Le réseau routier du 101ème département de France est souvent au coeur des préoccupations des habitants, notamment en saison des pluies, période durant laquelle les routes sont inondées par l’eau non évacuée. Sous-dimensionnement des fossés, entretien difficile à réaliser, les causes de ce fléau sont nombreuses, même si des solutions existent pour résoudre le problème.
C’est devenu une habitude. À chaque saison des pluies, certaines routes de Mayotte deviennent quasiment impraticables à cause de l’eau qui stagne sur la voirie. La principale cause de ce problème est l’assainissement pluvial, qui n’est plus à la hauteur du développement des villes. Les fossés réalisés il y a des décennies correspondaient à un environnement naturel, avec peu de constructions autour. L’eau s’infiltrait donc naturellement dans la terre, mais l’époque a changé. « Nous avons un environnement plus urbain autour des routes et les réseaux d’eaux pluviales ne sont plus en adéquation avec la réalité d’aujourd’hui », explique Christophe Trollé, directeur adjoint de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, la DEAL.
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De plus, l’aménagement urbain ne suit pas la progression démographique, en particulier celle des bidonvilles. « Il n’y a pas du tout de gestion pluviale dans ces endroits. Chacun construit comme il veut et l’eau suit des chemins qui n’ont pas été prévus. C’est ce qui crée les désordres sur les habitations et les routes », ajoute le directeur adjoint de la DEAL.
« Chacun construit comme il veut et l’eau suit des chemins qui n’ont pas été prévus »
D’autres facteurs viennent s’ajouter à cette problématique, notamment le curage des fossés qui n’est pas toujours bien réalisé. « Le défaut de curage des réseaux d’évacuation des eaux de pluies, le défaut de continuité des réseaux et celui d’élagage le long des voies… Le défaut de surveillance du réseau pendant les épisodes pluvieux, il n’y a pas d’analyse des points sensibles. Tout cela explique ce phénomène », reconnaît Salime Mdere, le premier vice-président du Conseil départemental en charge de l’aménagement du territoire, des infrastructures et du foncier.
Comment sortir de l’impasse ?
« L’ennemi numéro un de la route, c’est l’eau », indique Christophe Trollé. Alors comment faire pour que la pluie ne soit plus un obstacle ? Lorsque l’on aménage une ville, il est important de créer un réseau d’assainissement pluvial suffisamment dimensionné qui prend en compte le climat tropical, où l’on a généralement de fortes pluies. Il est également primordial de les entretenir. Les routes nationales et départementales sont entretenues par la DEAL avec un budget de cinq millions d’euros par an. « L’Etat fournit les moyens humains et matériels, le Département assure l’immobilier et du matériel », précise le premier vice-président du conseil départemental. Les routes communales sont la responsabilité des communes ou des intercommunalités, et c’est là tout le problème, car « elles n’ont pas forcément les moyens », selon le directeur adjoint de la DEAL.
Les autorités doivent aussi maîtriser l’eau qui provient des hauteurs, dont le circuit a été modifié à cause de constructions sauvages. « Ça n’est pas insupportable mais cela nécessite de dimensionner tout un réseau de gestion pluvial », indique Christophe Trollé.
« Ça n’est pas insupportable mais cela nécessite de dimensionner tout un réseau de gestion pluvial »
Les autorités veulent investir dans la voirie. À travers le contrat de convergence, l’État octroie 31,5 millions d’euros pour réaliser des travaux sur les routes nationales. Le département met également la main à la poche. « Pour les années à venir 2022-2025, une enveloppe de 30 à 35 millions d’euros est à prévoir afin de lancer, en plus de l’entretien classique des routes et de leurs dépendances, les opérations de sécurisation des traversées d’agglomérations » assure Salime Mdere. Malgré cet apport financier, nul ne peut assurer la fin des inondations des routes en saison des pluies. Les différents responsables des réseaux routiers ont-ils réellement la capacité de les entretenir en bonne et due forme ? C’est la question cruciale, qui n’a pour l’instant pas de réponse.
Les relations entre la direction et le personnel sont tendues depuis des années estiment les enseignants.
La tentative de la gestionnaire de l’établissement de mettre fin à ses jours, mercredi soir, a choqué parents d’élèves et le personnel du collège Zakia Madi. Le management du principal est de plus en plus contesté à la fois par les enseignants et les parents d’élèves. De son côté, le rectorat affirme que “[ses] premières pensées vont vers [sa] collègue” et qu’il n’a ”jamais fermé les yeux” sur ce qui se passait à Dembéni.
La grève en novembre n’avait pas franchement réglé le problème. Des enseignants du collège de Dembéni et les représentants de parents d’élèves sont formels, il est de plus en plus compliqué de travailler avec l’actuel chef d’établissement. Ils décrivent “un climat toxique”, “des insultes”, “des collègues avec la boule au ventre”, un traitement différent selon tel ou tel professeur. Mercredi soir, la tentative de la gestionnaire de l’établissement de mettre fin à ses jours et le fait qu’elle soit aujourd’hui dans le coma a plongé le personnel dans la stupeur. Une cellule psychologique a été mise en place ces jeudi et vendredi.
Les difficultés ont pourtant été maintes fois remontées, les relations conflictuelles entre le personnel du collège et le principal ne sont pas allées en s’arrangeant selon les enseignants depuis la grève du 23 novembre 2021. Une tentative de médiation a bien été tentée le 9 décembre, sous l’impulsion de la fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et l’association “Pas crêpe”, mais elle a tourné court. Le chef d’établissement aurait refusé la présence de membres de la FCPE à cette réunion.
De son côté, le rectorat est intervenu et a mis en place une cellule d’écoute, mais parents d’élèves et enseignants estiment que cela n’a pas été suffisant. ”On a franchi la ligne jaune”, s’inquiète Raïna*, une professeure qui a vu les relations entre le principal et sa gestionnaire continuer à se dégrader. D’après les enseignants, en réunion de direction mercredi matin, le niveau de compétences de la gestionnaire aurait été remis à nouveau en cause. Elle en serait sortie particulièrement marquée.
“Jamais fermé les yeux”
Les enseignants admettent que le rectorat a bien mis en place des entretiens avec la direction des ressources humaines depuis novembre, mais s’avouent déçus de ne pas avoir vu de résultats assez probants. ”C’est très grave. Il y avait des signes annonciateurs de ce que [la gestionnaire de l’établissement] était en train de vivre”, fait remarquer une autre professeur qui travaille souvent en lien avec elle.
”Nous avons demandé à la direction de changer de comportement et sa façon de communiquer”, se souvient toutefois Gilles Halbout, le recteur de l’académie, après avoir précisé que “ses premières pensées allaient à notre collègue”. Sans vouloir l’accabler et craignant “une chasse à l’homme” envers le principal, il reconnaît que l’acte de la gestionnaire est “lié à une souffrance professionnelle”. Il se défend de n’avoir “jamais fermé les yeux” sur la situation de Dembéni.
Sur place, jeudi matin, une réunion était organisée par la direction à 9h30. Prévenu du sort de leur collègue, le personnel présent a choisi de banaliser l’après-midi. Des psychologues seront présents ce vendredi.
Enseignant-chercheur depuis de nombreuses années au centre universitaire de formation et de recherche de Mayotte, Buata Malela se lance désormais dans la musique sous le pseudonyme de Liziba. Il vient de sortir en janvier dernier un premier EP intitulé « notes mineures ». Ce dernier comprend sept titres pour 19 minutes de chansons mêlant la pop, l’électro et le rock.
Bien connu dans le milieu universitaire par ses recherches en littératures francophones, Buata Malela a ressenti le besoin de faire vivre sa fibre artistique en se lançant dans la musique. Sous le pseudonyme de Liziba, qui est déjà le nom de la collection qu’il dirige au sein de la maison d’édition Anibwé, il vient de sortir « notes mineures », un EP de sept titres chantés mêlant plusieurs tendances musicales, mais avec une prédominance certaine pour l’électro. « Il s’agit d’une musique expérimentale. J’ai tenté de conférer à cet EP une coloration sonore en décalage par rapport à la pop urbaine et le rap contemporain », dévoile l’artiste. Né au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) en 1979, ce dernier est arrivé très jeune en Belgique où il a grandi aux sons des musiques électroniques, du rap, mais aussi des chansons de rumba congolaises. « J’ai justement tenté de mêler ces trois dimensions au sein de mon EP », détaille-t-il.
Une passion à double visage
« Liziba » signifie « la source » en lingala, l’une des langues parlées au Congo. « Ce pseudo reflète une valeur d’authenticité qui me tient beaucoup à cœur », explique le musicien qui a composé et écrit chacun des sept titres. S’il chante sur certains d’entre eux, il a également fait appel à deux chanteuses professionnelles pour l’interprétation : Janis Martin et Priscilla. Lorsqu’on connaît la production universitaire de Buata Malela, on ne s’étonne guère de ce passage à la musique. Outre ses études sur les littératures francophones, l’enseignant-chercheur a beaucoup étudié l’influence de la musique pop sur la société et la littérature. Il a d’ailleurs publié récemment un ouvrage intitulé « Cover culture : la reprise dans la pop musique urbaine francophone » aux éditions Cerf Patrimoines. On se souvient également de son essai sur Michael Jackson en 2014.
Après s’être longuement intéressé à l’analyse intellectuelle de la musique, c’est tout naturellement que l’universitaire a souhaité « passer de l’autre côté ». « J’ai ressenti le besoin de toucher les gens émotionnellement », confie-t-il. Si ce désir n’est sorti de l’ombre que récemment, il existait chez l’homme depuis très jeune puisqu’il a commencé à composer dès l’âge de 12 ans et qu’il a écrit trois albums au cours de son adolescence. S’il avait un peu mis un peu la musique de côté lors de sa carrière d’universitaire, il n’avait jamais complètement arrêté. « Notes mineures » est en quelques sorte l’aboutissement d’une vie artistique restée jusqu’à présent confidentielle.
Une ambiance mélancolique
« Les thèmes abordés ont une nette prédominance mélancolique », explique Liziba. Les paroles traitent principalement des relations humaines, mais aussi de la relation à soi. L’artiste tente de donner sa vision artistique du monde à travers ses chansons. « J’essaie de montrer l’importance de la musique dans les relations et dans la compréhension du monde », ajoute-il.
« Notes mineures » n’est que le prélude d’un futur album. Les clips des chansons sont mis en lignes au fur et à mesure sur la chaîne Youtube Lizibamusic, qui est devenue officielle depuis ce jeudi soir avec la mise en ligne du troisième . En attendant, il promeut beaucoup sa musique sur Instagram (@lizibamusic). Souhaitant s’éloigner de la musique dite « commerciale », Liziba assume complètement la dimension « expérimentale » de son œuvre. Il espère ainsi toucher un public qui s’intéresse à une forme de musique qui s’éloigne des standards actuels.
Une commission permanente du conseil départemental s’est tenue ce mercredi 9 février dans les locaux de la mairie de Mamoudzou, sous l’égide du président Ben Issa Ousséni, avec 22 rapports inscrits à l’ordre du jour et un rapport complémentaire, tous adoptés à l’unanimité. Quelques rapports phares ont suscité l’attention des élus, notamment un premier de la commission d’aménagement du territoire, infrastructures et foncier relatif à la construction du gymnase du Nord, un second de la commission des finances et affaires européennes concernant le soutien de la SIM dans la construction des logements sociaux, sans oublier un troisième de la commission d’administration générale, transport et transition écologique relatif à la sécurisation des bus et trajets scolaires à Mayotte.
Des thèmes d’actualité ! En effet, le projet de construction du gymnase du Nord coïncide avec la candidature de Mayotte à l’organisation des Jeux des Îles de 2027. Le coût prévisionnel de l’opération est évalué à 13 millions d’euros pour une livraison prévue en décembre 2025. Quant à la SIM (Société immobilière de Mayotte), elle a sollicité le Département pour garantir un prêt haut de bilan contracté auprès de la caisse des dépôts et consignations, destiné au financement de construction de logements sociaux : « Les Terrasses » à hauteur de 396.000 euros ; « Singuiziou » pour 156.000 euros et 589.000 euros pour les logements dits « Miboukini« . Le Département est sollicité pour une garantie de 50% sur le montant emprunté. S’agissant du rapport relatif à la sécurisation des bus et trajets scolaires, le projet « Les déplacements de nos enfants en toute tranquillité » propose de sécuriser les parties vitrées des 307 bus scolaires, de faire des études de recherche de matériaux fiables et de solutions pour améliorer les surfaces vitrées des issues de secours, ainsi que de créer une application téléphonique dédiée aux transports scolaires. Elle indiquera en temps réel les horaires de passage des bus à chaque arrêt pour ainsi éviter aux élèves d’attendre aux stations. Le coût est estimé à 2.657.060 euros par une demande de subvention de 100% de l’opération par les fonds FEDER REACT EU. La prochaine séance est fixée au 28 février et portera surtout sur des questions d’orientations budgétaires.
Le Département, en partenariat avec l’association des étudiants et des jeunes de Mayotte, organise l’édition 2022 du salon de l’étudiant du 28 février au 4 mars. Cet événement s’adresse aux étudiants et élèves de terminale générale et technologique scolarisés sur le territoire et réunit différents acteurs de l’enseignement supérieur, de la formation et du monde-économique. Cinq dates sont prévues : le lundi 28 février au centre universitaire de formation et de recherche, le mardi 1er mars au pôle culturel de Chirongui, le mercredi 2 mars à la maison des jeunes et de la culture de Combani, le jeudi 3 mars sur la place de la République à Mamoudzou et le vendredi 4 mars à M’Tsamboro.
Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, annonce la création de la médaille d’honneur de l’engagement ultramarin par un décret publié au Journal Officiel ce 9 février. Cette breloque – avec ses trois échelons bronze, argent et or – est destinée à mettre à l’honneur les personnes s’étant distinguées par leur engagement personnel au service des Outre-mer. Elle a notamment vocation à récompenser ceux qui, forts de mérites exceptionnels, servent au quotidien ces territoires, ainsi que les volontaires les plus méritants du service militaire adapté (SMA), principal dispositif d’insertion socio-professionnelle à destination des jeunes ultramarins. Il n’existait pas, jusqu’à présent, de titre honorifique spécifique destiné à valoriser cet engagement. C’est ainsi que de nombreuses personnalités, pourtant méritantes, n’étaient éligibles à aucune décoration existante de notre République. Le ministre signale que « cette création est une marque de considération et de respect vis-à-vis de nos territoires d’Outre-Mer. Elle vient compléter les moyens de récompense que la République peut proposer aux personnalités qui s’engagent. J’ai par ailleurs veillé, conformément aux instructions du président de la République, à ce que les promotions annuelles dans l’ordre de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite n’oublient pas les candidats méritants vivant en Outre-Mer. De même pour les promotions annuelles dans les palmes académiques, du mérite agricole, du mérite maritime et des Arts et des Lettres« . Une première promotion, qui devrait compter près de 700 récipiendaires à titre normal, paraîtra au cours du premier semestre de l’année 2022.
Dans le cadre du dispositif Lire et faire lire, la ligue de l’enseignement organise le mercredi 16 février de 8h à 11h et de 16h à 16h au tiers lieu de la structure situé à Mamoudzou une rencontre avec Ambass Ridjali. Passionné de théâtre, de romance et de dramaturgie, cette auteur mahorais racontera son voyage d’auteur d’ici et d’ailleurs à une classe de CM2 de l’école primaire de Briqueterie de Cavani le matin avant d’aller découvrir l’après-midi « Les aventures de Kassim« .
Créée en 2017 par Stéphane Nomis, la fondation Ippon a pour objectif principal de réduire la fracture numérique à travers le monde en luttant contre les inégalités d’accès aux équipements et aux technologies informatiques pour les enfants. Les 14 et 15 février, la fondation et ses volontaires vont équiper les écoles élémentaires de Doujani 2 et de Kahani en salle informatique. Ce don va permettre aux élèves de pouvoir être sensibilisés à l’outil informatique et de travailler de manière ludique.
La ville de Mamoudzou informe les associations que la campagne de subventions pour l’année 2022 est prolongée jusqu’au 18 février. Un soutien financier indispensable afin de développer et favoriser les activités de proximité dans les villages et quartiers. Cette aide sous forme de subventions est accordée aux associations oeuvrant dans les domaines de la jeunesse, des sports, de la culture, de la citoyenneté, de l’environnement, du socio-éducatif et de l’insertion afin de leur permettre d’exercer leurs activités courantes dans de bonnes conditions ; de financer la réalisation de leurs activités et projets spécifiques ; de contribuer au financement des opérations particulières et exceptionnelles. Désormais, les associations doivent effectuer leurs demandes de subvention sur le site www.mamoudzou.yt. Les dossiers papier ne seront pas considérés comme recevable. Aucune dérogation ne sera accordée en 2022. Pour toute information complémentaire, contactez le 02.69.66.66.64.
La CGT Éduc’action de Mayotte a lancé une pétition en ligne (https://www.mesopinions.com/petition/social/classez-etablissements-scolaires-mayotte-rep/132991) pour demander le classement de tous les établissements scolaires de l’île. Pour justifier cette revendication, le syndicat explique que 75.4% mahorais qui entrent en 6ème ont une maîtrise insuffisante ou fragile du français, contre 21.5% à La Réunion, 25% en Martinique, 28.7% en Guadeloupe ou 44.2% en Guyane. Autre exemple : 73.7% des jeunes de 17 ou 18% sont en difficulté de lecture lors des évaluations menées lors des Journées défense et citoyenneté. Par ailleurs, l’indicateur « nombre d’élèves par structure dans le second degré » est de 23.8 à Mayotte, contre 20.8 pour l’ensemble des départs et régions d’Outre-mer. Pour l’organisation syndicale, « il faut un plan massif pour l’éducation publique à Mayotte« . Selon elle, le seul moyen d’y parvenir est de classer la totalité du territoire en zone REP+. « Cette mesure, qui doit être incluse dans le plan massif pour l’Éducation nationale à Mayotte, permettra d’obtenir plus de moyens, de réduire le nombre d’élèves par classe, de mieux former les personnels, mais aussi de rendre visibles et de faire reconnaître les difficultés auxquelles l’Éducation nationale doit faire face. » La pétition destinée à Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, et Gilles Halbout, le recteur dans le 101ème département recueillait, au moment où nous écrivions ces lignes, 738 signatures.
Le village de Poroani s’est réveillé endeuillé par la disparition de Gilles Martin. Fondateur du parti Ouvoimoja, Gilles Martin, candidat malheureux aux élections législatives en 2012, vivait seul, selon un voisin depuis quelques années. Personnage discret, il était cependant très apprécié dans le village. « La dernière fois que je l’ai aperçu remonte à vendredi dernier. Il était assis dans son balcon. Mes enfants le saluait souvent« , raconte son voisin. C’est son absence prolongée et une odeur suspecte qui ont poussé son propriétaire à aller frapper à sa porte. Malgré plusieurs appels restés sans réponse, il décide alors d’alerter la gendarmerie. Arrivés sur place les gendarmes en compagnie des sapeurs-pompiers décident de défoncer la porte et découvrent Gilles Martin étendu sur le sol. Il a été transporté par les pompes funèbres au CHM où une autopsie sera pratiquée dans les prochains jours. Selon son propriétaire, Gilles souffrait de diabète et de problèmes cardiaques. Mort naturelle ou accidentel ? L’autopsie révèlera la cause.
Construire une route qui contournerait le chef-lieu encombré de Mayotte est un fantasme qui a commencé à naître dans les esprits de certains élus de l’île dès 1981. Sans jamais voir le jour. Or, depuis 2020, Jean-Michel Lehay, l’ingénieur en chef chargé de mission au conseil départemental, a conçu un nouveau projet, plus réaliste que les précédents, et annonce le début des travaux pour décembre 2025 dernier délai.
Le projet de contournement de Mamoudzou est, à l’instar de celui de la piste longue de l’aéroport, une véritable arlésienne à Mayotte. On en parle depuis 40 ans sans que rien n’ait jamais été fait pour le réaliser concrètement. Toutefois, Jean-Michel Lehay, l’ingénieur en chef chargé de mission infrastructure routière au CD, a pris le taureau par les cornes en 2020. Ancien agent de la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement, il a été spécialement recruté par Soibahadine Ibrahim Ramadani, l’ancien président du conseil départemental, pour faire enfin de ce fantasme une réalité. Pragmatique, le spécialiste a établi un cahier des charges précis et travaille dans l’ombre depuis environ deux ans pour le faire aboutir. Il annonce le début des travaux pour décembre 2025 dernier délai.
Pourquoi les précédents projets n’ont-ils pas abouti ?
Les différents projets de contournement de Mamoudzou ont déjà fait tellement couler d’encre sans jamais aboutir que plus personne n’y croit ! Il faut dire que la première réflexion à ce sujet date de 1981. Il s’agissait à l’époque de « mailler les quartiers » en créant une voie sur les hauteurs de Kawéni reliées aux différents secteurs urbains. « Si rien n’a été concrètement entrepris de 1981 à 2011 c’est faute d’un cahier des charges qui tienne la route », explique avec un certain humour Jean-Michel Lehay. Ce dernier se désole qu’en 30 ans, entre les projets du conseil général de l’époque et ceux de la DEAL, deux millions et demi d’euros aient été dépensés en études stériles. « Faute d’un maître d’ouvrage compétent, prenant en compte la réalité du terrain, les bureaux d’étude ont toujours proposé à Mayotte des projets aberrants et bien trop coûteux », poursuit-il.
Deux fuseaux (= zones) de travail possible ont d’ores et déjà été déterminées. Ce n’est que lorsque ce choix sera fait que l’itinéraire exact pourra être créé.
En 2011, juste après la départementalisation, la collectivité a lancé un marché pour une nouvelle étude de faisabilité. Vainqueur de l’appel d’offres, le bureau d’étude SETEC a établi un projet qui a été intégré au plan global de transports et de déplacements de 2018. Ce projet évoquait la construction d’une route de contournement allant de Kaweni à Tsoundzou 1. En juin 2019, lors d’un comité de pilotage du PGTD, le secrétaire général des affaires régionales de l’époque et la DEAL ont annoncé que l’État n’assurerait pas la maîtrise d’ouvrage du projet. La question de savoir qui d’autre pourrait s’en charger s’est donc posée. La communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou a refusé. Soibahadine Ibrahim Ramadani hésitait, mais était gêné dans la mesure où le projet se situait dans le secteur de la Cadema. C’est alors que Jean-Michel Lehay, qui travaillait à l’époque pour la DEAL, a émis l’idée d’allonger un tantinet la route de contournement. « Si on la faisait passer de Koungou à Tsoundzou 2, elle devenait intercommunale et la légitimité du CD était alors préservée », retrace-t-il. Enthousiasmé par l’idée, l’ancien sénateur a donc fait modifier le projet et l’a transmis à la DEAL où il a fini par atterrir sur le bureau même de l’ingénieur en chef à l’origine de la suggestion. Ce dernier étant spécialisé en géométrie routière et auditeur en sécurité routière (une double qualification que seules deux personnes possèdent de nos jours en France), c’était parfaitement cohérent.
L’aventure a véritablement commencé en 2020
Intéressé par ce projet de nouvelle route, il a préparé le cahier des charges et s’est occupé de trouver un bureau d’étude en collaboration avec ses collègues de la DEAL. « Créer une nouvelle route ne se fait pas en claquant des doigts. Douze procédures règlementaires impliquant 445 opérations sont à suivre avant d’entreprendre quoique ce soit », prévient-il. Des procédures concernant notamment l’environnement, l’urbanisme, la faune, la flore, le bruit, la qualité de l’air, etc. En parallèle, la loi française exige l’organisation de débats publics. Jean-Michel Lehay a également fait en sorte de pouvoir placer le projet en déclaration d’utilité publique afin d’avoir « les mains libres » pour pouvoir agir. « Évidemment, si toutes les études préalables ne sont pas correctement menées, cette DUP peut être attaquée, d’où l’importance de faire les choses dans les clous », précise-t-il.
Alors qu’il travaillait sur ce projet, des désaccords avec la DEAL l’ont conduit à demander sa mutation pour la métropole. L’ordre de mutation tardant à arriver à cause de la crise sanitaire, il a été « rattrapé au vol » par Soibahadine Ibrahim Ramadani en décembre 2020 alors même qu’il était en train de préparer son déménagement. « Souhaitant que ce projet de contournement se réalise enfin, il m’a proposé un poste au CD en tant que prestataire privé. J’ai donc pris une disponibilité de mon poste de fonctionnaire et j’ai accepté », confie l’ingénieur en chef. Anticipant un remodelage des équipes, ce dernier a alors préféré prendre un poste de « chargé de mission infrastructures routières » plutôt qu’un poste de DGA auquel il aurait été susceptible d’être remplacé. « J’ai pris mes fonctions en 2021 et n’ai fait que continuer à travailler sur le projet comme j’avais commencé à le faire au sein de la DEAL », rembobine-t-il. « Normalement, un projet de ce type nécessite en moyenne sept ans de procédures avant le début des travaux. J’ai fait en sorte de le mener en cinq ans pour des raisons financières », ajoute-t-il, en expliquant que « la clé pour aller plus vite est l’anticipation ».
Où en est le projet aujourd’hui ?
« Je souhaite lancer la DUP milieu 2023 », affirme l’ingénieur en chef. Naturellement, il compte réaliser cette route en « respectant les projets urbains des communes » qui sont régulièrement consultées. Une partie du foncier a déjà été trouvée (celui appartenant au Département). L’autre devra être négociée avec les différents propriétaires. Suite au comité de pilotage du 12 octobre 2021, deux fuseaux de travail possibles ont déjà été déterminés. Salim M’Déré, le 1er vice-président en charge de l’aménagement, les a validés après qu’ils ont été acceptés à l’unanimité par les élus. « La 2ème phase de travail est l’organisation des débats publics », enchaîne Jean-Michel Lehay. Organiser des débats publics implique encore trois procédures différentes débutant par la saisine de la commission nationale de débat public. Il faut ensuite déterminer si ce seront des « débats publics » sous l’égide de la commission nationale ou des « consultations publiques » sous l’égide du maître d’ouvrage, ici le conseil départemental. Le 5 janvier 2022, une visio-conférence avec la CNDP a été organisée et cette dernière a tranché en faveur d’une consultation publique. La collectivité a donc la main. Le dossier de saisine de la CNDP a été envoyé le 28 janvier. « Normalement, il faut 40 à 70 jours pour avoir une réponse. Là, ils ont été étonnamment réactifs puisque j’ai reçu l’autorisation de présenter le dossier dès le 2 février », raconte Jean-Michel Lehay.
Huit consultations publiques sont donc désormais à organiser sur l’intégralité de l’île afin que chacun puisse donner son avis sur le projet. « Chaque question trouvera sa réponse et les débats seront filmés », promet l’ingénieur en chef qui espère débuter les consultations « fin mars, début avril ». Un site Internet dédié aux questions sera également ouvert.
Un budget total de 900 millions d’euros
La nouvelle route de contournement de Mamoudzou comportera deux voies comprenant chacune une voie pour les voitures, une autre pour les bus/poids lourds et une pour les piétons.
Au mois de février 2021, le budget total du projet était estimé à 900 millions d’euros. « Quoiqu’il se passe, les travaux débuteront au plus tard en décembre 2025 sur les terrains appartenant au Département », assure-t-il. Par ailleurs, il sait déjà que, quel que soit le fuseau choisi, il y a déjà deux zones où le foncier est assuré par le conseil départemental, d’où sa certitude sur la date de début des travaux. « Évidemment, personne ne nous donnera les 900 millions nécessaires en une seule fois, mais comme la route est sectionnée en huit à onze tronçons, ça nous laisse le temps d’obtenir cet argent au fur et à mesure. Il va falloir monter un plan de finance », expose Jean-Michel Lehay. Toutefois 700 millions ont déjà été engagés à hauteur de 40% par les fonds européens FEDER et 16.5% par l’État. Le Département y a investi 100 millions et les établissements publics de coopération intercommunale, 10 millions. Le seul obstacle qu’il voit encore à la concrétisation du projet réside dans le fait de trouver des entreprises compétentes à Mayotte. « En particulier en ce qui concerne les ouvrages d’art en béton car personne ne fait cela pour le moment sur le territoire », déplore-t-il. Une situation qui pourrait évoluer d’ici 2025… Dans le cas contraire, l’ingénieur en chef, qui ne manque pas de ressources, saura trouver une solution innovante à ce problème !
Le GIP Carif-Oref organisait ce mardi à Dembéni un séminaire pour présenter aux organismes de formation la photographie d’ensemble de leur secteur professionnel et de leur donner des pistes de réflexion. Cinq chiffres peuvent résumer à eux-seuls l’état de la formation professionnelle à Mayotte.
Ce mardi se déroulait la restitution des travaux de la phase 1 du Pacte ultramarin d’investissement dans les compétences (2019-2022). « L’idée est d’accompagner les organismes de formation dans la définition et le déploiement de leur stratégie de développement et leur stratégie commerciale », précise Youssouf Moussa, le directeur du GIP Carif-Oref de Mayotte. Si un long chemin reste encore à parcourir, notamment pour couvrir tous les secteurs d’activités dits prioritaires, l’état des lieux chiffré lors du séminaire permet d’envisager sereinement l’avenir de l’appareil de formation. Pêle-mêle.
97C’est le nombre d’organismes de formation que recense Mayotte au mois de juillet 2021. Parmi eux, 56 (58%) sont implantés à Mamoudzou. Koungou (7) et Tsingoni (6) complètent le podium. Des territoires comme Acoua, M’Tsangamouji, Bouéni et Kani-Kéli n’en comptent aucun. Pas moins de 459 actions de formation ouvertes ont été répertoriées sur le site Intercariforef.org. Si elles se répartissent sur différentes communes, telles que Ouangani (48), Tsingoni (33), Pamandzi (31), Bandraboua (28), Chirongui (24), l’essentiel de l’offre « tout public » se trouve à Mamoudzou (239). Les secteurs d’activité les plus représentés sont la restauration et l’alimentation, les services aux particuliers, l’aide sociale, le commerce, le transport et le bâtiment.
10C’est le nombre de centres de formation d’apprentis. En 2021, le Greta CFA, un regroupement d’établissements publics locaux d’enseignement, concentre près de la moitié (47%) de l’offre. Sur les 271 contrats d’apprentissage, 156 permettent de sortir avec un niveau 3 (dont CAP) en poche. La réparation d’automobiles, la construction, ainsi que la santé humaine et l’action sociale représentent plus de 50% des secteurs prisés.
19C’est en millions le budget consacré par le Département à la formation professionnelle en 2020, soit une évolution de 252% depuis 2018. Le programme régional de formation professionnel (4.7 millions), le dispositif d’aide individuelle vers l’emploi (787.000 euros), les formations professionnelles en mobilité (1.4 millions d’euros), les formations sanitaires et sociales (4 millions d’euros), et les dispositifs d’insertion professionnelle et les structures d’accompagnement (8.1 millions d’euros, soit 43% de la somme totale allouée) se partagent le gâteau.
13.795C’est le nombre de bénéficiaires en 2020 accompagnées par la collectivité vers l’insertion, notamment via des mesures d’accompagnement socio-professionnel des jeunes (6.344) et d’information jeunesse (5.125). À cela, il faut ajouter 2.062 personnes formées qui ont pu suivre les quatre autres dispositifs cités ci-dessus. Pami elles, les 299 personnes concernées par les formations sanitaires et sociales représentent un fort enjeu pour le 101ème département, en raison de la dépendance médicale forte vis-à-vis de l’extérieur et du taux de natalité très élevé. On retrouve principalement des infirmiers (103) et des éducateurs spécialisés (52).
14.648C’est le nombre de stagiaire qui ont pu bénéficier d’au moins une action de formation sur l’année 2020, dont 8.893 salariés d’employeurs privés et 5.870 demandeurs d’emploi. Sur l’ensemble des spécialités de formation, les plus dispensées sont le transport, la manutention, le magasinage (994), le développement des capacités d’orientation, d’insertion ou de réinsertion sociales et professionnelles (1.066), la santé (1.100), la sécurité des biens et des personnes, la police et la surveillance (1.256), les ressources humaines, la gestion du personnel et de l’emploi (1.382), et les formations générales (1.647). La majorité des formations dispensées ne vise pas un diplôme et apparaît comme professionnalisantes.
La grève lancée mardi par le SNUipp-FSU (syndicat des enseignants du 1er degré) s’est poursuivie ce mercredi 9 février par un piquet de grève et un voulé devant le rectorat. Les grévistes ont obtenu d’être entendus en visio-conférence par le recteur Gilles Halbout, qui se trouve en ce moment à Paris. Il s’est engagé à recevoir les membres du SNUipp ce lundi 14 février. Le mouvement est donc suspendu jusqu’à cette date.
Une trentaine d’enseignants grévistes du 1er degré s’était réunie ce mercredi 9 février devant le rectorat afin de faire valoir leurs revendications. Selon Rivo, le secrétaire général du SNUipp, ils étaient même 80, mais « il y a eu beaucoup d’aller-retour au cours de la journée puisque le piquet de grève s’est tenu de 8h à 16h ». Si le chiffre exact des membres de ce mouvement social est difficile à déterminer, celui des grévistes a été compté par le rectorat : ils étaient 14,51% hier, contre 37% le mardi. « Nous perdons toujours beaucoup de grévistes quand nous reconduisons la grève. C’est normal, mais nous ne lâchons rien ! », s’est exclamé le syndicaliste, déterminé à faire entendre la voix des enseignants du 1er degré dans le département de Mayotte.
La récupération de l’ancienneté générale de service
En local, la principale revendication du SNUipp porte sur la récupération de l’ancienneté générale de service pour les anciens instituteurs recrutés par l’ex-collectivité de Mayotte (CDM), qui ont intégré tardivement la fonction publique. Un cheval de bataille qui tient beaucoup à cœur au secrétaire général Rivo, qui crie à l’injustice. Il est vrai que, sans cette récupération, les anciens instituteurs mahorais n’auront qu’une très maigre retraite alors même qu’ils auront travaillé toute leur vie. Mais ce souhait récupération pose de nombreux problèmes administratifs due au changement de statut de Mayotte qui n’est devenu département qu’en 2011 après avoir été successivement collectivité départementale et collectivité territoriale.
Le recteur Gilles Halbout comprend la préoccupation des anciens instituteurs, mais ne peut faire de miracles. « Nous ne pouvons pas effectuer une réintégration complète de ces anciens instituteurs comme s’ils avaient toujours appartenu à la fonction publique », affirme-t-il. Toutefois, il leur propose quelques solutions pour améliorer leurs retraites comme des ruptures conventionnelles, ou une promotion au moment du départ à la retraite. « Mais ça ne pourra se faire qu’au moment de leur départ », précise le responsable de l’académie. C’est sans doute ce qui fait douter Rivo. Ce dernier reste très méfiant quant aux engagements du rectorat sur la question. « Ça bouge un peu, mais cela fait longtemps qu’on nous fait des promesses qui ne sont pas tenues. Cependant, je donne à ce recteur le bénéfice du doute », affirme le syndicaliste.
En revanche, le rectorat et le syndicat se rejoignent sur la nécessité de titulariser les contractuels de longue date. Mais pas sans les former convenablement ! La question d’un concours spécifique réservée aux enseignants contractuels du 1er degré de longue durée est en discussion. « Tout ce qui peut aider à pérenniser le statut de nos enseignants est bienvenu. Mais il faut réfléchir à faire les choses correctement, cela prend du temps », indique Gilles Halbout.
Une réunion prévue ce lundi pour « les revendications au national »
Suite au piquet de grève de ce mercredi, une délégation de trois syndicalistes du SNUipp, dont naturellement Rivo, a été reçue par le rectorat représenté par le recteur Gilles Halbout (en visio depuis Paris), son directeur de cabinet Martin Meyrier ainsi que le directeur général des ressources humaines. L’octroi de tickets restaurants aux enseignants du 1er degré a été acté. « C’est une bonne chose, mais cela ne faisait pas partie de notre plateforme de revendications. C’est une manière de détourner notre attention des choses véritablement importantes », ironise Rivo. Toutefois, les membres du rectorat s’engagent à discuter ce lundi 14 février au matin avec les syndicalistes sur ce que ces derniers appellent « les revendications au national », c’est-à-dire la question de la revalorisation de l’indexation et des différentes allocations. « Ce sont en réalité des mesures spécifiques à Mayotte. Il est vrai qu’elles sont sur la table depuis un moment déjà sans avoir pu être mises en place. Nous en discuterons dès ce lundi », promet Gilles Halbout.
De cette réunion prochaine dépendra la suite du mouvement de grève. Pour le moment, elle est suspendue, mais « si rien ne découle de la réunion de lundi prochain, nous lancerons un nouvel appel à la grève dès le mardi », prévient Rivo.
Ce mardi 8 février a eu lieu un comité de pilotage de l’observatoire départemental de la protection de l’enfance (ODPE), à l’Hôtel de ville de Mamoudzou, en présence notamment du 7ème vice-président du conseil départemental en charge de l’action sociale, de la solidarité et de la santé, Madi Moussa Velou, du sous-préfet, Jérôme Millet, du président du tribunal judiciaire, Laurent Ben Kemoun, ainsi que de la conseillère déléguée à la protection de l’enfance, près la cour d’appel de Saint-Denis.
Cette instance partenariale regroupe les institutions et acteurs œuvrant dans la protection de l’enfance. Une démarche d’observation, cohérente, utile à la fois pour les élus et les professionnels, pour l’apport de connaissances et un processus de co-construction avec tous les acteurs. L’ODPE est obligatoire dans chaque département, mais est surtout un outil essentiel dans la mise en œuvre de la mission aide sociale à l’enfance. Il constitue un outil stratégique dans la définition et le suivi des politiques publiques locales de protection de l’enfance. Au-delà de la collecte des données, il joue un véritable rôle d’analyse et d’animation du réseau partenarial de protection de l’enfance dans le territoire. Le vice-président s’est dit « parfaitement conscient et définitivement convaincu que cette instance fait partie des dispositifs dont on a besoin pour converger vers une protection de l’enfance solide sur le territoire ».
Parmi les chiffres exposés durant cette réunion, il a été observé que le nombre d’informations entrantes à la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes (CRIP), en 2021, s’est élevé à 1.864. Pour la provenance, 29% sont arrivées du rectorat et 55% concernent des jeunes filles. Le secteur le plus représenté est Mamoudzou. Des éléments importants pour savoir où et combien de professionnels déployer sur le terrain. De nombreuses autres données ont été mises en évidence et permettront d’orienter les études et d’affiner les actions.
Le vice-président a ajouté que cette nouvelle dynamique s’inscrit dans celle impulsée par les travaux du SDEF (schéma départemental de l’enfance et de la famille) 2022-2027, que l’assemblée départementale validera d’ici la fin de ce mois de février. Le travail se poursuit en attendant le prochain rendez-vous, qui se tiendra le 21 mars prochain durant la semaine nationale de la petite enfance.
Le tribunal administratif a décidé d’invalider l’élection départementale sur le canton de Sada-Chirongui. En attendant l’examen ultérieur par le conseil d’État, Tahamida Ibrahim et Mansour Kamardine ne comptent se tourner les pouces ! « L’heure est donc à la poursuite du travail sur des dossiers dans lesquels nous sommes engagés comme conseiller départemental et comme vice-présidente, notamment le développement du port, les finances et les affaires européennes. »
En ce qui concerne le jugement administratif, les deux élus notent avec satisfaction que « la campagne de dénigrement orchestrée par ses adversaire concernant une fraude électorale supposée se trouve sans fondement et était surtout destinée à salir nos réputations ». Pour rappel, le binôme avait remporté la victoire d’un courte tête. Au sujet des différences de signatures entre les émargements de 1er et de 2nd tour, « nous considérons qu’il s’agit d’une méconnaissance de la culturel régionale et du niveau d’instruction générale, sans que de surcroît nous sachions pour qui ces 57 électeurs ont voté ».
Par ailleurs, l’un comme l’autre s’étonne que « la plainte pénale formulée concernant la corruption qui a marqué les élections départementales, notamment à Sada, les achats de voix et les manipulations des listes électorales, effectuées par des adversaires, semble au point mort ». Toujours est-il que Tahamida Ibrahim et Mansour Kamardine ne souhaitent pas revivre un tel scénario à l’approche des élections présidentielle et législatives. « Il en va du développement de Mayotte, de la crédibilité de la départementalisation et finalement des conditions de vie des Mahorais. »
Nadine Vallet, responsable de la plateforme scientifique de l’institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire, et Fausto Bouchereau, président de Mohea, ouvriront la deuxième conférence sur les vanilles françaises le mardi 22 février 2022 à 9h, à l’ISIPCA de Versailles.
Tenue en marge du Salon international de l’agriculture, cet événement réunira pour la deuxième fois, durant une demi-journée, l’ensemble des acteurs de la filière vanille des territoires d’Outre-mer (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française) qui pourront échanger sur les sujets qui les concernent et obtenir les diverses informations techniques, scientifiques, financières et administratives.
Au programme : la situation des vanilles françaises en ce début 2022, la présidente de l’ISIPCA et de son étude sur l’analyse sensorielle et aromatique de la vanille, les aspects biologiques et agronomiques des vanilliers, l’état de la qualité des gousses de vanille, etc. Vous trouverez toutes les informations complémentaires sur le site https://conference-vanille.com.
Après quatre années comme directeur régional d’Orange Corse, André Martin prend la direction générale d’Orange dans les territoires français de l’océan Indien, faisant suite à Jean-Marc Escalettes. C’est dans la continuité de son prédécesseur qu’André Martin compte relever les nombreux défis spécifiques à Mayotte et à La Réunion. Premier challenge : celui de la proximité et de la compréhension des territoires. Cela passe selon lui d’abord par l’écoute des clients, qu’il s’agisse des particuliers, professionnels ou des collectivités. Son expérience en Corse lui a permis d’appréhender une partie des enjeux insulaires tels que la connectivité et l’aménagement des territoires, l’inclusion numérique, la sécurité des réseaux et des données, la préservation de l’environnement… Pour le nouveau directeur, « ce sont les territoires qui dictent la voie à suivre et nos services doivent répondre à toutes ces attentes ».
Deuxième challenge : inscrire Orange dans une croissance vertueuse reposant sur l’innovation et le développement. Ainsi, à Mayotte, le quinquagénaire mise sur une croissance forte en offrant toujours plus de connectivité sur les réseaux fixes et mobiles. La digitalisation des entreprises et du travail, accélérée par cette période de crise sanitaire, est également au cœur des priorités du nouveau directeur. Engagé pour un numérique inclusif, il aura à cœur de faciliter l’accès aux nouvelles technologies pour tous via des dispositifs d’accompagnement et de sensibilisation mis en place par Orange et sa fondation.
Pour porter ces ambitions, André Martin s’appuie sur les valeurs que sont la ténacité, l’humilité et surtout l’esprit collectif. Affectionnant particulièrement la randonnée, il retrouve cet état d’esprit lors de ses sorties en montagne. Des valeurs qu’il s’attache à appliquer en interne : « Il faut renforcer et souder le collectif. Cette solidarité, c’est l’une des grandes forces d’Orange et particulièrement ici, loin de la métropole. C’est un gage de bien-être au travail et cela nous permet de gagner en efficacité au quotidien pour nos clients. »
Issu d’un cursus supérieur commercial, André Martin possède un profil aux multiples facettes : salarié puis consultant dans les secteurs de la banque, la presse ou la grande distribution, il rejoint Orange en 2002. En vingt ans au sein du groupe, André Martin a multiplié les expériences professionnelles telles que la transformation des unités opérationnelles et le management d’unités d’intervention.
Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi matin dans les locaux du restaurant l’Orient-express, Christian Saint-Etienne, le directeur régional de Pôle emploi Mayotte, a dressé un bilan des actions de la structure au cours de l’année 2021. Dans presque tous les domaines, les chiffres se sont révélés plutôt encourageants dans le contexte actuel de crise sanitaire.
« L’objectif de cette conférence de presse est de regarder si Pôle Emploi Mayotte a réussi à atteindre les objectifs fixés dans le cadre de la convention tripartite », déclare Christian Saint-Etienne, son directeur régional, au début de la conférence de presse organisée ce mardi matin. Cette convention, signée entre l’État, l’Unédic et Pôle emploi pour la période 2019-2022, comporte 11 indicateurs stratégiques dans lesquels la structure se devait de progresser. « En ce début de dernière année de la convention, il était important de communiquer nos résultats », poursuit-t-il.
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Les principaux responsables de Pôle emploi Mayotte ont révélé leur bilan d’activité en 2021 en le comparant avec celui de 2020.
Christian Saint-Etienne, le directeur régional de Pôle emploi Mayotte, a estimé le bilan 2021 très encourageant.
Moins de demandeurs d’emploi sur le dernier trimestre 2021
Si le contexte de crise sanitaire depuis 2020 ne favorise pas l’activité économique et donc le recrutement, le directeur de Pôle emploi Mayotte se montre optimiste au cours de ce bilan en soulignant la baisse de 4% du nombre de demandeurs d’emploi au cours du dernier trimestre 2021. « Cela est dû à une forte mobilisation de notre structure sur les contrats aidés », précise-t-il. Par ailleurs, il met en avant l’alignement des services proposés avec ceux du national. « Le 3949 a été mis en place en 2020. Avant, ce numéro n’existait pas à Mayotte », souligne-t-il, tout en se félicitant du fait que Pôle emploi Mayotte ait été l’un des premiers à anticiper la notion de télétravail avant même la période de confinement. « Huit appels sur dix aboutissent, un taux quasi identique à celui des banques. Nous visons toutefois les 90% d’aboutissement des appels », dévoile-t-il.
Le directeur régional se félicite également d’une baisse de 900 demandeurs d’emploi longue durée au 31 décembre 2021. En sachant qu’ils désignent ceux qui n’ont donné aucun signe de reprise d’activité ou de formation sur une période de 24 mois. Un recul important qu’il explique par le fait que sa structure ait reçu 3.000 demandeurs d’emploi entre les mois d’octobre et décembre 2021. « Nos agents ont identifié leurs besoins et les ont redynamisés pour leur recherche », affirme-t-il. Une stratégie payante, matérialisée par le développement des actions de formation.
Priorité aux jeunes et aux habitants des quartiers défavorisés
« Notre politique est de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin », insiste Christian Saint-Etienne. Pour cela, il peut compte sur la mise en place de nombreuses actions en faveur de l’insertion des jeunes , comme des jobs dating. « Nous visons en particulier les jeunes des quartiers défavorisés en sachant que ces quartiers constituent 90% de ceux de l’île », ambitionne le directeur. Devant le découragement à recruter observé chez beaucoup d’entreprises à cause des incertitudes de la crise sanitaire, ajouté au déficit de compétences que connaît malheureusement le 101ème département, Pôle emploi se tourne vers des outils permettant d’identifier des profils de personnes encore en cours de formation. « Nous sommes pragmatiques en identifiant les besoins des entreprises et en leur permettant de prendre contact avec des demandeurs d’emploi en cours de formation dans des domaines spécifiques en particulier sur les postes difficiles à pourvoir », explique -t-il.
En résumé, anticiper est la clé d’un retour efficace à l’emploi pour le directeur régional, qui révèle que le territoire ne fait pas face à un déficit de budget, mais plutôt à un défi concernant la planification des objectifs. « Pôle emploi Mayotte n’a été créé qu’il y a deux ans et demi… Avant nous dépendions de La Réunion. Beaucoup de choses sont donc encore à mettre en place dans notre département », rappelle Christian Saint-Etienne. Une collaboration renforcée avec les fédérations d’entreprises est notamment au programme et une convention a été signée avec le Medef. « L’objectif est d’identifier les causes des difficultés à recruter et de tenter, par nos actions, de les résoudre », martèle-t-il. Gabrielle Kuola, la responsable formation et prestation de Pôle Emploi, ajoute que la structure s’efforce d’effectuer un maillage territorial en signant des conventions de coopération avec les communes de Mayotte. Grâce à elles, un service de proximité, lié à Pôle emploi, est assuré pour aider les demandeurs d’emploi dans leurs démarches.
À tas de blé, le rat s’y met. Multipliée lors de l’introduction de makis sur Mbouzi dans les années 1990, la population de rats y atteint jusqu’à 6.000 individus en saison humide. Pour éviter que les rongeurs ne dévastent la végétation et la faune ambiantes, une mission de dératisation est menée par l’équipe de la réserve, bien épaulée par les TAAF, les Terres australes et antarctiques françaises.
Écartant toiles d’araignée et branches trop souples de son passage, Paul Defilion avance vers les caméras qu’il a placé sur les crêtes de Mbouzi. Il y a quelques mois, le jeune homme a été missionné par les Naturalistes de Mayotte et les Terres australes et antarctiques françaises pour y mettre en place le projet RECIM, ou « Restauration écologique de l’îlot Mbouzi ». L’objectif ? Débarrasser la réserve naturelle nationale des milliers de rats qui y pullulent. « C’est une espèce terrible qui s’attaque à tout, y compris aux espèces à protéger », affirme Paul, dépassant un tronc d’arbre ayant perdu son écorce, remplacée par des traces de crocs. Arrivée sur l’un des lieux où ont été disposées des caméras, l’équipe de la réserve constate le nombre de vidéos captées, mais aussi que les appâts disposés devant les appareils ont tous été mangés par les rats, comme le sont de nombreux œufs d’oiseaux sur l’îlot.
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Comment tuer un rat ?
« Ma première mission a été de connaître leur nombre », explique Paul Defilion. Pour estimer leur population, le chef de projet met en place un protocole CMR – capture marquage recapture – à l’aide de bagues numérotées sur les oreilles des rats, tous les jours et pendant plusieurs jours. « À la fin, le nombre de recaptures sera plus grand que celui des nouvelles captures », continue-t-il. Le scientifique a donc estimé la population de rats sur Mbouzi à environ 1.500 individus en saison sèche, pour environ 5.700 en saison humide, soit 70 rats par hectare. « Les rats s’adaptent à leur ressource en nourriture et leur population fluctue », précise-t-il. « Autour de la léproserie, leur nombre a explosé à cause de la nourriture apportée pour les makis. »
Reste désormais le gros de l’opération : l’éradication de l’espèce sur l’îlot Mbouzi. « Le rat se reproduit très vite », affirme Paul Defilion. « S’il reste une seule femelle, avec ses petits, ils se reproduisent avec consanguinité et c’est reparti. En deux mois, la population est reconstituée. Il faut donc mener des actions pour l’endiguer. La réserve naturelle, c’est un statut juridique, les rats s’en foutent. » Avant son arrivée, seules de petites et régulières opérations de capture, notamment aux pieds de vanille de humblot, étaient menées sur l’îlot. Mais « le piégeage mécanique fonctionne très mal, seulement sur une île très petite, et demande un travail indéfini dans le temps », selon le chercheur. « Il faut faire un one shot, réduire la population à zéro et faire ce qu’il faut pour ne pas qu’ils reviennent. »
Brodifacoum ex machina
Pour cela, il privilégie un épandage de biocide chimique, le brodifacoum, en faisant des lignes régulières et espacées sur la totalité de l’îlot. « Mais, tu vois le relief ici », rétorque-t-il. « L’épandage à la main n’est pas possible à Mbouzi, avec ses falaises. On ne va pas trancher des lignes à la machette dans la végétation. Je suis là pour protéger la biodiversité, il faut que je garde ça en tête. » Paul Defilion préfère donc un épandage aérien, « plus rapide, plus précis ». Mais il n’est pas seul à décider de cela. Assis sur la terrasse de la léproserie, le jeune homme évoque le conseil scientifique du patrimoine naturel (CSPN), qu’il doit convaincre à propos du produit qu’il compte utiliser pour éradiquer les rats.
Ainsi se déroule son plaidoyer : « Le brodifacoum est un anti-vitamine K, qui empêche la coagulation du sang chez les mammifères. Or, les rats sont hémophiles, donc ils mourront d’hémorragies internes dans leur trou, sans laisser de cadavres au sol. Le brodifacoum disparaît très rapidement de l’environnement, n’est pas ou peu soluble dans l’eau, donc il ne rentre pas dans les plantes, donc pas dans la chaîne alimentaire, ni ne rentre dans les sols avec l’eau. Les crabes n’y sont pas sensibles, ni les reptiles, ni les insectes. » Les oiseaux, qui peuvent y être sensibles, ne semblent pas être intéressés par les appâts, selon les captures vidéo des dix caméras placées actuellement sur l’îlot.
Le plus grand problème, concernant ce biocide chimique, est son utilisation interdite en mangrove. « Les appâts peuvent tomber dans l’eau, être mangés par les poissons, et provoquer une possible faible bioaccumulation dans la chaîne alimentaire marine », reconnaît Paul Defilion. « J’aurai de la mortalité, je vais tuer des choses, si je fais comme ça », continue-t-il. « Je dois m’assurer que ce ne sont pas des espèces protégées, ou que je ne vais pas en mettre en danger. La chouette effraie, par exemple, aura du mal à survivre, mais il y en a des milliers sur Grande-Terre, ce n’est pas une espèce en danger ni endémique. » Concrètement, deux épandages aériens seront opérés en l’espace de 15 jours, en gardant une réserve d’urgence si des rats restent en vie. Puis, un dispositif de détection devra ensuite être mis en place pour empêcher le retour des rongeurs sur l’îlot. « C’est là où le bât blesse pour Mbouzi », conclut Paul Defilion. « Il suffit d’un pêcheur, qui a un vieux filet dans sa pirogue, avec un rat sous ce filet, pour le réintroduire sur Mbouzi. » Le rendez-vous est désormais pris à la saison sèche 2023, créneau prévu pour l’éradication.
466.728 euros pour éradiquer les rongeurs
C’est le montant alloué au projet RECIM contre les rats. Ce budget a trois sources de financement : un contrat plan État-région, une petite part de la dotation annuelle de la réserve, et une aide européenne prenant la forme de prêt de matériel et de conseil.