Houmadi Mikidache défend le bilan, qu’il juge financièrement très positif, de sa précédente mandature. Pour étayer ses propos, il a publié, ce dimanche 12 juillet 2026, un communiqué de presse accompagné de nombreux documents comptables et budgétaires attestant, selon lui, qu’il a laissé à son successeur, Freddy Novou, une situation financière largement excédentaire, certifiée par un audit réalisé fin 2025 par l’Agence française de développement (AFD). Il dénonce également les orientations retenues lors du récent débat d’orientations budgétaires.
Le voilà enfin qui sort du silence. Depuis sa défaite au second tour des élections municipales du 22 mars 2026, consécutive au ralliement inattendu du Néma au MDM, Houmadi Mikidache ne s’était encore jamais exprimé publiquement. Désormais membre de l’opposition au sein du conseil municipal de Dzaoudzi-Labattoir, l’ancien maire est monté au créneau ce dimanche 12 juillet.
Il reproche deux choses à la majorité MDM-Néma-LR conduite par Freddy Novou : d’une part, de passer sous silence le fait que la commune lui aurait été laissée avec une situation financière largement excédentaire ; d’autre part, de s’attribuer le mérite des premiers financements de reconstruction post-Chido obtenus auprès de l’État, alors qu’ils auraient, selon lui, été négociés sous sa mandature.
« Il est tellement rare dans cette île d’entendre une gestion communale citée en exemple pour cause d’excédent budgétaire que je me considère aujourd’hui obligé de signaler à nos administrés que cela a été possible sous ma mandature. Je ne comprends donc pas que certains cherchent à faire passer cela dans l’oubli au lieu de s’en féliciter. Je leur ai laissé des comptes sains, certifiés par un audit réalisé gratuitement par l’Agence française de développement (AFD) fin 2025. »
Lors d’un échange avec la rédaction de Flash Info, dimanche en début d’après-midi, Houmadi Mikidache est revenu sur ce sujet. Il explique qu’au cours d’un récent conseil municipal, la nouvelle majorité aurait annoncé son intention de confier à un cabinet privé la réalisation d’un nouvel audit financier.
Une décision que l’ancien maire dit ne pas comprendre, estimant que les nouveaux élus ont eux-mêmes reconnu l’existence de cet excédent budgétaire, qu’ils aient été membres de son ancienne majorité ou, comme Freddy Novou, élus de l’opposition.
« J’ai le sentiment qu’ils cherchent toutes sortes de prétextes pour essayer de ternir mon image auprès des administrés de Dzaoudzi-Labattoir, ce sur quoi je leur souhaite beaucoup de courage. En réalité, les orientations budgétaires qu’ils veulent prendre pourraient remettre en cause la dynamique financière que je leur ai laissée, s’ils n’y prennent pas garde », prévient-il.
L’ancien maire affirme qu’il ira à la rencontre des habitants afin de leur présenter sa lecture de la situation et d’éviter que son image de gestionnaire rigoureux ne soit remise en cause.
« 1,2 million d’euros pour embaucher les copains et les coquins »
En termes simples, Houmadi Mikidache explique que des factures relatives aux travaux de construction d’une école auraient été transmises tardivement par l’entreprise ETPC. Selon lui, la majorité municipale chercherait à s’appuyer sur cet élément pour jeter le doute sur la sincérité des comptes du dernier exercice budgétaire.
« À supposer qu’ils osent faire cela, le budget de ma mandature restera toujours excédentaire », affirme-t-il.
L’ancien maire s’interroge également sur la décision de la nouvelle équipe municipale de suspendre les travaux de rénovation déjà engagés au sein du groupe scolaire Labattoir 2.
« J’ai obtenu des services de l’État une subvention de 1,5 million d’euros pour ces travaux. Or, mes successeurs n’ont pas hésité à délibérer récemment pour s’en attribuer le mérite. Après avoir interrompu les travaux que j’avais lancés à la fin de mon mandat, ils annoncent désormais qu’ils ne vont pas réparer les bâtiments endommagés par Chido, mais les démolir afin de reconstruire un nouvel établissement scolaire. »
Selon Houmadi Mikidache, cette décision constitue une erreur stratégique. Il estime qu’elle prolongera inutilement le système de rotation des élèves, alors que des travaux de réhabilitation auraient permis un retour plus rapide à la normale. Il demande ainsi à Freddy Novou d’expliquer aux habitants de Dzaoudzi-Labattoir les raisons de ce changement de cap.
Mais ce dossier n’est pas son unique sujet d’inquiétude. S’il se réjouit de voir la nouvelle municipalité poursuivre la recherche de financements pour la reconstruction et la modernisation de la commune, il critique en revanche le choix d’affecter 1,2 million d’euros au recrutement de nouveaux agents.
« Ils prétendent que c’est pour renforcer les compétences des services existants, mais personne n’est dupe. Nous avons tous compris qu’il s’agit de récompenser des militants politiques qui se sont investis dans leur campagne électorale. C’est une pratique très courante à Mayotte qui n’échappe à personne. »
L’ancien maire s’inquiète des conséquences financières que pourraient avoir ces recrutements sur les dépenses de fonctionnement de la commune à court, moyen et long terme. Il redoute que Dzaoudzi-Labattoir ne connaisse les mêmes difficultés que de nombreuses autres collectivités mahoraises.
« Après, certains joueront les étonnés lorsque les services de l’État émettront des avis défavorables sur la capacité des élus mahorais à gérer leurs collectivités locales », conclut-il.
Une chose est certaine : Houmadi Mikidache n’entend pas adopter une posture de simple spectateur au sein du conseil municipal. Désormais dans l’opposition face à la majorité MDM-Néma-LR dirigée par Freddy Novou, il affirme vouloir faire entendre sa voix chaque fois qu’il estimera que les intérêts des Labattoiriens sont en jeu.
Journaliste politique & économique


































