Le mercredi 15 avril 2026, le Pôle d’Excellence Rural de Coconi accueillera une Journée de mobilisation des fonds européens en faveur de la biodiversité. L’événement est organisé à l’initiative du Président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousseni, dans le cadre du projet LIFE BIODIV’FRANCE.
Cette rencontre vise à informer et accompagner les acteurs du territoire dans l’accès aux financements européens dédiés à la préservation et à la valorisation de la biodiversité mahoraise. Le programme débutera à 8h30 par l’accueil des participants, suivi à 9h00 d’une présentation des dispositifs financiers européens déployés à Mayotte. Après une pause déjeuner prévue à 12h00, les échanges se poursuivront à 13h30 sous forme de rencontres entre financeurs et porteurs de projets.
Cofinancé par l’Union européenne et coordonné par l’Office français de la biodiversité, en partenariat avec la Direction des affaires européennes du Département-Région de Mayotte, le projet LIFE BIODIV’FRANCE rassemble 31 partenaires. Il s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité, autour de cinq axes : les territoires, les aires protégées, les filières, les citoyens et la formation.
Cette journée se veut un temps fort de mise en réseau et d’échanges autour des opportunités de financement pour les acteurs locaux engagés dans la protection de l’environnement à Mayotte.
Le préfet François-Xavier Bieuville a visité la dizaine d’habitats insalubres en compagnie des forces de gendarmerie, notamment d’agents de la brigade canine.
« J’insiste, ce sont des parcelles qui appartiennent au cadastre à des Français d’origine mahoraise. » Le préfet de Mayotte a lancé hier matin, à Labattoir, la cinquième opération de l’année de lutte contre l’habitat indigne et les flux financiers illicites. Quatre propriétaires de parcelles contenant une dizaine d’habitations de fortune auront à s’expliquer devant la justice. Des sommes d’argent ont été saisies au cours de cette opération et leur provenance sera déterminée par des enquêtes judiciaires.
« Kinguiya » est une opération à visages multiples qui peut notamment intégrer des actions du Codaf, dont la lutte contre les marchands de sommeil. C’est dans ce cadre qu’une opération, préparée depuis de longues semaines, s’est déroulée aux premières heures du jour, hier mardi, dans le quartier « Ciné 2000 », à cheval entre les communes de Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi. « Cela nous permet de démontrer qu’il y a des parcelles appartenant à des Mahorais et qui sont louées dans des conditions insalubres », a expliqué à la presse le préfet François-Xavier Bieuville, présent sur les lieux aux côtés des forces de gendarmerie.
La zone en question avait précédemment fait l’objet d’investigations de la gendarmerie, grâce auxquelles les autorités avaient réussi à identifier les propriétaires de quatre parcelles (répertoriées au cadastre), appuyées par une enquête sociale permettant d’identifier les familles d’origine étrangère qui y résident (dont certaines en situation irrégulière).
« C’est d’abord une opération Codaf de lutte contre l’habitat insalubre ; voyez vous-mêmes : ce sont des habitations qui ne sont pas reliées correctement à l’électricité, avec des dangers apparents, une eau non contrôlée. C’est donc, premièrement, une opération de lutte contre l’habitat indigne », a insisté le préfet.
Le lien ayant été établi entre les propriétaires et les occupants des lieux, un certain nombre d’infractions ont pu être relevées sur le plan judiciaire lors de la préparation de l’opération d’hier matin. Des poursuites judiciaires vont être engagées afin que les responsables puissent être condamnés.
Une somme d’argent liquide ayant été saisie au cours de cette opération, une deuxième phase, dite d’enquête judiciaire, va démarrer avec pour objectif de démontrer l’existence de locations illégales de bâtiments, sans déclaration de revenus au fisc et en infraction avec les codes de l’urbanisme et de l’habitation, notamment en matière d’accès à l’eau et à l’électricité.
François-Xavier Bieuville prévient que la démolition de ces habitations de fortune ne saurait tarder. Des relogements seront proposés aux personnes éligibles dans le cadre de la loi Élan. Des résidents de ce quartier informel en situation irrégulière ont été appréhendés et feront l’objet d’une reconduite à la frontière.
Sur les quatre parcelles concernées, les autorités ont identifié une dizaine d’habitations. Dans une note adressée à la presse quelques heures plus tard, la préfecture a indiqué avoir comptabilisé 145 opérations Codaf depuis le début de l’année, celle d’hier matin étant la cinquième spécifiquement consacrée à la lutte contre les marchands de sommeil. Ces opérations auraient mobilisé 840 agents appartenant à différents services de l’État (police, gendarmerie, inspection du travail, douanes, DRFIP, DGCCRF, DEETS, DAAF, DEALM, OFB, ONF, CSSM, URSSAF, ARS).
« L’année 2026 se caractérise également par une intensification des contrôles et un élargissement des champs d’intervention. » La préfecture indique clairement que de nouveaux domaines identifiés vont s’ajouter aux cibles traditionnelles que sont la restauration, le bâtiment, les flux financiers et la protection de l’environnement. Prochains secteurs susceptibles de faire l’objet de contrôles du Codaf : les auto-écoles, les taxis clandestins et les établissements de transfert d’argent.
La zone en question avait précédemment fait l’objet d’investigations de la gendarmerie, grâce auxquelles les autorités avaient réussi à identifier les propriétaires de quatre parcelles (répertoriées au cadastre), appuyées par une enquête sociale permettant d’identifier les familles d’origine étrangère qui y résident (dont certaines en situation irrégulière).
« C’est d’abord une opération Codaf de lutte contre l’habitat insalubre ; voyez vous-mêmes : ce sont des habitations qui ne sont pas reliées correctement à l’électricité, avec des dangers apparents, une eau non contrôlée. C’est donc, premièrement, une opération de lutte contre l’habitat indigne », a insisté le préfet.
Le lien ayant été établi entre les propriétaires et les occupants des lieux, un certain nombre d’infractions ont pu être relevées sur le plan judiciaire lors de la préparation de l’opération d’hier matin. Des poursuites judiciaires vont être engagées afin que les responsables puissent être condamnés.
Une somme d’argent liquide ayant été saisie au cours de cette opération, une deuxième phase, dite d’enquête judiciaire, va démarrer avec pour objectif de démontrer l’existence de locations illégales de bâtiments, sans déclaration de revenus au fisc et en infraction avec les codes de l’urbanisme et de l’habitation, notamment en matière d’accès à l’eau et à l’électricité.
François-Xavier Bieuville prévient que la démolition de ces habitations de fortune ne saurait tarder. Des relogements seront proposés aux personnes éligibles dans le cadre de la loi Élan. Des résidents de ce quartier informel en situation irrégulière ont été appréhendés et feront l’objet d’une reconduite à la frontière.
Sur les quatre parcelles concernées, les autorités ont identifié une dizaine d’habitations. Dans une note adressée à la presse quelques heures plus tard, la préfecture a indiqué avoir comptabilisé 145 opérations Codaf depuis le début de l’année, celle d’hier matin étant la cinquième spécifiquement consacrée à la lutte contre les marchands de sommeil. Ces opérations auraient mobilisé 840 agents appartenant à différents services de l’État (police, gendarmerie, inspection du travail, douanes, DRFIP, DGCCRF, DEETS, DAAF, DEALM, OFB, ONF, CSSM, URSSAF, ARS).
« L’année 2026 se caractérise également par une intensification des contrôles et un élargissement des champs d’intervention. » La préfecture indique clairement que de nouveaux domaines identifiés vont s’ajouter aux cibles traditionnelles que sont la restauration, le bâtiment, les flux financiers et la protection de l’environnement. Prochains secteurs susceptibles de faire l’objet de contrôles du Codaf : les auto-écoles, les taxis clandestins et les établissements de transfert d’argent.
Bazar Dagoni est une plateforme de e-commerce locale qui facilite l’accès aux produits du quotidien à Mayotte.
* image d'illustration générée par ia
À Mayotte, libérer du temps pour faire ses courses devient souvent un casse-tête, entre les embouteillages, la pénurie de produits en grande surface et l’attente sur les longues files d’attente en caisse. Sans oublier les habitants aux extrémités de l’île. Bazar Dagoni se veut être une plateforme en ligne promettant de gagner du temps en proposant une multitude de produits du quotidien.
L’idée de ce projet est née de Nassir Ibrahim Abasse, revenu à Mayotte il y a cinq ans, après une expérience dans l’industrie agroalimentaire. Nassir Ibrahim Abasse remarque tout de suite les difficultés à faire des courses. « Parfois on est obligé de se déplacer jusqu’à Mamoudzou », explique-t-il. Une organisation qui pèse sur le quotidien : « On perd une demi-journée le samedi, avec du monde dans les bouchons et dans les magasins. » Pour les habitants du sud ou du nord, ces déplacements sont souvent incontournables pour accéder à une offre complète, notamment en produits frais ou en articles d’entretien.
C’est pour pallier cette difficulté qu’il élabore Bazar Dagoni : « C’est un projet sur lequel je travaille depuis 3 ans », raconte-t-il. Le service mis en place repose sur un fonctionnement précis. Les commandes sont ouvertes en ligne, avec une limite fixée à midi pour être intégrées aux tournées. Les livraisons sont ensuite assurées trois jours par semaine : mardi, jeudi et samedi. « On a centralisé les livraisons sur des jours spécifiques pour les faire en une traite », détaille le gérant. L’objectif : limiter les trajets et structurer les tournées sur l’ensemble du territoire desservi.
Une solution aux parents isolés
« On a beaucoup de parents isolés », explique le gérant. Jusqu’ici, les courses passaient souvent par des proches. « Les enfants étaient obligés de passer par des amis pour aider leurs parents. » Avec la plateforme, ils peuvent désormais commander directement à distance. « C’est l’enfant lui-même qui fait les commandes », précise-t-il, avec une livraison au domicile des parents. Autre profil concerné : les actifs travaillant à Mamoudzou. Pour eux, l’enjeu est de limiter les déplacements du week-end. « Ils ont besoin de dégager du temps. »
Le catalogue comprend des produits d’entretien (lessive, produits ménagers), des boissons, mais aussi des produits frais. « On propose des fruits, légumes, viande fraîche et volaille fraîche », précise-t-il, en partie issus de productions locales. Le transport est assuré avec un véhicule frigorifié et des sacs isothermes et des glacières. « Ça permet d’éviter la rupture de froid », souligne Nassir Ibrahim Abasse.
Côté conditions, la livraison est accessible à partir de 70 euros d’achat. Elle devient gratuite dès 150 euros. Pour certaines zones, un retrait est proposé à Bandrélé, via un service de click and collect.
Sans partenariat avec la grande distribution, la structure fonctionne uniquement en e-commerce. « Nous sommes du e-commerce pour rendre les prix accessibles », insiste Nassir Ibrahim Abasse. Avec différents. Le gérant a donc noué des partenariats avec l’Exploitation agricole avicole située à Hajangua (Dembeni), Agrisud, Maygropic.
C’est pour pallier cette difficulté qu’il élabore Bazar Dagoni : « C’est un projet sur lequel je travaille depuis 3 ans », raconte-t-il. Le service mis en place repose sur un fonctionnement précis. Les commandes sont ouvertes en ligne, avec une limite fixée à midi pour être intégrées aux tournées. Les livraisons sont ensuite assurées trois jours par semaine : mardi, jeudi et samedi. « On a centralisé les livraisons sur des jours spécifiques pour les faire en une traite », détaille le gérant. L’objectif : limiter les trajets et structurer les tournées sur l’ensemble du territoire desservi.
Une solution aux parents isolés
« On a beaucoup de parents isolés », explique le gérant. Jusqu’ici, les courses passaient souvent par des proches. « Les enfants étaient obligés de passer par des amis pour aider leurs parents. » Avec la plateforme, ils peuvent désormais commander directement à distance. « C’est l’enfant lui-même qui fait les commandes », précise-t-il, avec une livraison au domicile des parents. Autre profil concerné : les actifs travaillant à Mamoudzou. Pour eux, l’enjeu est de limiter les déplacements du week-end. « Ils ont besoin de dégager du temps. »
Le catalogue comprend des produits d’entretien (lessive, produits ménagers), des boissons, mais aussi des produits frais. « On propose des fruits, légumes, viande fraîche et volaille fraîche », précise-t-il, en partie issus de productions locales. Le transport est assuré avec un véhicule frigorifié et des sacs isothermes et des glacières. « Ça permet d’éviter la rupture de froid », souligne Nassir Ibrahim Abasse.
Côté conditions, la livraison est accessible à partir de 70 euros d’achat. Elle devient gratuite dès 150 euros. Pour certaines zones, un retrait est proposé à Bandrélé, via un service de click and collect.
Sans partenariat avec la grande distribution, la structure fonctionne uniquement en e-commerce. « Nous sommes du e-commerce pour rendre les prix accessibles », insiste Nassir Ibrahim Abasse. Avec différents. Le gérant a donc noué des partenariats avec l’Exploitation agricole avicole située à Hajangua (Dembeni), Agrisud, Maygropic.
La CADEMA a officiellement lancé, lundi 13 avril, le programme « Vélo-Égaux », une initiative ambitieuse destinée à accompagner les publics les plus éloignés de l’emploi vers davantage d’autonomie grâce à l’usage du vélo.
Porté avec plusieurs partenaires locaux, dont Mlézi Maoré, ce dispositif s’inscrit dans un appel à projets de la Fédération des Usagers de la Bicyclette. Il vise à former 90 bénéficiaires sur une période de six mois. Chaque mois, des groupes de quinze personnes, majoritairement bénéficiaires du RSA ou en recherche d’emploi, suivent un parcours complet mêlant apprentissage du vélo, pratique en conditions réelles et ateliers de réparation.
« L’idée, ce n’est pas de proposer une simple initiation, mais un véritable programme d’accompagnement sur le long terme », explique Léo Jusiak, chargé des mobilités actives à la CADEMA. Les participants, parfois totalement novices, bénéficient d’un suivi intensif pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines d’heures de formation. À l’issue de leur parcours, ils doivent être capables de circuler de manière autonome en ville et d’entretenir leur vélo.
Au-delà de la formation technique, le programme répond à un enjeu majeur à Mayotte : l’accès à la mobilité. Sur un territoire où les déplacements constituent souvent un frein à l’insertion professionnelle, le vélo apparaît comme une solution accessible et durable. « C’est un vecteur d’émancipation et de lien social », souligne le responsable.
Le dispositif repose également sur une mobilisation collective des acteurs de l’insertion, notamment France Travail et plusieurs structures locales, chargées d’identifier les bénéficiaires et de les orienter vers le programme. Une attention particulière est portée à la mixité, avec un objectif de 50 % de femmes parmi les participants. L’association Womenability suit d’ailleurs le projet afin d’analyser et valoriser l’accès des femmes à la mobilité.
Autre ambition affichée : pérenniser l’initiative. Pensé comme une expérimentation, « Vélo-Égaux » pourrait être étendu à d’autres territoires de l’île si les résultats sont concluants. D’ici là, les organisateurs devront relever un défi de taille : l’approvisionnement en vélos. Si chaque bénéficiaire est censé en recevoir un gratuitement à la fin de sa formation, les contraintes logistiques propres à Mayotte compliquent les livraisons. Des solutions comme la récupération de vélos d’occasion sont actuellement à l’étude.
En parallèle, la CADEMA prépare une série d’animations autour du vélo pour le mois de mai, dans le cadre d’une dynamique nationale de promotion des mobilités actives. Sorties cyclo, tests d’intermodalité bus-vélo ou encore démonstrations freestyle pourraient ainsi rythmer les prochaines semaines.
Pour les premiers participants, l’enjeu est déjà concret : apprendre à pédaler, gagner en autonomie et, peut-être, franchir un premier pas vers l’emploi.
« L’idée, ce n’est pas de proposer une simple initiation, mais un véritable programme d’accompagnement sur le long terme », explique Léo Jusiak, chargé des mobilités actives à la CADEMA. Les participants, parfois totalement novices, bénéficient d’un suivi intensif pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines d’heures de formation. À l’issue de leur parcours, ils doivent être capables de circuler de manière autonome en ville et d’entretenir leur vélo.
Au-delà de la formation technique, le programme répond à un enjeu majeur à Mayotte : l’accès à la mobilité. Sur un territoire où les déplacements constituent souvent un frein à l’insertion professionnelle, le vélo apparaît comme une solution accessible et durable. « C’est un vecteur d’émancipation et de lien social », souligne le responsable.
Le dispositif repose également sur une mobilisation collective des acteurs de l’insertion, notamment France Travail et plusieurs structures locales, chargées d’identifier les bénéficiaires et de les orienter vers le programme. Une attention particulière est portée à la mixité, avec un objectif de 50 % de femmes parmi les participants. L’association Womenability suit d’ailleurs le projet afin d’analyser et valoriser l’accès des femmes à la mobilité.
Autre ambition affichée : pérenniser l’initiative. Pensé comme une expérimentation, « Vélo-Égaux » pourrait être étendu à d’autres territoires de l’île si les résultats sont concluants. D’ici là, les organisateurs devront relever un défi de taille : l’approvisionnement en vélos. Si chaque bénéficiaire est censé en recevoir un gratuitement à la fin de sa formation, les contraintes logistiques propres à Mayotte compliquent les livraisons. Des solutions comme la récupération de vélos d’occasion sont actuellement à l’étude.
En parallèle, la CADEMA prépare une série d’animations autour du vélo pour le mois de mai, dans le cadre d’une dynamique nationale de promotion des mobilités actives. Sorties cyclo, tests d’intermodalité bus-vélo ou encore démonstrations freestyle pourraient ainsi rythmer les prochaines semaines.
Pour les premiers participants, l’enjeu est déjà concret : apprendre à pédaler, gagner en autonomie et, peut-être, franchir un premier pas vers l’emploi.
Le procès du maire de Tsingoni, Issilamou Hamada, a été renvoyé ce mardi 14 avril 2026 par le tribunal judiciaire de Mamoudzou. Le dossier sera examiné les 8 et 9 décembre prochains.
Neuf prévenus étaient appelés à comparaître, dont le maire. L’affaire porte sur des soupçons d’irrégularités dans la gestion communale : atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et recel. Des faits qui s’étalent entre 2018 et 2023.
Le renvoi n’est pas lié au mouvement national « Justice morte », engagé depuis le 7 avril contre le projet de loi SURE (« pour une Sanction Utile, Rapide et Effective ») mais à une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) engagée par l’un des prévenus.
À l’issue de la décision, les prévenus ont été appelés un à un à la barre pour l’examen de leur contrôle judiciaire. Le maire a indiqué ne pas avoir soldé les 4 800 euros qu’il devait verser avant le 1er avril. Plusieurs élus, réélus lors du scrutin municipal de 2026, ont également demandé la levée des interdictions de contact afin de pouvoir participer normalement aux conseils municipaux. Le tribunal a maintenu les mesures.
Sur le plan politique, Issilamou Hamada, maire Les Républicains, avait pris la tête de la commune après le décès en 2023 de Mohamed Bacar, dont il était l’adjoint à l’économie. À son arrivée, il s’était engagé à appliquer les recommandations de la Chambre régionale des comptes, qui avait pointé plusieurs irrégularités dans la gestion communale, notamment en matière de marchés publics.
L’enquête judiciaire avait franchi un cap en octobre 2025 avec plusieurs gardes à vue, dont celle du maire. Malgré cette procédure en cours, il a été réélu en 2026.
Le dossier reste désormais en suspens jusqu’à décembre, dans une commune contrainte de fonctionner avec des élus toujours soumis à des restrictions judiciaires.
Le renvoi n’est pas lié au mouvement national « Justice morte », engagé depuis le 7 avril contre le projet de loi SURE (« pour une Sanction Utile, Rapide et Effective ») mais à une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) engagée par l’un des prévenus.
À l’issue de la décision, les prévenus ont été appelés un à un à la barre pour l’examen de leur contrôle judiciaire. Le maire a indiqué ne pas avoir soldé les 4 800 euros qu’il devait verser avant le 1er avril. Plusieurs élus, réélus lors du scrutin municipal de 2026, ont également demandé la levée des interdictions de contact afin de pouvoir participer normalement aux conseils municipaux. Le tribunal a maintenu les mesures.
Sur le plan politique, Issilamou Hamada, maire Les Républicains, avait pris la tête de la commune après le décès en 2023 de Mohamed Bacar, dont il était l’adjoint à l’économie. À son arrivée, il s’était engagé à appliquer les recommandations de la Chambre régionale des comptes, qui avait pointé plusieurs irrégularités dans la gestion communale, notamment en matière de marchés publics.
L’enquête judiciaire avait franchi un cap en octobre 2025 avec plusieurs gardes à vue, dont celle du maire. Malgré cette procédure en cours, il a été réélu en 2026.
Le dossier reste désormais en suspens jusqu’à décembre, dans une commune contrainte de fonctionner avec des élus toujours soumis à des restrictions judiciaires.
Le 10 avril 2026, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte a mis à l’honneur 28 entrepreneurs engagés à l’occasion des Trophées du Commerce, organisés dans le cadre de la quatrième édition des Nouvelles Dynamiques de l’Outre-mer. Ce programme national vise à valoriser et accompagner les initiatives entrepreneuriales des territoires ultramarins en mettant en lumière des projets innovants et porteurs de développement économique.
Cette matinée intense a été rythmée par des présentations, des idées et des échanges porteurs d’ambition, illustrant le dynamisme et la créativité du tissu économique local. Plusieurs initiatives se sont distinguées lors de cette édition. Le prix qualité a été attribué à Hibiscus Café Culture porté par Attoumani Anliati. Le prix entrepreneuriat est revenu à C’PratiK représenté par Tahinah Attoumani. Le prix innovation a récompensé Ecol’eau Mayotte mené par Isaac et Nourdine, tandis que le prix développement durable a été décerné à Mob’helios Mayotte porté par Cécile Perron. Enfin, le prix coup de cœur a été attribué à EI Anfani Amina.
Sous la présidence de Souffou Sophiata, le jury composé de plusieurs acteurs institutionnels et économiques du territoire a salué la qualité des projets présentés ainsi que l’engagement des candidats.
À travers ces trophées, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte valorise une économie locale en pleine évolution, capable d’innover, de s’adapter et de se développer avec ambition. La prochaine étape est désormais la phase nationale prévue en juin, au cours de laquelle Mayotte entend confirmer son rayonnement et porter haut les talents de son territoire.
La Préfecture de Mayotte a lancé un appel à candidatures dans le cadre du dispositif « Cadres d’avenir », un programme destiné à renforcer la formation de cadres locaux afin de soutenir le développement du territoire. Ce dispositif s’adresse aux étudiants, jeunes diplômés et professionnels à fort potentiel, sélectionnés pour suivre une formation universitaire dans un secteur prioritaire en France hexagonale ou à La Réunion.
La prise en charge peut aller jusqu’à cinq ans, avec un engagement des bénéficiaires à revenir exercer à Mayotte afin de contribuer directement au développement économique, social et institutionnel de l’île. L’objectif est de former une nouvelle génération de cadres mahorais capables de répondre aux besoins du territoire.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 6 juillet 2026.
L’ancien ministre Benoît Hamon, est attendu à Mayotte les 20 et 21 avril 2026 pour une première visite officielle en tant que président d’ESS France, l’association représentative des acteurs et réseaux de l’économie sociale et solidaire française.
Le lundi 20 avril, il débutera son déplacement par une rencontre avec l’association Kaja Kaona, engagée dans l’accompagnement des jeunes vers l’insertion professionnelle. Le lendemain, à Kaweni, plusieurs visites de terrain sont prévues : l’association Mariziki, qui développe une restauration solidaire pour les scolaires, l’entreprise Habit’âme spécialisée dans la valorisation des déchets plastiques, ainsi que l’association Action Coup de pouce.
La visite se poursuivra l’après-midi à Combani avec un déplacement au sein de la coopérative agricole Ucoopam.
Ce déplacement s’inscrit dans la tournée régionale d’ESS France et fait suite à la mobilisation de l’organisation pour soutenir les structures mahoraises après le passage du cyclone Chido.
Du 18 au 23 avril 2026, Mayotte accueille une série de représentations du spectacle « Fa’a’amu, l’enfant adoptif », à l’initiative de l’association Enfance et Familles d’Adoption (EFA). Trois rendez-vous sont proposés au public, à Chirongui, Labattoir et au lycée des Lumières.
Sur scène, la comédienne Fanny Corbasson incarne une mère adoptive confrontée à la lettre de révolte de son fils. Écrite par Roger Lombardot, cette pièce en forme de monologue aborde avec finesse les questions de filiation, d’attachement et d’identité. Un texte fort, porté par une mise en scène sobre, qui laisse toute sa place à l’émotion.
Au-delà de la représentation, chaque séance donnera lieu à un temps d’échange avec le public. Professionnels de la protection de l’enfance et membres de l’EFA seront présents pour accompagner la discussion et répondre aux interrogations.
L’entrée est gratuite, avec un accès ouvert à tous à partir de 13 ans.
Les sénateurs Jean-Claude Tissot et Patrick Kanner dans une cellule avec un surveillant.
Selon la chancellerie, les prisons françaises comptaient, au 1er mars 2026, 87 126 détenus, soit un taux d’occupation de 137,5 %. Au centre pénitentiaire de Majicavo, à Koungou, ce taux monte à 240 %, avec 668 détenus pour 278 places. Le 10 avril, quatre sénateurs socialistes y ont effectué une visite inopinée. Le Flash Infos a pu les accompagner. Reportage.
Quatre sénateurs sont debout dans une cellule. Les épaules se frôlent, les déplacements sont contraints. Au sol, la vaisselle sèche à même le béton. Un matelas est redressé contre le mur, un autre glissé sous un lit superposé, faute de place. « 314 détenus dorment sur des matelas au sol », affirme Mathilde Cunha, directrice adjointe de l’établissement. Dans cette pièce, deux des quatre occupants sont concernés.
Vêtus de chemises blanches, les sénateurs Patrick Kanner (Hauts-de-France), président du groupe socialiste au Sénat et ancien ministre, Saïd Omar Oili (Mayotte), Audrey Belim (La Réunion) et Jean-Claude Tissot (Loire) ont effectué une visite inopinée au sein de l’établissement, vendredi 10 avril à 14 heures. Une démarche rendue possible par l’article 719 du Code de procédure pénale, qui leur autorise l’accès aux établissements pénitentiaires à tout moment, y compris en présence de journalistes.
« On a construit il y a dix ans une prison sous-dimensionnée »
Inauguré en 2015 par Christiane Taubira pour remplacer l’ancienne maison d’arrêt de 1995, l’établissement avait été conçu pour accueillir 278 détenus. Dix ans plus tard, ils sont 668. « On a construit il y a dix ans une prison sous-dimensionnée », observe Patrick Kanner, qui était alors membre du gouvernement Valls II. « Dès son ouverture, elle était déjà saturée », ajoute la directrice adjointe.
L’accès se fait par une lourde porte métallique, débouchant sur un sas puis sur une cour entourée de hauts grillages blancs. Derrière ces enceintes, plusieurs bâtiments distincts structurent la détention.
Les sénateurs pénètrent dans les coursives
En théorie, la maison d’arrêt accueille les personnes en attente de jugement ou condamnées à de courtes peines, tandis que le centre de détention est destiné aux plus longues peines. Mais à Majicavo, cette distinction est largement mise à mal par la surpopulation.
Le centre de détention compte 477 détenus pour 152 places, tandis que la maison d’arrêt en accueille 146 pour 76 places. « Cette dernière a tout de suite été saturée », explique le chef de détention. « Une dérogation nous a permis de récupérer 32 cellules du centre de détention, que nous avons attribuées à la maison d’arrêt. En 2023, nous avons continué à grignoter sur le centre, puisque nous avons récupéré la moitié d’un étage pour les détenus condamnés définitifs en attente d’affectation dans un établissement pour peines. »
Des cellules de 13 à 19 m² accueillent désormais entre quatre et six détenus. « Quatre dans les cellules individuelles, jusqu’à six dans celles prévues pour les personnes à mobilité réduite », détaille la direction. Une promiscuité permanente, qui accélère l’usure des locaux et met à l’épreuve l’ensemble de l’organisation. « Nos vestiaires, nos cantines, les douches ne sont pas dimensionnés pour 600 détenus », souligne-t-elle. Les pannes sont fréquentes. À cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement liées au contexte insulaire, qui rallongent les délais pour l’arrivée de produits d’hygiène, de nourriture ou de vêtements.
Des mesures de sécurité encore attendues
Cette pression pèse aussi sur les agents pénitentiaires. Depuis plusieurs années, les incidents se succèdent.
En septembre 2024, une mutinerie impliquant une centaine de détenus entraîne la démission du directeur et le transfert de 27 détenus vers La Réunion. En septembre 2025, plusieurs surveillants sont agressés. Une altercation entre un agent et un détenu, survenue en mars de la même année, conduit à la condamnation des deux hommes pour violences réciproques.
En février 2026, un agent est de nouveau attaqué par quatre détenus, au lendemain de la visite du garde des Sceaux Gérald Darmanin. Ces agressions engendrent la mise en place d’un sas de sécurité à la sortie des promenades.
Une cellule qui accueille quatre détenus.
Lors de ce déplacement, le ministre annonce également des travaux pour réparer les dégâts causés par Chido, dont l’installation de filets destinés à empêcher l’introduction de téléphones et de stupéfiants depuis l’extérieur. « Nous allons mettre dans les prochaines semaines des filets qui empêcheront les projections […] Là, les travaux sont lancés », assure alors Gérald Darmanin. Mais, près de deux mois plus tard, nous avons pu constater que ces aménagements n’ont pas été réalisés.
Pour autant, le chef de détention nuance : « Les incidents restent limités au regard des conditions. » Il met en avant une forme de régulation interne et de solidarité entre détenus. « Si on propose aux détenus d’être seuls, c’est vécu comme une sanction ; la plupart préfèrent vivre ensemble, de manière à se partager une cigarette ou autre si l’un des détenus le peut », observe-t-il.
« Comparé à la métropole, la plupart sont incarcérés pour des faits criminels »
Le quartier d’isolement illustre à lui seul les limites de l’établissement. Avec seulement trois places, il doit accueillir une grande diversité de profils : personnes souffrant de troubles psychiatriques ou détenus issus de professions dites « protégées », tels que des policiers ou des agents de préfecture, exposés à des risques de représailles. « Trois places, c’est très faible. Ce sont des détenus que l’on doit gérer individuellement, au regard de leur statut », explique le chef de détention.
Faute de mieux, certains sont temporairement maintenus au quartier des arrivants, pourtant conçu comme un espace de transit pour des séjours de quelques jours à deux semaines. Le quartier disciplinaire, limité à quatre places, est lui aussi régulièrement saturé. « Pour 668 détenus, ce n’est pas suffisant », souligne la directrice adjointe.
D’autant que, selon elle, « la plupart des détenus sont incarcérés pour des faits criminels ». Les infractions les plus fréquentes concernent l’aide à l’entrée et au séjour irrégulier et les homicides involontaires. Pour cette dernière infraction, les personnes sont souvent en attente de jugement, en raison de délais d’instruction particulièrement longs.
Chez les mineurs, les condamnations sont majoritairement liées à des violences entre bandes rivales, mais aussi à des faits de viol ou d’agressions sexuelles. Certains agents pénitentiaires sont en tenue de sport afin de réduire la distance. Une spécificité de la justice des mineurs, qui vise à donner aux peines une dimension éducative.
Pour contenir la surpopulation, l’administration s’appuie sur des dispositifs juridiques comme la libération sous contrainte. « C’est aujourd’hui l’un de nos seuls leviers de régulation carcérale », explique la direction, avec notamment les libérations conditionnelles ou les expulsions anticipées, qui permettent une sortie avant la fin de la peine, conditionnée à une expulsion hors du territoire. En effet, entre 53 et 55 % des détenus sont de nationalité étrangère, avec une forte représentation de ressortissants comoriens.
Mais pour l’administration, cela ne suffit pas. « Il faudrait une prison avec au moins 400 places supplémentaires », alerte la directrice adjointe.
« Les élus ont fait leur part »
La question d’un nouvel établissement est posée depuis plusieurs années. En mars 2022, lors d’une visite sur l’île, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti annonçait déjà la nécessité de construire une nouvelle prison, « pas dans vingt ans ». « La justice, la chancellerie, le gouvernement sont prêts à mettre l’argent ; nous avons besoin d’un terrain », déclarait-il à l’issue de sa visite.
Quatre ans plus tard, la situation reste bloquée sur la question du foncier. En déplacement le 23 février 2026, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a évoqué la possibilité de construire une prison modulaire. Deux terrains auraient été identifiés, mais, selon lui, le principal obstacle demeure : des parcelles « peu connues » ou « occupées illégalement ».
« Je suis capable de construire une prison de 250 places en un an et demi. Je le redis aux élus mahorais : s’il y a un terrain capable d’accueillir cette prison, elle sera faite en un an et demi, comme je le fais désormais en hexagone », a-t-il insisté. À la porte du centre pénitentiaire, le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili s’offusque : « Les élus ont fait leur part », en proposant plusieurs sites. Trois terrains auraient ainsi été identifiés à Kawéni (Mamoudzou), Koungou et Ongoujou (Dembeni).
Selon l’administration pénitentiaire, les besoins sont de toute façon sous-estimés : « D’une manière ou d’une autre, la population carcérale a tendance à augmenter. »
Le centre pénitentiaire de Majicavo en chiffres
278 places théoriques dans l’établissement
668 détenus dont 314 dorment sur des matelas au sol
Un taux d’occupation de 240%
8 femmes sont détenues au sein de leur quartier pour 6 places prévues
Trois types de cellules, aux superficies variables : 13,1 m², 13,14 m² et 19,1 m²
177 agents affectés au total
dont 124 surveillants, 14 gradés, 13 officiers
94,7 % de taux de couverture des effectifs de surveillance soit un taux supérieur au pourcentage national
Entre 53 et 55 % des détenus sont étrangers
Une majorité de peines sont comprises entre 1 et 2 ans fermes.
La durée moyenne de détention des mineurs : 5,3 mois
Une quarantaine de bracelets électroniques
128 détenus affectés au service général
40 parloirs par jour
7 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP)
4 enseignants
« On a construit il y a dix ans une prison sous-dimensionnée »
Inauguré en 2015 par Christiane Taubira pour remplacer l’ancienne maison d’arrêt de 1995, l’établissement avait été conçu pour accueillir 278 détenus. Dix ans plus tard, ils sont 668. « On a construit il y a dix ans une prison sous-dimensionnée », observe Patrick Kanner, qui était alors membre du gouvernement Valls II. « Dès son ouverture, elle était déjà saturée », ajoute la directrice adjointe.
L’accès se fait par une lourde porte métallique, débouchant sur un sas puis sur une cour entourée de hauts grillages blancs. Derrière ces enceintes, plusieurs bâtiments distincts structurent la détention.
Les sénateurs pénètrent dans les coursives
En théorie, la maison d’arrêt accueille les personnes en attente de jugement ou condamnées à de courtes peines, tandis que le centre de détention est destiné aux plus longues peines. Mais à Majicavo, cette distinction est largement mise à mal par la surpopulation.
Le centre de détention compte 477 détenus pour 152 places, tandis que la maison d’arrêt en accueille 146 pour 76 places. « Cette dernière a tout de suite été saturée », explique le chef de détention. « Une dérogation nous a permis de récupérer 32 cellules du centre de détention, que nous avons attribuées à la maison d’arrêt. En 2023, nous avons continué à grignoter sur le centre, puisque nous avons récupéré la moitié d’un étage pour les détenus condamnés définitifs en attente d’affectation dans un établissement pour peines. »
Des cellules de 13 à 19 m² accueillent désormais entre quatre et six détenus. « Quatre dans les cellules individuelles, jusqu’à six dans celles prévues pour les personnes à mobilité réduite », détaille la direction. Une promiscuité permanente, qui accélère l’usure des locaux et met à l’épreuve l’ensemble de l’organisation. « Nos vestiaires, nos cantines, les douches ne sont pas dimensionnés pour 600 détenus », souligne-t-elle. Les pannes sont fréquentes. À cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement liées au contexte insulaire, qui rallongent les délais pour l’arrivée de produits d’hygiène, de nourriture ou de vêtements.
Des mesures de sécurité encore attendues
Cette pression pèse aussi sur les agents pénitentiaires. Depuis plusieurs années, les incidents se succèdent.
En septembre 2024, une mutinerie impliquant une centaine de détenus entraîne la démission du directeur et le transfert de 27 détenus vers La Réunion. En septembre 2025, plusieurs surveillants sont agressés. Une altercation entre un agent et un détenu, survenue en mars de la même année, conduit à la condamnation des deux hommes pour violences réciproques.
En février 2026, un agent est de nouveau attaqué par quatre détenus, au lendemain de la visite du garde des Sceaux Gérald Darmanin. Ces agressions engendrent la mise en place d’un sas de sécurité à la sortie des promenades.
Une cellule qui accueille quatre détenus.
Lors de ce déplacement, le ministre annonce également des travaux pour réparer les dégâts causés par Chido, dont l’installation de filets destinés à empêcher l’introduction de téléphones et de stupéfiants depuis l’extérieur. « Nous allons mettre dans les prochaines semaines des filets qui empêcheront les projections […] Là, les travaux sont lancés », assure alors Gérald Darmanin. Mais, près de deux mois plus tard, nous avons pu constater que ces aménagements n’ont pas été réalisés.
Pour autant, le chef de détention nuance : « Les incidents restent limités au regard des conditions. » Il met en avant une forme de régulation interne et de solidarité entre détenus. « Si on propose aux détenus d’être seuls, c’est vécu comme une sanction ; la plupart préfèrent vivre ensemble, de manière à se partager une cigarette ou autre si l’un des détenus le peut », observe-t-il.
« Comparé à la métropole, la plupart sont incarcérés pour des faits criminels »
Le quartier d’isolement illustre à lui seul les limites de l’établissement. Avec seulement trois places, il doit accueillir une grande diversité de profils : personnes souffrant de troubles psychiatriques ou détenus issus de professions dites « protégées », tels que des policiers ou des agents de préfecture, exposés à des risques de représailles. « Trois places, c’est très faible. Ce sont des détenus que l’on doit gérer individuellement, au regard de leur statut », explique le chef de détention.
Faute de mieux, certains sont temporairement maintenus au quartier des arrivants, pourtant conçu comme un espace de transit pour des séjours de quelques jours à deux semaines. Le quartier disciplinaire, limité à quatre places, est lui aussi régulièrement saturé. « Pour 668 détenus, ce n’est pas suffisant », souligne la directrice adjointe.
D’autant que, selon elle, « la plupart des détenus sont incarcérés pour des faits criminels ». Les infractions les plus fréquentes concernent l’aide à l’entrée et au séjour irrégulier et les homicides involontaires. Pour cette dernière infraction, les personnes sont souvent en attente de jugement, en raison de délais d’instruction particulièrement longs.
Chez les mineurs, les condamnations sont majoritairement liées à des violences entre bandes rivales, mais aussi à des faits de viol ou d’agressions sexuelles. Certains agents pénitentiaires sont en tenue de sport afin de réduire la distance. Une spécificité de la justice des mineurs, qui vise à donner aux peines une dimension éducative.
Pour contenir la surpopulation, l’administration s’appuie sur des dispositifs juridiques comme la libération sous contrainte. « C’est aujourd’hui l’un de nos seuls leviers de régulation carcérale », explique la direction, avec notamment les libérations conditionnelles ou les expulsions anticipées, qui permettent une sortie avant la fin de la peine, conditionnée à une expulsion hors du territoire. En effet, entre 53 et 55 % des détenus sont de nationalité étrangère, avec une forte représentation de ressortissants comoriens.
Mais pour l’administration, cela ne suffit pas. « Il faudrait une prison avec au moins 400 places supplémentaires », alerte la directrice adjointe.
« Les élus ont fait leur part »
La question d’un nouvel établissement est posée depuis plusieurs années. En mars 2022, lors d’une visite sur l’île, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti annonçait déjà la nécessité de construire une nouvelle prison, « pas dans vingt ans ». « La justice, la chancellerie, le gouvernement sont prêts à mettre l’argent ; nous avons besoin d’un terrain », déclarait-il à l’issue de sa visite.
Quatre ans plus tard, la situation reste bloquée sur la question du foncier. En déplacement le 23 février 2026, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a évoqué la possibilité de construire une prison modulaire. Deux terrains auraient été identifiés, mais, selon lui, le principal obstacle demeure : des parcelles « peu connues » ou « occupées illégalement ».
« Je suis capable de construire une prison de 250 places en un an et demi. Je le redis aux élus mahorais : s’il y a un terrain capable d’accueillir cette prison, elle sera faite en un an et demi, comme je le fais désormais en hexagone », a-t-il insisté. À la porte du centre pénitentiaire, le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili s’offusque : « Les élus ont fait leur part », en proposant plusieurs sites. Trois terrains auraient ainsi été identifiés à Kawéni (Mamoudzou), Koungou et Ongoujou (Dembeni).
Selon l’administration pénitentiaire, les besoins sont de toute façon sous-estimés : « D’une manière ou d’une autre, la population carcérale a tendance à augmenter. »
Le centre pénitentiaire de Majicavo en chiffres
278 places théoriques dans l’établissement
668 détenus dont 314 dorment sur des matelas au sol
Un taux d’occupation de 240%
8 femmes sont détenues au sein de leur quartier pour 6 places prévues
Trois types de cellules, aux superficies variables : 13,1 m², 13,14 m² et 19,1 m²
177 agents affectés au total
dont 124 surveillants, 14 gradés, 13 officiers
94,7 % de taux de couverture des effectifs de surveillance soit un taux supérieur au pourcentage national
Entre 53 et 55 % des détenus sont étrangers
Une majorité de peines sont comprises entre 1 et 2 ans fermes.
La durée moyenne de détention des mineurs : 5,3 mois
Une quarantaine de bracelets électroniques
128 détenus affectés au service général
40 parloirs par jour
7 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP)
Les élus plaident pour un réajustement des dotations de l’État, tenant compte de la croissance réelle de la population.
Une subvention de 100 millions d’euros sera versée cette année par l’État au Département-Région de Mayotte, sous conditions : 80 millions au moment de la signature, 10 millions en août après un premier bilan et 10 millions en décembre, une fois l’évaluation entièrement réalisée. Le président de l’Assemblée de Mayotte plaide pour la pérennisation de cette aide exceptionnelle à travers un contrat pluriannuel, mais aussi pour l’extension de cette politique d’accompagnement de l’État à d’autres champs d’intervention nécessitant des mesures compensatoires (STM, seniors, mobilité des jeunes scolaires).
La signature officielle du troisième Contrat d’engagement entre l’État et le Département-Région de Mayotte a eu lieu hier après-midi, en salle DRH, au siège de l’Assemblée de Mayotte. Le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, et le président du Conseil départemental, Ben Issa Ousséni, ont procédé à cette signature en présence d’élus de la majorité comme de l’opposition, ainsi que de la presse locale invitée à relayer l’événement auprès de la population mahoraise.
D’un montant identique à ceux de 2023 (paraphé par Élisabeth Borne, alors Première ministre) et de 2024 (formalisé à la préfecture de Mayotte), ce troisième Contrat d’engagement porte sur une enveloppe globale de 100 millions d’euros d’aide exceptionnelle destinée à « assurer la soutenabilité financière du territoire, améliorer la qualité des services publics et répondre à une pression démographique hors norme ».
Ces montants sont déjà fléchés vers plusieurs priorités : le renforcement de la protection de l’enfance (ASE), la sécurisation des transports scolaires, la maîtrise de la masse salariale et la réduction des charges du Département-Région, ainsi que l’amélioration de la gestion financière et l’application des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC).
À l’instar des subventions versées au cours des deux années précédentes, l’attribution de ces 100 millions d’euros est conditionnée au strict respect d’un cahier des charges et d’un dispositif de suivi rigoureux. Ben Issa Ousséni a insisté auprès du représentant de l’État pour que cette enveloppe soit désormais sanctuarisée et versée suffisamment tôt afin de garantir la trésorerie du Département. En effet, si pour 2026 la signature intervient à la mi-avril, en 2025, le même contrat n’avait été signé qu’en octobre.
Vers un réajustement des aides de l’État
Le président de l’Assemblée de Mayotte a également plaidé pour que ce Contrat d’engagement devienne pluriannuel et s’étende à d’autres politiques nécessitant un accompagnement de l’État via des mécanismes compensatoires.
Il s’est en outre projeté dans la perspective de la publication prochaine du dernier recensement de la population réalisé par l’INSEE, afin de solliciter un réajustement conséquent des aides financières de l’État en faveur des collectivités de Mayotte. Il avance une estimation minimale de 350 000 habitants, tout en déplorant que les dotations soient encore calculées sur la base du recensement de 2017, alors que le territoire connaît une croissance démographique exceptionnelle, comprise entre 2,8 % et 3,1 %.
Pour illustrer cette situation, Ben Issa Ousséni a souligné que l’aide exceptionnelle de 100 millions d’euros ne couvre plus l’ensemble des domaines auxquels elle était initialement destinée. Il évoque notamment la forte hausse des dépenses sociales dans la protection de l’enfance et les PMI, nécessitant le recrutement de 20 assistants familiaux, ainsi que l’augmentation significative des besoins en transport scolaire.
Bien que présentée comme le marqueur d’une trajectoire nouvelle de redressement structurel et d’une « relation renouvelée entre l’État et la collectivité départementale », cette aide ne sera intégralement versée que si tous les engagements sont respectés. Un comité de suivi, composé de trois experts, a été mis en place pour en assurer l’évaluation, tant au niveau local que national.
Des relations État-Département en amélioration
De son côté, le préfet de Mayotte a reconnu que ce contrat est l’aboutissement de nombreux efforts menés conjointement par le secrétariat général de la préfecture et la direction générale des services du Département.
Il a également admis que ses relations avec le président Ben Issa Ousséni s’étaient quelque peu dégradées ces derniers mois, mais que l’arrivée de François Ravier, ancien préfet, à la tête de l’administration départementale avait permis d’améliorer le dialogue et de repartir sur de nouvelles bases, notamment avec le sous-préfet Daniel Frémont, secrétaire général de la préfecture.
« Je remercie François Ravier pour la qualité de son travail, son expérience et son état d’esprit, sans que chacun d’entre nous n’ait jamais quitté son rôle : lui au service du Département et moi au service de l’État », a-t-il déclaré.
En réponse aux demandes de l’exécutif local, le préfet a rappelé que ce Contrat d’engagement trouve son origine dans un rapport d’inspection ayant mis en évidence l’insuffisance des dotations accordées au Département lors de la décentralisation de 2004.
S’il se montre favorable à la pérennisation de l’accompagnement de l’État pour l’ASE et les PMI, il estime en revanche que des efforts restent nécessaires pour lutter contre les caillassages de bus.
Il a notamment souligné qu’il n’était pas possible d’affecter un gendarme dans chaque bus et privilégie la poursuite de l’installation de protections en polycarbonate, afin d’éviter tout blessé parmi les élèves transportés.
François-Xavier Bieuville a conclu en insistant sur l’importance de l’amélioration du dialogue entre l’État et le Département, qui doit bénéficier en priorité à la population mahoraise, principale bénéficiaire des politiques publiques.
D’un montant identique à ceux de 2023 (paraphé par Élisabeth Borne, alors Première ministre) et de 2024 (formalisé à la préfecture de Mayotte), ce troisième Contrat d’engagement porte sur une enveloppe globale de 100 millions d’euros d’aide exceptionnelle destinée à « assurer la soutenabilité financière du territoire, améliorer la qualité des services publics et répondre à une pression démographique hors norme ».
Ces montants sont déjà fléchés vers plusieurs priorités : le renforcement de la protection de l’enfance (ASE), la sécurisation des transports scolaires, la maîtrise de la masse salariale et la réduction des charges du Département-Région, ainsi que l’amélioration de la gestion financière et l’application des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC).
À l’instar des subventions versées au cours des deux années précédentes, l’attribution de ces 100 millions d’euros est conditionnée au strict respect d’un cahier des charges et d’un dispositif de suivi rigoureux. Ben Issa Ousséni a insisté auprès du représentant de l’État pour que cette enveloppe soit désormais sanctuarisée et versée suffisamment tôt afin de garantir la trésorerie du Département. En effet, si pour 2026 la signature intervient à la mi-avril, en 2025, le même contrat n’avait été signé qu’en octobre.
Vers un réajustement des aides de l’État
Le président de l’Assemblée de Mayotte a également plaidé pour que ce Contrat d’engagement devienne pluriannuel et s’étende à d’autres politiques nécessitant un accompagnement de l’État via des mécanismes compensatoires.
Il s’est en outre projeté dans la perspective de la publication prochaine du dernier recensement de la population réalisé par l’INSEE, afin de solliciter un réajustement conséquent des aides financières de l’État en faveur des collectivités de Mayotte. Il avance une estimation minimale de 350 000 habitants, tout en déplorant que les dotations soient encore calculées sur la base du recensement de 2017, alors que le territoire connaît une croissance démographique exceptionnelle, comprise entre 2,8 % et 3,1 %.
Pour illustrer cette situation, Ben Issa Ousséni a souligné que l’aide exceptionnelle de 100 millions d’euros ne couvre plus l’ensemble des domaines auxquels elle était initialement destinée. Il évoque notamment la forte hausse des dépenses sociales dans la protection de l’enfance et les PMI, nécessitant le recrutement de 20 assistants familiaux, ainsi que l’augmentation significative des besoins en transport scolaire.
Bien que présentée comme le marqueur d’une trajectoire nouvelle de redressement structurel et d’une « relation renouvelée entre l’État et la collectivité départementale », cette aide ne sera intégralement versée que si tous les engagements sont respectés. Un comité de suivi, composé de trois experts, a été mis en place pour en assurer l’évaluation, tant au niveau local que national.
Des relations État-Département en amélioration
De son côté, le préfet de Mayotte a reconnu que ce contrat est l’aboutissement de nombreux efforts menés conjointement par le secrétariat général de la préfecture et la direction générale des services du Département.
Il a également admis que ses relations avec le président Ben Issa Ousséni s’étaient quelque peu dégradées ces derniers mois, mais que l’arrivée de François Ravier, ancien préfet, à la tête de l’administration départementale avait permis d’améliorer le dialogue et de repartir sur de nouvelles bases, notamment avec le sous-préfet Daniel Frémont, secrétaire général de la préfecture.
« Je remercie François Ravier pour la qualité de son travail, son expérience et son état d’esprit, sans que chacun d’entre nous n’ait jamais quitté son rôle : lui au service du Département et moi au service de l’État », a-t-il déclaré.
En réponse aux demandes de l’exécutif local, le préfet a rappelé que ce Contrat d’engagement trouve son origine dans un rapport d’inspection ayant mis en évidence l’insuffisance des dotations accordées au Département lors de la décentralisation de 2004.
S’il se montre favorable à la pérennisation de l’accompagnement de l’État pour l’ASE et les PMI, il estime en revanche que des efforts restent nécessaires pour lutter contre les caillassages de bus.
Il a notamment souligné qu’il n’était pas possible d’affecter un gendarme dans chaque bus et privilégie la poursuite de l’installation de protections en polycarbonate, afin d’éviter tout blessé parmi les élèves transportés.
François-Xavier Bieuville a conclu en insistant sur l’importance de l’amélioration du dialogue entre l’État et le Département, qui doit bénéficier en priorité à la population mahoraise, principale bénéficiaire des politiques publiques.
La DRFIP de Mayotte annonce l’ouverture officielle, le 9 avril, de la campagne déclarative 2025. Les déclarants en ligne ont jusqu’au 4 juin 2026 pour effectuer leur déclaration.
Des mesures renforcées pour sécuriser les déclarations en ligne et protéger les données personnelles des citoyens, une simplification des démarches — notamment pour les travailleurs indépendants grâce à un parcours « fiscalo-social » — ainsi que l’accès aux espaces France Services dans cinq localités hors Mamoudzou : autant de dispositifs (parmi d’autres) déployés cette année par la DRFIP dans le cadre de la campagne déclarative 2025, lancée le 9 avril 2026.
Mayotte compte cette année 90 000 foyers fiscaux, bien que peu d’entre eux soient imposables. Ce chiffre est en nette augmentation, la DRFIP enregistrant chaque année entre 2 000 et 3 000 nouveaux foyers fiscaux.
Pour annoncer le lancement de cette campagne, Jean-Bernard Nilam, directeur du pôle gestion fiscale de Mayotte à la DRFIP, a organisé une conférence de presse hier après-midi au siège de l’institution, situé à Mamoudzou, dans le quartier de Boboka, afin de relayer un maximum d’informations auprès de la population.
Cette année, la campagne déclarative a débuté le 9 avril 2026 pour les usagers utilisant les outils numériques. Pour ces derniers, elle prendra fin le 4 juin 2026. Au-delà de cette date, les retardataires s’exposeront à une majoration de 10 %. Par ailleurs, ils ne pourront plus accéder au site dédié à compter du 23 juin 2026.
Les contribuables ayant opté pour une déclaration papier bénéficient d’un délai plus long : ils ont jusqu’au 19 mai 2026 pour déposer leur déclaration. Ils pourront être accueillis dans les locaux de la DRFIP du lundi au jeudi de 8 h à 12 h, et le vendredi de 8 h à 11 h.
Il est également possible d’effectuer ces démarches dans les espaces France Services répartis dans cinq localités de l’île : Bouéni (sud), Dembéni (est), Combani (centre), Hamjago (nord) et en Petite-Terre.
« Les usagers qui le souhaitent pourront bénéficier sur place d’un accompagnement pour l’utilisation des outils informatiques », a précisé Jean-Bernard Nilam.
Des mesures de sécurité renforcées
Cette année, deux nouvelles mesures ont été mises en place afin de renforcer la sécurité des données personnelles des déclarants, notamment face à la montée des cybermenaces.
Ces dispositifs, identiques à ceux appliqués dans l’Hexagone et dans les autres territoires d’outre-mer, visent à lutter contre les cybercriminels capables d’imiter presque parfaitement les sites gouvernementaux.
« La messagerie dispose désormais d’un espace doublement sécurisé, comme l’a annoncé le ministre des Finances, avec une volonté forte de simplifier les démarches », a expliqué Jean-Bernard Nilam.
Concrètement, un usager pourra poser une question simple, comme : « J’ai un enfant à charge, à quels avantages fiscaux ai-je droit ? » L’intelligence artificielle lui apportera directement une réponse adaptée, sans nécessiter la saisie de nombreuses informations personnelles.
Par ailleurs, pour accéder à leur espace personnel sur le site impots.gouv.fr, les contribuables devront désormais franchir un niveau de sécurité supplémentaire, en plus de leur identifiant et mot de passe, grâce à un code d’authentification.
Ces mesures répondent à un contexte de menaces accrues sur Internet, qui touchent particulièrement les publics les plus vulnérables, souvent moins familiers avec les outils numériques.
Un parcours simplifié pour les indépendants
Autre nouveauté majeure introduite cette année à la demande du ministre des Finances : la mise en place d’un « parcours fiscalo-social » destiné à simplifier les démarches des travailleurs indépendants, de plus en plus nombreux sur le territoire.
Désormais, ils n’auront plus à distinguer le calcul des cotisations à l’URSSAF d’un côté et celui de l’impôt de l’autre. Les deux dispositifs sont harmonisés, avec l’application d’un abattement forfaitaire de 26 %, afin d’éviter des calculs complexes liés aux déductions spécifiques.
Cette réforme est jugée positive par les spécialistes de la fiscalité, en raison des simplifications qu’elle apporte, et pourrait encore évoluer dans les années à venir.
La DRFIP souligne enfin que ces dispositifs visent à encourager le civisme fiscal. Elle reconnaît qu’un grand nombre de contribuables ont, par le passé, renoncé à déclarer leurs revenus non par volonté de fraude, mais en raison de la complexité des démarches.
Cette année, la campagne déclarative a débuté le 9 avril 2026 pour les usagers utilisant les outils numériques. Pour ces derniers, elle prendra fin le 4 juin 2026. Au-delà de cette date, les retardataires s’exposeront à une majoration de 10 %. Par ailleurs, ils ne pourront plus accéder au site dédié à compter du 23 juin 2026.
Les contribuables ayant opté pour une déclaration papier bénéficient d’un délai plus long : ils ont jusqu’au 19 mai 2026 pour déposer leur déclaration. Ils pourront être accueillis dans les locaux de la DRFIP du lundi au jeudi de 8 h à 12 h, et le vendredi de 8 h à 11 h.
Il est également possible d’effectuer ces démarches dans les espaces France Services répartis dans cinq localités de l’île : Bouéni (sud), Dembéni (est), Combani (centre), Hamjago (nord) et en Petite-Terre.
« Les usagers qui le souhaitent pourront bénéficier sur place d’un accompagnement pour l’utilisation des outils informatiques », a précisé Jean-Bernard Nilam.
Des mesures de sécurité renforcées
Cette année, deux nouvelles mesures ont été mises en place afin de renforcer la sécurité des données personnelles des déclarants, notamment face à la montée des cybermenaces.
Ces dispositifs, identiques à ceux appliqués dans l’Hexagone et dans les autres territoires d’outre-mer, visent à lutter contre les cybercriminels capables d’imiter presque parfaitement les sites gouvernementaux.
« La messagerie dispose désormais d’un espace doublement sécurisé, comme l’a annoncé le ministre des Finances, avec une volonté forte de simplifier les démarches », a expliqué Jean-Bernard Nilam.
Concrètement, un usager pourra poser une question simple, comme : « J’ai un enfant à charge, à quels avantages fiscaux ai-je droit ? » L’intelligence artificielle lui apportera directement une réponse adaptée, sans nécessiter la saisie de nombreuses informations personnelles.
Par ailleurs, pour accéder à leur espace personnel sur le site impots.gouv.fr, les contribuables devront désormais franchir un niveau de sécurité supplémentaire, en plus de leur identifiant et mot de passe, grâce à un code d’authentification.
Ces mesures répondent à un contexte de menaces accrues sur Internet, qui touchent particulièrement les publics les plus vulnérables, souvent moins familiers avec les outils numériques.
Un parcours simplifié pour les indépendants
Autre nouveauté majeure introduite cette année à la demande du ministre des Finances : la mise en place d’un « parcours fiscalo-social » destiné à simplifier les démarches des travailleurs indépendants, de plus en plus nombreux sur le territoire.
Désormais, ils n’auront plus à distinguer le calcul des cotisations à l’URSSAF d’un côté et celui de l’impôt de l’autre. Les deux dispositifs sont harmonisés, avec l’application d’un abattement forfaitaire de 26 %, afin d’éviter des calculs complexes liés aux déductions spécifiques.
Cette réforme est jugée positive par les spécialistes de la fiscalité, en raison des simplifications qu’elle apporte, et pourrait encore évoluer dans les années à venir.
La DRFIP souligne enfin que ces dispositifs visent à encourager le civisme fiscal. Elle reconnaît qu’un grand nombre de contribuables ont, par le passé, renoncé à déclarer leurs revenus non par volonté de fraude, mais en raison de la complexité des démarches.
Ces activités, non détectées par les capteurs de l’Observatoire volcanologique du Karthala, seraient des phénomènes tout à fait normaux, car elles résultent des mouvements sismiques internes du seul volcan actif de l’île.
Vendredi, les habitants de Mirontsi, dans la région d’Itsandra, au nord de la capitale Moroni, ont été quelque peu secoués par un événement inhabituel qui, selon les spécialistes, n’a rien d’inquiétant. Le 11 avril, aux environs de 1 h du matin, la population de ce village a ressenti des secousses qu’elle qualifie de tremblement de terre.
D’après les témoignages recueillis auprès de certains habitants, le microséisme a duré environ une minute.
« Ce soir-là, j’ai mis du temps à m’endormir. Quelques minutes après m’être endormi, j’ai senti des vibrations qui, je le confirme, étaient assez fortes. Cela m’a même fait peur et m’a réveillé. En tout cas, je n’ai pas eu vent de dégâts dans les foyers après ce tremblement de terre », a indiqué Kamal, habitant de Mirontsi.
Une autre dame native de cette localité a également confirmé, auprès d’un agent de la Direction générale de la sécurité civile (DGSC), avoir ressenti ce séisme la même nuit. Toutefois, tout indique que les villages environnants ont été épargnés, du moins selon les habitants interrogés par Flash Infos.
À l’échelle du pays, ce petit séisme est passé inaperçu. La principale raison est que, selon les experts chargés de la surveillance du Karthala — point culminant du pays abritant l’unique volcan actif —, les secousses ressenties à Mirontsi n’ont rien d’anormal.
Faibles amplitudes
La Direction générale de la sécurité civile a abondé dans le même sens, en se basant sur les explications des sismologues.
« L’examen des données sismiques de la journée d’hier [vendredi, ndlr] n’indique aucune anomalie significative. Le capteur de Bahani, le plus proche du secteur, ne montre aucun événement notable, en dehors de quelques microséismes de faible amplitude, compatibles avec l’activité normale de fond », a réagi le chef de la DGSC, le colonel Abdallah Rafick.
Même son de cloche du côté de l’Observatoire volcanologique du Karthala.
« Il est possible que les habitants de Mirontsi aient ressenti de tels mouvements, mais notre capteur proche de cette zone n’a rien détecté. Si les secousses avaient été anormales, avec des impacts, nous aurions reçu une alerte », assure le responsable de l’OVK, Saidou Bambaouma.
Ce dernier a expliqué que l’observatoire est composé de trois services, dont un de sismologie.
« Chaque service envoie ses données, ce qui nous permet d’informer les autorités compétentes en cas d’activité inhabituelle. Ce travail est assuré par les capteurs installés sur l’île. Ils transmettent quotidiennement des informations grâce auxquelles nous intervenons si nécessaire. Nous assurons un suivi du flux de données transmis ici au centre », a ajouté Saidou Bambaouma.
Chargée de surveiller les activités du volcan Karthala, l’équipe de l’OVK s’appuie sur 14 stations réparties sur le territoire.
Dons des partenaires
La majorité de ces stations sont des dons de partenaires, comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
« Pour l’instant, aucune anomalie n’a été enregistrée. Les microséismes ressentis vendredi proviennent de l’activité interne du Karthala. Cela n’a rien d’inhabituel. Ils peuvent survenir à tout moment et dans n’importe quelle zone de la Grande Comore. D’ailleurs, il arrive que des habitants qui les ressentent nous appellent pour en savoir davantage », a expliqué le chef de l’Observatoire volcanologique.
Il précise qu’en cas d’activité inhabituelle, l’OVK suit un protocole bien établi.
« Le jour où le nombre de microséismes journaliers ou les émissions de gaz augmenteront, nous devrons en informer la Direction générale de la sécurité civile : c’est l’alerte jaune. Tant que la situation ne se détériore pas, les échanges restent entre nous et la sécurité civile. En revanche, en cas d’alerte orange, la population sera informée. Au niveau rouge, le danger est imminent », a-t-il détaillé.
L’observatoire établit également un lien entre les secousses ressenties vendredi et des phénomènes similaires observés à Mayotte, où un volcan sous-marin serait en formation.
« Il nous arrive de collaborer avec le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte ainsi qu’avec l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise, car nous sommes parmi les rares territoires de l’océan Indien à abriter des volcans actifs », a précisé Saidou Bambaouma.
Cependant, la direction fait face à de nombreuses difficultés, notamment budgétaires.
« Nous sommes animés par une réelle volonté de travailler, mais les défis sont nombreux. L’État reconnaît le rôle important de l’armée dans la sécurisation des biens et des personnes, mais ne fournit pas les mêmes efforts pour l’observatoire, dont la mission est pourtant essentielle pour prévenir les risques liés au Karthala. Même l’entretien des capteurs est difficile à assurer. Nous sommes obligés de bricoler avec les moyens du bord », a-t-il déploré.
Le chef de l’OVK a rappelé que, depuis août 2021, aucune activité anormale du volcan n’a été détectée. À l’époque, seule l’alerte jaune avait été déclenchée.
Une autre dame native de cette localité a également confirmé, auprès d’un agent de la Direction générale de la sécurité civile (DGSC), avoir ressenti ce séisme la même nuit. Toutefois, tout indique que les villages environnants ont été épargnés, du moins selon les habitants interrogés par Flash Infos.
À l’échelle du pays, ce petit séisme est passé inaperçu. La principale raison est que, selon les experts chargés de la surveillance du Karthala — point culminant du pays abritant l’unique volcan actif —, les secousses ressenties à Mirontsi n’ont rien d’anormal.
Faibles amplitudes
La Direction générale de la sécurité civile a abondé dans le même sens, en se basant sur les explications des sismologues.
« L’examen des données sismiques de la journée d’hier [vendredi, ndlr] n’indique aucune anomalie significative. Le capteur de Bahani, le plus proche du secteur, ne montre aucun événement notable, en dehors de quelques microséismes de faible amplitude, compatibles avec l’activité normale de fond », a réagi le chef de la DGSC, le colonel Abdallah Rafick.
Même son de cloche du côté de l’Observatoire volcanologique du Karthala.
« Il est possible que les habitants de Mirontsi aient ressenti de tels mouvements, mais notre capteur proche de cette zone n’a rien détecté. Si les secousses avaient été anormales, avec des impacts, nous aurions reçu une alerte », assure le responsable de l’OVK, Saidou Bambaouma.
Ce dernier a expliqué que l’observatoire est composé de trois services, dont un de sismologie.
« Chaque service envoie ses données, ce qui nous permet d’informer les autorités compétentes en cas d’activité inhabituelle. Ce travail est assuré par les capteurs installés sur l’île. Ils transmettent quotidiennement des informations grâce auxquelles nous intervenons si nécessaire. Nous assurons un suivi du flux de données transmis ici au centre », a ajouté Saidou Bambaouma.
Chargée de surveiller les activités du volcan Karthala, l’équipe de l’OVK s’appuie sur 14 stations réparties sur le territoire.
Dons des partenaires
La majorité de ces stations sont des dons de partenaires, comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
« Pour l’instant, aucune anomalie n’a été enregistrée. Les microséismes ressentis vendredi proviennent de l’activité interne du Karthala. Cela n’a rien d’inhabituel. Ils peuvent survenir à tout moment et dans n’importe quelle zone de la Grande Comore. D’ailleurs, il arrive que des habitants qui les ressentent nous appellent pour en savoir davantage », a expliqué le chef de l’Observatoire volcanologique.
Il précise qu’en cas d’activité inhabituelle, l’OVK suit un protocole bien établi.
« Le jour où le nombre de microséismes journaliers ou les émissions de gaz augmenteront, nous devrons en informer la Direction générale de la sécurité civile : c’est l’alerte jaune. Tant que la situation ne se détériore pas, les échanges restent entre nous et la sécurité civile. En revanche, en cas d’alerte orange, la population sera informée. Au niveau rouge, le danger est imminent », a-t-il détaillé.
L’observatoire établit également un lien entre les secousses ressenties vendredi et des phénomènes similaires observés à Mayotte, où un volcan sous-marin serait en formation.
« Il nous arrive de collaborer avec le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte ainsi qu’avec l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise, car nous sommes parmi les rares territoires de l’océan Indien à abriter des volcans actifs », a précisé Saidou Bambaouma.
Cependant, la direction fait face à de nombreuses difficultés, notamment budgétaires.
« Nous sommes animés par une réelle volonté de travailler, mais les défis sont nombreux. L’État reconnaît le rôle important de l’armée dans la sécurisation des biens et des personnes, mais ne fournit pas les mêmes efforts pour l’observatoire, dont la mission est pourtant essentielle pour prévenir les risques liés au Karthala. Même l’entretien des capteurs est difficile à assurer. Nous sommes obligés de bricoler avec les moyens du bord », a-t-il déploré.
Le chef de l’OVK a rappelé que, depuis août 2021, aucune activité anormale du volcan n’a été détectée. À l’époque, seule l’alerte jaune avait été déclenchée.
Un nouveau cas de variole B (Mpox), importé de Madagascar, a été confirmé à Mayotte le 8 avril, a annoncé l’Agence régionale de santé. Le patient, asymptomatique lors de son voyage, n’était pas contagieux durant le vol.
Les autorités sanitaires ont rapidement mis en place des mesures d’isolement et de suivi des cas contacts, incluant la proposition de vaccination. À ce stade, le risque de transmission secondaire est considéré comme « très limité ».
Dans un contexte de circulation du virus dans l’océan Indien, l’ARS appelle néanmoins à maintenir la vigilance, notamment en respectant les gestes barrières et en recourant à la vaccination pour les publics à risque.
Le rectorat de Mayotte organise, du 13 au 16 avril 2026, un séminaire de formation consacré à l’école maternelle, au collège de Kwalé à Tsoundzou 1. L’événement s’inscrit dans le cadre de la Semaine de la maternelle et vise à renforcer les pratiques pédagogiques autour du développement global de l’enfant.
La séance d’ouverture, prévue ce lundi 13 avril en présence de la rectrice Valérie Debuchy, sera marquée par plusieurs interventions d’experts sur le langage et l’éducation corporelle. Un temps fort aura également lieu le mercredi 15 avril avec une conférence dédiée à la motricité des jeunes enfants, mettant en avant une approche collective impliquant enseignants, parents et personnels éducatifs.
Ce séminaire entend sensibiliser la communauté éducative à l’importance des expériences sensori-motrices dans les premiers apprentissages, tout en renforçant le lien entre école et famille pour favoriser la réussite des élèves dès le plus jeune âge.
Former des ouvriers professionnels du génie écologique en vue de la restauration prochaine des milieux naturels dégradés après le cyclone Chido, voilà la mission confiée au groupe « Allo MAYJOB » qui vient de terminer cette semaine une première session. Cette formation inédite sur le territoire vise à sécuriser des chemins d’accès, aménager des sites naturels et intervenir à proximité des cours d’eau, avec comme règle constante, le respect des équilibres environnementaux. Un impératif qui impose une parfaite connaissance des espèces végétales endémiques sur une terre connue pour sa biodiversité fragile. Au total, ils sont 12 personnes à avoir bénéficié de cette formation sanctionnée par des diplômes de niveau CAP et BEP, à mi-chemin entre le BTP et la Transition écologique.
Les conséquences du comportement va-t’en guerre de Donald Trump et son allié israélien Benyamin Netanyahou auront eu des répercutions jusqu’à Mayotte. Cinquième et dernier pilier de l’islam, le Hajj (pèlerinage à la Mecque) est remis en cause cette année pour de nombreux fidèles musulmans de l’île qui étaient candidats au voyage en Arabie Saoudite. Plusieurs associations organisatrices de ce déplacement sur les lieux saints de l’Islam ont choisi de suivre le mouvement de désistement entamé par beaucoup de pays à travers le monde. L’incertitude qui plane sur l’issue de la guerre que se livre les Iraniens, Américains et Israéliens au moyen orient n’est pas de nature à les rassurer. Par mesure de précaution, les associations qui encadrent ce pèlerinage au départ de Mayotte préfèrent reporter leur participation à l’année prochaine, à l’exception d’une seule, l’ASPEL qui se fie au cessez-le décrété en milieu de semaine par le président américain, cessez-le feu qui ne serait en effet pas définitif pour le moment. L’ASPEL espère faire voyager cette année 80 pèlerins mahorais.
L’État a relancé début avril une offensive sécuritaire d’ampleur sur le territoire avec l’opération « Kingia », présentée par la préfecture comme la continuité des dispositifs « Wuambushu » et « Place nette ». Vendredi 10, chacun des maires du territoire ainsi que le président et les conseillers de l’Assemblée de Mayotte étaient conviés par le préfet à une Conférence de sécurité pour connaître les objectifs et modalités de l’opération.
Interrogé sur d’éventuels moyens revus à la baisse à l’issue de la conférence, le préfet François-Xavier Bieuville rejette toute idée de recul. « Il y a autant de moyens, voire davantage », affirme-t-il, évoquant des renforts venus de métropole, notamment des effectifs spécialisés dans les enquêtes judiciaires et le démantèlement des réseaux criminels.
Environ 60 policiers supplémentaires et une centaine de gendarmes ont été déployés pour une durée de deux mois. L’objectif est de provoquer un « choc de sécurité » susceptible de produire des effets durables, en ciblant en priorité les chefs de bande. Le préfet indique s’être vu fixer un objectif de 70 interpellations de ces profils, précisant que 23 personnes considérées comme impliquées dans des violences organisées ont déjà été arrêtées dans les premiers jours.
L’opération repose sur un pilotage centralisé via un poste de commandement interservices, chargé de coordonner les actions quotidiennes : sécurisation, maintien de l’ordre, lutte contre l’habitat illégal, opérations anti-fraude et contrôle de l’immigration irrégulière. Des opérations du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) sont également programmées à un rythme d’une quarantaine d’interventions par mois.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de l’opération « Place nette », menée entre avril et juillet 2024, qui avait mobilisé l’ensemble des services de l’État autour des mêmes objectifs. Selon les chiffres officiels, 938 interpellations avaient été réalisées – dont 100 cibles prioritaires – et plus de 270 armes avaient été saisies.
Le préfet défend une approche fondée sur des opérations intensives mais temporaires, estimant qu’elles permettent d’obtenir des résultats durables sans instaurer un climat de sécurité permanente jugé trop contraignant. Il met en avant une baisse de 6 % de la délinquance observée après « Place nette ».
Face aux inquiétudes d’une partie de la population, qui redoute une hausse des violences au lancement de l’opération, le préfet reconnaît « un petit démarrage qui provoque un peu de trouble à l’ordre public », déjà observé lors des précédentes interventions. Il y voit toutefois le signe « d’une efficacité certaine » de l’action engagée : « à partir du moment où on trouble une situation, il y a des réactions », souligne-t-il. Des tensions qu’il juge temporaires, assurant que « très rapidement, ces troubles sont maîtrisés », les réactions étant « immédiatement appréhendées » pour aboutir à une « pacification durable ».
À la sortie de la rencontre, les élus locaux saluent cette nouvelle opération, tout en appelant à des réponses structurelles. À Koungou, le deuxième adjoint au maire chargé de la sécurité, Manrifa Fazouili, évoque une « bonne volonté » de l’État, mais insiste sur la nécessité de traiter les causes profondes, notamment l’insertion des jeunes en situation irrégulière. « On a des jeunes qui sont là, ils ont eu des diplômes, ils n’ont pas de papiers », souligne-t-il, estimant que « ces jeunes constituent le vivier » de la délinquance locale.
Même prudence du côté du conseiller départemental Sidi Nadjeidine, qui salue les moyens engagés et « la volonté pour faire avancer les choses », tout en appelant à la continuité de l’effort. « Souvent, on met un coup de fouet, on a un coup d’accélérateur et après on lève un peu le pied », regrette-t-il. Pour lui, la réponse sécuritaire doit s’accompagner d’actions plus larges : « il faut accompagner la population », notamment sur les volets social, environnemental et sanitaire, afin de traiter durablement les difficultés du territoire.
Si l’opération « Kingia » vise à restaurer rapidement l’ordre public, son efficacité à long terme dépendra de sa capacité à s’inscrire dans une stratégie globale, combinant réponse sécuritaire et politiques d’accompagnement sur un territoire confronté à des défis structurels persistants.
L’opération repose sur un pilotage centralisé via un poste de commandement interservices, chargé de coordonner les actions quotidiennes : sécurisation, maintien de l’ordre, lutte contre l’habitat illégal, opérations anti-fraude et contrôle de l’immigration irrégulière. Des opérations du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) sont également programmées à un rythme d’une quarantaine d’interventions par mois.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de l’opération « Place nette », menée entre avril et juillet 2024, qui avait mobilisé l’ensemble des services de l’État autour des mêmes objectifs. Selon les chiffres officiels, 938 interpellations avaient été réalisées – dont 100 cibles prioritaires – et plus de 270 armes avaient été saisies.
Le préfet défend une approche fondée sur des opérations intensives mais temporaires, estimant qu’elles permettent d’obtenir des résultats durables sans instaurer un climat de sécurité permanente jugé trop contraignant. Il met en avant une baisse de 6 % de la délinquance observée après « Place nette ».
Face aux inquiétudes d’une partie de la population, qui redoute une hausse des violences au lancement de l’opération, le préfet reconnaît « un petit démarrage qui provoque un peu de trouble à l’ordre public », déjà observé lors des précédentes interventions. Il y voit toutefois le signe « d’une efficacité certaine » de l’action engagée : « à partir du moment où on trouble une situation, il y a des réactions », souligne-t-il. Des tensions qu’il juge temporaires, assurant que « très rapidement, ces troubles sont maîtrisés », les réactions étant « immédiatement appréhendées » pour aboutir à une « pacification durable ».
À la sortie de la rencontre, les élus locaux saluent cette nouvelle opération, tout en appelant à des réponses structurelles. À Koungou, le deuxième adjoint au maire chargé de la sécurité, Manrifa Fazouili, évoque une « bonne volonté » de l’État, mais insiste sur la nécessité de traiter les causes profondes, notamment l’insertion des jeunes en situation irrégulière. « On a des jeunes qui sont là, ils ont eu des diplômes, ils n’ont pas de papiers », souligne-t-il, estimant que « ces jeunes constituent le vivier » de la délinquance locale.
Même prudence du côté du conseiller départemental Sidi Nadjeidine, qui salue les moyens engagés et « la volonté pour faire avancer les choses », tout en appelant à la continuité de l’effort. « Souvent, on met un coup de fouet, on a un coup d’accélérateur et après on lève un peu le pied », regrette-t-il. Pour lui, la réponse sécuritaire doit s’accompagner d’actions plus larges : « il faut accompagner la population », notamment sur les volets social, environnemental et sanitaire, afin de traiter durablement les difficultés du territoire.
Si l’opération « Kingia » vise à restaurer rapidement l’ordre public, son efficacité à long terme dépendra de sa capacité à s’inscrire dans une stratégie globale, combinant réponse sécuritaire et politiques d’accompagnement sur un territoire confronté à des défis structurels persistants.
Un nouveau visage a émergé dans le paysage politique de la Petite-Terre : Charafoudine Ramadani Toto a été élu, hier matin (dimanche 12 avril 2026), président de l’ICPT. Outre l’accélération des projets de développement déjà programmés ou lancés par les mandatures sortantes, il souhaite mettre en place une politique sociale à travers la création d’un CIAS, après modification des statuts actuels de la communauté de communes de Petite-Terre.
La fin de semaine a marqué la fin des élections communautaires sur l’ensemble du territoire de Mayotte. Après la 3CO, samedi, qui a vu l’élection remarquable (à l’unanimité des participants) à la présidence du maire de Chiconi, Mohamed Madi Ousséni, l’attention d’une grande partie de la population mahoraise était tournée vers Pamandzi, hier dimanche 12 avril 2026, où se tenait le renouvellement du conseil communautaire de l’ICPT (Intercommunalité de Petite-Terre). Au même moment se déroulait également celui de la communauté de communes du Grand Nord, qui a vu la victoire de Roukia Kassidi, candidate choisie à ce poste par le maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos, lequel l’avait annoncé au soir du deuxième tour des municipales, le 22 mars dernier.
Avec trois quarts d’heure de retard sur l’horaire initialement programmé, les opérations de vote ont pu démarrer sous le regard impatient de plusieurs centaines de personnes qui avaient fait le déplacement dans l’enceinte de l’école primaire du quartier de Bandrahari. Une vingtaine de minutes auparavant, les élus communautaires de Pamandzi étaient arrivés en cortège, accompagnés de leurs invités, accueillis par des chants traditionnels. Le protocole était de qualité et le cadre grandiose, à la hauteur de l’événement et de l’enjeu du jour.
L’effervescence qui y régnait en disait long sur l’issue de l’élection. En effet, l’identité du successeur d’Archadi Abassi à la tête de l’ICPT était un secret de polichinelle pour la plupart des citoyens de Petite-Terre, et le scrutin n’était, pour eux, qu’une simple formalité destinée à respecter les règles de l’exercice démocratique.
Derniers à arriver à l’école élémentaire de Bandrahari, les élus du parti NEMA (partenaire du MDM dans la majorité municipale de Dzaoudzi-Labattoir), conduits par le président de leur mouvement, le sénateur Saïd Omar Oili. Comme une partition de musique classique, l’élection a enfin pu démarrer sous la présidence du doyen des élus communautaires, Ali Mohamed Tchanty, après une brève intervention protocolaire d’Archadi Abassi, président sortant de l’ICPT.
C’est le nouveau maire de Dzaoudzi-Labattoir, Freddy Novou, qui a officiellement présenté la candidature de Charafoudine Mohamed Toto à la présidence de l’institution intercommunale, suivie de celle de Mohamed Mikidache, ancien maire et ancien premier vice-président de l’ICPT.
Accélérer les chantiers déjà engagés et les orientations adoptées
Entre quelques voix contre et des bulletins blancs, le décompte s’est soldé en faveur de Charafoudine Ramadani Toto, largement vainqueur du scrutin, sous les applaudissements des centaines d’invités ayant assisté aux opérations de vote. D’un seul coup, Pamandzi a exulté, réalisant que le choix du maire Issoufi Maandhui et de ses alliés venait d’être consacré.
Une interruption s’est alors imposée, le temps des congratulations, des remises de colliers de fleurs et de l’allocution du nouveau dirigeant de la communauté de communes de Petite-Terre. Son discours s’inscrivait en parfaite symbiose avec la ligne tracée par les maires des deux communes de Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi, au lendemain de leurs élections.
Charafoudine Ramadani Toto a remercié ses partenaires des deux communes et a souligné la formation d’un groupe homogène et solidaire pour faire avancer le territoire dans l’intérêt commun. Il a salué la confiance entre les deux villes, clé de voûte, selon lui, de la réussite du projet.
« Ce qui est important à souligner, c’est que nous devons continuer le travail déjà entamé, car cette intercommunalité a été construite ensemble depuis une dizaine d’années. C’est un projet de territoire qui s’inscrit dans le temps. Quelle que soit la gouvernance à venir, nous avons fait le vœu de poursuivre ensemble sa mise en œuvre. Pour ma mandature, je mets en avant l’accélération des chantiers et des grandes orientations déjà adoptées. »
Ancien cadre au sein de l’intercommunalité du sud de Mayotte, le nouveau président de l’ICPT est conscient que la mise en œuvre de ces projets nécessite des financements qu’il devra mobiliser. Il compte notamment s’appuyer sur la future assemblée régionale attendue à l’horizon 2028-2029.
Souhaitant diversifier ses sources de financement, il entend également mobiliser des fonds de l’État, notamment via l’établissement public de refondation de Mayotte, mis en place après le cyclone Chido. « Les intercommunalités mahoraises se veulent les chevilles ouvrières de la reconstruction. Nous allons nous appuyer sur le PRD et les services de l’État pour capter ces financements nécessaires au développement. »
Renforcer les politiques solidaires et de santé
Le nouveau président de l’ICPT vise également les fonds européens, alors qu’une nouvelle programmation se profile. Il insiste sur la nécessité de prioriser certains projets, dans un contexte de contraintes budgétaires nationales.
Il souligne aussi l’importance de recenser les projets en cours, qu’il ne faut surtout pas interrompre : « Arrêter un chantier coûte souvent plus cher que de le poursuivre. »
Il fait notamment référence au projet ANRU du quartier de la Vigie, aux filières économiques comme la pêche (notamment autour de Four-à-Chaux à Labattoir), ainsi qu’au développement des fronts de mer entre Dzaoudzi et Pamandzi, soutenu par des dispositifs comme « Cœur de ville ». Il évoque également la relance de projets dans le cadre d’un Plan pluriannuel d’investissement (PPI) sur dix ans.
Son discours a été particulièrement applaudi lorsqu’il a évoqué sa volonté de renforcer le volet social, notamment par la mutualisation des centres communaux d’action sociale (CCAS) et la création d’un CIAS.
« Les crises récentes, comme celle du Covid-19 ou de l’eau, ont montré à quel point la solidarité est essentielle. Nous devons renforcer nos politiques de soutien, en particulier pour les populations les plus fragiles. »
Le successeur d’Archadi Abassi estime que les intercommunalités ont un rôle majeur à jouer dans le développement des politiques de santé et de solidarité, citant en exemple le premier CIAS mis en place à Mayotte par l’intercommunalité du Sud.
Avec trois quarts d’heure de retard sur l’horaire initialement programmé, les opérations de vote ont pu démarrer sous le regard impatient de plusieurs centaines de personnes qui avaient fait le déplacement dans l’enceinte de l’école primaire du quartier de Bandrahari. Une vingtaine de minutes auparavant, les élus communautaires de Pamandzi étaient arrivés en cortège, accompagnés de leurs invités, accueillis par des chants traditionnels. Le protocole était de qualité et le cadre grandiose, à la hauteur de l’événement et de l’enjeu du jour.
L’effervescence qui y régnait en disait long sur l’issue de l’élection. En effet, l’identité du successeur d’Archadi Abassi à la tête de l’ICPT était un secret de polichinelle pour la plupart des citoyens de Petite-Terre, et le scrutin n’était, pour eux, qu’une simple formalité destinée à respecter les règles de l’exercice démocratique.
Derniers à arriver à l’école élémentaire de Bandrahari, les élus du parti NEMA (partenaire du MDM dans la majorité municipale de Dzaoudzi-Labattoir), conduits par le président de leur mouvement, le sénateur Saïd Omar Oili. Comme une partition de musique classique, l’élection a enfin pu démarrer sous la présidence du doyen des élus communautaires, Ali Mohamed Tchanty, après une brève intervention protocolaire d’Archadi Abassi, président sortant de l’ICPT.
C’est le nouveau maire de Dzaoudzi-Labattoir, Freddy Novou, qui a officiellement présenté la candidature de Charafoudine Mohamed Toto à la présidence de l’institution intercommunale, suivie de celle de Mohamed Mikidache, ancien maire et ancien premier vice-président de l’ICPT.
Accélérer les chantiers déjà engagés et les orientations adoptées
Entre quelques voix contre et des bulletins blancs, le décompte s’est soldé en faveur de Charafoudine Ramadani Toto, largement vainqueur du scrutin, sous les applaudissements des centaines d’invités ayant assisté aux opérations de vote. D’un seul coup, Pamandzi a exulté, réalisant que le choix du maire Issoufi Maandhui et de ses alliés venait d’être consacré.
Une interruption s’est alors imposée, le temps des congratulations, des remises de colliers de fleurs et de l’allocution du nouveau dirigeant de la communauté de communes de Petite-Terre. Son discours s’inscrivait en parfaite symbiose avec la ligne tracée par les maires des deux communes de Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi, au lendemain de leurs élections.
Charafoudine Ramadani Toto a remercié ses partenaires des deux communes et a souligné la formation d’un groupe homogène et solidaire pour faire avancer le territoire dans l’intérêt commun. Il a salué la confiance entre les deux villes, clé de voûte, selon lui, de la réussite du projet.
« Ce qui est important à souligner, c’est que nous devons continuer le travail déjà entamé, car cette intercommunalité a été construite ensemble depuis une dizaine d’années. C’est un projet de territoire qui s’inscrit dans le temps. Quelle que soit la gouvernance à venir, nous avons fait le vœu de poursuivre ensemble sa mise en œuvre. Pour ma mandature, je mets en avant l’accélération des chantiers et des grandes orientations déjà adoptées. »
Ancien cadre au sein de l’intercommunalité du sud de Mayotte, le nouveau président de l’ICPT est conscient que la mise en œuvre de ces projets nécessite des financements qu’il devra mobiliser. Il compte notamment s’appuyer sur la future assemblée régionale attendue à l’horizon 2028-2029.
Souhaitant diversifier ses sources de financement, il entend également mobiliser des fonds de l’État, notamment via l’établissement public de refondation de Mayotte, mis en place après le cyclone Chido. « Les intercommunalités mahoraises se veulent les chevilles ouvrières de la reconstruction. Nous allons nous appuyer sur le PRD et les services de l’État pour capter ces financements nécessaires au développement. »
Renforcer les politiques solidaires et de santé
Le nouveau président de l’ICPT vise également les fonds européens, alors qu’une nouvelle programmation se profile. Il insiste sur la nécessité de prioriser certains projets, dans un contexte de contraintes budgétaires nationales.
Il souligne aussi l’importance de recenser les projets en cours, qu’il ne faut surtout pas interrompre : « Arrêter un chantier coûte souvent plus cher que de le poursuivre. »
Il fait notamment référence au projet ANRU du quartier de la Vigie, aux filières économiques comme la pêche (notamment autour de Four-à-Chaux à Labattoir), ainsi qu’au développement des fronts de mer entre Dzaoudzi et Pamandzi, soutenu par des dispositifs comme « Cœur de ville ». Il évoque également la relance de projets dans le cadre d’un Plan pluriannuel d’investissement (PPI) sur dix ans.
Son discours a été particulièrement applaudi lorsqu’il a évoqué sa volonté de renforcer le volet social, notamment par la mutualisation des centres communaux d’action sociale (CCAS) et la création d’un CIAS.
« Les crises récentes, comme celle du Covid-19 ou de l’eau, ont montré à quel point la solidarité est essentielle. Nous devons renforcer nos politiques de soutien, en particulier pour les populations les plus fragiles. »
Le successeur d’Archadi Abassi estime que les intercommunalités ont un rôle majeur à jouer dans le développement des politiques de santé et de solidarité, citant en exemple le premier CIAS mis en place à Mayotte par l’intercommunalité du Sud.
En déplacement à Mayotte aux côtés des sénateurs Saïd Omar Oili, Audrey Bellim et Jean-Claude Tissot, le président du groupe socialiste, écologiste et républicain au Sénat livre son analyse de la situation de l’île. Entre reconstruction après le cyclone Chido, crise des services publics et potentiel économique, il alerte sur l’urgence d’agir.
Flash Infos : Quel est l’objet de votre visite à Mayotte ?
Patrick Kanner : Nous sommes en délégation à l’invitation de Saïd Omar Oili. Comme il a rejoint notre groupe juste après le cyclone Chido de décembre 2024, très en colère du fait qu’on ne lui ait pas accordé de commission d’enquête sur ce drame humain, économique, social et environnemental, nous avons souhaité venir constater la situation sur place.
Mais notre visite ne se limite pas à Chido. Nous avons voulu observer l’état des services publics, du tissu associatif, de l’économie locale, ses faiblesses, même parfois ses handicaps, mais aussi ses atouts.
Et quand le préfet Bieuville nous dit, que la croissance avait été de 8 % en 2025 – bien sûr liée aux reconstructions, notamment aux bâtiments – on peut se dire quand même qu’il y a un potentiel extraordinaire sur Mayotte.
F.I. : Vous avez visité le centre pénitentiaire. Qu’en retenez-vous ?
P.K. : C’est d’abord un centre pénitentiaire très récent, inauguré par madame Taubira quand elle était ministre, donc sous le gouvernement de François Hollande. C’est un établissement qui d’ailleurs, sur le plan extérieur, se tient très bien.
C’est une belle construction, imaginative sur le plan des services, du parcours du détenu, qui peut favoriser sa réhabilitation. Sur le livre d’or, j’ai écrit : « La République doit savoir punir, mais elle doit savoir aussi permettre la réhabilitation. »
Et ce n’est pas possible ici. Non pas parce que les personnels seraient défaillants – ils font un travail exceptionnel, je tiens à le dire – mais simplement parce qu’on est à 240 % de taux de suroccupation, je dis bien 240 %, avec des cellules où on devrait avoir une ou deux personnes et où on en a parfois six.
Donc ce travail-là est impossible. Moi, je le regrette. C’est l’état de toutes les prisons françaises : ce sont des dizaines d’années d’incurie en matière de politique pénitentiaire. Ça ne se rattrape pas en claquant des doigts. Il faut, à un moment donné, une prise de conscience et nous sommes là pour ça, en tant que parlementaires, pour permettre de changer et de prioriser les politiques en la matière.
F.I. : Quel est votre programme sur l’île ?
P.K. : Nous avons commencé par une exploitation agricole qui cultive des bananiers sous serre avec des panneaux photovoltaïques. Écoutez, c’était exceptionnel. Moi qui ai visité beaucoup de bananeraies, notamment aux Antilles, avec des conditions de travail extrêmement pénibles, j’ai vu là quelque chose d’exceptionnel, avec une production totalement remarquable et bio, je tiens à le souligner.
Nous avons vu aussi un centre pour polyhandicapés géré par l’association ALEFPA.
Nous poursuivrons à Kawéni pour voir l’état du plus grand bidonville d’Europe, semble-t-il, donc toute une série de visites qui, tout d’abord, acculturent les sénateurs à la situation de Mayotte et qui ont un seul objectif : faire que, quand on parlera de Mayotte à Paris, au Sénat, eh bien les sénateurs socialistes sachent de quoi ils parlent.
F.I. : Les difficultés observées semblent toucher tous les secteurs. Est-ce un problème global ?
P.K. : Les lignes rouges en matière de santé, en matière de souveraineté alimentaire, en matière éducative, en matière sociale : toutes les lignes rouges sont dépassées à Mayotte, et je n’aime pas l’expression « résilience ».
Souvent, on dit : « Oui, mais les Mahorais sont résilients. » Non, ils ne sont pas résilients. Je pense qu’ils en ont marre et qu’ils voudraient que la République soit chez elle partout, y compris sur Grande-Terre et Petite-Terre.
FI. : L’État est-il à la hauteur des enjeux ?
P.K. : Je ne dis pas que l’État sacrifie Mayotte. Il y a eu une loi de refondation avec 4 milliards d’euros promis, on envisage un nouvel aéroport etc. Donc il y a des promesses qui sont en cours.
Simplement, ce que nous voulons, et c’est notre boulot de parlementaires, c’est que les promesses de l’exécutif, que nous avons validées par une loi, donc qui a été votée par nous, soient mises en œuvre dans les meilleurs délais.
Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus d’annoncer, mais d’agir rapidement. Mayotte ne peut plus attendre.
Mais notre visite ne se limite pas à Chido. Nous avons voulu observer l’état des services publics, du tissu associatif, de l’économie locale, ses faiblesses, même parfois ses handicaps, mais aussi ses atouts.
Et quand le préfet Bieuville nous dit, que la croissance avait été de 8 % en 2025 – bien sûr liée aux reconstructions, notamment aux bâtiments – on peut se dire quand même qu’il y a un potentiel extraordinaire sur Mayotte.
F.I. : Vous avez visité le centre pénitentiaire. Qu’en retenez-vous ?
P.K. : C’est d’abord un centre pénitentiaire très récent, inauguré par madame Taubira quand elle était ministre, donc sous le gouvernement de François Hollande. C’est un établissement qui d’ailleurs, sur le plan extérieur, se tient très bien.
C’est une belle construction, imaginative sur le plan des services, du parcours du détenu, qui peut favoriser sa réhabilitation. Sur le livre d’or, j’ai écrit : « La République doit savoir punir, mais elle doit savoir aussi permettre la réhabilitation. »
Et ce n’est pas possible ici. Non pas parce que les personnels seraient défaillants – ils font un travail exceptionnel, je tiens à le dire – mais simplement parce qu’on est à 240 % de taux de suroccupation, je dis bien 240 %, avec des cellules où on devrait avoir une ou deux personnes et où on en a parfois six.
Donc ce travail-là est impossible. Moi, je le regrette. C’est l’état de toutes les prisons françaises : ce sont des dizaines d’années d’incurie en matière de politique pénitentiaire. Ça ne se rattrape pas en claquant des doigts. Il faut, à un moment donné, une prise de conscience et nous sommes là pour ça, en tant que parlementaires, pour permettre de changer et de prioriser les politiques en la matière.
F.I. : Quel est votre programme sur l’île ?
P.K. : Nous avons commencé par une exploitation agricole qui cultive des bananiers sous serre avec des panneaux photovoltaïques. Écoutez, c’était exceptionnel. Moi qui ai visité beaucoup de bananeraies, notamment aux Antilles, avec des conditions de travail extrêmement pénibles, j’ai vu là quelque chose d’exceptionnel, avec une production totalement remarquable et bio, je tiens à le souligner.
Nous avons vu aussi un centre pour polyhandicapés géré par l’association ALEFPA.
Nous poursuivrons à Kawéni pour voir l’état du plus grand bidonville d’Europe, semble-t-il, donc toute une série de visites qui, tout d’abord, acculturent les sénateurs à la situation de Mayotte et qui ont un seul objectif : faire que, quand on parlera de Mayotte à Paris, au Sénat, eh bien les sénateurs socialistes sachent de quoi ils parlent.
F.I. : Les difficultés observées semblent toucher tous les secteurs. Est-ce un problème global ?
P.K. : Les lignes rouges en matière de santé, en matière de souveraineté alimentaire, en matière éducative, en matière sociale : toutes les lignes rouges sont dépassées à Mayotte, et je n’aime pas l’expression « résilience ».
Souvent, on dit : « Oui, mais les Mahorais sont résilients. » Non, ils ne sont pas résilients. Je pense qu’ils en ont marre et qu’ils voudraient que la République soit chez elle partout, y compris sur Grande-Terre et Petite-Terre.
FI. : L’État est-il à la hauteur des enjeux ?
P.K. : Je ne dis pas que l’État sacrifie Mayotte. Il y a eu une loi de refondation avec 4 milliards d’euros promis, on envisage un nouvel aéroport etc. Donc il y a des promesses qui sont en cours.
Simplement, ce que nous voulons, et c’est notre boulot de parlementaires, c’est que les promesses de l’exécutif, que nous avons validées par une loi, donc qui a été votée par nous, soient mises en œuvre dans les meilleurs délais.
Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus d’annoncer, mais d’agir rapidement. Mayotte ne peut plus attendre.