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Raphaël Mohamed, athlète mahorais de haut niveau, lâché sur le financement de ses études

Raphaël Mohamed, athlète mahorais de haut niveau, lâché sur le financement de ses études

Il vise les Jeux olympiques de 2028, et peut-être ceux de 2032. Mais cet été, ce qui occupe Raphaël Mohamed, c’est de récupérer l’argent d’une formation dont le financement lui avait été promis.

Le spécialiste du 110 m haies du Racing Club de Mamoudzou a dû puiser dans ses économies pour décrocher son BPJEPS, après s’être vu accorder, puis refuser, une prise en charge par le Département. Après l’obtention de son diplôme, il attend toujours une réponse claire.

Raphaël Mohamed est aujourd’hui le seul athlète mahorais figurant sur la liste ministérielle des sportifs de haut niveau. Il a porté les couleurs de l’île jusqu’en demi-finale des Jeux olympiques de Paris 2024. Son palmarès compte également un titre aux Jeux des Îles, une finale aux championnats de France et une quatrième place en finale des championnats d’Europe.

Pour la suite, il compte participer aux championnats d’Europe cet été, aux championnats du monde l’année prochaine, puis aux Jeux olympiques de 2028.

C’est en pensant à l’après-carrière qu’il a entamé son BPJEPS. « Je songe à devenir éducateur sportif pour la suite de ma carrière, explique-t-il. Mon objectif, c’est de revenir sur l’île pour transmettre l’expérience acquise en Europe. » Une démarche qui s’inscrit pleinement dans l’esprit affiché du dispositif Jeune Talent Mahorais (JTM), censé accompagner les talents mahorais sur le long terme.

En amont de sa formation, Raphaël constate son coût : plus de 9 000 euros, un montant trop élevé pour lui. Il entre alors en contact avec le Département qui, dans le cadre du programme JTM, donne un accord de principe pour le financement de son diplôme.

L’athlète met alors en relation son centre de formation (CFA) avec le Département afin que celui-ci s’occupe des formalités administratives. Le Département envoie une convention au CFA, qui la lui retourne signée. Cependant, vers la fin de sa formation, le directeur du CFA lui annonce que le document n’est toujours pas revenu signé par le Département.

Faute de paiement, Raphaël n’a d’autre choix que de financer lui-même sa formation, avec l’aide de ses proches. Il obtient finalement son diplôme, mais demande à être remboursé.

Par courriel, le Département lui répond en rappelant que « le parcours d’excellence sportive concerne les athlètes en voie d’accès au haut niveau dans les dispositifs : Pôle Espoir, Académie sportive et Centre de formation ». Il est donc considéré comme inéligible en raison de son statut « d’athlète de haut niveau confirmé ».

Une question reste toutefois en suspens pour Raphaël : pourquoi lui avoir donné une réponse positive s’il était inéligible ?

Interrogée, l’équipe chargée du sport au sein du Département n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Depuis avril, Raphaël Mohamed attend. Le diplôme est obtenu, mais la facture reste à sa charge. Pour un athlète qui doit déjà composer avec les coûts d’une carrière de haut niveau, le poids financier n’est pas anodin.

« Aujourd’hui, cela crée des difficultés personnelles. L’argent reste un vrai sujet », confie-t-il.

Au-delà de sa situation personnelle, l’athlète prévient que, sans solution, sa participation aux prochains Jeux des Îles de l’océan Indien pourrait être remise en question.

« Représenter Mayotte, ça me tient à cœur, glisse-t-il. Mais derrière, on ne me renvoie pas la balle… »

« Je remercie le Département de m’avoir aidé toutes ces années, tient-il à souligner. Mais c’est dommage d’en arriver à ce genre de situation. J’espère être le seul dans ce cas, parce que cela pourrait vraiment freiner la carrière d’autres sportifs. »

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Les panneaux solaires chez les particuliers : un investissement rentable à Mayotte ?

Les panneaux solaires chez les particuliers : un investissement rentable à Mayotte ?
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Face à la hausse du coût de l’énergie et aux coupures d’électricité qui touchent régulièrement l’île, de plus en plus de Mahorais s’intéressent aux panneaux photovoltaïques. Grâce à un ensoleillement parmi les plus élevés de France, Mayotte dispose d’un fort potentiel solaire. Mais l’investissement est-il réellement rentable pour les particuliers ? Entre économies, coût d’installation et contraintes techniques, les avis convergent sur un point : le solaire séduit, à condition que le projet soit bien dimensionné.

À Mayotte, le soleil est une ressource abondante. Avec plusieurs milliers d’heures d’ensoleillement chaque année, le territoire offre des conditions particulièrement favorables au développement du photovoltaïque. De nombreux foyers envisagent désormais d’équiper leur toiture afin de produire une partie de leur électricité et de réduire leur facture énergétique.

Pourtant, franchir le pas représente un investissement conséquent. Selon les professionnels du secteur, une installation destinée à une maison individuelle coûte généralement entre 8 000 et 15 000 euros, en fonction de la puissance installée, des équipements choisis et de la complexité du chantier.

Des économies visibles sur la facture

Pour les particuliers déjà équipés, les premiers bénéfices sont avant tout financiers.

« Depuis que nous avons installé nos panneaux, notre facture a nettement diminué », explique un propriétaire installé dans le centre de l’île. « Nous faisons fonctionner le chauffe-eau, la machine à laver et les appareils les plus énergivores pendant la journée. Cela nous permet de consommer directement l’électricité produite. »

Ces témoignages illustrent l’intérêt de l’autoconsommation, qui consiste à utiliser immédiatement l’électricité produite par les panneaux plutôt que de la prélever sur le réseau.

Une rentabilité qui dépend des habitudes de consommation

Les installateurs rappellent toutefois qu’il n’existe pas de réponse unique à la question de la rentabilité.

« Chaque projet doit être étudié en fonction des besoins du foyer », explique un professionnel du photovoltaïque. « Une famille qui consomme beaucoup d’électricité en journée amortira plus rapidement son installation qu’un ménage absent toute la journée. »

À Mayotte, un kilowatt-crête de panneaux photovoltaïques peut produire entre 1 500 et 1 700 kilowattheures par an grâce au fort ensoleillement. Dans ces conditions, le retour sur investissement est généralement estimé entre huit et douze ans, alors que les panneaux disposent d’une durée de vie pouvant dépasser vingt-cinq ans.

Le choix du matériel, l’orientation du toit, l’absence d’ombrage et la qualité de la pose influencent également les performances de l’installation.

Un investissement tourné vers l’avenir

Au-delà des économies réalisées, de nombreux propriétaires mettent en avant l’intérêt environnemental de leur installation. Produire localement une partie de son électricité permet de limiter le recours aux énergies fossiles tout en renforçant l’autonomie énergétique du territoire.

Les spécialistes restent néanmoins prudents. Une installation photovoltaïque ne constitue pas une solution miracle et doit être adaptée aux besoins réels du foyer. Une étude préalable de la consommation, de l’exposition de la toiture et des possibilités de raccordement est indispensable avant tout investissement.

Dans un contexte où la maîtrise des dépenses énergétiques devient une priorité pour de nombreux ménages, les panneaux solaires apparaissent comme une solution crédible pour les particuliers mahorais. Si le coût initial reste élevé, les conditions d’ensoleillement exceptionnelles de l’île permettent d’envisager une rentabilité sur le long terme. Pour les foyers dont les habitudes de consommation sont compatibles avec l’autoconsommation, le photovoltaïque représente aujourd’hui un investissement qui conjugue économies, valorisation du patrimoine et contribution à la transition énergétique de Mayotte.

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Port de Longoni : « Nous resterons vigilants jusqu’à ce que l’EPIC soit pleinement opérationnel »

Port de Longoni : « Nous resterons vigilants jusqu'à ce que l'EPIC soit pleinement opérationnel »

Parmi les très rares élus de l’Assemblée de Mayotte à avoir publiquement contesté la création d’un établissement public industriel et commercial (EPIC) pour assurer la gestion du port de Longoni à compter du 1er septembre 2026, Hélène Pollozec assume pleinement son désaccord.

Pour l’élue, la décision portée par Ben Issa Ousséni et adoptée par la majorité départementale relève davantage d’une réponse improvisée à une situation devenue urgente que d’une stratégie construite pour l’avenir du premier outil économique de Mayotte. Elle estime que les alternatives prévues par le droit n’ont pas été sérieusement étudiées et regrette que des considérations politiques aient, selon elle, pris le pas sur l’intérêt général. Dans cet entretien accordé à Flash Info, elle revient sur les conditions qui ont conduit à ce vote, les incertitudes entourant la mise en place de l’EPIC et les risques qu’elle entrevoit pour la continuité de l’activité portuaire.

Flash Info : Vous êtes l’une des rares élues à avoir exprimé publiquement votre opposition à la création de cet EPIC. Qu’est-ce qui fonde votre désaccord ?

Hélène Pollozec : Ce qui me préoccupe avant tout, c’est le sentiment que nous construisons une solution dans l’urgence. Nous sommes face à un dispositif élaboré à la hâte, largement inspiré d’un autre modèle portuaire, celui de Sète, alors que les réalités économiques, institutionnelles et territoriales de Mayotte sont profondément différentes.

Pourtant, d’autres solutions existaient. Dans sa décision, le tribunal administratif rappelle que le Département pouvait reprendre directement l’exploitation du port en régie, sans créer d’établissement public, ou mettre en place une délégation de service public (DSP) transitoire, dans l’attente d’une nouvelle délégation ou de la transformation de Longoni en Grand Port Maritime.

Pourquoi ces pistes ont-elles été écartées ? À ce jour, aucune explication réellement convaincante n’a été apportée.

Cette situation a d’ailleurs provoqué de nombreux revirements parmi les élus. Le premier à nous avoir présenté le projet d’EPIC était Ali Omar, qui participait alors aux réunions de travail. Aujourd’hui, il ne souhaite plus en entendre parler. Chacun est libre d’évoluer dans sa réflexion, mais ces changements successifs alimentent une véritable confusion.

Le débat s’est progressivement éloigné des questions de fond. Lorsqu’on entend que certains refusent de travailler avec telle ou telle personne, ou que des considérations personnelles prennent le dessus, nous ne sommes plus dans une réflexion guidée par l’intérêt général.

Ma principale inquiétude est simple : qu’au 1er septembre prochain, nous ne soyons pas en mesure d’assurer le fonctionnement normal du port.

On nous assure que les salariés actuels de MCG intégreront l’EPIC, garantissant ainsi la continuité des compétences techniques. Mais, sur le plan administratif, tout reste extrêmement flou. Nous ignorons toujours qui dirigera cette nouvelle structure. On nous annonce des procédures de recrutement, mais aucun directeur n’a encore été officiellement désigné.

Pour un équipement aussi stratégique que le port de Longoni, cette absence de visibilité est particulièrement préoccupante.

Flash Info : Pourtant, certaines rumeurs affirment que le futur directeur serait déjà choisi.

Hélène Pollozec : Les informations dont nous disposons évoquent effectivement une personnalité extérieure au territoire. Si tel est le cas, j’espère qu’elle aura une connaissance suffisante des spécificités mahoraises. Gérer le port de Longoni ne consiste pas seulement à administrer une infrastructure portuaire ; il faut également comprendre les réalités économiques, sociales et logistiques propres à Mayotte.

Encore une fois, nous sommes confrontés à une solution élaborée dans la précipitation parce que l’on a laissé passer beaucoup de temps.

Dès juin 2025, lorsque la décision de justice est devenue connue, nous aurions dû engager un véritable travail collectif afin de préparer la transition. Une année entière aurait permis d’organiser sereinement une DSP transitoire ou d’explorer d’autres solutions. Aujourd’hui, nous prétendons accomplir en deux mois ce que nous aurions dû préparer pendant plus d’un an.

Flash Info : Beaucoup de Mahorais doutent de la capacité du Département à être prêt le 1er septembre 2026, compte tenu des délais extrêmement courts. Partagez-vous cette inquiétude ?

Hélène Pollozec : Oui, incontestablement. Ce qui est regrettable, c’est que les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui étaient parfaitement identifiées. Plusieurs rapports de la Cour des comptes soulignaient déjà les insuffisances du dialogue entre le Département et son délégataire.

Pourtant, le discours politique a progressivement glissé vers une autre lecture du dossier. Lors d’une réunion avec les élus, le président Ben Issa Ousséni a notamment évoqué une mauvaise utilisation de l’argent public.

Or, ce n’est pas ce que disent les décisions de justice ni les rapports de contrôle. Ils évoquent avant tout un manque de transparence et des insuffisances dans le suivi de la gestion, pas nécessairement un détournement ou une mauvaise utilisation des fonds.

Cette nuance est essentielle. Le port fonctionne. Certes, des améliorations étaient nécessaires en matière de transparence, mais cela ne signifie pas que tout était à jeter.

Ce que je regrette également, c’est que les personnes qui ont engagé cette confrontation avec le délégataire ne sont, pour la plupart, plus présentes aujourd’hui pour en assumer les conséquences. Au départ, tout est né d’un désaccord sur la politique tarifaire.

Flash Info : Ce dossier nourrit un profond sentiment d’incompréhension dans l’opinion. D’un tribunal à l’autre, les motivations avancées pour mettre fin à la DSP semblent évoluer. Cette succession de décisions ne brouille-t-elle pas la lecture du dossier ? 

Hélène Pollozec : C’est effectivement très difficile à comprendre, y compris pour ceux qui suivent ce dossier depuis plusieurs années. Alors imaginez ce qu’il en est pour les Mahorais qui n’en connaissent que les grandes lignes.

On nous rappelle régulièrement que la justice est indépendante et qu’elle suit son propre calendrier. Soit. Mais une autre interrogation demeure : dès lors que le tribunal administratif a confirmé, en juin 2025, que cette délégation de service public arriverait à son terme, le président du Département aurait dû engager sans attendre les discussions relatives à la transformation de Longoni en Grand Port Maritime.

Cette perspective figurait pourtant dans la loi de programmation adoptée en août 2025. Il aurait fallu travailler immédiatement avec l’État afin que cette évolution soit inscrite dans les textes d’application et accompagnée des moyens budgétaires nécessaires. Rien de tout cela n’a véritablement été entrepris.

Avant son départ de Mayotte, le préfet François-Xavier Bieuville nous expliquait que l’État n’était pas prêt. C’est regrettable lorsque l’on sait que ce projet est évoqué depuis près d’une décennie. La première demande officielle remonte à 2017, sous la présidence de Soibahaddine Ibrahim Ramadani. Neuf années plus tard, nous en sommes toujours au même point.

Flash Info : Plusieurs responsables politiques reconnaissent désormais que la transformation de Longoni en Grand Port Maritime ne verra pas le jour avant plusieurs années. Comment expliquez-vous un tel retard ? 

Hélène Pollozec : Je le regrette profondément, d’autant que l’État avait lui-même pris des engagements. Il faut avoir le courage de reconnaître nos propres responsabilités. Dans ce dossier, les élus mahorais n’ont pas toujours été à la hauteur des enjeux. Nous n’avons pas su mener les négociations avec l’efficacité qu’exigeait un dossier aussi stratégique.

Il est vrai que l’instabilité gouvernementale n’a pas facilité les choses. À chaque changement de ministre, il fallait reprendre les discussions depuis le début, réexpliquer l’historique du dossier et convaincre de nouveaux interlocuteurs. Cette absence de continuité nous a fait perdre un temps considérable.

Mais cela n’explique pas tout. Nous avons également bénéficié, à certains moments, de la présence de ministres mahorais au sein des différents gouvernements. C’était une opportunité qu’il fallait pleinement exploiter pour faire avancer les grands dossiers de Mayotte. Je ne suis pas certaine que nous ayons su le faire.

À plusieurs reprises, certains d’entre nous ont proposé de mettre leurs réseaux et leurs relations au service des négociations conduites à Paris. Ces propositions n’ont jamais été retenues. Je pense sincèrement que nous avons laissé passer des occasions importantes.

Flash Info : Pourquoi, selon vous ?

Hélène Pollozec : Parce que les considérations politiques prennent trop souvent le dessus.

À deux ans des élections départementales, chacun pense déjà à sa propre campagne. Les grands dossiers passent parfois au second plan.

Je l’ai déjà dit en séance : le dossier du port est devenu un enjeu politique avant d’être un enjeu économique. Certains élus qui souhaitaient exprimer des réserves n’ont pas toujours pu le faire librement.

Il faut également dire les choses avec franchise : le port représente une ressource financière considérable. Il concentre des investissements, des marchés publics et des décisions économiques majeures. Dans ce contexte, chacun cherche naturellement à peser sur les choix qui seront faits demain.

Je regrette que ces considérations puissent parfois prendre le pas sur l’intérêt collectif. Le développement du port devrait être un projet fédérateur pour Mayotte. Il ne devrait jamais devenir un objet de rivalités politiques.

Flash Info : Vous évoquiez tout à l’heure le transfert des salariés de MCG vers l’EPIC. Mais une autre difficulté demeure : une partie importante des équipements appartient à Ida Nel et ne relève pas de la DSP. Comment remplacer ce matériel en seulement deux mois ?

Hélène Pollozec : C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles je parle de bricolage.

Cette semaine encore, Ida Nel rappelait avoir investi près de 200 millions d’euros dans les équipements portuaires.

Au départ, il nous avait été présenté un budget d’environ un million d’euros destiné à reprendre la masse salariale. Puis, en séance, le président Ben Issa Ousséni nous a expliqué que les besoins financiers se situeraient finalement entre quatre et huit millions d’euros afin d’acquérir notamment de nouvelles grues.

Je m’interroge. Comment imaginer remplacer des équipements représentant plusieurs centaines de millions d’euros avec quelques millions seulement ?

Les ordres de grandeur ne sont tout simplement pas comparables.

Personne n’est aujourd’hui en mesure de nous dire quel sera le coût réel de cette transition ni quelles conséquences financières supportera le Département.

Est-ce réellement la seule solution permettant d’assurer la continuité de l’exploitation au 1er septembre prochain ? À ce stade, je n’en suis toujours pas convaincue.

Flash Info : Plusieurs sources indiquent que les services de l’État n’auraient jamais demandé la création d’un EPIC. Cela signifie-t-il que cette initiative relève exclusivement du Département ? 

Hélène Pollozec : À ma connaissance, aucune véritable concertation n’a réuni l’ensemble des acteurs concernés. Les élus, les professionnels du secteur portuaire, les services de l’État et les différents partenaires ne se sont jamais retrouvés autour d’une même table pour construire une solution commune.

C’est précisément ce que je regrette. Je comprends d’autant moins la décision prise par l’Assemblée de Mayotte que le conseil portuaire, composé de professionnels directement impliqués dans la gestion de Longoni, avait rendu un avis défavorable à la création de cet EPIC.

Certes, cet avis n’était que consultatif. Mais lorsqu’on sollicite l’expertise des acteurs de terrain, encore faut-il accepter d’en tirer les conséquences.

Lors de notre précédente séance, ce dossier avait d’ailleurs été retiré de l’ordre du jour parce que cet avis faisait défaut. Une fois celui-ci rendu, il n’a finalement pas été pris en considération.

C’est un signal préoccupant. Autre élément troublant : certaines organisations qui semblaient initialement favorables au projet ont finalement changé de position au dernier moment. Ces revirements successifs rendent le dossier particulièrement difficile à suivre et donnent le sentiment d’un manque de ligne directrice.

Flash Info : Une autre interrogation demeure : celle du coût de la rupture de la DSP. Les montants évoqués par le président Ben Issa Ousséni permettent-ils réellement de couvrir les indemnités susceptibles d’être versées à Ida Nel ? 

Hélène Pollozec : Non. Je n’ai pas aujourd’hui le montant exact en mémoire, mais je sais que les sommes évoquées sont très inférieures aux indemnisations qui pourraient être dues.

Je me souviens qu’au moment des premières discussions autour du projet de loi Mayotte, au début de notre mandature, j’avais déjà soulevé la question du Grand Port Maritime. À cette époque, l’État avait clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas reprendre la gestion tant que la situation contractuelle avec le délégataire ne serait pas réglée, précisément pour éviter d’avoir à supporter le coût d’une rupture anticipée de la DSP.

À l’époque, les estimations tournaient autour de cinquante millions d’euros. Ce montant a sans doute évolué depuis, mais il reste, à ma connaissance, largement supérieur aux chiffres aujourd’hui avancés.

Or il ne faut pas seulement intégrer les éventuelles indemnités. Il faudra également financer le rachat ou le remplacement des équipements, recruter ou reprendre les personnels, assurer la continuité de l’exploitation et investir dans les infrastructures nécessaires au fonctionnement de l’EPIC.

Lorsque l’on additionne l’ensemble de ces dépenses, on mesure que les besoins financiers seront sans commune mesure avec les enveloppes actuellement évoquées.

C’est précisément ce qui nourrit mes inquiétudes.

Flash Info : Au-delà de ces aspects financiers, c’est aussi l’approvisionnement de Mayotte qui suscite de nombreuses interrogations. Plus de 80 % des marchandises transitent par Longoni. Quelles pourraient être les conséquences d’une transition mal préparée ? 

Hélène Pollozec : C’est, à mes yeux, le véritable sujet. Nous traversons déjà une période particulièrement difficile. Le territoire poursuit sa reconstruction, les difficultés d’approvisionnement demeurent et plusieurs enseignes connaissent encore des tensions sur leurs stocks.

Si le fonctionnement du port devait être perturbé, même temporairement, les conséquences seraient immédiates pour l’ensemble de la population.

Le fret aérien pourrait certes absorber une partie des flux, mais à un coût considérablement plus élevé. Or Mayotte est déjà confrontée à une inflation importante et à un coût de la vie particulièrement lourd pour les ménages.

Qui supportera cette hausse des prix ? Très probablement les Mahorais eux-mêmes, alors même qu’ils vivent, pour beaucoup, dans des conditions économiques déjà extrêmement fragiles.

C’est pourquoi j’appelle à la plus grande vigilance. Mes réserves sur la création de l’EPIC ne signifient pas que je souhaite son échec. La décision a été prise démocratiquement par la majorité de l’Assemblée de Mayotte.

Désormais, notre responsabilité est de veiller à ce que cette nouvelle structure devienne opérationnelle dans les meilleurs délais et qu’elle soit en mesure d’assurer pleinement la continuité du service public. Parce qu’au-delà des divergences politiques, c’est l’intérêt de Mayotte qui doit désormais primer.

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Le CAUE présente son Manuel de réparations des maisons mahoraises maçonnées

Le CAUE présente son Manuel de réparations des maisons mahoraises maçonnées
Fruit de plusieurs mois de travail collectif, le Manuel de réparations des maisons mahoraises est né après que les architectes du CAUE ont constaté, sur le terrain après le cyclone Chido, que les mêmes désordres revenaient de maison en maison.

À l’occasion de la 15e table ronde consacrée à la reconstruction de l’habitat à Mayotte, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) a présenté la seconde édition du guide HODI, intitulé Manuel de réparations des maisons mahoraises maçonnées. Cet ouvrage se veut un outil pratique destiné aux particuliers, aux artisans et aux acteurs de la reconstruction confrontés aux nombreux désordres constatés sur le bâti mahorais, notamment après le passage du cyclone Chido.

Le cyclone Chido a révélé de nombreuses fragilités dans les constructions de l’île. Les dégâts les plus fréquents concernent les toitures, les infiltrations d’eau et les dégradations intérieures des habitations. Face à cette situation, le CAUE a mobilisé des équipes d’architectes afin d’expertiser les sinistres, d’accompagner les habitants et de proposer des solutions permettant de remettre les logements hors d’eau.

Au-delà des dommages causés par les intempéries, ces expertises ont également mis en lumière des malfaçons récurrentes, liées à certaines pratiques de construction : surélévations successives sans adaptation de la structure, implantation inadaptée sur les terrains, défauts d’étanchéité ou encore mauvaise gestion des eaux pluviales.

Un guide fondé sur l’expérience du terrain

Pour élaborer ce manuel, le CAUE a d’abord recensé les pathologies les plus fréquentes observées sur le territoire. Ce travail d’inventaire a ensuite été enrichi par les contributions de nombreux professionnels : architectes, maçons, techniciens du bâtiment et spécialistes de la construction.

Un comité de lecture et de relecture a permis d’approfondir les différents sujets traités, tandis qu’un important travail d’illustration a été réalisé afin de rendre les explications accessibles au plus grand nombre.

L’objectif principal est de permettre aux habitants d’identifier l’origine des désordres affectant leur logement et de mettre en œuvre des solutions simples pour éviter leur aggravation.

Comprendre les causes pour mieux réparer

Le manuel s’intéresse notamment aux infiltrations d’eau, l’un des problèmes les plus répandus dans les habitations mahoraises. Il explique comment repérer l’origine des fuites, protéger les parties hautes et basses des bâtiments, améliorer l’évacuation des eaux de pluie et limiter les phénomènes de condensation qui favorisent l’humidité des murs.

Le guide aborde également les remontées capillaires, phénomène par lequel l’eau du sol remonte dans les murs, ainsi que les fissures, les problèmes d’escaliers extérieurs, les défauts d’étanchéité et les techniques de reprise en sous-œuvre.

Pour chaque pathologie, des recommandations concrètes sont proposées, avec différents niveaux d’intervention allant des réparations accessibles aux particuliers jusqu’aux solutions plus techniques destinées aux professionnels du bâtiment.

Un outil largement diffusé

Afin de toucher le plus grand nombre, 10 000 exemplaires du manuel ont été imprimés et distribués dans les quincailleries, les CCAS et différents lieux d’accueil du public. Des permanences d’information ont également été mises en place pour accompagner les habitants dans la compréhension et l’application des recommandations.

Le guide est également téléchargeable gratuitement sur le site internet du CAUE de Mayotte.

Souhaitant s’adresser à l’ensemble de la population mahoraise, le CAUE a développé des supports pédagogiques adaptés, notamment en shimaoré et en kibushi, afin de favoriser l’appropriation des bonnes pratiques de construction et de réparation.

Accompagner durablement la reconstruction

Cette rencontre a également permis de faire le point sur l’ensemble des outils développés par les acteurs de la reconstruction à Mayotte. L’objectif est de mieux coordonner les initiatives, de partager les ressources existantes et d’identifier les nouveaux besoins en matière d’accompagnement des particuliers, des artisans et des formateurs.

Les échanges ont également porté sur la culture du risque et la vulnérabilité du territoire. Les intervenants ont rappelé que de nombreuses habitations ne répondent pas aux exigences actuelles en matière de résistance aux séismes et aux cyclones. S’il n’est pas toujours possible de mettre l’ensemble du parc bâti aux normes, il demeure essentiel d’accompagner progressivement les habitants vers des pratiques de construction plus sûres et plus résilientes.

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LADOM a accompagné plus de 79.000 Ultramarins en 2025

LADOM a accompagné plus de 79.000 Ultramarins en 2025

LADOM a publié, ce mercredi 24 juin, son rapport d’activité 2025. L’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité indique avoir accompagné 79.056 bénéficiaires l’an dernier, dans le cadre de ses dispositifs d’aide aux études, à la formation, à l’insertion professionnelle ou encore à la continuité territoriale.

L’année 2025 a notamment été marquée par la modernisation des outils de l’agence, afin de simplifier les démarches des usagers et d’améliorer l’accompagnement des bénéficiaires. LADOM dit également avoir renforcé sa présence sur le terrain, à travers des permanences, des actions d’information et des partenariats avec les acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation.

Pour Saïd Ahamada, directeur général de LADOM, l’un des objectifs reste de lutter contre le non-recours aux droits, en permettant à davantage d’Ultramarins d’accéder aux dispositifs auxquels ils peuvent prétendre. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, souligne de son côté que « la mobilité est un levier d’égalité des chances » pour les Ultramarins.

Retour de la Caravane du Livre à Dembeni

Retour de la Caravane du Livre à Dembeni

La 5e édition de la Caravane du Livre de Mayotte se tiendra le samedi 27 juin de 8h à 11h sur le parking de la Mangrove, à Dembeni. Organisé par la commune de Dembeni en partenariat avec les Éditions Hirizi Ya Maore, l’événement vise à promouvoir et faciliter l’accès à la lecture et à l’écriture. Plusieurs auteurs y présenteront leurs ouvrages et échangeront avec le public. Deux jeunes auteures, de 7 et 11 ans, y dévoileront leur livre, « Mwana Komba, le petit maki qui adore le maïs ». Entrée libre.

Meurtre de Poroani : jusqu’à quinze ans de réclusion au terme du procès

Meurtre de Poroani : jusqu’à quinze ans de réclusion au terme du procès
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La cour d’assises des mineurs a refermé, ce mardi 23 juin, plus d’une semaine d’audience consacrée aux violences du 15 mars 2022 à Poroani. Ce soir-là, un jeune homme avait été mortellement frappé. Deux autres victimes avaient été grièvement blessées.

Les peines les plus lourdes atteignent quinze ans de réclusion criminelle. Elles ont été prononcées contre deux accusés, conformément aux réquisitions du ministère public. La procureure avait toutefois demandé la même peine contre un troisième homme, finalement condamné à dix ans de réclusion.

La cour a également prononcé trois peines de treize ans de réclusion criminelle, suivant là aussi une partie des réquisitions. Pour un quatrième accusé, contre lequel treize ans avaient également été demandés, les jurés ont retenu une peine de dix ans. Un autre, mineur au moment des faits, a été condamné à six ans d’emprisonnement, avec un suivi socio-judiciaire de cinq ans, une peine conforme à celle sollicitée par la procureure.

Le verdict s’écarte davantage des réquisitions pour les deux accusés poursuivis pour complicité. Le ministère public avait demandé sept ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, leur reprochant d’avoir conduit sur place le jeune homme qui avait identifié les trois victimes. La cour les a finalement condamnés à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’un sursis de cinq ans pour l’un et quatre pour l’autre qui a déjà effectué sa peine en détention provisoire et ne retournera donc pas en prison. Le jeune homme pour lequel la procureur avait requis l’acquittement a également été reconnu coupable et condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre avec sursis.

Ce verdict met fin à plus d’une semaine d’audience. Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel.

Les collectivités de Mayotte et La Réunion consolident leur coopération régionale

Les collectivités de Mayotte et La Réunion consolident leur coopération régionale

La Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte, conduite par sa présidente Roukia Kassidi, a effectué une visite de travail auprès de la Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion présidée par Jacques Lowinsky, dans le cadre de sa politique de coopération régionale.

Les échanges ont porté sur des enjeux communs aux deux territoires insulaires, notamment l’aménagement du territoire, les mobilités, le développement économique, la gestion des déchets et la transition écologique. Face à des défis similaires comme la pression démographique, la rareté du foncier et les effets du changement climatique, les deux collectivités ont partagé leurs expériences et exploré des pistes de coopération concrètes.

Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la volonté de la CAGNM de renforcer ses partenariats dans la zone océan Indien et de s’inspirer des bonnes pratiques de ses voisins régionaux.

Une journée pour parler, transmettre et célébrer le kiboŝy

Une journée pour parler, transmettre et célébrer le kiboŝy

La deuxième édition de la journée annuelle « Mayotte parle en kiboŝy » se tiendra le mardi 7 juillet 2026 à l’hémicycle Bamana, à partir de 8h30. Organisé par l’Association Marovoanio en partenariat avec le Département-Région de Mayotte, l’événement vise à promouvoir et valoriser la langue kiboŝy auprès de l’ensemble de la population.
Initiée en 2024 à la suite d’une délibération citoyenne, cette journée a pris une nouvelle ampleur depuis son adoption officielle par le Département-Région de Mayotte en janvier 2026. Pour cette édition, les organisateurs invitent les Mahorais à relever un défi symbolique : s’exprimer au moins une fois en kiboŝy au cours de la journée.
Au programme figurent des présentations de travaux consacrés à la langue et à l’intelligence artificielle, une table ronde sur les pratiques linguistiques entre générations, des stands thématiques autour de l’agriculture et de la cuisine, ainsi que la remise du trophée « Mayotte Parle en Kiboŝy ». Une journée placée sous le signe de la transmission, de la découverte et de la célébration du patrimoine linguistique mahorais.

Tribunal administratif : Bouéni devra revoter après l’annulation des municipales

Tribunal administratif : Bouéni devra revoter après l’annulation des municipales

Le tribunal administratif de Mayotte a annulé, ce mercredi 24 juin, les élections municipales et communautaires de Bouéni. Saisi par Assani Saindou, battu de 43 voix au second tour par Ousseni Mirhane, le tribunal a estimé que plusieurs irrégularités, notamment liées à des procurations, avaient été de nature à altérer la sincérité du scrutin.

Les électeurs de Bouéni devront retourner aux urnes. Trois mois après le second tour des municipales, remporté de justesse par la liste « Bouéni de demain » conduite par Ousseni Mirhane, le tribunal administratif de Mayotte a annulé les opérations électorales des 15 et 22 mars 2026. La décision, rendue ce mercredi 24 juin, concerne à la fois l’élection des conseillers municipaux et celle des conseillers communautaires.

Le recours avait été déposé par Assani Saindou, maire sortant et tête de liste de « l’Union pour le développement de la commune de Bouéni ». Au second tour, sa liste avait été devancée de seulement 43 voix. Un écart jugé trop faible au regard des irrégularités retenues par le tribunal.

C’est sur le terrain des procurations que l’élection a basculé. Alors que les requérants en contestaient au moins 242 et que le rapporteur public avait conclu, à l’audience, à 191 procurations irrégulières, le tribunal en retient finalement un nombre plus limité. Dans son jugement, il relève que deux agents, un policier au commissariat de Mamoudzou et un gendarme à la brigade de Langres, en Haute-Marne, ne disposaient pas de la désignation par le tribunal judiciaire exigée par le code électoral pour établir des procurations.

Ces deux agents ont établi au total 91 procurations pour l’un ou l’autre tour. Parmi elles, 84 ont permis à des mandataires de voter au premier tour, et 70 au second. Pour le tribunal, ces suffrages doivent être regardés comme irréguliers.

D’autres irrégularités ont également été retenues sur les listes d’émargement, ces documents signés par les électeurs au moment du vote. Le tribunal relève une croix apposée à la place d’une signature dans un bureau de vote, ainsi que quatre signatures présentant des différences significatives entre les deux tours dans un autre bureau. Au total, cinq suffrages supplémentaires sont donc considérés comme irréguliers.

Rapportées aux écarts de voix entre les deux listes arrivées en tête ( 102 voix au premier tour et 43 au second ) ces irrégularités ont, selon le tribunal, été « de nature à altérer les résultats du scrutin ». Les opérations électorales sont donc annulées.

En revanche, le tribunal n’a pas suivi Assani Saindou sur la demande d’inéligibilité visant Ousseni Mirhane et Saïd Soilihi. Les juges estiment qu’il ne résulte pas de l’instruction qu’ils se soient personnellement livrés à des manœuvres frauduleuses. Le surplus des demandes est donc rejeté.

Cette décision confirme en partie les conclusions du rapporteur public, qui avait déjà estimé, lors de l’audience du 17 juin, que les irrégularités relevées dans ce scrutin très serré justifiaient une annulation. Mais le tribunal retient un périmètre plus restreint que celui proposé à l’audience, notamment sur le nombre de procurations irrégulières. La commune de Bouéni devra désormais revoter, sauf recours devant le Conseil d’État.

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Un an après Chido, moins de chambres mais des hôtels presque pleins

Un an après Chido, moins de chambres mais des hôtels presque pleins
* image améliorée par ia (© accor.com)

L’enquête de l’INSEE sur la fréquentation touristique à Mayotte en 2025 dresse le bilan de l’hôtellerie un an après le passage du cyclone Chido. Si la capacité d’accueil a reculé de 20 %, le taux d’occupation des établissements atteint désormais 79 %, porté par l’afflux de personnels mobilisés pour accompagner la reconstruction du territoire.

L’INSEE vient de publier son enquête sur la fréquentation des hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme à Mayotte en 2025. Un an après le passage du cyclone Chido, l’institut constate une baisse significative de la capacité d’accueil touristique de l’archipel. Entre novembre 2024 et décembre 2025, celle-ci a diminué de 20 %, conséquence directe des dégâts causés par le phénomène météorologique.

La collecte des données ayant été suspendue en décembre 2024 et janvier 2025 à la suite du cyclone, les résultats portent sur la période allant de février à décembre 2025. Les évolutions présentées sont calculées sur la période de février à novembre 2025, comparée à la même période de l’année précédente. L’INSEE précise également que les données de 2024 ont été révisées après la réintégration d’un hébergement dans le parc étudié.

En décembre 2025, le parc des hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme se composait de 15 hôtels, dont trois classés 3 ou 4 étoiles, ainsi que de deux résidences hôtelières. L’ensemble représentait 378 chambres et appartements répartis sur l’archipel. Par rapport à novembre 2024, cela correspond à une perte de 96 chambres. Trois établissements demeurent fermés depuis le passage du cyclone.

La capacité d’accueil touristique reste concentrée dans seulement sept communes de Mayotte. Sur les 17 établissements recensés, sept sont implantés à Mamoudzou, six sur Grande-Terre hors chef-lieu et quatre sur Petite-Terre. Le tissu hôtelier mahorais demeure majoritairement constitué de petites structures : six établissements disposent de 5 à 9 chambres, neuf proposent entre 10 et 39 chambres et seuls deux dépassent le seuil des 40 chambres.

« Le passage du cyclone Chido mi-décembre 2024 a eu un impact immédiat sur le parc des hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme à Mayotte », souligne l’INSEE dans son rapport. Dès février 2025, au moment de la reprise de l’enquête, seuls 16 hébergements étaient ouverts contre 20 en novembre 2024. Dans le même temps, la capacité d’accueil est passée de 474 à 331 chambres et appartements, soit une baisse de 30 %.

Malgré cette diminution de l’offre, les établissements restés ouverts ont enregistré un niveau d’occupation particulièrement élevé. Entre février et novembre 2025, le nombre total de nuitées a reculé de 14 % par rapport à la même période de 2024. En revanche, le taux d’occupation des chambres a progressé de six points pour atteindre 79 %.

Selon l’INSEE, cette hausse s’explique principalement par la présence sur le territoire de nombreux personnels venus de l’extérieur pour participer à la gestion des conséquences du cyclone. Il s’agit notamment de professionnels de santé, de gendarmes, de policiers, de militaires ainsi que de membres d’organisations non gouvernementales engagées dans l’aide aux sinistrés. Cette clientèle professionnelle a largement compensé le recul de la fréquentation touristique classique.

Au total, Mayotte a enregistré 149 500 nuitées dans ses hébergements touristiques en 2025. Parmi elles, 62 % étaient liées à des déplacements professionnels. Comparé à la même période de 2024, le nombre total de nuitées diminue donc de 14 %, illustrant les difficultés persistantes du secteur touristique à retrouver son niveau d’avant-crise.

Parallèlement, le trafic aérien poursuit sa progression. En 2025, l’aéroport Marcel-Henry a accueilli 461 500 passagers, soit une hausse de 9 % par rapport à 2024 et de 23 % par rapport à 2019. Une dynamique qui pourrait, à terme, soutenir la reprise de l’activité touristique locale, à condition que les capacités d’hébergement soient progressivement restaurées.

L’enquête mensuelle de l’INSEE porte sur la fréquentation des hôtels proposant au moins cinq chambres ainsi que de certains autres hébergements collectifs de tourisme, notamment les résidences hôtelières. Les gîtes, chambres d’hôtes et meublés de tourisme ne sont pas inclus dans son champ d’étude.

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Convergence sociale :  » Que les pouvoirs publics nous disent ce qu’ils veulent faire de Mayotte ! « 

Convergence sociale : " Que les pouvoirs publics nous disent ce qu’ils veulent faire de Mayotte ! "

Président du Groupement Patronal de Mayotte (GPM), Fahardine Mohamed a pris part à la réunion sur la convergence sociale organisée jeudi dernier dans les locaux de la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte. Il salue l’alignement annoncé du SMIC net sur celui de la métropole au plus tard en 2031. Il insiste toutefois sur la nécessité de mettre l’accent sur le salaire net, qui représente un écart inférieur à 200 euros, plutôt que sur le salaire brut, dont l’écart avoisine les 500 euros de trésorerie pour les entreprises.

Il demande également une transition progressive ainsi qu’une LODEOM sociale renforcée, coconstruite avec les partenaires locaux, conformément aux engagements pris lors des débats parlementaires. Pour lui, il ne fait aucun doute que la question du foncier est centrale dans la planification du développement économique de Mayotte. Il s’interroge également sur la vision des pouvoirs publics pour l’avenir du territoire.

Flash Info : Que doit retenir Mayotte de cette réunion de jeudi dernier sur la convergence sociale ?

Fahardine Mohamed : Pour faire simple, sans accompagnement de cette convergence sociale, toute augmentation des charges ou des salaires sera répercutée sur les prix de vente par les chefs d’entreprise mahorais, ce qui alimentera l’inflation. Le coût de la vie est déjà très élevé dans les Outre-mer, et particulièrement à Mayotte.
Malgré les différentes lois adoptées pour lutter contre la vie chère, nous avons demandé que cet alignement se fasse en douceur. C’est pour cette raison que, dans un esprit de consensus, et parce que le gouvernement a entendu nos préoccupations, nous sommes favorables à un rattrapage du SMIC par l’alignement du salaire net.
Lorsque le SMIC augmentera en métropole, il progressera également à Mayotte de manière graduelle jusqu’à atteindre 100 % en 2031, conformément au décret récemment adopté par le gouvernement. Ainsi, les salariés mahorais ne ressentiront plus cette inégalité de traitement par rapport à la métropole.
Il reviendra ensuite au gouvernement de compenser les cotisations et le manque à gagner pour l’URSSAF. D’autant plus que les cotisations salariales et patronales suivent déjà une trajectoire fixée jusqu’en 2026. Cela est désormais acté et nous nous en réjouissons.
En revanche, demeure la question de la LODEOM sociale renforcée qui, à la demande même de l’intersyndicale, doit être construite avec l’ensemble des acteurs du territoire. Il existe une unanimité sur ce point. Pourquoi la Guyane a-t-elle pu bénéficier d’un dispositif adapté à sa situation, alors que Mayotte, qui connaît des difficultés encore plus importantes, ne pourrait pas bénéficier d’une LODEOM spécifique applicable à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ?

F.I. : À ce jour, qu’est-ce qui empêche le démarrage concret de cette convergence sociale ?

F.M. : La difficulté vient du fait que le gouvernement a travaillé seul sur ce sujet avant la publication du décret. Pourtant, nous nous étions préparés avec l’appui de la FEDOM, qui maîtrise parfaitement ces questions. Les échanges préalables avec les différents ministères concernés n’ont malheureusement pas eu lieu.
Nous assistons aujourd’hui à une forme de précipitation. Tout le monde reconnaît que la Déclaration Sociale Nominative (DSN) comporte des anomalies, notamment en raison d’un manque d’accompagnement à Mayotte. Nous ne disposons donc pas de données suffisamment fiables pour apprécier correctement la situation.
Lorsque l’on observe le tissu économique local, on constate qu’il est constitué en grande partie d’entreprises qui ne sont pas à jour de leurs obligations fiscales. On compte environ moins de 5 000 entreprises sur l’ensemble du territoire, et moins de 3 800 entreprises affiliées à la Caisse de Sécurité Sociale employant au moins un salarié. Près de la moitié d’entre elles ne sont pas à jour de leurs obligations sociales.
Le régime général est déjà fragilisé. À cela s’ajoute l’appel aux cotisations des travailleurs non salariés (TNS), qui concerne plus de 11 000 indépendants. À un moment donné, l’entrepreneuriat mahorais devra absorber l’ensemble de ces coûts, alors même qu’il subit les effets de la vie chère.
S’ajoutent également le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui alourdit les charges des entreprises, ainsi que les conséquences du conflit entre l’Iran et Israël, dont les répercussions risquent de pénaliser davantage l’économie insulaire. Sans oublier l’absence d’accompagnement économique durable depuis plusieurs années.
Il va donc falloir trouver les moyens de limiter les dégâts et de maîtriser le coût de la vie à travers les dispositifs existants. Toutes les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour permettre aux entreprises d’assumer une hausse supplémentaire de leurs charges.
J’ai eu l’occasion de faire remarquer aux représentants du gouvernement que ce qui manque avant tout, c’est une approche globale de cette convergence. On ne peut pas parler de convergence économique sans attractivité territoriale.
Cela concerne l’éducation, la santé, la liberté de circulation, le contournement de Mamoudzou, les loisirs, le logement, la formation des salariés et des dirigeants, entre autres. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, nous sommes en droit de nous interroger sur le véritable signal que le gouvernement souhaite envoyer à Mayotte.
Comment investir sereinement dans ces conditions ? Je rappelle que la liberté d’entreprendre est un droit fondamental. Or, ici, nous nous éloignons malheureusement de ce principe au regard des difficultés quotidiennes rencontrées par les acteurs économiques.

F.I. : Dans ce contexte, que dire aux Mahorais qui perçoivent les contradictions de l’action publique ? Comment redonner de l’espoir à ceux qui investissent ?

F.M. : Nous sommes dans une situation d’urgence. Certains parlementaires cherchent à satisfaire l’ensemble de la population, ce qui est évidemment impossible. Il y aura toujours des satisfaits et des mécontents.
Dans cette précipitation que nous dénonçons, nous constatons également que le secteur public atteint ses limites et que l’avenir du territoire repose désormais largement sur le secteur privé.
Pour définir une trajectoire économique crédible, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. Les entreprises ont besoin de stabilité, de lisibilité, de visibilité, de sécurité et de transparence. C’est précisément ce qui manque aujourd’hui.
Nous voyons se multiplier les plans et les projets sans véritable évaluation permettant d’ajuster les politiques publiques au bon moment. Le chantier de l’usine de dessalement est bloqué à la suite d’une décision de justice. Le projet d’aéroport est encore en réflexion alors même que le territoire a besoin d’un cap clair.
Les acteurs économiques ont besoin d’une vision à moyen et long terme pour pouvoir anticiper et investir.

F.I. : Selon vous, quelle serait la meilleure trajectoire pour l’économie mahoraise ?

F.M. : Les forces vives du territoire travaillent actuellement à l’élaboration d’un nouveau projet de société. Tout le monde s’accorde sur un point : le foncier constitue un levier essentiel du développement économique et industriel de Mayotte.

La régularisation foncière n’est toujours pas achevée. Dans le secteur agroalimentaire, par exemple, beaucoup observent que les produits fabriqués localement restent trop chers. Pour faire baisser les prix, il faut produire davantage, mécaniser les outils de production, optimiser les moyens disponibles et libérer du foncier.

F.I. : Les matières premières importées devront être transformées de manière industrielle et automatisée afin d’avoir un impact réel sur les prix de vente. La question est simple : comment industrialiser notre territoire ?

F.M. : Tous ces sujets doivent être réfléchis dans le cadre de véritables contrats de filière.
Dans les semaines à venir, les factures impayées des collectivités risquent également de devenir un facteur majeur de déstabilisation économique. De nombreux salariés vont apprendre que leurs entreprises n’ont pas été réglées par les collectivités qui leur ont confié des marchés.
Certaines collectivités cumulent jusqu’à 30 millions d’euros de factures impayées. Or, nous sortons à peine des élections municipales. Certains résultats sont contestés devant les tribunaux et les nouvelles équipes souhaiteront probablement lancer des audits.
Les conséquences seront immédiates : chômage partiel, baisse du pouvoir d’achat, sous-traitants impactés et ralentissement de toute la chaîne économique.
C’est cela, aujourd’hui, l’avenir immédiat de Mayotte : une absence de trajectoire stable.
Tous les sujets liés à l’économie de l’île sont sur la table. Encore faut-il que l’État, le Département, les intercommunalités et les communes nous disent clairement quelle vision ils portent pour Mayotte.

F.I. : Comment traiter les urgences : l’insécurité, les factures impayées, les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs ou encore le manque d’attractivité du secteur privé ? Quelles mesures à moyen et à long terme ?

F.M. Tout un écosystème doit être mobilisé. Les chefs d’entreprise se félicitent ainsi de la demande de rencontre formulée par le maire de Mamoudzou, également président de la CADEMA et président de l’Association des maires de Mayotte. C’est une première pour le monde économique. Mais ce dialogue ne doit pas se limiter aux périodes électorales ou aux débuts et fins de mandat.
L’État doit également multiplier ses visites dans les entreprises afin de restaurer la confiance et d’accompagner les acteurs économiques.
Ensemble, nous réussirons la construction de l’Île aux Parfums.

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La Course de Pneus revient pour une 42ème édition placée sous le signe du sport pour tous

La Course de Pneus revient pour une 42ème édition placée sous le signe du sport pour tous
À quelques jours de sa 42e édition, la Course de Pneus confirme son statut d'événement sportif incontournable à Mayotte avec 850 coureurs attendus, 68 équipes adultes engagées et une mobilisation exceptionnelle autour du thème « 100 % Tous en sport ! ».

Événement incontournable du calendrier sportif mahorais, la Course de Pneus fera son grand retour le dimanche 28 juin 2026 pour sa 42e édition. Véritable institution populaire, cette « Formule 1 mahoraise » réunira cette année encore des centaines de participants venus partager un moment de sport, de convivialité et de dépassement de soi.

Placée sous le thème « 100 % Tous en sport ! », cette nouvelle édition met l’accent sur l’inclusion et la participation de tous les publics. Les organisateurs attendent près de 850 coureurs répartis dans plusieurs catégories. Chez les adultes, l’engouement est particulièrement fort avec 85 équipes candidates pour seulement 68 places retenues. Parmi elles figurent des équipes masculines, féminines, mixtes ainsi qu’une équipe handisport, illustrant la volonté de faire du sport un espace accessible à chacun. Au total, 24 équipes mixtes prendront le départ.

Les sélections ont débuté dès le mois de mai à travers les intercommunalités, mobilisant près de 240 enfants. Le championnat des jeunes a ensuite réuni près de 800 participants. Le jour de la finale, les enfants animeront la matinée autour de la MJC et du plateau sportif de M’tsapéré avant les différentes courses organisées dans l’après-midi. Une remise des récompenses est prévue à 17 heures.

Une fête sportive et populaire

Cette année, les participants sont invités à porter la tenue de leur discipline sportive favorite : kimono, maillot de rugby, combinaison de plongée, tenue de football ou encore d’athlétisme. L’objectif est de célébrer la diversité du sport à Mayotte dans une ambiance festive et colorée.

Les équipes adultes devront se présenter avec leurs pneus et leurs bâtons. Une opération de récupération et de recyclage des pneus a également été mise en place par la Ville de Mamoudzou dans le cadre d’une démarche environnementale associée au nettoyage des routes et des mangroves.

Autre nouveauté appréciée des participants : chaque coureur recevra une médaille. La course, ouverte depuis 18 ans aux catégories adultes, reste gratuite et permettra également aux participants de repartir avec divers cadeaux offerts par les partenaires.

Au-delà de la compétition, un village d’animations accueillera le public dès 11 heures avec seize exposants artisanaux ainsi que plusieurs stands de prévention et de sensibilisation. Le parcours principal reliera Baobab à Zakia Madi sur une distance de 1,8 kilomètre.

Une mobilisation collective pour la réussite de l’événement

La réussite de la Course de Pneus repose sur plusieurs mois de préparation et l’engagement de nombreux acteurs. Le RSMA mobilisera à lui seul près de 80 personnes. L’UFOLEP, les associations locales, les clubs sportifs et près de 450 bénévoles participeront également à l’organisation de cette grande fête populaire.

Les services municipaux des sports, de l’environnement et de la police municipale travailleront aux côtés de la Préfecture et de la Police nationale afin d’assurer la sécurité du public et des participants. Plusieurs axes routiers seront fermés le dimanche 28 juin entre 13 heures et 19 heures. Les usagers de la barge sont invités à anticiper leurs déplacements tandis que certains parkings seront fermés dès le vendredi soir.

L’événement bénéficie du soutien de nombreux partenaires, parmi lesquels Orange, Air Austral, Crédit Agricole, Le Forban, Point S, la Laiterie de Mayotte ou encore Coca-Cola. La manifestation sera par ailleurs retransmise en direct pendant trois heures sur Mayotte La 1ère.

Après plus de quatre décennies d’existence, la Course de Pneus demeure l’un des symboles les plus forts du sport mahorais. Une tradition qui continue de rassembler les générations et de promouvoir les valeurs de solidarité, de partage et de vivre-ensemble.

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Mayotte 2026 : les cinq secteurs qui recrutent le plus

Mayotte 2026 : les cinq secteurs qui recrutent le plus

BTP, santé, éducation, services à la personne et logistique figurent parmi les principaux moteurs de l’emploi à Mayotte en 2026. Face à une population en forte croissance et à des besoins croissants en infrastructures et en services publics, les entreprises et administrations peinent parfois à trouver les profils recherchés. Pour les jeunes et les demandeurs d’emploi, ces secteurs offrent aujourd’hui les meilleures perspectives d’insertion professionnelle.

Mayotte poursuit sa transformation économique et démographique. Avec une population jeune et des besoins importants dans plusieurs domaines, le territoire fait face à une demande constante de main-d’oeuvre. Dans de nombreux secteurs, les employeurs rencontrent des difficultés de recrutement, ouvrant ainsi de réelles opportunités pour les personnes en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle.

Qu’il s’agisse des grands chantiers de construction, des établissements de santé, des écoles ou encore des services à domicile, les offres d’emploi se multiplient. Pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail, comme pour les demandeurs d’emploi souhaitant retrouver une activité, certains métiers apparaissent particulièrement porteurs en 2026.

Le BTP, premier pourvoyeur d’emplois

Le secteur du bâtiment et des travaux publics demeure l’un des principaux recruteurs à Mayotte. La construction de logements, la rénovation des infrastructures publiques, l’extension des réseaux routiers et les projets d’équipements collectifs nécessitent un important volume de main-d’oeuvre.

Les entreprises recherchent aussi bien des ouvriers qualifiés que des profils expérimentés capables d’encadrer les équipes. Les métiers de maçon, coffreur-bancheur, carreleur, électricien, plombier ou conducteur d’engins figurent parmi les plus demandés.

Les besoins restent très importants et les entreprises peinent parfois à trouver du personnel qualifié , pour les jeunes, les formations professionnelles courtes, comme les CAP ou les titres professionnels, permettent souvent une insertion rapide dans le monde du travail.

Au-delà des emplois permanents, de nombreux chantiers génèrent également des contrats temporaires qui peuvent constituer une première expérience professionnelle.

La santé face à un besoin permanent de personnel

Le secteur de la santé connaît lui aussi une forte tension sur le marché de l’emploi. La croissance de la population et les besoins médicaux du territoire entraînent un recrutement régulier de professionnels de santé.

Les infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, psychologues et techniciens de laboratoire sont particulièrement recherchés. Les établissements de santé, les centres médicaux ainsi que les structures médico-sociales peinent parfois à pourvoir certains postes.

Cette situation crée de nombreuses opportunités pour les diplômés du secteur. Les métiers du soin offrent également des perspectives d’évolution intéressantes ainsi qu’une relative stabilité professionnelle.

Pour les jeunes souhaitant s’orienter vers ces professions, les formations sanitaires et sociales constituent aujourd’hui un choix stratégique, tant les besoins restent élevés sur le territoire.

L’éducation recrute pour accompagner une population jeune

Avec l’une des populations les plus jeunes de France, Mayotte doit relever le défi de la scolarisation et de la formation de milliers d’élèves chaque année.

Les établissements scolaires recherchent régulièrement des enseignants, des personnels éducatifs et des professionnels de l’accompagnement scolaire. Les besoins concernent aussi bien le premier degré que le secondaire.

Les organismes de formation recrutent également des formateurs spécialisés dans différents domaines professionnels. Les éducateurs spécialisés, les conseillers pédagogiques et les coordinateurs de projets éducatifs figurent parmi les profils les plus sollicités.

Pour les titulaires d’un diplôme universitaire, les métiers de l’enseignement représentent une voie d’accès privilégiée à l’emploi. Les concours de l’Éducation nationale demeurent une porte d’entrée importante pour intégrer durablement le secteur.

Les services à la personne en plein développement

Le vieillissement progressif de la population, les besoins d’accompagnement des familles et le développement des structures sociales contribuent à la croissance des services à la personne.

Les auxiliaires de vie, aides à domicile, assistants sociaux, éducateurs de jeunes enfants et animateurs socio-éducatifs sont de plus en plus recherchés.

Ce secteur présente l’avantage d’être accessible à des profils variés. Certaines fonctions nécessitent des diplômes spécifiques, tandis que d’autres privilégient avant tout les qualités humaines, le sens du contact et la motivation.

Pour les demandeurs d’emploi souhaitant exercer une activité utile socialement, les services à la personne constituent un secteur offrant de nombreuses perspectives de recrutement.

Les besoins devraient continuer à progresser dans les années à venir en raison de l’évolution des modes de vie et de la demande croissante d’accompagnement des publics fragiles.

Le transport et la logistique, maillons essentiels de l’économie mahoraise

Dans un territoire insulaire comme Mayotte, le transport et la logistique jouent un rôle stratégique. L’approvisionnement des commerces, la distribution des marchandises et la gestion des stocks nécessitent des professionnels qualifiés.

Les entreprises recrutent régulièrement des chauffeurs-livreurs, des conducteurs poids lourds, des magasiniers, des préparateurs de commandes et des gestionnaires d’entrepôt.

La maîtrise des outils numériques de gestion logistique est devenue un atout important pour accéder à ces métiers. Les détenteurs du permis poids lourd ou de certifications spécialisées bénéficient généralement d’un avantage lors des recrutements.

Avec le développement du commerce et des activités économiques, les besoins en personnel logistique devraient rester soutenus en 2026.

Des compétences recherchées dans tous les secteurs

Au-delà des diplômes, les employeurs mahorais accordent une importance croissante aux compétences comportementales. La ponctualité, la rigueur, la capacité à travailler en équipe et l’adaptabilité figurent parmi les qualités les plus appréciées.

La maîtrise des outils numériques de base est également devenue incontournable dans de nombreux métiers. Les recruteurs valorisent aussi les candidats capables de suivre des formations et de s’adapter à l’évolution des besoins des entreprises.

Pour les jeunes sans qualification, les dispositifs d’apprentissage, les contrats d’alternance et les formations professionnelles représentent des opportunités à saisir pour acquérir une première expérience.

Des opportunités à saisir dès maintenant

En 2026, le marché de l’emploi à Mayotte offre de réelles perspectives dans plusieurs secteurs clés. Le BTP, la santé, l’éducation, les services à la personne et la logistique

concentrent une grande partie des recrutements et devraient continuer à créer des emplois dans les prochaines années.

Pour les demandeurs d’emploi, l’enjeu consiste désormais à identifier les secteurs porteurs, se former lorsque cela est nécessaire et développer les compétences recherchées par les employeurs. Dans un contexte où certaines professions manquent de candidats, les opportunités sont nombreuses pour celles et ceux prêts à s’investir dans un projet professionnel durable.

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Outre-mer : la question des assurances face aux catastrophes naturelles reste un défi majeur

Outre-mer : la question des assurances face aux catastrophes naturelles reste un défi majeur

Dans un rapport publié pour la première fois le 15 juin, le ministère de l’Économie met en lumière l’état des assurances en France face aux catastrophes naturelles. Les assureurs sont assez présents dans l’Hexagone, au détriment d’un manquement dans les départements et régions d’Outre-mer.

Si la canicule et les pluies torrentielles sont extrêmes dans l’Hexagone, dans les territoires ultramarins, l’histoire rappelle aussi les cyclones dévastateurs tels que Chido à Mayotte, Garance à La Réunion ou Irma aux Antilles. En tous les cas, les dégâts qui résultent de ces événements sont en partie pris en charge par les assureurs, mais aussi par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, dit « Cat Nat », relevant de la solidarité nationale. Le coût de ces dégâts augmente à mesure que ces événements climatiques s’intensifient en termes de fréquence et d’intensité.

Sur demande du gouvernement, l’Observatoire de l’assurabilité a publié un rapport dans lequel il est écrit qu’« il n’existe pas de problème d’assurance face aux catastrophes naturelles », soulignant qu’il existe au moins un assureur dans les communes françaises. Or, sur une carte concernant les habitations exposées aux événements météorologiques extrêmes, une différence apparaît clairement : l’Hexagone est en vert, tandis que les Outre-mer recensés (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy) sont en orange. Cela signifie que les territoires ultramarins sont en « tension modérée », autrement dit que le nombre ou la concentration d’assureurs est très irrégulier, ce qui implique un choix plus restreint pour les habitants, qui peuvent néanmoins s’assurer.

L’Observatoire explique cette situation par un « marché historiquement dense » en assureurs et une « sinistralité élevée », c’est-à-dire une exposition plus importante aux risques liés aux cyclones. Même si des départements tels que Mayotte et la Guyane sont absents de ce rapport faute de données, la situation demeure préoccupante sur le territoire mahorais. Le débat sur la reconstruction après le cyclone Chido en 2024 avait révélé que seulement 10 % des biens étaient assurés. Près d’un an après le cyclone, la préfecture de Mayotte mettait en place un dispositif d’aide, qui révélait encore de nombreux témoignages d’absence d’assurance.

Même constat du côté des assureurs privés, notamment avec des dédommagements incomplets. Autre cas : à La Réunion, après le passage du cyclone Belal début 2024, 30 à 35 % des propriétaires de biens immobiliers n’étaient pas assurés, affirme le comité des assureurs Réunion-Mayotte.

Enfin, certains risques naturels comme la submersion marine ou les séismes en Outre-mer ne sont pas évoqués dans le rapport. Le gouvernement annonce une mission incluant « les mesures à mettre en œuvre pour améliorer la couverture assurantielle des territoires ultramarins, de plus en plus vulnérables face aux risques climatiques ». Il propose également deux autres axes d’action, dont un réexamen tous les cinq ans du taux de cotisation du régime Cat Nat, payé par l’ensemble des assurés, afin de garantir une répartition plus équitable de la charge.

Une démarche qui s’inscrit alors qu’une trentaine de recommandations avaient déjà été faites il y a quelques années dans un rapport visant à rééquilibrer le régime des phénomènes climatiques majeurs notamment dans les zones exposées comme les Outre mer.

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Comores : la pénurie de carburant entraîne des coupures d’eau et de courant

Comores : la pénurie de carburant entraîne des coupures d’eau et de courant

Le programme dévoilé par la Société nationale de l’électricité des Comores va impacter aussi bien Moroni que le reste de la Grande Comore, déjà touchés par un rationnement du carburant en vigueur depuis plus d’un mois, selon un responsable d’une station-service de la capitale.

Alors que la situation au Moyen-Orient se calme avec la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, l’Union des Comores s’enlise dans une crise énergétique au moment où la réouverture complète du détroit d’Ormuz se précise.

En effet, depuis dimanche, le ravitaillement en carburant dans les stations-service de la Grande Comore relève du parcours du combattant. Mais c’est surtout l’annonce d’un programme de délestage qui inquiète. Dans un communiqué publié mardi sur sa page Facebook, la Société nationale de l’électricité (Sonelec) a précisé que des coupures journalières et nocturnes seraient appliquées à l’échelle de la Grande Comore.

« La Société nationale de l’électricité des Comores informe son aimable clientèle que les difficultés actuelles d’approvisionnement en carburant liées à la situation internationale ont entraîné une réduction temporaire des quantités disponibles pour assurer la production électrique », indique l’entreprise publique. Elle explique que cette mesure vise à préserver les réserves, éviter une interruption totale du service et maintenir l’alimentation électrique aussi longtemps que possible.

D’après le même communiqué, Moroni et ses environs seront délestés de 13 heures à 18 heures, tandis que sur l’ensemble de la Grande Comore, le courant sera coupé de 1 heure à 7 heures du matin. Soit cinq longues heures de coupure qui risquent d’impacter fortement l’économie, principalement concentrée à Moroni. Que vont faire les secteurs de production et de transformation, notamment ceux qui ne disposent d’aucune alternative énergétique ?

L’eau aussi

Le bémol est qu’avant même l’annonce de ce calendrier, certaines zones limitrophes de la capitale vivaient déjà à un rythme inhabituel.

« Il faudrait revoir vos informations, car de 6 heures à 18 heures, à Mdé Sahani, il n’y a pas eu d’électricité. Visiblement, cela recommence alors que la situation s’était améliorée, même si tous les jours la zone est délestée entre 6 heures et 14 heures », a réagi mardi Fahmy Thabit, entrepreneur et ancien président de la Chambre de commerce.

Au nord de la Grande Comore, la situation s’est également dégradée ces derniers jours alors que la région était jusque-là alimentée régulièrement.

« Nous ne sommes pas confrontés à un quelconque problème technique. Le rationnement du carburant s’est accentué et nous n’avons pas d’autre choix que de suivre le rythme », a confié un employé de la Sonelec, qui parvenait jusqu’ici à maintenir un niveau d’approvisionnement satisfaisant grâce aux centrales solaires implantées sur l’île.

Flash Infos a tenté d’obtenir une réaction de la Société comorienne des hydrocarbures, en vain.

Pourtant, cette pénurie ne touchera pas seulement l’électricité. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a également annoncé que ses activités seraient affectées.

« La Sonede informe ses usagers que les coupures de la Sonelec, couplées aux difficultés d’approvisionnement en carburant que nous subissons, impacteront directement nos capacités de production et de distribution de l’eau. Nos systèmes de production et de traitement dépendent entièrement d’une alimentation électrique stable pour fonctionner convenablement », a prévenu la société, dirigée depuis plus d’un mois par l’ancienne commissaire générale au Plan, Najda Said Abdallah.

Pour une capitale déjà sous-alimentée en eau — les habitants s’approvisionnant largement auprès de revendeurs ambulants —, la baisse de la disponibilité du carburant ne va rien arranger.

Huit milliards de manque à gagner

« Déjà, dans notre principal centre de pompage situé à Vouvouni, il est rare que la zone soit alimentée pendant la journée par la Sonelec. Nous utilisons nos groupes électrogènes pour assurer le pompage. Mais là encore, la fourniture de carburant a diminué. Sur une commande de 12 000 litres passée auprès de la Société comorienne des hydrocarbures, seulement 3 000 litres nous ont été livrés en deux jours », a indiqué le service de communication de la société de distribution d’eau.

Celui-ci précise qu’en temps normal, trois zones de l’île sont régulièrement alimentées après pompage : le Hambou, le Bambao et le sud de Moroni.

« Or, pour remplir les réservoirs, il faut douze heures consécutives d’alimentation afin de pomper l’eau, sans compter le ravitaillement des revendeurs utilisant bus et camions-citernes. Cette nouvelle pénurie de carburant accentue donc les difficultés de fourniture d’eau », regrette notre source.

Dans les stations-service de la capitale, cela fait plus d’un mois que le quota habituel a été revu à la baisse et ne dépasse plus 3 000 litres, selon le responsable d’une station. Résultat : les files d’attente sont de retour à Moroni et dans ses environs.

Une situation qui suscite l’inquiétude à l’approche des festivités estivales. Certaines indiscrétions laissent entendre que le prochain pétrolier pourrait accoster avant le début du mois de juillet.

Notons que la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) absorbe à elle seule plus de 50 % des volumes de gazole importés, qu’elle revend ensuite à la Sonelec à un tarif préférentiel. Cette subvention de l’État représente un manque à gagner de 8 milliards de francs comoriens (près de 16 millions d’euros) pour la société, selon la section des comptes, qui indiquait que la dette de la Sonelec envers la SCH s’élevait en 2022 à 429,712 millions de francs comoriens.

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Depuis plusieurs mois, des élus et syndicats pénitentiaires réunionnais dénoncent l’accueil de détenus en provenance de Mayotte, alors que le centre pénitentiaire de Majicavo reste confronté à une forte surpopulation. En janvier, la préfecture de La Réunion avait indiqué que 41 personnes avaient été transférées depuis Mayotte vers des établissements pénitentiaires réunionnais en 2024, et 45 vers l’Hexagone.

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Plus d’un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, les pontons de Grande-Terre et de Petite-Terre restent, pour la plupart, détruits ou fortement endommagés. Une situation qui continue de pénaliser quotidiennement les professionnels de la mer, les acteurs du tourisme, les pêcheurs et l’ensemble des usagers, malgré les nombreuses annonces et réunions organisées depuis la catastrophe.

Face à ce qu’il considère comme une urgence, le Cluster Tourisme Mayotte a officiellement saisi le Conseil départemental le 22 juin 2026 afin d’obtenir un calendrier précis, assorti d’engagements clairs et chiffrés concernant la reconstruction des infrastructures portuaires.

Dans cette dynamique, l’organisation convie l’ensemble des usagers de la mer à une rencontre de concertation ouverte, prévue le vendredi 26 juin 2026 à 11 heures, dans la salle de réunion de l’Office de Tourisme Intercommunal Dembéni-Mamoudzou (KARIDEM), place Zakia Madi, rue de la Pompe à Mamoudzou.

Cette réunion permettra de dresser un état des lieux de la situation des pontons, de présenter les démarches engagées auprès des institutions, de recueillir les difficultés rencontrées par les différents acteurs du secteur, mais aussi d’échanger sur les attentes et les propositions de chacun. L’objectif est également de définir collectivement les actions à mener afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes.

À travers cette initiative, le Cluster Tourisme Mayotte souhaite instaurer un dialogue constructif entre les acteurs concernés et les pouvoirs publics, dans l’espoir de relancer rapidement des infrastructures essentielles au développement des activités maritimes et touristiques de l’île.

Contrôle renforcé sur les tomates, brèdes et cucurbitacées pendant cinq mois

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Face aux enjeux de sécurité sanitaire et de traçabilité des produits agricoles, la préfecture de Mayotte a décidé de renforcer la surveillance de la distribution et de la vente de tomates, de brèdes et de cucurbitacées. Cette mesure exceptionnelle, entrée en vigueur le 19 juin 2026, s’appliquera pour une durée de 150 jours sur l’ensemble du département.

Désormais, tous les acteurs de la chaîne de commercialisation – commerçants, détaillants, grossistes, revendeurs ou distributeurs à titre gratuit – devront être en mesure de justifier immédiatement l’origine et la provenance des produits proposés. Cette obligation pourra être remplie grâce à des documents de traçabilité tels qu’une facture d’achat, un bon de livraison ou un contrat d’achat permettant d’identifier précisément le lot concerné et son établissement de production. À défaut, un certificat d’analyse attestant de la conformité des produits à la réglementation sur les résidus de pesticides pourra être présenté.

Les autorités préviennent que tout lot dont la traçabilité ou la conformité ne pourra être démontrée lors d’un contrôle fera l’objet d’un retrait immédiat du marché, suivi de sa destruction. Cette disposition vise à garantir la protection des consommateurs et à lutter contre la circulation de produits dont l’origine ou la qualité sanitaire ne peuvent être vérifiées.

La mise en œuvre de cet arrêté sera assurée par le secrétaire général de la préfecture ainsi que par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte, chargés de veiller au respect de ces nouvelles exigences sur le territoire.

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes