Petite-Terre : la prévention de la délinquance progresse grâce à une mobilisation collective

Réunis en séance plénière du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD), les acteurs de la sécurité, de l’éducation, des collectivités et du monde associatif ont dressé un constat partagé : les résultats enregistrés en Petite-Terre sont le fruit d’un travail collectif. Si les indicateurs sont encourageants, tous appellent à maintenir les efforts.

La prévention de la délinquance n’a pas de « propriétaire » en Petite-Terre. C’est le message fort qui s’est dégagé de la séance plénière du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD), présidée par Charaffoudine Ramadani Toto, président de la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT), en présence de Camille Dagorne, directrice de cabinet du préfet de Mayotte.

Au fil des échanges, aucun des partenaires présents – forces de sécurité, services de l’État, Éducation nationale, collectivités, associations ou acteurs de terrain – n’a cherché à revendiquer seul les progrès observés. Chacun a au contraire souligné le rôle déterminant des autres intervenants dans les résultats obtenus.

Des indicateurs en amélioration

Les données présentées lors de la réunion témoignent d’une évolution favorable de la situation sécuritaire. Les faits constatés dans les communes de Petite-Terre sont en baisse depuis 2024. Plus largement, les partenaires observent une stabilisation, voire un recul de la délinquance depuis 2023, alors même que la population continue d’augmenter.

Autre indicateur notable : le taux d’élucidation atteint désormais 70 % en Petite-Terre, contre 34 % au niveau national. La vidéoprotection joue un rôle croissant dans les investigations. Selon les chiffres présentés, le Centre de supervision urbain (CSU) contribue aujourd’hui à la résolution de 20 à 25 % des enquêtes grâce à une coopération étroite entre opérateurs, gendarmes et policiers municipaux.

Les intervenants ont toutefois rappelé que ces résultats demeurent fragiles et nécessitent de maintenir un niveau élevé de vigilance.

Les associations au cœur de la prévention

Les associations Maymesso et Entr’aide – Objectif Paix & Jeunesse ont été particulièrement saluées pour leur présence quotidienne, bénévole et alternée aux abords des établissements scolaires. Leur action contribue à prévenir les violences, rassurer les familles et apaiser les tensions.

Le commandant de la brigade de gendarmerie de Petite-Terre a souligné que cette présence permet désormais aux forces de sécurité de consacrer davantage d’effectifs aux enquêtes judiciaires.

L’une des initiatives les plus remarquées concerne le travail engagé par l’association Entr’aide – Objectif Paix & Jeunesse auprès des groupes de jeunes de Petite-Terre. Avec l’appui des gendarmes, son président est allé à la rencontre des différentes bandes afin de mettre un terme aux rivalités qui rythmaient le quotidien de nombreux quartiers.

Menée discrètement, souvent en soirée ou durant la nuit, cette médiation aurait permis, selon les partenaires, de faire quasiment disparaître les affrontements entre bandes en l’espace de trois mois, hormis quelques tensions résiduelles.

Les dispositifs de médiation intercommunale, les équipes mobiles de sécurité, les éducateurs spécialisés, le programme TAPAJ, l’École du civisme et les actions de sensibilisation dans les établissements scolaires ont également été cités parmi les leviers contribuant à prévenir les ruptures de parcours et à renforcer la cohésion sociale.

La question du statut des bénévoles

Au-delà des résultats, les échanges ont fait émerger une préoccupation concernant la situation administrative de certains bénévoles fortement investis dans les actions de prévention.

Le cas d’une bénévole installée depuis plusieurs années à Mayotte, engagée auprès des jeunes mais reconduite à la frontière alors qu’elle attendait le renouvellement de son titre de séjour, a notamment été évoqué. Plusieurs intervenants ont estimé que les personnes qui contribuent durablement à la paix sociale du territoire devraient pouvoir bénéficier d’une plus grande stabilité administrative.

Un Centre de supervision urbain intercommunal

La séance a également été marquée par la signature de la convention officialisant la mutualisation des dispositifs de vidéoprotection entre la CCPT et les communes de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir.

Ce nouvel outil prévoit que les images captées par les deux communes soient centralisées au sein d’un Centre de supervision urbain intercommunal. Au-delà de son intérêt opérationnel, cette mutualisation symbolise la volonté des élus et des partenaires d’effacer progressivement les frontières administratives dans les politiques de sécurité et de prévention.

Pour Charaffoudine Ramadani Toto, ce dispositif doit permettre de renforcer l’efficacité de l’action publique en améliorant la prévention de la délinquance, la sécurisation des espaces publics et l’appui apporté aux forces de sécurité.

« La sécurité est une responsabilité collective »

En clôture de la réunion, le président de la CCPT a rendu hommage à l’ensemble des acteurs mobilisés – forces de sécurité, justice, services de l’État, communes, médiateurs et associations – tout en rappelant que les progrès enregistrés ne pourront être consolidés que dans la durée.

Il a également appelé à une évolution de la législation afin d’offrir davantage de perspectives aux jeunes de Petite-Terre, notamment à ceux qui réussissent leur parcours scolaire mais peinent ensuite à trouver une voie d’insertion.

« La sécurité est une responsabilité collective. Elle exige une coopération étroite entre l’État, les collectivités, les forces de sécurité, le monde associatif et l’ensemble des acteurs du territoire. C’est ensemble que nous construirons une Petite-Terre plus sûre, plus sereine et plus résiliente », a conclu le président de la CCPT.

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Soldat
Journaliste

Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.

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