Saïd Kambi souhaite déposer une plainte collective contre la SMAE

Saïd Kambi, agent du Département et ancienne « figure de proue » du mouvement social de 2024 contre l’insécurité, a décidé cette fois-ci de s’attaquer à la crise de l’eau. Il a annoncé hier matin sur le plateau de Mayotte la Première qu’il souhaitait déposer une plainte collective contre la Société Mahoraise des Eaux (SMAE).  

« La SMAE pratique depuis des années une forme de « délinquance économique » : elle ne remplit pas sa mission de service publique d’accès à l’eau potable pour l’ensemble des Mahorais, n’a pas entretenu le réseau de distribution de l’eau sur le territoire et ne respecte même pas le calendrier des tours d’eau. Cela suffit, l’Etat doit agir ! », affirme avec force Saïd Kambi.

Cet agent du département est bien connu à Mayotte pour avoir exercé diverses fonctions politiques, mais surtout pour avoir soutenu de nombreuses « causes » sur l’île, la dernière en date étant sa participation active au mouvement social de 2024 aux côtés du Collectif des Citoyens 2018. Cette fois-ci, il s’attaque au problème de la crise de l’eau avec, dans sa ligne de mire, la SMAE, responsable, pour lui, de la majorité des aspects du problème. Saïd Kambi estime en effet que ce n’est pas « la sècheresse » qui a provoqué cette crise, mais bien le mauvais entretien et dimensionnement du réseau d’eau sur l’île.

Il accuse en outre la SMAE de vouloir « se faire de l’argent sur le dos des Mahorais ». « La SMAE ne garantit jamais le jour exact de réouverture du réseau, donc les Mahorais font davantage de stock, ce qui engendre des factures d’eau colossales », explique-t-il. L’ancien binôme de la députée Estelle Youssouffa a donc décidé de réunir le plus possible de particuliers et d’entreprises afin de déposer une plainte collective auprès du tribunal administratif de Mayotte. Il affirme avoir d’ores et déjà réuni une centaine de personnes et que ce chiffre ne fait qu’augmenter au fil des jours. « L’idéal serait qu’un tiers des clients de la SMAE nous rejoignent », déclare-t-il, tout en reconnaissant que cela serait « dans un monde idéal ». Quoiqu’il en soit, il se donne jusqu’à la rentrée de septembre 2026 pour « réunir un maximum de gens et d’éléments à charge contre la SMAE » avant de déposer sa plainte .

Une démarche déjà entreprise par d’autres collectifs

La démarche de Saïd Kambi n’est pas nouvelle puisque d’autres collectifs avaient déjà déposé plainte contre la SMAE depuis le début de la crise de l’eau. On se souvient notamment du collectif « Mayotte a soif » en 2023, porté par Racha Mousdikoudine, dont la plainte collective n’avait pas abouti, à notre connaissance, à des sanctions judiciaires contre la SMAE. Mais cela ne décourage nullement l’ancienne figure de proue du mouvement de blocage de l’île de 2024, qui estime « qu’il faut continuer à se battre jusqu’à ce les Mahorais obtiennent gain de cause ». Il a d’ailleurs affirmé être en train de se rapprocher des différents collectifs luttant contre le manque d’eau à Mayotte afin que les Mahorais puissent « parler d’une seule voix » et « obtenir enfin justice » contre la SMAE.

Il espère que cette plainte aboutisse à un procès au terme duquel la SMAE se verrait retirer sa Délégation de Service Publique comme cela a été le cas pour la société MCG récemment avec le port de Longoni. « La SMAE as suffisamment exploité les Mahorais comme ça,  il est temps que l’État « sonne la fin de la récréation » », conclut-il avec ironie.

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Journaliste

Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.

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