Exonérations sociales : le GPM fait le point sur la transition vers LODEOM et la RGDU

Le GPM et le cabinet Neoptim ont réuni une quarantaine de chefs d’entreprise pour les préparer à la fin du CICE et à l’arrivée de nouveaux dispositif d’allègement de charges sociales, LODEOM et la RGDU. Si la LODEOM est présenté comme plus avantageuse, son champ d’action reste flou.

Avec la fin du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) à Mayotte, les employeurs mahorais doivent désormais se tourner vers deux nouveaux dispositifs : la Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU), et l’exonération LODEOM, qui sera applicable à Mayotte à compter du 1er juillet prochain, dans le cadre d’un chantier de convergence vers le droit commun prévu jusqu’en 2035.

C’est pour accompagner cette transition que le GPM, en partenariat avec le cabinet spécialisé Neoptim, a organisé une réunion d’information. Une initiative saluée par les participants,« On y voit plus clair », confie un PDG de PME présent à la réunion, « On n’a pas totalement cerné tous les tenants et aboutissants du programme, mais c’est un dispositif très avantageux pour notre entreprise ».

La RGDU, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, est accessible à tous les employeurs, sans condition de secteur d’activité. Elle remplace l’ancienne réduction Fillon et constitue désormais le socle de base des allègements de cotisations patronales. À Mayotte, ses paramètres sont adaptés au contexte local : le niveau de salaire au-delà duquel l’exonération disparaît est fixé à 1,6 fois le SMIC mahorais, contre 3 fois le SMIC en métropole.

La LODEOM, déjà en vigueur dans les autres départements d’Outre mer arrive à Mayotte le 1er juillet 2026. Son avantage principal : des exonérations de cotisations patronales plus importantes que la RGDU, calculées selon trois barèmes. Le premier, « la compétitivité », toutes les entreprises de moins de 11 salariés, de tous secteurs d’activité, recevront une exonération totale jusqu’à 1,3 SMIC, puis dégressive jusqu’à 2,2 SMIC. Le second, « la compétitivité renforcée », les entreprises de moins de 250 salariés, avec un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, à condition d’exercer dans un secteur éligible, recevront une exonération totale jusqu’à 2 SMIC. Et enfin, « innovation et croissance », pour les PME de moins de 250 salariés, d’un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros créant des projets innovant dans les technologies de l’information et de la communication, recevront une exonération totale jusqu’à 1,7 SMIC. Les paramètres de calcul sont adaptés au SMIC et aux taux de cotisation mahorais.

« Certains participants ont été étonnés d’apprendre qu’ils ne pourraient pas bénéficier du dispositif, comme ceux dans le commerce », « alors qu’il représente plus de 34 % de l’économie mahoraise », souligne le président du GPM, « On aimerait que tous les secteurs soient concernés. Ce serait un signal fort pour le développement de Mayotte » Le PDG de la PME, met en garde : « Avec la disparition du CICE, si une entreprise n’est pas éligible à la LODEOM, ça risque d’être une menace. Les grandes entreprises ont moins de chance d’être éligibles ».

Derrière la technicité des barèmes, c’est bien une question d’emploi qui est posée. « Il y a environ 3 200 entreprises qui créent de l’emploi à Mayotte, rappelle le président du GPM. Ce n’est pas assez par rapport au nombre d’habitants. On a besoin de conforter le secteur privé, de créer de l’emploi, de la confiance ». L’objectif affiché du dispositif est de permettre aux entreprises qui optimisent leurs exonérations de charges sociales de dégager des marges pour embaucher.

Le GPM ne cache pas avoir bataillé pour obtenir mieux. « Dans le passé, notre objectif était de maintenir le CICE au maximum et de réviser le seuil de 2,50 en enlevant l’effet de seuil », rappelle son président. « La réduction dégressive est maintenue, mais le problème, c’est de savoir quels secteurs sont concernés par cette exonération ».

Malgré la réunion d’information, des zones d’ombre demeurent. Notamment la liste de tout les secteurs concernés et le paramètre qui détermine le montant exact de l’exonération en tenant compte du SMIC et des taux de cotisations locaux, qui n’ont pas encore été publiés par l’Urssaf.

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