Accueil Blog Page 26

Quand l’organisation de l’hôpital pénalise les patients

Quand l'organisation de l'hôpital pénalise les patients

S’il est envié par les ressortissants des pays limitrophes pour diverses raisons, le système hospitalier à Mayotte enregistre une fuite libre vertigineuse auprès de la population locale. Ce n’est pas tant le personnel qui est en cause, mais plutôt les choix managériaux de la direction, difficilement compréhensibles pour la société civile.

Mais que font donc les élus mahorais, le président du Département en tête, censés défendre mordicus les intérêts supérieurs des populations qu’ils représentent ? « Pas grand-chose, hormis se chamailler inutilement et s’entêter à faire absolument le contraire de ce qu’attendent leurs concitoyens », pourrait répondre un nombre écrasant d’habitants du territoire.

Et si la question de la santé est si récurrente dans les débats publics, c’est qu’il existe des aberrations qui atteignent parfois leur paroxysme. Bien loin des critiques portées par quelques parlementaires de la place sur les manquements criants du dispositif sanitaire prévalant actuellement en matière épidémiologique, notre journal a choisi d’aborder les choses sous un angle différent, en mettant l’accent sur des situations qui dépassent parfois l’entendement : la prise en charge générale des malades dans les centres hospitaliers de Mayotte.

Sur cette question précise, il ne s’agit pas ici d’incriminer le personnel, qu’il soit autochtone ou expatrié, mais bien d’interroger la logique de déploiement du personnel médical selon les secteurs. Un système qui a ses limites et qui donne une mauvaise image du personnel de santé mahorais, alors même que celle-ci ne lui est pas méritée.

En effet, avec le recul, on s’aperçoit que les professionnels de santé ont accompli d’énormes efforts en matière de formation et de professionnalisme, qu’il convient de saluer haut et fort. Pour qui a eu l’opportunité de fréquenter des hôpitaux des pays limitrophes, ou même les services d’urgence de certaines villes de métropole, Mayotte n’a presque rien à leur envier.

Là où le bât blesse, c’est que, d’une direction à une autre, les choix et les orientations peuvent radicalement prendre des tournures inattendues.

« Une fois de plus, la conséquence, en bout de chaîne, c’est le patient qui en fait les frais », souligne un cadre du CHM, dont nous tairons l’identité afin de le préserver de la foudre de ses supérieurs hiérarchiques.

Un cas est particulièrement éloquent : les sites annexes du CHM à Pamandzi et Dzoumogné, conçus pour éviter un engorgement du grand hôpital de Mamoudzou. Alors qu’ils disposent du matériel adéquat pour prendre en charge presque tous les types de cas, ils seraient réduits à jouer un rôle subalterne de « gare de triage », dénonce un syndicaliste de l’établissement.

Flagrante iniquité entre patients en matière de droit aux soins

« Des cas d’urgence ne sont pas traités sur place parce que le système nous impose une évacuation quasi automatique vers Mamoudzou, en raison d’un personnel insuffisant. Et comme tout converge vers là-bas, le service des urgences est rapidement dépassé, entraînant une accumulation de malades, parfois jusque dans les couloirs », souligne ce soignant.

Ce qui le choque au plus haut point, c’est que ce système ainsi défini conduirait à un traitement sélectif des patients, puisqu’il laisserait aux médecins urgentistes de Pamandzi et de Dzoumogné le soin de décider qui doit, ou non, être évacué vers Mamoudzou, sans véritable base spécifique et, selon lui, de façon parfois aléatoire.

« Ce n’est pas vraiment équitable en termes de droit de chacun à se faire soigner. Cela concourt à pousser de plus en plus de Mahoraises et de Mahorais à aller se faire soigner hors du territoire, à La Réunion ou dans l’Hexagone », observe notre informateur.

Autre reproche formulé à l’encontre de cette procédure : les plateaux techniques coûteux, notamment sur le site Martial-Henry du CHM à Pamandzi. Le bloc opératoire ne serait pas mis en service parce que la direction des hôpitaux de Mayotte aurait choisi de concentrer un maximum de médecins et de chirurgiens à Mamoudzou.

Un choix aux conséquences financières importantes, qui interroge depuis de nombreuses années et qui est imputé, pour l’essentiel, à l’ère de Dominique Voynet, laquelle fait régulièrement l’objet de joutes verbales dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où elle est souvent la cible des attaques des deux députées mahoraises.

La politique sanitaire qu’elle avait initiée sur l’île aurait consisté à favoriser un maximum d’évacuations sanitaires en direction des hôpitaux réunionnais, créant in fine une dépendance accrue de Mayotte à La Réunion.

« D’autant plus que ces EVASAN sont désormais effectuées par l’affrètement d’un avion médicalisé privé qui a besoin de faire du chiffre, et non plus par les vols réguliers d’Air Austral comme dans le passé. »

Notre source syndicale dénonce, par ailleurs, un système opaque qui favoriserait les « copains et les coquins » autour de l’attribution de ce marché particulièrement lucratif pour ses bénéficiaires.

Autre conséquence malheureuse dénoncée : la fermeture drastique de lits dans les hôpitaux périphériques de Dzoumogné et de Pamandzi, vidant progressivement ces établissements de leur raison d’exister.

Les pharmacies ont également fermé au profit d’officines privées, ce qui est loin d’arranger tout le monde. Celles-ci ayant un fournisseur commun à Mayotte, elles seraient parfois confrontées à des pénuries de certaines molécules, plongeant, sans le vouloir, leur clientèle dans le désarroi.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

À Mayotte, le tirage au sort des jurés s’ouvre aux listes électorales

À Mayotte, le tirage au sort des jurés s’ouvre aux listes électorales

Un décret publié dimanche 9 août modifie la manière dont sont sélectionnés les assesseurs-jurés appelés à siéger à la cour d’assises de Mayotte. Lorsque les candidats proposés par les maires et le procureur ne seront pas assez nombreux, des habitants pourront désormais être tirés au sort directement sur les listes électorales. Une évolution qui rapproche le territoire du droit commun, sans mettre fin à son régime particulier.

Être appelé à juger un crime à Mayotte pourra désormais commencer par un tirage au sort sur les listes électorales. Depuis ce lundi 10 août, un nouveau dispositif permet aux maires d’y puiser des candidats aux fonctions d’assesseur-juré lorsque le nombre de personnes proposées selon la procédure habituelle est insuffisant. La mesure, prévue par un décret du 8 août, doit être expérimentée pendant trois ans.

Les jurés sont des citoyens appelés à juger les crimes aux côtés des magistrats professionnels. Le jury populaire repose sur une conception ancienne de la justice, héritée notamment de la Révolution française : puisque la justice est rendue « au nom du peuple français », les citoyens doivent pouvoir prendre part directement au jugement des affaires les plus graves. Leur présence permet ainsi de ne pas laisser la décision aux seuls professionnels du droit et d’y faire entrer le regard de la société. Les jurés suivent les débats, puis se prononcent avec les magistrats sur la culpabilité de l’accusé et, le cas échéant, sur la peine.

Jusqu’à présent, Mayotte se distinguait nettement du reste du territoire national. Les jurés appelés à participer aux procès criminels étaient tirés au sort pour chaque session, mais à partir d’une liste préalablement constituée de personnes proposées par le procureur de la République ou par les maires. Cette liste était ensuite arrêtée conjointement par le préfet et le président du tribunal judiciaire.

Le décret ne supprime pas cette procédure. Chaque année, les maires et le procureur continueront à proposer des candidats. La nouveauté intervient lorsqu’ils ne sont pas suffisamment nombreux. Dans ce cas, chaque commune devra procéder à un tirage au sort sur ses listes électorales. Le nombre de personnes recherchées sera déterminé conjointement par le président du tribunal judiciaire et le procureur, après avis du bâtonnier. Les personnes ne remplissant pas les conditions légales pour être juré seront ensuite écartées. Plusieurs tirages pourront être organisés au cours d’une même année si nécessaire.

Un régime particulier hérité de la situation mahoraise

Cette différence avec le droit commun est ancienne. Ailleurs en France, la constitution des listes de jurés repose déjà largement sur le tirage au sort parmi les citoyens inscrits sur les listes électorales. À Mayotte, le législateur avait préféré conserver un vivier plus restreint, constitué en amont par les autorités locales et judiciaires.

En 2016, saisi de cette différence de traitement, le Conseil constitutionnel l’avait jugée justifiée par les « caractéristiques et contraintes particulières » du territoire. Il relevait alors qu’une proportion importante de la population mahoraise ne remplissait pas les conditions d’âge, de nationalité ou de maîtrise de la lecture et de l’écriture en français nécessaires pour exercer les fonctions de juré. Le Conseil avait donc admis que les jurés puissent être sélectionnés à partir d’une liste plus restreinte que celle utilisée dans le droit commun.

La difficulté à constituer des jurys est connue de longue date. En 2017, lors de l’examen de la loi sur l’égalité réelle outre-mer, le Sénat évoquait déjà la difficulté de trouver « des jurés-assesseurs en nombre suffisant à chaque session ». Cette contrainte avait notamment conduit à maintenir à Mayotte un jury plus réduit : trois jurés siègent aujourd’hui en première instance et six en appel tandis qu’en métropole ils sont respectivement six et neuf.

Un rapprochement, pas encore un alignement

Le nouveau décret marque donc une évolution : le recours aux listes électorales, qui constitue la base du système dans l’Hexagone, fait désormais son entrée dans la procédure mahoraise. Mais seulement en complément. Les candidatures proposées par les maires et le parquet restent la première étape.

Le changement était par ailleurs préparé depuis plusieurs mois. Le texte précise que le conseil départemental de Mayotte avait été saisi sur le projet dès le 18 décembre 2025, soit près de huit mois avant sa publication.

L’expérimentation doit permettre de voir si ce nouveau système facilite la constitution et le renouvellement du vivier de jurés. Elle ne remet toutefois pas en cause les autres particularités de la cour d’assises mahoraise, notamment le nombre réduit de jurés par rapport au droit commun. La convergence se fait, pour l’heure, par petites touches.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Le Comité des Sages de Mamoudzou se mobilise contre la violence

Le Comité des Sages de Mamoudzou se mobilise contre la violence
La Fédération des associations culturelles et cultuelles ainsi que le conseil cadial étaient co-organisateurs de l’évènement aux côtés du Comité des Sages

Ce dimanche matin, le Comité des Sages de Mamoudzou, la Fédération des Associations culturelles et cultuelles ainsi que le conseil cadial, ont organisé une marche blanche à Tsoundzou 1 pour dénoncer la violence dans la commune. Celle-ci s’inscrivait dans une volonté plus large d’assister l’État dans sa lutte contre la violence sur l’île.

Ces dernières semaines, 3 meurtres ont été perpétrés dans la commune de Mamoudzou, à Kaweni, Vahibé et Kwalé. Si la violence n’est malheureusement pas chose nouvelle à Mayotte, le Comité des Sages de Mamoudzou, la Fédération des associations culturelles et cultuelles ainsi que le conseil cadial, ont décidé d’agir pour dénoncer ces faits en organisant une marche blanche dans les 3 villages où ces meurtres ont été commis.

La première s’est déroulée le 26 juillet dernier à Kaweni, la deuxième le 2 août à Vahibé et la troisième ce dimanche 9 août à Tsoundzou 1. Cette dernière a réuni environ 700 personnes, soit beaucoup plus que les précédentes, preuve que ces actions commencent à se faire connaître au sein de la population.

Le Comité des Sages est une association créée en 2023 pour répondre à la flambée de violence que subit Mayotte depuis de nombreuses années. “L’État ne peut pas faire face à cette violence seul, il ne peut pas mettre un policier derrière chaque habitant, il est donc important que la population se mobilise également”, affirme Abdillah Chamassi, trésorier adjoint de l’association. Le Comité des Sages se compose, selon ses dires, de personnes “respectables qui ont de l’expérience et de l’influence au sein de la population”, sans pour autant qu’un critère d’âge soit fixé pour adhérer à l’association. “Le terme de “sages” a été choisi en référence aux critères d’expérience et de respectabilité qui étaient l’apanage des Anciens dans la culture mahoraise traditionnelle. Mais actuellement il y a des jeunes aussi !”, précise-t-il.

Pas de stigmatisation, mais une sensibilisation au “vivre-ensemble”

“Ces marches ne visent en aucun cas à juger ce qui s’est passé ni à stigmatiser qui que ce soit, nous laissons la Justice faire son travail, mais simplement à sensibiliser la population à la nécessité de prévenir la violence sur le territoire. Tous les habitants doivent se sentir concernés par leur sécurité et la paix dans leur commune, ce n’est pas l’apanage de l’État”, affirme encore le trésorier adjoint du Comité des Sages. Il ajoute que ces marches, qui ont compté de plus en plus de participants au fil du temps, ne sont que “le point de départ d’une action de sensibilisation beaucoup plus large qui va s’étaler dans le temps”. Plusieurs élus de la mairie de Mamoudzou y ont d’ailleurs participé, heureux d’avoir le soutien de “personnes d’influence” pour les aider à sensibiliser les habitants contre la violence dans leur commune.

Les prochaines actions du Comité des Sages consisteront à sillonner les différents villages de la commune afin de dialoguer avec les parents qui ont des difficultés avec leurs enfants. “Par pudeur, les gens ne parlent pas spontanément de leurs problèmes avec leurs enfants, mais quand on vient vers eux, ils s’ouvrent au dialogue”, a remarqué Abdillah Chamassi. Lui-même professeur dans l’un des établissements scolaires de l’île, il est en première ligne pour constater l’ampleur de la tâche que représente la prévention de la violence chez les jeunes. “Il est donc important de ne pas laisser les familles seules avec ce problème, mais d’aller à leur rencontre pour les assister”, conclut-il.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Rentrée scolaire : combien coûte réellement une année scolaire à Mayotte ?

Rentrée scolaire : combien coûte réellement une année scolaire à Mayotte ?

Fournitures, vêtements, transport, cantine, activités… À quelques jours de la rentrée scolaire, les familles mahoraises doivent faire face à une succession de dépenses. Si l’allocation de rentrée scolaire apporte un soutien financier, elle ne couvre pas nécessairement l’ensemble des frais engagés au cours de l’année.

La rentrée approche et, pour de nombreuses familles, la préparation ne se résume pas à acheter quelques cahiers et un cartable. À Mayotte, comme ailleurs, les dépenses scolaires s’étalent sur plusieurs mois : fournitures, vêtements, chaussures, restauration, transport ou encore activités sportives et culturelles. Une addition qui peut rapidement peser sur le budget familial.

Une allocation de rentrée différente à Mayotte

Pour la rentrée 2026, les familles mahoraises éligibles bénéficient de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Son montant dépend du niveau de scolarisation de l’enfant. Il atteint 429,01 euros pour un enfant scolarisé en primaire, 452,67 euros au collège et 468,36 euros au lycée. Le versement a débuté le 4 août à Mayotte.

Cette aide est destinée à participer aux dépenses liées à la rentrée. Elle constitue donc un coup de pouce important pour les familles concernées, particulièrement lorsqu’elles doivent équiper plusieurs enfants.

Mais une question demeure : cette somme suffit-elle réellement à financer une année scolaire entière ?

Les fournitures, première dépense

Cahiers, stylos, classeurs, crayons, feuilles, calculatrice ou encore matériel de géométrie : la liste peut rapidement s’allonger selon le niveau de l’élève.

À l’échelle nationale, l’association UFC-Que Choisir estime que les fournitures scolaires vendues en grandes surfaces coûtent en moyenne 2 % plus cher en 2026 qu’en juillet 2025. L’association souligne également que les écarts entre les marques sont importants : les marques de distributeur sont en moyenne 40 % moins chères que les grandes marques dans son relevé.

À Mayotte, ces achats constituent une dépense particulièrement visible au mois d’août. Certaines familles doivent également renouveler le cartable, la trousse, les chaussures ou une partie des vêtements lorsque ceux de l’année précédente ne peuvent plus être utilisés. Et la facture ne s’arrête pas au jour de la rentrée.

Des dépenses qui continuent toute l’année

Une fois les fournitures achetées, d’autres frais apparaissent progressivement. Un cahier terminé doit être remplacé, les stylos et la colle disparaissent, le matériel de sport peut être renouvelé et certaines classes demandent des équipements supplémentaires au cours de l’année.

Le coût dépend aussi du niveau scolaire. Un enfant entrant au primaire n’a pas les mêmes besoins qu’un collégien ou qu’un lycéen. Au collège et au lycée, la calculatrice, certains livres, le matériel spécialisé ou l’équipement nécessaire à certaines formations peuvent alourdir la facture.

Dans certains établissements, l’ordinateur peut également faire partie du matériel demandé. À titre d’exemple, le collège Les Flamboyants à Mamoudzou indique dans sa liste de fournitures 2026-2027 qu’un ordinateur portable et son chargeur sont nécessaires pour les élèves.

Transport et restauration : les dépenses invisibles

Le coût d’une année scolaire ne se limite pourtant pas au contenu du cartable. Pour les familles dont les enfants doivent se déplacer quotidiennement, le transport représente également un poste de dépenses à prendre en compte.

À cela peuvent s’ajouter les frais de restauration scolaire. Pour les familles qui ne peuvent pas récupérer leurs enfants le midi, la cantine devient une dépense régulière, répétée plusieurs fois par semaine pendant toute l’année.

Ces frais sont moins visibles que l’achat des fournitures, car ils sont répartis sur plusieurs mois. Pourtant, additionnés, ils peuvent représenter une part importante du budget consacré à la scolarité.

Quand plusieurs enfants sont scolarisés

La difficulté augmente lorsque plusieurs enfants d’une même famille font leur rentrée simultanément.

Une famille bénéficiant de l’ARS peut recevoir plusieurs allocations, mais doit également multiplier les achats. Trois enfants scolarisés à des niveaux différents peuvent ainsi nécessiter trois listes de fournitures différentes, plusieurs paires de chaussures, des vêtements et, selon les situations, plusieurs équipements spécifiques.

L’ARS reste donc une aide importante, mais elle ne constitue pas un « budget annuel » garanti pour l’ensemble des dépenses liées à la scolarité.

Un budget à prévoir bien après août

La rentrée scolaire donne souvent l’impression que l’essentiel des dépenses se concentre sur quelques semaines. En réalité, le coût de la scolarité se construit tout au long de l’année.

Une paire de chaussures peut être remplacée, une trousse peut être perdue, un cahier peut être épuisé ou une activité scolaire peut nécessiter une participation financière. Pour les ménages disposant de revenus modestes, ces dépenses imprévues peuvent rapidement devenir difficiles à absorber.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien coûte la rentrée, mais plutôt combien coûte une année scolaire complète.

À Mayotte, où le pouvoir d’achat demeure un enjeu important pour de nombreux ménages, cette question mérite d’être posée à quelques jours de la rentrée. L’allocation de rentrée scolaire permet d’amortir une partie du choc financier. Mais entre le premier achat de fournitures et les dernières dépenses de juin, les familles doivent continuer à financer la scolarité de leurs enfants pendant près d’une année entière.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Gymnastique acrobatique : la Mahoraise Maëcha Duguin-Sandi va représenter la France aux Mondiaux

Gymnastique acrobatique : la Mahoraise Maëcha Duguin-Sandi va représenter la France aux Mondiaux

À seulement 14 ans, Maëcha Duguin-Sandi s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa jeune carrière sportive. Originaire de Bandrélé, la jeune Mahoraise représentera prochainement la France lors des championnats du monde de gymnastique acrobatique, organisés à Pesaro, en Italie, à partir du 17 septembre.

La sportive a décroché cette sélection après avoir terminé troisième des championnats de France de gymnastique acrobatique en juin. Licenciée au club réunionnais de la Rivière Saint-Louis, elle évolue en duo avec Sameera Boucher. Ensemble, les deux gymnastes vont désormais se mesurer au niveau international.

Avant de rejoindre l’Italie, Maëcha Duguin-Sandi intégrera l’équipe de France à la fin du mois d’août. Elle participera ensuite à un tournoi international en Pologne, une première expérience qui lui permettra de se préparer aux Mondiaux.

Pour la jeune sportive, cette sélection est l’aboutissement d’un parcours commencé très tôt. Fille de circassiens, elle a découvert la gymnastique dès l’âge de trois ans et s’entraîne aujourd’hui à un rythme soutenu. Durant ses vacances, plusieurs heures quotidiennes sont consacrées à la préparation physique et technique afin d’aborder au mieux cette première grande échéance internationale.

Cette participation aux championnats du monde constitue une nouvelle reconnaissance pour la jeune Mahoraise, dont les performances témoignent de la progression de la gymnastique acrobatique dans la région. Ses proches comptent également faire le déplacement pour l’accompagner dans cette aventure qui pourrait marquer un tournant dans sa carrière sportive.

Mlezi Maore a accompagné près de 10.000 bénéficiaires en 2025

Mlezi Maore a accompagné près de 10.000 bénéficiaires en 2025

Mlezi Maore a accompagné 9.867 bénéficiaires en 2025, tout en orientant 13.811 personnes et en menant des actions de sensibilisation auprès de 27.024 publics, selon son rapport d’activité publié début août. L’association, qui compte 699 professionnels, souligne avoir maintenu ses missions malgré les destructions et les relocalisations de services auxquelles elle a dû faire face au cours de l’année.

Ce bilan accompagne la présentation de son Projet stratégique associatif 2026-2031. Celui-ci prévoit notamment de renforcer la qualité des accompagnements, l’ancrage territorial et l’innovation sociale. Membre du Groupe SOS depuis 2009, Mlezi Maore intervient notamment dans la protection de l’enfance, le handicap, l’insertion, l’hébergement et le logement à Mayotte.

Des ateliers artistiques autour du cyclone Chido à Chiconi

Des ateliers artistiques autour du cyclone Chido à Chiconi

Le projet Mila Zema propose deux matinées d’ateliers artistiques et créatifs, les 11 et 12 août, à Chiconi. Ouvertes à tous à partir de 12 ans, les activités auront pour thème le cyclone Chido et permettront aux participants de s’exprimer à travers cinq disciplines : écriture, chant, percussion, peinture et musique assistée par ordinateur (MAO).

Les ateliers se dérouleront de 9h30 à 12h à Magaza Vanille, à Chiconi. Les places étant limitées, les inscriptions sont ouvertes auprès des organisateurs à l’adresse relais@villedechiconi.fr ou au 06 39 69 64 51.

Anchya Bamana demande à Stéphanie Rist de venir prendre le pouls de Mayotte sur place

Anchya Bamana demande à Stéphanie Rist de venir prendre le pouls de Mayotte sur place
Anchya Bamana réclame instamment la venue sur place de Stéphanie Rist afin que la ministre puisse prendre la mesure de la situation sanitaire

Information réelle ou supposée sur l’explosion inattendue de certaines maladies jadis éradiquées dans le département de Mayotte, la députée (RN) Anchya Bamana monte au créneau ces derniers jours et demande des comptes à Stéphanie Rist, la ministre française de la Santé. La parlementaire tire à boulets rouges sur l’ARS Mayotte et, plus globalement, sur l’État par extension. Elle invite la ministre à se rendre de toute urgence sur le territoire afin de se rendre compte de l’ampleur d’une situation qu’elle considère comme hors de contrôle.

Cinq patients hospitalisés en moins d’une semaine et deux admis en réanimation, 302 cas de paludisme enregistrés à Mayotte depuis le début de l’année, dont 215 cas importés du territoire comorien voisin et 66 cas acquis localement : le dernier bulletin de Santé publique France fait sortir de ses gonds la députée mahoraise (RN) Anchya Bamana, qui saisit la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

Dans un courrier en date du 5 août, la parlementaire fait état d’une dégradation de la situation sanitaire dans le 101e département français, allant jusqu’à la qualifier d’incontrôlable. « Notre département est confronté simultanément à la recrudescence du paludisme, à la circulation locale du Mpox, à la persistance de l’hépatite A et à une progression inquiétante des syndromes gastro-intestinaux », fait-elle valoir dans sa missive.

Un constat qui la conduit à tirer à boulets rouges sur l’Agence régionale de santé (ARS), qu’elle accuse de n’apporter qu’une réponse insuffisante face à la gravité de la situation. Pour la députée, « ces chiffres démontrent que les importations répétées du parasite ont favorisé la réinstallation de chaînes de transmission à Mayotte, alors que le paludisme y avait pratiquement disparu ».

Au demeurant, Anchya Bamana n’est pas la seule élue à dresser ce constat. Le sénateur Saïd Omar Oili a déjà sonné maintes et maintes fois l’alarme à ce propos. Quasiment tous les responsables politiques mahorais dénoncent à l’unisson une situation qu’ils considèrent comme prévisible, notamment en raison d’une immigration clandestine massive, et réclament que Mayotte soit impérativement préservée des risques sanitaires associés.

Une doléance qui, selon eux, reste jusqu’ici lettre morte de la part du gouvernement Lecornu, jugé insuffisamment réactif lorsqu’il s’agit de Mayotte, quel que soit le sujet mis sur la table.

Sans parti pris ni démagogie politique, les Mahorais, toutes catégories confondues, dénoncent également ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de l’ARS à prendre à sa juste mesure un état sanitaire global de Mayotte, qui serait en nette régression depuis plusieurs années. Une situation que certains mettent notamment en perspective avec les différentes périodes de gestion du système de santé mahorais.

Sans doute la proximité de plusieurs échéances électorales explique-t-elle aussi ce haussement de ton d’une classe politique locale trop souvent accusée par une partie de la population de laxisme, de lâcheté, voire de coupable silence, pour ne pas dire de connivence, avec un État central parisien qui, selon ses détracteurs, se préoccuperait davantage de ses relations bilatérales avec les pays voisins de Mayotte que de ses propres sujets et contribuables. 

Des comptes demandés à l’État

Elle n’a pas fini de demander des comptes à l’ARS Mayotte et aux autres services de l’État sur la gestion sanitaire de l’archipel.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, il est concevable que le temps des « longs couteaux » prenne le dessus sur la raison et la « prétendue légendaire résilience des Mahorais ». La gestion des conséquences du cyclone Chido ne manquera pas, le moment venu, de s’inviter dans le débat politique des scrutins à venir, en guise d’arbitre du changement.

« Où sont les distributions massives de moustiquaires imprégnées ? Où sont les opérations systématiques de destruction des gîtes larvaires ? Où sont les campagnes d’information répétées dans les villages, les établissements scolaires, les quartiers précaires et les médias locaux ? Où sont les moyens supplémentaires consacrés au dépistage et au traitement rapide des personnes contaminées ? »

Anchya Bamana précise à Stéphanie Rist que des questions du même genre peuvent lui être adressées s’agissant d’autres pathologies présentes sur le sol mahorais, telles que le chikungunya ou la dengue. La parlementaire interroge ainsi la ministre de la Santé sur les politiques de prévention et de dépistage engagées par le gouvernement Lecornu sur le territoire, notamment au sujet des maladies hydriques.

Elle demande où en sont les campagnes de sensibilisation, de prévention et de vaccination destinées au plus grand nombre, en premier lieu aux publics les plus exposés à ces différentes maladies.

Une cascade de questions ponctue ainsi le contenu de sa saisine de la ministre de la Santé. Anchya Bamana rappelle au demeurant que Mayotte est une partie intégrante de la République française et que, par conséquent, « ses habitants ne peuvent plus être invités à supporter les coupures d’eau, l’effondrement de l’offre de soins et le retour de maladies graves pendant que l’État observe la situation à distance ».

La députée justifie ainsi sa volonté de rompre le silence et son refus de voir se multiplier les mesures jugées insuffisantes pour calmer la population. Elle réclame instamment la venue sur place de Stéphanie Rist afin que la ministre puisse prendre la mesure de la situation sanitaire.

Anchya Bamana, qui a prévu de passer une bonne partie de ses vacances d’été sur le territoire à l’écoute des doléances de ses administrés, n’en a donc pas fini avec le système local de santé. Elle entend continuer à interpeller les autorités et à demander des comptes sur la gestion sanitaire de Mayotte dans les prochaines semaines.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Entretien avec Twalal Harouna Abassi : une nouvelle fournée d’étudiants mahorais pour le Canada

Entretien avec Twalal Harouna Abassi : une nouvelle fournée d’étudiants mahorais pour le Canada
Séance explicative à destination des candidats à un enseignement universitaire au Canada (*image améliorée par ia)

Ils sont 14 jeunes Mahorais prêts à s’envoler cet automne pour le Canada, où ils pourront démarrer un cursus universitaire dans différentes villes du Québec, autrement appelé le « Canada français ». Ils ont passé les différents tests de sélection réalisés sur place par Twalal Harouna Abassi, à l’origine de ce programme éducatif ouvert aux natifs du territoire. Un programme devenu une réalité qui s’inscrit dans la durée grâce au soutien financier du Département-Région de Mayotte et de la Communauté de communes du Sud.

Flash Info : Combien de jeunes étudiants mahorais espérez-vous accueillir cette année au Canada ?

Twalal Harouna Abassi : Je retourne au Canada par le vol de ce dimanche. Cette année, j’ai avec moi 14 étudiants qui ont déjà suivi le processus de sélection. Ils effectueront leur rentrée universitaire cet automne dans différentes villes du Québec.

F.I. : Comment se déroule la sélection localement ?

T.H.A. : Ce que nous essayons vraiment de faire, c’est de mettre le jeune et sa famille au cœur d’un dispositif qui les implique tous dès le début. Pour être direct, je dirais que dès que nous détectons un intérêt particulier chez un jeune, nous organisons un premier échange avec sa famille afin de vulgariser et d’expliquer notre dispositif. L’objectif est de susciter au maximum leur intérêt et celui de la famille.

Nous mettons également à leur disposition des liens numériques vers les établissements susceptibles de les accueillir, afin qu’ils puissent explorer les différents programmes d’enseignement proposés. Ce n’est qu’au terme de ce parcours que les parents nous adressent une lettre de motivation, laquelle ouvre la voie à un entretien. Une fois cet entretien terminé, nous sommes en mesure de déterminer si l’étudiant concerné est suffisamment mûr et s’il est en mesure d’intégrer notre dispositif.

F.I. : Êtes-vous en contact avec le Département de Mayotte ? Avez-vous obtenu un quelconque soutien de sa part ?

T.H.A. : Oui, nous sommes en relation avec le Département de Mayotte. Il soutient et finance notre dispositif. Notre association Mayotte-Québec est conventionnée pour déployer ce dispositif sur l’ensemble du territoire afin de répondre aux besoins de l’île. Un financement annuel de 85 000 euros nous est accordé. Le Département se tient régulièrement informé de l’évolution de chaque étudiant, ce qui nous permet d’améliorer le dispositif dans son déploiement sur les deux territoires.

F.I. : En est-il de même avec le Rectorat de Mayotte ? Comment apprécie-t-il votre initiative ?

T.H.A. : À notre grand regret, nous n’avons aucun contact avec le Rectorat de Mayotte. En dehors du Département-Région de Mayotte, il y a la Communauté de communes du Sud qui nous accompagne depuis le début de cette aventure.

Nous nous efforçons d’utiliser nos rares ressources pour travailler dans l’intérêt supérieur des étudiants mahorais. J’ignore quelle appréciation le Rectorat porte sur ce dispositif. Au démarrage, nous avons essayé d’instaurer une relation afin d’accéder directement aux lycéens, futurs bacheliers. Malheureusement, cela n’a pas abouti et le premier bilan que nous leur avons présenté n’a donné lieu à aucune manifestation d’intérêt.

F.I. : Et comment cela se passe-t-il avec les autorités canadiennes ?

T.H.A. : Le Canada est une terre d’immigration par excellence, en particulier pour les étudiants. En ce qui concerne les étapes à franchir pour l’obtention d’un visa, nous nous débrouillons seuls. L’itinéraire que nous suivons ne fait l’objet d’aucun blocage particulier, tant au niveau provincial que fédéral.

F.I. : Est-ce que tous les candidats mahorais à des études au Canada arrivent à suivre le rythme ou y a-t-il des ratés ?

T.H.A. : Aussi surprenant que cela puisse paraître, la grande majorité de nos étudiants arrivent à suivre la cadence. Mais ce serait vous mentir que de dire que nous enregistrons un taux de réussite de 100 %. Sur un total de 60 jeunes accompagnés depuis le début de ce programme, nous comptabilisons six abandons.

Cela n’est pas dû à un problème de niveau, mais plutôt à des difficultés d’adaptation aux conditions de vie et à l’environnement du territoire. Ce qui importe, c’est que les autres étudiants arrivent à bien s’en sortir. Pour preuve, nous avons eu la joie de compter nos premiers diplômés cette année et ils ont tous opté pour une poursuite de leur cursus universitaire.

F.I. : Tout cela fait une petite communauté à gérer. Comment arrivez-vous à gérer cela au quotidien ?

T.H.A. : Pour que cela fonctionne bien, nous essayons de mettre en place des outils de communication, notamment au moyen de certaines applications numériques qui nous permettent d’entretenir des canaux de discussion dans chaque ville, aussi bien sur des thématiques générales que sur des sujets spécifiques.

Ainsi, nous arrivons à prendre le pouls des conditions de vie de nos étudiants, aussi bien les débutants que ceux qui sont là depuis plus longtemps. Pour le moment, je dirais que c’est une formule qui fonctionne plutôt bien, même si certains aspects mériteraient amplement d’être améliorés.

Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un dispositif encore très jeune et fragile. Notre management est plutôt efficace et nous parvenons à apporter des réponses à chaque sollicitation de nos étudiants, aussi bien sur le sol mahorais que sur le sol canadien.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Les champions veulent transmettre leur expérience aux jeunes talents

Les champions veulent transmettre leur expérience aux jeunes talents

Créée officiellement en janvier 2026, l’Académie Mahoraise des Talents Sportifs (AMTS) réunit plusieurs générations de sportifs mahorais de haut niveau. Leur ambition : accompagner les jeunes dans un parcours où la performance sportive ne suffit pas toujours. Départ vers l’Hexagone, études, logement, financement, blessures ou préparation de l’après-carrière, l’association veut mettre l’expérience des anciens au service de ceux qui rêvent à leur tour de haut niveau.

À Mayotte, le sport ne manque pas de talents. Mais entre la détection d’un jeune prometteur et une carrière au plus haut niveau, le chemin peut être long et semé d’obstacles. Pour progresser, de nombreux sportifs doivent quitter l’île, parfois très jeunes. Une fois loin de leur famille et de leur environnement habituel, ils doivent poursuivre leur entraînement tout en construisant leur parcours scolaire, professionnel et personnel.

C’est précisément sur cette période, souvent moins visible que les compétitions et les médailles, que souhaite intervenir l’Académie Mahoraise des Talents Sportifs (AMTS). Créée officiellement en janvier 2026, à la suite de son assemblée générale constitutive du 30 décembre 2025 à Kaweni, l’association est présidée par Fahdedine Madi Ali, ancien international français et multiple champion de France au lancer du javelot. Son objectif est d’améliorer l’accompagnement des sportifs mahorais dans toutes les dimensions de leur parcours.

Un parcours qui ne s’arrête pas au terrain

Pour l’AMTS, devenir sportif de haut niveau ne consiste pas uniquement à enchaîner les entraînements et les compétitions. Pour les jeunes Mahorais qui quittent le territoire, le départ constitue souvent une étape importante.

À plusieurs milliers de kilomètres de leur famille, ils doivent trouver un club, un logement et parfois une formation. Ils doivent également gérer leurs déplacements, financer leur projet sportif, poursuivre leurs études, faire face aux blessures et aux périodes de doute. Les éventuels échecs font également partie de ce parcours.

Autant de situations auxquelles les anciens sportifs de haut niveau de l’AMTS ont eux-mêmes été confrontés. L’association souhaite donc faire de cette expérience un outil de transmission. L’idée est de permettre aux jeunes de bénéficier des conseils de ceux qui connaissent déjà les exigences d’une carrière sportive.

L’accompagnement envisagé doit notamment passer par le mentorat, le partage d’expérience, l’orientation et la mise en réseau. L’association souhaite également maintenir un lien avec les familles et aider les jeunes à construire leur « double projet », c’est-à-dire à mener de front leur carrière sportive et leur parcours scolaire ou professionnel.

Une équipe composée de sportifs expérimentés

L’AMTS s’appuie sur plusieurs générations de sportifs mahorais. Parmi les membres cités figurent Dawiya Abdou, Raphaël Mohamed, Jeanine Assani-Issouf, Habab Abdou Moktar, Kadri Moendadze, Nasrane Bacar, Zoubert Combo, Jeanne Bébé Onzaya Boinaidi, Djassim Ahamada et Fahdedine Madi Ali. Fayzat Djoumoi et Austin Rasolonjatovo ont également rejoint l’aventure.

Leurs profils sont différents. Certains sont olympiens, d’autres internationaux ou champions de France. Certains sont encore en activité, tandis que d’autres ont déjà connu la fin de leur carrière sportive. Cette diversité constitue l’un des fondements du projet.

L’objectif n’est pas seulement de transmettre des techniques sportives. Il s’agit aussi de partager une expérience humaine : celle d’un sportif qui doit apprendre à gérer les changements, l’éloignement, les exigences de la compétition et les choix qui peuvent influencer son avenir.

L’AMTS souhaite par ailleurs continuer à élargir son réseau. L’association indique avoir vocation à accueillir d’autres sportifs mahorais désireux de transmettre leur expérience à la génération suivante.

Un audit pour identifier les besoins

Avant de mettre en place des réponses concrètes, l’Académie veut d’abord comprendre les réalités vécues par les sportifs mahorais. Un audit est actuellement en cours.

La démarche doit permettre de recueillir les expériences des sportifs, d’identifier leurs besoins et leurs difficultés, mais également de faire le point sur les accompagnements et les ressources dont ils disposent déjà. L’association souhaite ainsi éviter de proposer des dispositifs qui feraient doublon avec ceux existants.

Cette étape doit servir de base à la construction des futures actions de l’AMTS. L’association affirme vouloir partir des réalités rencontrées par les sportifs afin de proposer des réponses adaptées.

Cette approche constitue également une manière de mieux cerner les difficultés spécifiques liées à l’éloignement géographique de Mayotte. Lorsqu’un jeune sportif quitte l’île pour poursuivre sa carrière, son projet dépasse en effet le cadre strictement sportif. Il faut pouvoir assurer la continuité de ses études, son hébergement, ses déplacements et son accompagnement humain.

S’inspirer des autres territoires ultramarins

Pour développer son action, l’AMTS souhaite également regarder ce qui existe dans les autres territoires ultramarins. Des échanges et des coopérations sont envisagés avec La Réunion, les Antilles et plus largement avec les autres Outre-mer.

L’objectif est de partager les bonnes pratiques et de créer de nouvelles passerelles pour les sportifs mahorais. L’association souhaite également travailler avec les différents acteurs qui interviennent déjà dans les parcours sportifs : mouvement sportif, collectivités, services de l’État et autres structures.

L’AMTS insiste sur une volonté de complémentarité. Elle ne souhaite pas remplacer les clubs, les fédérations, les institutions ou les dispositifs existants, mais intervenir en complément, en fonction des besoins du sportif.

Le défi de l’après-carrière

L’un des autres axes annoncés concerne l’avenir des sportifs une fois leur carrière terminée. Une carrière sportive peut être courte et les performances ne garantissent pas nécessairement une insertion professionnelle durable.

L’AMTS souhaite donc intégrer la préparation de l’après-carrière dans son accompagnement. Pour les jeunes sportifs, cela signifie réfléchir à leur avenir au-delà des résultats et des compétitions.

Cette question rejoint celle du double projet. Continuer ses études ou acquérir une formation tout en poursuivant une carrière sportive peut représenter une difficulté supplémentaire, mais aussi une sécurité pour l’avenir.

À travers son réseau d’anciens sportifs, l’association entend justement partager des expériences et aider les nouvelles générations à mieux anticiper ces différentes étapes.

Fédérer autour des talents mahorais

Pour concrétiser ses ambitions, l’AMTS souhaite mobiliser un réseau plus large. Entreprises, collectivités, institutions, fondations, mécènes et partenaires du territoire sont appelés à participer à cette dynamique.

L’association estime que chacun peut contribuer, à son niveau, à sécuriser le parcours d’un jeune sportif ou à lui permettre de saisir une opportunité. Cette mobilisation doit notamment permettre de renforcer les passerelles entre le monde sportif et les autres acteurs susceptibles d’accompagner les jeunes.

Pour Fahdedine Madi Ali, cette transmission constitue le coeur du projet. Les membres de l’AMTS ont eux-mêmes connu les départs, les sacrifices, les réussites mais également les périodes de doute. Leur ambition est désormais de faire profiter les jeunes générations de ce vécu.

L’Académie Mahoraise des Talents Sportifs en est encore à ses débuts. Son audit doit permettre de mieux définir les besoins et les futures actions. Mais son lancement traduit déjà

une volonté : faire du parcours des champions mahorais une ressource pour ceux qui souhaitent leur succéder.

Car pour l’AMTS, la réussite sportive ne commence pas sur un podium. Elle commence bien avant, avec un jeune qui nourrit une ambition, une famille qui l’accompagne et un environnement capable de lui permettre de poursuivre son projet. L’enjeu affiché par l’association est désormais de faire en sorte que l’éloignement de Mayotte ne devienne pas, à lui seul, un obstacle à la réalisation de cette ambition.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Peut-on encore devenir propriétaire à Mayotte avec un salaire moyen ?

Peut-on encore devenir propriétaire avec un salaire moyen ?
* image d'illustration générée par ia

Entre le prix des logements, le coût des terrains, les frais de construction et les conditions d’accès au crédit, devenir propriétaire reste un projet difficile pour de nombreux ménages mahorais. Si des dispositifs existent pour faciliter l’accession sociale, le niveau de revenus et l’apport disponible restent déterminants.

Devenir propriétaire reste un objectif important pour de nombreux ménages. Mais à Mayotte, l’achat d’un logement représente un investissement particulièrement lourd au regard des revenus d’une partie de la population. Le prix du bien n’est pourtant qu’une partie de l’équation. Il faut également pouvoir financer les frais d’acquisition, disposer d’un apport, obtenir un crédit bancaire et, pour ceux qui construisent, ajouter le prix du terrain et celui des travaux.

Des prix qui pèsent lourd dans le budget

Selon les estimations de Figaro Immobilier mises à jour en août 2026, le prix médian de l’immobilier à Mayotte atteint environ 3 518 euros le mètre carré. Pour les maisons, le prix médian est estimé à 3 819 euros le mètre carré, en hausse de 7 % sur un an.

À titre d’exemple, une maison de 80 m² au prix médian représenterait environ 305 500 euros, avant même de prendre en compte les frais liés à l’achat, les éventuels travaux ou les autres dépenses liées au projet.

Ces chiffres restent des estimations de marché et ne signifient pas que tous les logements se négocient à ce niveau. Les prix varient fortement selon la commune, l’état du logement, son emplacement et ses caractéristiques. Certaines annonces disponibles actuellement montrent d’ailleurs des écarts importants, notamment pour les terrains.

Le salaire ne suffit pas toujours

Le véritable obstacle se situe dans le rapport entre le prix du logement et les revenus du ménage. À Mayotte, les niveaux de vie sont particulièrement faibles. L’Insee indique que le niveau de vie médian des habitants y reste très inférieur à celui observé au niveau national et que la pauvreté concerne une part considérable de la population.

Il faut toutefois éviter de confondre niveau de vie médian et salaire moyen. Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. Le premier tient compte des revenus du ménage et de sa composition, tandis que le second concerne la rémunération du travail.

Cette distinction est importante lorsqu’il s’agit de mesurer la capacité réelle d’un ménage à acheter un logement.

Un crédit sur vingt ou vingt-cinq ans

Pour financer un achat, les ménages se tournent généralement vers le crédit immobilier. Or les taux restent un élément déterminant du coût total du projet.

En juin 2026, le taux fixe moyen affiché par le courtier Cafpi atteignait environ 3,37 % sur vingt ans et 3,48 % sur vingt-cinq ans, hors particularités propres à chaque dossier.

Prenons un exemple simplifié : pour un emprunt de 250 000 euros sur vingt-cinq ans à 3,48 %, la mensualité hors assurance serait d’environ 1 250 euros. À cela peuvent s’ajouter l’assurance emprunteur, les frais de garantie, les frais de dossier et les frais d’acquisition.

La banque ne regarde donc pas uniquement le prix du logement. Elle examine également les revenus, les charges, la stabilité professionnelle, l’épargne et la capacité du ménage à supporter les mensualités.

Le problème de l’apport

Même lorsqu’un ménage dispose de revenus réguliers, il peut rencontrer un autre obstacle : l’apport personnel.  Les frais d’acquisition, les éventuels travaux et une partie du financement doivent parfois être anticipés. Pour une famille qui dispose de peu d’épargne, réunir plusieurs milliers d’euros avant même de commencer son projet peut devenir compliqué.

Cette situation peut notamment concerner les jeunes actifs qui commencent leur carrière et n’ont pas encore eu le temps de constituer une épargne importante.

Construire plutôt qu’acheter ?

À Mayotte, certains ménages peuvent envisager une autre solution : acheter un terrain puis construire leur maison. Mais là encore, le coût du terrain constitue une première dépense importante. Les annonces actuellement disponibles montrent des prix très variables selon les secteurs. Un terrain constructible de plus de 1 700 m² est par exemple proposé à 550 000 euros à Koungou, tandis qu’une autre annonce affiche un terrain beaucoup plus vaste à Sada à 56 000 euros. Ces annonces ne constituent pas une moyenne du marché, mais illustrent l’écart considérable entre les biens. À l’achat du terrain s’ajoutent ensuite les frais de construction : matériaux, main-d’oeuvre, raccordements, études et éventuels surcoûts.

Pour certains ménages, construire progressivement peut néanmoins permettre d’adapter le projet à leurs capacités financières.

Des dispositifs existent

L’accession à la propriété n’est toutefois pas réservée aux ménages les plus aisés. Plusieurs dispositifs peuvent accompagner les foyers sous certaines conditions.

À Mayotte, l’Agence nationale pour l’information sur le logement recense notamment une aide à l’accession très sociale destinée aux ménages à faibles revenus pour financer l’acquisition et la construction de Logements évolutifs sociaux (LES).

D’autres mécanismes d’accession sociale existent également au niveau national, notamment le prêt social location-accession (PSLA), sous réserve de respecter les conditions de ressources et de prix applicables.

Ces dispositifs peuvent donc réduire le coût d’entrée pour certains ménages, mais ils ne répondent pas à toutes les situations.

Alors, propriétaire ou locataire ?

À Mayotte, le rêve de devenir propriétaire reste donc bien présent, mais il demande souvent un équilibre fragile entre revenus, apport personnel, prix du logement et capacité d’emprunt.

Pour un ménage disposant d’un revenu confortable et d’une épargne suffisante, le projet peut rester réalisable. Pour un salarié seul avec des revenus modestes, l’équation devient beaucoup plus difficile, notamment dans les secteurs où les prix immobiliers sont élevés.

La question n’est finalement pas seulement de savoir si les Mahorais peuvent encore devenir propriétaires. Elle est de savoir quel revenu il faut aujourd’hui pour acheter un logement, dans quelle commune et avec quel apport.

C’est précisément cette question que les chiffres locaux devront permettre de mesurer. Car derrière les prix affichés dans les annonces se trouve une réalité plus concrète : pour une partie des ménages, accéder à la propriété signifie désormais s’endetter sur plusieurs décennies, disposer d’une épargne préalable ou bénéficier d’un dispositif d’aide.

À Mayotte, l’accession à la propriété reste donc possible. Mais pour de nombreux ménages, elle est devenue un projet qui nécessite de réunir plusieurs conditions financières avant même de pouvoir franchir la porte d’une banque.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Maladies infectieuses : Anchya Bamana réclame une campagne de prévention renforcée

Maladies infectieuses : Anchya Bamana réclame une campagne de prévention renforcée

Face à la recrudescence de plusieurs maladies infectieuses à Mayotte, la députée Anchya Bamana demande aux autorités sanitaires de renforcer rapidement les actions de prévention. Dans un courrier daté du 4 août, adressé au préfet Frédéric Poisot et au directeur général de l’Agence régionale de santé de Mayotte, Étienne Billot, elle appelle notamment au lancement d’une campagne de sensibilisation à l’échelle du territoire.

Paludisme, Mpox, hépatite A ou encore gastro-entérites : la parlementaire énumère plusieurs maladies dont elle estime que la progression doit conduire à « une vigilance accrue et une mobilisation renforcée des autorités sanitaires ». Elle considère que la situation de Mayotte, « particulièrement exposée aux risques infectieux », nécessite de renforcer l’information de la population.

La députée insiste notamment sur le Mpox, une maladie sexuellement transmissible qui, écrit-elle, intervient dans un territoire déjà exposé à la propagation du VIH. Elle demande ainsi à l’ARS d’engager, avec les communes et les associations, « une campagne de prévention de grande ampleur » sur l’ensemble de Mayotte. L’objectif serait de rappeler les modes de transmission des différentes maladies, les gestes de prévention et les moyens d’en limiter la propagation.

Anchya Bamana souhaite également que le conseil d’administration de l’ARS soit réuni « dans les meilleurs délais » afin d’établir un état des lieux de la situation sanitaire et d’examiner les mesures pouvant être renforcées. Une réunion avec les maires des 17 communes est aussi demandée pour mieux coordonner les actions de prévention.

Une circulation infectieuse en hausse

Publié trois jours après ce courrier, le bulletin de Santé publique France du 7 août vient documenter une partie de ces inquiétudes. Au 2 août, 309 cas de paludisme avaient été enregistrés depuis le début de l’année, soit le nombre le plus élevé observé à Mayotte depuis 2010. Parmi eux, 218 étaient des cas importés, majoritairement en provenance des Comores, et 68 avaient été acquis localement. Douze cas restaient de statut indéterminé et onze étaient encore en cours d’investigation.

La situation marque une rupture après plusieurs années de très faible transmission locale. Aucun cas acquis à Mayotte n’avait été enregistré entre juillet 2020 et février 2025. Cinq avaient ensuite été identifiés à l’été 2025. En 2026, l’incidence des contaminations locales a été multipliée par dix par rapport à l’année précédente. Santé publique France estime que leur proportion fait craindre une reprise de la transmission autochtone.

La maladie a également conduit à de nombreuses prises en charge hospitalières : 84 patients ont été hospitalisés depuis le début de l’année, dont huit présentant une forme grave nécessitant une admission en réanimation. Pour la seule semaine du 27 juillet au 2 août, sept nouveaux cas ont été déclarés, dont deux acquis localement.

Le Mpox reste lui aussi sous surveillance. Santé publique France recensait 45 cas depuis le début de l’année, dont 25 autochtones, 19 importés et un indéterminé. L’agence relève une transmission locale persistante depuis la fin du mois de juin. Sur les dix cas enregistrés depuis cette période, six avaient été acquis à Mayotte.

Le dernier bulletin met enfin en lumière les limites actuelles de la surveillance en médecine de ville. Le réseau des médecins sentinelles, notamment chargé de détecter les épisodes de gastro-entérite aiguë, est en cours de relance après avoir été temporairement suspendu. Huit des 41 médecins généralistes libéraux de Mayotte y participent aujourd’hui, répartis entre Mamoudzou, Tsingoni, Chirongui, Bouéni, Bandrélé et Koungou. Le recrutement doit se poursuivre afin d’améliorer la couverture du territoire et de permettre une détection plus précoce des phénomènes sanitaires émergents.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Comores : candidat depuis les années 1990, un sexagénaire devient le doyen des bacheliers

Comores : candidat depuis les années 1990, un sexagénaire devient le doyen des bacheliers

Âgé aujourd’hui de près de 50 ans selon les documents biométriques recueillis auprès de l’Office national des examens et concours, Ahamed Saidou, ancien militaire, aurait commencé à passer le baccalauréat vers 1992, d’après plusieurs connaissances.

Cette année, les données du baccalauréat publiées mardi indiquent un taux de réussite de 25,03 % à Anjouan, de 46,31 % à Mohéli et de 37,48 % en Grande Comore. Dans cette dernière île, ce chiffre représente 2 259 candidats qui ont décroché leur ticket pour l’université.

Mais un nom a très vite attiré l’attention. Parmi les bacheliers de la session 2025, le record en matière de longévité est détenu par un certain Ahamed Saidou. Natif de Dzahadjou Hambou, une localité située au sud de la Grande Comore, ce sexagénaire a été déclaré admis dès le premier tour dans la série A4, avec la mention « passable ».

Il était inscrit dans un sous-centre situé loin de la capitale, Moroni. Officiellement considéré comme le doyen de cette session, l’intéressé est un personnage atypique à plusieurs égards.

D’abord par son parcours. Selon les informations figurant sur la pièce d’identité fournie à l’Office national des examens et concours (ONEC), Ahamed Saidou serait né le 31 décembre 1976, au sein d’une famille de six enfants. Mais ses proches affirment qu’il ne s’agit pas de sa véritable date de naissance. Il serait en réalité né vers 1964 et serait aujourd’hui âgé de 62 ans, dont plus de la moitié passée dans les sous-centres d’examen à la recherche du baccalauréat.

Un combat qui aurait duré plus de 34 ans, si l’on en croit les différents témoignages. Pendant toutes ces années, il a vu passer ses amis, sa promotion et même ses neveux, dont certains sont nés après sa première tentative.

« Quand nous passions le baccalauréat en 1995, il avait déjà échoué à deux reprises avant notre arrivée en terminale. Ce qui signifie qu’il a commencé au moins en 1992 », se souvient un ancien camarade de classe d’Ahamed, également appelé Moichili par ses proches.

Bonheur

Depuis, ce dernier n’a jamais abandonné la bataille, même si, pour des raisons professionnelles, il a dû manquer quelques sessions, qui se compteraient sur les doigts d’une main.

« Le matin de la délibération des résultats, il m’a appelé pour me donner son numéro afin que je vérifie s’il avait réussi ou pas. Depuis qu’il passe le baccalauréat, c’est la première fois qu’il me demandait d’être sur le coup. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, j’ai senti le soulagement, ce bonheur à l’autre bout du fil », se remémore Amerdine Mohamed, un neveu d’Ahamed Saidou qui a décroché son bac en 2013.

« Un tonton qui réussit après toutes ces années, ça fait plaisir. J’ai fait la fête ce soir-là. Quand je lui ai annoncé, il n’a pas cru sur le coup et a dû m’appeler à deux reprises pour avoir le cœur net. De mon côté, avant d’appeler qui que ce soit, j’ai vérifié six fois les listes. Les membres de la famille qui avaient vu mes publications sur les réseaux sociaux n’y croyaient pas non plus », poursuit Amerdine, contacté par Flash Infos ce lundi.

Ce chef de projet en responsabilité sociétale des entreprises chez Yas Comores n’a pas pu s’empêcher de saluer la persévérance de son oncle.

Assurance

Au-delà de son âge avancé et de ses difficultés scolaires, Ahamed fut surtout un élève courageux.

« Il a commencé avec la série C avant de changer des années plus tard. Il a également sillonné les sous-centres d’examen de l’île de la Grande Comore. Cela prouve que ce diplôme lui tenait à cœur », glisse un universitaire, natif de Dzahadjou Hambou, la localité d’origine du doyen des bacheliers, qui n’a pas souhaité s’exprimer dans les médias.

Autre trait caractéristique du sexagénaire, qui est également passé par l’armée : son refus de toute aide de la part des autres candidats et l’assurance qu’il affichait.

« En 2001, je me suis retrouvé dans la même classe que lui. Pour moi, je devais lui filer un coup de main, car il se faisait trop vieux après des années de tentatives. Ce jour-là, on composait l’épreuve de philosophie. Mais après plus de 30 minutes, tonton me montre sa copie, les six pages déjà remplies, y compris son intercalaire. Je suis resté bouche bée, car je savais qu’en si peu de temps, il n’avait pas pu traiter un sujet aussi complexe. Sans surprise, il a encore échoué cette année-là », confie Mohamed, ancien enseignant de français au lycée de Moroni, qui estime qu’Ahamed n’était pas particulièrement doué, mais refusait de le reconnaître.

« Un jour, Ahamed est venu me demander de corriger un sujet d’histoire-géographie. Il avait une préférence pour les commentaires, contrairement à la dissertation. Mais quand il m’a remis sa copie, je me suis rendu compte qu’il ne comprenait rien, en réalité. Cela a dû constituer un obstacle pendant ces trois décennies », raconte Ibrahim, enseignant d’histoire et bachelier de la session 1997.

Une question se pose désormais : que fera Ahamed ? À 62 ans, après avoir décroché son baccalauréat au terme de plus de trois décennies de tentatives, ira-t-il à l’université ?

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Transport maritime : les accès réaménagés pendant trois semaines

Transport maritime : les accès réaménagés pendant trois semaines
* image d'illustration générée par ia

Les usagers des barges devront composer avec un nouveau plan de circulation à partir de ce lundi 10 août à Mamoudzou. Des travaux menés en amont de la gare maritime vont entraîner la fermeture temporaire des deux voies habituellement utilisées pour les files d’attente des véhicules souhaitant embarquer sur les amphidromes.

Selon le réseau de transport du Département-Région de Mayotte, M’safara, ces deux voies seront fermées pour une durée prévisionnelle de trois semaines. Elles doivent faire l’objet de travaux de réaménagement afin d’améliorer les conditions d’accès à la gare maritime.

Durant cette période, l’accès aux barges sera déplacé de quelques mètres et s’effectuera provisoirement par le parking du marché de Mamoudzou. La voie habituellement réservée aux taxis sera également décalée temporairement afin de permettre la réalisation du chantier.

Ces modifications interviennent en pleine période de vacances scolaires, généralement privilégiée pour réaliser des travaux susceptibles de perturber la circulation. Les automobilistes sont donc invités à anticiper ces changements et à suivre la signalisation ainsi que les consignes mises en place aux abords de la gare maritime.

Le dispositif est présenté comme temporaire, le temps de réaliser les travaux sur les deux voies d’accès. Une fois le chantier terminé, la circulation et les files d’attente devraient retrouver leur organisation habituelle.

Paludisme : trois patients hospitalisés, les cas acquis localement se poursuivent à Mayotte

Paludisme : trois patients hospitalisés, les cas acquis localement se poursuivent à Mayotte

Le paludisme continue de circuler à Mayotte, malgré la saison sèche. Selon les dernières données de Santé publique France, sept nouveaux cas ont été confirmés entre le 27 juillet et le 2 août. Parmi eux, deux ont été acquis localement, trois sont importés des Comores et deux restent en cours d’investigation.

La circulation locale du parasite, transmise par les moustiques, inquiète les autorités sanitaires alors que Mayotte avait connu une recrudescence de cas ces dernières années, principalement liés à des importations depuis les pays voisins.

Depuis le début de l’année, 84 personnes atteintes de paludisme ont été hospitalisées sur le territoire, dont huit en réanimation. Au cours de la dernière semaine, trois patients ont également dû être hospitalisés, deux en unité d’hospitalisation de courte durée et un en service de médecine. Les principaux symptômes du paludisme sont notamment la fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires.

Kawéni : quatre cases en tôles détruites par un incendie, une personne légèrement blessée

Kawéni : quatre cases en tôles détruites par un incendie, une personne légèrement blessée

Un incendie s’est déclaré ce dimanche 9 août, vers midi, dans le quartier informel de Disma, à Kawéni. D’abord alertés pour un simple feu de détritus à proximité de la rue Massakini, les sapeurs-pompiers ont finalement découvert que les flammes avaient gagné plusieurs habitations en tôles.

Au total, quatre cases ont été touchées par le sinistre, qui s’est étendu sur une superficie d’environ 80 m². Face au risque de propagation, notamment vers la végétation et les entreprises ainsi que les installations modulaires situées à proximité, d’importants moyens ont été mobilisés. Neuf véhicules et près d’une trentaine de soldats du feu ont été engagés pour maîtriser l’incendie.

L’intervention des pompiers a permis de contenir les flammes et d’éviter qu’elles ne se propagent davantage dans cette zone particulièrement exposée. Une personne a toutefois été légèrement blessée au cours de l’incendie. Prise en charge par les secours, elle se trouvait en urgence relative.

Dans l’après-midi, les sapeurs-pompiers étaient toujours présents sur les lieux afin de procéder à la surveillance du secteur et prévenir tout risque de reprise du feu. Les circonstances précises du départ de l’incendie restent, pour l’heure, à déterminer.

24H de Bandrani : un défi sportif pour tous dans le Grand Nord

24H de Bandrani : un défi sportif pour tous dans le Grand Nord

Les 24H de Bandrani se préparent à investir le Grand Nord de Mayotte les 12 et 13 septembre 2026. Organisé par l’association Challenge Mayotte Tour, l’événement se veut populaire et accessible aussi bien aux marcheurs qu’aux coureurs, débutants comme sportifs confirmés.

Les participants évolueront sur une boucle de 8 kilomètres reliant Bandrani à la retenue collinaire de Dzoumogné, avec la possibilité d’alterner marche et course et d’enchaîner les tours selon leurs objectifs. Trois formats sont proposés : 6 heures, 12 heures ou 24 heures.

Pour marquer l’accomplissement des participants, un maillot collector Finisher sera remis à chaque personne allant au bout de son défi, quelle que soit sa vitesse ou la distance parcourue.

Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au dimanche 6 septembre 2026, dans la limite des places disponibles. Lien d’inscription en ligne : https://www.sportpro.re/courses/02137-24h-de-bandrani/.

À Mayotte, le préfet concentre les pouvoirs jusqu’en 2030

À Mayotte, le préfet concentre les pouvoirs jusqu'en 2030

Le décret publié le 6 août marque un tournant dans la gouvernance du 101ème département . Jusqu’en 2030, le préfet ne dirigera plus seulement les services déconcentrés de l’État : son autorité s’étend désormais à une vingtaine d’établissements publics qui relevaient jusqu’ici directement de leurs ministères de tutelle. Une réforme présentée comme un outil pour accélérer la reconstruction, mais qui pose la question de l’équilibre des pouvoirs sur le territoire.

L’État change de mode de fonctionnement. Depuis le jeudi 6 août, le préfet dispose d’un périmètre d’intervention considérablement élargi. Un décret publié au Journal officiel lui confie, jusqu’au 31 décembre 2030, la direction de l’ensemble des services de l’État présents sur le territoire, mais également celle de nombreux établissements publics dont les responsables ne dépendaient pas directement de la préfecture.

Cette évolution constitue l’un des changements administratifs les plus importants intervenus sur le département depuis le passage du cyclone Chido, en décembre 2024. Elle intervient dans le cadre de la politique de reconstruction du territoire et de la volonté affichée par l’État de disposer d’une chaîne de commandement plus lisible et plus efficace.

Mais derrière cette promesse d’efficacité se dessine également une concentration inédite des pouvoirs entre les mains du représentant de l’État.

Jusqu’ici, le préfet exerçait principalement son autorité sur les services déconcentrés de l’État : sécurité, administration territoriale, environnement, économie, équipements ou encore certaines politiques sociales.

Désormais, son périmètre s’étend à une vingtaine d’organismes publics disposant d’une compétence territoriale sur le territoire. Parmi eux figurent notamment France Travail, l’Agence régionale de santé, Météo-France, l’Office français de la biodiversité, l’Office de l’eau, l’Agence française de développement, l’Agence de la transition écologique ou encore l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Ces organismes conservent leurs missions propres et leurs compétences techniques. Mais leur action locale devra désormais s’inscrire dans une coordination placée sous l’autorité du préfet.

La portée du décret dépasse donc une simple réorganisation administrative. Il modifie la manière dont les différentes politiques publiques peuvent être conduites sur le territoire.

Le préfet devient ainsi le principal point de convergence des décisions de l’État à Mayotte. Une situation qui rapproche son rôle de celui d’un véritable coordinateur général du territoire.

Pour le gouvernement, cette nouvelle organisation répond à une situation exceptionnelle.

Le cyclone Chido a profondément bouleversé Mayotte. Infrastructures détruites, logements endommagés, réseaux fragilisés, équipements publics à reconstruire, déchets à évacuer et besoins sociaux considérables : le chantier est immense.

Face à cette situation, l’État souhaite éviter la dispersion des décisions entre différents services et administrations. La concentration de la coordination auprès du préfet doit permettre de réduire les délais, de faciliter les arbitrages et d’éviter que plusieurs administrations poursuivent des orientations différentes. La logique est simple : dans un territoire confronté à une situation exceptionnelle, l’État veut disposer d’un commandement plus direct.

Cette organisation doit notamment permettre de mieux articuler les politiques de logement, de santé, d’environnement, d’emploi, d’aménagement et de reconstruction. Mais cette centralisation soulève une autre question : jusqu’où peut aller la coordination sans devenir une tutelle ?

Des administrations aux missions parfois contradictoires

C’est précisément sur ce terrain que les inquiétudes apparaissent. Les établissements concernés par le décret n’ont pas tous les mêmes missions ni les mêmes priorités. France Travail agit sur l’emploi et l’insertion. L’ARS intervient sur la santé publique. L’OFB et le Parc naturel marin sont chargés de la protection de l’environnement. Le Conservatoire du littoral poursuit une politique de préservation des espaces naturels.

Leurs objectifs peuvent parfois entrer en tension avec les priorités traditionnellement portées par la préfecture, notamment en matière de sécurité, d’immigration, d’aménagement ou de développement économique. La question qui se pose désormais est donc celle de l’arbitrage.

Lorsque deux politiques publiques défendent des intérêts différents, la décision finale risque davantage de remonter vers la préfecture. La nouvelle organisation renforce ainsi mécaniquement le poids du représentant de l’État dans les choix opérés à Mayotte.

Cette évolution pourrait être particulièrement visible dans les dossiers où les enjeux environnementaux, sanitaires, sociaux et sécuritaires se croisent.

L’exemple de l’eau et de la santé publique

La gestion de l’eau illustre déjà les difficultés que peut provoquer la confrontation entre différentes priorités de l’action publique.

À Mayotte, l’accès à l’eau constitue un enjeu majeur de santé publique. Les épisodes de pénurie ont montré les conséquences sanitaires et sociales d’un accès insuffisant à cette ressource. Dans certains quartiers précaires, les autorités sanitaires ont défendu la nécessité de permettre un accès à l’eau afin de limiter les risques sanitaires et épidémiques.

Mais la question migratoire vient régulièrement s’ajouter à celle de la santé publique. Pour la préfecture, certaines mesures destinées aux populations vivant dans les quartiers informels peuvent également être perçues comme susceptibles de favoriser leur installation.

Avec la nouvelle organisation administrative, ce type de dossier pourrait désormais être davantage soumis à une logique d’arbitrage préfectoral. La question n’est donc pas uniquement institutionnelle. Elle concerne directement la manière dont les politiques publiques seront définies et hiérarchisées sur le terrain. Le même problème apparaît dans les grands projets d’aménagement.

Le projet de dessalement de l’eau de mer à Ironi Bé constitue l’un des dossiers emblématiques de cette confrontation entre impératifs.

D’un côté, Mayotte doit sécuriser durablement son alimentation en eau potable. De l’autre, les autorités environnementales doivent mesurer les conséquences d’un équipement industriel majeur sur les milieux naturels.

L’Office français de la biodiversité, le Parc naturel marin ou encore le Conservatoire du littoral disposent précisément de compétences destinées à évaluer ces impacts.

Le nouveau système place désormais ces acteurs dans une relation plus étroite avec la préfecture. La crainte exprimée par certains responsables administratifs est de voir les impératifs de sécurité, d’urgence et de développement prendre progressivement le dessus sur les exigences environnementales.

Le débat dépasse donc largement la question du fonctionnement des administrations. Il touche aux choix de société et au modèle de développement que Mayotte souhaite adopter dans les prochaines années. La nouveauté du décret doit également être replacée dans le contexte institutionnel mahorais.

Le préfet dispose déjà de prérogatives importantes dans le département. La situation particulière de Mayotte, marquée par une forte pression migratoire, une délinquance importante, des difficultés sociales, une crise du logement et d’importants besoins en infrastructures a progressivement renforcé la place de l’État.

La loi de programmation pour la refondation de Mayotte, adoptée en août 2025, a encore élargi certaines possibilités d’intervention du représentant de l’État, notamment dans les domaines de l’aménagement et de la lutte contre l’habitat informel. Le décret du 6 août vient donc ajouter une nouvelle pièce à cet édifice.

Le préfet ne se contente plus de coordonner les services de l’État relevant traditionnellement de son autorité. Il devient également le principal interlocuteur territorial d’organismes qui répondaient auparavant directement à leurs administrations centrales. La transformation est considérable. L’autre particularité du dispositif tient à sa durée.

La mesure n’est pas limitée à quelques mois, le temps de répondre à l’urgence consécutive au cyclone. Elle doit rester en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2030. Cette temporalité donne à la réforme une portée beaucoup plus importante.

Elle permet à l’État de disposer pendant plusieurs années d’une organisation fortement centralisée, alors même que la reconstruction de Mayotte doit s’inscrire dans un calendrier long.

L’objectif affiché est de permettre à l’État de piloter efficacement cette transformation du territoire. Mais cette durée pose aussi la question de l’après-reconstruction.

Une fois les infrastructures réparées et les grands chantiers engagés, cette concentration des pouvoirs aura-t-elle encore la même justification ?

Le risque, pour certains observateurs, est qu’une organisation pensée comme exceptionnelle finisse par s’installer durablement dans les pratiques administratives.

Une contradiction autour de l’établissement chargé de reconstruire Mayotte

Une autre particularité interpelle : l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte, créé précisément pour accompagner la reconstruction du territoire, ne relève pas de la même manière de cette nouvelle tutelle.

L’existence de cet établissement constitue une forme de paradoxe dans le nouveau paysage administratif. L’État souhaite renforcer l’autorité du préfet afin de mieux coordonner les politiques publiques, alors même que l’organisme spécifiquement créé pour conduire la reconstruction conserve une certaine autonomie.

Cette situation pourrait à terme poser des problèmes de coordination supplémentaires.

Entre la préfecture, les collectivités, les établissements publics et l’organisme dédié à la reconstruction, la question sera de savoir qui fixe réellement les priorités et qui arbitre lorsque plusieurs projets se chevauchent. Au-delà des questions juridiques et institutionnelles, la nouvelle organisation suscite des interrogations chez certains agents publics. Le risque redouté est celui d’une perte progressive d’autonomie.

Les établissements publics disposent traditionnellement d’une capacité d’initiative liée à leur expertise. Leur fonctionnement repose sur des missions définies au niveau national, adaptées ensuite aux réalités locales. Une tutelle préfectorale renforcée pourrait modifier cet équilibre.

Les responsables locaux pourraient être amenés à davantage consulter la préfecture avant de prendre certaines décisions importantes, notamment lorsqu’elles ont des conséquences financières, politiques ou médiatiques.

Cette évolution pourrait également modifier les relations entre les administrations et les élus locaux, les associations, les acteurs économiques ou encore les médias.

Le préfet deviendrait alors non seulement le représentant de l’État, mais aussi le passage obligé d’une part croissante de l’action publique à Mayotte.

Cette concentration intervient également dans un territoire où les rapports entre l’État et les collectivités sont déjà particulièrement sensibles.

Le conseil départemental, les communes et les intercommunalités doivent composer avec une administration préfectorale très présente. Les grands projets nécessitent souvent l’intervention de plusieurs niveaux de décision.

Le renforcement du préfet pourrait donc modifier davantage les rapports de force institutionnels.

Pour les collectivités, la question sera notamment de savoir si cette nouvelle organisation permettra d’accélérer les projets ou si elle ajoutera au contraire un niveau d’arbitrage supplémentaire. Tout dépendra de la manière dont le dispositif sera appliqué.

Un préfet qui utilise ces pouvoirs pour fluidifier les procédures et résoudre rapidement les blocages pourrait effectivement devenir un accélérateur de la reconstruction.

À l’inverse, une centralisation excessive pourrait transformer la coordination en contrôle permanent et ralentir les initiatives locales.

Un modèle inédit pour Mayotte

Avec ce décret, Mayotte entre ainsi dans une nouvelle phase de son histoire administrative.

Le territoire devient, pour plusieurs années, un laboratoire d’une organisation de l’État plus centralisée. La justification repose sur l’urgence de la reconstruction et sur les difficultés particulières auxquelles le département est confronté.

Mais cette situation exceptionnelle doit également être observée à l’aune des principes de responsabilité, d’autonomie administrative et de pluralité des politiques publiques.

Car derrière la question technique de la chaîne de commandement se trouve un enjeu beaucoup plus large : qui décide réellement des grandes orientations de Mayotte ?

Depuis le 6 août, la réponse est devenue plus claire. Une part beaucoup plus importante de ces décisions remonte désormais vers la préfecture.

Reste à savoir si cette concentration permettra réellement de reconstruire plus vite et mieux, ou si elle contribuera à installer durablement un mode de gouvernance où le représentant de l’État occupe une place prépondérante dans presque tous les secteurs de la vie publique.

Le débat sur la reconstruction pourrait donc rapidement devenir un débat sur le pouvoir. Et sur la manière dont l’État entend gouverner le territoire jusqu’en 2030.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

CSSM : les salariés grévistes ont repris le travail ce jeudi

CSSM : les salariés grévistes ont repris le travail ce jeudi
Les Femmes Leaders et l’association des élus avaient pris parti pour les grévistes, donnant une proportion plus importante à ce mouvement social

La grève à la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM) a pris fin mercredi soir et les salariés ont repris le chemin du travail ce jeudi matin après avoir obtenu certains engagements auprès de la direction.

Après plusieurs jours de négociations entre la direction de la CSSM et les organisations syndicales, un protocole d’accord a enfin été trouvé. Le travail a donc repris ce jeudi 6 août après presque 2 semaines de grève. La direction n’a pas souhaité communiquer pour le moment car des pourparlers sont actuellement en cours au niveau national afin justement de répondre aux engagements figurant dans le protocole de fin de conflit. Oulfate Youssouf, la responsable de la communication de la CSSM, nous a déclaré par téléphone que la directrice s’exprimerait peut-être la semaine prochaine au sujet de cet évènement.

Des réactions “partagées” au sein des grévistes

Du côté des salariés, si certains sont “très contents” de l’issue de la grève, d’autres, comme Souniati, la responsable de la CAF, sont un peu plus prudents. “Je sais que beaucoup de nos revendications, comme la question des salaires ou des retraites, ne sont pas du ressort de la direction locale, mais doivent se régler au niveau national. Des engagements ont été pris pour entamer des négociations, mais à mon avis ça tournera court comme d’habitude. Ils sont toujours prêts à promettre “monts et merveilles” pour se sortir de ce genre de conflit, mais la plupart du temps, on ne voit rien venir ensuite. Mais je suis peut-être trop pessimiste”, déclare-t-elle.

Un dialogue social restauré

En revanche, ce conflit a montré à la nouvelle directrice Myriam Harley, arrivée en décembre 2025 à la tête de la structure, la nécessité d’assouplir le dialogue avec ses salariés et les organisations syndicales. “De ce côté-là on est satisfaits. La directrice a reconnu le fait qu’elle n’avait pas suffisamment pris en compte le contexte mahorais et s’est engagée à s’adapter et à être plus à l’écoute, ce qu’on a pu constater dès la reprise du travail ce jeudi matin. La journée a débuté par une réunion pour revenir sur la grève et chacun a pu exprimer son ressenti “à chaud”, affirme la responsable de la CAF.

Si les engagements pris sur les salaires et les retraites ne trouveront peut-être pas d’écho favorable au national, surtout étant donné la situation économique actuelle de l’État français, ce mouvement social aura donc au moins permis d’instaurer un dialogue social plus serein au sein de la CSSM.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Maeva Toumbou Dani portera bientôt tout Mayotte sur sa tête

Maeva Toumbou Dani portera bientôt tout Mayotte sur sa tête

À quelques mois de son départ pour Porto Rico, Maeva Toumbou Dani a découvert ce samedi 8 août un symbole fort de son aventure internationale : le diadème qui l’accompagnera au concours Miss Univers en novembre prochain. Entièrement réalisé à Sada par la famille Farsi Saïd, le bijou entend faire rayonner l’identité et le savoir-faire mahorais bien au-delà des frontières de l’île.

Pour représenter Mayotte à l’un des concours de beauté les plus suivis au monde, Maeva Toumbou Dani ne partira pas les mains vides. Sur sa tête, elle portera une pièce unique, imaginée et façonnée à Sada par une famille de bijoutiers profondément attachée à son savoir-faire. Le diadème de la candidate mahoraise a été dévoilé ce samedi, en présence de la reine de beauté, qui a pu découvrir de près le travail réalisé spécialement pour elle.

Ancienne première dauphine de Miss Mayotte, Maeva Toumbou Dani a été choisie pour représenter l’île aux parfums lors de la prochaine édition de Miss Univers, qui se déroulera à Porto Rico au mois de novembre 2026. Une participation qui constitue déjà une belle vitrine pour Mayotte, mais qui prend une dimension supplémentaire avec la volonté de mettre en avant la culture et l’artisanat locaux.

Un bijou imaginé pour raconter Mayotte

Derrière ce diadème se trouve la famille Farsi Saïd, installée à Sada et spécialisée dans la bijouterie. Pendant près d’un mois, ses membres ont travaillé à la conception et à la réalisation de cette pièce destinée à accompagner Maeva Toumbou Dani sur la scène internationale.

Le choix des motifs n’a rien d’anodin. Réalisé en argent pur, le diadème associe notamment le motif ouhandza et la fleur d’ylang-ylang, deux éléments qui renvoient directement à l’identité mahoraise. L’objectif était de créer un bijou qui puisse être immédiatement associé à l’île et à son patrimoine.

Pour Fazim Farsi Saïd, qui a participé à la réalisation de la pièce, il était essentiel de donner au diadème une véritable identité mahoraise. Plutôt que de reproduire une couronne classique, la famille a voulu s’appuyer sur des références traditionnelles pour faire de ce bijou un véritable ambassadeur de Mayotte.

Le travail réalisé à Sada prend ainsi une dimension particulière. Au-delà de l’esthétique, le diadème représente des heures de conception, de fabrication et de finition. Chaque détail doit trouver sa place afin de parvenir à un équilibre entre élégance, symboles traditionnels et exigences d’un concours international.

« Tout Mayotte sur ma tête »

En découvrant le résultat, Maeva Toumbou Dani n’a pas caché son émotion. Pour la candidate mahoraise, ce diadème représente bien davantage qu’un simple accessoire destiné à compléter sa tenue.

Elle mesure notamment la portée du travail réalisé par la famille Farsi Saïd et la responsabilité qui sera la sienne lorsqu’elle le portera à Porto Rico. À travers cette création, c’est une partie de Mayotte qu’elle souhaite emmener avec elle sur la scène internationale.

Le symbole est d’autant plus fort que le bijou a été fabriqué localement. De Sada à Porto Rico, le parcours de cette création résume à lui seul l’ambition du projet : faire connaître le savoir-faire mahorais et l’identité culturelle de l’île auprès d’un public international.

Pour la famille Farsi Saïd, cette réalisation constitue également une aventure particulière. Concevoir le diadème d’une candidate appelée à représenter Mayotte dans un concours mondial représente une reconnaissance du travail accompli au sein de l’atelier familial. Le projet permet surtout de démontrer que l’artisanat mahorais peut lui aussi trouver sa place sur une scène internationale.

De Sada à Porto Rico

Le diadème va désormais entamer une nouvelle étape de son histoire. Après avoir été pensé et fabriqué à Sada, il accompagnera Maeva Toumbou Dani lors de son aventure à Porto Rico en novembre prochain.

Pour la candidate mahoraise, l’enjeu sera alors de porter fièrement les couleurs de son territoire face aux candidates venues du monde entier. Le diadème constituera l’un des éléments visibles de cette identité qu’elle souhaite défendre durant le concours.

À travers cette création, c’est donc une chaîne de savoir-faire qui se met en lumière : celui d’une famille de bijoutiers de Sada, celui des traditions et des symboles mahorais, mais aussi celui d’une jeune femme appelée à devenir, le temps d’un concours, l’une des ambassadrices de l’île sur la scène internationale.

Le rendez-vous est désormais fixé à novembre 2026. À Porto Rico, lorsque Maeva Toumbou Dani apparaîtra avec ce diadème sur la tête, les regards ne se porteront pas uniquement sur une candidate à Miss Univers. Ils pourront aussi découvrir, à travers une pièce façonnée à Sada, un peu de l’histoire, de la culture et du savoir-faire de Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes