Trois semaines après son lancement, l’opération de lutte contre la délinquance Kingia dresse un premier bilan jugé « très positif » par les autorités. Lancée début avril, cette mobilisation coordonnée de l’État, des forces de l’ordre et de la justice semble déjà dépasser les objectifs fixés, tant sur le plan sécuritaire que judiciaire.
Selon le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, la dynamique engagée repose avant tout sur une coopération étroite entre les services administratifs et judiciaires. « On contrôle, on caractérise l’infraction, puis on présente les personnes à la justice », résume-t-il, insistant sur la continuité de l’action publique.
Ce dernier avance les interpellations de « cibles prioritaires ». En un mois, 53 personnes ont été arrêtées, alors que l’objectif initial fixé par le ministère de l’Intérieur était de 70 sur deux mois. « Au bout des deux mois, je pense que l’on va largement dépasser cet objectif », anticipe le préfet, évoquant même la possibilité d’atteindre la centaine, comme lors d’opérations précédentes.
Parallèlement, les opérations de terrain se multiplient. Une cinquantaine d’interventions CODAF (Comité opérationnel départemental anti-fraude) ont été menées, visant notamment les marchands de sommeil, les commerces informels ou encore les transports illégaux
Depuis le début de l’opération, plus de 1 700 reconduites à la frontière ont été effectuées. Trois opérations de « dégazage » (ELAN) ont également été menées, avec d’autres prévues à la demande des maires, notamment à Ouangani.
Du côté judiciaire, le procureur de la République, Guillaume Dupont, met en avant une réponse pénale « au rendez-vous ». Depuis le lancement de l’opération le 7 avril, 248 gardes à vue ont été enregistrées, donnant lieu à 237 réponses pénales. Parmi elles, 87 défèrements ont été prononcés, dont 60 % en comparution immédiate.
« Cela signifie qu’une majorité des personnes déférées a été jugée en urgence », précise le magistrat. À titre d’exemple, une journée a vu jusqu’à seize défèrements, contre une moyenne habituelle de cinq à sept.
Au-delà des chiffres, les autorités espèrent un effet durable sur la délinquance. Les précédentes opérations menées en 2023 et 2024, comme Wuambushu ou Place nette, avaient montré une baisse prolongée des actes délictueux plusieurs mois après leur mise en œuvre.
« Les personnes incarcérées ne commettent plus d’infractions, ce qui contribue à une amélioration globale de la sécurité », rappelle Guillaume Dupont, évoquant un « effet induit » bénéfique pour la population.
Alors que Kingia n’est qu’à mi-parcours, l’État affiche sa détermination à maintenir la pression. « Quels que soient les commentaires ou les hésitations, l’État travaille et obtient des résultats », martèle le préfet, saluant l’engagement des forces de police et de gendarmerie.
Ce premier bilan, présenté lors d’un point presse organisé sur le terrain d’une opération de lutte contre les taxis Mabawa, confirme en tout cas une montée en puissance rapide de l’opération, qui entend s’inscrire dans la durée pour « pacifier » le territoire et restaurer l’ordre public à Mayotte.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































