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« Pour nous, le 6 juillet est un jour de deuil » : un rassemblement de la diaspora anjouanaise interdit à Mamoudzou

« Pour nous, le 6 juillet est un jour de deuil » : un rassemblement de la diaspora anjouanaise interdit à Mamoudzou

Prévu ce lundi matin sur la place de la République, à Mamoudzou, le rassemblement de l’Organisation anjouanaise pour le mouvement populaire nouvel élan a été interdit par la préfecture. L’association entendait profiter du 6 juillet, date anniversaire de l’indépendance des Comores, pour contester cet héritage politique et porter un discours séparatiste anjouanais.

Ce lundi 6 juillet, de 8h30 à 11h30, l’Organisation anjouanaise pour le mouvement populaire nouvel élan souhaitait se rassembler sur la place de la République, à Mamoudzou. Dans sa déclaration transmise à la préfecture, l’association indiquait que la manifestation avait « pour objet d’exprimer son opposition à l’indépendance des Comores ».

Créée en 2025 à Mayotte, cette organisation anjouanaise revendique un positionnement proche de celui porté autrefois par le Mouvement populaire anjouanais, qui réclamait le rattachement d’Anjouan à la France. Son président, Nassur Damourane, assume cette ligne. « On a compris que Mayotte est un territoire français. On cherche la meilleure solution avec nos voisins », explique-t-il, en affirmant vouloir « respecter le choix » des Mahorais d’être français.

Pour lui, le 6 juillet n’est pas un jour de fête. « Pour nous, c’est un jour de deuil pour nos familles qui ont perdu la vie en mer », déclare-t-il, en liant son combat à la traversée meurtrière entre Anjouan et Mayotte. « À Mayotte, il y a une meilleure vie et le gouvernement comorien nous a tourné le dos. Il nous dit toujours que Mayotte, c’est chez nous, qu’on peut voyager à Mayotte, mais quand on est expulsé, il ferme les yeux. », poursuit-il.

Un mot d’ordre susceptible d’enflammer les esprits

Face au caractère politique du rassemblement, la préfecture a choisi l’interdiction. Dans un arrêté daté de vendredi, le préfet Frédéric Poisot estime que, « compte tenu de son objet, de sa date et du contexte dans lequel elle est organisée, cette manifestation est susceptible de provoquer des tensions et des affrontements, portant ainsi atteinte à l’ordre public ». Le représentant de l’État évoque aussi le risque de « réactions hostiles » et de « contre-rassemblements ».

L’association dit avoir pris acte de la décision. « On a déclaré la manifestation mais la préfecture a refusé. On ne peut rien faire, on ne peut pas obliger. On est dans un territoire étranger, on n’est pas chez nous », réagit Nassur Damourane. Il insiste sur sa volonté de passer par les autorités françaises : « Si on était chez nous et que le maire ou le préfet nous avait dit vous ne pouvez pas manifester, on serait quand même allés. Mais ici, on considère qu’on est dans un pays étranger. »

Le président de l’organisation assure ne pas être découragé. « Notre combat va continuer », affirme-t-il. Selon lui, des Anjouanais « demandent le retour de la France » et ne se reconnaissent plus dans l’Union des Comores. « Nous ne sommes pas fiers d’être avec les Grande-Comoriens », dit-il encore, en faisant référence à la crise séparatiste de 1997 à Anjouan, restée pour lui comme « une belle image ».

Ce lundi, la place de la République est restée vide. Mais la date du 6 juillet continue, pour cette association anjouanaise, de cristalliser un rejet de l’indépendance des Comores et une demande de reconnaissance adressée à la France.

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Reconstructions après Chido : un accord trouvé pour la reconstruction des pontons de Mamoudzou et de Dzaoudzi

Reconstructions après Chido : un accord trouvé pour la reconstruction des pontons de Mamoudzou et de Dzaoudzi

Alors que les professionnels de la mer menaçaient de bloquer les barges ce lundi 6 juillet, la manifestation a finalement été annulée. Un accord a été trouvé avec le Département afin d’enfin lancer la reconstruction des aménagements.

À la suite d’une réunion entre les acteurs institutionnels et les représentants des professionnels de la mer, le Cluster Tourisme de Mayotte, une association réunissant les acteurs économiques du tourisme, a communiqué au sujet de cette manifestation annulée : « Cette décision fait suite aux engagements pris par le Département-Région, qui s’est engagé à lancer, dans les prochaines semaines, les démarches nécessaires à la mise en place d’un ponton d’urgence à Dzaoudzi, ainsi qu’à faire avancer les autres sujets soulevés par les professionnels. »

En suspendant leur manifestation, les acteurs du tourisme privilégient l’échange et la coopération. « Ils souhaitent témoigner de leur volonté de privilégier le dialogue et de laisser aux engagements pris le temps de se concrétiser. » Par ailleurs, les revendications restent les mêmes et les professionnels demeurent attentifs à leur évolution : « Cette décision ne vaut en aucun cas renoncement. Les professionnels de la mer demeurent particulièrement vigilants quant au respect des échéances annoncées. Ils continueront à suivre avec attention l’avancement des travaux et des différentes mesures évoquées lors de cette réunion. À défaut de résultats concrets ou si les délais annoncés n’étaient pas respectés, les professionnels se réservent le droit de relancer un mouvement de mobilisation et d’organiser une nouvelle manifestation afin de défendre leurs intérêts légitimes », conclut l’association. La préfecture se montre également vigilante et suivra le respect du calendrier fixé.

Le 18 mai dernier, les acteurs nautiques avaient déjà perturbé la circulation entre la Grande-Terre et la Petite-Terre. Fin juin, la baisse du chiffre d’affaires du secteur a été estimée entre 30 et 40 %, constate Antoine Tordeur, président du Cluster Tourisme.

L’association espère désormais combler ce manque à gagner. Elle demandait notamment « l’aménagement des blocs de béton pour le ponton, qui pourrait être installé à proximité du CHM ou de l’ancien ponton de Dzaoudzi ».

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Relations France/Comores : il est temps de limiter les dégâts d’une indépendance en cul-de-sac !

Relations France/Comores : il est temps de limiter les dégâts d'une indépendance en cul-de-sac !
* image d'illustration générée par ia

Admettre une Mayotte française (et européenne) et tourner la page d’une erreur historique dans laquelle les élites de Ngazidja ont plongé les trois îles des Comores pendant 51 ans : voilà une évidence pour de très nombreux Anjouanais, qui n’ont pas manqué de l’exprimer ouvertement sur les réseaux sociaux au matin du 51e anniversaire de l’indépendance de l’archipel, proclamée par Ahmed Abdallah Abdérémane le 6 juillet 1975. Depuis, un océan d’amertume sépare Mayotte, très convoitée, du reste de l’Union des Comores, erreur de casting dans le concert des nations libérées de la colonisation occidentale.

Il y a, comme qui dirait, une petite musique qui monte depuis l’île d’Anjouan ces derniers mois. Entre les utopistes d’une recolonisation de l’île par la France et les plus réalistes, partisans d’une normalisation des relations avec Mayotte à travers une reconnaissance, sans la moindre ambiguïté, de son statut d’entité française et européenne, un nouveau discours semble émerger.

« Cela fait maintenant 51 ans que nos autorités nous maintiennent dans le mensonge d’un hypothétique retour de Mayotte dans le giron de l’Union des Comores. Aujourd’hui, cela ne fonctionne plus. Seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis. L’ensemble des Comoriens a compris que cela relève davantage du rêve que d’une réalité susceptible de se concrétiser un jour. Pour s’offrir le luxe de faire main basse sur les deniers publics et de s’enrichir au détriment du peuple en détournant les aides internationales, sans contestation populaire, les élites grand-comoriennes de Ngazidja nous ont entretenus dans cette chimère d’une récupération de Mayotte, de gré ou de force. Cela n’a engendré que des pertes humaines inutiles, un plongeon vertigineux dans le sous-développement et une incapacité totale à entrevoir l’avenir, à court, moyen ou long terme. Dans la bouche de nos gouvernants, tout n’est qu’une mauvaise plaisanterie depuis plus de cinquante ans et, parmi les trois îles qui composent aujourd’hui l’Union des Comores, c’est Anjouan qui continue d’en payer le prix. Il est temps que tout cela s’arrête ! »

Waouh ! Qui aurait pu croire, il y a encore deux ans, que le bon sens finirait par l’emporter sur le sol comorien, ne serait-ce que sur les seules îles d’Anjouan et de Mohéli ? Et pourtant, ce constat a bien été formulé par un blogueur comorien.

La célébration du 51e anniversaire de la fondation de l’État comorien, le lundi 6 juillet 2026, s’est accompagnée, de manière étonnante, d’un vent de pragmatisme sur les réseaux sociaux. L’idée d’une cohabitation pacifique entre une « Mayotte région française et européenne » et une Union des Comores reconnaissant officiellement cette réalité, dans un esprit d’ouverture et de bon voisinage fondé sur les échanges de personnes, de biens et sur une coopération dans les domaines les plus variés, semble désormais pouvoir être évoquée.

Mais le plus remarquable n’est pas tant cette opinion exprimée par un blogueur basé à Anjouan que les nombreuses réactions spontanées qu’elle a suscitées.

« Nous n’avions jamais constitué un seul peuple autrefois » 

Vraiment étonnant !

Là où une diplomatie de pacotille a échoué en un demi-siècle d’activisme et de tentatives de réécriture, voire de falsification, de l’histoire à coups de thèses fallacieuses et d’une lecture contestable du droit international, certains internautes semblent désormais vouloir regarder la réalité en face.

« Nous nous sommes enfermés dans une interprétation dogmatique du droit international alors que nous savions, dès le 6 juillet 1975, que les Comores avaient définitivement perdu Mayotte au moment même où Ahmed Abdallah Abdérémane proclamait l’indépendance de l’archipel. La vérité que la classe politique de l’époque refusait d’admettre, c’est que les Mahorais ne se sont jamais sentis comoriens et n’ont jamais souhaité partager un destin politique commun avec les trois autres îles. Continuer à soutenir le contraire, comme le font encore certains responsables grand-comoriens, revient à se mentir à soi-même », soutient un deuxième blogueur comorien.

Pour faire simple, le forum de discussion qui s’est ouvert à l’occasion des célébrations officielles des 51 ans d’indépendance des trois autres îles de l’archipel a vu émerger un débat inédit autour d’une éventuelle renonciation officielle des Comores à leurs prétentions territoriales sur Mayotte. Ce débat s’appuie sur une réalité simple : le refus constant des Mahorais d’intégrer un jour l’Union des Comores, sous quelque forme que ce soit.

« Il faut tirer un trait sur le passé et ouvrir un chemin salutaire vers l’avenir, vers un développement économique serein et harmonieux entre nos différentes îles, dans une collaboration renforcée avec les institutions mahoraises. Il est urgent de mettre un terme aux milliers de naufrages que nous aurions pu éviter si nous ne nous étions pas drapés dans une dignité mal placée, fondée sur l’idée d’un peuple prétendument divisé par la colonisation française. La vérité est que nous n’avons jamais constitué un seul peuple, comme en témoignent encore aujourd’hui les identités wa Ngazidja, wa Ndzouani et wa Mwali », écrit un troisième blogueur.

Cet internaute va jusqu’à suggérer un mea culpa de l’ensemble de la classe dirigeante comorienne, qui se traduirait notamment par une réforme de la Constitution et du drapeau national, supprimant le blanc symbolisant l’identité mahoraise.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a de la suite dans les idées. Il imagine même ce que pourrait être le futur drapeau de l’État comorien. Une idée largement reprise par d’autres participants à ce forum consacré au 51e anniversaire de l’indépendance des Comores.

Au fil des prises de position, les participants semblent s’accorder sur la nécessité de reconnaître officiellement le statut français de Mayotte dans ses frontières actuelles afin d’enrayer les migrations clandestines, synonymes de drames humains à répétition, et de tourner définitivement la page d’un différend territorial entre la France et l’Union des Comores.

Ces prises de position annoncent-elles une nouvelle étape dans les relations de voisinage entre les deux pays ? Il est encore trop tôt pour le dire. Seul l’avenir permettra de savoir si ce débat inédit restera sans lendemain ou s’il marquera le début d’un changement de paradigme.

NDLR : Pour des raisons de sécurité, la rédaction de Flash Info a délibérément choisi de ne pas divulguer l’identité des personnes qui se sont exprimées sur ce forum.

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Mobilité : un séminaire pour poser les bases d’une stratégie commune

Mobilité : un séminaire pour poser les bases d'une stratégie commune
Une journée de travail à Dembéni a réuni les acteurs de la mobilité pour réfléchir ensemble à des solutions afin d’améliorer les déplacements et désengorger les routes à Mayotte. Crédit Département-Région de Mayotte

À Dembéni, le Département-Région de Mayotte a réuni les acteurs de la mobilité les 6 et 7 juillet pour un séminaire sur les déplacements. État des lieux et ateliers ont mis en avant les difficultés de circulation, de sécurité et d’offre de transport. Les échanges ont porté sur la coordination, un tarif unique et une gouvernance commune. Les projets (téléphérique, navettes maritimes, bus) avancent malgré des retards. Le CESEM insiste sur la gouvernance, le financement et la transition écologique.

Comment mieux organiser les déplacements à Mayotte et répondre aux besoins d’un territoire confronté à une circulation toujours plus dense ? C’est autour de cette problématique que le Département-Région de Mayotte a ouvert, lundi 6 juillet, à la Technopole de Dembéni, un séminaire intitulé « Mobilités à la croisée des chemins : défis et opportunités ». Organisée en partenariat avec Transdev, cette rencontre de deux jours rassemble les autorités organisatrices de la mobilité, les exploitants de transport, les collectivités, les partenaires institutionnels ainsi que les différents acteurs impliqués dans les questions de déplacement.

Un tarif unique et un syndicat des mobilités à l’étude

Pour Ali Omar, vice-président du Département chargé de l’Administration générale, des Transports et de la Transition écologique, l’objectif est avant tout de construire une politique de mobilité cohérente à l’échelle du territoire. « Le but, c’est de réfléchir ensemble, de mettre en cohérence toutes les politiques de mobilité sur le territoire, d’intégrer les différents partenaires et de définir un tarif unique sur l’ensemble des réseaux de transport. Il faut aussi intégrer les taxis collectifs qui font partie du paysage depuis longtemps mais qui ne répondent plus entièrement aux besoins de la population, laquelle aspire désormais à un véritable réseau de transport permettant notamment de sortir des embouteillages. »

Interrogé sur l’absence d’un schéma territorial des transports, l’élu reconnaît qu’il reste à construire. « Justement, l’objectif est de pouvoir obtenir ce schéma et de mettre un plan en place en cohérence avec le Schéma d’aménagement régional. On peut critiquer son absence, mais il faut bien commencer quelque part pour identifier les failles et construire une vision cohérente. » À terme, le Département souhaite créer un syndicat réunissant les différentes Autorités organisatrices de la mobilité (AOM). « L’objectif est par la suite de créer un syndicat qui réunira les différentes autorités organisatrices de la mobilité afin que le Département puisse travailler avec l’ensemble du territoire sur une politique commune.»

Téléphérique, navettes maritimes et voies de bus : les projets avancent lentement

Le vice-président est également revenu sur les grands projets portés par le Département. Téléphérique, barges, navettes maritimes et le réseau de bus M’Safara constituent les principaux axes de développement de la mobilité à Mayotte. Le calendrier des futures navettes maritimes reste toutefois conditionné par plusieurs contraintes techniques et administratives. « Il faut construire les pontons, mais nous avons des retards sur les études environnementales et sur la sécurisation du foncier. Les bateaux nécessaires à ces études ne sont pas encore disponibles sur le territoire, ce qui complique considérablement l’avancement des projets.»

En parallèle, l’État poursuit le Plan Global Transports et Déplacements de Mayotte (PGTD), destiné à adapter les infrastructures routières aux futurs aménagements. Ali Omar souhaite notamment développer des voies réservées aux transports collectifs. « Je souhaite des aménagements spécifiques afin que nous puissions développer des bus collectifs et créer, à terme, une troisième voie réservée aux transports en commun. »

Le CESEM appelle à une gouvernance commune et à un modèle économique viable

Présent lors du séminaire, Abdou Dahalani, président du Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM), rappelle que la mobilité fait déjà l’objet d’une étude adoptée par l’institution en 2025. « C’est un sujet qui a fait l’objet d’une étude adoptée par le CESEM en 2025 et qui fera certainement l’objet d’un forum dans les prochains mois, initialement prévu en octobre mais reporté en raison des élections municipales. »

Selon lui, la priorité réside dans la gouvernance des transports. « Nous avons cinq autorités organisatrices du transport à l’échelle du territoire. Il faut que tout ce monde échange et partage une vision stratégique coordonnée. » Il souligne également la difficulté de financer durablement les réseaux de transport. « L’exploitation des réseaux ne parvient pas aujourd’hui à couvrir ses coûts de fonctionnement. Toute la question est de savoir comment assurer un modèle économique viable. » Enfin, il estime que les futurs projets devront répondre aux enjeux environnementaux propres à Mayotte. « Nous sommes sur un territoire insulaire et les réponses apportées doivent pleinement prendre en compte la transition écologique. »

Cette première journée de séminaire marque le lancement d’une réflexion collective sur l’avenir des déplacements à Mayotte. Les travaux se poursuivent ce mardi 7 juillet afin d’approfondir les pistes évoquées et de faire émerger une stratégie commune pour améliorer durablement la mobilité sur le territoire.

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Chirongui : Le « Prix du Courage » décerné aux chauffeurs de bus

Chirongui : Le « Prix du Courage » décerné aux chauffeurs de bus

Une initiative rare dans le climat d’insécurité qui pèse sur le transport scolaire à Mayotte : les élèves du lycée de Chirongui ont organisé, samedi 4 juillet, une remise des « prix du courage » à l’attention des chauffeurs de bus, en présence des élus de la commune et de la direction de Matis.

À l’initiative des élèves du lycée de Chirongui une cérémonie de remise des « prix du courage » a été organisée samedi 4 juillet à l’attention des chauffeurs de bus scolaires, en présence des élus de la commune et de la direction de Matis. Lauréat du prix, Dahalani Fouad, conducteur depuis treize ans et délégué du personnel chez Matis, remercie les élèves : « Au nom des chauffeurs et des médiateurs scolaires, nous sommes profondément touchés par votre geste, par votre invitation, et par le fait que vous ayez pensé à nous. Ce n’est pas quelque chose d’anodin, et cela nous va droit au cœur ».

« Les caillassages, c’est tous les jours ! » Explique Dahalani, « On se met en condition avant d’aller travailler le matin, on se prépare à recevoir des cailloux. Et pour les élèves c’est mauvais, ce ne sont pas des conditions pour aller apprendre ». Une réalité qu’il met en parallèle avec son expérience : « Quand j’ai commencé, il y a 13 ans, il n’y avait pas toute cette violence. Au pire les lycéens se bagarraient entre eux. Mais depuis 2015, c’est nous, les chauffeurs, qui nous faisons caillassé. Et avec le temps, les délinquants s’adaptent, on recevait des cailloux, maintenant on reçoit des bouts de ferraille pointus ». Longtemps concentrées dans le Nord, autour de Mamoudzou, ces violences touchent aujourd’hui tout autant le Sud de l’île, observe le conducteur. Une tendance que confirment les chiffres : pour l’année scolaire 2024-2025, le réseau hal’O, géré par Transdev, a recensé 699 caillassages, dont 45 % survenus à Mamoudzou. Mais c’est à Tsoundzou que la progression a été la plus forte, avec une hausse de 31 % par rapport à l’année précédente.

D’après Dahalani Fouad, les solutions entreprises ne sont que temporaires : « L’État répond aux violences et pendant un certain temps les routes sont plus calmes. Mais dès que la police repart, la violence revient tout de suite ». Pourtant pour la rentrée 2025, plusieurs mesures étaient prévues : vitres en polycarbonate sur les bus, renouvellement de l’arrêté préfectoral pour le contrôle des sacs, renforcement de la médiation, partenariats avec la police, la justice et le RSMA. Mais rien n’y fait, les violences sont toujours présentes.

« C’est la première fois qu’on nous reconnaît et qu’on remercie notre travail », insiste Dahalani. Un constat qui prend un relief particulier quelques mois après la grève qu’il a lui-même négociée au sein de Matis. Déclenché en janvier 2026 à la suite d’un audit interne révélant la bonne santé financière de l’entreprise pour 2025, le mouvement s’est achevé sur une hausse de salaire de 7 %. Les grévistes réclamaient aussi des explications sur la prime mensuelle de « caillassage » de 200 euros, versée par le Conseil départemental, qui n’aurait été payée qu’une seule fois aux conducteurs. « En tant que conducteurs, on aimerait aussi que notre société reconnaisse notre valeur et notre professionnalisme au quotidien, résume-t-il. Et à l’avenir, qu’elle nous récompense. »

Cette usure, à la fois physique et psychologique, pousse de nombreux chauffeurs à quitter la profession. « Ils sont terrorisé » explique Dahalani. « Avant c’était comme un rêve de travailler dans le transport. Maintenant on survit, on continue de travailler pour payer la nourriture et rembourser nos prêts. L’amour du métier on l’a mais ce qu’on vit physiquement et mentalement nous décourage…on a plus envie ». Lui-même prévoit de changer de voie : « Moi aussi je comte partir, j’ai passé le concours de police municipal donc je cherche une mairie pour faire ma formation ». Il explique vouloir changer de côté : « je serais là pour les protéger, je ne veux plus juste subir les violences ».

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Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières les importateurs mahorais appelés à se mettre en conformité avant fin septembre

Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières les importateurs mahorais appelés à se mettre en conformité avant fin septembre
* image d'illustration générée par ia

Depuis le 1er janvier 2026, le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) s’applique aux importations de certains produits comme l’acier, l’aluminium ou le ciment. À Mayotte, moins de 30 % des entreprises concernées ont, à ce jour, accompli les démarches obligatoires auprès de la Direction générale de l’énergie et du climat. La période dérogatoire, initialement prévue jusqu’au 31 mars, a été prolongée jusqu’au 27 septembre 2026. Les opérateurs disposent désormais de trois mois pour régulariser leur situation. La Direction régionale des douanes de Mayotte appelle les importateurs concernés à engager rapidement leurs démarches, faute de quoi ils s’exposent à des sanctions financières pouvant dépasser 200 000 euros pour certaines opérations, notamment sur les importations d’acier. Les représentants en douane enregistrés et les déclarants sont également invités à la vigilance dans l’utilisation des codes libératoires, qui doivent être validés en amont par l’administration. Les douanes indiquent qu’elles assureront une application stricte du dispositif et mobiliseront leurs moyens de contrôle afin de garantir le respect de la réglementation par l’ensemble des opérateurs concernés.

Inauguration de la base de loisirs nautiques de M’Tsangamouji

Inauguration de la base de loisirs nautiques de M’Tsangamouji

La commune de M’Tsangamouji a inauguré la nouvelle base de loisirs nautiques, en partenariat avec l’association Canoë Kayak Nord Mayotte. Dédiée à la pratique du kayak et de la pirogue, cette infrastructure a été présentée en présence des élus, partenaires financiers, sponsors et habitants venus découvrir le site. Ouverte désormais au public, la base proposera des séances d’initiation, des balades en mer et diverses activités nautiques. La municipalité invite les personnes intéressées à rejoindre l’association afin de participer aux activités et profiter du cadre offert par le littoral. Les porteurs du projet saluent une réalisation destinée à soutenir le développement du sport, des loisirs et des activités pour la jeunesse dans la commune.

Fuz’Ellipse envoie deux groupes de jeunes en mobilité européenne

Fuz’Ellipse envoie deux groupes de jeunes en mobilité européenne

Deux groupes de jeunes Mahorais accompagnés par Fuz’Ellipse ont quitté Mayotte, samedi 4 juillet, dans le cadre de projets Erasmus+. Quinze jeunes de moins de 15 ans, champions de Mayotte en 2025, prennent la direction de Bruxelles pour participer au projet “Ambassadeurs U15 de l’inclusion numérique”. Pendant dix jours, ils suivront des ateliers autour de la citoyenneté digitale, de la désinformation, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et de la création de contenus, en partenariat avec l’acteur bruxellois Digital Native.

Un autre groupe, composé de jeunes âgés de 18 à 21 ans, participe de son côté au programme DiscoverEU. Au départ de Bruxelles, les participants doivent traverser plusieurs villes européennes, dont Barcelone, Ljubljana, Dortmund et Paris, en privilégiant les déplacements en train. À travers ces deux mobilités, Fuz’Ellipse entend favoriser l’ouverture internationale, l’autonomie et l’engagement des jeunes Mahorais, qui seront invités à partager leur expérience à leur retour.

Coupure d’eau mardi dans le Nord pour nettoyer le réservoir de Dzoumogné

Coupure d’eau mardi dans le Nord pour nettoyer le réservoir de Dzoumogné
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Des perturbations sont à prévoir dans le secteur Nord, mardi 7 juillet, en raison du nettoyage du réservoir de Dzoumogné. La distribution d’eau sera coupée de 7h à 18h à Bandraboua Nord, Mtsamboro et Mtsangadoua, en dehors du planning habituel des tours d’eau.

À Bandraboua Sud, Handrema et Mtsahara, les usagers sont invités à constituer des réserves dès la veille, avant la coupure prévue le 6 juillet. La Mahoraise des eaux indique qu’une remise en eau dans la soirée du 7 juillet n’est pas garantie, en raison de difficultés hydrauliques récurrentes sur l’adduction Nord après les coupures.

Lors du retour de l’eau, il est recommandé de fermer les robinets, de laisser couler doucement les premières minutes, puis jusqu’à ce que l’eau soit claire. Pour les usages alimentaires, l’eau devra être bouillie durant la première demi-journée suivant la remise en service.

Une circulation temporairement perturbée sur le Boulevard Marcel Henry de Mamoudzou

Une circulation temporairement perturbée sur le Boulevard Marcel Henry de Mamoudzou
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Dans le cadre de travaux d’aménagement de sécurité, la Ville de Mamoudzou informe les usagers de la route et les riverains qu’une réglementation temporaire de la circulation sera mise en place sur le boulevard Marcel Henry, au niveau du secteur Baobab. Les travaux se dérouleront du 1er juillet 2026 au 28 septembre 2026. La journée, les interventions ont lieu de 7h30 à 16h30, et la nuit, de 19h00 à 5h00. Pendant toute la durée du chantier, plusieurs mesures sont mises en œuvre, telles que la neutralisation partielle ou totale du stationnement, la régulation manuelle ou par alternat de la circulation, la limitation de vitesse temporaire qui passe à 30 km/h, ou encore le maintien de l’accès aux riverains, sous conditions. Une signalisation temporaire conforme à la réglementation en vigueur sera également mise en place. Les automobilistes, piétons et riverains du secteur Baobab sont invités à respecter la signalisation et les instructions des agents en charge de la régulation de la circulation, à réduire leur vitesse sur la zone concernée et à anticiper leurs déplacements en tenant compte des éventuels ralentissements liés à la circulation alternée.

Bac à Mayotte : la polémique enfle autour de l’harmonisation des notes

Bac à Mayotte : la polémique enfle autour de l'harmonisation des notes
À Mayotte, la FCPE a saisi le rectorat après avoir signalé un message demandant à des examinateurs du Grand Oral de réévaluer certaines notes, tandis que l’académie affirme qu’il s’agit d’une procédure d’harmonisation sans pression établie à ce stade.

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Mayotte a saisi le rectorat après avoir été destinataire de plusieurs signalements faisant état de demandes adressées à des examinateurs du Grand Oral du baccalauréat afin qu’ils réévaluent certaines notes. Le rectorat affirme qu’aucun élément ne permet, à ce stade, d’établir l’existence de pressions sur les jurys et rappelle le cadre réglementaire de l’harmonisation des résultats.

L’affaire est née d’un communiqué publié le 2 juillet par la FCPE Mayotte. L’organisation y dénonçait des « informations concordantes faisant état de pressions » qui auraient été exercées sur certains membres de jury afin de revoir à la baisse les notes attribuées aux candidats. Selon la fédération, ces signalements concerneraient plusieurs lycées du département.

Quelques jours plus tard, son président, Haïdar Attoumani Saïd, a adressé un courrier à la directrice de cabinet de la rectrice, accompagné d’un premier élément présenté comme un témoignage transmis par un examinateur, dont l’identité a été anonymisée.

Le message reproduit dans ce courrier indique : « Monsieur (…) vous invite à réévaluer vos notes de Grand Oral, celles-ci étant sensiblement au-dessus des moyennes académiques. Si nécessaire, merci de bien vouloir prendre contact avec le lycée (…) pour effectuer les modifications correspondantes. »

Pour la FCPE, un tel message est susceptible d’être perçu comme une remise en cause de « l’appréciation souveraine des jurys d’examen ». Sans mettre en cause nominativement des personnes ou des services, l’association estime que cette formulation est de nature à créer « un sentiment de pression » chez les examinateurs. Elle demande que « toute la lumière puisse être faite sur ces signalements » et que soient garantis « les principes d’indépendance des jurys, d’égalité de traitement des candidats et de sérénité des examens ».

Le rectorat rappelle le cadre de l’harmonisation

Dans son courrier de réponse, la directrice de cabinet de la rectrice, Bérénice Hartmann, rappelle que le Grand Oral est une épreuve nationale dont « les modalités d’organisation, d’évaluation et de délibération sont définies par les textes réglementaires applicables à l’ensemble du territoire national ».

Le rectorat souligne que « les jurys d’examen exercent leur mission en toute indépendance » et que « les examinateurs demeurent seuls responsables des notes qu’ils attribuent au regard de la prestation des candidats ». L’administration insiste également sur le rôle de la procédure d’harmonisation, prévue pour l’ensemble des épreuves du baccalauréat. Celle-ci, écrit-elle, vise à garantir « l’égalité de traitement des candidats et la cohérence des évaluations entre les différentes commissions d’interrogation ». Lorsque des écarts importants sont constatés au regard des références académiques ou nationales, ils « peuvent donner lieu à un examen collégial », sans qu’il s’agisse d’une modification systématique des notes ni d’une remise en cause de l’indépendance des examinateurs.

Des vérifications annoncées

Concernant les accusations formulées par la FCPE, le rectorat indique ne disposer, « à ce jour, d’aucun élément objectivé permettant d’établir l’existence de pressions exercées sur les membres des jurys ». Il précise toutefois que les éléments transmis par la fédération seront examinés et que tout fait « précis, circonstancié et étayé » donnera lieu aux vérifications appropriées.

La FCPE, qui affirme agir « dans un souci d’apaisement et de transparence », estime avoir désormais transmis un premier élément concret à l’autorité académique. Son président rappelle que la démarche de la fédération « ne consiste nullement à mettre en cause des personnes ou des services », mais à s’assurer que « les principes d’indépendance des jurys, d’égalité de traitement des candidats et de sérénité des examens soient pleinement garantis ».

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Comores : 51 ans d’indépendance du pays, ces citoyens dressent leurs bilans

Comores : 51 ans d’indépendance du pays, ces citoyens dressent leurs bilans

Issues de différents horizons, ces personnalités ont donné leurs points de vue sur le demi-siècle d’indépendance célébré en grande pompe ce lundi à Moroni.

Comme à chaque 6 juillet, depuis maintenant 51 ans, l’Union des Comores célèbre, souvent dans des fastes son accession à l’indépendance à l’instar des autres pays du monde longtemps colonisés par des puissances étrangères. Cette année, les festivités n’ont pas été organisées au stade omnisports de Maluzini, probablement parce que contrairement à l’an dernier, aucun chef d’État étranger n’a fait le déplacement.

Si le président Azali Assoumani, revenu au pouvoir en 2016 tiendra un discours, qui retracera certainement le chemin parcouru, depuis 1975, d’autres citoyens issus de divers horizons, interrogés par Flash infos, ont eux aussi, partagé leurs opinions sur l’état du pays, un demi-siècle après la proclamation de l’indépendance.  » Après 51 ans d’indépendance, j’emprunterai l’expression consacrée pour dire que les résultats de ces 51 ans sont mitigés. Le premier constat que je fais, est que nous avons passé quasiment le 4/5 de notre période d’indépendance à gérer une histoire politique mouvement« , souligne, dans un premier temps, directeur de la communication gouvernementale auprès du secrétariat général du gouvernement, Antoisse Ezidine qui rappelle que jusqu’en 2001, l’histoire des Comores n’est qu’une suite de coups d’états, d’intervention de mercenaires, souvent aux ordres des anciennes puissances coloniales, et de déstabilisation des institutions et des crises séparatistes.

 » Il a fallu attendre les accords de Fomboni avec l’instauration de la présidence tournante pour commencer à sortir de l’instabilité institutionnelle. J’estime donc que c’est à partir de cette date-là, que le pays commence à asseoir une certaine maturité. Malgré les fragilités, nous avons donc perdu beaucoup de temps qui aurait pu être utilisé pour l’épanouissement socio-économique de l’archipel« , estime, l’ex chef de la communication de la société Comores Telecom.

Bilan positif

Mais qu’importe, estime, l’entrepreneur Bacar Azhar, on ne peut que se réjouir de cette indépendance.   » Je ne suis pas de ceux qui regrettent l’indépendance de notre pays s’il en existe vraiment d’ailleurs. Je suis très attaché à l’identité humaine d’une manière générale et africaine en particulier. Et l’indépendance de notre pays est actée unilatéralement et nous en sommes fiers à un moment où beaucoup ailleurs ont perdu des vies pour l’obtenir« , ajoute-il.

‎Même son de cloche pour le Docteur en sociologie, Mistoihi Abdillah, qui dresse un bilan positif. « Il ne faut pas perdre de vue l’objectif premier de l’indépendance qui était de nous séparer du colonisateur. Sur ce point, l’objectif est totalement atteint et je dis merci aux artisans de cette indépendance.  Aujourd’hui, notre pays est dirigé par des enfants comoriens« , se réjoui-t-il, même s’il constate que les dirigeants ne sont pas à l’abri des influences étrangères.  » Mais nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Même de grandes puissances comme la France et l’Allemagne accusent aujourd’hui la Russie d’interférer dans leurs processus électoraux« , note, le sociologue.

Mais pour Antoisse Ezidine, c’est depuis 2001, que les différents régimes essaient tant bien que mal de faire face aux défis de notre société qui ne sont pas négligeables :  Un secteur privé encore embryonnaire, un chômage de jeunes difficile à résorber, une forte dépendance aux importations, une gouvernance publique peu agile des ressources humaines nationales, peu formées, des investissements étrangers qui se font désirer.  » Toutefois, j’estime qu’aujourd’hui en 2026, la situation des Comores s’est fortement améliorée, notamment les conditions de vie des Comoriens. Si la lutte contre la vie chère doit rester une priorité, j’observe des signaux encourageants. D’abord, pour la première fois dans notre histoire, le gouvernement a un plan stratégique actionnable sur lequel les ministères sont régulièrement évalués, ce qui permet au gouvernement de savoir à quel niveau d’implantation se trouvent les différents programmes et projets de l’État« , énumère, le chef directeur de la communication du secrétariat général du gouvernement.

Pauvreté

Le sociologue Mistoihi, note pour sa part, l’existence de bases importantes. « Sur le plan des ressources humaines : à l’Université des Comores, il n’y a plus aucun enseignant blanc. Au centre hospitalier d’El Maarouf, il n’y a plus aucun médecin étranger. Ce niveau de souveraineté dans les secteurs clés n’est pas forcément observé dans de nombreux pays anciennement colonisés, surtout par la France. Nos systèmes bancaires et de télécommunications ne sont pas en retard non plus, même si nous déplorons des taux encore élevés« , croit savoir, l’ancien directeur de cabinet de la vice-présidence en charge de l’énergie. Mais à entendre l’avocate franco-comorienne, Maliza Said Soilihi, certes l’émancipation est acquise, mais l’État reste à bâtir.

Des problèmes d’eau et d’électricité persistent.  « Nous avons retrouvé une stabilité relative depuis 2001, et c’est un acquis réel. Mais la démocratie marque le pas : la réélection présidentielle de 2024 s’est déroulée sous le soupçon de fraude, l’opposition est étouffée, et l’on voit poindre une tentation dynastique autour de la succession. Un demi-siècle de souveraineté mériterait mieux« , fulmine, l’avocate, installée à Marseille qui ne manque pas de souligner les Comores occupent le 152ᵉ rang sur 189 pour le développement humain, tans dis que près de la moitié des Comoriens vivent sous le seuil de pauvreté. Mais, tout n’est pas à jeter, nuance reconnait Maliza.

 » Les Comores existent sur la scène internationale : nous avons présidé l’Union africaine, nous présidons la Commission de l’océan Indien, nous sommes entrés à l’OMC en 2024, et nous venons de conclure un accord de partenariat économique renforcé avec l’Union européenne. Ce sont des points d’appui. Le problème n’est pas notre place dans le monde, c’est le fossé qui se creuse, à l’intérieur, entre les gouvernants et la société« , martèle, l’ex-élue municipale dont les acquis qu’elle a énumérés, s’alignent sur ce qu’a avancé, Antoisse Ezidine.   » Nous avons une diplomatie économique offensive qui a permis de mobiliser d’importantes ressources pour financer des infrastructures telles que les routes, les ports, les hôpitaux, sans oublier, le lancement de la phase pilote de l’assurance maladie généralisée« , tranche le coordinateur de la communication du secrétariat général du gouvernement, pour qui certaines initiatives ont aussi le potentiel de souder la population des Comores, comme l’accueil des jeux des îles de l’océan Indien au Comores, malgré les frustrations existantes sur la participation de Mayotte. « Ce qui reste à faire aujourd’hui, ce sont des choix et une volonté politique clairs. Il faut s’attaquer aux freins réels au développement économique comme la corruption, le favoritisme, le communautarisme, la dépendance agricole et le chômage« , préconise le sociologue Mistoihi.

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Diplomatie régionale : Moroni s’affranchit clairement de Paris

Diplomatie régionale : Moroni s’affranchit clairement de Paris

Vladimir Poutine annonce en personne l’ouverture prochaine d’une mission diplomatique russe de haut niveau à Moroni. Une nouvelle qui ne sera pas sans effets néfastes pour Mayotte, eu égard aux diverses intentions malveillantes prêtées à la Russie à l’égard de la France et à son engagement, maintes fois réaffirmé, de la faire quitter le continent africain, longtemps considéré comme sa chasse gardée. Les Comores, qui faisaient office de dernier verrou, semblent en passe de céder, pour le plus grand malheur des habitants de Mayotte.

La Russie poutinienne est désormais aux portes de Mayotte pour contrarier Paris, trop impliqué dans le dossier ukrainien, sans que cela ne semble émouvoir le moins du monde le Quai d’Orsay. C’est Vladimir Vladimirovitch Poutine lui-même qui a annoncé, vendredi dernier, l’ouverture d’une mission diplomatique « de haut niveau » aux Comores dans les prochaines semaines.

Il s’agit sans doute de la principale information retenue dans la région de l’océan Indien en cette fin de première semaine de juillet 2026. Elle s’accompagne d’une autre annonce tout aussi préoccupante : celle du Parti communiste chinois, qui souhaite établir un dialogue avec l’ensemble des partis politiques de Madagascar.

Pendant que Paris joue à colin-maillard avec le président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousséni, et les quatre parlementaires Estelle Youssouffa, Anchya Bamana, Saïd Omar Oili et le très macronien Thani Mohamed Soilihi, les Comores mettraient insidieusement en œuvre un plan de déstabilisation de Mayotte. À croire que la diplomatie du chèque de l’Agence française de développement (AFD) n’est guère efficace et qu’une mauvaise surprise nous attend au tournant.

À un an et demi d’un changement de locataire à l’Élysée, le cauchemar de côtes mahoraises prises d’assaut par une population comorienne abandonnée par les dirigeants de Beit-Salam pourrait malheureusement, sur tous les plans, devenir un « remake » des révoltes de 1997-1999 à Anjouan.

La résultante des accords de Fomboni constitue une réalité hautement néfaste, voire toxique, qui saute aujourd’hui aux yeux de toutes les parties prenantes de l’époque : du Sud-Africain Thabo Mbeki au Mozambicain Francisco Madeira, en passant par le Comoro-Anjouanais Dossar — ancien chef de cabinet de Sambi devenu ministre de la Défense, à ne pas confondre avec son jeune parent, aujourd’hui colonel au sein de l’AND — ainsi que le préfet de Mayotte de l’époque, Bouvier, dont « l’entente cordiale » de la Case Rocher à Dzaoudzi avait conduit au délogement manu militari du colonel de gendarmerie Mohamed Bacar de « Dar-Nadja », dans les hauteurs de Mutsamudu.

La France aide Kiev à produire des missiles de haute précision contre la Russie, tout en laissant Mayotte exposée aux actions déstabilisatrices de Vladimir Poutine

Non seulement les Comores n’ont jamais été pacifiées, mais la situation s’y serait encore aggravée avec la dictature d’Azali Assoumani et de sa bande de voyous en costumes et cravates importés de Paris, Houmed Msaïdié et consorts.

Une fois de plus, Mayotte, malmenée par le Quai d’Orsay, risque d’en payer le prix fort, combiné à la forfaiture d’une refondation post-Chido qui ne serait qu’un leurre destiné à des élus locaux « attrape-nigauds ».

Ce que l’actuel jeune leader du MDM, Soula Saïd-Souffou, qualifie de « menace hybride » serait bel et bien une réalité. Il ne s’agirait nullement d’une affabulation de journalistes, comme certains esprits gauchisants, subversifs ou enjoliveurs de service sur l’île pourraient le laisser entendre.

Moroni aurait effectivement choisi de franchir le Rubicon, et elle ne serait pas la seule, puisque Antananarivo semblerait suivre le mouvement, et pas à un rythme particulièrement lent. En effet, outre la Russie, le Parti communiste chinois a également fait connaître, dans le même temps, sa volonté d’ouvrir des relations avec l’ensemble des formations politiques malgaches.

Comprendra qui voudra comprendre

En ce qui le concerne, Vladimir Poutine affirme que « cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de la Russie visant à approfondir ses liens politiques et économiques avec le continent africain, alors que ses relations avec les États-Unis et l’Europe continuent de se détériorer sous l’effet des sanctions imposées à la suite de l’invasion de l’Ukraine ».

La presse comorienne, sous perfusion technique et financière de la Russie et de la Chine depuis belle lurette selon l’auteur, affirme que Moscou « ambitionne désormais de disposer d’ambassades dans la quasi-totalité des pays africains et qu’il ne resterait plus que quelques États à couvrir après les ouvertures prévues aux Comores, en Gambie, au Liberia et au Togo ».

C’est ainsi que Vladimir Poutine entend desserrer l’étau diplomatique que lui imposent l’Union européenne et les pays occidentaux afin de l’amener à mettre fin à son agression contre l’Ukraine.

Pendant que le président Emmanuel Macron s’emploie à marquer son second mandat par l’implication de la France en Ukraine — Airbus ayant signé, le 1er juillet 2026, un accord avec les autorités de Kiev pour la production sur place d’armements de très haute précision — il exposerait, de l’autre côté, la frontière la plus australe de l’Union européenne aux velléités russes et chinoises, dans l’indifférence générale des élus de l’Assemblée de Mayotte.

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May’île Loisir veut remettre du jeu sur les plages

May’île Loisir veut remettre du jeu sur les plages

Avec ses “Guerriers du Lagon”, Sarah Boinaidi, gérante de May’île Loisir, propose des jeux d’aventure par équipes, inspirés des grands formats télévisés. Après une première édition à Sohoa, la micro-entrepreneuse organisait une nouvelle journée à Tahiti plage, à Sada, avec l’objectif de développer une offre de loisirs accessible aux familles, aux amis et aux collègues.

Relais, slalom, tir de précision, épreuve d’eau, énigme et équilibre : ce samedi 4 juin, cinq équipes de cinq participants se sont affrontées sur la plage de Tahiti, à Sada, dans le cadre de la deuxième édition des “Guerriers du Lagon”. Derrière ce jeu d’aventure grandeur nature, on retrouve Sarah Boinaidi, gérante de May’île Loisir. “À Mayotte, le loisir manque vraiment. Sur une belle île comme ça, je trouve qu’il n’y a pas assez d’activités”, explique-t-elle.

Ancienne éducatrice spécialisée, Sarah Boinaidi a choisi de quitter son emploi pour se consacrer pleinement à sa micro-entreprise. “J’ai toujours travaillé dans le loisir et dans le social. Du jour au lendemain, je me suis dit : je démissionne et j’ai envie de me lancer toute seule”, raconte-t-elle.

May’île Loisir repose aujourd’hui sur deux activités. La première est tournée vers le sport doux, avec des séances collectives ou individuelles de pilates, yoga, cardio dance, fitness, mais aussi de la méditation et de la relaxation. La seconde est plus récréative : des jeux d’aventure en équipe, inspirés de formats comme Koh-Lanta ou Pékin Express.

Pour cette édition des “Guerriers du Lagon”, l’organisation a été préparée un mois et demi à l’avance, via les réseaux sociaux, des flyers et le bouche-à-oreille. Chaque équipe s’est inscrite pour 100 euros, soit 20 euros par participant. “J’essaye de faire ça régulièrement, tous les mois ou tous les mois et demi, pour attirer les familles, les collègues, les amis. L’idée, c’est qu’on puisse tous se réunir”, souligne Sarah Boinaidi.

Toutes les équipes repartent avec un lot. Sortie bateau, brunch, séance bien-être, places de cinéma ou matériel de plage : le classement permet de départager les participants, mais l’esprit reste d’abord convivial. “Après les épreuves, il y a aussi un moment de partage, où l’on remet les lots, où l’on peut discuter et apprendre à se connaître. Sur une petite île, c’est toujours bien”, estime la gérante.

Sur la plage, les participants sont venus pour jouer, mais aussi pour se retrouver hors du cadre habituel. Un groupe de collègues travaillant en crèche a découvert l’événement en ligne. “On voulait affronter d’autres crèches, mais c’était plein, donc ce sera pour une prochaine fois. On est venus pour passer de bons moments entre collègues”, racontent-elles.

Après Sohoa, puis Sada, Sarah Boinaidi souhaite faire tourner ses événements dans plusieurs communes, avant de toucher aussi le nord de l’île. Une manière de faire exister davantage de loisirs dans les communes, au plus près des habitants.

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Sortir à Mayotte : l’application qui veut devenir le nouveau guide des loisirs sur l’île

Sortir à Mayotte : l'application qui veut devenir le nouveau guide des loisirs sur l'île

Entre concerts, randonnées, activités nautiques ou événements culturels, une nouvelle application ambitionne de simplifier la vie des Mahorais. Lancée il y a quelques mois, Sortir à Mayotte entend centraliser toute l’offre de loisirs du territoire sur une seule plateforme.

Trouver une sortie à Mayotte relevait souvent du parcours du combattant. Entre les publications dispersées sur les réseaux sociaux, les affiches ou le bouche-à-oreille, il n’était pas toujours facile de savoir ce qui était organisé sur l’île. C’est de ce constat qu’est née l’application Sortir à Mayotte, une plateforme numérique entièrement dédiée aux événements et aux activités locales.

Disponible gratuitement sur Android et iPhone, l’application rassemble désormais concerts, soirées, manifestations sportives, randonnées, activités nautiques, sorties familiales ou encore événements culturels dans un seul espace. Son objectif est simple : permettre aux habitants comme aux visiteurs de découvrir facilement les animations proposées partout sur le territoire.

Une idée née d’un manque d’information

À l’origine du projet, deux jeunes Mahorais, Leur ambition est de mettre en valeur le dynamisme de Mayotte et de donner davantage de visibilité aux organisateurs d’événements.

L’idée voit le jour à la fin de l’année 2024 avec un premier site internet recensant les manifestations locales. Mais le passage du cyclone Chido interrompt temporairement le développement du projet. Malgré cette pause forcée, les fondateurs constatent rapidement l’intérêt du public : leur site enregistre plusieurs dizaines de milliers de visites en quelques jours. Encouragés par cet engouement, ils décident alors de développer une véritable application mobile.

Un agenda numérique accessible à tous

Le fonctionnement est volontairement simple. Dès l’ouverture de l’application, l’utilisateur accède à un calendrier des événements à venir, classés par catégories : concerts, spectacles, sports, loisirs, nature, sorties en famille ou encore restauration.

Une carte interactive permet également de localiser rapidement les activités à proximité. Les utilisateurs peuvent enregistrer leurs événements favoris, recevoir des notifications et, selon les organisateurs, réserver ou acheter directement leurs billets depuis leur téléphone. L’objectif est de limiter les recherches dispersées sur plusieurs réseaux sociaux tout en facilitant les démarches des organisateurs.

Un outil pour soutenir l’économie locale

Au-delà de son aspect pratique, l’application représente aussi une vitrine pour les acteurs économiques du territoire. Restaurateurs, associations, clubs sportifs, prestataires de loisirs ou organisateurs de festivals disposent d’un espace pour promouvoir leurs événements auprès d’un public plus large.

Dans un territoire où la communication passe encore largement par Facebook ou WhatsApp, cette centralisation pourrait améliorer la visibilité de nombreuses initiatives locales. Elle participe également à la promotion du tourisme intérieur en encourageant les habitants à découvrir des activités parfois méconnues dans leur propre commune.

Pour les visiteurs de passage, l’application constitue également un guide numérique permettant d’organiser un séjour sans avoir à multiplier les recherches.

Une jeunesse mahoraise qui mise sur le numérique

Le lancement de Sortir à Mayotte illustre également l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs mahorais tournée vers les solutions numériques. Alors que les usages du smartphone progressent rapidement sur l’île, plusieurs projets innovants voient le jour afin de répondre à des besoins très concrets du quotidien.

En proposant une plateforme unique regroupant événements, activités et lieux de loisirs, les créateurs espèrent contribuer à renforcer l’attractivité du territoire tout en facilitant le travail des organisateurs.

L’application est encore jeune et continuera d’évoluer au fil des mises à jour. Mais elle répond déjà à une attente largement exprimée par les habitants : disposer enfin d’un agenda complet des sorties à Mayotte, accessible en quelques clics. Si les organisateurs jouent le jeu en alimentant régulièrement la plateforme, Sortir à Mayotte pourrait rapidement devenir un réflexe pour tous ceux qui souhaitent profiter pleinement de la vie culturelle, sportive et festive de l’île.

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Rougeole : 85 % des adultes immunisés, un niveau encore insuffisant

Rougeole : 85 % des adultes immunisés, un niveau encore insuffisant
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À Mayotte, 85 % des adultes de 18 ans et plus sont immunisés contre la rougeole, selon les premiers résultats de l’étude EpiMay 2025, publiés par l’Agence régionale de santé. Ce niveau, jugé encourageant, reste toutefois inférieur à l’objectif de 95 % fixé par la stratégie nationale de vaccination pour limiter la circulation des maladies évitables.

L’enquête, menée du 2 juin au 8 juillet 2025 auprès de 1 000 ménages tirés au sort, a été réalisée avec l’Observatoire régional de la santé de Mayotte et l’URPS Infirmiers de l’Océan Indien. Elle repose sur des questionnaires et des prélèvements sanguins.

Pour renforcer la couverture vaccinale, l’ARS poursuit notamment les campagnes de rattrapage dans les collèges, en lien avec le rectorat et le centre de vaccination du CHM. L’agence rappelle que le consentement des parents reste indispensable. Plusieurs opérations ont déjà été menées ces dernières années : 50 000 enfants vaccinés en 2018, près de 30 000 jeunes concernés par les campagnes scolaires entre 2022 et 2023, et près de 6 800 personnes vaccinées après le cyclone Chido en 2025.

L’Institut Fikiri s’associe au développement des formations technologiques à Mayotte

L'Institut Fikiri s'associe au développement des formations technologiques à Mayotte

L’Université de Mayotte franchit une nouvelle étape dans le développement de son offre de formation. La signature d’une convention par le président de l’Institut Fikiri officialise son intégration au partenariat déjà conclu avec l’Université Paris 8, via l’IUT de Montreuil. Cette dernière validation permet l’entrée en vigueur complète de cette coopération, destinée à soutenir le déploiement des formations universitaires technologiques sur le territoire.

Ce partenariat accompagne notamment l’ouverture, dès la rentrée 2026, du Bachelor universitaire de technologie Gestion administrative et commerciale des organisations (BUT GACO) à l’Université de Mayotte. L’Institut Fikiri mettra à profit son expertise et son ancrage local afin de favoriser la réussite des étudiants, de renforcer les liens entre l’université et les acteurs socio-économiques mahorais et de répondre aux besoins de développement du territoire.

Pour l’Université de Mayotte, cette collaboration constitue une nouvelle étape dans la structuration de l’enseignement supérieur à Mayotte. L’ouverture du BUT GACO représente la première concrétisation du développement des formations technologiques universitaires et préfigure la création du futur Institut universitaire de technologie (IUT) de Mayotte, dont l’ouverture est envisagée à l’horizon 2029.

L’Atelier May’Thom : une nouvelle pâtisserie artisanale intègre le paysage urbain de Petite-Terre

L’Atelier May’Thom : une nouvelle pâtisserie artisanale intègre le paysage urbain de Petite-Terre
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Les nouveaux entrepreneurs relèvent les défis de l’après-Chido avec sérénité. L’Atelier May’Thom est né d’une idée simple : proposer à Petite-Terre des produits artisanaux, gourmands et originaux, que l’on ne trouve pas facilement sur l’île. Du sucré au salé, il y en a pour tous les goûts : cookies, tartes, gâteaux d’anniversaire, empanadas, croque-monsieur, bagels et bien d’autres spécialités. Située le long de la route nationale, à Labattoir, cette nouvelle entreprise espère contribuer durablement au développement économique de Petite-Terre et à la diversification de son offre alimentaire. Le cofondateur, Thomas Floart, 25 ans, a décidé de lancer son projet après le cyclone Chido. Cette épreuve ne l’a pas poussé à quitter Mayotte ; bien au contraire, elle lui a permis de découvrir la solidarité des Mahorais et de s’attacher davantage à l’île. Accompagné de son associée, avec laquelle il partage la même passion, il a commencé son activité par un service de livraison avant de trouver un local. Selon lui, il existe une réelle demande en matière de restauration et de pâtisserie à Petite-Terre. Les habitants sont curieux, apprécient les nouvelles saveurs et restent attachés aux produits faits maison. Toutes les informations sont à retrouver sur les réseaux sociaux de “L’Atelier May’Thom”.

La taxe de séjour désormais gérée à l’échelle de la CADEMA

La taxe de séjour désormais gérée à l’échelle de la CADEMA
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La CADEMA change d’échelle dans la gestion de la taxe de séjour pour soutenir le développement du tourisme local. Déjà instauré par la mairie de Mamoudzou depuis 2019-2020, ce dispositif est désormais repris par l’intercommunalité depuis le 1er juillet 2026. Les recettes collectées auprès des hébergeurs sont entièrement destinées à la promotion et au financement du secteur touristique.

La taxe de séjour, déjà instaurée par la mairie de Mamoudzou depuis 2019-2020, est désormais gérée par la Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA). À la faveur d’une délibération entrée en vigueur le 1er juillet 2026, l’intercommunalité reprend le relais pour assurer la perception de cette taxe auprès des hébergeurs de son territoire.

Selon les explications de l’Office de tourisme intercommunal (OTI), la décision relève exclusivement de la CADEMA. L’OTI est chargé de la gestion de la collecte, mais les choix relatifs à la taxe sont arrêtés par l’intercommunalité.

Les recettes de la taxe de séjour sont affectées exclusivement au développement du tourisme. Une fois collectées par la CADEMA, elles sont reversées à l’Office de tourisme intercommunal afin de financer la promotion de la destination, ainsi que des actions en faveur des hébergeurs et des infrastructures touristiques.

La taxe concerne uniquement les établissements d’hébergement touristique. Les restaurants ne sont donc pas assujettis à cette contribution. Le barème appliqué reste proche de celui mis en place auparavant par la commune de Mamoudzou, avec des montants à partir de 20 centimes par nuitée selon la catégorie de l’hébergement.

La CADEMA espère percevoir entre 3 000 et 4 000 euros grâce à cette taxe. À titre de comparaison, lorsque le dispositif était géré par la mairie de Mamoudzou, les recettes s’élevaient à environ 900 à 1 000 euros, principalement grâce aux plateformes de réservation en ligne comme Airbnb et Booking, qui reversent automatiquement la taxe de séjour. L’objectif est désormais d’améliorer le recouvrement auprès de l’ensemble des hébergeurs afin de renforcer les moyens consacrés au développement du tourisme local.

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Mayotte, symbole d’un rattrapage qui n’a pas eu lieu selon le Sénat

Mayotte, symbole d’un rattrapage qui n’a pas eu lieu selon le Sénat
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Dans un rapport remis le 30 juin, la commission d’enquête du Sénat dresse un constat sévère sur les inégalités dans les Outre-mer. Mayotte y apparaît comme l’un des territoires où le “mal-développement” est le plus marqué, aggravé par les crises récentes, mais largement antérieur au cyclone Chido.

Mayotte n’a pas attendu Chido pour décrocher. C’est, en substance, ce que rappelle la commission d’enquête sénatoriale sur les inégalités systémiques dans les Outre-mer, présidée par Viviane Malet, et rapportée par Evelyne Corbière Naminzo, également sénatrice toutes deux sénatrices de La Réunion. Créée à l’initiative du groupe CRCE-Kanaky, elle a adopté son rapport le 30 juin, après cinq mois de travaux, 38 auditions plénières et plusieurs contributions écrites.

Le rapport, long de plus de 500 pages, n’a pas pour ambition d’additionner les retards territoire par territoire. Il entend montrer que les inégalités ultramarines “font système” : pauvreté, santé, école, logement, accès à l’eau, emploi ou encore foncier se renforcent mutuellement. Les sénateurs parlent d’un “cercle vicieux” de mal-développement, que les politiques de rattrapage successives n’ont pas permis de rompre.

Dans ce rapport, Mayotte est cité comme l’un des cas les plus criants. En 2023, le PIB par habitant à Mayotte s’élevait à 11.300 euros, contre 41.100 euros dans l’Hexagone. Le chômage atteignait 37 %, soit cinq fois plus qu’en France métropolitaine. Et 77 % de la population vivait sous le seuil national de pauvreté, selon les dernières données disponibles.

Chido comme révélateur

Le rapport insiste sur un point : le cyclone Chido et la tempête Dikeledi ont aggravé une situation déjà très fragile. Les dégâts sont évalués à plus de 3,4 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 500 millions d’euros de pertes d’activité économique. Seuls 16 % des logements n’ont pas été endommagés, tandis qu’un tiers auraient été détruits.

Mais pour les sénateurs, la catastrophe a surtout mis en lumière des fragilités anciennes : manque d’infrastructures, crise du logement, accès à l’eau, faiblesse du bâti scolaire, problème foncier. Le rapport rappelle ainsi qu’environ 60 % du territoire mahorais ne serait pas couvert par un titre foncier établi, ce qui freine les projets d’aménagement et de reconstruction.

Le diagnostic est particulièrement dur sur l’école. En 2025, 17,3 % des enfants de 3 à 10 ans n’étaient pas scolarisés à Mayotte. La proportion monte à 23,3 % chez les 3-5 ans. Le rapport souligne aussi que plus de la moitié des écoles seraient concernées par les rotations scolaires.

Les résultats scolaires traduisent ces difficultés. Le taux de réussite au baccalauréat était de 74,5 % à Mayotte en 2024, contre 91,2 % au niveau national. L’illettrisme touche 31,9 % des jeunes testés lors de la Journée défense et citoyenneté, contre 6 % dans l’Hexagone.

La commission appelle à faire de la jeunesse une “priorité absolue”. Elle recommande notamment de renforcer la restauration scolaire, alors que seuls 8 % des élèves mahorais du premier degré bénéficient de la prestation d’accueil et de restauration scolaire, et de développer l’enseignement bilingue, le français n’étant pas la langue maternelle de près de 90 % des élèves à Mayotte.

Le rapport pointe également une situation sanitaire alarmante. Mayotte ne compte que 10 médecins généralistes libéraux et 2 spécialistes pour 100.000 habitants, contre respectivement 82 et 82 dans l’Hexagone. L’ensemble du territoire est classé en zone d’intervention prioritaire, autrement dit en désert médical. La commission relève aussi un taux de mortalité infantile de 10,4 pour 1.000 naissances en 2023, contre 4 au niveau national.

L’accès à l’eau reste un autre symbole de cette rupture. Le rapport évoque les tours d’eau et les restrictions qui devraient se poursuivre jusqu’en 2027, malgré les projets d’Ironi Bé et d’Ourovéni. Il affirme que près de 30 % de la population n’aurait pas accès à l’eau potable.

Sur le logement, le constat est tout aussi sévère : le parc social ne représente que 5 % des résidences principales, tandis que 60 % des logements seraient indignes ou insalubres.

Au total, la commission formule 63 recommandations, pensées comme un plan d’action à mettre en œuvre dès 2027. Elle plaide notamment pour une stratégie nationale de santé outre-mer, un plan diabète, une opération d’intérêt national sur l’eau potable et l’assainissement, ainsi qu’un effort massif sur l’école, la petite enfance et l’insertion des jeunes. Pour Mayotte, l’enjeu est clairement posé : faire de la reconstruction une véritable refondation, ou laisser se prolonger un rattrapage toujours promis, jamais atteint.

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes