Ambdilwahedou Soumaïla poursuit son projet « Mamoudzou 2030 »

Elu pour un deuxième mandat de maire dans la commune de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, qui vient également d’être élu président de la Cadema (Communauté d’agglomérations Mamoudzou Dembeni), a donc le champ libre pour réaliser son projet de territoire appelé « Mamoudzou 2030 ». Il nous en parle au sein de cette interview.

Flash Info : Vous avez été réélu maire de Mamoudzou dès le premier tour des dernières élections municipales. Comment expliquez-vous un tel succès ?

Ambdilwahedou Soumaïla : C’est multifactoriel, mais c’est vrai qu’il est rare à Mayotte d’enchaîner 2 mandats de maire et surtout d’être réélu dès le premier tour. C’est une véritable marque de confiance de la part des Mamoudzois(e)s dans notre vision « Mamoudzou 2030 », qui s’est transformée depuis en projet de territoire. Il s’agit donc d’une vision à long terme sur 10 ans, puisque nous l’avons initié dès le début de notre premier mandat en 2020. Malgré toutes les crises que nous avons enchaînées : crise covid, crises sociales et sécuritaires, crise de l’eau et Chido, nous avons « tenu bon ».

L’une des explications possibles de ce succès du 15 mars dernier est que nous avons tenu à faire partager notre vision avec les entreprises du territoire ainsi qu’à l’ensemble des associations et, naturellement, avec nos concitoyens. Car Mamoudzou est notre bien commun et nous avons engagé 600 millions d’euros sur ce projet, écoles mises à part car elles bénéficient quant à elle d’un budget séparé de 500 millions d’euros.

F.I : Vous avez également pris soin de poursuivre les projets initiés par votre prédécesseur…

A.S : Lors de ma prise de fonction en 2020, j’ai tenu à prendre connaissance en profondeur de tous les dossiers en cours.  J’ai notamment pris connaissance d’une note concernant l’enfouissement des réseaux et l’éclairage public de la RN1 qui s’étend de Majicavo-Lamir jusqu’à Tsoundzou 2. Il s’agissait d’un projet de mon prédécesseur, arrêté depuis 6 mois avant ma prise de fonction. La Sogea avait stoppé le chantier faute de paiement et la DEALM avait demandé que la Ville prenne en charge tout l’enrobé de la chaussée pour chaque tronçon d’enfouissement. Cela représentait environ 30 voire 40 millions d’euros au lieu de 10 millions prévu initialement. J’ai fait part de ce problème au préfet de l’époque, Jean-François Colombet, qui s’est engagé à s’en occuper puisque ce problème était un enjeu de sécurité publique. Il a donc pu lever le blocage de la DEALM. Par ailleurs, j’ai rencontré l’ensemble des élus du conseil départemental et son président de l’époque, Soibahadine Ramadani, a délibéré pour nous octroyer les 10 millions d’euros qui restaient à notre charge. Nous avons ainsi pu poursuivre et terminer ce projet que nous n’avions pas initié. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais tout cela pour dire que nous avons eu à cœur de poursuivre la quasi-totalité des projets de la mandature précédente, car Mayotte n’a pas de temps à perdre. Si à chaque changement de mandature, on abandonne les projets en cours pour en lancer de nouveaux, l’île ne peut pas avancer. Idem pour les plateaux couverts. Je me suis organisé pour trouver les financements pour terminer les plateaux couverts de M’Tsapéré, de Kaweni et de Vahibé et nous avons pu les inaugurer et en faire profiter les jeunes de la commune.

F.I : Pouvez-vous nous rappeler les « grandes lignes » de votre projet de territoire « Mamoudzou 2030 » ?

A.S : « Mamoudzou 2030 » est un projet visant à faire de Mamoudzou une « ville d’excellence. L’excellence sportive, tout d’abord, en accompagnant nos jeunes directement sur notre territoire. Nous avons mis en place la « bourse d’excellence sportive » de 6000 euros pour tous les jeunes de Mamoudzou qui souhaitent continuer leur formation sportive après l’obtention de leur Bac et éventuellement en faire leur métier. Nous avons créé une école d’excellence sportive municipale au Baobab pour que des éducateurs sportifs performants puissent prendre en charge les jeunes le plus tôt possible. Nous avons signé une convention de partenariat avec un centre de formation à Marseille pour pouvoir y envoyer 12 éducateurs sportifs. Ceci concerne le volet football, mais nous avons initié le même type de démarche pour le basket. Au cours de notre nouvelle mandature, nous comptons ajouter également un sport de combat (qui reste à déterminer) ainsi que le tennis, car le club de tennis nous a vivement sollicité pour pouvoir bénéficier d’un accompagnement de la commune. Cela passera notamment par le fait de réinstaller des terrains de tennis à Cavani comme il en existait autrefois.

F.I : Cette excellence concerne-t-elle également l’éducation ?

A.S : Bien évidemment et nous souhaitons atteindre cette excellence éducative essentiellement au travers de 3 sujets.  Tout d’abord le numérique à l’école. Il faut que nous préparions nos jeunes à être performant dans ce domaine très tôt, dès la maternelle afin de leur donner toutes les chances de réussir. Dans la même lignée, nous souhaitons mettre l’accent sur 2 autres domaines : l’anglais et le développement durable. Comme pour le sport, nous avons mis en place des bourses d’excellence pour les bacheliers. Une de 5000 euros pour ceux qui auront obtenu les félicitations du jury et une autre de 1000 euros pour ceux qui auront obtenu la mention « très bien ». Cela dans le but de les aider à réussir leur première année d’étude supérieure hors territoire. Toutes ces dispositions sont contenues dans le « schéma directeur des écoles », que nous avons mis en place à notre arrivée en 2020, car auparavant il n’y en avait pas. Ce schéma nous a permis de réaliser un diagnostique des écoles pour déterminer le nombre d’enfants déscolarisés, le nombre de salle de classe encore à construire pour réussir à scolariser l’ensemble des enfants de la commune, mais également le nombre d’écoles à rénover. Nous avons également travaillé sur la question de la restauration scolaire que nous avons d’ores et déjà mise en place au sein de l’école Sidi de Doujani. Tous les enfants de cette école peuvent désormais bénéficier d’un vrai repas chaque jour. A la rentrée de septembre 2027, une grande cantine sera inaugurée pour 10 000 élèves des écoles primaires et secondaires. Le schéma directeur des écoles se concentre également sur la question des crèches car il est important de socialiser les enfants le plus tôt possible. La première crèche municipale sera inaugurée à la rentrée 2027 à M’Gombani. La prochaine, de 40 « berceaux », sera inauguré à Kaweni d’ici 2028 ou 2029. Nous offrons également 15 000 euros à toute association porteuse de projets de crèches associatives.

Retrouvez la deuxième partie de cette interview dans notre prochaine édition du mercredi 6 mai 2026

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Journaliste

Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.

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