Risque d’épidémie d’Ebola à Mayotte : un dialogue de sourds qui inquiète les habitants de l’archipel

Elles ont eu le sentiment de s’être fait balader par le gouvernement Lecornu face à ce qu’elles perçoivent comme un risque, plus que réel, d’une probable propagation du virus Ebola sur Mayotte, dans les semaines à venir. Un dialogue de sourds semble s’être installé entre Anchiya Bamana, Estelle Youssouffa, les deux députées de Mayotte et les membres du gouvernement français, plus précisément, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. Pendant qu’elles réclament une fermeture hérmétique des frontières maritimes de l’île, il leur a opposé un mutisme total, préférant laisser s’exprimer à sa place la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

La peur (au demeurant compréhensible) d’une propagation du virus d’Ebola sur le territoire du Département de Mayotte serait-il en passe de virer au règlement de compte entre les deux députées mahoraises, Anchiya Bamana, Estelle Youssouffa et le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez ? Ce qui est certain c’est que les deux parlementaires ne manquent pas « d’amabilités » à l’égard du nouveau premier flic de France et elles le lui ont fait pleinement savoir hier, sur les bancs de l’Assemblée nationale et sur une chaine de télévision en particulier.

Au centre de cette tension, les risques d’une propagation du mortel virus Ebola (dont il n’existe pour l’heure aucun vaccin ni autre traitement connu pour la dernière variante en question), sur fond d’une immigration illégale incontrôlée contre laquelle, selon toute vraisemblance, le gouvernement français n’a nullement l’envie de lutter contre. Et de l’avis général à Mayotte, les faits parlent aisément en lieu et place de l’inactivité du gouvernement de Sébastien Leconrnu qui a choisi de faire le gros dos sur ce sujet. Qui conque a suivi les débats de l’Assemblée nationale ces dernières semaines et les travaux de la Commission de défense, comprendra qu’au sommet de l’Etat, décision a été prise de ne rien faire pour endiguer le flot de migrants comoriens et africains continentaux qui se déverse inlassablement sur les 374 km² de l’archipel mahorais.

Absolument tous les amendements présentés par Estelle Youssouffa (députée de la 1 ère circonscription de Mayotte) ont été balayés d’un revers de la main et sa collègue du Rassemblement National, Anchya Bamana, ne semble guère avoir plus de chance (pas même dans le cadre des interventions de sa formation politique) durant l’examen en cours de la loi de programmation militaire débattu dans l’hémicycle du Palais Bourbon à Paris. Les détenteurs actuels du pouvoir en France ont bel et bien choisi de passer la sécurité du demi-million d’habitants de l’archipel mahorais pour « pertes et profits », dans le sérail de la diplomatie française en perte de vitesse sur le continent africain.

Ebola met au sol les différentes postures gouvernementales sur l’immigration clandestine à destination de Mayotte

Pendant que les deux parlementaires hurlent à la France et la Navarre sur l’urgence absolu de mettre un réel coup d’arrêt aux mouvements migratoires congolais et des autres pays des grands lacs qui viennent grossir les rangs des clandestins comoriens regroupés sur l’île d’Anjouan (distante seulement de 70 kms des côtes nord de Mayotte), le gouvernement lui répond aux abonnés absents sur toutes les mesures qu’elles demandent pour fléchir le rythme des arrivées massifs par kwassa sur le littoral mahorais. « Pas de patrouilleurs de la marine nationale, pas de drones de surveillance de surveillance, que des moyens rudimentaires pour faire semblant de traiter, un tant soit peu, le sujet, façon de faire le minimum syndiqué », constate un influenceur mahorais sur les réseaux sociaux domicilié dans le lyonnais. « Notre gouvernement nous avait servi en holocauste sur ses intérêts financiers et politiques aux Comores et en Afrique sans avoir une seule fois imaginé que dame nature pourrait venir contrecarrer ses projets en cours de route. C’est comme Chido qui a fait tomber son faux rideau de chaba entre Anjouan et Mayotte, Ebola vient mettre à terre les mensonges sur l’incapacité à démanteler les filières criminelles de migrants clandestins qui ont pris notre département pour cible. Maintenant, il n’est plus possible de jouer au médecin après la mort, la terre entière a les yeux rivés sur Mayotte, la porte par laquelle l’épidémie létale peut entrer dans l’Union Européenne », relève-t-il.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez est depuis 48 heures la cible directe de la colère des deux députées de Mayotte qui voit en lui le refus catégorique du gouvernement français de préserver la vie des centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes vivant sur l’île, en ordonnant un embargo par mer autour du lagon, en matière d’immigration illégale. Anchya Bamana et Estelle Youssouffa ne font part mystère de leur étonnement sur le silence du gouvernement Lecornu sur le cas de Mayotte. Et faute de réussir à se faire entendre des officiels, elles ont déplacé leur combat sur le terrain médiatique sur les plateaux de radios et télévisions nationales à grande audience. Elles ne comprennent pas que Sébastien Lecornu et ses ministres donnent le sentiment de minimiser les risques de propagation de l’épidémie d’Ebola sur l’espace austral de l’Union Européenne alors que la plupart des scientifiques et spécialistes du virus Ebola ne cessent de sensibiliser sur la rapidité de propagation de la maladie dans sa forme actuelle, dite variant « Bundibugyo ».

Mayotte oubliée du chef de l’Etat et de ses gouvernements successifs

 Même l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a décidé de sonner le tocsin en milieu de semaine. De l’aveu propre des derniers migrants africains qui touchent le sol mahorais, Ebola constituerait une menace sérieuse pour Mayotte avec les toutes les conséquences qu’il pourrait drainer sur son sillage. « Les présidences d’Emanuel Macron et le gouvernement Lecornu ont oublié Mayotte », déclare Anchya Bamana hier matin (jeudi 21 mai 2026) sur le plateau de «C News » en s’appuyant sur les images réalisées sur le camp de migrants de Tsoundzou – qu’elle a visité il y a deux semaines –  pour exiger de ministre de l’Intérieur son démentiellement immédiat en prenant toute la France à témoin sur les conditions réelles de vie dans cet espace aménagé par les migrants illégaux africains sur la mangrove, espace naturel sensé être fragile et protégé dans la réglementation  française.

Un souhait si violemment exprimé par l’une et l’autre que Laurent Munez a paru quelque surpris par la focalisation sur sa personne des interventions de deux parlementaires mahoraises, en particulier celle d’Estelle Youssouffa, qui en a dit long sur les sentiments qu’elle éprouvait en l’endroit du ministre de l’Intérieur. Au point qu’elle a semblée faire très peu cas des indications fournies par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, quant au dispositif envisagé par Paris pour conjuguer le potentiel risque de propagation d’Ebola à Mayotte. L’évocation de l’ARS Mayotte comme outil efficace en la matière a semblée produire l’effet d’une gifle sur le visage d’Estelle Youssouffa. Depuis son perchoir, la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui n’a pas raté une seule miette de cette scène a préféré sonner aussitôt la fin de la manche, en passant la parole à un autre intervenant.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste politique & économique

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une