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Ambdilwahedou Soumaïla élu président de l’Association des maires de Mayotte

Ambdilwahedou Soumaïla élu président de l’Association des maires de Mayotte
Avec 12 voix contre 8, Ambdilwahedou Soumaïla a remporté une élection disputée face au maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos.

Élu à la tête de l’Association des maires de Mayotte (AMM) le 6 juin 2026, Ambdilwahedou Soumaïla entend placer son mandat sous le signe du rassemblement. Le maire de Mamoudzou appelle à unir les forces politiques, économiques et associatives du territoire afin de relever ensemble les défis du développement et de l’amélioration du cadre de vie des Mahorais.

Le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla (LR), a été élu ce samedi 6 juin 2026 à la présidence de l’Association des maires de Mayotte (AMM). Réunis au Centre de gestion de Mayotte à Mamoudzou, les 20 grands électeurs, composés des 17 maires de l’île et des trois présidents d’intercommunalités, lui ont accordé leur confiance par 12 voix contre 8 face au maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos.

À l’issue de son élection, le nouveau président a tenu à remercier les élus qui l’ont soutenu. « Je veux leur dire un grand merci pour cette confiance. En 37 ans d’existence de l’association, ils ont fait le choix de me confier cette responsabilité. Je leur en suis profondément reconnaissant », a-t-il déclaré.

Pour Ambdilwahedou Soumaïla, cette fonction doit avant tout être placée sous le signe du rassemblement. « C’est un rôle de rassemblement. J’ai toujours parlé d’unir les forces de ce territoire pour construire un idéal mahorais. Nous ne pourrons pas atteindre cet idéal si nous ne sommes pas unis », a-t-il affirmé.

Le nouveau président souhaite fédérer l’ensemble des acteurs du territoire autour des grands enjeux de développement de Mayotte. « Il faut réunir toutes les forces vives de ce territoire : les élus, les parlementaires, le monde économique, les associations et l’ensemble des partenaires. Nous poursuivons tous un objectif commun : la convergence sociale, l’aménagement du territoire et l’amélioration du cadre de vie des Mahorais. »

Face aux nombreux défis auxquels les communes sont confrontées, notamment dans le contexte de reconstruction et de résilience après le cyclone Chido, Ambdilwahedou Soumaïla a appelé à une mobilisation collective. « Il faut que nous le fassions ensemble », a-t-il insisté.

Dans les prochaines semaines, l’Association des maires de Mayotte devra mettre en place sa nouvelle organisation interne. Plusieurs commissions thématiques seront constituées, tout comme le bureau exécutif. Les statuts et le règlement intérieur devront également être finalisés afin de permettre à l’association de fonctionner efficacement.

Le nouveau président a enfin rappelé sa conception de la fonction : « Le président de l’association n’est pas là pour être le simple relais des autres. Il doit porter la voix des collectivités mahoraises avec responsabilité et détermination. »

Déjà président de la Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (Cadema) ,  Secrétaire National des Républicains en charge des Outre-mer et maire de Mamoudzou dès le premier tour lors des dernières élections municipales, Ambdilwahedou Soumaïla renforce ainsi sa position parmi les principales figures politiques de Mayotte. À la tête de l’AMM, il aura désormais la mission de défendre les intérêts des communes mahoraises auprès de l’État et de porter les grands dossiers du territoire.

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Rachadi Saindou et Salime M’déré rejugés en appel : le parquet demande la confirmation des condamnations

Rachadi Saindou et Salime M’déré rejugés en appel : le parquet demande la confirmation des condamnations

Un emploi soupçonné d’être fictif et obtenu par arrangement, des marchés publics présumés fractionnés, une voiture de fonction litigieuse : l’ancien président de la Cadema, Rachadi Saindou, l’ex-premier vice-président du Département de Mayotte, Salime M’déré, et la société May Environnement étaient rejugés en appel, vendredi 5 juin, à Mamoudzou. Le délibéré sera rendu le 1er octobre.

L’affaire, née de plusieurs dénonciations – dont une de l’association Anticor – adressées au parquet en 2022, mêle soupçons de prise illégale d’intérêts, favoritisme, détournement de fonds publics et recel. Pour le parquet général, elle est « emblématique » de la politique pénale menée sur l’île en matière de probité. « Mayotte, dont on sait qu’il est le département le plus pauvre de France, qui a tant besoin d’équipements, de structures, ne mérite pas que des deniers soient détournés au profit d’intérêts privés », a insisté l’avocate générale, Françoise Toillon, avant de lancer : « Cette manière de dire : je suis élu et responsable de rien, eh bien si. C’est le moment d’assumer ses responsabilités. »

Le premier volet du dossier concerne le recrutement de Salime M’déré. Pour le parquet, l’ancien premier vice-président du Département aurait bénéficié d’un emploi à la Cadema en raison de sa proximité avec Rachadi Saindou. Plus de 39 000 euros de rémunération, pour un travail que l’accusation considère comme fictif.

À l’audience, les magistrats ont cherché des traces concrètes : des missions, des courriels, des rendez-vous, des productions. Or dès son arrivée, Salime M’déré aurait demandé à télétravailler cinq jours par semaine. « Le télétravail, c’est du travail aussi », a répondu son avocat.

L’enquête évoque également 549 mails reçus sur sa messagerie professionnelle, pour seulement 11 ouverts et 6 réponses. « À supposer que ce soit vrai, il a quand même travaillé, c’est pas zéro. » a rétorqué l’avocat du prévenu. Ce dernier explique avoir manqué de moyens matériels et obtenu son ordinateur plusieurs mois après sa prise de poste mais pour l’accusation, ces chiffres résument le soupçon d’un emploi de complaisance. Pour la défense, ils disent surtout une administration désorganisée, un poste mal défini et des moyens insuffisants.

Rachadi Saindou, lui, assure ne pas avoir imposé ce recrutement. Il aurait orienté M. M’déré vers son DGS lorsque ce dernier se serait présenté pour demander du travail. Il reconnaît avoir signé le contrat, mais affirme que le dossier avait été instruit par ses services. « Je ne me suis jamais immiscé dans l’administration », a-t-il soutenu. Le président de la cour l’a toutefois rappelé à la portée de sa signature : un élu ne peut pas se présenter comme une simple chambre d’enregistrement. Signer, c’est engager sa responsabilité.

Le second volet, plus technique, touche aux marchés publics attribués à May Environnement. La société, créée avec un capital de 1 000 euros, est apparue à l’audience comme une structure pour le moins fragile au regard des marchés obtenus. L’avocate générale s’est étonnée qu’une société portée par un ex-militaire et une esthéticienne, sans expérience évidente dans le curage ou les travaux publics, puisse se voir confier des opérations de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La question des liens personnels a occupé une place centrale. Les prévenus ont minimisé leur proximité, tout en reconnaissant évoluer dans la même famille politique. La défense a toutefois contesté la formulation du jugement de première instance, qui évoquait une appartenance commune aux parti Les Républicains : selon elle, leurs parcours relèvent plutôt d’une même filiation politique, passée par le RPR, l’UMP, Agir puis LR, sans que Salime M’déré ait été élu sous l’étiquette LR à Bouéni. Une nuance qui n’a pas totalement dissipé les interrogations de la cour, sur un territoire où, comme l’a résumé l’un des prévenus, « tout le monde se connaît ».

Autour de May Environnement, les liens sont apparus plus sensibles encore. Le chef d’entreprise et Rachadi Saindou évoluent dans la même équipe de football. S’y ajoutent des liens familiaux indirects. Autant d’éléments qui, pour l’accusation, rendent difficilement audible la version d’une simple relation distante ou fortuite. « 145 appels téléphoniques en deux ans, et vous dites que vous ne vous connaissiez pas ? » s’est étonné le président.

Le parquet soupçonne May Environnement d’avoir bénéficié de marchés fractionnés afin d’éviter les règles de mise en concurrence. Le dossier de Kawéni illustre, selon le parquet, le mécanisme du « saucissonnage ». La Cadema a d’abord signé un marché de 85 800 euros pour curer une partie de la rivière, mais les travaux ne permettaient pas d’aller jusqu’à la mangrove. Un second marché, de 58 800 euros, a donc suivi. Pour l’avocate générale, il ne s’agissait pas de deux besoins distincts mais d’un seul chantier de 144 600 euros, découpé artificiellement en deux. À Tsararano, le parquet relève le même soupçon : la rénovation des caniveaux aurait été découpée en quatre contrats, alors qu’elle relevait selon lui d’une seule opération dépassant les 100 000 euros et nécessitant donc une procédure plus contraignante.

La défense conteste toute intention frauduleuse. Me Thierry Gangate, avocat de Rachadi Saindou, a plaidé la désorganisation de la Cadema, une jeune intercommunalité manquant de cadres, de procédures internes et de moyens. « C’était le bordel », a-t-il résumé. Un argument renforcé par la loi du 22 décembre 2025, qui impose désormais de démontrer que la prise illégale d’intérêts a été commise « en connaissance de cause ». Autrement dit, il ne suffirait pas de reprocher à l’ancien président d’avoir signé les dossiers : il faudrait établir qu’il savait favoriser un intérêt privé.

Par la suite, la défense a choisi une ligne offensive : renvoyer la responsabilité vers une autre figure politique : Roukia Lahadji, ancienne maire de Chirongui. D’après les avocats, celle qui a instruit le dossier aurait été à la manœuvre. Une société liée à son entourage serait même intervenue en sous-traitance. Ils soutiennent que des flux financiers auraient existé entre May Environnement et Roukia Lahadji.

Autrement dit, l’ancien président de la Cadema n’aurait été ni l’architecte ni l’organisateur du fractionnement reproché, mais le signataire final d’une chaîne administrative défaillante. Le parquet, lui, estime qu’il ne pouvait ignorer les avantages accordés à une société aussi proche de son environnement personnel.

Le troisième volet concerne l’achat du véhicule de fonction de la présidence de la Cadema : un Toyota Highlander, d’une valeur de 56 180 euros. Pour le parquet, ce marché pose deux problèmes. D’abord, son montant aurait été divisé en tranches pour contourner les règles de la commande publique. Ensuite, le cahier des charges aurait été rédigé de manière trop précise : couleur grise, sièges en cuir, toit panoramique, caractéristiques proches d’un modèle déterminé pour favoriser un fournisseur.

La défense, elle, relève une contradiction dans ce raisonnement. Si la collectivité avait voulu échapper aux règles de la commande publique, pourquoi aurait-elle organisé une mise en concurrence avec un cahier des charges détaillé ?

Rachadi Saindou affirme avoir uniquement demandé un véhicule robuste. « Il me fallait une voiture costaud pour traverser les barrages et qui respecte la transition écologique », a-t-il expliqué. Mais certains critères ont retenu l’attention, notamment le toit panoramique. Pour l’accusation, difficile de voir en quoi cet équipement répondait à un impératif de sécurité ou de résistance aux caillassages. La défense répond que l’acheteur public peut définir librement ses besoins, dès lors que plusieurs véhicules disponibles à Mayotte pouvaient correspondre au cahier des charges.

Avant le fond, les avocats avaient tenté d’obtenir l’annulation d’une partie de la procédure. Ils ont dénoncé un défaut d’impartialité des enquêteurs, rappelant que Rachadi Saindou avait été gendarme réserviste et que l’enquête avait été confiée à des gendarmes de son unité. La défense a aussi évoqué un enquêteur « tout sauf impartial », qui aurait écrit à l’employeur de l’épouse de Rachadi Saindou pour suggérer des suites administratives.

L’avocate générale a demandé le rejet de ces nullités. Elle a toutefois reconnu qu’une audition avait été irrégulièrement conduite sous le statut de témoin, privant le mis en cause de certains droits. Ce procès-verbal avait déjà été annulé en première instance.

Devant la cour d’appel de Mamoudzou, le ministère public a demandé la confirmation des condamnations prononcées en première instance.

Rachadi Saindou, ancien président de la Cadema (communauté d’agglomération Mamoudzou-Dembéni), avait été condamné en juin 2024 à deux ans de prison dont un an avec sursis, sous bracelet électronique pour la partie ferme, 50 000 euros d’amende, quatre ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et deux ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique avec sursis. Relaxé pour corruption, il avait été reconnu coupable de prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et favoritisme. Il avait alors perdu son mandat.

Salime M’déré, ex-premier vice-président du Département de Mayotte, qui a bénéficié du contrat de travail soupçonné d’être fictif au sein de la Cadema, avait écopé d’un an de prison dont six mois avec sursis, également aménagé en détention à domicile, de 25 000 euros d’amende, de deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et de deux ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique avec sursis. Il avait été reconnu coupable de recel de prise illégale d’intérêts et de recel de détournement de fonds publics.

La société May Environnement avait elle été condamnée pour recel de favoritisme à 10 000 euros d’amende, trois ans d’interdiction de marchés publics et à la confiscation de son camion.

Dans une plaidoirie très politique, Me Thierry Gangate a élargi le débat à la place de Mayotte dans la République. « La loi pénale doit être la même partout sur le territoire, la loi sociale aussi », a-t-il lancé, dénonçant ce qu’il considère comme une sévérité particulière envers les élus mahorais. Pour la défense, Rachadi Saindou est devenu le symbole d’une exigence pénale appliquée avec dureté dans un territoire où les collectivités fonctionnent souvent avec des moyens limités.

La cour devra désormais arbitrer entre deux récits. Pour le ministère public, celui d’un élu qui aurait utilisé ses fonctions pour favoriser des proches, des alliés ou des intérêts privés. Pour la défense, celui d’un responsable politique pris dans les défaillances d’une administration locale désorganisée, à qui l’on reproche aujourd’hui d’avoir signé des dossiers construits par d’autres.

Le délibéré sera rendu le 1er octobre.

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Basket Santé : un programme sportif et ludique avec Fuz’Ellipse

Basket Santé : un programme sportif et ludique avec Fuz’Ellipse

Titulaire du label « Basket Santé », le club Fuz’Ellipse a poursuivi, ce samedi 6 juin, son initiative dédiée au bien-être physique, mental et social à travers la pratique du basket-ball loisir. Tout au long du mois de juin, le club propose un programme de séances adaptées à tous les publics : jeunes, seniors, débutants, joueurs confirmés et personnes en situation de handicap. Cette pratique inclusive favorise l’activité physique, l’épanouissement personnel et le vivre-ensemble.

Ce matin-là, à 8 h, le terrain de basket de Cavani est baigné de soleil. Il accueille une dizaine de participants, parmi lesquels des mères de famille et leurs enfants. Un horaire pensé pour concilier les disponibilités des familles avec des conditions d’entraînement et météorologiques favorables.

L’activité est ouverte à tous, de 9 à 90 ans, sous réserve de la présentation d’un certificat médical. Après quelques consignes de l’encadrante, la séance débute. Elle dure 45 minutes. Les pratiquants commencent par un échauffement, étape essentielle de l’activité. S’ensuivent ensuite trois ateliers de trois minutes chacun, avec rotation des groupes. Ils comprennent des tirs au panier en position assise sur un banc, des exercices de dribble sur de courtes distances, ainsi que des ateliers de coordination et de renforcement du haut du corps.

Pour rappel, cette activité a pour objectif de lutter contre la sédentarité, qui désigne un état d’éveil ou un mode de vie caractérisé par une très faible dépense énergétique. Les encadrants veillent particulièrement à la posture et à la gestion de la respiration de chacun.

Mélodye Leclere, bénévole, joueuse et arbitre au sein du club Fuz’Ellipse, est responsable de cette animation. Elle nous en dit davantage : « Le public est amené à fournir un effort intermittent. Nous lui apprenons à mettre en pratique des gestes simples du quotidien dans une dynamique de bien-être, grâce aux fondamentaux du basket-ball. »

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale rappelle qu’en 2023, le taux d’obésité à Mayotte s’élevait à 47 %. Mélodye le confirme et souligne l’importance de cette action : « Les chiffres de l’obésité explosent sur le territoire. Pour le bien de tous, il faut répondre à cette problématique. Nous voulons accompagner les citoyens et leur proposer une activité physique accessible. Le basket est un sport populaire, particulièrement à Mayotte. C’est aussi l’occasion de faire découvrir qu’il existe différentes formes de pratique favorisant l’inclusion. »

Entre effort, rires et cohésion, les activités se poursuivent. Les encadrants se montrent attentifs et encourageants, les parents écoutent avec intérêt et les enfants débordent d’énergie.

Une participante nous fait part de son expérience : « Nous n’avons pas le temps de faire du sport tous les jours, alors nous profitons du week-end pour venir nous défouler un peu, et surtout parce que c’est bon pour la santé. Je suis venue avec mes deux fils. Je sais que les gestes effectués ici seront reproduits à la maison, par exemple la manière de s’accroupir ou de ramasser des objets. Les enfants m’en reparleront sûrement avec insistance ! »

La séance se termine par un jeu de passe à dix particulièrement dynamique.

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Handicap : une mobilisation historique à Mayotte pour préparer l’avenir

Handicap : une mobilisation historique à Mayotte pour préparer l'avenir
* image d'illustration générée par ia

Le Département-Région de Mayotte a organisé ce vendredi 5 juin 2026 la première Conférence territoriale du handicap, un rendez-vous inédit qui marque une étape décisive dans la construction d’une politique publique plus ambitieuse, plus inclusive et davantage adaptée aux réalités du territoire mahorais.

Réunie à l’Hémicycle Younoussa Bamana, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation de la Conférence nationale du handicap (CNH) 2026, présidée par le Président de la République. Elle a rassemblé l’ensemble des acteurs engagés dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap : représentants de l’État, collectivités territoriales, Agence Régionale de Santé, Maison Départementale des Personnes Handicapées, Rectorat, partenaires institutionnels, professionnels du secteur médico-social, associations, aidants, familles et personnes concernées.

Un moment de dialogue et de co-construction au service du territoire

Face aux défis spécifiques auxquels est confrontée Mayotte, cette conférence a permis d’ouvrir un espace de réflexion collective afin d’identifier les besoins prioritaires du territoire et de construire des réponses adaptées aux réalités locales.

L’objectif est clair : faire émerger des propositions concrètes et opérationnelles susceptibles d’améliorer durablement le parcours de vie des personnes en situation de handicap, tout en contribuant aux orientations nationales qui seront définies lors de la Conférence nationale du handicap 2026.

Au cours de cette matinée de concertation, les participants ont partagé un état des lieux territorial des politiques du handicap, des dispositifs existants et des besoins encore insuffisamment couverts. Les échanges ont également permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les familles, les professionnels et les personnes concernées dans leur quotidien.

Une mobilisation collective autour de trois enjeux majeurs

Les travaux se sont articulés autour de trois grandes thématiques qui constituent aujourd’hui les principaux défis du territoire : L’enfance et l’inclusion scolaire.

Les échanges ont porté sur le repérage précoce des troubles, l’accès au diagnostic, l’accompagnement des enfants et de leurs familles ainsi que le renforcement des dispositifs favorisant l’inclusion scolaire. Les acteurs ont souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les secteurs sanitaire, médico-social et éducatif afin de garantir un accompagnement plus efficace dès le plus jeune âge.

L’insertion et l’autonomie

L’accès à la formation, à l’emploi et à l’autonomie constitue un enjeu essentiel pour les personnes en situation de handicap à Mayotte. Les partenaires institutionnels et associatifs ont partagé leurs expériences et formulé des propositions visant à renforcer l’insertion professionnelle, développer les parcours adaptés et favoriser l’accès aux droits.

Les débats ont également mis en évidence la nécessité de renforcer l’accessibilité, la participation citoyenne, les activités sportives et culturelles ainsi que les dispositifs favorisant l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap.

Des défis considérables pour un territoire jeune et en pleine évolution

Avec une population particulièrement jeune et des besoins en constante augmentation, Mayotte doit faire face à des enjeux majeurs en matière d’accès aux soins spécialisés, de développement de l’offre médico-sociale, d’accompagnement des personnes en situation de handicap et de soutien aux aidants.

Conscient de ces défis, le Département-Région de Mayotte poursuit son engagement en faveur d’une société plus inclusive. Cette dynamique s’appuie notamment sur la convention signée le 19 février 2025 entre le Département-Région de Mayotte, l’État et l’Agence Régionale de Santé, mobilisant 70 millions d’euros sur la période 2024-2030 pour renforcer l’offre médico-sociale à destination des personnes en situation de handicap et des personnes âgées.

Construire le service public de l’autonomie de demain

Cette conférence a également permis de présenter les perspectives de création du futur Service Public Départemental de l’Autonomie (SPDA) ainsi que de la Maison Départementale de l’Autonomie.

Ces dispositifs ont vocation à simplifier les démarches administratives, renforcer la coordination entre les acteurs du territoire et améliorer l’accompagnement des usagers et de leurs familles grâce à un accès plus lisible, plus fluide et plus efficace aux services publics.

Trois priorités territoriales pour porter la voix de Mayotte au niveau national

À l’issue des échanges, plusieurs constats partagés et propositions prioritaires ont émergé. Ils serviront de base à l’élaboration des trois priorités territoriales qui seront transmises au

Gouvernement dans le cadre des travaux préparatoires de la Conférence nationale du handicap 2026.

À travers cette démarche participative, Mayotte affirme sa volonté de placer les personnes en situation de handicap au coeur de l’action publique et de construire, avec l’ensemble des acteurs concernés, une société plus inclusive, plus accessible et plus solidaire.

La Conférence territoriale du handicap constitue la contribution officielle de Mayotte à la préparation de la Conférence nationale du handicap 2026. Elle vise à associer l’ensemble des acteurs du territoire à la définition des priorités locales afin de faire remonter les besoins spécifiques de Mayotte au niveau national.

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Mesdames et messieurs les élus, il y a urgence !

Mesdames et messieurs les élus, il y a urgence !

On croit souvent à Mayotte que la vie politique va d’une élection à l’autre, d’un mandat à un autre, et que les intervalles constituent une sorte de trêve en attendant le prochain scrutin, le prochain affrontement… Or il n’y a jamais de trêve en politique. Il faudrait surtout envisager cet intervalle comme un temps de réalisation des projets.

Depuis le 15 mars dernier, les Mahorais ont successivement élu leurs dix-sept maires, leurs présidents des quatre communautés des communes ainsi que ceux du LEMA et du SIDEVAM.  Ces différentes étapes étant désormais franchies, et passés les félicitations d’usage et les déceptions compréhensibles, l’heure est désormais à l’immense chantier qui s’ouvre devant nous.


Voici quinze ans exactement, Mayotte devenait le 101ième département français. Quinze ans plus tard, il est évident que les promesses faites à la population mahoraise n’ont pas été tenues. Chacun se rappelle les milliards de crédits qui étaient promis et qui allaient se déverser sur Mayotte pour assurer enfin le décollage du développement. Malgré les assurances plusieurs fois réitérées par les différents gouvernements ces dernières années et surtout après le passage cataclysmique du cyclone CHIDO, le 14 décembre 2024, qui a eu d’importantes répercussions sur la vie quotidienne des habitants de Mayotte et qui a généré au contraire une dégradation continuelle du quotidien des Mahorais, le dossier de la reconstruction de Mayotte est toujours au point mort. Il ne s’agit dans ce propos d’évoquer uniquement des reliefs des dégradations des bâtiments post CHIDO, il s’agit ici de la forte dégradation de la vie sociale et économique des Mahorais. La population souffre !

Les problèmes s’accumulent.

Aujourd’hui, l’actualité est là pour nous rappeler toutes les difficultés que subissent les Mahorais. L’activité n’a jamais été aussi modeste, les entreprises souffrent et tous les grands projets de désenclavement aérien (piste longue) et terrestre (voies des communications) impatiemment attendues par tous les Mahorais sont en sommeil. Le billet d’avion Mayotte – Paris est toujours aussi cher. Les pénuries d’eau potable sont récurrentes depuis 2017. L’agriculture qui tenait une place centrale dans la société mahoraise[1], a perdu de son importance malgré une demande croissante. Par ailleurs, l’évolution de la société mahoraise a fait apparaître une modification des comportements alimentaires, préjudiciables à la santé qui sont, comme en métropole difficiles à contrecarrer. Les maladies cardio-réno-métaboliques, dites de « civilisation » se développent : diabète, hypertension artérielle, obésité, insuffisance rénale, cancers voire pathologies mentales. Et le coût élevé des produits (légumes, fruits…) voire les ruptures d’approvisionnement rendent encore plus compliquée la promotion d’une alimentation équilibrée. La gestion des déchets solides et liquides est particulièrement défaillante ou inexistante. La politique de salubrité publique est un échec. La population souffre de son exposition à des risques sanitaires majeurs. L’espace collectif est négligé par l’individu. L’attractivité de l’île en est particulièrement amoindrie ce qui nuit à son développement, notamment pour ce qui concerne l’activité touristique.

Une autre observation, non moins préoccupante, concerne la dégradation de la protection sanitaire à Mayotte. Il ne s’agit pas d’affoler les populations, mais il faut demeurer attentif à la réapparition récente de plusieurs signes d’endémo-épidémies que l’on croyait éradiquées : paludisme avec 197 cas confirmés de paludisme enregistrés sur le territoire depuis le début de l’année 2026, dont 71 cas suspectés d’être acquis localement, 109 cas importés et 17 cas de statut indéterminé selon Santé Publique France. Le chikungunya avec 1 311 cas confirmés en ce début d’année, dépasse le nombre total de cas recensés lors de l’épisode de 2025, qui s’élevait à 1 266 cas. Le Choléra, avec 37 cas, d’après un bilan des autorités sanitaires de Mayotte communiqué à l’AFP le 03 mai 2024, a déclenché la venue du Ministre de la santé à Mayotte les 9 et 10 mai 2026[2] .

Cette situation est liée, me semble-t-il aux conditions désastreuses d’hygiène où vit à Mayotte, une grande partie de la population et dont certaines personnes sont issues d’une immigration étrangère et irrégulière, en dépit de l’irritation de la population.

Très logiquement depuis 2011, Mayotte est marquée par une augmentation de la violence jusqu’à parfois l’homicide, par des tensions sociales et des grèves dans des nombreux secteurs, par la cherté de la vie (2011), par des récurrentes crises : d’eau depuis 2017, mouvement social contre l’insécurité et l’immigration clandestine (2018, 2023) et les drames de l’immigration clandestine en terre française, liés aux naufrages des kwassa-kwassa, présentant le lagon de Mayotte comme l’un des plus grands cimetières de la région. Ce dernier point qui est loin d’être rare, est mal documenté. Nous ne disposons toujours pas de chiffres formels.

En résumé, depuis 2011, Mayotte est surtout marquée par cette grande déception de la population dans l’extension des droits sociaux individuels. Pendant ce temps, l’économie mahoraise est toujours la proie de certains aventuriers et le réceptacle de l’immigration clandestine, devenue un décor désormais permanent. La déception de la population est à la mesure des promesses faites et non tenues. Cela ne peut pas durer longtemps !

Conclusion

Plutôt que de lancer des actions et des orientations qui heurtent profondément la majorité des Mahorais et accentuent en particulier les discriminations sociales ou s’aventurer dans un projet de construction d’un camp de réfugiés à Mayotte et rendre l’île encore plus attractive à l’immigration irrégulière, on devrait apporter aux Mahorais quelques avancées sociales de base, comme par exemple,  un alignement de leurs droits sociaux sur ceux des autres français, généraliser à Mayotte, une plus grande diversité de modes d’accueil de la petite enfance, dont  les crèches, ouvrir des cantines ou des lieux de restauration intégrés ou en proximité de leurs lieux de travail, ce qui libéreraient les femmes de tâches domestiques astreignantes et leur permettraient de travailler dans une plus grande sérénité. La liste des progrès sociaux de base à mettre en place ou à développer rapidement pour réduire les inégalités sociales entre Mayotte et l’Hexagone ne se limite pas ces quelques exemples énumérés pour étayer cet article. Il en faut bien d’autres…

Enfin, il faudrait aujourd’hui à la nouvelle génération d’élus fraîchement entrée en fonction, au-delà de leurs sensibilités politiques, orienter principalement leurs actions politiques vers la satisfaction des besoins et des attentes des Mahorais. Toute autre démarche ne serait qu’illusion et parfois source de désespérances dangereuses.

Il est urgent d’agir réellement pour Mayotte et les Mahorais !

[1] Contrat de projet 2007-2011, p12

[2][2] https://www.ouest-france.fr/sante/maladies/37-cas-de-cholera-desormais-detectes-a-mayotte-cinq-questions-sur-cette-maladie-018bf302-085c-11ef-82e4-0c4a28978b68

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Aéroport de Mayotte : avis de turbulences dans les airs

Aéroport de Mayotte : avis de turbulences dans les airs

Le trafic aérien à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi pourrait être fortement perturbé à partir de ce week-end si la société EDEIS ne parvient pas à trouver un accord avec son personnel d’ici là. Réuni en intersyndicale le samedi 6 juin 2026, l’ensemble des salariés de la plateforme aéroportuaire, tous services confondus, a décidé de déposer un préavis de grève. Celui-ci a été officiellement transmis à la direction dans les premières heures de la journée du dimanche 7 juin.

À peine la haute saison a-t-elle débuté qu’une menace de grève illimitée plane déjà sur l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026, l’ensemble des organisations syndicales représentatives du personnel (FO, CFDT, SNEP-CFTC et SNSP-PAT) a annoncé son intention d’engager un mouvement social dans un délai de cinq jours si aucun accord n’est trouvé avec la direction d’EDEIS-GISM Mayotte Airport Security, gestionnaire de la plateforme.

Dans un courrier rendu public au cours de la nuit, les représentants du personnel et les organisations syndicales signataires informent de leur décision d’engager un mouvement collectif afin d’obtenir des réponses satisfaisantes à plusieurs revendications.

En premier lieu, ils réclament un renforcement des moyens humains et matériels afin de « garantir des conditions de travail adaptées et un fonctionnement optimal des services ».

Ils demandent également à la direction d’investir davantage dans les infrastructures et de les moderniser, seule solution selon eux pour « assurer aux voyageurs comme aux salariés un niveau de service digne d’un aéroport international ».

Trois autres revendications complètent leur plateforme :

  • une revalorisation générale des salaires de 10 % pour l’ensemble des services ;
  • le développement de la promotion interne ;
  • le renforcement de la formation professionnelle et l’accès à des postes à responsabilité.

Enfin, l’intersyndicale réclame la mise en place d’une prime exceptionnelle annuelle de 4 000 euros. Selon les syndicats, cette mesure constituerait une reconnaissance de l’engagement des salariés ainsi que des contraintes opérationnelles auxquelles ils sont quotidiennement confrontés dans le fonctionnement de l’aéroport.

Les représentants du personnel justifient ce recours à la grève par l’absence de réponses concrètes à de nombreuses démarches entreprises depuis plusieurs mois auprès de la direction d’EDEIS.

L’intersyndicale précise que le mouvement social durera aussi longtemps que nécessaire tant qu’elle n’aura pas obtenu satisfaction sur l’ensemble de ses cinq revendications.

Autre élément important : « L’ouverture de discussions ou de négociations ne suspendra pas automatiquement le mouvement de grève. Celui-ci demeurera soumis à l’appréciation de l’intersyndicale et des salariés mobilisés », préviennent les syndicats.

Ces derniers estiment avoir respecté l’ensemble des dispositions légales et réglementaires applicables au droit de grève dans les activités relevant du transport aérien.

Ils assurent enfin que ce mouvement n’a d’autre objectif que la défense des intérêts professionnels, économiques et sociaux des agents de l’aéroport.

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Mamoudzou : les élèves de l’École de musique brillent sur scène entre tradition et modernité

Mamoudzou : les élèves de l’École de musique brillent sur scène entre tradition et modernité

Concours de machévé, démonstrations de danse traditionnelle et concerts de piano et de basse : l’École de musique de Mamoudzou a organisé une journée dédiée à la valorisation de ses élèves. Une initiative qui met en avant les jeunes talents tout en préservant le patrimoine culturel mahorais.

Mamoudzou célèbre les talents de demain

À Mamoudzou, la musique et la culture étaient à l’honneur. L’École de musique a ouvert ses portes au public pour une journée consacrée à ses élèves, leur offrant l’occasion de démontrer le fruit de leur apprentissage devant leurs familles, leurs enseignants et de nombreux spectateurs. Entre tradition et musique contemporaine, l’événement a illustré la diversité des enseignements proposés par l’établissement.

Cette manifestation avait un double objectif : valoriser le travail des jeunes artistes et transmettre les richesses du patrimoine culturel de Mayotte aux nouvelles générations.

Un concours de machévé pour ouvrir les festivités

La journée a débuté par un concours de machévé, un accessoire sonore porté aux pieds des danseurs et utilisé pour accompagner le chakachaa, une danse traditionnelle emblématique de Mayotte. À chaque mouvement, les machévé produisent un rythme qui participe pleinement à la performance artistique.

Les candidats se sont succédé devant le jury et le public dans une ambiance à la fois festive et studieuse. Chacun devait démontrer sa maîtrise technique ainsi que sa capacité à respecter les codes de cette tradition culturelle.

Le jury, composé de personnes expérimentées, a évalué les prestations selon plusieurs critères. Une attention particulière a été portée au serrage des machévé, élément essentiel pour obtenir une sonorité harmonieuse et garantir la qualité de l’exécution. La précision des mouvements, la coordination et l’expression artistique faisaient également partie des critères de notation.

Au-delà de la compétition, ce concours constitue un véritable outil de transmission. Il permet aux jeunes de découvrir et de préserver une pratique culturelle qui fait partie de l’identité mahoraise.

Les élèves musiciens sous les applaudissements

Après cette première séquence consacrée aux traditions, la scène a laissé place aux élèves musiciens. Les apprentis pianistes ont offert au public un concert mêlant émotion et maîtrise technique. Les morceaux interprétés ont témoigné des progrès réalisés au fil de leur formation et de leur investissement quotidien.

Malgré le trac, les jeunes artistes ont su captiver l’auditoire. Chaque prestation a été saluée par de chaleureux applaudissements, récompensant des mois de travail et de répétition.

La basse a également trouvé sa place dans cette représentation. Les élèves de cette discipline ont démontré l’importance de cet instrument dans l’accompagnement musical, apportant profondeur et rythme aux différentes interprétations.

Mettre les élèves en lumière

L’événement a aussi été l’occasion de mettre en valeur les élèves à travers des moments de reconnaissance, notamment avec une séance photo, symbole de leur engagement et de leur progression. Pour l’École de musique de Mamoudzou, il est essentiel de donner confiance aux jeunes en leur offrant une scène où ils peuvent exprimer leur talent devant un public.

Cette journée illustre le rôle de l’établissement dans la formation artistique, mais aussi dans la préservation du patrimoine culturel local. En associant traditions mahoraises et enseignement musical, l’école contribue à former des jeunes ouverts à la diversité artistique tout en restant attachés à leurs racines.

Une mission de transmission

À travers cette initiative, l’École de musique de Mamoudzou rappelle que la musique est bien plus qu’un apprentissage technique : elle est un vecteur de partage, d’identité et de cohésion sociale. En mettant ses élèves au premier plan, l’établissement valorise leurs efforts et encourage l’émergence des talents de demain, tout en faisant vivre les traditions qui constituent la richesse culturelle de Mayotte.

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Comores : le baccalauréat interdit aux moins de 17 ans

Comores : le baccalauréat interdit aux moins de 17 ans

Citant une loi révisée en 2021, le ministère de l’éducation s’est englué dans une polémique en déterrant une mesure qui prive aux enfants de moins de 10 ans toute participation au concours d’entrée en sixième.

Au cours de ces trois dernières années, les candidats benjamins qui décrochent le baccalauréat sont toujours âgés entre 14 et 15 ans. Mais cela pourrait ne pas être possible désormais depuis que le ministère de l’éducation a annoncé que passer l’examen d’entrée en sixième était interdit aux enfants de moins de 10 ans.

Depuis une semaine cette information circule. Mais ce 5 juin, un responsable du ministère a levé toute ambiguïté. Dans un entretien accordé à plusieurs médias, dont Al-watwan, le secrétaire général du ministère, Saïd Soulé a confirmé l’application de cette mesure, qui selon lui existe depuis 5 ans. Ce dernier a cité la loi sur l’orientation de l’éducation en vigueur pour appuyer son propos. En effet, ce texte amendé en 2021 dispose dans son article 7 que tout enfant âgé de 3 à 5 ans a droit à une éducation préélémentaire aux besoins fondamentaux de l’éducation, et du développement psychomoteur, complété par l’éducation familiale et sociale lui permettant d’acquérir les instruments fondamentaux de la connaissance ainsi que des capacités d’auto apprentissage.

« Donc, cela veut dire qu’un enfant qui a respecté le cursus ne peut avoir moins de 10 ans une fois à la classe de CM2. Sinon expliquez-moi comment un élève inscrit à l’école à 3 ans puisse passer l’entrée en sixième à 8 ans« , s’interroge, le secrétaire général du ministère de l’Éducation. Aux Comores, le niveau préélémentaire assuré exclusivement par le secteur privé est composé de trois classes, petite, moyenne et grande section. Soit donc trois ans obligatoires. A cela vont s’ajouter les 7 ans du collège et du lycée.

En déterrant cette règle, le ministre envoie un message à l’endroit des élèves comoriens: les bacheliers doivent avoir au moins 17 ans. Une partie de l’opinion parle d’un recul, à un moment où avoir le bac à 14 ans ou 15 ans se généralise. En 2023, le benjamin national avait décroché son baccalauréat à la série D, à l’âge de 13 ans et huit mois. L’année dernière, à la Grande Comore, deux bacheliers étaient âgés de moins de 15 ans.

Maturité et aspects psychologiques

Pour le secrétaire général, Saïd Soulé, cette règle vise à limiter un laisser-aller qui prend de l’ampleur. « Certains affirment qu’il y a des élèves doués méritant de sauter des classes. Mais sur quelles bases, se permettent-ils de les qualifier de génies. Car le ministère n’a jamais reçu les notes d’un élève pour une validation d’acquis. Le problème, dès qu’on essaie de mettre de l’ordre, d’appliquer la loi, il y a toujours des polémiques« , déplore le numéro 2 du ministère de l’éducation nationale qui a avancé d’autres raisons pour justifier l’obligation de maintenir l’âge de 10 ans pour l’entrée en sixième. « Il y a des aspects psychologiques à tenir en compte. Un enfant de 15 ans manque de maturité et ne dispose pas de capacités d’adaptation à l’université. Parfois des chancelleries comme la France leur refusent les visas à cause de l’âge.

Des parents sont obligés de partir avec leurs enfants de bas âges à l’étranger. Ce sont tous des enjeux qu’on ne peut ignorer« , note le responsable éducatif qui appelle à un accompagnement. Peine perdue visiblement puisque depuis la révélation de cette mesure, nombreuses voix s’élèvent pour la dénoncer. « Les responsabilités sont partagées. D’abord par les parents qui ont inscrit ces enfants avant l’âge requis. Les écoles aussi auraient dû respecter des textes. Quant au ministère, le minimum est de recaler les dossiers dès le début au lieu d’attendre jusqu’à la veille des examens pour annoncer leur exclusion« , a déploré, Ali Bacar, un ancien directeur d’une école privée de Moroni qui pointe du doigt une pointe du doigt une, sensibilisation tardive. « Cette mesure présente des avantages et des inconvénients. Interdire aux moins de 9 ans permet de respecter le rythme de développement de l’enfant, dont certains peuvent manquer de maturité. Elle réduit aussi la pression scolaire car les parents et les enseignants seront moins tentés à accélérer les scolarités des enfants. Enfin, la règle du ministère favorise harmonisation des âges dans les classes et une meilleure consolidation des acquis fondamentaux« , soutient, en revanche un directeur d’une école privée de la capitale qui a opté pour l’anonymat.

Démotivation des élèves précoces

Toutefois, reconnait-il, la mesure n’est pas sans conséquences. « Les élèves précoces seront les plus touchés avec un risque de démotivation. Il y a des enfants performants qui pourraient être pénalisés malgré leurs capacités pédagogiques. Les familles ne sont pas en reste. Dans certaines régions, la réussite scolaire est très valorisée, cette mesure a de fortes chances d’être perçue comme une injustice« , alerte notre enseignant qui confirme que son établissement suit au moins deux enfants âgés de 9 ans qui sont en classe de 6ème. « Par rapport à ce débat, la question centrale est de savoir si l’examen d’entrée en sixième doit dépendre principalement de l’âge de l’enfant ou de ses compétences et de sa maturité. Un système prévoyant des dérogations pour les élèves exceptionnellement doués pourrait constituer un compromis« , croit-il savoir.

Maintenant la question qui se pose est : que vont-devenir ces enfants recalés ? A Moroni, au moins trois établissements privés seraient concernés par ces cas. A l’école franco-arabe, la direction pourrait se voir priver de ses meilleurs espoirs à cause de l’âge. « Ma sœur est abattue quand on lui a annoncé cette terrible nouvelle. Son enfant fait partie des meilleurs de la classe qui ont décroché le sixième blanc, une sorte d’examen test que les écoles organisent à moins de deux mois du concours national« , s’est confiée Fatima, dont les neveux âgés de moins de 10 ans pourraient manquer l’entrée en sixième qui débute le 14 juillet prochain.

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Tsararano : quatre adolescents poursuivis après les violences de jeudi matin

Tsararano : quatre adolescents poursuivis après les violences de jeudi matin
* image d'illustration générée par ia

Quatre mineurs ont été présentés ce jeudi devant le juge des enfants, après les violences survenues dans la matinée à Tsararano, dans la commune de Dembéni. Trois d’entre eux sont âgés de plus de 16 ans, le quatrième a moins de 16 ans.

Tous ont été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement devant le tribunal pour enfants.

Jeudi matin, plusieurs incidents avaient mobilisé les gendarmes et les secours dans le secteur. Des violences ont notamment éclaté au lycée de Tsararano, entraînant le confinement de l’établissement puis l’évacuation progressive des élèves sous encadrement des militaires.

Au total, huit jeunes avaient été interpellés lors des opérations de sécurisation. Un élève avait également été évacué vers le centre hospitalier de Mamoudzou après avoir été blessé par un coup de tournevis dans le dos. Trois autres élèves avaient été pris en charge après des malaises.

Des automobilistes avaient aussi été visés par des jets de projectiles près du rond-point de Tsararano, où plusieurs véhicules avaient été endommagés. Selon la gendarmerie, des groupes adverses s’étaient ensuite retranchés sur les hauteurs du village, avant d’être contenus par les forces de l’ordre.

ETPC lance son premier « Mwendro Wa ETPC »

ETPC lance son premier « Mwendro Wa ETPC »

Les amateurs de sport et de plein air ont rendez-vous le dimanche 14 juin 2026 à Koungou pour la première édition de « Mwendro Wa ETPC », un événement sportif et convivial organisé par ETPC Mayotte en partenariat avec l’Athletic Club des Jeunes de Koungou (ACJK).

Installée à l’entrée de la carrière de Koungou, cette manifestation vise à rassembler les habitants autour des valeurs du sport, du partage et du vivre-ensemble. À travers cette initiative, ETPC Mayotte entend renforcer son ancrage local et poursuivre le dialogue avec les riverains en soutenant des actions fédératrices au bénéfice du territoire.

Au programme : une marche populaire de 5 kilomètres autour de la carrière avec une traversée des quartiers de Koungou, un trail de 8 kilomètres destiné aux plus sportifs, ainsi que plusieurs animations culturelles et de découverte pour petits et grands. L’objectif est d’offrir une journée placée sous le signe de la convivialité, de la découverte et de l’activité physique.

Les inscriptions sont ouvertes sur la plateforme HelloAsso. Les organisateurs invitent dès à présent les participants à réserver leur place pour cette première édition qui ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable du calendrier sportif local.

ETPC Mayotte et l’ACJK remercient l’ensemble de leurs partenaires institutionnels, associatifs et privés pour leur soutien et leur engagement en faveur du développement du sport et de la cohésion sociale à Mayotte.

Labattoir : une comédie musicale originale sur la paix et le vivre-ensemble

Labattoir : une comédie musicale originale sur la paix et le vivre-ensemble

Les élèves du collège de Labattoir présenteront, vendredi 5 juin 2026, la comédie musicale « Amani et la paix retrouvée », à la Halle aux sports de l’établissement, de 15h à 17h. Écrite et composée par Malo de Framond, cette création originale en quatre actes mêle théâtre, chant et jeu scénique. Inspiré de l’univers Disney, le spectacle raconte l’histoire d’Amani, jeune fille mystérieuse dotée d’un pouvoir de paix, dans un récit ancré dans la réalité mahoraise. Porté par des élèves sélectionnés sur audition, le projet aborde avec sensibilité les enjeux du vivre-ensemble à Mayotte.

Chiner, vendre et faire de la place : le vide-greniers de Mamoudzou revient le 5 juillet

Chiner, vendre et faire de la place : le vide-greniers de Mamoudzou revient le 5 juillet

La Ville de Mamoudzou lance les inscriptions pour la deuxième édition de son vide-greniers. Les particuliers ont jusqu’au 30 juin pour réserver leur emplacement sur le remblai de M’tsapéré.

Après une première édition qui avait attiré de nombreux habitants, le vide-greniers de Mamoudzou fera son retour le dimanche 5 juillet prochain. Organisé par la municipalité sur le remblai de M’tsapéré, face à la mosquée du vendredi, l’événement entend une nouvelle fois réunir vendeurs occasionnels et chineurs dans une ambiance familiale.

Ouvert exclusivement aux particuliers, ce rendez-vous permettra aux habitants de se débarrasser des objets qui dorment dans leurs maisons tout en leur offrant une seconde vie. Vêtements, jouets, livres, objets de décoration ou encore petits équipements du quotidien pourront ainsi trouver de nouveaux propriétaires.

Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation pour de nombreuses familles mahoraises, ce type de manifestation séduit de plus en plus. Les vide-greniers constituent à la fois une opportunité de réaliser des économies et une façon de consommer autrement en privilégiant le réemploi.

Les personnes souhaitant exposer peuvent dès à présent retirer leur dossier d’inscription auprès de la direction Attractivité et Études statistiques, à la mairie annexe de M’tsapéré, ou le télécharger directement sur le site internet de la Ville de Mamoudzou.

Les dossiers devront être retournés avant le 30 juin. La municipalité prévient toutefois que les inscriptions seront clôturées dès que le nombre maximal d’exposants sera atteint.

Chaque emplacement de 6 m² est proposé au tarif de 15 euros.

Avec cette deuxième édition, la Ville de Mamoudzou confirme sa volonté d’inscrire le vide-greniers dans le calendrier des animations locales. Au-delà des transactions, l’événement favorise également les échanges entre habitants et participe à l’animation du chef-lieu.

À quelques semaines de l’événement, les organisateurs espèrent attirer un large public, aussi bien parmi les exposants que les visiteurs venus dénicher la bonne affaire ou simplement profiter d’une journée conviviale au bord du lagon.

Vingt mois de prison après des violences intrafamiliales

Vingt mois de prison après des violences intrafamiliales

Jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Mamoudzou, un homme de 28 ans devait répondre de violences intrafamiliales, de menaces de mort, de dégradations et d’actes de cruauté sur des animaux. Le parquet a requis 26 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.

À la barre, le prévenu comparaissait pour une série de faits survenus dans le quartier de Cavani : violences sur sa mère, violences et menaces à l’encontre de son frère, destruction de biens, mais aussi actes de cruauté ayant entraîné la mort d’un chien et de trois poules.

Dès l’ouverture des débats, la présidente rappelle au prévenu qu’il n’est pas un inconnu du tribunal. « On s’est vu la semaine dernière dans cette salle pour des actes de violence », relève-t-elle. L’homme comparaît cette fois avec plusieurs mentions de récidive légale, notamment pour des faits de violences et de dégradations.

Selon le compte rendu d’infraction dressé par le commissariat de Mamoudzou, les policiers ont été appelés en fin de matinée après le signalement d’un homme disant avoir été violenté par son grand frère. La famille vit sous le même toit : la mère, une petite fille de 11 ans, son frère et le prévenu, récemment sorti de prison. D’après les déclarations recueillies, celui-ci consommerait de l’alcool et des stupéfiants, avec un comportement « complètement fou » lorsqu’il est sous emprise.

Le frère raconte que dans la matinée, le prévenu aurait frappé leur mère, notamment par des gifles, avant de s’en prendre à lui avec un bâton et un caillou. Il aurait également pris sa carte d’identité et son téléphone portable. La scène aurait ensuite basculé dans une violence extrême : le chien du jeune frère, un doberman, aurait été étranglé avec une corde, frappé avec un bâton, une pierre et une machette. Les photos versées à la procédure, évoquées à l’audience, semblent avoir marqué les débats. « Personne n’a envie de voir les photos », glisse la présidente dans la salle.

Selon le frère, le prévenu se serait ensuite dirigé vers ses poules, qu’il savait importantes pour lui, et les aurait tuées « de la même façon ». Il aurait également proféré des menaces de mort : « Il faut que je te tue, je vais te tuer. » Le frère dit avoir finalement porté plainte parce que « les traces étaient trop importantes cette fois-ci ». Il affirme aussi ne plus aller à l’école afin de surveiller la maison, par crainte que son grand frère ne s’en prenne à leur mère en son absence.

Face aux accusations, le prévenu nie en bloc. Il explique s’être réveillé après avoir regardé un match et bu de l’alcool. Il dit avoir appris qu’on racontait qu’il avait été arrêté pour un vol de bananes, ce qui l’aurait humilié. « Ça fait honte », dit-il. À l’entendre, il aurait voulu comprendre pourquoi son frère lui « mettait le mauvais œil ». Il affirme être rentré dans la cour pour se brosser les dents, puis avoir entendu sa mère parler de cette histoire.

La présidente l’interroge alors sur la disproportion entre ce possible ragot et les faits reprochés : tuer le chien, tuer les poules, menacer sa famille, détruire des affaires. Le prévenu répond qu’il n’a « jamais tué son chien ». La juge insiste : « Tout le monde vous a vu. Votre mère raconte, votre frère raconte, votre petit frère aussi. »

La mère s’est ensuite approchée de la barre pour être entendue. Elle commence par rappeler le lien filial : « C’est moi qui l’ai porté, qui l’ai mis au monde. J’ai sept enfants ici. C’est moi seule qui me suis occupée de lui. » Mais elle confirme les violences et les actes de cruauté. « C’est vrai qu’il a tué le chien et les poules. J’étais sur place », déclare-t-elle.

La mère dit avoir peur de son fils. « Il me menace, me lance des cailloux. Je ne sais pas pourquoi il dit que je le hais. Si aujourd’hui il fait ça, demain il risque de tuer. » Elle évoque une situation familiale très précaire : expulsée de l’habitation depuis cette altercation, l’eau à aller chercher à la rivière, une vie quotidienne « dure ». À la fin de son témoignage, elle se retourne vers son fils, assis sur le banc des prévenus, et lui dit : « Désolée. »

Pour le parquet, les éléments du dossier sont suffisamment graves et concordants. Il décrit un passage à l’acte dans un « état de coup de folie », tout en insistant sur le contexte judiciaire du prévenu. Récemment, une peine de travail d’intérêt général avait été prononcée dans une logique de réinsertion. « Dix jours après, on le retrouve violentant sa famille », relève le ministère public.

Le casier judiciaire du prévenu pèse également dans les réquisitions : condamnations pour vol, révocation de TIG, évasion en semi-liberté, dégradation, recel, port d’arme, et une condamnation récente pour violation de domicile. Le parquet dit partager l’inquiétude de la mère sur le risque de représailles et requiert 26 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.

En défense, Me Cooper conteste la solidité du dossier. Selon elle, la procédure est « très insatisfaisante sur le plan probatoire ». Elle estime que les photos du chien ne suffisent pas à établir que son client l’a tué, ni qu’il a violenté sa mère et son frère. L’avocate insiste sur le contexte familial tendu depuis le retour du prévenu de prison. Elle avance que certains membres de la famille n’avaient peut-être « pas très envie qu’il soit au domicile ».

La défense pointe aussi des contradictions dans les déclarations. Sur les violences contre la mère, le frère parle d’une gifle et d’un coup de caillou ayant provoqué une plaie importante à la lèvre, tandis que la mère aurait évoqué une pierre qu’elle aurait esquivée. L’avocate soutient que les photographies ne montrent pas de blessure importante. Elle demande donc la relaxe pour ces faits.

Concernant le frère, Me Cooper relève que la mère a déclaré que celui-ci avait fui, alors que le frère dit avoir assisté à la scène de cruauté envers les animaux. Elle estime que la seule concordance porte sur le fait que le prévenu l’aurait tenu à distance avec un bâton. Elle souligne encore l’absence, dans la procédure, du téléphone portable détruit ou des vêtements brûlés.

Avant que l’affaire ne soit mise en délibéré, le prévenu maintient sa position : « Ce qu’il a raconté là, c’est des mensonges. »

S’il est relaxé sur les menaces de mort et la destruction du téléphone portable, l’homme est condamné pour le reste à vingt mois de prison avec maintien en détention.

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L’économie mahoraise résiste

L'économie mahoraise résiste
Au premier trimestre 2026, Mayotte se distingue des autres territoires ultramarins avec seulement 11 défaillances d'entreprises recensées sur un an, soit une baisse de 76,6 %, alors que les procédures collectives continuent d'augmenter dans l'ensemble des Outre-mer (+9,8 %).

Alors que les défaillances d’entreprises continuent de progresser dans la plupart des territoires ultramarins, Mayotte se distingue par une nette amélioration de la situation économique. Selon les dernières données publiées par l’IEDOM et l’IEOM pour le premier trimestre 2026, le nombre d’entreprises mahoraises placées en redressement ou en liquidation judiciaire a fortement diminué sur un an.

Entre avril 2025 et mars 2026, seulement 11 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective à Mayotte, contre 47 un an plus tôt. Cette baisse spectaculaire de 76,6 % contraste fortement avec la tendance observée dans l’ensemble des Outre-mer, où les défaillances continuent d’augmenter de 9,8 %.

Une situation à relativiser

Si ces chiffres constituent un signal encourageant pour l’économie mahoraise, ils doivent toutefois être interprétés avec prudence. Le faible nombre de procédures enregistrées sur le territoire rend les variations statistiques particulièrement sensibles. Quelques dossiers supplémentaires ou en moins peuvent ainsi entraîner des évolutions importantes en pourcentage.

Néanmoins, cette baisse intervient dans un contexte où plusieurs territoires ultramarins continuent de faire face à des difficultés persistantes. La Guadeloupe enregistre une hausse de 19,1 % des défaillances, la Martinique de 8,8 % et la Guyane connaît même une envolée de plus de 200 % sur un an.

Des secteurs sous pression dans les Outre-mer

À l’échelle ultramarine, les secteurs de la construction, du commerce et des services aux entreprises demeurent les plus exposés. La construction, notamment, concentre une part importante des procédures collectives enregistrées depuis plusieurs mois.

Les activités liées au commerce et à la réparation automobile continuent également de souffrir, tout comme les entreprises de conseil et les services à la personne.

Dans ce contexte, la situation mahoraise apparaît relativement favorable, même si les acteurs économiques locaux restent confrontés à de nombreux défis : hausse des coûts d’exploitation, difficultés d’approvisionnement, pression démographique, besoins importants en infrastructures et accès parfois limité aux financements.

Un indicateur à suivre de près

Les défaillances d’entreprises constituent un indicateur clé de la santé économique d’un territoire. Elles regroupent les procédures de redressement et de liquidation judiciaire engagées lorsqu’une entreprise n’est plus en mesure de faire face à ses dettes.

La baisse observée à Mayotte pourrait traduire une meilleure résistance du tissu économique local après plusieurs années marquées par les crises successives. Toutefois, les spécialistes soulignent qu’il est encore trop tôt pour parler d’un retournement durable de tendance.

Les prochains trimestres permettront de confirmer si cette amélioration se poursuit ou si elle résulte d’un phénomène ponctuel. Dans un environnement économique toujours incertain, la vigilance reste de mise pour les entreprises mahoraises comme pour les acteurs publics chargés d’accompagner leur développement.

Alors que les défaillances continuent d’augmenter dans la plupart des territoires ultramarins, Mayotte envoie malgré tout un signal positif : celui d’un tissu entrepreneurial qui semble, pour l’heure, mieux résister aux difficultés économiques que ses voisins de l’océan Indien et des Caraïbes.

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Assemblée nationale : la France doit assumer Mayotte devant le monde

Assemblée nationale : la France doit assumer Mayotte devant le monde
Pour la députée Anchya Bamana, la France doit assumer Mayotte aux yeux des Comores et du monde. Elle refuse tout idée d'installation de camp de migrants illégaux sur le territoire.

Remontée contre le gouvernement Le Cornu dans sa façon à gérer les dossiers urgents de Mayotte, Anchya Bamana a quitté l’île jeudi soir, après plusieurs jours passés sur le terrain en compagnie d’autres députés membres de la délégation outre-mer de l’Assemblée nationale. L’annulation de plusieurs visites ministérielles dans l’archipel ce mois juin, a appelé de sa part une cascade de critiques.

Une mission de la délégation des outre-mer à l’Assemblée nationale a séjourné cette semaine à Mayotte. Cette délégation qui comprend des députés ultramarins et hexagonaux avait pour objectif de constater directement sur le terrain la réalité de l’île une année et demie après le passage du cyclone Chido. « Entre ce que disent les fonctionnaires de l’État sur ce territoire et la réalité du terrain, il y a un monde« , affirme Anchya Bamana la députée RN de la 2 nde circonscription legislative de Mayotte qui participe à cette mission. « Notre rôle est de venir constater la réalité sur le terrain afin que nous puissions contrôler l’action du gouvernement sur le territoire« , a-t-elle fait remarquer.

Ce déplacement de parlementaires à Mayotte était axé sur la thématique du développement économique en Outre-mer et s’agissant particulièrement du 101ème département français, elle fait suite à de très nombreux auditions sur place durant lesquelles l’ensemble des acteurs entendus se sont accordés sur le fait que ce développement économique ne pourrait se matérialiser tant des bases essentielles ne seront pas posées, à savoir, la lutte contre l’insécurité, la pénurie d’eau qui pénalise l’activité des entreprises, celle de l’éducation nationale et la vie simplement des Mahorais qui est mise à mal par ces manquements.

« Tant que ces conditions ne seront pas réunies, il ne sera pas possible d’avoir un développement économique harmonieux sur notre île, et pour moi cette mission est une occasion d’avoir des témoins afin que la parole des parlementaires de cette île ne soit mis en doute à l’Assemblée nationale comme c’est parfois le cas lorsque nous défendons certains sujets. L’union faisant la force, le fait d’avoir d’autres députés, dont certains ultramarins, qui se déplacent jusqu’ici constitue un atout dans la défense des intérêts de Mayotte à Paris« , a rajouté Anchya Bamana.

Celle-ci n’a pas manqué de commenter le report sine die de plusieurs visites ministérielles programmées dans le courant de ce mois de juin 2026, notamment du Premier ministre Sébastien Le cornu, du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, ainsi que de leurs collègues de la santé et de l’Education nationale.

La lecture que la députée mahoraise fait de ces annulations de visite est que « depuis Chido la réalité de notre territoire est connue de tous à Paris et comme ce gouvernement n’a pas la volonté de faire ce que nous lui demandons, le démantèlement en urgence de ce camp de la honte, l’accélération des procédures des dispositifs d’asile, faire jouer la solidarité nationale et le renvoie chez eux de tous les déboutés de l’asile par la coopération diplomatique. Le Centre Hospitalier de Mayotte n’est pas calibré pour recevoir toute la misère du monde et ce n’est pas du racisme que de dire la vérité. Mayotte est confrontée à une immigration illégale de grande ampleur et l’État ne déploie pas les moyens pour y faire face. Devant la risque que fait peser le virus Ébola, nous continuons à demander la fermeture des frontières maritimes car ne pas le faire équivaudrait à un abandon du territoire « . Pour elle, si tous ces ministres tergiversent pour ne pas se rendre sur l’île c’est qu’ils n’ont pas la volonté d’apporter les mesures que leur demandent les habitants de Mayotte.

A l’instar de sa collègue Estelle Youssouffa qui a indiqué mardi 2 mai 2026 au ministre des Affaires Étrangères, Jean-Noël Barrot, que les Mahorais ne lâcheront rien face au exigences comoriennes dans le cadre des JIOI (Jeux des Îles de l’Ocean Indien), Anchya Bamana prévient le gouvernement à son tour, «  ils ont de toute façon le couteau sous la gorge car nous ne lâcherons pas« , au préfet de Mayotte qu’elle a reçu cette semaine et avec lequel elle aurait un entretien cordial, elle lui aurait tenu ce qu’elle considère comme un langage de vérité, « nous ne lâcherons pas sur l’immigration clandestine de masse, aucun maire de l’île ne délivrera un terrain pour accueillir un camp officiel du gouvernement français« . La députée rend le gouvernement responsable de cette situation devenue non maîtrisable.

Elle a évoqué le refus des membres du gouvernement Le Cornu, il y a deux semaines à l’Assemblée nationale, de déployer les moyens de la marine française en mer dans le canal de Mozambique et à la frontière avec Anjouan pour limiter les entrées massives de migrants illégaux à Mayotte. « Comme ils n’ont pas voulu le faire, ils se retrouvent pris dans leur propre piège, et nous ici nous demandons la fermeture de ces frontières, que la France prenne ses responsabilités pour protéger ce territoire« .

A l’approche de la réunion des ministres des pays membres de la Commission de l’Océan Indien prévue pour se tenir à Moroni lundi prochain 8 juin 2026, au cours de laquelle la France prendra officiellement la présidence tournante de cette institution régionale, Anchya Bamana s’est voulue très clair sur le sujet de l’intégration de Mayotte dans cette entité : « c’est une affaire franco-française, on ne viendra pas me dire que la cinquième puissance militaire du monde n’a pas les moyens de faire fléchir nos voisins comoriens sans pour autant générer trop de problèmes« .

Pour Anchya Bamana la France doit avoir la volonté politique d’assumer Mayotte et être ferme à l’égard des Comores et du reste du monde. Une position qu’elle aurait déjà signifié par courrier à Jean-Noël Barrot à la suite d’une récente mission sur la diplomatie ultramarine au sein de la nation tenue par la délégation des Outre-mer de l’Assemblée nationale. Sa conclusion personne de ce dossier de Mayotte.

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Kwassas : Le parquet réclame la fermeté, la défense plaide l’individualisation

Kwassas : Le parquet réclame la fermeté, la défense plaide l’individualisation

Au tribunal judiciaire de Mamoudzou, trois hommes étaient jugés ce jeudi 4 juin en comparution immédiate pour aide à l’entrée irrégulière. Au fil des dossiers, un dialogue s’est installé entre le procureur Dupont, qui défend une réponse ferme face à l’immigration clandestine, et Me Cooper, qui appelle les juges à ne pas renoncer à l’individualisation des peines.

Trois hommes, trois kwassas, trois traversées vers Mayotte. À la barre du tribunal judiciaire de Mamoudzou, les dossiers se suivent et semblent parfois se répéter : des embarcations venues des Comores, des passagers transportés sans permis, sans matériel de sécurité, et des pilotes attirés par la promesse de quelques centaines d’euros.

Mais derrière cette succession d’affaires, un autre débat s’est dessiné. Celui d’une justice prise entre deux exigences : répondre à un phénomène massif, l’immigration clandestine par voie maritime, et juger chaque prévenu pour ce qu’il est, ce qu’il a fait, et la place qu’il occupe réellement dans ces traversées.

Dans la première affaire, le prévenu, 26 ans, est poursuivi pour avoir participé au pilotage d’une barque blanche et bleue de six mètres, repérée le 1er juin vers 8 heures à proximité de l’îlot Mtsamboro. À bord se trouvent onze personnes, neuf hommes et deux femmes, ainsi qu’un pilote. L’embarcation est dépourvue de matériel de sécurité.

L’homme affirme n’avoir tenu la barre que temporairement. Selon ses déclarations, le pilote principal aurait sauté à l’eau et nagé en apercevant les gendarmes. Lui devait percevoir 250 euros pour la traversée. Pêcheur, payé environ 40 euros par jour, il dit avoir accepté en raison de sa situation familiale : une femme qui vient d’accoucher, un enfant, un petit frère et une petite sœur à charge.

« J’ai mal agi, je présente mes excuses et je ne recommencerai plus », déclare-t-il devant le tribunal. « Vu les problèmes qu’il y a aux Comores, j’étais seul pour subvenir aux besoins de mon petit frère, ma petite sœur et mon enfant. Je présente mes excuses aux Mahorais, aux Français. »

Le procureur Dupont requiert six mois d’emprisonnement avec maintien en détention et trois ans d’interdiction du territoire français. Pour le ministère public, ces traversées ne peuvent être réduites à des trajectoires individuelles de misère. Elles alimentent un système qui met en danger des vies humaines et pèse lourdement sur la société mahoraise.

Face à lui, Me Cooper place le débat sur le terrain des principes. « Vous êtes censés individualiser la peine, c’est ce que le législateur demande », plaide l’avocate devant la juge. Elle décrit son client comme un primo-délinquant, pêcheur, « proie facile pour les réseaux ». Selon elle, le prévenu savait qu’il risquait la prison, mais avait entendu parler de peines bien moins longues. Il fait partie, insiste-t-elle, des plus précaires du kwassa, ceux qui prennent la mer sans être les véritables organisateurs.

« Je veux vous rappeler que vous n’êtes pas obligés de suivre cette systématisation des peines », lance Me Cooper au tribunal.

La deuxième affaire reprend ce même échange, mais avec d’autres faits. À bord de la barque de sept mètres équipée de deux moteurs se trouvent quatre chèvres et quatre moutons. Le prévenu n’a pas d’antécédent. Lui aussi se présente comme pêcheur. Il devait toucher 1 000 euros pour l’aller-retour, tandis que chaque passager aurait versé 300 euros.

À la barre, il raconte une histoire familiale marquée par la mort de sa mère lorsqu’il avait 13 ans. Depuis, dit-il, son père ne s’occupe plus de lui ni des siens. « C’est moi qui essaye de subvenir aux besoins comme je peux. On m’a proposé ça et je me suis dit que peut-être j’allais avoir de l’argent, mais je ne m’attendais pas à me retrouver devant vous. »

Il présente lui aussi ses excuses. « Si vous me retrouvez chez moi, vous pourrez me donner les peines que vous souhaitez, mais je ne ferai plus ça », promet-il.

Le procureur Dupont dit entendre les arguments de la défense sur la politique pénale menée à Mayotte. Mais il rappelle qu’il représente la société, et donc une population mahoraise pour laquelle l’immigration clandestine est « un véritable fléau ». Même lorsqu’un kwassa transporte des chèvres, du tabac ou d’autres marchandises, insiste le parquet, il transporte avant tout des êtres humains, parfois des femmes et des enfants.

Il requiert à nouveau six mois d’emprisonnement avec maintien en détention, trois ans d’interdiction du territoire français et la confiscation du matériel. « Ces 1 000 euros participent aussi à l’économie souterraine », souligne-t-il.

Me Cooper répond en interrogeant l’efficacité de cette fermeté répétée. L’avocate ne conteste pas l’existence d’une politique pénale, ni la nécessité de sanctionner. Mais elle demande au tribunal de regarder ce que cette réponse produit réellement. « On est plus sévères, mais ça n’a pas freiné quoi que ce soit », plaide-t-elle. La politique pénale s’est renforcée ces dernières années. Pour les primo-délinquants, les peines sont passées de six mois avec sursis à six mois ferme. Pour les récidivistes, la référence est désormais de 15 mois, et peut atteindre 30 mois en cas de double récidive.

Selon l’avocate, la justice se retrouve souvent face aux plus vulnérables : les jeunes recrutés pour faire la traversée, ceux qui tiennent la barre, ceux qui se font arrêter. Les réseaux, eux, restent largement hors de portée. « On s’en prend là aux plus précaires », résume-t-elle. Pour Me Cooper, la pression de la population et la gravité du phénomène ne doivent pas effacer l’obligation d’individualiser les peines.

La troisième affaire donne au débat une tonalité différente. Le prévenu, né en 2004 à Anjouan, reconnaît avoir piloté une embarcation transportant six personnes : trois hommes, deux femmes et un enfant.

Cette fois, le prévenu ne se présente pas comme un simple exécutant occasionnel. Il reconnaît – « dans une grande naïveté » selon la juge – avoir déjà effectué « à peu près dix fois » des entrées et sorties, même si c’est la première fois qu’il est interpellé. Il admet aussi que le kwassa lui appartient, tout comme le moteur. Pêcheur, il explique avoir acheté l’embarcation grâce à son travail.

À la barre, le tribunal lui rappelle que la loi prévoit jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour ces faits. Lui pensait risquer « six mois comme ça ». Une formule qui en dit long sur la manière dont une peine récurrente finit par circuler comme une sorte de tarif connu à l’avance.

Pour le procureur Dupont, cette banalisation ne peut justement pas conduire à l’indulgence. « Il n’y a pas de solution miracle », admet-il en substance. Mais faut-il pour autant ne rien faire contre l’immigration clandestine ? Le ministère public insiste sur le danger concret : chaque jour, des kwassas transportent des femmes, des enfants, des personnes vulnérables, dans des conditions extrêmes. C’est là, selon lui, que la justice pénale doit être ferme.

Il requiert les mêmes sanctions : six mois d’emprisonnement, mandat de dépôt, trois ans d’interdiction du territoire français et confiscation du matériel.

Me Cooper, cette fois, s’appuie sur la franchise du prévenu. Il ne nie pas les traversées précédentes. Il reconnaît que la barque lui appartient. Il assume davantage que les autres. Mais pour l’avocate, cette affaire montre aussi les limites de la connaissance des réseaux : celui qui comparaît n’est pas forcément l’organisateur d’un système structuré, mais celui qui prend la mer, transporte, s’expose et met aussi sa propre vie en danger.

« À aucun moment, moi ou mes confrères n’avons dit qu’il ne faut rien faire », plaide-t-elle. L’infraction est caractérisée, la loi pénale doit s’appliquer. Mais le quantum de la peine, rappelle-t-elle, reste à l’appréciation des juges. « Tout n’est pas gravé dans le marbre. »

Au terme de ces trois dossiers, le tribunal se retrouve face à une même ligne de fracture. Pour le procureur Dupont, la répétition des traversées, leur dangerosité et leurs conséquences pour Mayotte justifient une réponse ferme et lisible. Pour Me Cooper, cette fermeté ne doit pas devenir une mécanique qui écrase les différences entre un primo-délinquant précaire, un jeune recruté pour une traversée et un pilote plus habitué.

Dans cette salle d’audience, les kwassas ne sont donc pas seulement des embarcations interceptées. Ils deviennent le lieu d’un débat judiciaire plus profond : comment répondre à un phénomène collectif sans oublier que la justice pénale, elle, juge toujours des individus.

Les trois pilotes ont été condamnés à la même peine : douze mois de prison avec sursis simple, trois ans d’interdiction de territoire français et confiscation des scellés.

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Université de Mayotte : une ancienne stagiaire de master MEEF dénonce des titularisations « A la tête du client »

Université de Mayotte : une ancienne stagiaire de master MEEF dénonce des titularisations « A la tête du client »

M.B, ancienne étudiante de master MEEF, injustement licenciée en décembre 2025 suite à une erreur de calcul sur sa moyenne générale, souhaite témoigner de « graves irrégularités » au sein de la formation des enseignants du premier degré à Mayotte, aboutissant selon elle à des titularisations « à la tête du client » et non en fonction du niveau réel des stagiaires.

Les témoignages dénonçant les irrégularités au sein de l’Université de Mayotte se multiplient. Harcèlement, pression psychologique et même usage de faux documents, tous les moyens sont visiblement bons pour la direction de l’Université, d’après plusieurs sources concordantes, pour évincer certains aspirants enseignants du premier degré à Mayotte sur des critères très éloignés de leur véritable compétence pédagogique. Tout ceci n’a pas encore été prouvé par la Justice, mais plusieurs plaintes en ce sens ont été déposées au tribunal administratif et même au pénal. M.B, l’une des plaignantes, ancienne stagiaire de master MEEF, a accepté de nous raconter son histoire.

Tout avait pourtant bien commencé pour elle. Admise au concours de professeur des Ecoles en 2022, elle effectue sa première année de master MEEF sans difficulté. C’est toutefois au cours de la deuxième année que les choses se compliquent. Affectée en binôme lors d’un stage dans une école du nord de l’île, elle est rapidement choquée par le niveau très insuffisant de sa binôme : « Les affichages dans la classe étaient bourrées de fautes d’orthographe et les élèves recopiaient donc ces erreurs dans leurs cahiers », explique-t-elle. « En outre, ces derniers m’ont rapporté des faits de violence physique pour « maintenir la discipline » », poursuit-elle. Croyant agir dans l’intérêt des élèves, elle signale ces faits à ses formateurs. « A partir de là je suis devenue en quelque sorte « la bête à abattre » », déclare-t-elle.

Pression psychologique et documents « trafiqués »

Après ce « malheureux » signalement, les formateurs lui ont en quelque sorte « mené la vie dure » alors même qu’elle faisant partie des meilleurs éléments de sa promotion l’année passée. «On m’a infligé 12 visites de classes alors que seulement 4 sont normalement prévues, j’ai été obligée de suivre des « cours de soutien » en visio une à deux fois par semaine, parfois le week-end, souvent tard le soir et on m’envoyait des mails me sommant de modifier mon travail à 23h ou minuit pour le lendemain matin, ce qui fait que je me réveillais complètement paniquée toutes les nuits », raconte l’ancienne stagiaire. A tout ceci sont venues s’ajouter des notes en dessous de la moyenne dont elle n’a jamais obtenu la moindre explication, malgré ses demandes répétées.

Devant le refus de l’Université de lui montrer les rapports expliquant ses notes, elle finit par saisir la CADA et découvre alors avec stupeur, en analysant les métadonnées des documents, que ces derniers ont été modifiés en sa défaveur par un membre de la Direction, bien après la date officielle de l’évaluation. C’est à ce moment-là qu’elle a décidé de porter plainte pour « faux et usage de faux » auprès du tribunal administratif. En parallèle, elle a été la cible de propos psychologiquement violents tels que « vous êtes condescendante, jamais je ne vous titularisai » ou encore « votre déontologie n’est pas compatible avec celle d’une professeure des Ecoles », phrases parfois assenées avec des « coups de poing » sur la table. Des méthodes qui se rapprochent davantage de l’intimidation que de conseils pédagogiques légitimement prodigués à une aspirante enseignante. Elle a donc décidé de porter également plainte au pénal pour «harcèlement ».

La « descente aux enfers » de M.B a connu son point d’orgue lors du calcul de sa moyenne générale pour l’obtention de son diplôme. Une erreur sur l’application d’un coefficient l’a fait passer en-dessous de la moyenne alors qu’elle aurait été au-dessus avec le bon coefficient. Certes, M.B n’était pas la seule envers qui cette erreur a été commise, mais cela été néanmoins la seule pour qui cette erreur de coefficient a réellement conditionné l’obtention de son diplôme la faisant passer de 9,75 à 10,05 de moyenne générale. Malgré plusieurs signalements de cette erreur auprès de la direction, sa moyenne n’a jamais été recalculée et elle a donc été radiée de la formation en décembre 2025 pour « non- obtention du diplôme ». « On m’a volé mon diplôme », résume-t-elle avec amertume.

M.B souhaite que « justice soit faite »

Suite à ces années éprouvantes, M.B a décidé de quitter Mayotte alors même que son mari et elle avaient décidé de s’y installer sur le long terme. « C’était un véritable choix de vie, j’ai adoré l’île et j’ai été extrêmement déçue et choquée par les pratiques qui y ont cours », explique-t-elle. « Même si pour moi c’est trop tard aujourd’hui, je souhaite néanmoins que l’Université me délivre mon diplôme acquis de droit et j’espère que ce témoignage permettra de dénoncer les pratiques au sein de l’Université de Mayotte où la titularisation des enseignants du premier degré semble moins relever de leur véritable niveau que de leur capacité à « plaire ou non » à la direction », conclut M.B qui a, depuis, réussi à rebondir professionnellement dans l’hexagone, toujours dans l’enseignement qui est sa passion.

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Diplomatie régionale : quand Estelle Youssouffa sème la pagaille aux Comores

Diplomatie régionale : quand Estelle Youssouffa sème la pagaille aux Comores
Estelle Youssouffa demande davantage de fermeté au Quai d'Orsay afin d'obtenir l'intégration de Mayotte à la COI.

Elle demande au chef de la diplomatie française davantage de fermeté à l’égard de l’État comorien, qu’elle n’hésite pas à qualifier de « voyou » et de « parasite ». La députée mahoraise souhaite que la présidence française de la COI soit l’occasion d’imposer Mayotte au sein de cette institution « financée par les Français », y compris ceux de Mayotte.

La députée (LIOT) de la 1re circonscription législative de Mayotte a encore réussi à secouer les eaux troubles de la diplomatie franco-comorienne cette semaine. Dans une intervention au ton musclé dont elle est coutumière, « Poutou Mgowa » (piment oiseau, surnom que lui donnent ses partisans) n’a pas simplement animé l’hémicycle de l’Assemblée nationale française dans le cadre des questions au gouvernement ; elle est également parvenue à enflammer les médias comoriens en ligne, qu’ils soient basés dans l’archipel ou à l’étranger.

L’événement était attendu par toute la presse régionale, la France devant assurer, à compter du 8 juin 2026, la présidence tournante de la Commission de l’océan Indien (COI), organisation créée à son initiative et dont elle assure une part très importante du financement. Jusqu’à ce jour, Paris est représentée dans cette organisation par son seul territoire ultramarin de La Réunion, alors qu’elle dispose également de Mayotte, restée en marge en raison du veto comorien.

Azali Assoumani, l’actuel occupant de Beit-Salam (le complexe présidentiel à Moroni), tout comme ses prédécesseurs, s’arc-boute à refuser l’intégration du second département français de l’océan Indien, sur la base de revendications territoriales quinquagénaires dans une impasse diplomatique.

Dans son intervention, Estelle Youssouffa, qui s’adressait directement à Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a estimé que « Paris s’incline scandaleusement face aux Comores » dans le dossier de l’intégration de Mayotte à la COI. Elle évoque l’Union des Comores en des termes aussi crus que peu conventionnels, n’hésitant pas à la qualifier d’« État parasite et voyou » qui pratiquerait « le chantage migratoire et organiserait le trafic humain en se gavant de l’aide publique française ».

Une fois de plus, Estelle Youssouffa n’a pas manqué « d’amabilités » peu diplomatiques à l’égard du pouvoir de Moroni, assénant au passage d’autres critiques contre la diplomatie française qu’elle accuse de pratiquer depuis des décennies un « à-plat-ventrisme » et une « soumission face aux délires de Moroni », « alors même que nos impôts, les impôts des Français de Mayotte, contribuent aux centaines de millions d’euros qui financent cette organisation dont Mayotte est exclue ».

En réponse à la députée mahoraise, Jean-Noël Barrot a déclaré : « Oui, l’intégration de Mayotte dans la Commission de l’océan Indien sera une priorité. La ministre déléguée, Éléonore Caroit, se rendra à Moroni pour le rappeler dans la continuité du sommet d’avril 2025. »

« Mayotte n’acceptera pas une nouvelle humiliation avec l’aval de notre gouvernement » 

Le chef de la diplomatie française a expliqué le fonctionnement de la COI, qui impose l’accord unanime de ses membres pour intégrer Mayotte.

« Nous ne décidons pas à leur place et c’est la raison pour laquelle, pour obtenir cet accord et atteindre cet objectif, nous déployons un dialogue exigeant et une diplomatie pragmatique », a-t-il indiqué.

Pour étayer ses déclarations, Jean-Noël Barrot a rappelé à Estelle Youssouffa les avancées obtenues par Paris ces dernières années afin d’insérer le département-région dans son environnement régional « au sens large », notamment avec le Kenya et le Mozambique.

Une fois cette réponse apportée, la députée s’est engouffrée dans une nouvelle brèche : l’utilisation de la Marseillaise et du drapeau tricolore pour les athlètes mahorais lors des Jeux des îles de l’océan Indien.

« Mayotte n’acceptera pas une nouvelle humiliation avec l’aval de notre gouvernement », a-t-elle prévenu.

Il n’a fallu que très peu de temps à la vox populi comorienne pour réagir vivement sur les réseaux sociaux et dans certains médias en ligne, exigeant de leur président une réponse à la hauteur de ce qu’ils considèrent comme des insultes proférées à leur encontre par Estelle Youssouffa.

Mais Azali Assoumani a-t-il réellement les moyens de le faire, tant ce que la parlementaire mahoraise affirme avec ses propres mots semble se vérifier régulièrement sur le terrain, aussi bien sur le sol comorien que sur les mers du globe, entre flottes fantômes russes et iraniennes battant pavillon de l’Union des Comores et navires de narcotrafiquants internationaux ?

Une chose est sûre : le message d’Estelle Youssouffa a été reçu cinq sur cinq à Moroni, qui a accueilli hier, mercredi 3 juin 2026, le secrétaire général de la COI, venu préparer la réunion des ministres des États membres de l’organisation, convoquée pour le 8 juin dans la capitale comorienne.

La Commission de l’océan Indien (COI) a été créée en 1984 sous impulsion française, sur le modèle de l’Union européenne. Elle regroupe Madagascar, les Seychelles, Maurice, les Comores et la France.

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Mayotte : les raisons profondes d’une vie toujours plus chère

Mayotte : les raisons profondes d'une vie toujours plus chère

Alimentation, matériaux de construction, équipements ménagers ou produits d’hygiène : à Mayotte, les prix restent durablement plus élevés qu’en métropole. Malgré les dispositifs de contrôle et les revendications régulières contre la vie chère, plusieurs facteurs structurels continuent d’alimenter cette situation. Transport maritime, dépendance aux importations et manque de concurrence expliquent en grande partie les écarts observés.

Pour de nombreux Mahorais, la vie chère est devenue une réalité quotidienne. Dans les supermarchés comme sur les marchés locaux, les consommateurs constatent des prix souvent supérieurs à ceux pratiqués dans l’Hexagone. Selon l’Insee, le niveau général des prix à Mayotte est supérieur d’environ 10 % à celui de la métropole, tandis que certains produits alimentaires affichent des écarts dépassant les 30 %.

Derrière ces différences se cachent des contraintes économiques propres à ce territoire ultramarin de l’océan Indien.

Une île dépendante de la mer

Premier élément d’explication : l’éloignement géographique. Située à plus de 8 000 kilomètres de la métropole, Mayotte dépend presque entièrement du transport maritime pour son approvisionnement.

La majorité des marchandises consommées sur l’île arrive par conteneurs. Chaque produit importé supporte ainsi une succession de coûts : transport international, frais portuaires, stockage, manutention puis distribution vers les points de vente.

Contrairement à des territoires plus vastes, les volumes importés à Mayotte restent relativement faibles. Les compagnies maritimes ne bénéficient donc pas des mêmes économies d’échelle que sur des marchés plus importants. Résultat : le coût du fret est répercuté sur le prix final payé par le consommateur.

La crise mondiale du transport maritime observée après la pandémie de Covid-19 a illustré cette vulnérabilité. La hausse des tarifs de transport a immédiatement affecté les prix de nombreux produits importés, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Une économie fortement dépendante des importations

Au-delà du transport, Mayotte importe l’essentiel de ce qu’elle consomme. Les productions locales demeurent limitées et ne permettent pas de couvrir les besoins de la population.

Produits alimentaires, électroménager, véhicules, matériaux de construction ou produits pharmaceutiques proviennent majoritairement de l’extérieur. Les chiffres de l’Institut

d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) illustrent cette dépendance : les importations dépassent largement les exportations chaque année, traduisant un déséquilibre structurel du commerce extérieur mahorais.

Cette situation expose directement l’île aux fluctuations des marchés internationaux. Une hausse du prix du pétrole, des matières premières ou des coûts logistiques mondiaux se répercute rapidement sur les prix pratiqués localement.

« Mayotte subit les variations des marchés mondiaux sans disposer d’une production locale suffisante pour amortir les chocs », résument plusieurs analyses économiques publiées par l’IEDOM.

La question sensible des marges

Autre sujet régulièrement évoqué : les marges pratiquées par certains acteurs de la distribution.

Les associations de consommateurs dénoncent depuis plusieurs années une concentration économique importante. Le nombre limité d’importateurs et de distributeurs réduit mécaniquement l’intensité de la concurrence. Dans certains secteurs, quelques opérateurs seulement assurent l’approvisionnement du territoire.

Les professionnels du commerce rappellent toutefois que leurs coûts d’exploitation sont élevés. Entre les frais logistiques, le stockage, les risques de rupture d’approvisionnement et la taille réduite du marché, les charges restent importantes comparativement aux volumes vendus.

Cette réalité n’empêche pas les débats sur la transparence des prix. C’est notamment le rôle de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR), chargé d’analyser l’évolution des coûts et de formuler des recommandations pour améliorer le pouvoir d’achat des habitants.

Pourquoi les prix sont-ils souvent plus élevés qu’à La Réunion ?

La comparaison avec La Réunion revient régulièrement dans les discussions. Pourtant, les deux territoires ne disposent pas des mêmes atouts économiques.

Avec près de 900 000 habitants, La Réunion représente un marché beaucoup plus important que Mayotte. Son port est également plus développé et son tissu économique davantage diversifié. Certains secteurs agricoles et agroalimentaires locaux permettent de réduire la dépendance aux importations.

Cette différence de taille favorise les économies d’échelle et attire davantage d’acteurs économiques, renforçant ainsi la concurrence entre distributeurs.

À Mayotte, la croissance démographique rapide accroît les besoins de consommation mais ne suffit pas encore à compenser les handicaps liés à l’insularité et à la faiblesse des infrastructures.

Un défi majeur pour les années à venir

Pour les économistes, la vie chère à Mayotte résulte d’un ensemble de facteurs structurels profondément ancrés. Améliorer les infrastructures portuaires, développer certaines productions locales et renforcer la concurrence figurent parmi les pistes régulièrement avancées.

En attendant, la hausse du coût de la vie demeure l’une des principales préoccupations des habitants. Dans un territoire où les revenus restent globalement inférieurs à ceux de l’Hexagone, chaque augmentation de prix pèse directement sur le budget des ménages et nourrit un débat qui reste, année après année, au coeur de l’actualité mahoraise.

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À Kaweni, « Nastaliq du souffle » fait dialoguer arts aériens et musiques de l’océan Indien

À Kaweni, « Nastaliq du souffle » fait dialoguer arts aériens et musiques de l’océan Indien

L’association culturelle Hippocampus propose, le 19 juin prochain à Kaweni, une création artistique originale mêlant tissu aérien, musique live et projection. Intitulé « Nastaliq du souffle », le spectacle réunit des artistes de Maurice et des Comores autour d’une réflexion poétique sur les circulations culturelles de l’océan Indien.

Le gymnase du collège K1 de Kawéni accueillera, jeudi 19 juin à 19 heures, une proposition artistique peu commune à Mayotte. Portée par l’association culturelle Hippocampus, en partenariat avec l’association Mayomnisport, la performance « Nastaliq du souffle » associe arts du cirque, création musicale en direct et projection visuelle dans une forme intimiste qui place le corps, la voix et le souffle au centre de l’expérience.

Inspirée de l’écriture nastaliq, une calligraphie persane caractérisée par ses lignes courbes et suspendues, l’oeuvre entend transposer dans l’espace les mouvements d’une écriture en suspension. Sur scène, le tissu aérien devient un support d’expression où le corps dessine des trajectoires semblables à des signes flottants, tandis que la musique prolonge ce mouvement dans une même respiration.

À travers cette création, les artistes explorent les liens qui unissent différentes cultures de l’océan Indien. Entre traditions musicales comoriennes, influences soufies, héritages africains et méditerranéens, la performance met en lumière des circulations culturelles anciennes qui continuent de nourrir les pratiques artistiques contemporaines.

La dimension internationale du projet repose notamment sur la rencontre entre deux artistes issues des îles voisines. La Mauricienne Shaheen Saliahmohamed assure la performance aérienne. Son travail, à la croisée des arts visuels, de la performance et des pratiques artisanales, s’intéresse aux questions de mémoire, de transmission et d’identité diasporique. Dans « Nastaliq du souffle », son corps suspendu devient un véritable outil d’écriture dans l’espace.

À ses côtés, la musicienne et compositrice comorienne Nawal Mlanao interprète un répertoire original à la voix, accompagnée du gambusi, du daf et du hang drum. Son univers musical puise dans les traditions de l’archipel des Comores tout en s’ouvrant à d’autres influences de la région. Les sonorités acoustiques créent ainsi un paysage sonore propice à l’écoute et à la contemplation.

Pour l’association Hippocampus, active à Mayotte depuis 2010 et soutenue depuis plusieurs années par les Affaires culturelles de la Préfecture de Mayotte ainsi que par la Fondation de France, cette création s’inscrit dans une démarche de valorisation des échanges culturels au sein de l’océan Indien. Le spectacle revendique également une approche sensible et poétique, donnant une place centrale à des formes artistiques parfois considérées comme marginales ou trop éloignées des standards culturels dominants.

La soirée débutera par une représentation proposée par l’association Mayomnisport.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes