Les pèlerins mahorais ont passé quelques jours à Médine, ville d’émigration du prophète Muhammad. Très recommandée avant l’accomplissement du Hajj, cette étape permet de se préparer spirituellement et de renforcer les actes d’adoration. Ils partiront pour La Mecque ce mercredi 20 mai afin d’effectuer la Omra, une préparation au grand pèlerinage prévu le 25 mai.
Les pèlerins mahorais vivent actuellement le plus grand voyage de leur vie. La première étape de leur périple a été un court séjour à Médine, située dans l’ouest de l’Arabie saoudite. Cette ville sainte est celle où le prophète Muhammad a émigré après avoir quitté La Mecque, en raison de l’opposition de certains habitants à son message sur l’unicité de Dieu. C’est à Médine que le messager d’Allah a posé les bases de la première communauté musulmane, initiant une société fondée sur la foi, la justice et la compassion.
En 2026, l’association ASPEL accompagne environ 108 pèlerins pour vivre cette expérience unique. Médine est considérée comme la ville lumière, deuxième lieu saint de l’islam après La Mecque. Avec ses montagnes environnantes, ses ruelles paisibles et ses monuments religieux, elle offre un cadre propice au recueillement.
Malgré des températures dépassant parfois les 30 degrés, cette terre sacrée ravive le cœur des voyageurs musulmans à travers des lieux emblématiques tels que la mosquée du Prophète (Al-Masjid an-Nabawi) ou encore le mont Uhud.
Parmi les voyageurs, Kayimou Ahamada, 32 ans, originaire de Chembenyoumba et pèlerin au sein de l’association, vit son premier Hajj, même s’il a déjà accompli plusieurs Omra, le petit pèlerinage. Il témoigne : » Tout se passe pour le mieux, nous sommes bien arrivés. Nous avons pu visiter des lieux emblématiques comme la mosquée de Quba, la première mosquée construite par les musulmans, ainsi que la mosquée du Prophète où il est enterré. On ressent une forte émotion, ce sont des lieux dont on nous parle depuis notre enfance. »
Il insiste également sur le sentiment de paix qui règne dans cette ville sainte : » On ressent un apaisement du cœur ici, c’est très satisfaisant. Les gens sont heureux, apaisés et très courtois. C’est magnifique de voir des personnes venues de tous les pays, de tous les continents et de toutes les nationalités réunies. On se salue, on s’entraide à l’hôtel comme à la mosquée. Même sans parler la même langue, nous partageons la même religion, et cela nous unit. »
Assani Madi Said Chanfi, guide principal des pèlerins depuis 2010, explique de son côté que de nombreux aspects du pèlerinage ont été simplifiés par les autorités saoudiennes et que les conditions d’accueil se sont nettement améliorées au fil des années.
« Ceux qui ont vécu le pèlerinage il y a vingt ans voient clairement la différence. À l’époque, il n’y avait pas ce niveau de confort ni ces hôtels quatre étoiles « , souligne-t-il.
Les voyageurs effectuent des demandes de visites, ensuite organisées par les autorités saoudiennes qui mettent des bus à leur disposition. Selon lui, les visites destinées aux femmes peuvent parfois avoir lieu à des horaires différents de celles des hommes, les groupes étant séparés.
» On peut parfois se plaindre, mais ici, c’est un royaume, ce n’est pas une république « , ajoute-t-il.
Le mercredi 20 mai marquera le départ vers La Mecque. Le 25 mai, les pèlerins se rendront à Mina, puis à Arafat le 26, avant de retourner à Mina le 27 en passant par Mouzdalifah.
» Les pèlerins se préparent physiquement et spirituellement. Cela peut être difficile pour les personnes peu habituées aux fortes chaleurs, mais nous sommes prêts « , insiste le guide.
Ces lieux incarnent des étapes religieuses majeures, notamment le tawaf, sans doute le rite le plus connu du pèlerinage. Mais le chemin reste long et ponctué de nombreux actes d’adoration.
L’association ASPEL ne signale, pour l’heure, aucune difficulté particulière liée au contexte de tensions au Moyen-Orient.





































