Le syndicat SUD Santé Sociaux Mayotte a déposé un préavis de grève illimitée qui prendra effet le 24 juin au Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Ce mouvement, porté par les ambulanciers du service de transport sanitaire, intervient dans un contexte de fortes tensions entre les représentants du personnel et la direction de l’établissement.
Dans un communiqué diffusé le 16 juin, l’organisation syndicale dénonce le non-respect des engagements pris lors des précédentes concertations ainsi qu’une dégradation continue des conditions de travail. Les ambulanciers, particulièrement mobilisés, estiment que plusieurs accords conclus avec la direction n’ont jamais été appliqués, alimentant un climat de défiance qui perdure depuis plusieurs mois.
Les conditions de recrutement figurent également au cœur des revendications. Le syndicat critique un manque de transparence dans les procédures d’embauche, dénonçant notamment le recours à des personnels auxiliaires au détriment de professionnels titulaires du diplôme d’État d’ambulancier. SUD Santé Sociaux Mayotte évoque également des soupçons de favoritisme et pointe des inégalités dans l’accès aux formations professionnelles, estimant que ces pratiques fragilisent le fonctionnement du service et pénalisent les agents qualifiés.
Parmi les principales revendications figurent la mise en œuvre effective des accords déjà signés, la réalisation d’un audit indépendant sur les procédures de recrutement et d’attribution des formations, la prise en compte des heures supplémentaires ainsi qu’une clarification des procédures opérationnelles encadrant les interventions des ambulanciers. Les représentants du personnel réclament également une évolution des pratiques managériales afin d’améliorer le dialogue social et les conditions d’exercice des équipes.
Au-delà des revendications internes, le syndicat affirme vouloir défendre la qualité du service public hospitalier. Selon lui, les difficultés rencontrées par le service de transport sanitaire risquent, à terme, d’avoir des répercussions sur l’organisation des transferts de patients et sur la prise en charge au sein de l’établissement.
À moins d’une semaine de l’échéance, SUD Santé espère que ce préavis favorisera l’ouverture de nouvelles négociations avec la direction et permettra d’obtenir des avancées concrètes avant le déclenchement du mouvement. Faute d’accord, la grève débutera dans la nuit du 23 au 24 juin.
Ce nouveau préavis s’inscrit dans un contexte social déjà tendu au Centre hospitalier. Ces derniers mois, plusieurs mouvements de protestation ont affecté l’établissement, les organisations syndicales dénonçant régulièrement des difficultés liées à la gestion des ressources humaines, au manque d’effectifs, aux conditions de travail et aux moyens alloués au principal établissement hospitalier du département.
À ce stade, la direction du CHM n’a pas encore communiqué publiquement sur ce nouveau préavis de grève. Les prochains jours seront donc déterminants pour tenter de rapprocher les positions et éviter un nouveau conflit social susceptible de perturber le fonctionnement du service de transport sanitaire.


































