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“On risque nos vies pour étudier”, les lycéens du lycée Younoussa Bamana arrivés à un point de rupture

“On risque nos vies pour étudier”, les lycéens du lycée Younoussa Bamana arrivés à un point de rupture
Les lycéens sont venus en nombre manifester leur colère place de la République, ce mardi 29 septembre.

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Plus d’une trentaine de lycéens du lycée Bamana ont rejoint la mobilisation du 29 septembre pour dénoncer leurs conditions d’étude, les difficultés de transport et les problèmes de sécurité. Entre salles surchargées, chaleur, trajets interminables et inquiétudes autour des chantiers, ils disent ne plus vouloir de promesses, mais des réponses concrètes.

“On en a marre, on n’en peut plus, on souffre”. Devant les manifestants réunis place de la République à Mamoudzou, ce 29 septembre, Thérèse Lebeault, élève de première au lycée Younoussa Bamana, prend le micro pour dénoncer les conditions de travail et de vie dans et aux alentours du lycée. “Il y a des élèves qui font des crises dans les salles, il n’y a pas de lumière dans notre lycée”, raconte-t-elle, sans hésiter à donner de la voix. 

Comme les syndicats, elle dénonce avant tout des salles de classe trop chargées. “Le principal problème”, selon elle. À cela s’ajoutent le manque de chaises et surtout la chaleur, avec notamment des salles sans climatisation. 

Autour d’elle, les élèves acquiescent et crient à leur tour leur colère. Certains parlent du bruit des ventilateurs, du bruit extérieur et de la chaleur qui rendent les cours difficiles. À l’approche des examens de fin d’année, certains élèves disent perdre leur motivation. 

Ces revendications font écho à celles portées ces derniers jours par des lycéens en Île-de-France, où plusieurs dizaines d’établissements ont été perturbés ou bloqués autour de demandes portant notamment sur le manque de moyens, les classes surchargées et le manque de personnels. Le mouvement, parti de la région parisienne, a appelé à une mobilisation plus large le 29 septembre.

Se réveiller à 2 h 50 du matin pour se rendre au lycée

Mais pour les lycéens de Bamana, les difficultés ne débutent pas aux portes de l’établissement. Selon un sondage réalisé auprès d’élèves du lycée par Lina Lera, 16 ans, également élève de première, certains se lèvent entre 2h50 et 6h du matin pour prendre le bus et rejoindre le lycée. Cela dépend du village d’où ils viennent, avec notamment ceux qui viennent d’Hajangoua, parmi les plus éloignés et, selon elle, les plus discriminés.

“Je trouve ça aberrant”, estime-t-elle. Elle habite à Passamainty et se lève vers 4h du matin pour aller au lycée. Elle dit marcher ensuite pendant environ 45 minutes. “On nous dit que le Caribus est en construction mais ça prend trop de temps”, déplore-t-elle. Elle dénonce aussi le fait que “des bus destinés aux élèves soient utilisés pour le réseau urbain, c’est scandaleux”.

À la fin des cours, certains élèves expliquent que les bus repartent rapidement, alors qu’ils doivent rejoindre Mtsapéré, Vahibé ou Passamaïnty, et qu’ils ont du mal à s’adapter. Ils évoquent aussi les embouteillages, les caillassages et la peur des bagarres. “Les agents de sécurité ne restent pas assez longtemps, on sort à 16h, à 16h01 ils sont partis”, rapporte-t-elle. “On risque nos vies pour étudier. C’est pas normal !”, dénonce-t-elle.

À l’intérieur du lycée, toujours en reconstruction après Chido, les travaux sont une autre source de préoccupations. Les élèves expliquent devoir circuler à proximité des chantiers pendant les interventions, avec la crainte qu’un élément tombe ou qu’un accident survienne. La cantine est également critiquée : les lycéens évoquent une pause d’une heure et des repas qu’ils jugent trop petits.

Une atteinte à la santé mentale 

Face à cette accumulation, certains élèves parlent d’une atteinte à leur santé mentale. La fatigue des transports, les réveils très matinaux, les conditions dans les salles et les inquiétudes liées à la sécurité pèsent sur leur quotidien. Ils constatent aussi que les personnels et les enseignants se mobilisent de leur côté. “Ils en ont marre aussi et c’est normal”, résume Lina Lera. 

“Les élèves du lycée Bamana ne sont pas respectés. On ne veut pas des promesses, mais des actions”, insiste Thérèse Lebeault.

“On arrête pas de nous dire qu’on est en France, que nous sommes français, mais la situation n’évolue pas”, lance un jeune homme, sous l’acclamation de ses camarades. 

Une phrase qui prend un sens tout particulier dans un établissement scolaire, où l’Éducation nationale porte les valeurs de la République et à pour objectif que chaque jeune trouve sa place dans la société. À Bamana, le décalage entre ces principes et le quotidien des élèves semble, jour après jour, nourrir le doute et éloigner ces jeunes d’une République à laquelle on leur demande pourtant de croire.

À Mayotte, la santé se pense au-delà des frontières

À Mayotte, la santé se pense au-delà des frontières
Le 5e colloque Mayotte en santé réunit les acteurs sanitaires et sociaux pour améliorer les parcours de soins et renforcer les coopérations régionales.

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Le 5e colloque Mayotte en santé s’est ouvert ce mardi 29 septembre à la Technopole de Dembeni, réunissant professionnels de santé, chercheurs, associations et acteurs institutionnels autour d’un même enjeu : améliorer les parcours de soins en tenant compte des réalités sociales, sanitaires et géographiques du territoire.

« Aux lisières du soin, des droits et des parcours » : le thème de cette nouvelle édition souligne les difficultés rencontrées par les patients à Mayotte, mais aussi la nécessité de mieux relier les acteurs et les dispositifs. Accès aux soins, santé sexuelle, maladies infectieuses, périnatalité, addictions, violences ou encore santé en détention figurent parmi les sujets abordés.

Pour Jean-Pierre Couteron, président d’Oppelia, ce rendez-vous constitue désormais un espace de dialogue important entre les territoires. Il rappelle que les travaux réalisés à Mayotte doivent être davantage valorisés et que les patients ne peuvent pas être réduits à leur pathologie.

Une expertise produite à Mayotte

Jean-Michel Beaumarchais, directeur du Centre hospitalier de Mayotte, insiste sur la responsabilité collective portée par ce colloque. Selon lui, l’objectif est de mieux comprendre les besoins de la population et de prendre en compte les réalités locales dans les réponses de santé publique. « Une frontière épidémiologique n’est pas une frontière administrative », rappelle-t-il. Les mobilités dans l’océan Indien et la circulation des maladies imposent, selon lui, de penser Mayotte dans son environnement régional. Le territoire ne doit pas seulement recevoir des connaissances produites ailleurs : il doit aussi être reconnu comme un espace qui produit de l’expertise. Cette approche s’illustre notamment dans le domaine des maladies infectieuses.

“Une frontière épidémiologique n’est pas une frontière administrative”

Relier le sanitaire et le social

Le colloque entend également rapprocher les approches médicales, sociales et institutionnelles. Étienne Billot, directeur général de l’ARS de Mayotte, met en avant la nécessité de faire dialoguer plusieurs disciplines et de réunir chercheurs, professionnels de santé, associations et acteurs de proximité.

Cette coopération doit permettre de mieux répondre aux situations qui se trouvent « aux lisières » des dispositifs habituels. À Mayotte, l’accès à un diagnostic ou à un traitement ne suffit pas toujours à garantir un parcours de soins continu. Le dépistage, l’accompagnement social, la prévention et la possibilité de rester en lien avec les professionnels sont également déterminants. Le Département-Région de Mayotte est lui aussi associé à cette dynamique.  Zouhourya Mouayad Ben 4e vice-présidente chargée des Sports, Culture et Jeunesse, a notamment évoqué les enjeux liés à la santé sexuelle et la mise en place d’un centre de santé sexuelle à Koungou.

Une ouverture régionale et scientifique

Président d’honneur du colloque, le Pr Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, souligne l’évolution de l’événement depuis ses débuts. Né autour de la santé sexuelle, le rendez-vous s’est progressivement élargi aux enjeux sanitaires des Outre-mer, de l’océan Indien et de l’Hexagone. Des professionnels venus de La Réunion, de Maurice, des Comores, de Madagascar, de Guyane, des Antilles, de Polynésie française, d’Afrique et d’autres territoires participent à cette dynamique. Médecins, chercheurs, épidémiologistes, sociologues, anthropologues, médiateurs en santé et représentants associatifs y confrontent leurs expériences.

L’édition 2026 aborde notamment l’accès aux soins et aux droits, les migrations, les violences, la périnatalité, la toxicovigilance, les urgences et les réponses communautaires. À Mayotte, les fragilités du système de santé constituent ainsi des défis, mais aussi des points de départ pour inventer des réponses adaptées aux parcours des patients et aux réalités du territoire.

Le SDIS renforce ses moyens face aux feux de végétation avec un hélicoptère bombardier d’eau

Le SDIS renforce ses moyens face aux feux de végétation avec un hélicoptère bombardier d’eau

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Afin de lutter contre les feux de végétation et de faire face aux enjeux liés aux incendies, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Mayotte renforce ses moyens d’intervention. Ce mardi 29 septembre, le SDIS de Mayotte a investi dans un hélicoptère bombardier d’eau afin d’améliorer sa capacité à intervenir rapidement sur l’ensemble du territoire et de renforcer la sécurité de la population face aux feux de forêt. Quelles sont les capacités de ce nouvel hélicoptère ? Quelles seront ses missions ? Voici ce qu’il faut savoir.

De nombreuses personnalités politiques ont répondu présent à l’occasion de l’inauguration du nouvel hélicoptère bombardier d’eau. Parmi elles figuraient Frédéric Poisot, préfet de Mayotte et délégué du Gouvernement, ainsi que Maymounati Moussa Ahamadi, représentant le président du conseil d’administration du SDIS de Mayotte.  Plusieurs maires des communes du territoire étaient également présents, notamment ceux de Kani-Kéli, de Pamandzi et d’Ouangani, récemment touchée par un important incendie de forêt.

À savoir que le projet a été soutenu par le colonel Vince et particulièrement financé par Abdoul Kamardine, président du conseil d’administration du SDIS. Un investissement jugé essentiel, voire indispensable pour le territoire, d’autant plus que les autres territoires  disposent déjà d’ un hélicoptères bombardiers d’eau pour  lutter au mieux contre les incendies de forêt : “ Nous, on n’en avait aucun, alors que nous avons des feux de végétation, ainsi que des cultures sur brûlis, pourtant interdites, mais qui continuent  de se pratiquer et qui, aujourd’hui, attaquent largement notre faune et notre flore et risquent d’abîmer davantage le peu qui nous reste sur ce territoire ” ,  déplore Maymounati Moussa Ahamadi, représentant le président du conseil d’administration du SDIS de Mayotte.

L’objectif serait de protéger l’environnement mahorais, d’autant que le cyclone Shiloh a ravagé une partie de la végétation présente sur le territoire. La présence de cet outil permettra ainsi de mieux préserver et de protéger les espaces naturels encore existants.

La capacité de l’hélicoptère

L’hélicoptère peut embarquer jusqu’à 800 litres d’eau et intervenir rapidement grâce à sa vitesse, permettant ainsi de lutter plus efficacement contre les incendies. Il peut également emporter près de 400 litres de kérosène : “ Ça consomme environ 200 litres à l’heure. Donc, on fait le calcul, ça fait deux heures d’autonomie ”, assure un représentant d’Hélilagon.

D’ailleurs, ce nouvel engin peut accueillir jusqu’à six passagers dans le cadre touristique. Pour les interventions professionnelles, il peut transporter jusqu’à deux passagers tout en permettant le stockage de matériel. Le financement de ce projet s’élève à un peu plus de 320 000 euros. Il a été pris en charge par le Département, avec le soutien de la préfecture de Mayotte et, notamment, de l’État.

Les missions de l’hélicoptère

L’hélicoptère n’a pas été acheté, mais fait l’objet d’un investissement sous forme de location : “ On est dans le principe de la location, parce qu’un hélicoptère de type EC-135 ou EC-145, comme ceux que l’on peut connaître dans d’autres départements, représente un coût très important. Des réflexions sont néanmoins en cours. Je n’ai pas encore de piste complète sur le plan aéronautique, mais nous y réfléchissons ”, souligne le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot.

Les principales missions de l’hélicoptère seront d’abord consacrées à la lutte contre les feux de végétation, un objectif déjà opérationnel puisque l’appareil est en location jusqu’au mois de décembre. D’ailleurs, il est fonctionnel depuis le mois d’août et a pu combattre les feux de forêt qui avaient touché la commune de Ouangani.

À partir de l’année prochaine, l’idée serait d’élargir ses missions, notamment en permettant le transport de personnels vers des zones difficiles d’accès afin de lutter contre les feux de forêt. L’hélicoptère pourrait également être mobilisé pour des opérations de sauvetage aquatique.

Selon le préfet de Mayotte, des sanctions seront mises en place à l’encontre des personnes qui pratiquent la culture sur brûlis. À l’heure actuelle, des investigations sont menées par les forces de gendarmerie à Chiconi et à Ouangani afin d’identifier les auteurs présumés à l’origine des incendies de forêt survenus dans ces deux communes.

CHM et aéroport Marcel-Henry : les alertes se multiplient sur les conditions de travail

CHM et aéroport Marcel-Henry : les alertes se multiplient sur les conditions de travail

Les tensions sociales se poursuivent dans plusieurs établissements majeurs de Mayotte. Au Centre hospitalier de Mayotte (CHM), le syndicat Sud Santé Sociaux a déposé un nouveau préavis de grève, couvrant la période du 12 au 20 octobre 2026, quelques semaines après la mobilisation des brancardiers et ambulanciers. Dans le même temps, l’intersyndicale de l’aéroport Marcel-Henry remet en cause les conditions de travail sur la plateforme et envisage à son tour de nouvelles actions.

Au CHM, les revendications portent notamment sur l’organisation des plannings et l’équité entre les agents, mais aussi sur les effectifs. Sud Santé Sociaux demande des renforts dans certains secteurs, notamment à Mramadoudou, ainsi que pour les équipes d’interprètes. Le syndicat réclame également le paiement de l’ensemble des heures supplémentaires réalisées et une revalorisation des primes à 2 200 euros pour tous les agents.

Le syndicat souhaite par ailleurs qu’un audit sur l’organisation des services soit réalisé et dénonce le recours au glissement de tâches, qu’il estime susceptible d’affecter les conditions de travail et la prise en charge des patients. Il met également en avant des difficultés concernant l’exercice du mandat des représentants du personnel. Parmi les demandes formulées figure enfin une clarification de certaines situations hiérarchiques au sein des services, au regard des règles encadrant les conflits d’intérêts.

À l’aéroport Marcel-Henry, l’intersyndicale estime de son côté que plusieurs problèmes soulevés lors du mouvement social de juin 2026 n’ont pas été réglés malgré l’accord conclu avec la direction. Les organisations syndicales pointent notamment des difficultés liées à la climatisation dans certaines zones, à l’état des sanitaires, à la restauration ainsi qu’aux conditions générales d’accueil sur la plateforme. Elles demandent également davantage de transparence de la direction concernant une éventuelle évolution de la gouvernance de l’aéroport.

Les représentants du personnel font aussi état de plusieurs remontées de salariés concernant des pressions ou des décisions professionnelles contestées depuis la fin du mouvement de juin. Une réunion avec les salariés doit se tenir en fin de semaine afin de déterminer les suites à donner à cette situation. L’intersyndicale n’écarte pas l’hypothèse d’un nouveau mouvement social, tandis qu’au CHM, le préavis de Sud Santé Sociaux doit débuter le 12 octobre.

Après cinq semaines de perturbations, le conflit reste donc ouvert, avec un enjeu désormais très concret : parvenir à faire revenir les élèves en classe tout en apportant des réponses formalisées aux revendications portant sur les effectifs et les conditions d’accueil du lycée

Inflation : les prix augmentent de 2 % sur un an à Mayotte

Inflation : les prix augmentent de 2 % sur un an à Mayotte

Après une baisse en juillet, les prix à la consommation sont repartis à la hausse en août à Mayotte. Ils augmentent de 0,4 % sur un mois et de 2 % sur un an, selon les derniers chiffres de l’Insee. L’inflation reste toutefois inférieure à celle observée au niveau national, qui atteint 2,4 %.

La hausse se ressent notamment dans les transports : les tarifs des services de transport progressent de 3,9 % sur un mois, tirés par le transport aérien, en hausse de 8,2 %. L’énergie augmente également de 0,9 %, avec une hausse de 3,9 % du prix de l’électricité. Dans le même temps, les produits pétroliers reculent de 0,6 % et la bouteille de gaz baisse de 2,50 euros.

Côté alimentation, les prix diminuent légèrement de 0,2 %, principalement grâce au recul de 1,7 % des produits frais. Sur un an en revanche, l’énergie reste de loin le poste le plus inflationniste à Mayotte, avec une hausse de 11,8 %, dont 17,2 % pour les produits pétroliers.

Mtsangadoua : des parents d’élèves appellent à la réouverture du lycée

Mtsangadoua : des parents d’élèves appellent à la réouverture du lycée

 » Que les portes du LPO de Mtsangadoua s’ouvrent, que les enseignants retrouvent leurs élèves, que les élèves retrouvent leurs classes et que le dialogue continue « . L’APECSN et la FCPE Mayotte appellent à une sortie de crise au lycée polyvalent de Mtsangadoua, où la mobilisation dure depuis plusieurs semaines sur fond de conditions d’accueil difficiles, de manque de moyens et de sureffectifs. Dans une tribune datée du 27 septembre, les représentants de parents reconnaissent la  » légitimité  » des revendications, mais demandent que les négociations se poursuivent parallèlement à la reprise des cours.

Ils réclament au rectorat des engagements formalisés ainsi qu’un calendrier  » précis et vérifiable  » pour les demandes restant à satisfaire.  » Une revendication peut encore être négociée demain. Une journée d’école perdue aujourd’hui ne reviendra jamais tout à fait « , concluent-ils, en appelant à la réouverture de l’établissement et à la poursuite du dialogue.

Abattoir de Kahani : dans les coulisses d’une certification halal

À Kahani, le Grand Cadi renouvelle la certification halal de Mon Pouleti
Saïd Ali Mondroha, chargé d’études et de recherche, contrôle les produits au cours de la visite.

De l’arrivée des volailles jusqu’à leur conservation, le processus de production de Mon Pouleti a été passé en revue, ce lundi 28 septembre, par une délégation du Grand Cadi de Mayotte. Une visite organisée à l’usine de Kahani à l’occasion du renouvellement de la certification halal de l’entreprise, qui peut abattre jusqu’à 6 500 poulets par journée de production.

Sur la chaîne d’abattage, chaque étape compte pour obtenir la certification halal. Ce lundi matin, une délégation du Grand Cadi de Mayotte est venue vérifier sur place les pratiques de l’Abattoir de Volailles de Mayotte (AVM), qui commercialise ses produits sous la marque Mon Pouleti.

« Le Grand Cadi est l’autorité religieuse. Il doit garantir que ce qui est fabriqué chez Mon Pouleti répond à la conformité et à la jurisprudence pour pouvoir certifier que c’est halal selon les préceptes de l’islam », explique sa délégation, qui comprenait notamment le Grand Cadi adjoint Mohamed Abdallah et le chargé d’études et de recherche Saïd Ali Mondroha.

Les représentants du cadial ont observé l’ensemble de la chaîne, depuis l’arrivée des volailles jusqu’à leur stockage. Parmi les principaux critères examinés figurent la formule prononcée au moment de l’abattage, « Bismillah, Allahu Akbar », la propreté des installations, le bien-être des animaux mais également les conditions de conservation.

La saignée reste toutefois « le poste clé » de la certification halal. Trois opérateurs musulmans et pratiquants sont habilités à assurer cette fonction. L’orientation vers la qibla fait également partie des éléments observés.

Avant d’être saignées, les volailles passent par un bac d’électronarcose, rempli d’eau traversée par un courant électrique, qui les rend inconscientes sans les tuer. « Les poulets sont étourdis, mais pas morts, et ensuite ils vont être saignés », explique Amélie Tassin, responsable Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement (QHSE) du groupe Agromea, auquel appartient AVM.

Le bon fonctionnement du dispositif est contrôlé quotidiennement. Une lumière bleue et plusieurs aménagements de la chaîne visent également à limiter son stress. À l’accrochage, par exemple, une plaque permet aux volailles de prendre appui lorsqu’elles sont suspendues par les pattes.

« Il y a toute la partie bien-être animal : pas de brusquerie envers les animaux et le fait qu’ils arrivent le moins stressés possible », précise la responsable QHSE.

Sur certains aspects, les exigences religieuses rejoignent celles déjà imposées à l’abattoir par la réglementation sanitaire européenne, notamment en matière de propreté et de bien-être animal. « On est à Mayotte, certes, mais on est en France », rappelle la responsable QHSE.

La certification s’intéresse également à ce qui se passe une fois l’animal abattu. « Ce n’est pas seulement au niveau de l’égorgement. Il ne faut pas non plus que le produit soit mal conservé », insiste la délégation, qui assure avoir constaté « que tout est très propre, très bien organisé ». Un rappel également adressé aux magasins qui commercialisent les produits : les conditions de conservation participent elles aussi au respect des exigences religieuses.

La délégation du Grand Cadi assure vouloir revenir sur le site et mettre en place des échanges réguliers avec les salariés occupant les postes les plus sensibles. Le suivi concerne notamment les opérateurs chargés de la saignée, qui récitent la formule rituelle pour chaque volaille abattue.

Une rencontre spécifique avec eux est ainsi envisagée, avec un volet de formation et de rappel des règles. « On était déjà venus, on est là et on reviendra », assure la délégation. « Ce sont des êtres humains, on se rappelle parfois : le rappel profite à ceux qui croient », ajoute-t-elle.

Une certification locale pour une production en croissance

Pour Mon Pouleti, ce renouvellement doit aussi rassurer les consommateurs mahorais. « On est à Mayotte, en terre musulmane, et je pense que les Mahorais ont à cœur de consommer de la viande halal », souligne Amélie Tassin.

La responsable avait étudié la possibilité de recourir à une certification délivrée par la Grande Mosquée de Paris, avant de privilégier celle du Grand Cadi de Mayotte. « Ici, le Grand Cadi a toute sa place et toute sa reconnaissance dans la société », estime-t-elle.

Cette certification accompagne une activité qui s’est fortement développée depuis l’ouverture de l’usine de Kahani. Avant 2021, AVM réalisait ses abattages à l’atelier agroalimentaire de Coconi, avec une équipe de cinq personnes et une production essentiellement composée de poulets entiers.

Le site de Kahani a démarré son activité en mars 2021 avec environ 1 600 volailles abattues par journée de production. Il peut désormais atteindre 6 500 poulets, plafond autorisé par l’installation, avec deux à trois journées d’abattage par semaine.

La gamme s’est elle aussi étoffée. Aux poulets entiers puis aux découpes se sont ajoutés, depuis la fin de l’année 2024, des produits de charcuterie à base de volaille, notamment des saucisses, des merguez et du jambon de poulet.

Pour l’entreprise, l’enjeu est désormais de poursuivre ce développement tout en maintenant la confiance autour de sa production halal.

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Nouvel aéroport de Bouyouni : si controversé et pourtant si vite adopté, comme une lettre à la poste

Nouvel aéroport de Bouyouni : si controversé et pourtant si vite adopté, comme une lettre à la poste
* image d'illustration améliorée par ia

La fameuse piste longue de Bouyouni a de nouveau été remise au goût du jour lors des travaux de l’Assemblée de Mayotte, vendredi matin 25 septembre 2026. Seules deux voix se sont opposées à la volonté de Ben Issa Ousséni de donner suite à la demande de la DGAC de faire main basse sur les rares terres agricoles encore disponibles sur l’île, quitte à y provoquer une catastrophe écologique et hydraulique sans précédent pour un territoire qui souffre déjà cruellement d’un manque chronique d’eau. La DGAC serait si pressée de réaliser son dessein qu’elle procéderait déjà, selon certains élus mahorais, à la dépossession de certains occupants de Bouyouni de leurs terrains.

Lorsque la Refondation post-Chido, tant vantée à Paris qu’à Mamoudzou depuis juillet 2025, bat de l’aile, les masques tombent tout à coup et le projet de piste longue dans la forêt primaire classée de Bouyouni devient un véritable tonneau des Danaïdes. Le seul à y croire dur comme fer semble être le président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousséni, lequel donne le sentiment de faire peu de cas des conséquences néfastes de ce projet sur l’environnement, le climat et la vie quotidienne des Mahorais à moyen terme.

En effet, celui-ci, qui n’est pas à une controverse près au détriment des intérêts supérieurs et légitimes des Mahoraises et des Mahorais, a fait un pas de plus dans son alignement à toute épreuve sur le gouvernement Lecornu. Envers et contre une volonté populaire massivement exprimée contre ce projet, particulièrement consommateur de foncier agricole et susceptible d’affecter les réservoirs hydrauliques, il a fait voter, vendredi matin 25 septembre 2026, un texte ayant pour objectif affiché de priver autant de Mahorais que possible de terres héritées de plusieurs générations de leurs familles.

On est en droit de se demander si le premier des citoyens de ce territoire mesure concrètement la portée de ses actes lorsqu’il passe ainsi en force au sein de l’assemblée qu’il préside, faisant peu de cas des attentes véritables de la population et de ses intérêts premiers.

Nul n’a oublié le débat passionné généré par cette affaire de piste longue à Bouyouni lorsque, contre toute attente, Emmanuel Macron a fait volte-face en 2025 et annoncé qu’il revenait sur sa décision de faire aboutir le projet de piste longue à Pamandzi. On se rappelle que c’est ce même Emmanuel Macron, alors en campagne pour son second mandat présidentiel, qui avait expliqué aux habitants du 101e département français que le temps des études de faisabilité interminables était révolu et qu’il fallait passer aux choses sérieuses.

« La seule chose que cet homme a enseignée aux habitants de cet archipel éloigné de 10 000 kilomètres de Paris, c’est que sa parole ne vaut rien devant une population de 350 000 habitants, lesquels ont eu le malheur d’avoir choisi de donner leur suffrage à son opposante Marine Le Pen. Certains dans son camp tenteront de nier cette réalité, mais malheureusement pour eux, les faits sont têtus et le peuple ne sait faire, dans ce genre de cas, qu’une lecture au premier degré », fait remarquer Sidi Ahmed Mohamed, rencontré dans un supermarché du chef-lieu de Mayotte, une heure seulement après le vote de ce texte.

Un texte qui a la particularité d’avoir été adopté par l’ensemble des conseillers départementaux de l’île, à l’exception de deux voix seulement, dont celle d’Hélène Pollezec, élue du canton de Mamoudzou 1, qui s’est longuement expliquée sur le sens de son vote négatif.

« Franchement, les Mahorais en sont arrivés à se demander si les commandes du navire Assemblée de Mayotte sont tenues par un natif de cette île », commente Doulkif Haradali, employé d’une collectivité locale mahoraise, rencontré le même vendredi sur le parvis de l’Agence d’attractivité et de développement touristique de Mayotte (ADTM), qui jouxte la place de la République et l’esplanade du grand marché.

Lui a une explication singulière sur le sens de ce vote quasi unanime des conseillers départementaux concernant ce texte introduit par Ben Issa Ousséni à la demande de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Un citoyen qui fustige le comportement anesthésié des élus mahorais devant les services de l’État

« Ce vote démontre qu’ils ont vendu notre île à des forces économiques extérieures et qu’ils n’ont rien à faire de nous, les citoyens. Tout le monde a compris que le gouvernement actuel ne mettra pas un seul kopeck dans ce projet, parce qu’il ne se fera pas, mais que notre président pense se faire bien voir de ses protecteurs au sein du gouvernement en contribuant largement à déposséder les habitants de son canton et les agriculteurs du nord de leurs terres. Ce que nous ne devons pas avoir peur de lui demander, c’est qu’il nous dise ouvertement et sans détour : à qui profite ce crime moral et financier contre sa propre communauté ? »

Il est évident que ce citoyen a bien suivi le cours des débats lors de cette session plénière de l’assemblée départementale, vendredi matin.

Conscient que son opinion a suscité un certain intérêt parmi les personnes présentes sur les lieux, ledit citoyen s’est voulu pédagogue et a expliqué que, selon lui, ce projet est une chimère destinée à opposer les Mahorais durant les six prochaines années qui nous séparent de la fin du pouvoir macronien.

« Le plus inquiétant pour ce territoire, c’est que tous ces élus et leur entourage, qui se prévalent d’avoir bac + 20, semblent se prendre très au sérieux dans le naufrage programmé du navire Mayotte par des gouvernements à Paris pressés de mettre ce territoire et son économie à terre ! »

Il en veut pour preuve les rassemblements récurrents menés par des élus et des natifs des territoires ultramarins des Antilles et de Guyane, qui battraient régulièrement le pavé à Paris pour dénoncer une attitude similaire sur leurs territoires respectifs.

Faut-il donner du crédit à cette prise de position ou la jeter dans la corbeille des innombrables idées complotistes colportées en pagaille sur les réseaux sociaux ?

Quoi qu’il en soit, son expression est loin d’être un cas isolé sur le territoire, où plus personne n’accorde vraiment de crédit à l’idée d’un projet de Refondation post-Chido de Mayotte que prétend mettre en œuvre le gouvernement actuel de la nation ou ses représentants sur le sol mahorais.

Pour notre citoyen au langage franc et direct, les plus à plaindre dans cette programmation ne sont autres que les élus locaux de tous bords, « qui sont tétanisés dès que le bon sens voudrait qu’ils tiennent tête aux ministres et technocrates parisiens ».

Le salut de Mayotte et de sa nature si précieuse pourrait venir de la société civile dans l’Hexagone

À ses yeux, tous ces dysfonctionnements servis couramment à la population de Mayotte sont la conséquence réelle de la loi de juillet 2025 sur la Refondation de l’île, qui n’avait pas lieu d’être pour répondre aux urgences matérielles consécutives à la dévastation générale causée par le cyclone Chido.

« Il suffit de constater que, deux ans plus tard, le triste sort des Mahorais reste intact et qu’ils ne constitueront jamais une priorité pour ce gouvernement en place. »

Il se demande quel objectif est recherché dans une déstabilisation de la société et de l’économie mahoraise par ceux-là mêmes qui sont supposés aider l’île à se relever d’une multitude de crises sociales et économiques qui marquent le territoire depuis une vingtaine d’années.

Une interrogation qu’il estime devoir être générale dans l’esprit de chaque habitant du département-région, au regard de l’empressement des services de la DGAC à exproprier un maximum de propriétaires fonciers dans le périmètre choisi de Bouyouni, « comme si le pouvoir actuel cherchait à s’assurer de réussir son coup au plus vite avant la chute du gouvernement dans six mois », complète-t-il dans ses interrogations.

Bien loin de l’idée reçue par un grand nombre de personnes, ce vote de l’Assemblée de Mayotte est loin d’avoir sonné la récréation sur ce dossier de la piste de Bouyouni. Bien au contraire, tout ne fait que commencer.

En métropole, tout un système se mettrait en place dans l’ombre pour pallier le manque de réactivité évident sur l’archipel. Comme dans le cas en cours de l’usine de dessalement d’eau de mer d’Ironi Bé, dont les travaux sont actuellement interrompus sur saisine de la justice administrative par des associations métropolitaines, des parlementaires de gauche et de droite, des écologistes de tous poils et des militants associatifs défenseurs de l’environnement se prépareraient à monter au créneau devant des juridictions spécialisées pour tenter de faire échouer ce projet, présenté comme purement électoraliste par ses détracteurs, si cher au président Ben Issa Ousséni et si dommageable à la nature mahoraise.

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Jacqueline Guez : “Mon but est de faire grandir Wassi Media, d’en faire un média de référence digital”

Jacqueline Guez : “Mon but est de faire grandir Wassi Media, d’en faire un média de référence digital”
Productrice, scénariste et réalisatrice mahoraise, Jacqueline Guez œuvre depuis plusieurs années dans l’audiovisuel à Mayotte. Après plusieurs années consacrées à la production audiovisuelle, elle lance aujourd’hui Wassi Media, un nouveau média numérique pensé notamment pour la jeunesse mahoraise.

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À l’occasion du lancement de WASSI MEDIA, nouveau média numérique consacré aux contenus mahorais, Jacqueline Djoumoi-Guez revient sur la genèse du projet, ses ambitions et la place qu’elle souhaite donner à la jeunesse dans cette nouvelle plateforme. Elle évoque également les programmes proposés et le modèle économique de ce média 100 % numérique. 

Flash Infos : Vous venez de lancer la création de votre média, avec quoi peut-on vous souhaiter ?

Jacqueline Djoumoi-Guez : Que ce média trouve son public ! Je suis convaincue qu’il faut ouvrir des portes, il faut commencer quelque chose. On commence modestement. On sait que c’est différent. Wassi Media, c’est un site Internet avec une application qui arrive dans quelques jours. Dans l’outil lui-même, il est différent. On espère que les gens vont suivre ce mouvement, comprendre nos intentions. Il faut soutenir ce média car il a vocation à apporter un autre regard. Être un nouveau média n’est jamais anodin. J’espère aussi qu’une fois le public trouvé, il trouvera ses annonceurs. Nous sommes une plateforme gratuite. Nous avons donc besoin d’annonceurs qui soutiennent le mouvement. Notre cible a un pouvoir d’achat, qui a la possibilité d’acheter. Nous avons aussi la possibilité de déterminer le profil de notre audience. Ça change l’approche de vendre la publicité à Mayotte, avec, pour une fois, la possibilité de faire un retour précis. 

F.I. : Quelle est la promesse que vous faites à ce public mahorais ? Quels programmes pourrons-nous retrouver sur votre plateforme ?

J.G. : Je promets un autre regard sur la jeunesse. C’est aussi apporter avec un regard qui est différent. Je le fais sur une plateforme qui leur est accessible gratuitement. Nous avons des talk-shows sur des sujets de société, « On en parle », avec Malika. On a « Itinéraire bis », une émission qui met en avant le parcours, qui met en avant le parcours de gens, car j’ai un message : « Rien n’est perdu d’avance. » On n’est pas obligé d’avoir un chemin linéaire. On peut avoir une, deux, voire quinze vies. Commencer éboueur, finir responsable. Commencer médecin et finir chanteur. Personne n’est limité par le chemin qu’il a en face de lui. Pop-corn et pyjama est un programme de divertissement pur, avec une animatrice qui apporte une analyse solide. Le but est d’apporter des réflexions et d’apporter de la matière à réfléchir. Nous avons une Série médicale « Quoi de neuf, doc ? ». À contre-courant de ce qui se fait jusqu’ici. Fais le pari que la jeunesse n’a pas le temps. Il faut que l’information passe vite. Fait le pari de faire une information importante, quelle qu’elle soit, en deux minutes. Et enfin, une série « Tchia poutou » (= mets du piment, en shimaore, NDLR). On fait le pari de 1 h 30 avec un artiste. À la fin du visionnage, on puisse en apprendre davantage sur l’artiste, son univers, ses problématiques. Pendant une heure trente, on évoque entièrement son parcours, ses difficultés, doutes, espoirs, limites et freins. C’est décomplexé, drôle, émouvant.

F.I. : Quelles ambitions avez-vous pour ce média ? Est-ce que vous souhaitez être diffusé à la télévision un jour ?

J.G. : Wassi Media n’est pas un essai avant la télévision. Je constate que 80 % de nos interactions se font par téléphone. Je constate que les jeunes sont connectés, que tous les jeunes ont un téléphone à la main, avec un réseau Internet. Mon but est de faire grandir Wassi Media, d’en faire un média de référence digital. Mais évidemment, tout le monde peut s’y reconnaître et apprécier les programmes. Les parents pourront retrouver du programme éducatif pour leurs enfants.

Flash Infos : Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce projet ? Comment est-il né ?

J.G. : J’ai commencé cette réflexion il y a déjà 4 ans. Entre-temps, il y a eu Chido, ce qui a un peu cassé cet élan. Mais ça fait donc dix ans que je suis dans la production audiovisuelle à Mayotte. J’ai produit des documentaires, des séries de fiction, des reportages, de la pub. J’ai eu le temps d’apprendre et d’observer la manière dont les programmes sont consommés à Mayotte. Très peu de médias s’adressent spécifiquement aux jeunes. Il existe peu de programmations destinées à une cible entre 13 et 35 ans et la met en avant par la même occasion. En créant Wassi Media, je m’entoure de la tranche d’âge visée. L’écriture de nos émissions suit aussi cette tranche d’âge. Dans notre air du temps, on parle français, kibushi, shimaore dans la même phrase et c’est OK. J’essaye d’expliquer un regard nouveau sur la jeunesse de Mayotte, celle dont on ne parle jamais. On parle des problèmes, mais on ne parle pas de ceux qui, tous les matins, entreprennent, qui enseignent, qui soignent, qui produisent, créent de l’art visuel. Mon but est de montrer Mayotte vue et portée par elle.

Un village dédié à la santé sexuelle et reproductive

Un village dédié à la santé sexuelle et reproductive

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Ce samedi 26 septembre, un village santé sexuelle et reproductive s’est tenu de 8h30 à 13h, avec la mobilisation de plusieurs partenaires engagés dans la prévention en matière de santé. La Croix-Rouge, Santé Sud, Profession Sport et Loisirs, la Protection maternelle et infantile (PMI), le Centre hospitalier de Mayotte ainsi qu’EndoMayotte ont participé à cette journée de sensibilisation. L’objectif de ce rendez-vous était d’informer et de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux liés à la santé et aux infections sexuellement transmissibles.

À travers les échanges avec les professionnels et les différents stands d’information, parents, enfants et l’ensemble des habitants de la commune de Pamandzi ont pu obtenir des conseils, poser leurs questions et mieux s’informer sur les moyens de se protéger, de préserver leur santé et d’adopter des comportements de prévention.

Parmi les stands présents lors de ce village santé sexuelle et reproductive, Répéma Mayotte était particulièrement mobilisé autour de la question de la contraception. L’association œuvre dans la coordination de la périnatalité à Mayotte. Elle mène notamment des actions de formation, de prévention et de communication autour de la périnatalité au sens large. La contraception constitue ainsi l’une des thématiques abordées régulièrement dans le cadre de ses missions.

Par sa présence sur ce village santé, Répéma Mayotte souhaitait notamment favoriser l’information et les échanges avec le public sur les différents moyens de contraception, leur accès et les choix possibles, tout en montrant comment bien les appliqués : “ La contraception, c’est l’affaire de tous. La contraception, c’est un droit, c’est un choix que la femme peut faire ”, souligne un représentant de l’association Répéma Mayotte.

Une manière de rappeler l’importance de l’information et de l’accompagnement dans les choix liés à la contraception et à la santé reproductive.

Sensibiliser la jeune génération aux enjeux de la santé sexuelle

En cette journée de sensibilisation et de mobilisation, Nicaise Saandi, adjoint au maire chargé de la jeunesse, du sport, de la vie associative et de la communication, était également présent pour représenter et sensibiliser la jeune génération.

Pour lui, les questions liées à la contraception, à la sexualité et à la prévention des infections sexuellement transmissibles restent encore difficiles à aborder pour de nombreux jeunes. La peur du jugement ou la gêne peuvent notamment les empêcher de se tourner vers les professionnels. Sa présence avait donc également pour objectif d’encourager les jeunes à franchir le pas et à échanger sans honte : “ Moi, c’était aussi inciter les autres à faire de même, à venir et à ne pas avoir honte, et à briser ce tabou. Parce que beaucoup de jeunes ignorent plein de choses, ne connaissent pas forcément certaines pratiques, comment faire, et ont honte d’aller vers les spécialistes ”, souligne-t-il

Une initiative qui constitue un pas important pour mieux protéger les jeunes contre les infections sexuellement transmissibles.

Le consentement au cœur des échanges

Du côté de la Protection maternelle et infantile (PMI), la question du consentement figurait parmi les sujets importants abordés lors de cette journée de sensibilisation.

À savoir que la Protection maternelle et infantile (PMI) accompagne les femmes avant, pendant et après la grossesse, ainsi que les enfants de 0 à 6 ans, notamment en matière de prévention et de suivi de leur santé. Ses équipes interviennent également dans les établissements scolaires, notamment auprès des enfants en maternelle, afin de les sensibiliser au respect de leur corps et à la prévention des violences sexuelles : “ Nous intervenons pour parler de sexualité, mais surtout du corps et du respect du corps. Nous faisons également de la prévention autour de l’inceste et des violences sexuelles, parce qu’on en parle beaucoup, mais peut-être pas encore assez. Tant qu’on n’aura pas suffisamment travaillé sur la question du respect du corps et du consentement, il sera difficile d’avancer. Le consentement, ça se travaille dès le plus jeune âge”, explique Malika Bouti, conseillère conjugale et familiale à la PMI de l’Abattoir.

Le consentement est un sujet qui mérite d’être davantage abordé, expliqué et transmis, afin de mieux sensibiliser chacun à l’importance du respect de soi et des autres. Cette mobilisation collective rappelle l’importance de l’information, de la prévention et de l’accès aux soins pour permettre à chacun de prendre soin de sa santé sexuelle.

Après les violences au stade de Sada, les condamnations se multiplient

Après les violences au stade de Sada, les condamnations se multiplient

Les réactions se poursuivent après les violences survenues samedi 26 septembre au stade de Sada, lors de la demi-finale régionale de la Coupe de France entre l’AS Sada et Bandrélé FC. La rencontre a été définitivement interrompue après des incidents dans les tribunes, alors que les deux équipes étaient revenues à égalité, 2-2.

Dimanche 27 septembre, la commune de Sada a condamné « fermement » les violences, évoquant « des affrontements et des jets de projectiles », ainsi que plusieurs personnes touchées ou bousculées dans des mouvements de panique. Elle annonce le dépôt d’une plainte afin que les circonstances des faits soient éclaircies et les responsabilités établies.

Le même jour, la Fédération française de football a condamné « avec la plus grande fermeté » les violences et jets de projectiles ayant conduit à l’interruption de la rencontre, jugés « inacceptables et totalement contraires aux valeurs du football ». La FFF précise que les instances compétentes sont saisies pour examiner les faits conformément aux règlements.

Ce lundi 28 septembre, l’AS Sada a à son tour réagi. Le club indique que plusieurs personnes ont été blessées, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des personnes âgées. Il appelle « au calme, à l’apaisement et à la responsabilité » et rappelle que « le football doit rester une fête et un moment de rassemblement ».

La CAGNM participe au congrès de l’Union sociale pour l’habitat

La CAGNM participe au congrès de l’Union sociale pour l’habitat

La Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM) a participé au congrès de l’Union sociale pour l’habitat, organisé du 22 au 24 septembre à Bordeaux. La présidente Roukia Kassidi était accompagnée de Saouda Ali Lepley Mlanao, deuxième vice-présidente, et de Mariame Ahamadi, vice-présidente chargée de l’Habitat.

Les échanges ont notamment porté sur la crise du logement à Mayotte, où les besoins sont estimés à au moins 2 000 logements par an. La CAGNM souligne plusieurs difficultés, parmi lesquelles la pression foncière, le coût élevé des constructions et les conséquences des récentes catastrophes climatiques.

L’intercommunalité travaille également à l’élaboration de son Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), destiné à encadrer l’aménagement du territoire et à répondre aux besoins en logements et en équipements. Parmi les priorités évoquées figurent aussi le relogement des populations touchées par Chido et Dikeledi, la construction adaptée aux risques climatiques et sismiques et la résorption de l’habitat informel.

Wassi Media veut faire entendre les voix de Mayotte

Wassi Media veut faire entendre les voix de Mayotte

Un nouveau média numérique consacré aux contenus mahorais sera lancé le 28 septembre. Baptisé WASSI MEDIA, le projet est porté par la SAS WASSI, créée en juin 2026 à Mamoudzou, avec Jacqueline Djoumoi-Guez à sa présidence et Ahamed Djoumoi à sa direction générale. La plateforme s’appuie notamment sur Clap Productions, société audiovisuelle dirigée par Jacqueline Djoumoi-Guez.

Accessible dans un premier temps sur le site wassimedia.com, avant l’arrivée d’une application mobile, WASSI MEDIA proposera gratuitement des contenus produits à Mayotte. Au programme : podcasts vidéo, magazines, formats courts, fictions, documentaires et programmes destinés aux enfants et aux adolescents.

Six programmes originaux sont annoncés. Parmi eux, des émissions consacrées à la reconversion, à la santé, à l’entrepreneuriat, à la maternité et à la culture, mais aussi des formats autour des relations de couple, de la musique et de l’humour. La plateforme prévoit également des contenus jeunesse et un catalogue de productions mahoraises déjà existantes, notamment des séries, courts-métrages et documentaires.

Le média vise principalement les 25-35 ans, tout en développant des contenus pour les 3-17 ans. Les programmes seront accessibles gratuitement et financés par la publicité. Le catalogue doit être enrichi progressivement avec de nouvelles productions locales.

Futur aéroport de Bouyouni : le choix de l’état continue de diviser

Futur aéroport de Bouyouni : le choix de l’état continue de diviser
L’assemblée de Mayotte s’est réunie en séance plénière ce vendredi 25 septembre

Réunis en séance plénière vendredi 25 septembre, les élus de l’Assemblée de Mayotte ont examiné une série de dossiers touchant aussi bien au foncier qu’au futur aéroport de Bouyouni, au soutien aux entreprises ou encore à la lutte contre la prostitution et le harcèlement sexuel. Parmi les sujets ayant suscité le plus de débats, une proposition de régularisation du foncier départemental a finalement été retirée.

Le foncier aura occupé une bonne partie des discussions vendredi matin. Le président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousseni, souhaitait régulariser la situation de terrains appartenant à la collectivité mais occupés depuis parfois plusieurs décennies par des particuliers. Selon lui, environ 70 % du village de Kaweni et plus de 90 % de celui de Cavani seraient ainsi construits sur du foncier titré appartenant à la collectivité.

« Nous payons des taxes foncières sur ces terrains-là depuis plusieurs dizaines d’années », souligne Ben Issa Ousseni. Sa proposition : rétrocéder gratuitement leur parcelle aux personnes pouvant justifier d’une occupation depuis au moins vingt ans et y ayant construit une habitation en dur. Une façon également pour l’Assemblée de cesser de payer la taxe foncière sur des terrains dont elle n’a plus réellement la maîtrise.

Mais c’est précisément la gratuité de cette rétrocession qui a divisé les élus. Certains souhaitent que les occupants acquittent un prix pour devenir propriétaires. Face aux objections, le rapport a finalement été retiré et doit être retravaillé avant de revenir en séance.

L’élue d’opposition Hélène Pollozec estime pour sa part que le problème dépasse la seule question de la gratuité. Si elle dit comprendre la nécessité d’accélérer la régularisation des petites parcelles occupées par des familles, elle dénonce la présence, dans le même rapport, de terrains beaucoup plus vastes. « Certaines parcelles faisant plus de quatre hectares figurent dans le même rapport et ont été proposées à des prix très faibles, voire gratuitement. Or le foncier est  rare à Mayotte et le Département-Région pourrait avoir besoin de ces parcelles de plusieurs hectares pour la mise en œuvre de ses projets. Il ne faut donc pas le dilapider sans une véritable réflexion en amont !”, a-t-elle argumenté.

L’aéroport de Bouyouni continue de diviser

Autre dossier foncier particulièrement sensible : celui du futur aéroport. L’Assemblée a adopté une convention-cadre avec la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) destinée notamment à identifier les zones et parcelles concernées par le projet de Bouyouni. Le périmètre exact du futur aéroport n’est pas encore arrêté.

Hélène Pollozec a voté contre. Elle reproche notamment à la convention d’imposer à la collectivité la mise à disposition de foncier et de moyens humains pour les enquêtes et la collecte de données, sans compensation clairement définie. Elle conteste surtout le choix de Bouyouni lui-même : « Tous les élus de l’Assemblée de Mayotte se sont prononcés à l’unanimité pour maintenir le site à Pamandzi. »

Le choix de Bouyouni-M’Tsangamouji a néanmoins été retenu par l’État et inscrit dans la loi de programmation pour la refondation de Mayotte du 11 août 2025. Pour l’élue d’opposition, le débat ne doit pas pour autant être considéré comme clos. Elle regrette également une consultation insuffisante de la population, notamment au regard du fort taux d’illectronisme sur le territoire. « Il y a un manque clair de transparence », estime-t-elle à propos du dossier.

Près de 2,1 millions d’euros pour 37 entreprises

Sur le volet économique, l’Assemblée a également examiné plusieurs aides aux entreprises et aux structures chargées de les accompagner. Bibi Chanfi, deuxième vice-présidente chargée du développement économique et de la coopération décentralisée, explique que les dispositifs ont été revus pour tenir compte de recommandations de la Chambre régionale des comptes.

Oudjerebou, la BGE, la CRESS ou encore la CCI figurent parmi les structures concernées. L’Assemblée consacre, selon l’élue, une enveloppe globale d’environ 10 millions d’euros par an aux différentes actions en faveur des entreprises.

Les aides directes votées concernent cette fois 37 entreprises pour près de 2,1 millions d’euros, dont un million consacré à l’accompagnement d’entreprises touchées par Chido. Quant à l’efficacité de ces dispositifs, Bibi Chanfi reconnaît la nécessité de mieux la mesurer : un bilan doit être présenté prochain avec l’Adim afin d’évaluer leur impact en matière d’emploi, de formation et de formalisation des entreprises.

Une stratégie contre la prostitution et le harcèlement sexuel

Enfin, les élus ont adopté à l’unanimité une stratégie de lutte contre la prostitution, le sexisme et la traite des êtres humains. Pour Madi Velou, vice-président chargé des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé, celle-ci vient prolonger des actions déjà menées depuis plusieurs années par le Département, aux côtés de la préfecture, de l’ARS, des associations et des collectivités.

Il cite notamment le travail de prévention réalisé par la PMI auprès des jeunes, y compris dans les écoles, les madrassas et les quartiers, ainsi que l’accompagnement des mineures enceintes. La collectivité entend également renforcer la lutte contre le harcèlement sexuel en son sein. « La prévention, c’est l’arme la plus importante », insiste Madi Moussa Velou, tout en rappelant que des sanctions peuvent être prises lorsque des faits sont établis.

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À Mayotte, un premier PAREF pour accompagner les femmes entrepreneures

À Mayotte, un premier PAREF pour accompagner les femmes entrepreneures
Le préfet Frédéric Poisot a ouvert l’événement à la préfecture ce jeudi 24 septembre

Le Plan d’action régional pour l’entrepreneuriat féminin (PAREF) 2026-2028 a été signé ce jeudi 24 septembre à la préfecture de Mayotte. Déclinaison d’un dispositif national jusqu’ici absent du territoire, il doit notamment permettre de mieux accompagner les entrepreneures dans l’accès au financement, au foncier et à la structuration de leurs activités. Une première enveloppe de 130 000 euros est mobilisée.

À Mayotte, seules 24 % des femmes sont en emploi, contre 37 % des hommes et 66 % en moyenne dans l’Hexagone. Elles sont pourtant particulièrement nombreuses à se lancer dans l’entrepreneuriat : 50 % des 1 227 nouvelles entreprises individuelles créées sur le territoire sont portées par des femmes, contre 45 % dans l’Hexagone.

C’est dans ce contexte que le premier Plan d’action régional pour l’entrepreneuriat féminin (PAREF) de Mayotte a été signé ce jeudi à la préfecture, en présence des nombreux partenaires du dispositif et de plusieurs entrepreneures mahoraises. La séquence, animée par le GIP Ouvoimoja, a permis de présenter les résultats d’une enquête réalisée par BGE Mayotte, mais également de confronter les dispositifs prévus aux difficultés rencontrées sur le terrain.

« Malheureusement, on doit encore parler de l’emploi des femmes de nos jours alors qu’on devrait être arrivés au bout du chemin », a regretté en préambule le préfet Frédéric Poisot. Pour lui, les chiffres de l’entrepreneuriat féminin témoignent cependant d’« une énergie et d’une envie de faire » sur le territoire. Il a également insisté sur le rôle de l’emploi dans la lutte contre l’insécurité et sur l’autocensure qui freinerait encore de nombreux talents à Mayotte.

130 000 euros mobilisés pour commencer

Dispositif national jusqu’ici absent de Mayotte, le PAREF a été décliné localement sous l’impulsion de Manarssana Boina, directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité. Un travail qui a nécessité d’adapter le cadre national aux particularités du territoire. « C’était très challengeant », reconnaît-elle. « Le cadre est là, à nous de nous en saisir ou pas. »

Banques, GIP Europe, acteurs du foncier ou encore entreprises font partie des partenaires mobilisés. Une première enveloppe de 130 000 euros doit permettre de financer les actions : 50 000 euros apportés par la Direction régionale aux droits des femmes, 50 000 euros par Bpifrance et 30 000 euros au titre de la politique de la ville. Le Département dispose pour sa part de ses propres aides à l’entrepreneuriat féminin. Son appel à projets ayant déjà été lancé cette année, l’objectif est de parvenir à mutualiser davantage les financements à partir de l’année prochaine.

Une fois les appels à projets lancés, le dispositif devra permettre d’aller chercher les femmes, y compris celles qui restent éloignées des structures classiques, puis de déterminer leurs besoins au cas par cas : financement, accompagnement, formation mais aussi accès au foncier. La Commission d’urgence foncière (CUF) fait ainsi partie des signataires.

Les besoins sont importants. Selon l’enquête réalisée en février par BGE Mayotte auprès de 44 entrepreneures, dont 34 ont intégralement répondu au questionnaire, 76 % rencontrent des difficultés d’accès au financement et 79 % souhaitent un soutien financier renforcé. Elles sont également 68 % à considérer que les dispositifs existants ne prennent pas suffisamment en compte leurs réalités.

Sortir des secteurs traditionnellement féminins

Le PAREF entend également s’adresser aux femmes travaillant dans l’économie informelle, avec l’objectif de les accompagner progressivement vers la formalisation, ainsi qu’aux femmes en situation d’illettrisme ou d’illectronisme et à celles vivant dans les zones rurales.

Autre chantier : élargir les horizons professionnels. Les entrepreneures mahoraises se dirigent encore beaucoup vers le commerce ou la mode, des secteurs « très genrés », souligne Manarssana Boina. Des actions de sensibilisation doivent donc être menées dans les lycées afin de faire découvrir aux jeunes femmes d’autres secteurs, notamment l’énergie avec EDM, le BTP avec Vinci ou encore les métiers liés à l’eau.

Mais derrière les chiffres, les témoignages livrés jeudi ont surtout illustré très concrètement les obstacles auxquels se heurtent les entrepreneures. Lauréate du concours Startupper de l’année de TotalEnergies en 2024, Nadia Boinaidi a développé Maoré Puzzle, autour des légendes et du patrimoine immatériel de Mayotte. L’accompagnement lui a notamment permis d’apprendre à fixer ses prix et à communiquer. Elle propose désormais des puzzles, d’un podcast autour des légendes mahoraises et d’ateliers de peinture. Elle souhaiterait desormais disposer d’un local pour développer ses activités. Son principal obstacle reste cependant le financement, auquel s’ajoutent des coûts parfois découverts en cours de route : ses puzzles étant fabriqués en métropole faute d’usine à Mayotte, « pour le dédouanement, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi cher », témoigne-t-elle.

À M’tsangamouji, Dafianti Ali Islam cherche de son côté à faire vivre et transmettre le savoir-faire traditionnel du massage, pratiqué notamment par ses propres parents. Lorsqu’elle s’est lancée en 2024, elle s’est cependant heurtée à « beaucoup, beaucoup, beaucoup de formalités » et à l’absence de financement, avant d’être accompagnée par BGE. Avec toujours la même interrogation : parvenir à pérenniser son activité.

« On sait rebondir quand on est Mahoraise »

Le parcours de Jane Jacquin illustre quant à lui une autre ambition : créer à Mayotte ce qui n’y existe pas encore. Après une école de mode à Paris, elle souhaitait revenir exercer comme cheffe de produit sur son territoire. Faute de débouché, elle a finalement décidé de créer elle-même une activité dans la mode à partir notamment du nyambaione, tissu traditionnel mahorais.

Créée en juillet 2024, son entreprise lui ouvre rapidement les portes de l’international, jusqu’à une invitation à la Fashion Week de Dar es Salaam. « Je ne pensais pas que les portes de l’international me seraient ouvertes aussi vite », raconte-t-elle. Mais, quelques mois plus tard, Chido détruit sa boutique et son atelier. Elle perd aussi des salariées et doit tout recommencer. « On sait rebondir quand on est Mahoraise », affirme l’entrepreneure, qui a, cette fois-ci, accepté de s’appuyer sur les structures locales pour repartir alors que “demander de l’aide n’était pas dans ses habitudes “.

Interrogée au cours des échanges sur une éventuelle recherche de « gloire », elle a retourné la question : « Est-ce qu’on m’aurait posé cette question si j’étais un homme ? »

Une interrogation qui, à elle seule, résumait plutôt bien la raison d’être de l’événement.

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Congrès annuel des HLM : un appel aux jeunes Mahorais pour qu’ils reviennent développer leur île natale

Congrès annuel des HLM : un appel aux jeunes Mahorais pour qu’ils reviennent développer leur île natale

Une convention de partenariat signée avec le bailleur social du groupe Action Logement et Nhood, puissant acteur économique du nord de la France, pour intervenir dans l’innovation à Mayotte aux côtés d’AL’MA. Le ministre du Logement qui annonce la prolongation du PTZ au-delà de 2027, des discussions pour maintenir la LBU à son niveau actuel, à défaut de l’augmenter… Mayotte ne revient pas bredouille du Congrès 2026 des HLM, qui s’est achevé hier, jeudi 24 septembre 2026, à Bordeaux (Gironde).

Mayotte s’est fait remarquer à Bordeaux cette semaine durant le congrès annuel de l’Habitat à loyer modéré (HLM). L’événement s’est déroulé durant trois jours, du mardi 22 au jeudi 24 septembre 2026, et a vu la participation de plusieurs entités mahoraises, dont Action Logement (AL’MA), la Communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (CADEMA), la Communauté de communes du Grand Nord, celle de Petite-Terre (CCPT), ainsi que la Société immobilière de Mayotte, qui représentait la Caisse des dépôts et consignations (CDC).

Une forte présence des acteurs du logement sur notre territoire, qui se justifie par les enjeux que posent la reconstruction et la refondation de l’archipel, mis à terre par le cyclone Chido il y a presque deux ans. En effet, ce congrès constitue, pour l’ensemble des acteurs du secteur du logement, y compris l’État, une occasion de réfléchir aux différentes problématiques qu’ils rencontrent à l’échelle nationale en matière d’amélioration du cadre de vie des citoyens.

De l’avis général, très peu de personnalités politiques de premier plan ont fait le déplacement à ce congrès de Bordeaux, en particulier les différents candidats déclarés à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Une absence qui en a étonné plus d’un, dans la mesure où l’événement voit habituellement défiler dans ses allées tout ce que la France et la Navarre comptent de décideurs ou d’aspirants à l’exercice du pouvoir.

« Ce constat démontre aux acteurs du logement que nous sommes tous ici que nous avons de la marge pour faire du lobbying auprès de ces grands décideurs. C’est le cas pour la métropole, mais essentiellement pour les territoires ultramarins, où la question du logement revêt une priorité absolue. C’est le cas aux Antilles-Guyane et à La Réunion, et plus fortement pour nous à Mayotte, où tous les logements ont été touchés par le cyclone Chido en décembre 2024 », souligne Nizar Assani Hanaffi, président du groupe Action Logement dans l’île.

Les acteurs mahorais présents à ce congrès sont à la recherche de réponses concrètes quant à la place du logement dans la reconstruction annoncée du territoire. Ils veulent connaître les suites réservées aux engagements pris à ce sujet par l’ancien Premier ministre François Bayrou dans les jours qui ont suivi le passage de Chido à Mayotte.

À Mayotte, la tâche des acteurs du logement social sera ardue au cours des trois prochaines années

L’inquiétude générale qui règne dans les couloirs de ce congrès se nourrit d’une baisse inquiétante, constatée ces dernières années, de l’accompagnement financier de l’État.

Le président du groupe Action Logement à Mayotte (AL’MA) estime, pour sa part, que sans un concours financier puissant de l’État, il est impossible de faire du logement social dans les Outre-mer, étant donné qu’il s’agit d’une compétence étatique déléguée aux acteurs locaux. Leurs seules contributions ne suffiront pas à relever les défis auxquels ils doivent faire face.

À ses yeux, il est certain que toute stratégie de baisse de la Ligne budgétaire unique (LBU), principal moyen de financement du logement social de l’État, aura une répercussion négative sur les politiques publiques menées dans ce cadre.

« À Mayotte, notre tâche sera ardue durant les trois prochaines années. Il nous faudra envisager beaucoup de difficultés à relever en matière de maîtrise foncière, de coût de la construction et de retard dans l’instruction des dossiers de demande de permis de construire. »

Il pointe du doigt le millefeuille administratif français, qui persiste malgré l’annonce par le gouvernement d’un allègement de certaines procédures au lendemain du cyclone Chido.

À l’image des intercommunalités mahoraises et des autres acteurs du logement social à Mayotte, le président d’Action Logement dans l’archipel, Nizar Assani Hanaffi, s’est déplacé à Bordeaux pour s’enquérir des dispositions que le gouvernement prévoit de mettre en place afin de relancer la construction de logements sociaux sur place.

« Cette clarification que nous attendons est nécessaire. Elle nous permettra de réfléchir sereinement sur la question du logement à travers plusieurs paramètres. Celui-ci doit être un outil d’attractivité du territoire, il doit être décent et de qualité, à bas coût, s’adapter aux normes sismiques, mais également prendre en compte les us et coutumes mahorais », explique le président d’AL’MA.

Il a pris l’exemple des jeunes natifs de l’île, dont les compétences sont souhaitées dans cette aventure de la refondation post-Chido. Ceux-ci auraient tendance à refuser certaines opportunités professionnelles faute de pouvoir disposer de logements répondant à leurs attentes.

Un lobbying politique auprès de l’État qui a fini par porter ses fruits

Outre un coût de la vie très élevé, Mayotte connaîtrait également les opérations de logement les plus chères de toute la France au mètre carré bâti.

« Seules des contributions conséquentes de l’État permettraient de faire face à toutes ces difficultés combinées. Autrement, il nous sera impossible de positiver et d’être optimistes pour l’avenir », a martelé Nizar Assani Hanaffi.

Ceci explique la forte teneur politique de ce congrès des HLM 2026 à Bordeaux, qui annonce un fort lobbying des acteurs en vue d’obtenir de l’État ces fameuses contributions tant attendues par les uns et les autres.

Pour Action Logement Mayotte, cet événement a été marqué par la signature de plusieurs conventions avec un certain nombre d’entreprises et de concepteurs d’intelligence artificielle (IA), afin de booster le secteur de la construction de logements.

Une manière également de lancer un appel aux jeunes Mahorais œuvrant dans ce secteur dans l’Hexagone et ailleurs en Europe. Le président d’AL’MA appelle de ses vœux leur retour dans l’archipel afin qu’ils viennent investir sur place, prendre leur part de responsabilité dans la reconstruction post-Chido et contribuer, à leur manière, à faire évoluer leur terre natale.

Au dernier jour de ce congrès des HLM, le ministre du Logement a annoncé en direct la prolongation du PTZ, initialement prévu pour prendre fin en 2026, au-delà de 2027.

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5 000 plants de vanille détruits dans un incendie, un producteur doit une nouvelle fois tout recommencer

5 000 plants de vanille détruits dans un incendie, un producteur doit une nouvelle fois tout recommencer
Pour le moment, l'origine du feu est inconnue. Aucun expert de la mairie, la police ou la gendar0erie ne s’est déplacé sur la parcelle brûlée pour établir un rapport.

Après deux ans d’efforts pour relancer sa production détruite par le cyclone Chido, le producteur de vanille, Boura Marcel, se retrouve à nouveau sans récolte après un incendie dont l’origine n’est toujours pas déterminée. Il déplore aujourd’hui le sentiment d’être abandonné par les pouvoirs publics.

Ses lianes de vanille brûlées par les flammes, accrochées tant bien que mal aux arbres qui leur servent de support, eux aussi calcinés : c’est ainsi que Boura Marcel, 64 ans, a retrouvé sa parcelle samedi 19 septembre en fin d’après-midi. Près de 5 000 plants ont été entièrement détruits par l’incendie.

Les flammes, second couperet après Chido

Un véritable désastre pour l’un des plus grands producteurs de l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte, qui se remettait doucement du passage du cyclone Chido qui avait détruit tous ses vanilliers. Après deux ans d’efforts, sans tirer le moindre revenu, les premières fleurs de vanille étaient enfin de retour. Voilà qu’il doit tout recommencer.

“Tout est parti en fumée, je ne sais pas quoi faire”, déplore le producteur, joint par téléphone ce lundi 28 septembre. “Ma première année de récolte j’avais récolté 30 kg de vanille, ma seconde 70 kg puis il y a eu Chido et maintenant cet incendie. C’est mon travail, c’est ma vie. Je dépends de la vanille, je ne travaille pas à côté, j’ai des enfants, des factures à payer, la vie de tous les jours, je n’ai pas de retraite”.

5 000 plants de vanille détruits dans un incendie, un producteur doit une nouvelle fois tout recommencer
Les incendies sont très fréquents chaque année et touchent de nombreux producteurs de vanille », déplore l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte.

Pour le moment l’origine du feu est inconnue. Boura Marcel a quitté son champ aux alentours de 15h, avant d’être prévenu en panique par un de ses collègue qui a vu les panaches de fumée provenir de son champ situé à Bouyouni sur près de 5.800 mètres carrés. Trop tard pour sauver les lianes.

“C’est comme ça, s’énerver ça ne sert à rien”, confie le producteur. “Les crises cardiaques arrivent sans prévenir, je dois rester calme”.

Une réaction pleine de sagesse et pourtant, depuis l’incendie, s’il peut compter sur la solidarité et le soutien d’autres producteurs et les membres de l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte, Boura Marcel est bien seul face à la catastrophe.

Aucune personne ne s’est déplacée sur la parcelle, un producteur abandonné

Après l’incendie, le producteur et l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte se sont empressés de prévenir la mairie de Bandraboua et la police municipale. Ils voulaient alerter sur la situation, demander l’intervention d’un expert et déposer plainte. Mais aucune suite ne leur a été donnée, si ce n’est de se rendre à la gendarmerie de M’tsamboro.

“À M’tsamboro, on m’a indiqué que je devais me rendre à la police municipale de Bandraboua, qui devait faire un rapport !”, souligne-t-il, encore confus face à des acteurs qui se renvoient la balle. Résultat : personne ne s’est déplacé sur sa parcelle et aucune enquête n’a officiellement été lancée pour déterminer l’origine du sinistre.

Et sans assurance, Boura Marcel n’a aujourd’hui aucun moyen d’être dédommagé. “Je me sens complètement abandonné”.

Pour les producteurs, trouver une assurance capable de couvrir leur activité et leurs plantations est très difficile. Si des assureurs agricoles sont bien présents à Mayotte, les garanties accessibles aux exploitants ne couvrent pas nécessairement les plants et les pertes de production. “Si seulement les assurances acceptaient d’assurer nos exploitations… Avoir une assurance auto à Mayotte relève du parcours du combattant, je vous laisse imaginer pour couvrir une activité agricole ! C’est impossible”, insiste l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte.

“Les incendies sont très fréquents chaque année et touchent de nombreux producteurs de vanille. Généralement, ce sont des agriculteurs qui cultivent sur brûlis et perdent le contrôle du feu, qui finit par s’étendre de façon incontrôlable”, poursuit l’association, seule structure à Mayotte à assurer la transformation et la préparation de la vanille.

5 000 plants de vanille détruits dans un incendie, un producteur doit une nouvelle fois tout recommencer
L’enjeu pour Saveurs et Senteurs de Mayotte est aussi de faire en sorte que la dangerosité de la culture sur brûlis
deviennent « un sujet » auprès des pouvoirs publics.

Faire en sorte que la culture sur brûlis devienne “un sujet”

Au-delà d’être dédommagé, pour Boura Marcel et Saveurs et Senteurs de Mayotte, l’enjeu est de faire en sorte que la dangerosité de la culture sur brûlis deviene “un sujet” auprès des pouvoirs publics.

“Il n’y a toujours pas de cellule qui s’occupe spécifiquement de ces sinistres”

“L’objectif de porter plainte est de nourrir les données statistiques afin que cela devienne une priorité. Il n’y a toujours pas de cellule qui s’occupe spécifiquement de ces sinistres. Le brûlis c’est une technique ancienne basée sur la rotation des cultures, qui n’est plus d’actualité”, explique l’association, qui regroupe une quarantaine de producteurs de vanille. 

“En parallèle, les pouvoirs publics font comme si les agriculteurs informels, illégaux, qui utilisent le brûlis n’existaient pas. Nous on fait de la sensibilisation auprès des agriculteurs légaux, mais les autres on ne peut pas les toucher, ce n’est pas normal”. 

3 ans d’attente avant les nouvelles fleurs

En attendant, Boura Marcel va devoir replanter les plants de vanille que d’autres producteurs voudront bien lui donner. “Dans un mois, je vais recommencer, juste à temps pour la saison des pluies”, confie-t-il.

Mais pour retrouver une production et pouvoir en vivre, cela prendra beaucoup plus de temps. Il faut trois ans avant qu’une nouvelle liane produise ses premières fleurs.

“Le désastre de cet incendie vient raviver celui du cyclone et fait repartir notre producteur de zéro. Tout est à refaire : planter les tuteurs, trouver les lianes de vanille, les planter, apporter de la matière organique, tailler, entretenir… puis attendre trois longues années avant d’espérer revoir les premières fleurs”, note l’association.

Saveurs et Senteurs estime à dix ans le temps nécessaire pour retrouver une production semblable à celle d’avant Chido. Pour tenter d’accélérer la cadence, elle réalise depuis maintenant un an la multiplication de 70 000 jeunes plants issus de la souche locale mahoraise, en laboratoire dans l’Hexagone.

Autant d’efforts qui risquent toutefois d’être mis à mal par les sécheresses et les incendies à répétition, qui rendent difficiles la multiplication et la réinstallation des boutures à travers l’île, d’autant plus si les pouvoirs publics ne se saisissent pas davantage du sujet.

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Somagaz profite de l’anniversaire de ses 30 ans pour inaugurer son nouveau centre de requalification

Somagaz profite de l’anniversaire de ses 30 ans pour inaugurer son nouveau centre de requalification
L’équipe dirigeante a soufflé la bougie symbolisant les 30 ans de la présence de Somagaz à Mayotte

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Trente ans après le début de ses activités à Mayotte, Somagaz a célébré son anniversaire ce mercredi 23 septembre sur son site de Longoni. L’occasion pour l’entreprise, filiale de Vivo Energy depuis 2023, d’inaugurer son nouveau centre de requalification des bouteilles de gaz de pétrole liquifié (GPL). Une opération jusqu’ici réalisée en métropole, qui pourra désormais être effectuée directement à Mayotte.

Discours, coupures de rubans et visite des nouvelles installations : Somagaz avait convié mercredi matin élus, partenaires et représentants du groupe Vivo Energy sur son site de Longoni pour célébrer ses trente années de présence à Mayotte. Créée en 1996, l’entreprise mahoraise a été rachetée en 2023 par Vivo Energy, groupe présent dans 29 pays d’Afrique, de l’océan Indien et en Jordanie.

Stéphane Rambhoro, directeur de Vivo Energy Mayotte, est revenu sur le chemin parcouru et sur le réseau de distribution de Somagaz, qui compte aujourd’hui 167 points de vente. Stan Mittelman, directeur general de Vivo Energy, a quant à lui réaffirmé sa confiance dans le « potentiel de Mayotte », où le groupe entend poursuivre ses investissements.

Mais c’est Fazouli Manrifa, deuxième adjoint au maire de Koungou, qui s’est chargé d’apporter une touche plus personnelle à ces trente ans. “ Quand je n’étais encore qu’un petit enfant, ma grand-mère m’envoyait chercher du bois pour faire un feu pour cuisiner. À présent,  elle me demande simplement d’aller acheter une bouteille de gaz”, raconte-il avec humour. Une petite anecdote qui illustre bien l’évolution des habitudes quotidiennes à Mayotte depuis l’arrivée de Somagaz.

L’élu a également tenu à saluer les techniciens de l’entreprise, moins visibles que les dirigeants lors des cérémonies mais sans lesquels, a-t-il rappelé, celle-ci ne pourrait fonctionner. Il a notamment félicité Somagaz pour avoir repris ses activités seulement deux jours après le passage du cyclone Chido afin de répondre aux besoins de la population.

8 000 bouteilles pourront être requalifiées chaque année

Après les discours, l’équipe dirigeante de Vivoenergie a coupé les 2 rubans d’inauguration : celui du centre de requalification en lui-même et celui de ses bureaux, réalisés en seulement deux mois et demi, “un reccord” selon leur architecte Sandra Mesa du cabinet Endemik.

Mais qu’est-ce exactement que la « requalification » ? Une bouteille de gaz possède une durée réglementaire de dix ans avant de devoir faire l’objet de contrôles et d’une remise en état afin de pouvoir poursuivre son utilisation en toute sécurité. Jusqu’à présent, les bouteilles concernées devaient être expédiées de Mayotte vers la métropole avant de revenir sur le territoire une fois l’opération terminée.

Guidés par le directeur d’exploitation Greg Hügli, les invités ont pu découvrir les différentes étapes du processus, qui pourra désormais être entièrement réalisé à Longoni. Le centre devrait traiter environ 8 000 bouteilles par an, avec à la clé la création de cinq emplois directs et d’une quinzaine d’emplois indirects. L’entreprise, qui conditionne actuellement environ 630 tonnes de GPL par mois, entend ainsi raccourcir considérablement les délais de remise en circulation des bouteilles, diminuer les coûts de transport et sécuriser davantage son approvisionnement.

Le GPL : “un progrès sanitaire” par rapport au charbon de bois selon l’entreprise

Le GPL, ou gaz de pétrole liquéfié, est constitué principalement de butane et de propane. Naturellement incolore et inodore, c’est l’additif qui lui est ajouté qui lui donne cette “odeur de gaz” si caractéristique, permettant de détecter rapidement d’éventuelles fuites.

Son utilisation nécessite néanmoins quelques précautions : les bouteilles doivent notamment rester debout, être éloignées de toute flamme ou source importante de chaleur et le flexible reliant la bouteille à l’appareil doit être remplacé régulièrement.

Sur le plan environnemental, Greg Hügli ne présente pas le gaz comme une énergie « verte » : il reste un combustible fossile et sa combustion émet du CO2. “Mais le GPL a une combustion complète, le seul déchet qu’il dégage est le CO2, alors que le charbon de bois émet des fumées toxiques susceptibles de nuire à la santé de ses utilisateurs”, souligne-t-il. Pour lui, il s’agit donc d’un “progrès sanitaire”, à défaut d’être un “progrès environnemental”. Stan Mittelman avait d’ailleurs précisé dans son discours que,  pour Vivoenergie, le développement durable consistait également à “investir localement”.

Le nouveau centre de requalification permet en effet d’éviter les longs transports nécessaires à la requalification en métropole. Des panneaux solaires ont par ailleurs été installés pour assurer l’éclairage du dépôt et des abords des nouvelles installations.

Le prix de la bouteille, lui, reste encadré : il est proposé par Somagaz en fonction de son évolution mensuelle, puis doit être validé par le préfet.

Après la visite des installations, les invités ont retrouvé un programme un peu moins technique autour du cocktail dînatoire. Et puisqu’un trentième anniversaire ne pouvait décemment pas se terminer uniquement autour de bouteilles de GPL, un gâteau d’anniversaire attendait également les convives pour souffler symboliquement les trente bougies de Somagaz.

Ce lundi à Vahibé, une “opération flash” de police vire à plusieurs heures d’affrontements

Ce lundi à Vahibé, une “opération flash” de police vire à plusieurs heures d’affrontements
Le DTPN William Lliso a accepté de revenir hier par téléphone sur les événements de ce lundi à Vahibé

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Près de 80 policiers ont été déployés lundi 21 septembre à Vahibé dans le cadre d’une « opération flash » destinée à réaffirmer la présence des forces de l’ordre dans un village régulièrement touché par les barrages, caillassages, rackets et agressions. Mais l’intervention s’est heurtée à une forte résistance d’une vingtaine à une trentaine d’individus selon le DTPN William Lliso, transformant l’opération prévue pour être brève en plusieurs heures de tensions. Quatre policiers ont été légèrement blessés.

Barrages enflammés, jets de pierres et même cocktails Molotov : l’importante opération de police menée lundi matin à Vahibé ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu. À l’origine, la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) entendait mener une « opération flash », massive et très visible, dans le cadre d’une nouvelle stratégie décidée avant l’été pour réinvestir les villages les plus touchés par la délinquance.

À Vahé, agressions, rackets, caillassages et barrages empoisonnent régulièrement la vie des habitants et des automobilistes. La veille encore, dimanche 20 septembre, une personne avait été agressée dans un véhicule tandis qu’une intrusion dans un domicile avait fait plusieurs blessés à coups de machette.

« Depuis que je suis arrivé, je plaide pour dire que la violence n’est pas une fatalité« , explique William Lliso. L’objectif était aussi symbolique : montrer que les forces de l’ordre conservent l’emprise du territoire et que les auteurs de violences restent minoritaires.

80 policiers ont fait face à « une forte résistance »

Près de 80 policiers ont donc été mobilisés dès 8h, avec une stratégie consistant à « cadenasser » le secteur avant d’envoyer différentes équipes, notamment dans les hauteurs. L’opération devait être brève. Mais la forte résistance rencontrée sur place en a décidé autrement.

Contrairement au chiffre d’une centaine de jeunes évoqué lundi, William Lliso estime leur nombre à seulement 20 à 30 individus. Une minorité néanmoins suffisamment organisée pour lancer des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre. Pour le DTPN, leur utilisation témoigne d’un degré supplémentaire dans la violence : « Un cocktail Molotov, ça implique une préparation en amont. »

Quatre policiers ont été légèrement blessés, notamment par des jets de pierres. Aucun habitant n’a en revanche été blessé.

La première intervention s’est achevée vers 10h30. Mais après le départ des policiers, de nouveaux barrages enflammés ont été dressés sur la route, obligeant les forces de l’ordre à revenir de 11h à 12h30. Les violences s’étant calmées, la route est néanmoins restée fermée jusqu’à 15h45, afin de ne pas exposer trop rapidement les automobilistes. Quelques incidents très brefs se sont encore produits dans la soirée.

Trois étrangers en situation irrégulière ont par ailleurs été interpellés par le GAO, également engagé dans l’opération. Quand de jeunes délinquants commettent des exactions, cela déclenche automatiquement une réponse de l’État de droit donc des contrôles de papiers et des arrestations de personnes en situation irrégulières, qui n’ont pourtant souvent rien à voir avec ces violences. C’est un autre « dommage collatéral » engendré par les actes de violence des délinquants, estime le DTPN William Lliso.

« Les policiers ne sont pas des objets sacrificiels »

Aucun auteur présumé des violences n’a en revanche encore été interpellé. Un choix assumé par le DTPN, qui préfère recueillir suffisamment d’éléments pour constituer des procédures solides plutôt que procéder à des arrestations suivies de remises en liberté, notamment lorsqu’il s’agit de mineurs.

Affronter les policiers serait devenu pour certains « un jeu », estime William Lliso, qui évoque des guet-apens dans lesquels les fonctionnaires deviennent des « punching-balls faciles ». « Les policiers ne sont pas des objets sacrificiels », martèle-t-il. Mineurs et majeurs figureraient parmi les fauteurs de troubles, sans que l’hypothèse d’une instrumentalisation des premiers par les seconds soit à ce stade établie.

« On ne peut pas arriver la fleur au fusil »

Pour le DTPN, le fait qu’une vingtaine ou une trentaine d’individus puissent perturber la vie de tout un village montre paradoxalement que le problème n’est pas insoluble. Encore faut-il que la police ne soit pas seule. Lundi, des habitants plus âgés ont eux-mêmes retiré certains barrages, une initiative particulièrement saluée par William Lliso.

Celui-ci appelle les habitants à pousser la porte du commissariat ou à contacter les policiers pour leur transmettre des informations, qui peuvent faire l’objet de procédures d’anonymisation. « On ne peut pas arriver comme ça, la fleur au fusil », résume-t-il. Il dit comprendre la peur des représailles, mais rappelle que les habitants sont déjà directement exposés aux violences, comme l’a montré l’intrusion à coups de machette de dimanche.

« Il ne s’agit pas de se faire justice soi-même« , insiste-t-il, « mais de mobiliser habitants, associations et collectivités aux côtés des forces de l’ordre pour reprendre le terrain à une poignée de fauteurs de troubles ».

Ironie du calendrier, les violences de Vahibé ont éclaté le jour même de l’ouverture des Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte, organisées cette semaine à Mamoudzou et précisément consacrées aux réponses à apporter aux nouvelles formes de délinquance sur le territoire.

Comores : trois militaires jugés pour vol de carburant à Mohéli

Comores : trois militaires jugés pour vol de carburant à Mohéli
* image d'illustration générée par ia

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Affectés sur l’île de Mohéli après leur formation, les hommes en treillis qui risquent jusqu’à un an de prison ferme sont en fait les agents censés assurer la sécurité du dépôt de la société comorienne des hydrocarbures, où le vol s’est produit.

L’information a été révélée pour la première fois par le média en ligne Mohéli Matin, très informé sur l’actualité de l’île. Vendredi, celui-ci rapportait sur sa page Facebook l’arrestation de militaires, auteurs présumés de vol de carburant et confirmaient leur placement en détention provisoire à la prison de Badjo, connue pour sa porosité, par rapport aux autres maisons correctionnelles des îles sœurs. Renvoyé devant le tribunal de flagrant délit, le dossier a été jugé le 25 septembre vers 12h. Aucun prévenu n’était défendu par un avocat.

Mais selon les éléments qui nous ont été communiqués, le parquet de Fomboni a requis une peine d’un an d’incarcération dont deux mois de prison ferme ainsi qu’une amende de 30 000 francs, soit à peu près 60 euros. La peine d’emprisonnement concerne les trois militaires et leur complice chauffeur. Pour les deux autres suspects cités par les principaux auteurs, le ministère public a estimé que leur implication n’était pas établie et a demandé la relaxe. Le délibéré est attendu le 30 septembre.

À Mohéli, les autorités en collaboration avec le parquet, les forces de l’ordre, les services d’écoute ont mis en place des comités qui surveillent les localités et luttent contre la délinquance, notamment. Le vol lui remonterait à la nuit du 19 au 20 septembre. Ce soir-là, une équipe du comité villageois faisait sa ronde habituelle quand elle aperçoit une voiture et du mouvement près du dépôt local de la société comorienne des hydrocarbures (Sch). « Tout de suite, ils comprennent que quelque chose de louche se préparait. La gendarmerie est appelée en renfort mais le conducteur avait pris la poudre d’escampette en abandonnant le véhicule. En s’approchant, les patrouilleurs du comité retrouvent des bidons dans un caniveau et décident de ne pas quitter les parages« , a raconté notre source.

Rattrapé à l’aube

Selon elle, c’est finalement à l’aube que le chauffeur revient dans l’espoir de repartir avec son véhicule sans se douter qu’il était attendu de pied ferme. « Il sera arrêté et conduit à la gendarmerie. C’est grâce à l’enquête que les autres noms ont été révélés« , a poursuivi notre source qui nous apprend qu’en tout 6 personnes ont comparu. Parmi ces prévenus, 3 militaires, qui ont dénoncé un ancien autre militaire le désignant comme un présumé complice. Un ex-employé de la société des hydrocarbures à la retraite ainsi que le chauffeur avaient tous été déférés au parquet, vendredi.

Devant le président du tribunal, les militaires reconnaissent avoir réalisé deux coups. La première fois ils auraient dérobé 3 bidons de 20 litres chacun. Pour l’opération du 19 septembre, seulement 7 bidons remplis de carburant ont été retrouvés. Soit un butin de 140 litres. « Pendant l’audience, les prévenus disent avoir aperçu des gouttes de carburant couler près d’une citerne et se sont précipités pour s’approvisionner. Pour ce qui est des autres prévenus cités, il s’est avéré qu’aucun lien n’existait en fait. Les trois principaux suspects ne voulaient pas tomber seuls et ont décidé de mentionner des noms comme l’ancien agent de la société des hydrocarbures« , a indiqué une personne ayant assisté à l’audience. « Il y a surtout une situation aggravante car ces militaires sont censés sécuriser les biens du dépôt de la Sch. Au lieu de ça, on découvre qu’ils participent au vol« , a déploré une source judiciaire révélant que tous les prévenus étaient poursuivis pour vol, infraction réprimée dans les articles 360 et 364 du code pénal.

Précarité ?

À l’issue de l’audience du 25 septembre, le tribunal a levé les mandats de dépôt du quatrième militaire et de ‘l’employé de la Sch retraité. Alors que l’armée nationale de développement (And) a lancé une campagne de recrutement à travers le pays, cette affaire relance le débat sur la précarité des nouvelles recrues, qui toucheraient selon certains 120 euros. Une somme jugée insuffisante qui rend vulnérable les jeunes engagés dans l’armée. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles des militaires qui partent en mission à l’extérieur désertent et s’installent. Le dernier exemple en date est l’opération Papangue 26 qui se déroulait sur l’île de la Réunion, au mois de mars. Au moins 7 militaires comoriens avaient pris la fuite, demandant par la suite l’asile évoquant des raisons de sécurité s’ils étaient expulsés. Un argument qui n’a pas convaincu le tribunal administratif de Saint-Denis lequel a rejeté la demande d’asile d’un militaire de 29 ans, disparu pendant l’exercice Papangue. Le déserteur a été renvoyé aux Comores le mois dernier.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes