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L’équipe de Pro Bâtiment Mayotte remporte la finale du Beach Foot Entreprise !

Ce dimanche 12 avril 2026 se tenait la 21ème édition du Beach Foot Entreprise. Une quarantaine d’équipes issues d’un large panel d’entreprises mahoraises se sont affrontées sur la plage de Sakouli. Au terme de cette journée haute en couleur, c’est finalement l’équipe de Pro Bâtiment Mayotte qui a remporté la victoire face à La Mahoraise de Travaux Publics (MCTP) avec un but à zéro. Retour en images sur cette journée dont la popularité ne se dément pas d’années en années.

Crédit photo : Eight/ Bertrand Fannonel

Mise en service complète du réseau Caribus

Mise en service complète du réseau Caribus

Le réseau de transport Caribus est pleinement opérationnel à compter de ce vendredi 10 avril 2026, avec l’entrée en service des lignes 1 et 2, après le lancement des lignes 3 et 4 début mars.

Le réseau comprend quatre lignes reliant les principaux pôles du territoire. Il fonctionne du lundi au vendredi de 4h30 à 21h, avec une fréquence de 10 minutes en heures de pointe et jusqu’à 20 minutes en période creuse. Le service est également assuré le week-end, avec des passages toutes les 30 minutes le samedi et toutes les heures le dimanche.

Il s’appuie sur des pôles d’échanges multimodaux et des parkings relais situés notamment à Passamainty, Hajangoua et Tsararano.

Dans cette phase de lancement, le service est gratuit et assuré par des véhicules provisoires, en attendant l’arrivée de bus définitifs prévue dans les prochains mois.

GBH accélère la relance agricole après Chido

GBH accélère la relance agricole après Chido

À Mayotte, le groupe GBH renforce son engagement dans la reconstruction en accompagnant la relance agricole. Après une phase d’urgence, un programme structurant, lancé en juillet 2025 avec l’ONG Super Novae, soutient aujourd’hui 80 agriculteurs locaux confrontés notamment à la sécheresse.

Doté d’un financement de 2 millions d’euros, ce dispositif permet l’installation de systèmes de récupération et de stockage d’eau, ainsi que l’amélioration des infrastructures agricoles. Sur le terrain, une délégation de GBH et de l’ONG a pu constater les avancées et ajuster les actions en fonction des besoins.

Au-delà des équipements, le projet repose sur une dynamique collective impliquant acteurs publics et partenaires locaux. Objectif : renforcer durablement l’autonomie des exploitations et soutenir la reconstruction économique du territoire.

Un projet chorégraphique mêlant hip-hop et répertoire contemporain en tournée à Mayotte

Un projet chorégraphique mêlant hip-hop et répertoire contemporain en tournée à Mayotte

De retour à Mayotte après le projet « Mapping Debaa » en 2024, la chorégraphe Elena Bertuzzi lance « Élévation plurielle », une nouvelle création artistique mêlant danse et audiovisuel. Ce projet s’appuie sur la reconstruction d’un extrait de Érection, pièce emblématique de Pierre Rigal (compagnie Dernière Minute), initialement créée en 2003.

Menée avec les danseurs hip-hop de l’association Feedback Crew de Chiconi, la création repose sur une transcription en cinétographie Laban, permettant la transmission fidèle de l’œuvre. Le projet bénéficie de partenariats locaux avec des établissements scolaires, des structures sociales et l’association Hippocampus.

Plusieurs représentations publiques sont prévues entre avril et mai 2026 dans différentes communes de l’île, notamment à Dembeni, Chirongui ou Bandrélé, avec une volonté affirmée de toucher un public jeune et diversifié.

Porté par l’association Les Piémontés, « Élévation plurielle » est soutenu par le Centre national de la danse, la DAC Mayotte et la Fondation de France.

Le Grand Nord de Mayotte installe son nouveau Conseil communautaire

Le Grand Nord de Mayotte installe son nouveau Conseil communautaire

À la suite des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026, la Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte procédera à l’installation de son nouveau Conseil communautaire le dimanche 12 avril à 9 heures, au Remblai de Bandraboua. Cette séance, ouverte au public et retransmise en direct sur Facebook, marque le début d’un nouveau mandat pour les élus, chargés de porter les projets de développement du territoire. À l’ordre du jour figurent notamment l’installation du conseil, l’élection du président, la détermination du nombre de vice-présidents ainsi que la lecture de la charte de l’élu local.

Des journées de sensibilisation à la santé sexuelle tout au long du mois d’avril

Des journées de sensibilisation à la santé sexuelle tout au long du mois d’avril

Des journées de sensibilisation à la santé sexuelle sont organisées tout au long du mois d’avril afin d’informer et d’accompagner la population sur ces enjeux essentiels. Au programme : prévention des IST, conseils personnalisés, échanges avec des professionnels et distribution de moyens de protection. Plusieurs rendez-vous sont prévus sur l’île, notamment le 11 avril à Nyambadao, le 12 avril à Mgambani, le 18 avril à Mtsamudu, le 25 avril à Dapani et le 26 avril à Bandrélé.

Des ruches au cœur des sites d’EDM pour faire bourdonner la biodiversité

Des ruches au cœur des sites d’EDM pour faire bourdonner la biodiversité
Président de la FMAE, Ali MAdi, Directeur général d’EDM, Raphaël Ruat et Directrice territoriale d’EDM, Echat Magoma.

À la centrale électrique de Longoni, le bourdonnement des câbles se mêle désormais à celui des abeilles. Jeudi 9 avril, Électricité de Mayotte (EDM) et la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE) ont signé une convention pour implanter des ruches sur plusieurs sites de l’île.

Le projet concerne Longoni, mais aussi la centrale des Badamiers à Petite-Terre et le site de Sada. Le dispositif prévoit trois ruches pleines et une dizaine de ruches pièges, destinées à capter les essaims pendant la période d’essaimage, entre mai et novembre. « Pendant cette période, les abeilles se multiplient et, comme dans une famille mahoraise, la mère quitte la maison en laissant la fille dans l’ancienne. Avec les ruches pièges, on leur dit : il y a déjà une maison qui vous attend », illustre Ali Madi, président de la FMAE.

La convention prévoit également un volet formation. Des salariés volontaires d’EDM pourront suivre les ruches et intervenir en lien avec la FMAE. L’objectif est de mieux connaître la biodiversité présente sur les sites et de savoir comment cohabiter avec elle. « C’est un outil de mise en valeur de notre responsabilité sociétale et environnementale. » ajoute Raphaël Ruat, directeur général d’EDM.

Pour Ali Madi, ce projet est aussi une manière de relier les enjeux locaux aux enjeux globaux. Lors de son discours, il insiste sur le rôle des pollinisateurs, indispensables à l’alimentation, et sur la nécessité de mieux les connaître pour mieux les protéger.

Le miel produit sera multifloral, c’est-à-dire issu de la multitude des espèces végétales présentes sur le site. La production reste secondaire : l’objectif n’est pas de développer une activité apicole, mais de s’appuyer sur les ruches comme outil de sensibilisation.

Le site de Longoni a été retenu pour son environnement. « Quand on arrive ici, on entend les oiseaux », souligne Ali Madi, évoquant une zone déjà riche en biodiversité, avec végétation, insectes et zones de rétention d’eau.

La convention prévoit également un travail sur la végétation, avec l’introduction possible d’espèces mellifères comme le baobab, l’hibiscus ou l’avocatier. Des actions pédagogiques sont par ailleurs envisagées, notamment pour les scolaires accueillis sur les sites d’EDM.

La FMAE assurera l’entretien des ruches dans le cadre d’un budget dédié, avec un partage de la production de miel. Pour EDM, cette initiative vise aussi à montrer que ses sites industriels peuvent accueillir et préserver une forme de biodiversité.  « Les abeilles sont un indicateur très sensible de la qualité de l’air. Si quelque chose ne va pas, ce sont les premières à disparaître », souligne son directeur général, Raphaël Ruat.

À Longoni, ruches et installations électriques vont désormais cohabiter, avec l’ambition d’ancrer davantage les enjeux environnementaux dans le fonctionnement quotidien des sites.

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Zily : “L’amour à la mahoraise peut être chanté pendant encore longtemps”

Zily : “L’amour à la mahoraise peut être chanté pendant encore longtemps”
Le 22 mai prochain, Zily se produira pour la première fois au Casino de Paris. Crédit : Zily/Yeka music

Zily est aujourd’hui l’artiste mahoraise la plus suivie de l’océan Indien. Avec plus de 20 000 000 de vues cumulées sur les Youtube, elle rayonne bien au-delà. Le 22 mai prochain, elle franchira une étape majeure en se produisant pour la première fois dans la capitale, sur la scène du Casino de Paris. En préparation de ce concert, pour le Flash Infos, elle a accepté de répondre à nos questions.

Flash-Infos : Après avoir conquis le public localement, comment avez-vous réussi à exporter le shimaoré et le kibushi à l’international ? Selon vous, qu’ont ces langues de particulier ?

Zily : Nos langues sont belles. C’est avec elles que je sais exprimer l’amour. La force du shimaoré et du shibushi résident dans la fierté de nos enfants qui les parlent, les chantent et les écoutent. Comme le wolof a pu être exporté, ou le lingala. C’est une langue que les gens ne connaissent pas vraiment, qui suscite la curiosité. Parfois, on me raconte qu’on entendrait une Capverdienne chanter ou parler. Rien à voir. Je leur dis que c’est un créole swahili, mélangé à du malgache.  Et c’est ma force, Je pense que nos langues méritent d’être connues et reconnues au niveau international.

F.I. : Vous avez composé plus d’une centaine de chansons de mariage. Quelles sont, au quotidien, vos sources d’inspiration et comment définiriez-vous l’amour à la mahoraise ?

Zily : Je n’en ai pas encore chanté le quart. L’amour à la mahoraise, est riche, intense, vaste, elle a beaucoup d’énergie. Elle se joue aussi dans les détails qui comptent énormément. C’est le voisin qui habite loin qui, à la sortie du travail, est chez toi en train de t’aider dans la réalisation de préparatif de mariage. Ou encore toutes les femmes qui unissent leurs forces pour que tout se passe bien. Toutes les énergies pendant les préparatifs, chaque copine, chaque copain… Je m’inspire de chaque mot, chaque “Marhaba”, des fleurs, du jasmin, du salouva, des vieux qui bénissent, qui effectuent des Du’an aux enfants, à toute une famille, et tout un village parfois. Pour moi, c’est beaucoup d’amour. C’est magnifique et c’est ce que dégage l’énergie mahoraise. On ne prend pas souvent la peine de regarder ces détails. Je m’en inspire à chaque composition. L’amour à la mahoraise peut être chanté pendant longtemps encore.

F.I. : Vous êtes une artiste prépondérante de la sphère mahoraise ? Quels conseils donneriez-vous à la nouvelle génération d’artistes mahorais ?

Zily : Je leur conseillerais de rester soi-même, d’avoir en foi en soi, d’avoir foi en notre culture, nos origines, à nos langues, et d’observer minutieusement ce qui se passe autour de nous sans stress. Comme on veut. S’aimer et aimer les siens et travailler, car c’est beaucoup de boulot. Travailler sans relâche, en ayant des bases solides, comme la culture. C’est très important de garder ça en soi, comme un “hirizi” (chapelet) qu’on amène à chaque fois où on va, c’est important pour l’avenir, pour nos enfants et petits-enfants.

F.I. : A Mayotte, le statut d’intermittent du spectacle n’existe pas. Comment vous y prenez-vous pour financer votre musique ?

Zily : Je m’auto-produis. De la gestion administrative jusqu’à la réalisation. Ce n’est pas facile. La stratégie fiable que j’ai eue, sont les chansons de mariage, ce sont des prestations qui me permettent aujourd’hui de financer ma carrière musicale, autre que les chansons de mariage. Ce qui n’est pas facile puisque, par période, elles n’interviennent pas tout le temps. Et c’est pendant la période creuse que je dois me décarcasser pour trouver les finances des visuels, des photos, des costumes. Et c’est avec mon équipe. J’ai beaucoup de personnes qui travaillent bénévolement, c’est ce qui fait qu’on est là. On y va à fond. Moi, toute seule, je n’aurais pas réussi. 

F.I. : Vous vous apprêtez à effectuer votre premier concert au Casino de Paris. Au vu de votre parcours, quel est le sentiment qui vous anime aujourd’hui ? 

Zily : J’ai tellement hâte de cette date. Je prépare un show, où je vais essayer de raconter notre histoire et faire résonner Mayotte à Paris. Faire ressentir Mayotte musicalement. J’ai engagé un scénographe afin de travailler la scène du début à la fin. Je vais donner le meilleur de moi-même. Mon but est que le public puisse en ressortir en se disant “Ah c’est ça Mayotte” !

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Déchetteries mobiles en Petite-Terre : trois mois d’efforts payants pour les services intercommunaux

Déchetteries mobiles en Petite-Terre : trois mois d’efforts payants pour les services intercommunaux
La collecte exceptionnelle de ces déchets au cours des trois derniers mois vient s’ajouter au travail régulier effectué par le SIDEVAM.

Plus que deux opérations restent à réaliser à Labattoir dans le cadre du déploiement des déchetteries mobiles en Petite-Terre. La reprise de ces déchetteries mobiles, conjuguée aux opérations exceptionnelles de collecte, aura été un remarquable succès. Le concours de plusieurs sociétés locales, qui ont mis gratuitement à disposition leurs camions-bennes, a constitué l’une des clés de cette réussite. Un effort accru de sensibilisation du public est envisagé dans les semaines et mois à venir, sans doute avec la participation des services de l’Éducation nationale.

De multiples partenariats ont été nécessaires pour assurer une collecte optimale des déchets sur le territoire de l’intercommunalité de Petite-Terre. Pour y parvenir, la direction de l’environnement et les services techniques de l’ICPT, les communes de Pamandzi et de Labattoir, ainsi que le SIDEVAM, conjuguent régulièrement leurs efforts afin de garantir la propreté des deux territoires concernés.

Le sujet est particulièrement complexe à traiter en temps ordinaire, et plus encore depuis le passage du cyclone Chido, qui a considérablement augmenté à la fois les volumes et la diversité des déchets à collecter, parfois dans des zones très difficiles d’accès. Dans ce contexte, les services de l’ICPT ont mené une série d’opérations de nettoyage et de collectes exceptionnelles, en complément de la reprise des déchetteries mobiles « classiques » relevant de la délégation de compétence déchets au SIDEVAM, de novembre 2025 à avril 2026.

Outre la reprise des deux rendez-vous mensuels réguliers dans les communes, des opérations ciblées, combinant déchetterie mobile et mobilisation des services techniques, ont été organisées sur plusieurs sites : La Vigie (antenne), La Vigie (station de lavage), Petit Moya, rue du Jardin, parking du marché de Labattoir, CETAM, Grand Moya, etc. Elles ont bénéficié d’un soutien exceptionnel d’entreprises locales — Maoré Territoire (éco-organisme et planification), Mava (opérations sur site), Colas et ETPC — qui ont toutes mis gratuitement à disposition leurs camions-bennes.

« Ces opérations sont de trois types distincts : les opérations classiques de nettoyage relevant des compétences des communes, les déchetteries mobiles qui permettent la collecte de ferraille et d’appareils électriques usagés, et le traitement des dépôts sauvages, notamment les carcasses de véhicules », détaille Houzaïra Boina, directrice du service environnement, biodiversité et SPANC à l’ICPT.

Contrairement aux opérations menées avant le passage du cyclone Chido, les collectes de 2025-2026 présentent une particularité : une partie d’entre elles n’a pas nécessité de transfert immédiat vers la Grande-Terre. Grâce à la mobilisation des acteurs locaux, la collecte, le tri et le stockage ont pu être réalisés sur l’espace intercommunal, notamment sur le site « TDF » aux Badamiers. Habituellement, la double insularité impose un transfert rapide des déchets vers la Grande-Terre, ce qui limite les volumes collectés. Désormais, ces transferts sont effectués de manière différée.

Ces opérations se sont déroulées sur une période de trois mois (janvier, février et mars). De nouvelles dates pour les déchetteries mobiles ont été annoncées conjointement avec le SIDEVAM en avril 2026, notamment pour le samedi suivant sur la commune de Dzaoudzi-Labattoir.

Au total, ces trois mois d’évacuation exceptionnelle des déchets ont mobilisé 12 bennes et permis la collecte de 180 m³ de déchets, auxquels s’ajoutent 80 m³ de déchets métalliques hors collecte habituelle du SIDEVAM.

« Nous avons opéré sur les points de collecte définis par les communes dans le cadre du tracé du SIDEVAM, mais pas uniquement. Les actes d’incivilité étant très nombreux en Petite-Terre, nous avons dû faire face à de nombreux dépôts sauvages, ce qui nous a contraints à adapter notre dispositif pour y répondre efficacement », précise Houzaïra Boina.

À ce jour, la communauté de communes de Petite-Terre estime être parvenue à résorber la quasi-totalité des déchets générés par le cyclone Chido, à l’exception d’un dépôt de ferraille situé rue du Jardin à Pamandzi, qui doit encore être transféré vers la Grande-Terre.

Houzaïra Boina considère d’ores et déjà cette opération — bien que non totalement achevée — comme une réussite. Elle souligne également l’efficacité de la communication menée par les services intercommunaux sur les réseaux sociaux. Une mobilisation renforcée du personnel est actuellement à l’étude afin d’intensifier la sensibilisation des citoyens aux enjeux de la protection de la biodiversité et à l’impact des déchets sur l’environnement. L’objectif est d’apporter une sensibilisation de proximité et de donner aux habitants les outils nécessaires pour préserver leur cadre de vie et gérer efficacement leurs déchets.

L’ICPT compte notamment sur le concours de l’Éducation nationale pour toucher un maximum de scolaires.

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Nouvelle municipalité de Dzaoudzi-Labattoir : comment sortir de plusieurs années de léthargie administrative ?

Nouvelle municipalité de Dzaoudzi-Labattoir : comment sortir de plusieurs années de léthargie administrative ?

Une prise de fonction riche d’enseignements quant à la manière dont la municipalité sortante a géré la commune de Dzaoudzi-Labattoir au cours des années précédentes. Entre cumul inexpliqué de fonctions, mélange des genres entre l’intercommunalité et la commune, un DST inefficace ignorant les règles des marchés publics et une nécessaire sécurisation des actes administratifs, le constat est préoccupant.

La question se pose désormais pour la nouvelle équipe municipale (fusion MDM/NEMA/LR), conduite par Freddy Novou. Celle-ci, qui se dit pressée de se mettre concrètement au travail, a entrepris un travail approfondi de vérification ainsi que des rencontres avec les agents des différents services. Une semaine après sa prise de fonctions officielle, le fonctionnement administratif de l’institution s’impose comme l’un des premiers chantiers auxquels elle devra s’atteler au plus vite si elle souhaite être réellement efficiente au cours de cette mandature qui débute.

Dans l’entourage immédiat du nouveau maire, on ne cache pas un étonnement grandissant face à certaines découvertes inattendues, à commencer par les trois piliers fondamentaux de l’administration communale : la direction générale des services, la direction des services techniques et le service juridique (actuellement inexistant).

« Nous avons affaire à une administration qui s’est effondrée, visiblement depuis un certain temps, avec un DGS qui ne s’occupe de la commune que deux jours par semaine parce qu’il cumule les mêmes fonctions avec l’intercommunalité de Petite-Terre. Une quantité importante de documents n’était pas traitée dans les délais et n’était soumise à signature que dans des temps déraisonnables », explique notre source.

Cette situation de cumul de fonctions interroge sur le plan juridique, eu égard aux nombreux dysfonctionnements qu’elle générait entre l’ICPT et la commune de Dzaoudzi-Labattoir, alors même qu’elle perdurait depuis plusieurs années.

En ce qui concerne les services techniques, la réalité serait encore plus marquée : la logique des marchés publics semblerait inconnue du responsable, qui aurait choisi de fonctionner exclusivement par bons de commande durant deux mandatures consécutives.

Ayant pleinement pris la mesure des réalités qui prévalent actuellement sur son territoire — réalités auxquelles elle devra désormais faire face — la nouvelle municipalité estime urgent de recruter un DGS afin de pallier les insuffisances actuelles, ainsi qu’un DST et un juriste chargé de sécuriser les actes administratifs et d’assurer les relations avec l’intercommunalité de Petite-Terre.

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Théophane Narayanin remis en liberté

Théophane Narayanin remis en liberté

Une décision judiciaire qui ne manquera pas de susciter débats et réactions : Théophane Narayanin, plus connu sous le surnom de “Guito”, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire hier après-midi. Condamné en première instance à cinq ans de prison pour son implication dans l’agression d’une avocate en 2015, il bénéficie aujourd’hui d’un tournant procédural majeur dans l’attente de son procès en appel.

L’affaire remonte à 2015, année au cours de laquelle une avocate avait été victime d’une agression ayant profondément marqué l’opinion publique locale. À l’issue du procès en première instance, Théophane Narayanin avait été reconnu coupable de son rôle dans cette affaire et condamné à une peine de cinq années d’emprisonnement.

Cependant, contestant cette décision, ses avocats avaient immédiatement interjeté appel. Une démarche classique mais déterminante, puisqu’elle suspend certains effets du jugement initial et ouvre la voie à un réexamen complet du dossier.

C’est dans ce contexte que la cour d’appel a été saisie, notamment pour examiner deux points essentiels : la demande de remise en liberté du prévenu et la contestation du mandat de dépôt à effet différé prononcé lors du premier jugement.

Une remise en liberté sous conditions strictes

La décision rendue par la cour marque un changement important dans la situation de l’accusé. Guito a quitté le centre de détention de Domenjod de la Réunion hier après midi où il était incarcéré depuis le 13 février 2026. Mais cette liberté retrouvée reste encadrée par un dispositif judiciaire strict.

Placée sous contrôle judiciaire, sa situation implique plusieurs obligations précises :

  • Se présenter chaque semaine auprès des services de gendarmerie
  • Ne pas quitter le territoire de La Réunion
  • Se conformer à toute convocation judiciaire jusqu’à la tenue de son procès en appel

Ces mesures visent à garantir sa représentation devant la justice tout en limitant les risques de fuite ou de récidive.

L’un des aspects les plus marquants de cette décision réside dans le statut juridique de Théophane Narayanin. En effet, dans le cadre de la procédure d’appel, il redevient juridiquement présumé innocent jusqu’à ce qu’un nouveau jugement soit rendu.

Ce principe fondamental du droit pénal, souvent mal compris du grand public, signifie que la condamnation initiale n’est pas définitive. Le procès en appel devra donc réexaminer les faits, les preuves et les responsabilités, avec la possibilité de confirmer, d’infirmer ou de modifier la décision initiale.

Cette libération sous contrôle judiciaire ne manquera pas de raviver l’attention autour de cette affaire sensible. Entre respect des droits de la défense et attente de justice pour la victime, l’équilibre reste délicat.

Le futur procès en appel sera donc déterminant. Il devra apporter des réponses claires sur les responsabilités de chacun et permettre, peut-être, de clore définitivement un dossier qui, plus de dix ans après les faits, continue de susciter interrogations et émotions.

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Comores : la chambre anti-corruption remet trois rapports aux autorités

Comores : la chambre anti-corruption remet trois rapports aux autorités

L’une de ces enquêtes s’intéresse à la caution financière de 50 000 euros imposée par le tribunal de commerce aux investisseurs étrangers qui veulent investir aux Comores, afin de régler leurs dettes au cas où ils fuiraient le pays.

La chambre anti-corruption de la section des comptes de la Cour suprême a transmis aux autorités au moins trois rapports dont deux rédigés en 2025.  Selon nos informations, le premier dossier concerne la direction générale des douanes. L’enquête portait sur l’acquisition de serveurs informatiques par la direction générale des douanes. Le montant en jeu s’élève à 28 millions de francs comoriens soit 56 924 euros. D’après les éléments à notre disposition, les investigations s’intéressaient à des irrégularités présumées dans la procédure de passation du marché public. « À l’issue des investigations, un rapport a été établi, concluant l’existence d’éléments susceptibles de justifier l’engagement de poursuites judiciaires« , a soufflé, une source interne.

Cette dernière, a également cité une autre affaire sur laquelle la chambre anti-corruption a travaillé. Il s’agit d’une autosaisine de l’instance en charge de la lutte contre la corruption. Dans son rapport d’activité de l’année 2025, la chambre a noté parmi ses activités une enquête sur l’imposition par le tribunal de commerce d’une caution financière de 25 millions de francs comoriens (50 000 euros). Cette somme est exigée à tout opérateur étranger qui souhaite lancer des activités commerciales.  » Les faits examinés rentrent dans un contexte suspect d’abus d’autorité et une exigence financière illégale selon les enquêtes effectuées et données obtenues. Un rapport a été transmis aux instances compétentes afin d’examiner les responsabilités éventuelles et les mesures idoines à prendre« , indique un document que nous avons consulté. Ce sujet a toujours fait couler beaucoup d’encre. En novembre dernier, l’ex-président du tribunal de commerce avait lors d’un entretien accordé à des médias dont flash infos, répondu aux critiques portées contre cette caution.  A l’époque, seules les anciennes entreprises étaient sommées de payer la caution. Pour qu’un prometteur sois autorisé à relancer ses activités, il doit déposer son dossier auprès de l’agence nationale pour la promotion des investissements (Anpi). Celle-ci se charge par la suite du dépôt des documents dans les différentes institutions afin d’obtenir le registre de commerce, délivré par le tribunal de commerce.

Code des investissements

C’est dans ce cadre que la caution financière a été introduite. Le tribunal a dit s’appuyer sur le code des investissements promulgué en janvier 2021. L’article 27 de cette loi reconnait qu’une moyenne et petite entreprise est celle dont le capital social commence à partir de 25 millions de francs comoriens (50 000 euros) et dont les employés ne dépassent pas 5. Ce n’est pas tout. Pour légitimer sa décision, le tribunal de commerce a cité l’Ohada ainsi qu’une ancienne loi datant de l’ère coloniale, laquelle définit les conditions d’entrée des étrangers dans un pays. L’ancien président du tribunal avait assuré, que l’investisseur verserait la somme par virement dans un compte domicilié à la banque centrale des Comores. « Si le promoteur quitte le pays sans une dette, il pourra récupérer son argent« , avait, déclaré, en novembre le tribunal de commerce alors que la polémique sur la légalité de cette caution prenait de l’ampleur.

Soutenue par une partie des commerçants locaux qui dénonçaient une concurrence déloyale de certains investisseurs, l’imposition de la caution avait été soutenue par le tribunal qui a constaté que les promoteurs étrangers quittaient le pays après l’obtention du registre de commerce. Donc les 50 000 euros sont censés servir de garantie. Mais ces arguments avaient été balayés par la directrice générale de l’Anpi, qui a rappelé que ladite caution n’est pas prévue dans un aucun texte et qu’elle était donc à proscrire. Nadjati Soidiki a ajouté que les mécanismes visant à contrôler les opérateurs peu fiables sont bien définis. Autant de questions que la chambre anticorruption s’est forcée de clarifier pendant son enquête toujours pas rendue publique.

Mandat de 5 ans

Il faut savoir qu’avant de publier ses conclusions, la chambre envoie à l’institution ou la personne incriminée le rapport provisoire pour répondre avant de les transmettre aux autorités compétentes. C’est le cas du directeur général des travaux publics au niveau de la Grande Comores, dont la régie en charge des engins publics a été auditée en 2026. Début février, des employés dénonçaient la mauvaise gestion de la direction qui a accumulé plus d’un an d’arriérés de salaires.  » L’enquête a mis en évidence la disparition de véhicules administratifs, des locations non comptabilisées ainsi que l’établissement de factures falsifiées« , a avoué une source proche du dossier. Le second audit lancé en 2026 mais qui suit son cours s’intéresse quant à lui à des faits de détournements de fonds au sein de la caisse des retraites, durant la période de 2023_2024. Mise en place par décret en date du 23 juin 2024, la chambre anti-corruption placée sous la houlette de la haute cour, n’est entrée en fonction qu’un mois plus tard. Elle est composée de 5 membres dont une présidente et 4 conseillers nommés par décret pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois. Dans son rapport de 2025, la chambre a noté une faible culture de dénonciation des faits de corruption. Confrontée à une insuffisance de ressources humaines spécialisées, l’instance a également relevé l’absence du parquet financier, qui pourrait prendre le relai après la publication des rapports de la chambre anticorruption, laquelle ne peut engager de poursuites judiciaires. Notons que selon le classement 2025 de l’Ong Transparency international, les Comores occupaient la 152ème place sur 180 pays. Un score qui montre que la situation ne s’améliore pas.

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À Tsoundzou-Virage d’Ironi Bé, 28 ménages sommés de quitter les lieux sous un mois

À Tsoundzou-Virage d’Ironi Bé, 28 ménages sommés de quitter les lieux sous un mois

La préfecture a ordonné, le 2 avril 2026, l’évacuation d’habitats informels à Tsoundzou-Virage d’Ironi Bé.

Deux périmètres sont concernés. Selon l’ARS, l’ensemble représente 77 locaux à usage d’habitation. Par ailleurs, la DEETS recense 28 ménages, soit 123 personnes contre 21 places d’hébergement mobilisables.

Les arrêtés imposent aux occupants de libérer les lieux dans un délai d’un mois. À défaut, l’évacuation pourra être menée d’office avec le concours de la force publique.

L’opération s’inscrit dans la politique de résorption de l’habitat illégal (loi ÉLAN), et pourrait être mise en œuvre à travers l’opération Kingia enclenchée au début du mois d’avril.

Alerte aux faux numéros se faisant passer pour le maire de Mamoudzou

Alerte aux faux numéros se faisant passer pour le maire de Mamoudzou

La municipalité de Mamoudzou met en garde la population contre une vague d’escroqueries en cours. Selon un communiqué publié le 7 avril 2026, des individus utilisent de faux numéros de téléphone, notamment via WhatsApp, pour usurper l’identité du maire et tenter d’obtenir des informations ou des paiements frauduleux .

La Ville rappelle qu’aucune démarche administrative ne s’effectue par messagerie privée et invite les habitants à privilégier uniquement les canaux officiels. Les autorités appellent à la vigilance et recommandent de ne jamais transmettre de données personnelles ou bancaires en ligne.

Les victimes ou témoins sont encouragés à signaler ces pratiques et à déposer plainte auprès des forces de l’ordre.

L’Escape Game au service de la santé : Une journée innovante pour les jeunes de Mayotte

L’Escape Game au service de la santé : Une journée innovante pour les jeunes de Mayotte

Une journée pour sensibiliser les jeunes aux enjeux de la santé, en leur facilitant par la même occasion des démarches qui leurs paraissent compliquées, tel est le cadre de la « Journée Santé Jeunes » que prépare pour le 16 avril 2026, l’Assurance Maladie et la Mission locale de Mayotte. Elle est programmée pour se dérouler à Cavani (commune de Mamoudzou), de 9 h à 14 h, dans les locaux de la Mission Locale.  Un événement qui a vocation à se perpétuer dans l’avenir, ici dans l’archipel mais aussi ailleurs sur le territoire national, où il mobilise 90 caisses d’Assurance Maladie et 136 structures de Mission Locales. En effet, les organisateurs de cette opération ont manifesté l’ambition d’en faire un rendez-vous annuel dans le but de fédérer les jeunes et les acteurs de terrain autour de l’idée que la santé peut devenir un levier d’autonomie et d’émancipation. Pour se faire, des outils innovants et interactifs ont été inventés et mis à profit, notamment une escape Game pédagogique baptisé « sortez Amélie de là » ! Dans le cas particulier de Mayotte, les jeunes se verront proposer un accompagnement personnalisé dans leurs démarches. A cette occasion, il leur sera aussi possible de vérifier leurs droits et échanger sur des thématiques de prévention santé.

Un atelier lecture parents-enfants pour renforcer le lien familial

Un atelier lecture parents-enfants pour renforcer le lien familial

Le Centre Social et le Service Animation Jeunesse et Sport (SAJS) organisent vendredi 10 avril 2026, de 9h à 12h à la Maison France Services de Tsararano, une matinée de lecture entre parents et enfants. Cette initiative vise à favoriser les échanges familiaux, rompre l’isolement et renforcer la cohésion sociale.

Un atelier lecture parents-enfants pour renforcer le lien familial

Un séminaire pour construire l’avenir des compétences

Un séminaire pour construire l’avenir des compétences

Le Président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousséni, organise les 22 et 23 avril 2026 un séminaire à la Technopole de Dembéni. L’événement vise à faire le point sur le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations et de l’Orientation Professionnelle (CPRDFOP), partager le bilan des actions engagées et définir les perspectives pour l’emploi et le développement des compétences à Mayotte. Acteurs publics, partenaires et professionnels sont invités à participer à cette démarche collective.

Les joueurs de l’AS Sada 1 récompensés par un séjour à Paris

Les joueurs de l’AS Sada 1 récompensés par un séjour à Paris

Les jeunes joueurs de l’AS Sada 1, vainqueurs de l’Orange Cup 2025 à Mayotte, ont participé du 2 au 6 avril à un séjour à Paris, organisé grâce au soutien d’Air Austral.

Ce voyage, récompensant leur parcours sportif, a permis aux jeunes Mahorais de découvrir le football de haut niveau. Ils ont assisté à un match de Ligue 1 entre le Paris Saint-Germain et le Toulouse FC au Parc des Princes, et visité le centre national de Clairefontaine.

Entre découverte culturelle, moments de cohésion et immersion sportive, cette expérience marque une étape importante pour ces jeunes, dont beaucoup vivaient leur premier voyage hors du territoire.

La préfecture met en avant les premiers résultats de “Kingia” avant une prise de parole attendue en fin de semaine

La préfecture met en avant les premiers résultats de “Kingia” avant une prise de parole attendue en fin de semaine

À quelques jours d’une conférence de presse prévue ce vendredi, la préfecture de Mayotte commence à dévoiler les premiers résultats de l’opération “Kingia”, lancée début avril et prévue jusqu’au 28 mai. Cette opération de sécurisation, dans la continuité des dispositifs “Wuambushu” de 2023 et “Place nette Mayotte” de 2024, vise à agir simultanément contre la délinquance, l’immigration irrégulière, l’habitat insalubre et les activités économiques illégales.

Dans son communiqué daté du 7 avril, la préfecture présente “Kingia” comme une opération d’envergure destinée à « renforcer durablement la sécurité des Mahorais et préserver l’ordre public ». Le dispositif s’appuie sur des renforts, avec 49 policiers venus de métropole et 12 de La Réunion, ainsi qu’une coordination accrue entre les services de l’État et les partenaires locaux.

Sur le terrain, les premières opérations ont été menées dès le début de la semaine et donnent un aperçu des actions engagées. À Koumbini, dans la commune de Sada, 18 logements jugés indignes et insalubres ont été détruits dans le cadre de la loi Elan.

Le même jour, une opération de sécurisation conduite en Grande-Terre par la police nationale a permis la saisie de cinq armes blanches. Mercredi, d’autres contrôles ont été menés à Mamoudzou, ciblant notamment la vente illégale de marchandises. Au total, 800 kilos de produits ont été saisis, 16 verbalisations ont été dressées et 8 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés en vue de leur éloignement.

Dans la foulée, une nouvelle opération conjointe du CODAF a été menée dans un établissement de restauration à Bandrélé. Le contrôle n’a relevé aucun manquement en matière de travail dissimulé ni au regard de la réglementation, mais environ 7 kilos de denrées alimentaires non conformes ont été détruits. Une mise en demeure a été adressée à l’établissement, avec obligation de mise en conformité avant un second contrôle.

Ces premiers chiffres, diffusés au fil de la semaine, interviennent alors que le préfet doit détailler les objectifs et les modalités de l’opération lors d’une conférence de sécurité prévue vendredi, en présence d’élus et d’acteurs locaux. Une séquence qui doit permettre de dresser un premier bilan et de préciser la suite des opérations sur le territoire.

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Transferts de dépouilles à Mayotte : Naïma Moutchou réunira prochainement les compagnies aériennes

Transferts de dépouilles à Mayotte : Naïma Moutchou réunira prochainement les compagnies aériennes
Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, se défend de minimiser le problème soulevé. Elle annonce la tenue prochaine d’une réunion avec les compagnies aériennes afin de trouver rapidement des solutions à ce dossier.

Face aux accusations portées contre le gouvernement par la députée Anchya Bamana, la ministre des Outre-mer assure ne pas prendre à la légère le dossier des rapatriements des défunts mahorais depuis la métropole. Elle rappelle son implication personnelle ainsi que celle de son cabinet à chaque sollicitation afin de résoudre les difficultés rencontrées. Elle annonce la convocation, dans les prochains jours, d’une réunion avec les compagnies aériennes, à laquelle seront conviés les parlementaires mahorais.

C’est un sujet inhabituel qui s’est invité dans les débats de l’Assemblée nationale à Paris, ce mercredi, à l’occasion de la traditionnelle séance hebdomadaire des questions au gouvernement : celui des dépouilles de personnes originaires de Mayotte décédées dans l’Hexagone. Anchya Bamana (députée de la 2nde circonscription) a interpellé la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, au sujet des difficultés rencontrées par de nombreuses familles pour rapatrier les corps de leurs défunts vers leur île natale.

Ce problème, que l’on pensait moins récurrent depuis l’année dernière et les premiers mois de la crise née du cyclone Chido, aurait refait surface, d’après la députée mahoraise, qui a fait part à ses collègues parlementaires et aux membres du gouvernement des nombreuses sollicitations qu’elle reçoit de familles endeuillées.

« Seize mois après le cyclone Chido, la situation des rapatriements des défunts vers Mayotte est scandaleuse. Les familles, brisées par le deuil, attendent des semaines, parfois des mois, pour pouvoir enterrer leurs proches à Mayotte. Ce n’est plus un dysfonctionnement administratif, c’est une faute de l’État ! Nous parlons de défunts français, bloqués, stockés dans des hangars à l’aéroport Charles-de-Gaulle faute de solutions rapides pour leur retour à Mayotte. Voilà la réalité que la République inflige à ses enfants. »

Devant une ministre des Outre-mer très attentive à ses propos, Anchya Bamana a expliqué que cette situation engendre attente, détresse et colère au sein des familles. S’en prenant directement au gouvernement, elle a affirmé que, dans cette affaire, « le plus insupportable, c’est le spectacle de votre impuissance », a-t-elle lancé à Naïma Moutchou, évoquant des saisines adressées à cette dernière ainsi qu’à son homologue des Transports.

« Tout le monde est au courant et personne ne réagit, chacun se renvoie la balle pendant que les familles sombrent dans la souffrance et l’humiliation », a ajouté la députée mahoraise, avant d’interroger : « Comment pouvez-vous accepter, en 2026, qu’on soit incapable de garantir ce respect élémentaire aux morts et cette dignité minimale à leurs familles ? »

La ministre explique les points de blocage et détaille les mesures d’accompagnement de l’État

Une remarque qui, selon toute vraisemblance, a profondément touché la ministre des Outre-mer, à en juger par le regard désemparé qu’elle a affiché à cet instant. Anchya Bamana s’est alors adressée à l’ensemble des parlementaires et membres du gouvernement présents dans l’hémicycle du Palais Bourbon pour leur signifier que ce qu’ils ne seraient pas capables de supporter pendant 48 heures pour l’enterrement d’un proche en province, les Mahorais sont contraints de l’endurer pendant des semaines, voire des mois.

Au terme de son intervention, la parlementaire a souhaité savoir quel ministère allait endosser la responsabilité de ce dossier et connaître les mesures immédiates, concrètes et contraignantes qui seraient mises en œuvre pour résorber une situation dramatique qu’elle n’a pas hésité à qualifier de « honte ».

La réponse est venue de Naïma Moutchou, qui a admis avoir été sollicitée à plusieurs reprises par Anchya Bamana et l’avoir accompagnée, à chaque fois, avec les membres de son cabinet, afin de trouver des solutions.

Elle a indiqué que l’État s’était assuré auprès des compagnies aériennes que ces situations soient traitées avec la plus grande célérité possible, afin d’apporter des réponses aux familles endeuillées. La ministre a précisé que l’État prend en charge une partie du coût de ces rapatriements, à hauteur de 50 %, et qu’il soutient également les familles souhaitant se rendre aux obsèques de leurs proches ou leur rendre visite avant leur décès.

Elle a expliqué que les difficultés proviennent notamment de la disponibilité des vols à destination de Mayotte (de deux à quatre par semaine selon les saisons) et de l’organisation des compagnies aériennes chargées des rapatriements. Ces derniers répondraient, selon elle, à trois critères : « des obligations réglementaires de transport, les capacités offertes par les vols — plus importantes en haute saison — et des impératifs liés à des demandes urgentes, notamment pour des produits sanitaires ou alimentaires ».

Naïma Moutchou a déclaré entendre les familles mahoraises, qui ont besoin d’être rassurées quant à la prise en compte de leurs demandes dans les meilleurs délais. « J’ai pris contact avec les compagnies aériennes afin que nous puissions trouver des solutions. Nous organiserons une réunion la semaine prochaine avec elles pour dégager des pistes de résolution. » Les parlementaires mahorais seront conviés à cette réunion.

Les compagnies aériennes contactées par nos soins n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce sujet pour le moment. D’autres opérateurs impliqués dans ce dossier, tels que les sociétés de pompes funèbres, se montrent toutefois moins alarmistes. Elles estiment qu’un retour à la normale est amorcé depuis plusieurs mois, l’épisode exceptionnel du cyclone Chido étant désormais derrière nous.

L’une d’entre elles a notamment salué la réactivité de la chaîne d’intervenants en lien avec les services du Département-Région de Mayotte, en particulier les Maisons de Mayotte à Paris et à Saint-Denis de La Réunion, ainsi que la bonne organisation des associations de la diaspora, très impliquées dans ces opérations de rapatriement.

Ces professionnels avancent une autre explication aux difficultés rencontrées par certaines familles mahoraises vivant hors du territoire : certaines n’auraient pas le réflexe de solliciter immédiatement les professionnels habitués à travailler avec les autorités mahoraises, ce qui allongerait les délais de rapatriement des corps, indépendamment des contraintes réelles liées aux compagnies aériennes.

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