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Trail des Makis : la course nature s’impose dans le paysage sportif mahorais

Trail des Makis : la course nature s'impose dans le paysage sportif mahorais
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Organisé ce dimanche 21 juin, le Trail des Makis a une nouvelle fois rassemblé des dizaines de passionnés de course à pied et de sports de nature. Au-delà de la performance sportive, l’événement illustre l’essor d’une discipline qui séduit un nombre croissant de Mahorais. Entre recherche de bien-être, goût du défi et découverte des paysages de l’île, le trail s’impose progressivement comme l’un des sports les plus dynamiques du territoire.

Dès les premières heures de la matinée, les sentiers du sud de Mayotte ont retrouvé l’effervescence des grands rendez-vous sportifs. Chaussures de trail aux pieds, sacs d’hydratation sur le dos et regard tourné vers les reliefs de l’île, les participants du Trail des Makis se sont élancés sur différents parcours adaptés à tous les niveaux.

Année après année, cette compétition est devenue un rendez-vous incontournable pour les amateurs de course nature. Si les premiers participants étaient essentiellement des sportifs aguerris, le profil des coureurs a considérablement évolué. Aujourd’hui, employés, étudiants, fonctionnaires, militaires ou simples amateurs de randonnée se retrouvent sur la ligne de départ.

Une évolution qui témoigne d’un intérêt grandissant pour une discipline encore peu connue à Mayotte il y a quelques années.

Une pratique en plein essor

Longtemps dominé par le football, le basket ou les sports de combat, le paysage sportif mahorais voit désormais émerger de nouvelles pratiques. Le trail en fait partie.

L’engouement s’explique notamment par l’accessibilité de cette activité. Contrairement à d’autres disciplines qui nécessitent des infrastructures spécifiques, la course nature profite du terrain de jeu exceptionnel qu’offre Mayotte. Entre les collines du sud, les sentiers forestiers, les crêtes volcaniques et les panoramas sur le lagon, les possibilités sont nombreuses.

Pour de nombreux pratiquants, le trail représente également une manière de sortir du cadre urbain et de renouer avec les espaces naturels de l’île.

« On découvre des endroits où l’on ne va jamais habituellement », explique un participant régulier. « Même quand on habite à proximité, on ne connaît pas forcément tous les sentiers. »

Cette proximité avec la nature constitue l’un des principaux arguments avancés par les adeptes de la discipline.

Le goût du défi

Mais si les paysages attirent les participants, la dimension sportive reste essentielle.

Le Trail des Makis propose des parcours exigeants, mêlant montées, descentes techniques et passages parfois accidentés. Une difficulté qui séduit les sportifs en quête de nouveaux défis.

Depuis plusieurs années, des groupes d’entraînement se sont développés sur l’île. Les réseaux sociaux jouent également un rôle important dans la popularisation de la discipline. Les photos de sorties collectives, les récits de courses et les conseils d’entraînement contribuent à attirer de nouveaux pratiquants.

Pour certains, le trail devient même un objectif personnel. Terminer une première course, améliorer son temps ou s’attaquer à une distance plus longue sont autant de motivations qui poussent les coureurs à s’entraîner régulièrement.

Les organisateurs constatent ainsi une progression du niveau général des participants, mais aussi une augmentation du nombre de débutants.

Un levier pour la santé publique

L’essor du trail intervient également dans un contexte où les questions de santé et d’activité physique occupent une place croissante dans le débat public.

Les professionnels de santé rappellent régulièrement les bénéfices d’une pratique sportive régulière : réduction des risques cardiovasculaires, lutte contre la sédentarité, amélioration du bien-être psychologique ou encore prévention de certaines maladies chroniques.

Dans un territoire confronté à d’importants enjeux sanitaires, la multiplication des événements sportifs apparaît comme un signal positif.

Au-delà de la compétition, le Trail des Makis participe ainsi à la promotion d’un mode de vie plus actif. Les courses attirent non seulement les participants mais aussi leurs proches, créant autour de l’événement une dynamique collective favorable à la pratique sportive.

Un potentiel touristique à développer

L’intérêt du trail dépasse par ailleurs le seul cadre sportif. Dans plusieurs territoires insulaires de l’océan Indien, les courses nature sont devenues de véritables vecteurs de promotion touristique. La Réunion en constitue l’exemple le plus connu avec le Grand Raid, qui attire chaque année des milliers de participants venus du monde entier.

À Mayotte, certains acteurs du secteur estiment que les épreuves de trail pourraient contribuer à renforcer l’attractivité de l’île. Les parcours traversent en effet des paysages remarquables encore largement méconnus du grand public.

L’organisation régulière de compétitions permettrait ainsi de mettre en valeur le patrimoine naturel mahorais tout en générant des retombées économiques pour les hébergements, la restauration ou les services touristiques.

Même si le développement de cette filière reste encore limité, plusieurs observateurs considèrent que le potentiel existe.

Une passion appelée à durer

Le succès rencontré par le Trail des Makis confirme en tout cas une tendance observée depuis plusieurs années : les Mahorais sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les activités de pleine nature.

Porté par une communauté active, un environnement exceptionnel et une offre d’événements en constante progression, le trail semble avoir trouvé sa place dans le paysage sportif local.

À l’heure où les derniers coureurs franchissaient la ligne d’arrivée ce dimanche, une certitude s’imposait déjà : bien plus qu’une simple mode, la course nature est en train de devenir un rendez-vous durable pour de nombreux sportifs mahorais.

Et au vu de l’enthousiasme affiché sur les sentiers, le Trail des Makis devrait encore longtemps faire courir les passionnés de toute l’île.

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Sport et jeunesse : le Département et les communes ouvrent le dialogue

Sport et jeunesse : le Département et les communes ouvrent le dialogue

Samedi 20 juin, la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) du Département a réuni, pour la première fois, les conseillers municipaux chargés de la jeunesse et des sports. Au menu : les enjeux du développement sportif et de l’accompagnement de la jeunesse, sur fond de difficultés financières et d’un manque criant d’infrastructures, dix-huit mois après Chido.

« C’est une première. J’espère que nous ferons ce point deux fois par an », espère la vice-présidente du conseil départemental en charge des sports. Cette réunion d’échange avait pour objectif de permettre aux communes d’exposer leurs difficultés et d’obtenir des réponses du Département.

Pour la vice-présidente du conseil départemental en charge des sports, le sport est avant tout « un outil d’éducation ». La DJS se veut présente sur le terrain, au plus près des habitants, pour promouvoir les valeurs de l’olympisme et développer des partenariats locaux autour d’actions éducatives diversifiées. Le dispositif qui traduit cette ambition est celui des Olympiades, conçues pour faire découvrir un maximum d’activités aux jeunes. Plusieurs communes ont déjà accueilli le dispositif, avec l’appui de comités sportifs, d’associations et de financements assurés par de multiples partenaires locaux. Le Département affiche désormais une ambition claire : être présent sur l’ensemble de l’île en 2026.

À Acoua, le souvenir de la catastrophe reste vif : « Tout était cassé, la jeunesse était perdue, on n’avait plus d’équipement, on ne savait pas quoi faire pour eux tout de suite. » C’est de la rencontre entre la DJS et les communes qu’ont émergé les Olympiades et l’école omnisports. Mais, financièrement, aucune commune ne peut affirmer qu’elle a les moyens, y compris humains, d’encadrer la jeunesse.

D’après le Département, depuis 2018, 177 millions d’euros ont été engagés pour accompagner les communes dans leurs projets d’aménagement, dont 101 millions sont actuellement mobilisés sur le territoire. Un effort tel que la collectivité dit avoir été contrainte de freiner ses investissements, par prudence financière. Le message adressé aux communes est clair : il faut solliciter le Département pour le suivi des conventions et anticiper d’éventuelles prolongations de délais. Faute de quoi, une convention devenue caduque peut ralentir les projets financés par la collectivité. Selon le Département, 16 millions d’euros auraient ainsi été perdus. La priorité de la collectivité est désormais d’achever les chantiers en cours afin de libérer des fonds et d’investir dans de nouveaux projets.

C’est précisément ce gel qui inquiète Dembéni, qui a accueilli les Olympiades et prévoit déjà une deuxième édition, mais déplore l’absence d’infrastructures et craint un arrêt des financements. La commune réclame notamment un plateau sportif et le développement d’autres disciplines.

Le complexe sportif de Pamandzi a fait l’objet de questionnements, avec un stade abîmé, des éclairages hors service et un gymnase régulièrement inondé par la pluie. Cédées par la commune au Département, les infrastructures font l’objet de réflexions, comme l’installation d’un terrain synthétique ou la création d’un stade départemental à l’occasion des Jeux des Îles. Une certitude, côté Département : pas question de fermer le complexe, « car s’il n’y est plus, il n’y a plus rien pour les jeunes ».

À Bouéni, on regrette de ne pas figurer parmi les communes concernées par les actions du Département. Pour la collectivité, l’objectif est bien d’intervenir dans toutes les communes, mais « l’opportunité ne s’est pas encore présentée », le nord ayant été la priorité au lendemain de Chido. Mamoudzou a également formulé une demande, partagée par l’ensemble des communes : faciliter le dialogue et renforcer la collaboration entre les collectivités. Dzaoudzi-Labattoir réclame, de son côté, la gestion de son gymnase, après le succès de ses Olympiades, qui ont rassemblé 1 500 jeunes inscrits, et face à une demande générale de reconduction.

Interrogé sur le sport de haut niveau, le Département rappelle que le dispositif dédié bénéficie à 70 jeunes, dont certains ont intégré des centres de formation, notamment en football. Le Centre d’excellence sportive de Cavani fonctionne lui aussi, avec quatre jeunes partis en centre de formation. L’ensemble représente un budget d’environ 800 000 euros par an, auquel s’ajoute le financement par l’État des équipes qui partent en compétition à l’extérieur.

Du côté du badminton, la ligue a indiqué avoir organisé trois tournois cette année, dont deux destinés aux jeunes, des objectifs atteints malgré des infrastructures difficiles d’accès. Elle se dit prête à cofinancer une partie des équipements en échange de créneaux d’accès aux installations, avec l’ambition d’amener Mayotte aux compétitions internationales, à commencer par La Réunion.

Depuis deux ans, les communes peinent à financer leurs associations. Le Département, qui accompagne déjà les comités dans le dépôt de leurs dossiers, entend désormais demander aux communes de soutenir, à leur tour, le tissu associatif.

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Les Olympiades de Mlezi Maore rassemblent plus de 300 participants à Bandrélé

Les Olympiades de Mlezi Maore rassemblent plus de 300 participants à Bandrélé

Le vendredi 19 juin 2026, Mlezi Maore a organisé la troisième édition de ses Olympiades à Musicale Plage, à Bandrélé. Dès 7h00, près de 300 personnes accompagnées et professionnels issus de plusieurs établissements et services de l’association se sont réunis pour une journée placée sous le signe du partage, de l’inclusion et du vivre-ensemble.

Organisé avec le soutien de la mairie de Bandrélé, de l’Office municipal de la jeunesse et des sports (OMJS), du groupe GTL, de 976 Influence, de Souffle de Soin et de l’Association pour le développement sanitaire et social (ADSS) cet événement a permis de mettre à l’honneur le sport, la culture, la cohésion sociale et la participation des publics accompagnés.

Pour Daoud Abdhallah, directeur d’établissement, cette journée a avant tout pour objectif de favoriser les rencontres entre les différents publics accueillis par Mlezi Maore.

« Cette journée réunit plusieurs publics : des adultes, des enfants et des personnes en situation de handicap. Le but est de favoriser le partage et l’inclusion, mais aussi de casser les clichés. Aujourd’hui, il n’y a pas de différence : nous sommes tous ensemble dans la joie et la bonne humeur, sans distinction ni catégorisation », explique-t-il.

Tout au long de la journée, les participants ont pu prendre part à de nombreuses activités sportives et culturelles : concours de tressage de feuilles de coco, dégustations, beach-volley, beach-soccer, séances de fitness ou encore remise de trophées.

« Cette journée est avant tout une fête où tout le monde repart gagnant. Des récompenses sont remises aux vainqueurs des différentes activités, mais l’essentiel reste la participation et le plaisir partagé », ajoute Daoud Abdhallah.

Pour Brian Bique, moniteur au Centre éducatif fermé de Bandrélé, ces Olympiades constituent également une occasion de valoriser l’action de l’association.

« Cela nous permet de réunir tout le monde autour de défis sportifs et éducatifs. C’est aussi l’occasion de montrer une autre vision de Mlezi Maore et de faire découvrir nos actions au grand public », souligne-t-il.

Présent lors de l’événement, Wirdane Djae, président de la Communauté de communes du Sud de Mayotte (CCSud), a rappelé l’importance de soutenir les initiatives favorisant la cohésion sociale sur le territoire.

« La CCSud porte également les valeurs du vivre-ensemble et de la cohésion. Nous représentons quatre communes du sud de Mayotte et il était naturel pour nous de répondre présents aujourd’hui pour soutenir cette belle initiative », déclare-t-il.

À travers cette troisième édition des Olympiades, Mlezi Maore confirme sa volonté de créer des espaces de rencontre, d’échange et de convivialité entre les différents publics qu’elle accompagne, tout en sensibilisant la population aux valeurs de solidarité, d’inclusion et de respect de la différence.

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À Mayotte, 44 % des mineurs vivent dans des logements en tôle

À Mayotte, 44 % des mineurs vivent dans des logements en tôle

Avant le passage du cyclone Chido, les conditions de logement à Mayotte restaient marquées par une précarité massive, selon la nouvelle enquête Logement de l’Insee, présentée ce jeudi 18 juin. Réalisée entre septembre 2023 et juillet 2024, cette étude, la deuxième menée dans le département après celle de 2013, dresse un constat de stabilité inquiétante : près de trente ans après 1997, la part de logements en dur n’a quasiment pas progressé.

« C’est une enquête très structurante », rappelle Atubou Antoy, chef du service régional de l’Insee à Mayotte. Menée avant le cyclone Chido, elle ne mesure donc pas les destructions ou dégradations provoquées par l’événement de décembre 2024. Mais pour l’Insee, les résultats restent indispensables pour comprendre la situation de départ. « On va attendre le recensement, mais on n’a pas la sensation que ces chiffres soient complètement caduques », avance Jamel Mekkaoui.

Le premier enseignement est lourd : la fragilité du bâti demeure. En 1997, 65 % des logements étaient en dur. Début 2024, cette part atteint 64 %. À l’inverse, l’habitat fragile représente encore 36 % du parc, composé presque entièrement de maisons en tôle. « Mayotte se singularise par des difficultés liées aux logements plus importantes qu’ailleurs », souligne Jamel Mekkaoui.

Cette précarité touche d’abord les ménages les plus pauvres. Dans les logements en tôle, seuls 11 % des adultes se déclarent en emploi. Les trois quarts des habitants n’ont aucun diplôme. Et si 57 % des résidents de ces logements sont nés en France, cela s’explique surtout par la présence d’enfants nés à Mayotte. Chez les adultes vivant dans l’habitat précaire, 76 % sont nés à l’étranger, tandis que 83 % des mineurs sont nés à Mayotte.

Les enfants apparaissent ainsi comme les premières victimes de cette précarité. À Mayotte, où les mineurs représentent la moitié de la population, leurs conditions de logement sont plus défavorables que celles des adultes. Selon l’Insee, 44 % des mineurs vivent dans des maisons en tôle, contre 35 % des majeurs. Dans ces constructions, 29 % vivent au quotidien sur de la terre battue. Ils sont aussi plus souvent privés d’équipements essentiels : 32 % n’ont pas l’eau courante dans leur logement et 23 % n’ont pas accès à l’électricité à domicile, contre respectivement 25 % et 19 % des adultes.

L’accès à l’eau reste l’un des marqueurs les plus forts des difficultés de logement. Début 2024, un ménage sur quatre ne dispose pas d’eau courante à l’intérieur de son logement. La situation varie fortement selon le type de bâti : 61 % des ménages vivant dans des maisons en tôle n’ont pas l’eau à l’intérieur, contre 6 % dans les logements en dur. « Un ménage sur quatre n’a pas accès à l’eau à l’intérieur du logement », résume Jamel Mekkaoui.

Pour ces ménages, les bornes-fontaines monétiques sont devenues le principal point d’approvisionnement. Elles sont utilisées par 51 % des ménages sans eau courante, alors qu’en 2013, beaucoup s’approvisionnaient encore chez un tiers ou un parent. L’Insee relève aussi le recul du recours aux ruisseaux, passé de 10 % à 5 %.

Mais même les logements raccordés n’ont pas été épargnés par la crise de l’eau. Début 2024, 96 % des ménages disposant de l’eau à l’intérieur déclaraient avoir subi des coupures au cours des douze mois précédents. Parmi eux, 63 % faisaient état de coupures quotidiennes et 36 % d’interruptions au moins hebdomadaires.

Sur l’électricité, la situation s’est nettement dégradée depuis 2013. Début 2024, 19 % des logements n’y avaient pas accès, contre 6 % onze ans plus tôt. Dans les maisons en tôle, la part des logements sans électricité est passée de 15 % à 47 %. L’Insee relie cette aggravation aux campagnes de lutte contre les raccordements sans autorisation, susceptibles de présenter des risques d’électrocution et de surcharge du réseau.

Eau, douche, toilettes : un logement sur deux encore privé du confort de base

Les conditions sanitaires restent elles aussi très éloignées des standards nationaux. Un logement est considéré comme disposant du confort sanitaire de base lorsqu’il a, à l’intérieur, l’eau courante, des toilettes et une douche ou une baignoire. À Mayotte, 54 % des logements n’en disposent toujours pas. La situation s’améliore toutefois par rapport à 2013, où cette part atteignait 62 %. L’amélioration concerne surtout les logements en dur : 31 % n’ont pas le confort sanitaire de base en 2024, contre 41 % en 2013. Dans les logements en tôle, en revanche, la précarité demeure quasi généralisée : 96 % n’ont pas ce confort de base.

Autre indicateur marquant : 44 % des logements ne sont pas équipés de toilettes à l’intérieur. Dans 19 % des cas, les habitants n’en disposent ni à l’intérieur ni à l’extérieur du logement, signe d’une insalubrité persistante pour une partie de la population.

L’étude met aussi en évidence une forte fracture au sein du parc de logements. Une partie des ménages, principalement dans les logements en dur, voit ses conditions de vie s’améliorer. Les logements avec carrelage, confort sanitaire de base, cuisine et électricité représentent désormais 39 % du parc, contre 28 % en 2013. Dans ces habitations, la climatisation progresse rapidement : 71 % en sont équipées, davantage que l’eau chaude sanitaire. « La dichotomie entre les populations est plus accentuée », relève Jamel Mekkaoui.

À l’autre bout du spectre, Mayotte reste confrontée à un parc social très limité et à un habitat collectif peu développé, malgré une densité de population parmi les plus fortes de France. Début 2024, l’île ne compte que 1 400 logements sociaux, soit moins de 2 % du parc de résidences principales. L’habitat collectif représente seulement 8 % des logements.

Enfin, l’Insee consacre une partie de son enquête à une réalité mahoraise souvent complexe : la propriété du logement et l’occupation du terrain. Seuls 28 % des ménages se déclarent propriétaires à la fois de leur logement et du terrain sur lequel il est construit, contre 35 % en 2013. Beaucoup de ménages se disent propriétaires de leur maison sans posséder le terrain, ou logés gratuitement. Parmi les occupants, 17 % ne savent pas à qui appartient le terrain. Et parmi les locataires, deux tiers ne disposent pas de bail écrit. « On voit que le bail n’est pas la norme à Mayotte », commente Jamel Mekkaoui.

Ces résultats dépassent le seul champ statistique. Ils éclairent des questions au cœur du débat public mahorais : l’habitat indigne, l’accès à l’eau, l’occupation du foncier, la régularisation des terrains, mais aussi les inégalités entre habitants. Surtout, ils montrent que la crise du logement était déjà profondément installée avant le passage de Chido.

« L’état des lieux qu’on fait actuellement ne nous a pas l’air complètement bouleversé par le cyclone. Je suis prudent, parce qu’il faut avoir des données », souligne Jamel Mekkaoui. Pour le statisticien, cette enquête permet aussi de rappeler que les difficultés liées au logement à Mayotte ne commencent pas avec Chido. « Aujourd’hui, dans le débat public, surtout national, on a l’impression que le cyclone est l’alpha et l’oméga de tous les problèmes. Mais le constat qui est fait avant Chido montre que les difficultés liées au logement à Mayotte sont indépendantes du cyclone », insiste-t-il.

Reste désormais à mesurer précisément l’impact de l’événement sur le parc de logements. « Est-ce que le cyclone a amélioré les choses ? C’est peu probable. De quelle manière il a impacté la situation, on pourra y répondre d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. » conclut Jamel Mekkaoui.

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« L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua » : Bob Kira réhabilite la figure de son père à travers un livre

« L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua » : Bob Kira réhabilite la figure de son père à travers un livre
Le livre narre la biographie de Saïd Toumbou, étroitement liée à l’histoire de Mayotte * image d'illustration générée par ia

Le chanteur et musicien Bob Kira, fils d’une figure historique mahoraise souvent mal comprise, Saïd Toumbou, tente de réhabiliter la figure de son père à travers un livre. Dans « L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua », il revient sur les évènements majeurs de sa vie, étroitement mêlés à l’histoire de Mayotte, et clarifie sa position.

Figure tombée dans un oubli relatif, Saïd Toumbou a pourtant activement fait partie de la vie politique mahoraise de la fin de la période coloniale. Député de Mayotte, au même titre que Younoussa Bamana, dans les années 60, leur vision pour leur île ainsi que leur appartenance politique se sont fortement confrontées. Exclu de la sphère politique dominante de l’époque suite à de multiples incompréhensions, Saïd Toumbou s’est rapproché, par réaction, du mouvement « serré-la-main » qui prônait un rapprochement avec les Comores.

De là à croire que ce personnage souhaitait intégrer politiquement Mayotte aux Comores lors de l’indépendance, il n’y a qu’un pas que la plupart des gens « franchissent un peu trop vite » selon son fils Bob Kira, devenu un chanteur phare de la sphère musicale mahoraise dans les années 90-2000. C’est la raison pour laquelle il a souhaité écrire le livre « L’adjudant Toumbou, le légendaire d’Acoua » pour tenter d’expliciter les véritables idées de son père, pour lui bien trop caricaturées par la postérité.

Une volonté d’autonomie et de liberté tout en restant Français

« Saïd Toumbou ne souhaitait pas l’indépendance ni l’intégration de Mayotte au gouvernement des Comores. En revanche, il souhaitait un statut plus « autonome » pour notre île, contrairement à Marcel Henry et Younoussa Bamana, qui ont prôné la départementalisation de Mayotte depuis le début via le Mouvement Populaire Mahorais (le MPM) », explique Bob Kira. Dans son livre, ce dernier revient sur plusieurs évènements majeurs de l’histoire de Mayotte, notamment l’emprisonnement « injuste » de son père lors de la manifestation des chatouilleuses devant les locaux de l’ORTF en 1967, qui pour lui, serait due à « une manigance de Marcel Henry afin d’éliminer tout adversaire politique ». Le chanteur explique dans son livre que : « C’est à sa sortie de prison qu’il se tourne vers le mouvement « serré -la-main », en réaction à l’exclusion politique dont il est victime ». Mais Toumbou n’est pas un indépendantiste pour autant, puisque le livre précise qu’il considérait cette dernière comme « dangereuse pour Mayotte », tout en « ne croyant pas à la départementalisation ».

Sa position était donc de trouver une position intermédiaire pour Mayotte : continuer à faire partie de la France tout en conservant une certaine liberté lui permettant de conserver ses coutumes et son ordre social. Mais cette position, comme souvent les positions intermédiaires, n’a pas été comprise et la postérité au fait de Toumbou un « indépendantiste », favorable à l’intégration de Mayotte dans le giron comorien, d’où la haine qui subsiste encore actuellement envers cette figure politique au sein de la société mahoraise.

Les conséquences de la départementalisation sur la Mayotte d’aujourd’hui

C’est en constatant la déliquescence sociale de Mayotte aujourd’hui, notamment avec la délinquance galopante, que Bob Kira a estimé important de réhabiliter les idées de son père au travers d’un livre. Pour lui, il est indispensable de « revitaliser l’arbre de la liberté », car il estime que le problème de Mayotte actuellement est « qu’elle attend tout de la France au lieu de prendre en main son propre destin ». « Aujourd’hui les Mahorais sont devenus paresseux. Or il n’a jamais été dans l’idée de la France de véritablement développer Mayotte. Si nous ne lui proposons pas notre propre concept de développement, les choses n’évolueront pas. Les Mahorais doivent montrer autre chose à la France », estime le chanteur pour lequel les problèmes de délinquance sont également le fruit d’une perte de repère chez les jeunes due à la destruction progressive des instances qui structuraient autrefois en profondeur la société mahoraise.

En narrant la biographie de son père, son accession au rang d’adjudant de l’armée française et de figure politique majeure de l’île ensuite, il souhaite également rappeler aux gens que « Mayotte n’est pas réellement pauvre », mais qu’il faut savoir utiliser les ressources dont elle dispose grâce au travail et à la discipline. « Je refuse de marcher alors que j’ai un cheval », résume-t-il en ajoutant que « les hommes qui souhaitent conduire Mayotte aujourd’hui devraient prendre exemple sur son père au lieu de tout attendre de la France ». Il appelle également à faire cesser la lutte fratricide au sein des familles mahoraise entre « soroda » et « serré la main », qui perdure encore en 2026 et à cause de laquelle, selon Bob Kira, « on ne peut rien construire ». « Il faut se réconcilier et se réunir autour des enjeux essentiels de l’île pour inventer ensemble le nouveau concept de Mayotte de demain », conclut-il.

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Journée mondiale de la drépanocytose : la réalité d’une lutte sanitaire à Mayotte

Journée mondiale de la drépanocytose : la réalité d'une lutte sanitaire à Mayotte

Ce vendredi 19 juin a eu lieu la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Le Centre de référence des maladies rares du CHM a organisé une conférence à Kawéni, mettant à l’honneur le thème de la douleur et réunissant le grand public. D’autres actions de sensibilisation ont également été mises en place au cours de la semaine.

La drépanocytose est une maladie héréditaire du sang due à la production d’une protéine anormale (HbS). Elle entraîne une déformation des globules rouges. En raison de cette anomalie, ces derniers ne transportent plus correctement l’oxygène dans l’organisme.

À Mayotte, deux enfants naissent chaque jour porteurs du gène de la maladie et, chaque mois, deux enfants naissent atteints de la drépanocytose. La première partie de la campagne de sensibilisation s’est concentrée sur les porteurs sains. Ceux-ci possèdent le gène, mais ne développent pas la maladie. En revanche, lorsque les deux parents sont porteurs du gène, il existe un risque de transmettre la maladie à leur enfant. Le CHM a ainsi développé des actions de dépistage et d’accompagnement afin de les soutenir dans leur projet de parentalité. Certains jeunes parents découvrent d’ailleurs qu’ils sont porteurs du gène au moment du diagnostic posé chez leur enfant.

Lors de cette conférence, le Centre de référence des maladies rares a souhaité mettre l’accent sur le thème de la douleur, tout en démontrant son impact considérable sur le quotidien des patients, dans un système de santé déjà fragilisé. Cette douleur liée à la drépanocytose est décrite comme physiquement insoutenable, comme l’explique Abdourahim Chamouine, pédiatre et coordinateur du Centre de référence de la drépanocytose à Mayotte :

« Les douleurs peuvent toucher tout le corps, notamment les os. Les patients ont l’impression d’être écrasés par une voiture, frappés par un marteau ou encore de ressentir des sensations de brûlure. Les crises peuvent durer quelques secondes comme plusieurs jours. »

Au-delà de l’aspect physique et chronique de la maladie, le médecin insiste sur la souffrance psychique, qui entraîne d’importantes répercussions sur la vie sociale et relationnelle des patients.

« Lorsque l’entourage montre peu de compassion, cela entraîne des retentissements psychologiques supplémentaires qui viennent s’ajouter à la maladie. La crise atteint alors son paroxysme. »

Cette conférence a également permis à l’équipe soignante du CHM de recueillir la parole des patients et de leurs familles, qui ont exprimé leur détresse face au suivi médical, aux délais d’attente et à une prise en charge qu’ils jugent trop longue. Ils ont également fait part de leur frustration face au manque de compréhension de leur maladie, qui s’ajoute aux difficultés liées à l’insuffisance des moyens matériels.

Le docteur Chamouine évoque également les stéréotypes auxquels les patients sont confrontés :

« Ils sont très sensibles à la stigmatisation. Ils entendent des remarques telles que : « Il vient chercher sa dose de morphine » ou encore : « C’est quelqu’un qui est addict aux antalgiques, mais il n’est pas malade.«  »

Le personnel soignant apporte un accompagnement adapté, propose des traitements médicamenteux, recommande le repos, une bonne réhydratation et conseille d’éviter les situations de stress.

En 2024, l’ARS Mayotte estimait à 4 % la proportion de porteurs sains sur le territoire. Or, selon le docteur Chamouine, les soignants ont identifié un taux de 10 % lors d’une opération de dépistage menée sur la place de la République, à Mamoudzou. Des chiffres qui témoignent de l’existence d’une urgence sanitaire silencieuse, mais bien réelle, sur l’île, dans un système de santé qui peine à répondre à des besoins croissants, notamment en raison du manque de personnel.

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Solidarité : une grande distribution gratuite de vêtements à Cavani dimanche

Solidarité : une grande distribution gratuite de vêtements à Cavani dimanche

L’association Omoiyari organise une nouvelle distribution gratuite de vêtements ce dimanche 21 juin à partir de 8 h 30 à Cavani. Destinée aux personnes et familles en situation de précarité, cette action solidaire vise à répondre aux besoins les plus urgents tout en renforçant les élans d’entraide sur le territoire.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des opérations menées par l’association grâce à l’engagement de ses bénévoles, de ses partenaires et de ses donateurs. Omoiyari annonce d’ores et déjà que d’autres distributions seront organisées tout au long de l’année, avec une prochaine action prévue dès la semaine suivante en partenariat avec le Centre hospitalier de Mayotte (CHM).

À travers ces rendez-vous solidaires, l’association entend rappeler que chaque geste compte pour soutenir les personnes les plus vulnérables.

Sport et jeunesse : le Département réunit acteurs sportifs pour préparer l’avenir

Sport et jeunesse : le Département réunit acteurs sportifs pour préparer l'avenir

Le Département de Mayotte organise, ce samedi 20 juin, une réunion d’échanges consacrée au développement du sport et aux politiques en faveur de la jeunesse. Initiée par la 4ᵉ vice-présidente en charge des Sports, de la Culture et de la Jeunesse, Zouhourya Mouayad Ben, cette rencontre intervient dans le contexte du renouvellement des équipes municipales après les élections de mars 2026. Prévue de 10 h à 12 h à l’hémicycle Younoussa Bamana, à Mamoudzou, elle réunira les acteurs institutionnels afin de partager leurs ambitions pour le territoire et de jeter les bases de futures collaborations. Le Département y présentera également les grandes orientations de sa politique sportive ainsi que les dispositifs d’accompagnement destinés à soutenir la jeunesse mahoraise.

Mamoudzou ouvre les inscriptions pour son 2ème vide-greniers

Mamoudzou ouvre les inscriptions pour son 2ème vide-greniers

Le public est invité à réserver sa place pour la deuxième édition du vide-greniers organisée par la Ville de Mamoudzou. L’événement se tiendra le dimanche 5 juillet 2026 sur le remblai de M’tsapéré, face à la mosquée du vendredi. Réservé exclusivement aux particuliers, ce rendez-vous convivial permettra aux familles de vendre des objets dont elles n’ont plus l’usage, mais aussi de faire de bonnes affaires dans une ambiance chaleureuse. Vêtements, livres, jouets, articles de décoration ou encore petits équipements du quotidien pourront ainsi trouver une seconde vie.

Les personnes souhaitant exposer peuvent télécharger leur dossier d’inscription sur le site de la mairie ou le retirer auprès de la Direction attractivité et études statistiques, située à la mairie annexe de M’tsapéré. Les dossiers complétés devront être déposés au plus tard le 30 juin 2026. Le tarif est fixé à 15 euros par emplacement de 6 m². La Ville précise que les inscriptions seront closes dès que le nombre maximal d’exposants sera atteint. Toutes les informations pratiques, la fiche d’inscription ainsi que le règlement intérieur sont disponibles sur le site de la Ville de Mamoudzou.

Aéroport de Mayotte : le trafic aérien reprend dès ce vendredi matin

Aéroport de Mayotte : le trafic aérien reprend dès ce vendredi matin

Levée de grève, hier soir, à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Instants de joie et d’allégresse sur le trajet qui mène de l’ancienne aérogare aux nouveaux bâtiments : les membres de l’intersyndicale n’ont pas caché leur satisfaction d’avoir réussi à faire plier la direction d’EDEIS Aéroport de Mayotte et son pendant sécuritaire, GISM Mayotte Airport Security. La plateforme aéroportuaire est de nouveau opérationnelle à compter de ce vendredi matin 19 juin 2026.

Tous les représentants des syndicats du personnel de l’aéroport de Mayotte ont apposé leur signature au protocole de fin de crise, mettant ainsi un terme à plusieurs jours de grève qui ont fortement perturbé le trafic aérien dans le ciel mahorais.

« J’ignore si je pourrai rejoindre mon lieu de travail demain à Saint-Denis. Il y a de quoi être inquiète lorsqu’on a été contrainte de rebrousser chemin à La Réunion en milieu de semaine parce que l’aéronef qui nous transportait n’a pas pu se poser à Pamandzi en raison de la grève », raconte Nathalie M., venue participer à un conseil d’administration à Mamoudzou.

Dans la même réunion, Marianne F. n’a cessé de scruter sa montre, se demandant à quel moment elle devrait écourter sa présence afin de rejoindre Pamandzi dans les temps et tenter d’embarquer sur un vol à destination de Gillot. « C’est vraiment compliqué et préjudiciable pour les personnes qui ont un pied dans chacun des deux départements voisins. Mais que faire d’autre que de croiser les doigts en espérant que ce mouvement se résolve très rapidement ? »

Ces deux personnes peuvent désormais être rassurées : leurs vœux ont été exaucés. « Tout est rentré dans l’ordre ce soir. Nous reprenons tous le chemin du travail demain matin. Nos revendications ont été satisfaites. La grève est maintenant terminée », exulte Naïm au milieu d’un concert improvisé sur un air célèbre du chanteur Bob Kira, diffusé à plein volume par des haut-parleurs portatifs posés sur le dos de certains manifestants. « Douéééé, aïa doué… ! »

« C’est bon, tout est vraiment bon pour nous tous. Il fallait résister et nous avons réussi à tenir le coup en restant solidaires jusqu’au bout », déclare l’une de ses collègues dans une euphorie totale, sous le regard des quelques passants, des chauffeurs de taxi encore présents aux arrêts dédiés ainsi que des policiers chargés de bloquer les accès aux terminaux d’enregistrement des bagages.

EDEIS et GISM accordent une augmentation de salaire de 5 % et une prime variable

Les haut-parleurs continuent de diffuser des refrains repris en chœur par les grévistes, qui esquissent quelques pas de danse improvisés. Dans leurs bras, les bannières de leurs syndicats respectifs flottent au vent sous une brise nocturne chargée d’une fraîcheur venue du large.

Toumbou Irchad (CGT-Ma) est le premier représentant syndical à s’adresser à Flash Info, seul média présent sur les lieux hier soir.

« Ça n’a pas été facile pour nous d’arracher des concessions à notre employeur. Nous étions en négociation depuis 9 heures ce matin et, comme vous le voyez, c’est seulement maintenant, à presque 19 heures, que nous avons réussi à nous entendre, avec du positif à la clé. Les deux entités, EDEIS et GISM, nous accordent chacune 5 % d’augmentation de salaire sur les 10 % que nous réclamions. Cela nous satisfait et nous levons donc la grève. Le trafic redeviendra normal sur l’aéroport dès demain », a conclu Toumbou Irchad.

Selon lui, la principale difficulté des négociations a porté sur l’attribution d’une prime exceptionnelle. EDEIS et GISM étant deux entités juridiques distinctes, elles appliquent des conventions collectives différentes, dont l’une intègre déjà un dispositif d’intéressement. Cette situation a sensiblement compliqué le travail des négociateurs.

Les agents de GISM Mayotte Airport Security ont finalement obtenu une prime de 1 700 euros, contre les 4 000 euros initialement réclamés.

Pour sa part, Nissia, qui s’est exprimée au nom du personnel d’EDEIS Aéroport de Mayotte, a indiqué que « ces trois jours de discussions ont été très laborieux, mais au final nous sommes satisfaits du résultat obtenu. Notre objectif était de réduire l’écart entre les salaires les plus bas et les plus élevés. Dans cette logique, nous avons privilégié les plus faibles rémunérations grâce à cette augmentation de 5 %. Une prime d’intéressement sera réévaluée afin que nous obtenions au minimum 3 300 euros par agent sur l’ensemble du personnel d’EDEIS. Une petite compensation a également été accordée aux agents en contrat à durée déterminée (CDD), même si leur situation ne leur permettait pas de participer pleinement au mouvement de grève ».

La jeune déléguée syndicale a également apporté des précisions concernant les agents qu’EDEIS avait fait venir à grands frais de La Réunion et du Canada il y a quelques jours afin de contourner le mouvement de grève et d’assurer le fonctionnement de l’aéroport. Elle affirme que la société ne les a finalement pas déployés sur le terrain, en raison du signalement effectué par les grévistes auprès des autorités locales compétentes en matière d’emploi, mais aussi de leur méconnaissance des spécificités de la plateforme aéroportuaire de Mayotte.

Elle le répète avec conviction : « La grève est terminée. Les avions voleront sans aucune contrainte dès ce vendredi. »

Une page se tourne donc à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi.

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Convergence sociale : Mayotte s’alignera sur le droit national d’ici 2036

Convergence sociale : Mayotte s'alignera sur le droit national d'ici 2036

Présenté ce 18 juin à la CSSM par l’État, un projet d’ordonnance détaille la trajectoire de « convergence sociale » de Mayotte. L’objectif est d’aligner d’ici 2036 la protection sociale de l’archipel sur celle du reste du pays, avec davantage de prestations mais aussi des cotisations en hausse.

Le préfet de Mayotte, accompagné de la direction de la Sécurité sociale, de la direction générale de la cohésion sociale et de la direction générale des outre-mer se sont déplacés à Mayotte. Ils ont présenté un projet d’ordonnance qui fixe la trajectoire de la « convergence sociale ».

L’objectif est d’aligner complètement les règles de protection sociale applicables à Mayotte sur celles du reste du territoire national et des autres départements d’outre-mer. Cette dynamique est engagée depuis 2011, mais la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte a décidé de l’accélérer et de la compléter.

Dès 2026, les exonérations de cotisations sociales, les exonérations générales et celles prévues pour l’outre-mer s’appliquent à Mayotte. La prime d’activité sera revalorisée. En 2028, les assurés mahorais seront affiliés au régime général de la Sécurité sociale. La Caisse de Sécurité sociale de Mayotte (CSSM) deviendra un organisme de base de ce régime général et rejoindra le réseau des caisses locales. D’ici 2031. Le SMIC net de Mayotte sera aligné sur le niveau national, avec une hausse de 2,5 points chaque année, en plus des revalorisations nationales. Le SMIC mahorais représente aujourd’hui 87,5 % du SMIC national. La quasi-totalité des prestations, notamment celles des branches famille et maladie, la prime d’activité et les minima sociaux seront également alignés à cette échéance. D’ici 2036, les cotisations auront atteint leur niveau cible, l’ensemble des prestations de droit commun seront applicables. En contrepartie les dispositifs de solidarité spécifiques à Mayotte seront supprimés.

Par exemple, pour une famille, les allocations familiales passeront de 153 euros par mois en 2026 à 229,52 euros en 2027, puis à 347,32 euros en 2031. À cela s’ajoutent des prestations qui n’existaient pas jusqu’ici à Mayotte : l’allocation de base de la PAJE sera créée en 2027 et la prime à la naissance en 2029.

L’autre face de la réforme, c’est la hausse progressive des cotisations sociales. Le projet d’ordonnance prévoit une montée par paliers jusqu’à atteindre les taux cibles en 2036. Cette trajectoire apportera plus de droits, mais aussi davantage de cotisations versées par les employeurs et les actifs. C’est pour cette raison que la réforme se veut graduelle. Une démarche « nécessaire pour préserver l’équilibre économique de l’archipel », explique la préfecture.

La trajectoire fera l’objet d’un suivi, au niveau national, les administrations compétentes en assureront le pilotage, avec l’appui technique des caisses nationales de Sécurité sociale. Au niveau local, le préfet réunira les parties prenantes au sein d’une instance dédiée, chargée de veiller à la mise en œuvre des mesures sur le territoire. La CSSM, elle, accompagnera les assurés et les cotisants tout au long du processus.

Le projet d’ordonnance présenté cette semaine doit être publié d’ici août. Viendront ensuite les décrets d’application qui préciseront, mesure par mesure, le détail de ce projet d’une dizaine d’années. Un chantier de longue haleine, dont les premiers effets se feront sentir dès cette année.

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Une championne olympique à M’Tsangamouji

Une championne olympique à M’Tsangamouji
La championne olympique a reçu un salouva en guise de cadeau de bienvenue de la part de la municipalité.

Championne olympique, championne du monde et ancienne meilleure joueuse de la planète handball, Allison Pineau est en visite à M’Tsangamouji du 18 au 20 juin. Invitée par la municipalité dans le cadre de son programme de développement du sport pour l’égalité, l’ancienne internationale française est venue partager son expérience avec les jeunes et porter un message d’espoir et de réussite par le sport.

L’événement est suffisamment rare pour être souligné. Ce jeudi, le plateau sportif couvert de Chembenyoumba a accueilli l’une des plus grandes figures du handball français et international. À son arrivée, Allison Pineau a été reçue par la première adjointe au maire, Boueni Boura Malidi, avant d’être honorée de chant et d’acclamation, vêtue d’un salouva vert et jaune.

« C’est incroyable. Nous avons l’occasion de recevoir une star olympique de cette envergure. C’est l’occasion d’en profiter et de la voir de si près », confie Roumane Fundi, éducateur sportif. Tout au long de l’après-midi, habitants, associations sportives et élus se sont succédé pour saluer celle qui a marqué l’histoire du handball féminin français au sein du plateau sportif de Chembenyoumba.

Un palmarès hors normes

La municipalité de M’Tsangamouji n’a pas choisi n’importe quelle sportive. Originaire de Guadeloupe et ayant grandi en Seine-Saint-Denis, Allison Pineau possède l’un des plus impressionnants palmarès du sport français.

Championne olympique à Tokyo en 2021, championne du monde en 2017 et championne d’Europe en 2018, elle fait partie du cercle très fermé des joueuses ayant remporté les trois plus grands trophées internationaux du handball féminin. À cela s’ajoutent plusieurs titres nationaux, notamment avec Metz Handball, ainsi qu’une distinction individuelle prestigieuse : celle de meilleure joueuse du monde décernée par la Fédération internationale de handball en 2009, alors qu’elle n’avait que 20 ans.

Retraitée des terrains depuis un an, l’ancienne demi-centre poursuit aujourd’hui son engagement en faveur de la jeunesse, de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Une rencontre née d’une histoire commune

Si la venue d’Allison Pineau à Mayotte a pu surprendre, elle est en réalité le fruit d’une relation nouée depuis plusieurs années entre la sportive et la commune. « Il y a un historique entre nous », explique Valdo Ahamada Combo, adjoint au sport. « En juillet 2024, nous avons lancé un projet sportif propre à la commune. Puis il y a eu la Nuit du handball, qui a remporté le prix du meilleur projet sport et culture lors du Congrès des maires. C’est Allison Pineau qui nous a remis cette récompense. Nous partageons les mêmes valeurs autour de l’égalité et de la lutte contre les injustices. C’est donc tout naturellement que nous avons souhaité l’inviter. » Pour l’élu, cette visite est aussi une reconnaissance du travail mené localement en faveur du sport comme outil d’émancipation sociale.

« Ce ne sont pas les médailles qui nous animent »

Face aux jeunes sportifs venus la rencontrer, Allison Pineau a tenu à dépasser le simple récit de ses succès sportifs. « Après avoir été championne du monde, championne d’Europe et championne olympique, l’appétit vient en mangeant. Mais ce ne sont pas les médailles qui nous animent. Ce sont les parcours, les trajectoires et les personnes que l’on peut inspirer », explique-t-elle. L’ancienne internationale a insisté sur le rôle du sport comme levier de réussite et d’intégration.

« Il faut savoir rêver et se donner les moyens d’y parvenir. Le sport peut être un moteur social extraordinaire. À travers nos parcours, nous pouvons transmettre un message d’espoir aux jeunes générations. » Un discours qui résonne particulièrement à Mayotte, où de nombreuses associations et collectivités misent sur le sport pour accompagner la jeunesse. Visiblement touchée par l’accueil reçu, Allison Pineau n’a pas caché son émotion. « Je suis très surprise et très touchée. Voir cette mobilisation, cette bâche à mon effigie, cet accueil chaleureux, c’est énorme. Je ne viens pas souvent dans cette partie de l’outre-mer. Je remercie les habitants pour leur gentillesse et leurs sourires. » L’ancienne joueuse dit également retrouver à Mayotte des valeurs qui lui sont chères. « J’ai toujours travaillé auprès de la jeunesse. Je viens moi-même du 93. Je sais ce que représente le fait de croire en ses rêves malgré les difficultés. »

Un modèle pour la jeunesse mahoraise

Dans le public, de nombreuses familles avaient fait le déplacement. Parmi elles, Zouhourya Mouayad Ben, voit dans cette rencontre une occasion unique. « Allison Pineau est un exemple pour les jeunes filles. Elle montre qu’une femme peut réussir au plus haut niveau tout en restant proche des gens. Nous avons besoin de modèles comme elle. »

Au-delà de l’événement sportif, les organisateurs espèrent que cette visite laissera une trace durable dans l’esprit des jeunes Mahorais. « Pour promouvoir les valeurs du sport, nous avons besoin d’icônes capables d’inspirer », résume un responsable communal. « Sa présence peut créer un déclic chez certains jeunes et leur donner confiance en leurs capacités. »

Jusqu’au 20 juin, Allison Pineau poursuivra son séjour à M’Tsangamouji avec plusieurs rencontres dans les établissements scolaires et auprès des jeunes licenciés des clubs de handball de la commune.

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Jeux des Îles de l’océan Indien 2027 : athlètes français, oui… mais uniquement !

Jeux des Îles de l'océan Indien 2027 : athlètes français, oui… mais uniquement !
Président du Comité Maoré, Mohamed Monjoin déclare avoir obtenu l'assurance des organisateurs des JIOI que Mayotte ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur.

Le Comité Maoré, une organisation citoyenne très politisée basée à Moroni et militant pour le rattachement de Mayotte à l’Union des Comores, s’oppose à toute participation des athlètes mahorais sous une bannière distincte de celle de la France. Dans un podcast publié mercredi soir sur Facebook, son président affirme avoir été reçu par le comité d’organisation des Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) et dit avoir exposé la position de son organisation.

Quoi qu’en pensent l’Assemblée de Mayotte et les dirigeants du Comité régional olympique et sportif (CROS), la perspective des Jeux des Îles de l’océan Indien, prévus en 2027 aux Comores, ne s’annonce pas, à ce stade, sous les meilleurs auspices pour les jeunes sportifs mahorais que le Département entend envoyer à Moroni.

Le débat porte principalement sur les conditions de leur participation. Selon plusieurs prises de position exprimées ces dernières semaines aux Comores, les athlètes mahorais ne devraient pas être autorisés à concourir sous des symboles français distincts. À défaut, certains intervenants évoquent même leur exclusion de la compétition.

Depuis le Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien (COI), réuni le 8 juin dernier, au cours duquel la France a annoncé son intention d’inscrire la question de l’intégration de Mayotte à l’ordre du jour de sa présidence de l’organisation régionale, les réactions se sont multipliées au sein de la classe politique et de plusieurs organisations de la société civile comorienne.

Sur les réseaux sociaux, les déclarations hostiles à une participation des sportifs mahorais sous une bannière française se succèdent, parfois émanant de personnalités publiques. Plusieurs intervenants estiment que les athlètes mahorais devraient soit intégrer une délégation française unique, soit participer sous une bannière comorienne, rejetant toute représentation spécifique de Mayotte.

La dernière prise de position en date est celle du docteur Mohamed Monjoin, qui se présente comme président du Comité Maoré. Dans un podcast diffusé sur Facebook à l’issue d’une rencontre avec le comité d’organisation des JIOI, il s’est félicité de la qualité des échanges avec ses interlocuteurs.

Selon lui, son organisation souhaitait s’assurer que « la question de la participation de Mayotte à ces Jeux avait été bien réfléchie et que des dispositions avaient été prises ».

Il a ensuite exposé la position de son comité :

« En aucun cas, la délégation mahoraise ne doit venir ici avec un drapeau français. S’ils sont Français, ils seront dans l’équipe de France. Nous ne pouvons pas accepter qu’ils disposent d’un drapeau particulier. »

Ces déclarations illustrent les tensions qui entourent déjà l’organisation des Jeux de 2027, alors même que les modalités de participation des délégations ne sont pas encore définitivement arrêtées.

Reste à savoir quelle position adopteront les organisateurs des Jeux, le Conseil international des Jeux des Îles ainsi que les autorités françaises et mahoraises dans les mois à venir.

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Les ambulanciers du CHM brandissent la menace d’une grève illimitée à partir du 24 juin

Les ambulanciers du CHM brandissent la menace d'une grève illimitée à partir du 24 juin

Le syndicat SUD Santé Sociaux Mayotte a déposé un préavis de grève illimitée qui prendra effet le 24 juin au Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Ce mouvement, porté par les ambulanciers du service de transport sanitaire, intervient dans un contexte de fortes tensions entre les représentants du personnel et la direction de l’établissement.

Dans un communiqué diffusé le 16 juin, l’organisation syndicale dénonce le non-respect des engagements pris lors des précédentes concertations ainsi qu’une dégradation continue des conditions de travail. Les ambulanciers, particulièrement mobilisés, estiment que plusieurs accords conclus avec la direction n’ont jamais été appliqués, alimentant un climat de défiance qui perdure depuis plusieurs mois.

Les conditions de recrutement figurent également au cœur des revendications. Le syndicat critique un manque de transparence dans les procédures d’embauche, dénonçant notamment le recours à des personnels auxiliaires au détriment de professionnels titulaires du diplôme d’État d’ambulancier. SUD Santé Sociaux Mayotte évoque également des soupçons de favoritisme et pointe des inégalités dans l’accès aux formations professionnelles, estimant que ces pratiques fragilisent le fonctionnement du service et pénalisent les agents qualifiés.

Parmi les principales revendications figurent la mise en œuvre effective des accords déjà signés, la réalisation d’un audit indépendant sur les procédures de recrutement et d’attribution des formations, la prise en compte des heures supplémentaires ainsi qu’une clarification des procédures opérationnelles encadrant les interventions des ambulanciers. Les représentants du personnel réclament également une évolution des pratiques managériales afin d’améliorer le dialogue social et les conditions d’exercice des équipes.

Au-delà des revendications internes, le syndicat affirme vouloir défendre la qualité du service public hospitalier. Selon lui, les difficultés rencontrées par le service de transport sanitaire risquent, à terme, d’avoir des répercussions sur l’organisation des transferts de patients et sur la prise en charge au sein de l’établissement.

À moins d’une semaine de l’échéance, SUD Santé espère que ce préavis favorisera l’ouverture de nouvelles négociations avec la direction et permettra d’obtenir des avancées concrètes avant le déclenchement du mouvement. Faute d’accord, la grève débutera dans la nuit du 23 au 24 juin.

Ce nouveau préavis s’inscrit dans un contexte social déjà tendu au Centre hospitalier. Ces derniers mois, plusieurs mouvements de protestation ont affecté l’établissement, les organisations syndicales dénonçant régulièrement des difficultés liées à la gestion des ressources humaines, au manque d’effectifs, aux conditions de travail et aux moyens alloués au principal établissement hospitalier du département.

À ce stade, la direction du CHM n’a pas encore communiqué publiquement sur ce nouveau préavis de grève. Les prochains jours seront donc déterminants pour tenter de rapprocher les positions et éviter un nouveau conflit social susceptible de perturber le fonctionnement du service de transport sanitaire.

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Municipales à M’tsangamouji : le tribunal valide l’élection et rejette toutes les accusations de fraude

Municipales à M'tsangamouji : le tribunal valide l'élection et rejette toutes les accusations de fraude

Le tribunal administratif a confirmé, ce jeudi 18 juin, les résultats du premier tour des élections municipales de M’tsangamouji, mettant un terme au recours déposé par les candidats Ousmane Ahamada Siaka et Allaoui Zoubert. Les deux requérants demandaient l’annulation du scrutin du 15 mars 2026, dénonçant de nombreuses irrégularités qu’ils estimaient de nature à fausser le résultat des urnes.

Dans leur requête, les deux candidats mettaient en cause la régularité des listes électorales, affirmant que des centaines d’électeurs auraient été inscrits sans résider réellement dans la commune, parfois avec des contreparties financières. Ils dénonçaient également des radiations arbitraires, un traitement inégal des demandes d’inscription, un recours jugé excessif aux procurations, ainsi que des irrégularités durant la campagne électorale et le jour du vote.

Après examen des pièces produites, le tribunal a toutefois considéré que ces accusations n’étaient pas suffisamment étayées. Les magistrats rappellent notamment qu’une simple liste établie par les requérants ou des soupçons non accompagnés de preuves ne permettent pas de démontrer l’existence de manœuvres frauduleuses ayant pu altérer la sincérité du scrutin.

Les procurations au cœur des débats

L’un des principaux arguments portait sur le nombre élevé de votes par procuration, qui a atteint 1 245 sur près de 4 800 électeurs inscrits. Si les juges reconnaissent l’importance de ce chiffre, ils soulignent qu’aucun élément ne permet d’établir que ces procurations étaient irrégulières ou qu’elles auraient bénéficié exclusivement à la liste victorieuse.

Le tribunal rappelle qu’un nombre important de procurations, à lui seul, ne constitue pas une preuve de fraude électorale.

Les requérants dénonçaient également l’attribution de marchés publics à une entreprise présentée comme proche du directeur de campagne du maire sortant, estimant qu’il pouvait s’agir d’un financement déguisé de la campagne.

Là encore, le tribunal juge que les documents produits ne démontrent pas l’existence d’un financement prohibé ni d’un détournement de fonds publics susceptible d’avoir influencé le scrutin.

Les candidats battus s’appuyaient aussi sur la forte progression du nombre de votants par rapport aux municipales de 2020. Le tribunal relève cependant que cette hausse s’explique notamment par une participation plus élevée et par la présence d’une liste de moins qu’en 2020. Ces seuls éléments ne permettent donc pas de présumer une fraude.

Le recours définitivement rejeté

Au terme de son analyse, le tribunal estime qu’aucune des irrégularités invoquées n’est suffisamment démontrée ni de nature à remettre en cause la sincérité du scrutin. Il rejette en conséquence la demande d’annulation des élections municipales de M’tsangamouji.

Les juges refusent également d’accorder au maire réélu les 2 000 euros qu’il réclamait au titre des frais de justice.

Cette décision confirme donc définitivement, à ce stade de la procédure, la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima dès le premier tour des élections municipales du 15 mars 2026.

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Comment la pression démographique bouleverse Mayotte

Comment la pression démographique bouleverse Mayotte

À Mayotte, la question migratoire structure le débat public depuis plus de vingt ans. Entre les arrivées en provenance principalement des Comores, la forte natalité locale et la croissance rapide de la population, les infrastructures publiques peinent à suivre. Si les responsables politiques s’opposent sur l’ampleur réelle du phénomène migratoire, les effets sur l’école, l’hôpital, le logement et l’emploi sont visibles au quotidien.

Une population qui continue de croître rapidement

Au 1er janvier 2026, la population de Mayotte est estimée à 338 208 habitants, contre 329 282 habitants un an plus tôt et 250 143 habitants lors du dernier recensement exhaustif de 2017. En moins de dix ans, l’île a ainsi gagné près de 88 000 habitants, confirmant sa place de territoire à la croissance démographique la plus rapide de France.

Cette hausse reste portée avant tout par un excédent naturel exceptionnel. En 2025, 9 070 enfants sont nés de mères domiciliées à Mayotte, soit une légère augmentation de 1,8 % par rapport à 2024. La fécondité demeure la plus élevée de France avec 3,5 enfants par femme, malgré une baisse sensible observée depuis plusieurs années. À titre de comparaison, l’indicateur de fécondité s’établit autour de 1,6 enfant par femme dans l’Hexagone.

La population mahoraise reste également l’une des plus jeunes d’Europe. L’âge médian est estimé à 23 ans, soit près de vingt ans de moins que celui observé en métropole. Les moins de 15 ans représentent environ 46 % de la population, contre seulement 18 % au niveau national.

La question migratoire demeure néanmoins au coeur du débat public. Selon l’Insee, les trois quarts des mères ayant accouché en 2025 étaient de nationalité étrangère, principalement comorienne. Les estimations officielles de population sont régulièrement contestées par certains élus locaux, qui considèrent que le nombre réel d’habitants serait supérieur aux 338 000 personnes recensées. L’Insee défend toutefois ses méthodes et rappelle que les chiffres avancés de 400 000 à 500 000 habitants ne reposent à ce jour sur aucune base statistique démontrée.

Des écoles saturées

L’éducation constitue l’un des principaux défis du département.

Chaque année, plusieurs milliers d’élèves supplémentaires doivent être accueillis. Les infrastructures ne suivent pas le rythme de la croissance démographique. De nombreux établissements fonctionnent encore en rotation : certains enfants suivent les cours le matin, d’autres l’après-midi.

Selon les projections des services de l’État citées dans plusieurs rapports publics, environ 1 200 salles de classe supplémentaires seraient nécessaires d’ici à 2031 pour absorber l’augmentation des effectifs scolaires.

La pression s’exerce particulièrement dans les communes les plus peuplées de l’île. Les enseignants dénoncent régulièrement des classes surchargées, tandis que les collectivités peinent à construire suffisamment vite de nouveaux établissements.

Pour les partisans d’un durcissement de la politique migratoire, cette saturation résulte directement des arrivées de population. D’autres observateurs rappellent que le retard historique des investissements éducatifs explique également une partie des difficultés actuelles.

Un hôpital sous tension permanente

Le système de santé mahorais subit lui aussi une forte pression.

Le Centre hospitalier de Mayotte demeure l’unique établissement hospitalier de référence pour l’ensemble du territoire. Malgré des extensions successives, les capacités d’accueil restent limitées face à l’augmentation constante de la population.

La maternité de Mamoudzou figure régulièrement parmi les plus actives de France. La forte natalité locale et les besoins de santé d’une population jeune contribuent à une activité particulièrement soutenue.

Le territoire souffre également d’un déficit chronique de professionnels de santé. Les autorités sanitaires soulignent régulièrement les difficultés de recrutement de médecins spécialistes, d’infirmiers et de personnels hospitaliers.

Cette situation se traduit par des délais d’attente importants et par de nombreuses évacuations sanitaires vers La Réunion ou la métropole pour les cas les plus complexes.

Le logement, symbole des tensions sociales

La crise du logement constitue probablement la manifestation la plus visible de la croissance démographique.

Selon les données de l’Insee et de l’Agence régionale de santé, une part importante des habitants vit encore dans des logements précaires construits en tôle, en bois ou avec des matériaux légers.

Dans plusieurs communes, l’urbanisation progresse plus rapidement que les capacités d’aménagement des collectivités. Des quartiers informels se développent à la périphérie des centres urbains, souvent sans accès complet à l’eau, à l’assainissement ou aux équipements publics.

Les conséquences sont multiples : surpeuplement, tensions foncières, difficultés d’accès au logement social et dégradation des conditions de vie dans certains secteurs.

Le passage du cyclone Chido en décembre 2024 a encore aggravé la situation en détruisant de nombreux habitats précaires.

Un marché du travail sous pression

L’emploi représente l’autre grande préoccupation des Mahorais.

Selon l’Insee, seule une personne sur trois âgée de 15 à 64 ans occupait un emploi en 2024. Le chômage demeure largement supérieur à la moyenne nationale et touche particulièrement les jeunes.

Dans le même temps, une partie de l’économie repose sur le travail informel. Certains secteurs, notamment le bâtiment, l’agriculture ou les services à la personne, emploient une main-d’oeuvre peu qualifiée, parfois non déclarée.

Cette réalité nourrit un sentiment de concurrence pour les emplois les plus précaires. De nombreux habitants estiment que l’immigration accentue les difficultés d’accès au travail. D’autres soulignent que le principal problème reste l’insuffisance du tissu économique local et le manque de créations d’emplois formels.

Un débat qui oppose deux lectures

Au fond, le débat mahorais oppose deux analyses. La première considère que l’immigration est la cause principale de la saturation des services publics et de l’insécurité sociale. La seconde estime que les difficultés actuelles résultent avant tout d’un sous-investissement historique de l’État et d’infrastructures longtemps sous-dimensionnées.

Les données disponibles montrent que les deux phénomènes se combinent. La croissance démographique, qu’elle soit liée aux naissances ou aux migrations, accroît mécaniquement les besoins. Mais les équipements publics n’ont pas toujours été développés au même rythme.

C’est précisément cette articulation entre pression migratoire, explosion démographique et retard d’équipement qui explique pourquoi le débat reste aujourd’hui l’un des plus sensibles de Mayotte.

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Le concours « Questions pour une école championne » franchit un cap historique

Le concours « Questions pour une école championne » franchit un cap historique

Plus qu’une simple compétition, la quatrième édition de « Questions pour une école championne » s’est imposée comme une véritable vitrine de l’excellence scientifique des collégiens mahorais. Pendant six mois, des centaines d’élèves issus de l’ensemble du territoire ont participé à une aventure pédagogique d’envergure, dont la finale, organisée ce mercredi 17 juin au Lycée des Lumières, est venue consacrer une génération de jeunes passionnés de sciences.

Dans un amphithéâtre comble, enseignants, familles, partenaires et représentants du monde éducatif ont assisté à une confrontation d’un niveau remarquable entre le Collège Ouvoimoja de Passamainty et le Collège privé Les Flamboyants. Les deux équipes ont offert un spectacle où rapidité de réflexion, esprit d’équipe et solides connaissances scientifiques ont fait la différence.

En seulement quatre éditions, « Questions pour une école championne » est devenu un rendez-vous incontournable de la vie scolaire mahoraise. Cette année, le concours a franchi une nouvelle étape en réunissant 21 collèges répartis sur l’ensemble de l’île, confirmant son statut d’événement éducatif majeur.

Durant six mois, les établissements du Nord, du Sud, du Centre et de Petite-Terre ont accueilli des phases qualificatives et des demi-finales qui ont permis aux élèves de se rencontrer bien au-delà des frontières de leur établissement. Cette itinérance a favorisé les échanges, la coopération et une saine émulation entre les participants, tout en mettant les sciences au cœur de la réussite scolaire.

Au fil des rencontres, les candidats ont démontré que la curiosité scientifique, la culture générale et le travail collectif peuvent devenir de puissants leviers de motivation pour les jeunes.

Une finale disputée jusqu’à la dernière question

L’affiche de cette finale réunissait deux équipes qui avaient dominé les différentes étapes de la compétition : le Collège Ouvoimoja de Passamainty et le Collège privé Les Flamboyants.

Le suspense est resté entier jusqu’aux toutes dernières questions. Les deux formations se sont répondu avec une précision impressionnante, alternant prises de risques, démonstrations de logique et maîtrise des connaissances scientifiques.

Au terme d’un duel particulièrement serré, le Collège Ouvoimoja de Passamainty a finalement décroché le titre avec 214 points, contre 211 pour Les Flamboyants.

Trois petits points seulement auront séparé les deux finalistes, preuve du niveau exceptionnel atteint cette année. Les vainqueurs remportent un titre amplement mérité, tandis que leurs adversaires quittent la compétition avec les honneurs après un parcours remarquable qui force le respect.

Une réussite collective

Au-delà du résultat final, cette édition illustre la capacité de la communauté éducative mahoraise à se mobiliser autour d’un projet commun.

Chefs d’établissement, enseignants, personnels éducatifs, parents d’élèves et bénévoles ont accompagné les collégiens tout au long de cette aventure, faisant de ce concours un véritable projet de territoire.

La réussite de l’événement repose également sur l’engagement de nombreux partenaires institutionnels et économiques qui ont apporté leur soutien à cette initiative en faveur de la jeunesse. Parmi eux figuraient notamment TotalEnergies Mayotte, Carla Mayotte Transport Baltus, la Cité Éducative de Kawéni, SIDEVAM 976, l’INSA Lyon, votre journal Mayotte Hebdo, le Lycée des Métiers du Goût et des Saveurs de Kawéni, Groupama, Papeterie Alizé, Eco-leau Mayotte ainsi que Festiland. Leur présence témoigne d’une volonté commune d’investir dans la réussite scolaire et l’ouverture scientifique des jeunes Mahorais.

Des lycéens acteurs de l’événement

Autre particularité de cette édition : l’implication directe des lycéens dans l’organisation de la finale. Des élèves du Lycée des Lumières, du Lycée du Nord d’Acoua et du Lycée de Bamana ont assuré avec professionnalisme les missions de présentation, d’arbitrage et de jury. Une responsabilité qui leur a permis de développer des compétences en communication, en organisation et en évaluation, tout en participant activement à la réussite de l’événement.

Cette collaboration entre collégiens et lycéens illustre parfaitement l’esprit de transmission qui anime le concours.

Un hommage chargé d’émotion

La cérémonie s’est achevée sur une séquence particulièrement émouvante avec la mise à l’honneur du parrain de cette quatrième édition, M. Derrien, principal du Collège de Kawéni 2.

Salué pour son engagement constant auprès des équipes pédagogiques et son soutien indéfectible au projet depuis plusieurs années, il a reçu un cadeau symbolique remis par les organisateurs en témoignage de leur reconnaissance.

Les applaudissements nourris du public ont rappelé combien l’investissement des personnels de l’Éducation nationale demeure essentiel dans la réussite de telles initiatives.

Au-delà du trophée remporté par le Collège Ouvoimoja de Passamainty, cette quatrième édition confirme que « Questions pour une école championne » est désormais bien plus qu’un concours.

En valorisant les sciences, l’esprit critique, la culture générale et le travail d’équipe, cette initiative contribue à renforcer l’attractivité des disciplines scientifiques auprès des jeunes et participe à faire émerger les talents de demain.

Le succès grandissant de cette manifestation démontre qu’à Mayotte, l’excellence scolaire peut fédérer l’ensemble d’un territoire autour d’une même ambition : offrir à sa jeunesse les moyens de croire en son avenir et de construire les réussites de demain.

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Comores : la grogne contre les prix de l’internet prend de l’ampleur

Comores : la grogne contre les prix de l'internet prend de l'ampleur

Une récente enquête de l’Institut national des statistiques et des études économiques et démographiques (Inseed) révèle que les dépenses des ménages consacrées aux recharges téléphoniques, notamment utilisées pour accéder à Internet, sont passées de 17,2 à 29,8 milliards de francs comoriens entre 2020 et 2024, soit une hausse de 57,6 %.

Il ne se passe désormais pas un seul jour sans qu’un internaute dénonce, captures d’écran à l’appui, la disparition rapide de ses données mobiles. Depuis près de deux semaines, la contestation enfle sur les réseaux sociaux. De plus en plus d’usagers réclament des explications et, surtout, des forfaits plus avantageux auprès des deux opérateurs qui se partagent le marché comorien : Yas Comores et Comores Telecom.

Face à l’ampleur du mouvement, l’Association comorienne des technologies de l’information et de la communication (Actic) a décidé de rejoindre la mobilisation, lancée notamment par plusieurs influenceurs très suivis, dont le journaliste Oubeidillah Mchangama.

« L’Actic salue avec enthousiasme le réveil général des consciences face à la dégradation des services de télécommunications et à la cherté de l’internet mobile. Voir des journalistes, des acteurs de la société civile et des citoyens élever la voix de concert confirme la justesse du combat historique que nous menons depuis dix ans. Ce combat n’est plus celui d’une seule organisation, mais une cause nationale », s’est félicitée l’association dans un communiqué.

L’Actic met directement en cause l’autorité de régulation des télécommunications, qu’elle estime responsable de la situation actuelle. Les chiffres publiés début juin par l’Inseed confortent d’ailleurs ce constat. Entre 2020 et 2024, les dépenses des ménages en recharges téléphoniques, portées par la généralisation du téléphone mobile et l’usage croissant d’internet, ont progressé de 57,6 %, passant de 17,2 à 29,8 milliards de francs comoriens.

Une journée sans recharge le 1er juillet

Pour manifester leur mécontentement face à l’épuisement jugé anormalement rapide de leurs forfaits internet, des abonnés, soutenus par l’Actic, appellent à une journée sans recharge de données mobiles le 1er juillet prochain.

Sur Facebook, les témoignages se multiplient.

« Non, c’est bon, j’arrête tout. C’est carrément abusé. En seulement 16 jours, j’ai déjà consommé 19 000 francs. Vous êtes sérieux ? Je ne regarde même pas le football en streaming. On réclame une connexion illimitée ou alors une baisse des tarifs », écrivait il y a quelques jours Athoumani Ali Ivessi, enseignant de mathématiques suivi par plusieurs milliers d’abonnés.

Même indignation du côté d’Abdillah Said Omar :

« 22 Go partis en 15 heures sans vidéos. Hier, j’ai rechargé 5 000 francs via Mvola. Avec le bonus, j’ai obtenu 22 Go valables jusqu’au 11 juillet. Ce matin, un SMS m’annonce que j’ai déjà consommé 80 % de mon bonus Hidaya. Comment est-ce possible ? À ce rythme, mon forfait de 5 000 francs ne durera que deux jours. Nous voulons des explications. »

Comme beaucoup d’autres internautes, il accompagne sa publication de captures d’écran illustrant sa consommation.

Des témoignages similaires se comptent désormais par centaines sur les réseaux sociaux. Pourtant, ni l’opérateur historique Comores Telecom ni son concurrent Yas Comores n’ont réagi publiquement à ces plaintes devenues quasi quotidiennes. Même silence du côté de l’Autorité nationale de régulation des technologies de l’information et de la communication (Anrtic), régulièrement accusée par les consommateurs de ne pas défendre leurs intérêts.

La principale revendication des usagers est le retour d’une ancienne offre de données mobiles, jugée plus avantageuse, qui a disparu du marché.

Le gouvernement met la pression sur les opérateurs

Le ministre des Postes et des Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani, est toutefois intervenu dans ce dossier. Dans un courrier daté du 7 mai 2026, consulté par Flash Infos, il a mis en demeure Comores Telecom et Yas Comores de proposer une offre de données mobiles illimitée dans leurs catalogues commerciaux.

Le délai initialement fixé au 15 juin a finalement été prolongé jusqu’à la fin du mois afin de permettre aux deux opérateurs de formuler leurs propositions.

Le souvenir d’une offre plus avantageuse

Jusqu’en 2021, les consommateurs bénéficiaient d’une formule mensuelle coûtant entre 10 000 et 15 000 francs comoriens (environ 20 à 30 euros). Cette offre comprenait un volume de 20 Go et, une fois celui-ci épuisé, l’abonné pouvait continuer à naviguer sur internet avec un débit réduit jusqu’à la fin du mois.

Cette formule rencontrait un franc succès auprès de la population, notamment après l’arrivée, en 2016, d’un deuxième opérateur sur le marché, dans le cadre d’un projet soutenu par la Banque mondiale.

Mais dès décembre 2020, soit quatre ans après l’ouverture du marché à la concurrence, le régulateur a suspendu les offres promotionnelles, estimant qu’elles fragilisaient l’équilibre économique du secteur. En août 2021, il a ensuite adopté une nouvelle réglementation encadrant les tarifs des données mobiles afin de restructurer un marché jugé dégradé.

Pour de nombreux consommateurs, ces décisions ont surtout entraîné une hausse durable du coût d’accès à internet, devenu pourtant un service essentiel au quotidien.

Cinq ans après l’arrivée de Telco SA (Yas), filiale du groupe Telma Madagascar, les espoirs d’une baisse des prix semblent s’être envolés. Les abonnés dénoncent aujourd’hui non seulement le coût élevé des forfaits, mais aussi la qualité des services proposés.

Selon nos informations, une réunion s’est récemment tenue entre les deux opérateurs, le ministère chargé des TIC et le régulateur afin d’étudier la mise en place d’offres plus accessibles, notamment pour les ménages aux revenus modestes. À ce jour, Comores Telecom et Yas Comores n’ont toutefois pas encore soumis de nouvelles propositions tarifaires à l’autorité de régulation, régulièrement accusée par les consommateurs de privilégier les intérêts de l’État et des opérateurs au détriment des usagers.

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L’État démantèle un captage illégal à Massulaha

L’État démantèle un captage illégal à Massulaha

Lundi 15 juin, Frédéric Poissot, préfet de Mayotte et délégué du Gouvernement, a supervisé une opération de démantèlement d’un ouvrage illégal de captage d’eau situé au niveau du bassin de Massulaha, qui alimente la retenue collinaire de Dzoumogné.

Cette intervention avait pour objectif de mettre un terme à des installations irrégulières susceptibles de compromettre l’alimentation de cette infrastructure stratégique et de préserver une ressource vitale pour l’ensemble du territoire.

Dans un contexte où les enjeux liés à l’approvisionnement en eau demeurent majeurs à Mayotte, l’État réaffirme sa mobilisation totale pour protéger les infrastructures hydrauliques essentielles et garantir la préservation durable de la ressource en eau.

Le port de Longoni bientôt rebaptisé « Port de Koungou-Longoni » ?

Le port de Longoni bientôt rebaptisé « Port de Koungou-Longoni » ?

Le maire de Koungou, Saïd Ahamadi Raos, souhaite voir évoluer la dénomination du port de Longoni. Par la délibération n°051-CK-2026, la commune demande officiellement que l’infrastructure soit renommée « Port de Koungou-Longoni » à compter du 1er janvier 2027. Cette proposition vise à associer le nom de la commune à celui du principal port de Mayotte. La demande devra désormais suivre les procédures administratives nécessaires avant une éventuelle entrée en vigueur.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes