Prévention de la délinquance Un partenariat inédit pour bâtir la sécurité de demain

Petite-Terre franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de prévention de la délinquance. Hier matin, en ouverture de la séance plénière du Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CISPD), une convention de partenariat d’envergure a été officiellement signée entre plusieurs acteurs institutionnels du territoire. Au cœur de cette initiative : un objectif clair et ambitieux, prévenir les comportements violents dès le plus jeune âge en intervenant directement auprès des élèves des écoles élémentaires.

Cette signature symbolise un tournant dans l’approche locale de la sécurité. Plutôt que de se limiter à des dispositifs répressifs, les acteurs publics misent désormais sur une démarche éducative, anticipative et durable. L’idée est simple : agir tôt pour éviter que les situations de violence ne se développent plus tard.

Le partenariat réunit des institutions clés du territoire : le Rectorat de Mayotte, la Communauté de Communes de Petite-Terre (CCPT), à l’initiative du projet, les communes de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir à travers leurs polices municipales, la Gendarmerie nationale, ainsi que le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), en charge de la formation des agents intervenants.

Concrètement, cette convention permettra la mise en place de séances de sensibilisation directement en milieu scolaire. Ces interventions aborderont des thématiques essentielles telles que la gestion des conflits, le respect d’autrui, la responsabilité individuelle et collective, ou encore les différentes formes de violence, qu’elles soient verbales, physiques ou psychologiques.

Les séances seront animées par des policiers municipaux spécialement formés par le CNFPT. Elles se dérouleront en étroite collaboration avec les enseignants et sous validation pédagogique du Rectorat, garantissant ainsi un cadre adapté aux jeunes publics et conforme aux exigences éducatives.

À travers ce dispositif, les signataires entendent poser les bases du vivre-ensemble dès l’enfance. « Chaque enfant sensibilisé aujourd’hui, c’est potentiellement une situation de violence évitée demain », a souligné le président de la CCPT Charafoudine Ramadani Toto. Une déclaration qui résume l’esprit de cette initiative : construire la sécurité de demain en investissant dans l’éducation d’aujourd’hui.

Les premières séances devraient être déployées prochainement dans les écoles élémentaires de Petite-Terre, de manière simultanée, avec une priorité donnée à certaines classes ciblées. Les interventions, d’une durée d’environ une heure, seront organisées selon un calendrier coordonné entre les communes et les directions d’établissement. Les supports pédagogiques, quant à eux, seront validés en amont par le Rectorat afin d’assurer leur pertinence et leur cohérence.

Les thématiques abordées couvriront un large spectre : compréhension de la loi et des infractions, rôle de la responsabilité parentale, comportements à adopter face à des situations de violence dans différents contextes (école, rue, transports), ou encore importance de la responsabilité collective dans le maintien de la paix sociale.

Un premier bilan est d’ores et déjà prévu à la fin du premier trimestre de l’année scolaire afin d’évaluer l’efficacité du dispositif et, si nécessaire, ajuster les actions engagées.

Cette convention s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par le CISPD, instance de coordination intercommunale chargée de piloter la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance. La séance plénière de ce jour a d’ailleurs permis de dresser un état des lieux précis de la situation locale.

Les données présentées font apparaître des évolutions encourageantes. Sur les cinq premiers mois des années 2024 et 2025, les communes de Petite-Terre enregistrent une baisse notable des atteintes volontaires à l’intégrité physique, des atteintes aux biens, ainsi que des cambriolages.

Autre indicateur positif : l’augmentation significative du taux d’élucidation des faits en 2024. La montée en puissance des dispositifs de vidéoprotection semble jouer un rôle déterminant dans cette amélioration, facilitant le travail des forces de sécurité et contribuant à une meilleure identification des auteurs d’infractions.

Ces résultats viennent conforter la stratégie territoriale adoptée par les acteurs locaux. Une stratégie fondée sur trois piliers : la coopération entre institutions, la prévention en amont et l’utilisation d’outils modernes au service de la sécurité.

Avec ce nouveau partenariat, Petite-Terre confirme sa volonté de s’inscrire dans une approche globale et durable de la sécurité. Une approche qui ne se limite pas à traiter les conséquences de la violence, mais qui s’attache à en prévenir les causes profondes.

Car au-delà des chiffres et des dispositifs, c’est bien un projet de société qui se dessine : celui d’un territoire où la sécurité se construit collectivement, dès le plus jeune âge, et où chaque citoyen, futur adulte, est sensibilisé aux valeurs de respect, de responsabilité et de vivre-ensemble.

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Soldat
Journaliste

Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.

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