ainsi que le fonctionnement du métier. »

Elle souligne également l’impact concret de l’association dans les établissements : « Il y a des élèves qui ignoraient ce qu’était le journalisme. Aujourd’hui, la présence de l’association permet véritablement de découvrir le métier, de comprendre comment chercher l’information et comment la traiter. »

Former les citoyens de demain

Dans un territoire jeune comme Mayotte, où plus de la moitié de la population a moins de vingt ans, l’enjeu est majeur. L’Effet Pelapelaka propose ainsi des ateliers adaptés à tous les publics, de la maternelle au lycée, mais aussi en dehors du cadre scolaire. Chaque intervention alterne apports théoriques, exercices pratiques et discussions collectives. Les participants peuvent être amenés à produire un article, un podcast, une affiche, une fresque ou encore la « une » d’un journal.

L’objectif est de faire des jeunes des acteurs de leur propre récit plutôt que de simples consommateurs d’informations. Les ateliers, conçus pour s’adapter aux réalités de chaque établissement, durent idéalement au moins deux heures et se concluent généralement par une restitution valorisant le travail des participants.

Les résultats observés confirment l’intérêt de cette démarche. Selon le rapport d’activité de l’association, à l’issue des interventions, 64 % des élèves estiment mieux comprendre la différence entre les faits et les opinions. Ils sont également 60 % à déclarer avoir amélioré leur expression orale et écrite, tandis que 48 % se sentent davantage capables d’analyser les informations. Enfin, 30 % affirment être mieux informés sur l’actualité et 22 % se sentent plus aptes à rechercher des informations fiables.

Des chiffres qui témoignent de l’importance de l’éducation aux médias dans un contexte où les jeunes sont quotidiennement confrontés à un flux continu d’informations. À travers ses ateliers, L’Effet Pelapelaka contribue ainsi à former les citoyens éclairés de demain.

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Deux journalistes de La Gazette des Comores dans le viseur de la justice

Deux journalistes de La Gazette des Comores dans le viseur de la justice

Toufé Maecha, secrétaire de rédaction du journal, a été arrêté lundi, tout comme son patron, El-had Saïd Omar, avant que ce dernier ne soit relâché. On leur reproche la publication d’articles liés à l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, principal opposant à Azali Assoumani.

C’est un fait inédit dans l’histoire récente de la presse comorienne. À la suite d’une série d’articles publiés par son journal, le directeur de publication du quotidien La Gazette des Comores, El-had Saïd Omar, a été arrêté sans convocation, lundi, par des éléments de la gendarmerie, selon des proches.

Parallèlement, un journaliste de ce même média indépendant, plus particulièrement son secrétaire de rédaction, Toufé Maecha, a également été interpellé vers 19 heures à son domicile puis placé en détention. Les deux journalistes ont passé la nuit en garde à vue, sans qu’aucun motif officiel ne soit avancé.

Le Syndicat des journalistes comoriens a tenté d’en savoir davantage, sans succès. Le parquet de la République a même refusé de recevoir une délégation du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel.

Mais, hier après-midi, on a appris que les deux journalistes avaient été arrêtés à cause d’articles publiés ces derniers temps par le quotidien indépendant.

« Le parquet de la République informe l’opinion publique que, durant la période allant de mai à juin, des publications diffusées par le journaliste Toufé Maecha lui ont été portées à sa connaissance. Ces publications étant susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à la paix sociale, le parquet, dans le cadre de sa mission de préservation de l’ordre public et de veille au respect de la loi, a ouvert une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur les faits dénoncés », a déclaré, hier après-midi, dans une courte vidéo, la procureure de la République, Saidatte Fatuma.

On a appris que ces arrestations étaient liées au dernier article publié à la une, le 8 mai, dans les colonnes de La Gazette des Comores, lequel révélait la maladie dont souffre l’ex-président Ahmed Abdallah Sambi, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2022.

Le directeur de publication, El-had Saïd Omar, qui a confirmé ces informations, a pu regagner son domicile hier après plus de quinze heures de détention, mais devra retourner ce mercredi devant les enquêteurs pour un nouvel interrogatoire.

Santé de Sambi

Toutefois, le journaliste Toufé Maecha est maintenu en détention dans l’attente d’une éventuelle inculpation ou d’une remise en liberté.

L’état de santé de l’ancien dirigeant Sambi, âgé de 68 ans, fait couler beaucoup d’encre dans l’archipel. Dans un communiqué publié le 27 mai, le procureur général, Ahamada Hamidou, avait affirmé que l’ancien président se trouvait dans un état stable.

« Le parquet tient également à préciser que son médecin traitant assure un suivi rapproché de son état de santé et demeure attentif à l’évolution de sa situation sanitaire. Dans ce cadre, une batterie d’analyses médicales ainsi que des examens radiographiques ont été effectués à la demande de l’équipe médicale conduite par son médecin traitant », avait assuré le chef du parquet dans une déclaration écrite transmise à certains journalistes.

Toutefois, des examens complémentaires ont été réalisés la semaine dernière, notamment des scanners et d’autres analyses. Les conclusions finales n’ont pas été rendues publiques officiellement, mais le quotidien indépendant La Gazette des Comores, très bien renseigné dans ce dossier, affirme avoir eu accès aux résultats.

Le journal a révélé que l’ancien chef de l’État (2006-2011) souffrirait d’une ischémie cardiaque. À la suite de ce diagnostic, l’équipe médicale mandatée par le parquet général aurait recommandé la réalisation d’une coronarographie, un examen indisponible aux Comores.

Ces révélations, faites par le journaliste Toufé Maecha, qui collabore également depuis peu au site Africa Intelligence, ont suscité l’ire de l’appareil judiciaire.

Pourtant, depuis une semaine, plusieurs personnalités politiques appellent le chef de l’État, Azali Assoumani, à permettre à son éternel opposant de partir se faire soigner à l’étranger.

Pas de convocation

Le 26 mai, un courrier rédigé par six anciens Premiers ministres de l’Union des Comores, dont l’actuel ambassadeur à Madagascar, Caabi El-Yachroutu, a été rendu public.

Dans cette lettre, les signataires exhortent le président de la République à user de son pouvoir discrétionnaire pour accorder une mesure de clémence à Ahmed Abdallah Sambi afin de lui permettre de partir se soigner.

Le 3 juin, d’anciens dignitaires, parmi lesquels l’ancien président Ikililou Dhoinine, ont également saisi Azali Assoumani. Parmi les auteurs de cette correspondance figuraient d’anciens présidents de la Cour constitutionnelle, d’anciens présidents de l’Assemblée nationale, ainsi que plusieurs autres personnalités.

Leur démarche se voulait avant tout humanitaire.

« Sa libération ne serait ni l’effacement du passé ni la négation des institutions. Elle serait un geste de sagesse, de compassion et de confiance dans la capacité de notre peuple à avancer ensemble. Elle contribuerait à apaiser les tensions, à réduire les fractures qui traversent notre société et à consolider la paix civile, ce bien précieux sans lequel aucune œuvre durable ne peut être accomplie », ont estimé les anciens dignitaires.

Leur initiative a ensuite été soutenue par 35 anciens députés de la Nation, signataires d’un autre courrier en faveur du président d’honneur du parti Juwa.

Dans une déclaration faite devant les médias ce mardi, le président du Syndicat des journalistes comoriens, Chamsoudine Saïd Mhadji, a réclamé la fin des intimidations et demandé la libération des deux journalistes arrêtés sans convocation préalable.

Jusqu’à mardi soir, le syndicat n’avait toujours pas été autorisé à rendre visite à son confrère maintenu en détention.

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Le cinéma de Chirongui renouvelle sa programmation du 9 au 21 juin

Le cinéma de Chirongui renouvelle sa programmation du 9 au 21 juin

Le Pôle culturel de Chirongui propose une nouvelle programmation cinéma du 9 au 21 juin 2026, avec plusieurs nouveautés à l’affiche. Le public pourra découvrir Disclosure Day, Colony, Nouveaux copains à Puffin Rock, La Bataille de Gaulle : l’âge de fer, ainsi que Scary Movie.

Plusieurs films restent par ailleurs programmés, parmi lesquels Star Wars: The Mandalorian and Grogu, en 2D et 3D, Michael, En route !, L’Odyssée de Céleste ou encore La Vénus électrique.

Les séances sont proposées au cinéma de Chirongui, avec des tarifs allant de 7 euros en plein tarif à 4 euros en tarif réduit, et la gratuité pour les enfants de moins de 6 ans accompagnés. La billetterie et le programme complet sont disponibles sur le site du Pôle culturel de Chirongui, sur ses réseaux sociaux, ou directement sur place.

Transports maritimes : 20,8 millions d’euros pour remplacer deux barges

Transports maritimes : 20,8 millions d'euros pour remplacer deux barges

Le Département-Région de Mayotte a validé un plan de financement de 20,8 millions d’euros destiné au remplacement de deux barges de la Direction des Transports Maritimes (DTM). Adoptée lors de la Commission permanente du 30 avril 2026, cette opération vise à garantir la continuité territoriale entre Grande-Terre et Petite-Terre, essentielle aux déplacements quotidiens, à l’activité économique et à l’accès aux services publics.

Devenues trop vétustes et fragilisées par les conséquences du cyclone Chido, les deux barges concernées ne peuvent plus être remises en service dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Le financement repose sur une contribution de 15 millions d’euros du Fonds de solidarité de l’Union européenne, 3,4 millions d’euros de FCTVA et 2,4 millions d’euros apportés par le Département-Région. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie de reconstruction et de modernisation des infrastructures engagée après le passage du cyclone.

La CAGNM lance la première édition des “Villages des Forêts du Grand Nord”

La CAGNM lance la première édition des “Villages des Forêts du Grand Nord”

La Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte organise la première édition des « Villages des Forêts du Grand Nord » du 15 au 19 juin 2026, dans le cadre des Nuits des Forêts.

L’événement vise à proposer au public une découverte des milieux naturels du territoire et des enjeux liés à leur préservation. Tout au long de la semaine, des acteurs institutionnels, associatifs et partenaires locaux présenteront leurs actions en faveur de l’environnement et de la biodiversité.

Le programme comprend des ateliers pédagogiques, des expositions, des randonnées ainsi que des animations et des temps d’échanges avec des professionnels du territoire. L’objectif est de mettre en valeur les initiatives locales et de sensibiliser les participants à la protection des écosystèmes forestiers, littoraux et aquatiques.

Les inscriptions se font en ligne via le site CAGNM. L’organisation invite la population à participer à cet événement ouvert à tous, présenté comme un temps de découverte et de sensibilisation à l’environnement. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site ou par téléphone au 0639 40 16 04.

La Communauté de communes du Sud examine plusieurs dossiers de gestion en réunion de l’exécutif

La Communauté de communes du Sud examine plusieurs dossiers de gestion en réunion de l’exécutif

L’exécutif communautaire de la Communauté de communes du Sud s’est réuni ce matin afin d’examiner plusieurs dossiers relatifs à l’administration générale, aux finances et au fonctionnement de l’intercommunalité.

Présidée par le premier vice-président, Wirdani DJAE, la séance a permis l’examen de différents points inscrits à l’ordre du jour et leur validation par les membres de l’exécutif communautaire.

Les échanges ont porté sur la gestion interne et le suivi des dossiers de l’établissement public de coopération intercommunale. Selon les informations communiquées, les décisions ont été adoptées au cours de cette réunion de travail.

Course de pneus : les inscriptions à la 42ème édition ouvertes jusqu’au 18 juin

Course de pneus : les inscriptions à la 42ème édition ouvertes jusqu’au 18 juin

La 42ème édition de la Course de pneus ouvre les inscriptions jusqu’au 18 juin. Le départ sera donné à la MJC de Mtsapéré, les coureurs rejoindront la place de l’ancien marché, soit un parcours de 1,8 km. Cette édition a pour thème « 100 % Tous en sport ! » : les participants sont invités à s’habiller dans la tenue de leur sport préféré. Chaque équipe est composée de cinq coureurs âgés d’au moins 16 ans, dont un chef d’équipe, et concourt dans l’une des catégories proposées : gros pneus, femmes, hommes, mixtes ou mama. Les inscriptions peuvent être réalisées en ligne ou dans plusieurs points relais de l’île. Le tirage au sort des équipes participantes est prévu le 19 juin entre 10h00 et 11h00 dans l’émission de radio « J’aime Mayotte ».

Comores : la question de Mayotte s’invite au Conseil des ministres de la COI

Comores : la question de Mayotte s’invite au Conseil des ministres de la COI

La ministre déléguée chargée de la Francophonie, Éléonore Caroit, arrivée à Moroni dimanche, a clairement plaidé pour la non-exclusion de Mayotte, dont l’intégration au sein de la Commission de l’océan Indien (COI) se heurte au blocage des autorités comoriennes, qui s’appuient sur les résolutions des Nations unies.

La Commission de l’océan Indien souffle ses 40 bougies cette année. À cette occasion, l’organisation régionale organise une série d’événements qui s’étaleront jusqu’au 20 juin prochain. Moroni abritait ce lundi le traditionnel Conseil des ministres, qui a vu la participation des délégations des cinq pays membres.

La France, membre de la COI, a dépêché sa ministre déléguée chargée de la Francophonie, Éléonore Caroit, pour la représenter. Arrivée dimanche, la déléguée chargée des Partenariats internationaux a pris part hier aux travaux du Conseil, qui se sont tenus au Palais du peuple.

Si, au sujet de Mayotte, le secrétaire général de la COI, le Malgache Ibrahim Norbert Richard, a assuré dans une interview accordée à Al-Watwan que le secrétariat ne faisait pas « d’ingérence », la ministre Éléonore Caroit ne s’est, en revanche, pas privée de titiller Moroni.

Dans son discours, la vice-présidente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a rappelé que, pour affronter tous les défis, il était important de ne laisser aucun territoire de côté.

« C’est la seule position réaliste si l’on veut répondre efficacement à nos problèmes régionaux. Une crise majeure sévit non loin d’ici : l’épidémie d’Ebola dans la région des Grands Lacs. Et les maladies ne connaissent pas de frontières. Allons-nous volontairement laisser une brèche dans notre défense ? », a déclaré la ministre chargée des Français de l’étranger à propos de Mayotte.

Elle a poursuivi en des termes particulièrement explicites sur les ambitions de Paris concernant cette question :

« C’est pourquoi nous souhaitons assurer, de manière pragmatique et en tant que voisins et partenaires, l’intégration de Mayotte à notre instance. Ce sera l’une des priorités de la présidence française, comme l’a indiqué le ministre des Affaires étrangères il y a quelques jours. »

Des propos qui ont suscité une réplique immédiate du ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Mbaé.

« Ce 40e Conseil des ministres de l’océan Indien revêt une importance toute particulière. Il constitue non seulement un temps institutionnel majeur pour notre région, mais il marque également les 40 ans d’adhésion des Comores à la COI, dans ses frontières dûment reconnues par le droit international : la Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte », a sèchement répondu le chef de la diplomatie comorienne avant de poursuivre.

Archipel de quatre îles

« Madame la ministre, il ne saurait être question d’intégrer Mayotte à la COI, car Mayotte est comorienne conformément aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies qui ont permis à notre archipel de devenir un pays indépendant composé de quatre îles », a ajouté Mohamed Mbaé sous les ovations de l’assistance.

Cette passe d’armes intervient après une interpellation musclée de la députée mahoraise Estelle Youssouffa (LIOT), qui a dénoncé, le 2 juin, à l’Assemblée nationale française, l’exclusion de Mayotte de la COI en raison du veto de l’Union des Comores, qui ne reconnaît pas « une Mayotte française ».

L’élue de la première circonscription de Mayotte s’en était prise au Quai d’Orsay qui, selon elle, pratiquerait « depuis des décennies l’à-plat-ventrisme et la soumission face au délire des Comores. Paris s’incline scandaleusement face à Moroni », avait-elle lancé.

En réponse, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lui a rappelé que le fonctionnement de la COI exige que toute intégration obtienne « l’accord de l’ensemble des membres » et que, pour atteindre cet objectif, « nous déployons un dialogue exigeant et une diplomatie pragmatique ».

Le 25 avril 2025, lors du sommet annuel de la Commission de l’océan Indien organisé à Madagascar, le sujet s’était déjà invité dans les débats. Le président français Emmanuel Macron avait publiquement plaidé pour l’intégration de Mayotte. Une déclaration qualifiée de provocation par son homologue comorien, Azali Assoumani, qui avait réaffirmé que « l’ADN de la COI est le respect du droit international ».

Présidence de la France

La France occupe depuis hier la présidence du Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien. Aura-t-elle les moyens de faire bouger les lignes ?

Le Conseil des ministres constitue l’instance décisionnelle de la COI. Cette année, près de quinze thématiques figuraient à l’ordre du jour.

« Les dossiers soumis à ce Conseil sur la sécurité maritime, la surveillance des pêches, la santé, la réduction des risques, la connectivité ou encore la sécurité maritime témoignent de l’ambition et de la diversité de notre coopération régionale », a souligné le secrétaire général de la COI.

Il a également ajouté deux priorités : la réduction de l’impact des chocs exogènes et le renforcement de la coopération économique et commerciale.

« Pour nos États insulaires, particulièrement affectés par les chocs exogènes, il est urgent que nous nous accordions sur des mécanismes communs d’atténuation de leurs impacts. Le second point concerne la sécurité, car sans elle et sans stabilité, il ne peut y avoir ni progrès économique ni progrès social », a énuméré le chef de la diplomatie comorienne.

C’est donc autour de ces différents sujets que le Conseil devra adopter ses résolutions, qui seront publiées sur le site de l’institution.

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Gestion des déchets post-Chido : un rapport destiné aux parlementaires qui se fait désirer

Gestion des déchets post-Chido : un rapport destiné aux parlementaires qui se fait désirer

Le sénateur Saïd Omar Oili continue de réclamer aux services de l’État un rapport sur le calendrier des investissements liés à la gestion des déchets post-cyclone Chido. Il dénonce l’impact sur la biodiversité de l’île que représentent les montagnes de déchets qui prolifèrent partout sur le territoire.

Sur les quatre parlementaires mahorais qui siègent à Paris, à l’Assemblée nationale et au Sénat, trois se montrent particulièrement actifs en ce premier semestre 2026. Chacun dans un style différent, ils ne cessent de rappeler au gouvernement Le Cornu ses obligations à l’égard des populations de Mayotte.

Face à la gestion calamiteuse de l’après-Chido, le sénateur Saïd Omar Oili a clairement choisi sa posture : défendre les Mahorais face à ce qu’il considère comme des injustices et un traitement inacceptable de la part des gouvernements Bayrou et Le Cornu. Son style consiste à ne rien cacher aux administrés, quitte à se mettre le système à dos.

« Quand ça ne va pas, je le dirai, car j’estime que les Mahorais ont le droit de connaître le sort qui leur est réservé au milieu d’une montagne de promesses qui ne se matérialisent jamais », confiait-il à Flash Info lors d’un entretien accordé en début d’année.

Et il en a effectivement fait sa marque de fabrique. Il ne perd plus aucune occasion de monter au créneau, des commissions parlementaires à ses interventions au Sénat lors des questions hebdomadaires au gouvernement, pour remettre en lumière les incohérences de l’action gouvernementale sur le territoire de Mayotte.

Outre les promesses non tenues dans le cadre de la reconstruction post-Chido, un autre sujet majeur est au centre de ses préoccupations : la gestion des déchets et ses conséquences sur l’environnement, devenue un véritable casse-tête pour l’ensemble des collectivités locales mahoraises.

Le sénateur multiplie les saisines auprès des autorités compétentes, en particulier du ministre chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefebvre, ainsi que de sa collègue chargée des Outre-mer, Naïma Moutchou, qu’il n’hésite pas à interpeller lors d’auditions dans les commissions spécialisées.

Saïd Omar Oili demande des réponses précises à ses interrogations concernant l’augmentation vertigineuse des déchets sur le sol mahorais.

« Je vais vous reposer ma question, que vous connaissez bien, Monsieur le Ministre. Depuis le passage du cyclone Chido à Mayotte, des milliers de tonnes de déchets restent amoncelées dans des décharges à ciel ouvert, menaçant la santé de la population ainsi que la biodiversité de l’île. Une délégation sénatoriale est venue à Mayotte et a constaté l’ampleur du désastre. »

Le parlementaire mahorais a rappelé au ministre que la prise en charge du traitement de ces déchets figure parmi les objectifs de la loi du 11 août 2025 sur la refondation de Mayotte, adoptée à une très large majorité par les sénateurs.

« Il est inadmissible que, sur un territoire français, sept mois après une telle catastrophe, des tonnes de déchets soient encore présentes partout sur l’île », a-t-il renchéri devant le ministre, soulignant qu’elles alimentent le sentiment d’abandon ressenti par une grande partie de la population vis-à-vis des administrations de l’État.

Pour le sénateur de Mayotte, le non-respect des dispositions prévues par la loi du 11 août 2025 ne fait qu’accentuer ce sentiment d’abandon.

Au cœur de son intervention figure un rapport prévu par la loi et destiné aux parlementaires. Ce document doit préciser le calendrier des investissements nécessaires au traitement des déchets. Or, selon Saïd Omar Oili, le ministère tarde toujours à le transmettre malgré ses nombreuses sollicitations.

Le sénateur indique qu’un entretien qui devait lui être accordé au mois de mars par la ministre de la Transition écologique, Mme Barbu, a finalement été annulé. Il lui a donc adressé un courrier de relance dès le 13 avril 2026.

« À ce jour, je n’ai toujours pas été destinataire de ce rapport. Votre cabinet a-t-il, ou non, reçu ce document destiné aux parlementaires ? », a interrogé Saïd Omar Oili.

Dans la foulée, il a demandé à Mathieu Lefebvre d’apporter davantage de précisions sur une autre problématique : « Le projet de loi ne concerne pas les autres outre-mer. Or, lorsque je prends l’exemple de Mayotte, nous n’avons pas d’eau potable en quantité suffisante et nous dépendons largement de l’eau en bouteille. Résultat : nous avons des déchets plastiques partout sur l’île. »

Le sénateur a ainsi demandé au ministre quelles réponses concrètes l’État entend apporter à cette réalité. Dans le prolongement de cette réflexion, il a plaidé pour une application différenciée des lois selon les territoires, estimant que leurs réalités sont différentes malgré le caractère indivisible de la Nation.

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Le Prix PREV 2025 : une distinction prestigieuse pour l’association Haki Za Wanatsa

Le Prix PREV 2025 : une distinction prestigieuse pour l’association Haki Za Wanatsa

L’association mahoraise a été désignée lauréate du Prix PREV 2025 grâce à son projet CPS Mayotte : Santé mentale et jeunesse. Ce prix national est décerné par le Forum Français pour la Sécurité Urbaine. Il récompense des actions de prévention menées par des collectivités territoriales, des institutions publiques ou de la société civile. Cette année, l’édition mettait à l’honneur la santé mentale et a rassemblé une vingtaine de candidatures.

Si la santé mentale demeure encore un sujet tabou sur le territoire, l’association Haki Za Wanatsa s’efforce de rendre visible ce combat depuis 2018. Ce n’est pas la première fois qu’elle est distinguée pour ses actions, mais cette année, elle remporte bel et bien celui-ci.

C’est à Quimper, les 26 et 27 mai derniers, dans le cadre des Assises de la sécurité des territoires, que le prix lui a été remis, en amont d’une conférence consacrée à la santé mentale et à l’accompagnement des situations complexes. Le projet séduit le jury en s’imposant brillamment comme un ensemble d’actions coordonnées au service du bien-être. Il inclut le développement des compétences psychosociales, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, une cellule de soutien psychologique, des outils numériques ainsi que des projets collectifs et artistiques impliquant les jeunes.

Sur ses réseaux sociaux, la structure a réagi : « Recevoir un prix national est un honneur. Voir des jeunes s’engager, prendre la parole et devenir acteurs et actrices de leur territoire est notre plus belle récompense. » Elle a également rappelé précisément les raisons qui, selon le jury, ont contribué à cette victoire : « Il y’a eu une véritable stratégie territoriale s’appuyant sur des recommandations internationales en matière de développement des compétences psychosociales, ainsi que la capacité du projet à s’inscrire dans la durée, à lutter contre la stigmatisation de la souffrance psychique, à inspirer d’autres territoires, notamment en matière d’inclusion des jeunes, et à valoriser l’Outre-mer. » L’association accompagne depuis de nombreuses années des jeunes en pleine construction personnelle.

Cet engagement se reflète pleinement dans ce projet, conçu pour répondre à leurs besoins et favoriser leur épanouissement. Des ateliers de développement des compétences psychosociales sont organisés dans les écoles et les structures partenaires. L’enjeu est d’aider les jeunes à mieux comprendre leurs émotions, à prendre confiance en eux et à améliorer leurs relations sociales.

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Immigration irrégulière à Mayotte : « Pour nous, la coupe est pleine à ras bord ! »

Immigration irrégulière à Mayotte : « Pour nous, la coupe est pleine à ras bord ! »

Le premier kwassa de la saison a chaviré dans le lagon sans faire de victimes, et une question posée par un citoyen : « L’immigration clandestine sera-t-elle le sujet de désamour entre les têtes d’affiche de l’élection présidentielle de 2027 et une écrasante majorité de l’électorat mahorais ? » Il y a de fortes chances que la réponse à cette question penche davantage vers l’affirmative que vers la négative. Dans tous les cas, le sujet occupe incontestablement le premier rang des préoccupations du public sur l’île, quelle que soit l’orientation idéologique de chacun.

À l’heure où les appareils de soutien et de propagande des différents candidats déclarés à cette compétition se mettent progressivement en place sur le territoire, la question de l’immigration non maîtrisée (ou non maîtrisable) s’avère être une source majeure de préoccupation. L’on s’interroge sur le discours à tenir le moment venu pour faire avaler la pilule amère aux électeurs mahorais, sans pour autant donner le sentiment de vouloir esquiver une problématique devenue beaucoup trop importante pour échapper aux radars de l’opinion publique.

Les états-majors des formations politiques traditionnelles en ont conscience, bien qu’ils craignent tous d’être positionnés et jugés sur le même registre, sans pouvoir bénéficier d’une quelconque circonstance atténuante.

« Il faut dire qu’ici, sur l’île, tout ce beau monde est passé maître dans l’art du gros mensonge dilué dans le temps, avec ce sentiment particulier d’un recommencement sans fin. Sauf que les mandats électifs en France ne sont jamais éternels et que le temps de vérité finit toujours par revenir au moment des élections ! »

Cette observation, qui vaut son pesant d’or, est de Moumini Ahamada Boina, électeur dans une commune du nord de l’île, une zone très exposée, selon lui, aux réalités de l’immigration clandestine de masse qui frappe Mayotte.

« Tout est fichu pour nous, et je serais bien curieux de voir comment le clan des macronistes locaux va argumenter pour chercher à se sortir de cette mauvaise passe auprès de l’opinion publique locale », poursuit-il avec un sourire narquois, accompagné d’un ton malicieux qui en dit long sur le fond véritable de sa pensée.

« Quitte à être taxé à nouveau de marcher à contre-courant de l’histoire »

« Que Dieu nous vienne en aide, car nous pensions avoir traversé les épreuves les plus extrêmes avec le cyclone Chido et là, force est de constater que non : il y a pire que Chido sur notre trajectoire future. Il y a l’abandon criminel de tout un peuple par son propre gouvernement. »

Sur le coup, ce qualificatif employé par Moumini Ahamada Boina a produit l’effet d’un coup de massue. Mais, avec le recul, il est permis de se demander s’il a vraiment tort dans cette opinion personnelle fortement exprimée.

Invité par nos soins à expliciter cette position, le citoyen du nord de Mayotte ne se dégonfle nullement et donne de la consistance à son propos à l’endroit des hommes et des femmes politiques du territoire.

« Nous les avons tous vus à la télévision se bousculer et se disputer une bonne place autour du chef de l’État lors de son premier déplacement à Mayotte, sur la rocade de Mamoudzou. Combien de promesses mensongères n’ont-ils pas relayées auprès de la population durant tout un mandat avant de commencer à éclaircir les rangs au cours de ce second quinquennat finissant ? Et ils auraient sans doute continué à nous abreuver de toutes sortes d’inepties s’il n’y avait pas eu Chido », fait-il remarquer.

Un grand soupir rempli d’amertume ponctue son affirmation avant qu’il ne poursuive son raisonnement. Il estime qu’une longue période de vaches maigres s’annonce pour Mayotte et prend pour justification le fossé qui ne cesse de se creuser entre les décideurs politiques, parisiens comme locaux, et une population qui s’est résignée depuis février 2025 à ne plus rien attendre de ces autorités.

« Nous avons compris qu’à Paris, on n’a rien à faire de nos soucis. Quelle que soit la couleur politique, ils se retrouvent tous dans cette posture, d’une façon ou d’une autre. Tout le reste n’est que du cinéma ! »

En somme, il place dans le même panier tous les partis politiques nationaux, de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par la droite et la gauche traditionnelles ainsi que leurs diverses périphéries.

« Il ne faut pas se leurrer. Le désordre qui s’installe dans cette île n’est rien d’autre que le prolongement du cafouillage qui prévaut dans l’Hexagone. L’immigration, qui plombe tout et handicape sérieusement l’avenir de notre île, illustre parfaitement le déni de réalité qui caractérise les plus hautes sphères de l’État, actuellement et sans doute encore davantage à l’avenir. »

Conscient de laisser son auditoire sur sa faim, Moumini Ahamada Boina explique comment il suit les actualités locales et nationales avec assiduité. Il s’offre même une analyse fine des sujets épineux du moment qui ont conduit différentes missions parlementaires et équipes gouvernementales à se rendre sur l’archipel au cours des derniers mois : insécurité, manque d’eau, refondation, reconstruction, relance économique, convergence sociale et rattrapage avec l’Hexagone.

« Mais tout cela, ce ne sont que des balivernes ! Les kwassas continuent de décharger en masse leurs cargaisons de déshérités et de victimes de la mondialisation sur nos rivages. Ce matin encore, la mauvaise saison nous a rappelé le cycle des embarcations qui chavirent, laissant dans leur sillage les victimes macabres d’une traite humaine sans fin. »

Il explique alors que les Mahorais en ont plus qu’assez de cette sinistrose ambiante et estime qu’ils le manifesteront de façon cinglante dans les urnes lors de l’élection présidentielle de 2027, « quitte à être taxés, une fois encore, de ramer à contre-courant de l’histoire et de la marche du monde politique et politicien ».

Une position pour le moins très tranchée, mais qui a le mérite d’avoir été exprimée.

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À Bandrélé, un vol de nuit ravive la peur d’une famille déjà éprouvée

À Bandrélé, un vol de nuit ravive la peur d’une famille déjà éprouvée
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Il était environ minuit, à Bandrélé, ce vendredi 6 juin, lorsque le bruit de la porte a réveillé le propriétaire des lieux. « J’ai entendu grincer la porte. J’ai pensé que c’était mon épouse », raconte-t-il à la barre du tribunal correctionnel de Mamoudzou. Mais ce n’était pas elle. Un homme venait d’entrer dans la maison, en pleine nuit, alors que sa femme s’y trouvait avec leur bébé.

Le prévenu, né en 2000 à Bandrélé, reconnaît les faits. Il admet avoir volé de l’argent, environ 200 euros. « J’ai pas compté, mais j’ai beaucoup dépensé dans la soirée. Je suis allé à une fête et j’ai beaucoup dépensé sur place », explique-t-il. Les gendarmes sont saisis vers 2h30 du matin. Déjà identifié comme suspect, l’homme est retrouvé adossé à un véhicule et interpellé.

La victime affirme que le prévenu était déjà venu chez lui à plusieurs reprises. Une première fois, il aurait tenté de voler un ordinateur avant de le reposer. Une autre fois, il serait entré pour prendre du poulet dans le réfrigérateur. Le prévenu ne nie pas. « Je connais bien cette maison. J’ai déjà volé du poulet. J’ai remarqué que le propriétaire laisse souvent la porte ouverte », reconnaît-il.

La maison est aussi une école coranique. Le propriétaire laisse parfois ouvert pour les enfants. Le prévenu dit le comprendre, tout en admettant avoir profité de cette confiance. « Je le considérais comme mon oncle. Depuis Chido, il y avait vraiment besoin de nourriture », avance-t-il. Le président du tribunal l’interroge alors sur cette contradiction : s’il l’aime bien, pourquoi le voler ? « J’ai pris une mauvaise habitude. Au lieu d’aller lui demander, je rentrais chez lui », répond le jeune homme.

Cette fois, affirme-t-il, la porte était fermée. Il dit avoir réussi à l’ouvrir « en jouant avec ». Son intention, assure-t-il, n’était pas de s’en prendre aux occupants. « Mon but, c’était de prendre son scooter et partir de Bandrélé », explique-t-il. « Je l’ai vue allongée avec un bébé, je ne l’ai pas approchée », ajoute-t-il au sujet de l’épouse de la victime.

Mais pour la famille, le traumatisme est profond. À la barre, le propriétaire décrit une scène qui l’a marqué durablement : sa femme surprise dans une position d’extrême vulnérabilité, son bébé près d’elle, et sa sacoche ouverte. « Jusqu’à maintenant, personne dans la maison n’ose dormir, aller dans la chambre, aux toilettes », dit-il. Il affirme aussi que le voisinage se plaint de faits similaires et regrette l’absence de témoignages à l’audience. « Je m’attendais à voir plein de gens venir témoigner. Tout le monde se plaint », lance-t-il.

La partie civile insiste sur le sentiment d’insécurité provoqué par cette intrusion nocturne. Son avocat décrit un homme « très intelligent », qui comprend ce qu’il fait. Il demande le remboursement du préjudice matériel, évalué à 185 euros, ainsi qu’une indemnisation morale de 2.500 euros par personne.

Face au tribunal, le prévenu tente de mettre des mots sur son parcours. Sans domicile stable, il dit dormir parfois chez sa mère, parfois dans la voiture de son frère. Il évoque une habitude ancienne du vol. « Je pense que je suis cleptomane. Depuis tout petit, je vole des objets, même à ma mère », affirme-t-il. Puis il revient sur des faits plus anciens : « Ça a commencé à la maison, je prenais des bouteilles de gaz. Au lieu d’aller faire les courses, je prends des bouteilles de gaz pour les vendre. Mon frère, à chaque fois, il me frappait pour ça et je le comprends très bien. »

Son casier judiciaire comporte déjà plusieurs antécédents, dont deux condamnations pour violences conjugales sur la même personne, une évasion après un placement sous bracelet électronique, ou encore le vol de la voiture de son oncle, partie ensuite vers Mamoudzou pour faire du taxi. À la barre, lui parle surtout d’« immaturité ». Il se dit « complètement paumé ».

Pour le ministère public, l’intrusion dans un domicile reste un fait grave. « Se réveiller chez soi et s’apercevoir qu’il y a quelqu’un, c’est traumatisant. C’est une violation de son intimité qui reste », souligne la procureur. Elle dit aussi avoir entendu, dans les explications du prévenu, « presque un appel à l’aide ». Pour ne pas casser toute volonté d’insertion, elle requiert 14 mois d’emprisonnement, dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec renvoi devant le juge de l’application des peines pour la partie ferme. Elle demande également une obligation de soins psychologiques, de travail, d’indemnisation des parties civiles et de paiement des sommes dues au Trésor public.

La défense, elle, appelle à ne pas confondre cette affaire avec les dossiers d’agression plus violents que connaît régulièrement le tribunal. « Il est venu pour dérober, pas pour agresser. C’est une grosse différence », plaide l’avocat. Selon lui, le côté « cleptomane » évoqué par son client relève moins d’une pathologie que d’une habitude prise dans la précarité. « C’est une solution de facilité qu’il a prise et qui est devenue une sorte d’habitude », résume-t-il.

Reste cette question, au cœur du dossier : comment sanctionner un vol commis dans l’intimité d’un foyer, sans ignorer le désarroi d’un prévenu qui semble, lui aussi, demander de l’aide ?

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À Mamoudzou, une jeune femme condamnée après des violences avec une barre de fer et des coups contre des policiers

À Mamoudzou, une jeune femme condamnée après des violences avec une barre de fer et des coups contre des policiers
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Elle apparaît menue à la barre, en combishort, les ongles vernis de vert. Née en 2004 à Kinshasa, arrivée à Mayotte depuis un an et demi, une jeune femme a été jugée ce lundi 8 juin devant le a judiciaire de Mamoudzou pour des violences commises quelques jours plus tôt, le 4 juin.

Ce matin-là, vers 8h30, une patrouille intervient après le signalement d’une jeune femme très agitée, accusée de s’en prendre à des passants. Une mère et sa fille auraient été frappées. À la barre, la prévenue reconnaît avoir pris deux barres de fer, mais affirme avoir voulu se défendre. « Une maman m’a prise en photo, ça m’a énervée. J’ai pris deux barres de fer et je les ai poussées avec », explique-t-elle. « J’étais toute seule et je voyais beaucoup de monde autour de moi. »

L’interpellation dégénère ensuite. Selon la procédure, elle crache, se débat, mord à plusieurs reprises les policiers à la main et au poignet, puis donne un coup de pied dans l’abdomen d’une agente. Deux fonctionnaires ont déposé plainte. La jeune femme reconnaît les faits, tout en répétant qu’elle s’est sentie agressée : « Je l’ai mordu car il me faisait mal. »

Le dossier révèle une situation personnelle très fragile. Arrivée à Mayotte depuis un an et demi, elle dit dormir dans la rue, près du camp militaire des Badamiers. « Je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de famille. Ici, je suis toute seule », répète-t-elle. L’expertise psychiatrique ne retient pas d’altération du discernement ni de dangerosité, mais évoque un parcours marqué par des traumatismes.

Pour le procureur, la réaction reste disproportionnée : « On la prend en photo, donc sa réponse, c’est de prendre une barre de fer et de donner des coups. » Il requiert huit mois de prison avec sursis probatoire, obligation de soins, stage de citoyenneté, indemnisation des parties civiles et interdiction de détenir une arme.

La défense plaide l’indulgence, décrivant une jeune femme isolée, partie seule du Congo, « arrivée à bout de nerfs » après un parcours migratoire violent. Elle demande la relaxe pour les violences initiales, estimant que la mère et sa fille ne sont ni clairement identifiées ni entendues, et insiste sur la nécessité de préserver ses chances de réinsertion.

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Le préfet de Mayotte réunit les maires

Le préfet de Mayotte réunit les maires
Lors de la réunion, les représentants de la police nationale et de la gendarmerie ont présenté leurs actions sur le territoire ainsi que les dispositifs d’appui aux communes.

Réunis le 4 juin à l’initiative du préfet de Mayotte, les 17 maires de l’île et les cinq présidents d’intercommunalité ont échangé sur plusieurs dossiers jugés prioritaires. Sécurité, gestion des ressources en eau et reconstruction du territoire ont été au cœur de cette première réunion de travail entre l’État et les collectivités locales.

Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a réuni le 4 juin les 17 maires de l’île ainsi que les cinq présidents d’établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Cette rencontre de travail a permis d’aborder plusieurs dossiers concernant les collectivités locales, notamment la sécurité, la gestion des ressources en eau et la reconstruction du territoire.

Les échanges se sont déroulés en présence des services de l’État, de représentants de la police nationale et de la gendarmerie, ainsi que de la vice-présidente des Eaux de Mayotte (LEMA).

Sécurité et gestion de l’eau au programme des échanges

Une première partie de la réunion a été consacrée aux questions de sécurité civile et de prévention de la délinquance. Les participants ont évoqué plusieurs dispositifs relevant des compétences des communes, parmi lesquels les Plans communaux de sauvegarde (PCS), les lieux refuges, les réserves communales de sécurité civile et les sirènes d’alerte.

Les échanges ont également porté sur les relations entre les communes, les forces de sécurité intérieure et les services de l’État. La tenue des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), les dispositifs de vidéoprotection ainsi que le rôle des polices municipales ont notamment été abordés. La police nationale et la gendarmerie ont présenté leurs actions sur le territoire.

Le préfet a également évoqué de futurs dispositifs destinés à lutter contre la délinquance et l’immigration clandestine, sans en préciser le contenu.

La question des ressources en eau a constitué un autre sujet de discussion. Les participants ont échangé sur la situation de l’approvisionnement et sur les conséquences attendues du renforcement des tours d’eau dans les prochains mois. Il a été annoncé que l’État participerait au financement de cuves de stockage supplémentaires destinées aux écoles. Les services de l’État doivent également apporter un accompagnement technique pour leur installation et leur mise en service.

Financements et reconstruction du territoire

Les enjeux liés à la reconstruction et au développement du territoire ont également été abordés. Les services de l’État ont présenté les dispositifs de financement mobilisables par les collectivités et les acteurs locaux pour la réalisation de projets sur le territoire.

Selon les informations communiquées lors de cette réunion, des rencontres régulières doivent être organisées entre les services de l’État, les maires et les présidents d’intercommunalité afin d’assurer le suivi des projets et des demandes de financement.

Cette réunion a rassemblé l’ensemble des maires de Mayotte et les représentants des cinq intercommunalités autour de plusieurs dossiers touchant au fonctionnement des communes et aux projets de développement du territoire.

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Passages piétons à Mayotte : quand traverser devient un parcours à risque

Passages piétons à Mayotte : quand traverser devient un parcours à risque

Alors que les passages piétons sont conçus pour garantir la sécurité des usagers les plus vulnérables, leur respect demeure un défi à Mayotte. Chaque jour, de nombreux piétons prennent des risques pour traverser des routes où certains conducteurs ignorent encore les règles élémentaires du Code de la route. Une situation qui soulève des questions sur la sécurité routière et la responsabilité collective.

Aux abords des écoles, des marchés ou des centres administratifs, les passages piétons devraient constituer des espaces de protection. Pourtant, sur plusieurs axes routiers de Mayotte, il n’est pas rare de voir des véhicules poursuivre leur route sans ralentir lorsqu’un piéton s’apprête à traverser. Certains automobilistes ne marquent pas l’arrêt, tandis que des deux-roues effectuent parfois des dépassements dangereux à proximité des passages protégés.

Cette réalité est dénoncée par de nombreux habitants qui évoquent un manque de civisme et une méconnaissance des règles de priorité. Les personnes âgées, les enfants et les personnes à mobilité réduite sont les premières victimes de ces comportements à risque.

Le Code de la route est pourtant clair

La réglementation impose au conducteur de céder le passage à un piéton engagé sur un passage protégé ou manifestant clairement son intention de traverser. Cette obligation ne relève pas d’une simple courtoisie mais d’une règle fondamentale de sécurité routière.

Le non-respect de cette priorité peut entraîner des sanctions, mais surtout des conséquences dramatiques en cas d’accident. À faible ou à grande vitesse, un choc entre un véhicule et un piéton expose ce dernier à des blessures graves, voire mortelles.

Des infrastructures parfois insuffisantes

Au-delà du comportement des conducteurs, plusieurs secteurs de Mayotte souffrent également d’un manque d’aménagements adaptés. Certains passages piétons sont peu visibles, mal entretenus ou insuffisamment éclairés, ce qui réduit leur efficacité, notamment de nuit ou en période de fortes pluies.

L’augmentation constante du trafic routier accentue également les difficultés de circulation et la cohabitation entre automobilistes, deux-roues et piétons. Dans certains quartiers, les habitants sont contraints de traverser des axes très fréquentés sans véritable dispositif de sécurisation.

Un enjeu de sensibilisation et de responsabilité

Les spécialistes de la sécurité routière rappellent que la prévention reste le meilleur moyen de réduire les accidents. Des campagnes de sensibilisation auprès des conducteurs, des actions éducatives dans les établissements scolaires et un renforcement des contrôles pourraient contribuer à faire évoluer les comportements.

La sécurité des piétons dépend également de chacun. Les automobilistes doivent adapter leur vitesse et anticiper la présence de personnes souhaitant traverser. De leur côté, les piétons sont invités à utiliser les passages aménagés et à s’assurer que les véhicules les ont bien identifiés avant de s’engager.

Vers une culture du respect de la route

Au-delà des sanctions prévues par la loi, le respect des passages piétons constitue avant tout une question de civisme et de partage de l’espace public. Dans un territoire où la circulation est en constante évolution, développer une véritable culture de la sécurité routière apparaît comme une nécessité.

Préserver la vie des usagers les plus vulnérables ne dépend pas uniquement des infrastructures ou des forces de l’ordre, mais aussi de la responsabilité quotidienne de chaque conducteur. À Mayotte, faire du passage piéton un espace réellement sécurisé représente un défi majeur pour construire une mobilité plus sûre et plus respectueuse de tous.

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Lagon de Mayotte : l’État et la Fondation Aga Khan signent un accord de 8,5 millions d’euros

Lagon de Mayotte : l'État et la Fondation Aga Khan signent un accord de 8,5 millions d'euros

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a signé ce lundi 8 juin à Paris un premier protocole d’accord avec la Fondation Aga Khan. Doté de 8,5 millions d’euros, il doit financer les premiers chantiers de restauration du lagon de Mayotte, fragilisé par le cyclone Chido.

Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a signé ce lundi 8 juin un premier protocole d’accord entre le gouvernement et la Fondation Aga Khan. Ce programme d’investissement de 8,5 millions d’euros est destiné à financer les premiers projets de restauration du lagon de Mayotte, endommagé par le cyclone Chido.

La signature s’est tenue à l’Hôtel de Montmorin, à Paris, en présence de Christophe Lecourtier, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), de Shamir Samdjee, représentant de la Fondation Aga Khan en France, de Matt Reed, directeur de la Fondation Aga Khan, ainsi que du prince Aly Muhammad Aga Khan, frère du prince Rahim Aga Khan V.

Les fonds financeront la restauration des mangroves, l’amélioration de la qualité des eaux littorales, le développement d’une pêche durable et l’adaptation des pratiques agroécologiques. D’après le ministère, « l’objectif est de renforcer la résilience du territoire face aux défis environnementaux et de restaurer durablement la richesse exceptionnelle de sa biodiversité ».

Il s’agit du premier protocole opérationnel mettant en œuvre la déclaration d’intention signée le 11 juillet 2025, à l’occasion de la rencontre entre le président Emmanuel Macron et l’Aga Khan V, le prince Rahim al-Hussaini. Cette déclaration portait sur le soutien à la reconstruction et au développement durable de Mayotte autour de quatre priorités : la protection et la restauration des écosystèmes côtiers ; la promotion de solutions face à la crise climatique ; le développement d’opportunités dans les économies bleue et verte ; et la réduction de la pression sur les zones côtières grâce à un meilleur accès à l’eau potable, à l’énergie et aux services de gestion des déchets, ainsi qu’à l’amélioration des pratiques agricoles.

L’accord prévoyait la mobilisation conjointe de 100 millions d’euros pour financer des actions à Mayotte, au Kenya, à Madagascar, au Mozambique et en Tanzanie. Les 8,5 millions d’euros annoncés constituent ainsi la première étape de ce programme régional couvrant l’océan Indien et l’Afrique de l’Est.

L’initiative s’inscrit également dans le prolongement de la candidature de la double barrière de corail de Mayotte au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO, déposée en juin 2025. Son inscription ne constituerait qu’une première étape vers celle de l’ensemble du lagon, qui forme le plus vaste parc naturel marin de France.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes