Dans un rapport publié pour la première fois le 15 juin, le ministère de l’Économie met en lumière l’état des assurances en France face aux catastrophes naturelles. Les assureurs sont assez présents dans l’Hexagone, au détriment d’un manquement dans les départements et régions d’Outre-mer.
Si la canicule et les pluies torrentielles sont extrêmes dans l’Hexagone, dans les territoires ultramarins, l’histoire rappelle aussi les cyclones dévastateurs tels que Chido à Mayotte, Garance à La Réunion ou Irma aux Antilles. En tous les cas, les dégâts qui résultent de ces événements sont en partie pris en charge par les assureurs, mais aussi par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, dit « Cat Nat », relevant de la solidarité nationale. Le coût de ces dégâts augmente à mesure que ces événements climatiques s’intensifient en termes de fréquence et d’intensité.
Sur demande du gouvernement, l’Observatoire de l’assurabilité a publié un rapport dans lequel il est écrit qu’« il n’existe pas de problème d’assurance face aux catastrophes naturelles », soulignant qu’il existe au moins un assureur dans les communes françaises. Or, sur une carte concernant les habitations exposées aux événements météorologiques extrêmes, une différence apparaît clairement : l’Hexagone est en vert, tandis que les Outre-mer recensés (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy) sont en orange. Cela signifie que les territoires ultramarins sont en « tension modérée », autrement dit que le nombre ou la concentration d’assureurs est très irrégulier, ce qui implique un choix plus restreint pour les habitants, qui peuvent néanmoins s’assurer.
L’Observatoire explique cette situation par un « marché historiquement dense » en assureurs et une « sinistralité élevée », c’est-à-dire une exposition plus importante aux risques liés aux cyclones. Même si des départements tels que Mayotte et la Guyane sont absents de ce rapport faute de données, la situation demeure préoccupante sur le territoire mahorais. Le débat sur la reconstruction après le cyclone Chido en 2024 avait révélé que seulement 10 % des biens étaient assurés. Près d’un an après le cyclone, la préfecture de Mayotte mettait en place un dispositif d’aide, qui révélait encore de nombreux témoignages d’absence d’assurance.
Même constat du côté des assureurs privés, notamment avec des dédommagements incomplets. Autre cas : à La Réunion, après le passage du cyclone Belal début 2024, 30 à 35 % des propriétaires de biens immobiliers n’étaient pas assurés, affirme le comité des assureurs Réunion-Mayotte.
Enfin, certains risques naturels comme la submersion marine ou les séismes en Outre-mer ne sont pas évoqués dans le rapport. Le gouvernement annonce une mission incluant « les mesures à mettre en œuvre pour améliorer la couverture assurantielle des territoires ultramarins, de plus en plus vulnérables face aux risques climatiques ». Il propose également deux autres axes d’action, dont un réexamen tous les cinq ans du taux de cotisation du régime Cat Nat, payé par l’ensemble des assurés, afin de garantir une répartition plus équitable de la charge.
Une démarche qui s’inscrit alors qu’une trentaine de recommandations avaient déjà été faites il y a quelques années dans un rapport visant à rééquilibrer le régime des phénomènes climatiques majeurs notamment dans les zones exposées comme les Outre mer.


































