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Football féminin : l’AS Sada remporte le premier Challenge Orange au Féminin

Football féminin : l’AS Sada remporte le premier Challenge Orange au Féminin
L’AS Sada a remporté la première place du championnat ce dimanche 13 septembre à Iloni

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Après plusieurs mois de compétition, la première édition mahoraise du Challenge Orange au Féminin s’est achevée ce dimanche 13 septembre sur le terrain d’Iloni, dans la commune de Dembéni. Parmi les 280 jeunes joueuses engagées au départ, ce sont finalement celles de l’AS Sada qui se sont imposées et remporteront en novembre un voyage dans l’Hexagone.

Lancé le 24 mai dernier par Orange, en partenariat avec la Ligue mahoraise de football et Air Austral, le Challenge Orange au Féminin est une compétition entièrement réservée aux jeunes filles de 15 à 16 ans. “L’objectif est de leur donner un territoire d’expression à travers le football, dans une logique d’égalité entre les filles et les garçons “, explique Didier Sornom, chargé de l’organisation du Challenge chez Orange. 24 équipes venues de l’ensemble du territoire, y compris de Petite-Terre, ont participé à la compétition, soit 280 joueuses. “Nous avons eu autant d’équipes inscrites au championnat de Mayotte qu’à celui de La Réunion, alors même que l’île est plus petite”, se félicite l’organisateur, ravi de constater que le football féminin attire beaucoup de jeunes Mahoraises.

Chaque équipe était composée de 12 jeunes filles, dont 8 sur le terrain et 4 remplaçantes. Après une première phase sectorielle, 16 équipes restaient en lice puis 8 se sont qualifiées pour la finale. Seules 5 ont toutefois pu finalement y participer, certaines joueuses des trois autres équipes n’ayant pas pu présenter les pièces d’identité nécessaires. Devant quelque 300 à 400 spectateurs venus les encourager ce dimanche à Iloni, les jeunes joueuses de l’AS Sada ont finalement remporté le Challenge, devant l’ASO Chiconi et Miracle du Sud. Racing du Nord termine quatrième et les Devils de Pamandzi cinquièmes.

Mayotte, terre de football féminin

Le succès rencontré par cette première édition n’est finalement pas si étonnant. Selon Guillaume Brouste, le directeur technique régional de la Ligue mahoraise de football, Mayotte possède même le taux de féminisation des licenciés le plus important de France. “Sur environ 16 000 licenciés de la Ligue, nous avons environ 1600 filles, ce qui donne un pourcentage de 12%, ce qui est davantage que dans n’importe quel autre département français”, affirme-t-il. Et contrairement à certaines idées reçues, football masculin et féminin ne seraient finalement pas si différents. Si les jeunes joueuses peuvent parfois être moins rapides, étant donné la non-mixité des équipes cela ne se remarque pas dans le jeu global et Guillaume Brouste constate surtout des matchs assez similaires. Il note en revanche que les filles se montrent souvent moins timides dans leurs relations avec l’encadrement et n’hésitent pas à poser davantage de questions aux entraîneurs.

Le développement du football féminin constitue d’ailleurs l’une des priorités de la Fédération française de football, qui souhaite doubler le nombre de licenciées et développer les écoles de football réservées aux filles. À Mayotte, une formation gratuite au coaching sera notamment proposée le 31 octobre aux jeunes filles de 14 à 18 ans, en partenariat avec la FFF, la Ligue mahoraise de football et Nike.

Les 12 gagnantes de l’AS Sada s’envoleront quant à elles du 6 au 9 novembre pour Paris grâce à un partenariat avec Air Austral. Elles y assisteront à un match professionnel de football féminin et rencontreront des équipes de leur âge. “Nous leur réservons également plusieurs sorties de découverte de la capitale, car le but est également qu’elles prennent du bon temps au cours de ce voyage”, précise Didier Sornom. “ C’est exactement l’ambition que nous portions en lançant ce Challenge : donner aux jeunes filles de Mayotte un terrain pour jouer, progresser et vivre des expériences qui peuvent compter dans leur parcours “, résume quant à lui André Martin, le directeur général d’Orange Réunion-Mayotte, dans le communiqué de presse officiel de l’évènement.

Comores : le ministère de l’Éducation annonce une hausse des frais universitaires

Comores : le ministère de l’Éducation annonce une hausse des frais universitaires

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Confronté à un afflux massif d’étudiants cette année, l’État envisagerait également de demander aux villes situées à proximité des sites universitaires de céder leurs foyers communautaires pour les transformer en amphithéâtres, suscitant ainsi une salve de critiques contre les autorités, accusées de manquer d’une politique d’anticipation.

Samedi, dans un entretien accordé au média en ligne CMM, le ministre comorien de l’Éducation nationale a fait des déclarations qui suscitent encore des remous. Revenant sur la rentrée universitaire de cette année, Bacar Mvoulana a annoncé une hausse inévitable des frais d’inscription.

Actuellement, les étudiants en licences 1 et 2 paient 40 000 francs comoriens, soit près de 80 euros. En troisième année, en revanche, les frais s’élèvent à 51 000 francs. Mais, selon le ministre, ce montant pourrait augmenter. À quelle hauteur, on ne le sait pas encore.

Dans son annonce, Bacar Mvoulana, en poste depuis juillet 2024, a d’abord expliqué l’une des raisons pour lesquelles la hausse des droits d’inscription serait devenue inévitable. À l’entendre, l’Université des Comores s’avère incapable d’accueillir décemment et dans de bonnes conditions, sur ses sites disponibles, tous les nouveaux bacheliers.

« Nous avons enregistré 7 866 bacheliers cette année, soit un taux de réussite de 60,84 %. Sur ce chiffre, on estime que 866 partiront étudier à l’étranger, les autres vont rester sur place. L’université dispose d’une capacité d’accueil annuelle de 4 000 étudiants rien que sur le site de Nvuni. Au niveau national, nous allons nous retrouver avec 18 000 candidats au lieu des 11 000 habituels », a détaillé le ministre, qui, par la même occasion, a indiqué avoir l’intime conviction que les Comoriens accompagneront l’État dans la recherche de solutions.

Nvuni

Il a même cité Nvuni et Mkazi, deux localités situées à proximité du plus grand site universitaire de la Grande Comore. Selon le ministre, ces villes ne s’opposeraient pas à l’idée de céder leurs foyers communautaires pour les transformer en amphithéâtres.

« Mais pour ce qui est du mobilier neuf, cela revient à l’État. Et nous n’aurons d’autre choix que de nous tourner vers les parents. Je pense que la hausse des frais d’inscription est impérative. En tout cas, on va se pencher dessus et cette option ne peut être ignorée », a déclaré Mvoulana.

Le bémol : des sources au sein de l’Université des Comores assurent que la proposition de réquisitionner des foyers ne vient pas d’elles et n’a pas été discutée en interne, du moins pour l’instant.

« Ce n’est ni une initiative ni une proposition émanant de la hiérarchie universitaire. C’est une annonce purement politique », a confié l’une des sources, avant de souligner que la hausse des frais d’inscription est une mesure qui doit être l’œuvre du conseil d’administration de l’Université, lequel soumet ensuite la proposition au ministère.

Au sein de l’opinion, l’alternative avancée par le ministre sonne comme un aveu d’échec.

« La crise de l’affluence à l’Université des Comores révèle les limites d’un modèle à bout de souffle », a d’emblée constaté le docteur Mohamed Charahabil, professeur titulaire des universités, installé au Sénégal.

« L’arrivée massive de nouveaux bacheliers n’est pourtant pas imprévisible. Depuis plusieurs années, la hausse des taux de réussite au baccalauréat et la pression démographique sur le système éducatif étaient connues. Après plus de vingt ans d’existence, l’Université des Comores peine encore à disposer d’un plan de développement cohérent lui permettant d’adapter ses capacités aux besoins du pays. La crise actuelle est avant tout le reflet de contraintes structurelles qui limitent l’efficacité de l’Université », analyse Charahabil, directeur du laboratoire d’agroforesterie et d’écologie à l’Université Assane Seck de Ziguinchor.

Subvention insuffisante

Il a énuméré quelques solutions, comme le renforcement de la gouvernance, l’élaboration d’un plan stratégique de développement sur dix ans et la diversification des sources de financement.

« Le gouvernement et l’Université devraient construire une vision partagée de l’enseignement supérieur à l’horizon 2035, intégrant les projections démographiques, les besoins du marché de l’emploi et les exigences du développement national », a-t-il complété.

Le 10 septembre, dans les colonnes du journal Al-Watwan, l’actuel recteur de l’Université a exprimé un besoin de 7 000 chaises et de 3 500 tables pour faire face aux conditions d’accueil liées à l’augmentation du nombre d’étudiants.

Pour rappel, quatre mois après son retour au pouvoir en 2016, le président Azali Assoumani avait ordonné une baisse de 33 % des frais d’inscription. À l’époque, les étudiants en licences 1 et 2 payaient 62 500 francs (125 euros), contre 100 000 francs pour les masters.

Si la mesure avait réjoui les parents, elle avait en revanche bouleversé la trésorerie de l’Université qui, depuis cette baisse, peine à payer ses employés. Dès que le mois d’avril pointe le nez, les impayés commencent à s’accumuler, sauf l’année dernière.

En effet, depuis sa création, l’Université bénéficie d’un appui de l’État, dont le montant a évolué au fil des ans. Entre 2019 et 2026, cette subvention est passée de 93 à 122 millions de francs comoriens, soit environ 247 983 euros.

Quand l’Université était encore dirigée par des commissions intérimaires, de 2018 à 2024, l’une d’elles avait proposé plusieurs pistes de financement afin de permettre à l’institution de parvenir à une relative indépendance sur le plan financier.

La liste comportait, entre autres, la suppression des vacations, qui coûtaient 60 millions de francs par an, ainsi que la réduction du taux horaire des heures supplémentaires, notamment pour les enseignants. Il était également question de taxer certains actes administratifs, comme les relevés de notes et les attestations de fin d’année.

Cette dernière mesure est appliquée jusqu’alors, mais ne permet visiblement pas de combler les déficits.

La preuve : le ministre de l’Éducation n’écarte pas une hausse des frais et vient de reconnaître que l’État, c’est-à-dire son gouvernement, n’a pas anticipé l’augmentation continue du nombre d’étudiants s’inscrivant à l’Université des Comores, alors que ce phénomène ne date pas d’hier.

Mais beaucoup pensent que cette histoire de réquisition de foyers n’ira pas loin.

Uzuri Wa Mwendro revient pour une huitième édition dans le Centre-Ouest

Uzuri Wa Mwendro revient pour une huitième édition dans le Centre-Ouest

La huitième édition d’Uzuri Wa Mwendro se déroulera du 19 septembre au 17 octobre dans le Centre-Ouest de Mayotte. Pendant un mois, l’événement proposera des activités et des découvertes à pied, à vélo ou sur l’eau, à travers cinq communes.

Le premier week-end, les 19 et 20 septembre, prendra place à Ouangani, avant de se poursuivre à Tsingoni les 26 et 27 septembre, puis à Chiconi les 3 et 4 octobre et à Sada les 10 et 11 octobre. La dernière étape aura lieu le 17 octobre à M’tsangamouji, avec la clôture de cette édition.

Organisé autour de la découverte du territoire et de ses activités, Uzuri Wa Mwendro s’adresse aussi bien aux familles qu’aux groupes d’amis.

Les inscriptions sont ouvertes en ligne pour les différentes étapes.

Le chantier du plateau couvert d’Acoua à l’arrêt faute de financement

Le chantier du plateau couvert d’Acoua à l’arrêt faute de financement

Le chantier du futur plateau couvert d’Acoua connaît un nouveau coup d’arrêt. L’entreprise GTA, chargée du gros œuvre, a quitté le chantier en raison de sommes qui resteraient à lui verser, indiquent nos confrères de Mayotte La 1ère. La commune reconnaît des difficultés de paiement, tandis que le maire Ahmed Darouechi estime à plus d’un million d’euros le montant réclamé par l’entreprise.

Le projet, lancé en février 2026, devait initialement coûter 4,5 millions d’euros avant d’atteindre près de 7 millions d’euros. Le Département s’est engagé à apporter 1,97 million d’euros, dont une avance de 30 % avait permis le démarrage des travaux. Une partie du financement doit également provenir de l’État. La municipalité souhaite désormais revoir le montage financier avec les différents partenaires et espère notamment obtenir un soutien de l’intercommunalité.

La situation ravive les tensions entre l’actuelle municipalité et l’ancienne majorité. Ahmed Darouechi considère que le projet a été engagé avec un financement insuffisant par l’ancienne équipe, tandis que celle-ci assure avoir laissé un plan de financement complet. Aucun calendrier de reprise des travaux n’est annoncé à ce stade.

Le chantier avait déjà pris du retard avant son lancement, notamment en raison de la mobilisation de parents d’élèves opposés à la suppression de deux salles de classe nécessaires à l’aménagement du plateau. L’arrêt actuel intervient alors que cette infrastructure est particulièrement attendue par les habitants et notamment par les jeunes de la commune.

La Fête du Sport revient à Mamoudzou ce week-end

La Fête du Sport revient à Mamoudzou ce week-end

Le CROS Mayotte et l’État, avec la Ville de Mamoudzou et le Département-Région de Mayotte, organisent la deuxième édition de la Fête du Sport les dimanche 13 et lundi 14 septembre. L’événement s’inscrit dans le cadre de “Septembre Bouge”, une mobilisation nationale destinée à promouvoir l’activité physique et la pratique sportive.

Dimanche, un Village du sport sera installé sur la rocade de Mamoudzou, de 8h à 14h. Ouvert à tous, il permettra de découvrir différentes disciplines, de participer à des initiations et de rencontrer les clubs, ligues et comités du territoire.

Une marche pour la santé mentale ouvrira la journée à 8h, suivie de démonstrations sportives, avant une remise des Trophées des talents sportifs mahorais à 11h30. Un concours de dunk et de tirs à trois points, puis un fitness géant, sont également prévus.

Lundi, les acteurs du mouvement sportif se retrouveront au siège du CROS, à Cavani, pour une journée consacrée à l’avenir du sport à Mayotte. Deux tables rondes porteront notamment sur la construction de l’écosystème sportif mahorais et sur la place des femmes dans le sport.

Reconstruction de Mayotte : Saïd Omar Oili demande des précisions sur la nouvelle gouvernance

Reconstruction de Mayotte : Saïd Omar Oili demande des précisions sur la nouvelle gouvernance
* image d'illustration générée par ia

Le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili a adressé, mercredi 9 septembre, un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu concernant la future gouvernance de la reconstruction de l’île. Une démarche qui fait suite aux annonces du chef du gouvernement lors de sa visite à Mayotte les 26 et 27 août, alors qu’il avait reconnu des retards dans la reconstruction et annoncé une réorganisation du pilotage.

Le sénateur souhaite d’abord savoir quelle place sera désormais accordée au comité de suivi créé par la loi de programmation pour la refondation de Mayotte, et comment ses travaux s’articuleront avec les réunions interministérielles mensuelles qui doivent se tenir à Matignon. Il demande également que les élus mahorais soient informés des décisions prises dans ce cadre.

Saïd Omar Oili interroge ensuite le gouvernement sur le rôle de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM), alors que les pouvoirs du préfet ont été renforcés jusqu’en 2030 pour piloter la reconstruction. Il demande notamment comment seront répartis les moyens d’ingénierie entre la préfecture et l’établissement, et comment les différents acteurs travailleront ensemble.

Enfin, le sénateur demande ce qu’il adviendra de la mission interministérielle dirigée par le général Pascal Facon, en place depuis janvier 2025. Il souhaite savoir si elle sera maintenue et comment ses missions de suivi et de coordination s’intégreront au nouveau dispositif.

Pour Saïd Omar Oili, ces clarifications sont nécessaires afin que les Mahorais puissent “identifier clairement les responsabilités de chacun” dans les décisions, l’exécution et le suivi de la reconstruction.

Coopération économique et alimentaire : produire exclusivement à Madagascar pour le marché mahorais

Coopération économique et alimentaire : produire exclusivement à Madagascar pour le marché mahorais

Une foire en amène à une autre, les chambres des métiers et d’agriculture de Madagascar sont présentes à Mayotte cette semaine. L’heure est au développement de synergies profitables entre les deux territoires sœurs qui partagent un savoir-faire culturel, agricole et économique ancestral. Des projets à foison dans le cadre d’un nouveau partenariat formalisé cette semaine entre la CADEMA et les chambres de métiers et d’artisanat malgaches. 

Hakim Nouredine, un jeune agriculteur mahorais de Mtsapéré (commune de Mamoudzou) se bat pour instaurer un passerelle durable agro-alimentaire entre Mayotte et Madagascar Installé dans la région de Diégo-Suarez (nord de Madagascar) depuis2013, il y produit du piment pour le marché exclusivement pour le mahorais. Les bouleversements climatiques de ces dernières années l’obligent d’élargir le panel des produits qu’il cultive sur le sol malgache pour avoir la capacité de répondre à toutes les demandes du secteur agricole mahorais.

Du 17 au 23 septembre 2026, il a organisé un évènement inédit (en partenariat avec l’ensemble des chambres des métiers de Madagascar) sur le sol mahorais qui met en mettra en valeur l’agriculture et la transformation des matières premières dérivées pour promouvoir l’artisanat. « Ce qui nous intéresse dans cette affaire, c’est la chaine de valeur qui en résulte. Si nous prenons le cas du riz, il y a certes les épis qui finissent par être consommés mais derrière il y a toutes les balles de riz qui peuvent être transformées en produits artisanaux pour être revendu au public par la suite, sous formes de produits artisanaux recyclables », explique la chef de la délégation des CMA de Madagascar. Un processus jadis existant à Mayotte (jusqu’à la fin des années 1980) que les voisins malgaches sont disposés à partager et à réimplanté sur le territoire mahorais.

Hakim Nouredine à l’origine de cette coopération malgacho-mahoraise salue la synergie résultante de ce partenariat économique développé par les acteurs eux-mêmes lesquels ont fait le choix de travailler sur une chaine de valeurs. « C’est la première fois que nous concentrons tous les acteurs de cette chaine de valeurs sur la production, la transformation, la valorisation et le packaging. Le concept est très important parce que le projet que nous portons est très large, il concentre non seulement non simplement la production agricole et artisanale mais aussi le secteur de la production énergétique à travers le développement durable, mais également des ressources naturelles diverses et variées, de la reconstruction écologique, des matières premières, des textiles, des emballages et autres produits naturels qui ont obtenu l’assentiment des autorités malgaches ».

Des autorités malgaches qui ont choisi de mettre à la disposition de Mayotte, de grands espaces dans la région d’Ambilo Bé (nord malgache/ région DIANA) pour la mise en place d’une agropole qui se concentrera sur plusieurs secteurs de ce domaine précis, notamment, l’élevage de bovin, caprins et ovin, pour les cuirs et les cornes. « Les changements climatiques actuels nous obligent à conjuguer le tourisme avec une bonne gestion des ressources naturelles » note Hakim Noureddine. « Le défi que nous nous sommes fixés à travers cette opération, a un objectif pédagogique qui vise à sensibiliser la jeunesse mahoraise à travers une large communication de 15 jours, de même que la génération ancienne qui a tendance à perdre les connaissances qu’elle détenait et qui est très proche du savoir-faire de nos voisins malgaches », souligne Hakim Noureddine.

Donner corps à des zones de production agricoles exclusivement dédiées à Mayotte dans le secteur d’Ambilo Bé

Le constat que tire aujourd’hui le jeune agriculteur mahorais est que ce secteur artisanal n’intéresse quasiment pas grand monde dans le département. A travers la synergie qu’il a développé avec ses partenaires des différentes chambres des métiers de Madagascar, Hakim Noureddine ambitionne de développer un partenariat qui s’inscrira dans la durée. Il annonce l’arrivée prochaine à sur le sol mahorais, en novembre 2026, de deux techniciens malgaches qui auront la mission de mettre sur pied les premiers projets agricoles sur la filière riz, gimbre et oignons.

Originaire de Pamandzi et Mtsapéré, le jeune agriculteur mahorais implanté dans le nord de Madagascar a réussi à capter l’attention des autorités de la commune de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, pour l’accueil au mois de décembre, des chambres d’agricultures et des métiers et de l’artisanat de Madagascar à l’occasion du marché de noël de la capitale mahoraise. « il s’agira d’un pavillon spécialement dédié sous l’appellation de Madagascar business and Craft network, un réseau constructif qui va au-delà de Mayotte, qui contraindra les décideurs nationaux à Paris de suivre la cadence car sans eux, nous n’y arriverons pas ».

Dans cette aventure où il avance avec beaucoup de passion, Hakim Noureddine se défend de toute volonté de prédominance franco-mahoraise, il attire l’attention sur le fait que ses partenaires malgaches sont des leaders dans leurs dans leurs domaines et rompus aux mécanismes internationaux des foires et autres regroupements professionnels du même genre et qu’ils ne visent plus seulement le marché européen à travers Mayotte.

« Nos collègues artisans malgaches sont des leaders habitués à participer à des foires internationales, en Europe, en Asie et ailleurs dans le monde », rappelle Hakim Noureddine. Ce dernier dresse un constat : par la petitesse de son territoire, Mayotte n’est pas en capacité de produire assez de matière première pour assoir une économie artisanale sérieuse. Les marchés européens ont leurs références sur Madagascar, lequel bloque ces matières premières ». Il y a 3 semaines, les éleveurs de bétails mahorais ont émis une grosse commande de maïs, la DAF de Mayotte donne un avis favorable et les producteurs malgaches réunissent la quantité nécessaire.

Au dernier moment, les autorités douanières malgaches y apposent leur véto avant l’embarquement des conteneurs au motif que l’Etat malgache a depuis peu, ordonné un blocus sur l’exportation de certaines denrées alimentaires vitales en raison du réchauffement climatique. Il en est de même pour d’autres produits prisés par le marché mahorais.

Hakim Noureddine milite sur l’urgence pour Mayotte d’une production exclusivement destiné à Mayotte produite des espaces consacrés à Madagascar. « Les autorités malgaches ont décrétés un blocus sur certaines denrées vitales comme le maïs et le gingembre. La réalité est que par ce phénomène, la demande mondiale a fait exploser le prix du kilo de gingembre par 3 sur le marché malgache, ce qui impacte directement la consommation de ce produit prisé des Mahorais. « En raison des importateurs européens qui sont positionnés le sol malgache et qui ont tout acheté en un mois, à des prix défiants toute concurrence locale, il n’y a plus rien, même pas de petites quantités limitées ». Ainsi, Hakim Noureddine milite sur l’urgence de la mise en place de zones de production exclusivement dédié au marché mahorais et bénéficiant du respect total de la chaine de de contrôles phytosanitaires indispensables à l’entrée sur le marché européen de Mayotte.

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À Mayotte, le marché du travail décroche après Chido

À Mayotte, le marché du travail décroche après Chido
Hatubou Antoy, chef du service régional de l’Insee à Mayotte.

Selon l’Insee, le taux d’emploi des 15-64 ans tombe à 30 % en 2025, son plus faible niveau depuis 2014, tandis que 53 % des salariés travaillent dans le secteur public. Deux chiffres qui illustrent les difficultés persistantes du marché de l’emploi et le poids encore limité du secteur privé à Mayotte.

Dans la tourmente après la contestation par l’Association des maires de Mayotte, qui demande le réexamen des résultats du recensement 2025-2026, l’Insee poursuit ses travaux de terrain et ses publications sur le territoire.

Ce vendredi 11 septembre, lors d’une conférence de presse, l’institut a présenté les résultats de deux études consacrées à l’emploi à Mayotte. La première concerne l’enquête Emploi 2025, menée pour la deuxième année consécutive sur le territoire. Elle permet de dresser un état des lieux du marché du travail, en suivant notamment l’évolution de l’emploi et du chômage. La seconde, intitulée “Établissements et emplois salariés à Mayotte fin 2024”, constitue une première pour Mayotte. Elle apporte un éclairage sur le nombre de salariés et d’établissements, les secteurs qui concentrent les emplois et leur répartition sur le territoire, tout en permettant de comparer la situation mahoraise au niveau national.

À Mayotte, le marché du travail décroche après Chido
En 2025 à Mayotte, seulement 30 % des personnes de 15-64 ans occupent un emploi.

Un taux de chômage à 25%

Du côté de l’enquête Emploi 2025, les données sont claires : la situation sur le marché du travail se dégrade à Mayotte après le cyclone Chido.

“De nombreuses personnes se retirent du marché du travail, cela peut s’expliquer par les difficultés rencontrées pour se loger par exemple, ce qui peut avoir entravé les recherches éventuelles d’emploi”, relève Hatubou Antoy, chef du service régional de l’Insee à Mayotte.

À Mayotte, le marché du travail décroche après Chido
Au total, en 2025 à Mayotte, 68 300 personnes n’ont pas d’emploi et souhaitent travailler.

Ainsi, en 2025, à peine 40 % des personnes de 15 à 64 ans sont en emploi ou au chômage, soit 5 points de moins qu’en 2024. Le taux d’emploi baisse de 2 points sur un an pour atteindre son plus faible niveau depuis 2014.

En 2025, seulement 30 % des 15-64 ans occupent un emploi à Mayotte, une part très éloignée de la moyenne hexagonale (70 %). Le recul de l’emploi concerne principalement les hommes et les personnes de 50 à 64 ans.

“Cela s’explique notamment par un marché de l’emploi encore peu développé à Mayotte, en particulier dans le secteur privé. Le taux d’emploi évolue à contre-courant des autres départements et régions d’outre-mer”, souligne Édouard Fabre, chef de projet à la division étude de l’Insee La Réunion – Mayotte.

En parallèle, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) baisse de 4 points pour s’établir à 25 %. Il reste toutefois plus de trois fois supérieur à celui de l’Hexagone, qui s’établit à 7,5 %.

À Mayotte, le marché du travail décroche après Chido
Plus de la moitié des salariés travaillent dans le secteur public à Mayotte.

Cette baisse n’est pas le signe d’une amélioration. Car dans un second temps l’Insee observe une forte hausse du halo autour du chômage. Ce halo désigne les personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas comptabilisées comme chômeurs au sens du BIT, notamment parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas immédiatement disponibles pour travailler.

Ainsi, 28 % des personnes de 15 à 64 ans souhaiteraient travailler mais n’effectuent pas de démarches actives de recherche d’emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un ; cette part augmente de 5 points en un an.

“Si le taux de chômage baisse et que le nombre de personnes dans le halo augmente ce n’est pas une bonne nouvelle”, alerte le chef de projet. “Ces gens qui faisaient jusqu’à présent les démarches actives ont arrêté soit pour des soucis de santé soit par découragement. Cela montre une contraction du marché du travail et caractérise un faible nombre d’emplois”.

Au total, 68.300 personnes de 15 à 64 ans n’ont pas d’emploi et souhaiteraient travailler (halo et chômage).

À noter que l’enquête Emploi prend en compte à la fois l’emploi formel et l’emploi informel.

Un secteur privé encore limité, plus de la moitié des salariés travaillent dans le secteur public

Pour la seconde étude, inédite à Mayotte, l’Insee s’est appuyé pour la première fois sur les statistiques issues de la Déclaration sociale nominative (DSN), un dispositif qui permet aux employeurs de transmettre chaque mois aux administrations les informations relatives à leurs salariés. Elle permet d’obtenir une vraie visibilité chiffrée du secteur.

Résultat : fin 2024, le territoire compte 3.220 établissements déclarant 51.100 emplois salariés.

À Mayotte, le marché du travail décroche après Chido
Dans le privé, le commerce et la construction regroupent un tiers de l’emploi à Mayotte.

Les chiffres montrent que plus de la moitié des salariés à Mayotte travaillent dans le secteur public, soit 53 %. Une part plus de deux fois supérieure à celle observée dans l’Hexagone (22 %) et également plus importante qu’à La Réunion (31 %).

Ce constat traduit en fait un déficit d’emplois dans le secteur privé, lié à un développement encore limité de ce secteur sur l’île, remarque l’institut national de la statistique.

Avec peu d’industrie, l’emploi dans le privé est porté par le commerce et la construction qui regroupent le tiers de l’emploi privé. En particulier, la construction occupe une part deux fois plus importante de l’emploi privé que dans l’Hexagone.

Par ailleurs, dans le secteur privé, l’emploi est plus concentré qu’ailleurs dans les petits établissements : 6 salariés sur 10 travaillent à Mayotte dans une structure de moins de 50 salariés. Au contraire, les très grands établissements de 250 salariés ou plus ne concentrent que 5 % de l’emploi salarié, contre 20 % dans l’Hexagone.

L’activité économique est concentrée dans le chef-lieu Mamoudzou qui regroupe 47% des établissements et 58% des salariés. Koungou, Tsingoni, Dembéni, Dzaoudzi et Pamandzi représentent 27% des établissements et 21% des salariés.

“On va voir ce que donneront les données de la DSN pour 2025 concernant l’emploi salarié, mais il y a de fortes chances que le nombre baisse”, poursuit Édouard Fabre. “Ce qui est à peu près sûr, c’est qu’on ne sera pas à 60.000 emplois salariés fin 2025, alors qu’on en comptait 51.000 fin 2024”.

Concernant le lieu de naissance des salariés en 2024, l’Insee n’est toutefois pas en mesure de fournir de données : un problème technique lors du codage des informations n’a pas permis de les exploiter. 

D’autres données sur l’emploi doivent prochainement compléter ce premier état des lieux. Une étude consacrée à l’emploi privé et aux salaires, menée avec la DEETS, est attendue le 20 octobre. Au premier trimestre 2027, l’Insee prévoit également de publier une étude sur les salaires dans le secteur public.

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Un premier colloque sur la médecine traditionnelle à Mayotte

Un premier colloque sur la médecine traditionnelle à Mayotte
Organisé le 17 septembre à la Technopole de Dembéni par le CCEEM, l’Université de Mayotte et la FMAE, ce premier colloque réunira tradipraticiens, chercheurs et institutions pour préserver, transmettre et valoriser les savoirs liés aux plantes médicinales mahoraises.

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Le 17 septembre, la Technopole de Dembéni accueillera le premier colloque consacré à la médecine traditionnelle et aux plantes médicinales à Mayotte. Acteurs de terrain, chercheurs et institutions échangeront sur la préservation, la transmission et la valorisation de ces savoirs.

La première édition du colloque consacré à la médecine traditionnelle et aux plantes médicinales à Mayotte se tiendra le jeudi 17 septembre à la Technopole de Dembéni. Organisée avec l’Université de Mayotte, la FMAE et le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement de Mayotte (CCEEM), cette journée entend favoriser la reconnaissance, la transmission et la valorisation des savoirs locaux.

Le rendez-vous réunira tradipraticiens, universitaires, chercheurs, institutions et acteurs de terrain autour de la pharmacopée mahoraise. Trois tables rondes sont prévues durant la matinée : elles porteront sur l’état des connaissances relatives à la médecine traditionnelle, les enjeux de préservation et de transmission, ainsi que sur la valorisation et la reconnaissance de ces savoir-faire.

L’après-midi sera consacré à trois ateliers participatifs. Les participants échangeront notamment sur la complémentarité entre médecine traditionnelle et médecine conventionnelle, la protection des plantes médicinales et des savoir-faire associés, ainsi que sur la préparation d’une université d’été prévue en 2027.

Préserver une tradition largement orale

Pour Salimata Hamidani, engagée dans ce projet, l’enjeu central est celui de la transmission. « Les foundi connaissent ce savoir, mais sera-t-on toujours en mesure de le transmettre ? », interroge-t-elle. Une partie importante de ces connaissances repose encore sur la tradition orale, les pratiques familiales et l’expérience des tradipraticiens.

Le colloque doit ainsi permettre de recueillir, structurer et partager ces savoirs, sans les dissocier de leur contexte culturel. Les échanges aborderont notamment les usages des plantes, les textes religieux, les soins liés aux esprits ou aux djinns, ainsi que les différentes pratiques présentes sur l’île.

« Les foundi connaissent ce savoir, mais sera-t-on toujours en mesure de le transmettre ? »

Plusieurs foundi ne pouvant pas toujours se déplacer, un film consacré à ces savoir-faire doit également être diffusé au public. L’objectif est de constituer progressivement des références écrites et audiovisuelles sur la médecine traditionnelle mahoraise, afin de mieux documenter les pratiques et les conclusions issues des rencontres.

Un projet de recherche associé

Cette initiative s’inscrit aussi dans le cadre d’un projet de recherche mené avec l’Université de Mayotte. Sélectionné en juin 2024 dans le cadre d’un appel à projets, le programme Pi2M doit se dérouler sur trois ans. Il associe notamment des compétences en STAPS, médecine et santé, sociologie, psychologie et sciences de l’éducation.

Le projet prévoit des rencontres entre universitaires, doctorants, post-doctorants et tradipraticiens. Trois axes sont notamment envisagés : mieux connaître la diversité des pratiques et des représentations liées aux plantes et aux soins ; étudier les relations entre médecine traditionnelle et système de santé conventionnel ; et renforcer l’information et la médiation auprès de la population.

L’ambition est également de développer des supports accessibles, potentiellement trilingues, afin de rendre ces connaissances plus largement disponibles tout en respectant les personnes qui les détiennent.

Des visites sur le terrain

En amont et à la suite du colloque, plusieurs visites de sites sont proposées afin de rencontrer des détenteurs de savoirs et d’observer des pratiques liées aux plantes médicinales.

La première visite est programmée ce dimanche 13 septembre à Mbouini, chez Mambo, tradipraticien, de 9 heures à 11 heures. Une seconde est prévue lundi 14 septembre au parc forestier du Département-Région, à Coconi. Deux autres rendez-vous sont annoncés les 19 et 20 septembre à Hamouro et à Bambo-Ouest.

Le jour du colloque, une navette sera mise à disposition depuis la Poste de Dembéni à partir de 7 heures afin de faciliter la venue des participants. Les tables rondes et ateliers donneront lieu à des restitutions et à des débats, avec l’objectif de faire émerger des pistes concrètes pour préserver et transmettre ce patrimoine vivant.

Femme et Résilience : à Mayotte, des entrepreneur(es) accompagnées pour se faire une place

Femme et Résilience : à Mayotte, des entrepreneur(es) accompagnées pour se faire une place

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L’association PLAMFE Mayotte, s’est donné pour mission, à travers son programme “ Femme et Résilience”, d’accompagner 15 femmes entrepreneur(es) mahoraises. Lancé en avril 2026, ce programme s’étendra jusqu’en avril 2027. Il vise à aider ces femmes à développer et à pérenniser leurs entreprises, mais aussi à favoriser leur insertion dans le monde économique de Mayotte, un environnement encore largement dominé par les hommes. Dans le cadre de ce programme, nous sommes allés à la rencontre de l’une d’entre elles afin de découvrir son parcours, son activité et l’accompagnement dont elle bénéficie.

Elles sont 15 femmes à être accompagnées par l’association PLAMFE Mayotte dans le cadre du programme “ Femme et Résilience ”. Un dispositif qui n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien financier de la Fondation de France, à hauteur de 50 000 euros : “ Pour l’instant, 25 000 euros ont été versés ” explique Léonelle REDJEKRA, présidente de la PLAMFE Mayotte.

Grâce à ce financement, l’association peut proposer aux entrepreneur(es) un accompagnement destiné à renforcer leurs compétences, développer leurs activités et leur permettre de mieux s’insérer dans l’environnement économique mahorais.

Un accompagnement qui porte ses fruits

Parmi les 15 femmes entrepreneur(es) accompagnées dans le cadre du programme figure Nadia Bonahidi, une entrepreneuse aux multiples casquettes qui évolue à la fois dans le monde de la littérature et dans celui de l’entrepreneurial culturel : “Je suis autrice de roman avec la trilogie Fonzava et, depuis 2025, je suis également une entrepreneuse dans le milieu culturel avec Mahorais Puzzle. Ce sont des puzzles qui s’inspirent des contes et légendes de Mayotte”, présente-t-elle.

Elle a choisi de se faire accompagner par l’association dès qu’elle a commencé à envisager la création de son entreprise, notamment en raison d’un manque de repères. Elle recherchait surtout des modèles de femmes entrepreneuses susceptibles de l’inspirer et de la guider dans son parcours : “ En intégrant cette association, entourée d’autres femmes, je me sentirais mieux accompagnée et, surtout, je ne serais pas seule dans mes démarches”, explique-t-elle.

Nadia Bonahidi a intégré l’association en 2024. Elle fait partie des femmes à l’origine de la création du programme ” Femme et Résiliance ”. Les 15 femmes entrepreneur(es) inscrites au programme bénéficient de plusieurs formations, notamment sur le digital, la sauvegarde des données, mais aussi avec la BGE, autour de la structuration de leur entreprise, de la communication et de la gestion du budget.

Cet accompagnement repose également sur l’intervention de plusieurs partenaires, qui contribuent à renforcer les compétences des bénéficiaires et à les aider à mieux développer leurs activités : “ Tout cet accompagnement m’a permis, à moi, d’avoir une meilleure vision pour mon entreprise”, ajoute-t-elle.

Un accompagnement qui semble déjà porter ses fruits pour Nadia Bonahidi. Côté littérature, son travail avec ses éditeurs lui ouvre de nouvelles perspectives, notamment à l’échelle régionale : “ Pour les livres, je suis avec mon éditeur Fumosilaï, l’éditeur Hirizi ya Mahorais. Donc oui, on travaille déjà ensemble pour exporter les livres dans la région, par exemple à La Réunion, à Madagascar, et pourquoi pas en métropole. Et puis, pour les puzzles, pour l’instant, ils sont disponibles à Mayotte”, explique-t-elle.

Un succès qui se ressent également chez Afna Saidali, propriétaire de May’Sape, un salon de couture spécialisé dans la confection sur mesure. L’entreprise propose une large gamme de créations : tenues de mariage pour hommes, femmes et enfants, robes de soirée et bien d’autres modèles : “ On touche vraiment à tout”, se réjouit-elle.

Ses créations ont fait le tour des défilés au-delà de Mayotte. Une belle reconnaissance pour cette entrepreneuse, qui multiplie les occasions de faire rayonner son savoir-faire : “ J’ai participé l’année dernière au Made in France. Cette année, j’ai pris part à la Foire de Paris et, très prochainement, je participerai à un défilé à La Réunion dans deux mois”, détaille-t-elle.

Afna Saidali a pris la décision d’intégrer l’association PLAMFE Mayotte avec l’ambition de s’imposer et de se frayer un chemin dans le milieu de la mode à Mayotte. Mais au-delà du développement de son activité, elle cherchait surtout à être davantage reconnue et prise au sérieux en tant que femme entrepreneuse : “ On ne nous prend pas au sérieux. Quand on va vers les organismes pour présenter notre projet, on ne nous prend pas au sérieux. C’est pourquoi j’ai voulu faire partie de ce programme. Parce qu’on est toutes des femmes unies, et le but, c’est vraiment de se soutenir dans nos projets et de nous élever ensemble”, témoigne-t-elle.

Elle salue les efforts de l’association ainsi que les nombreuses opportunités dont elle a pu bénéficier, qui l’ont aidée à développer davantage son activité et à faire connaître son savoir-faire.

Une reconnaissance saluée par la présidente

“ On existe à travers différents continents, en Afrique, en Europe, et, je l’espère, bientôt dans les autres départements d’outre-mer”, ajoute fièrement Léonelle REDJEKRA, la présidente PLAMFE Mayotte.

La présidente explique que l’objectif de cet accompagnement est également d’élargir les compétences des femmes à travers différentes formations, mais aussi de valoriser leur savoir-faire grâce au rendez-vous “ Plan Fête” : “ Qui consiste à aller auprès des femmes entrepreneuse dans leur univers, donc dans leur activité entrepreneuriale, avec les membres de sa famille ou toutes seules. Et l’idée, c’est de pouvoir les accompagner en consommant tout simplement leurs services et produits et passer des moments conviviaux”, souligne-t-elle.

Il faut savoir qu’au passage du cyclone Chido, de nombreuses entreprises à Mayotte se sont retrouvées en difficulté. Face à un territoire durement touché, certaines ont peiné à se relever et à relancer leur activité. C’est cet enchaînement de difficultés qui a conduit l’association, dans le cadre de l’appel à projet de Mayotte Solidaire, à accompagner les entrepreneur(es) dans la reprise de leur activité, mais aussi dans sa structuration sur le long terme : “ Il s’agissait surtout de réfléchir à des programmes qui leur permettent d’avoir une meilleure visibilité, mais aussi une véritable perpective de développement de leur projet ”, confirme-t-elle.

Cet accompagnement n’aurait pas pu connaître le même succès sans l’implication de ses différents partenaires, parmi lesquels la Boutique de Gestion pour Entreprendre (BGE) et Allo M’Y Job : “ Nous espérons également pouvoir compter prochainement sur l’intervention de Thérapsy” ajoute-t-elle.

D’ailleurs, Sarah Boinaïdi, propriétaire de May’île Loisirs, une entreprise spécialisée dans le secteur du bien-être, affirme que les partenariats et les nouvelles rencontres lui ont permis d’élargir son carnet d’adresses : “ Elle faisait de la publicité. En fait, vraiment, je trouve que par rapport à mes débuts et maintenant, au niveau de mon carnet d’adresses, que ce soit professionnel ou même auprès des particuliers, ça a beaucoup joué aussi”, confirme-t-elle.

Une dynamique qui semble lui être bénéfique, au point qu’elle n’envisage pas de quitter l’association de sitôt.

Cinq jours pour découvrir les actions de Mlezi Maore à Mayotte

Cinq jours pour découvrir les actions de Mlezi Maore à Mayotte

Mlezi Maore organise ses Journées Portes Ouvertes du 14 au 18 septembre 2026 à travers Mayotte. L’association propose 35 rendez-vous pour faire découvrir ses établissements, ses équipes et la diversité de ses activités.

Pendant cinq jours, visites, ateliers, témoignages, expositions et animations permettront au public de mieux connaître les dispositifs proposés par l’association, notamment dans l’accompagnement des enfants et des familles, le handicap, l’insertion professionnelle, la santé, la prévention, l’éducation, ainsi que l’accès à l’hébergement et au logement.
La semaine se terminera par un temps consacré à l’emploi, le vendredi 18 septembre. Un job dating permettra aux candidats d’échanger avec les ressources humaines et les responsables d’établissements. Plus de 60 offres seront proposées, avec également des possibilités de stages. Une conférence-débat consacrée aux enjeux de recrutement et d’attractivité des métiers à Mayotte est prévue en parallèle.

Les lieux, horaires et activités des 35 rendez-vous sont disponibles sur les réseaux sociaux de Mlezi Maore.

Une piste agricole entre Dzoumogné et Bandrani fermée ce week-end pour les 24H de Bandrani

Une piste agricole entre Dzoumogné et Bandrani fermée ce week-end pour les 24H de Bandrani

À l’occasion de la première édition des 24H de Bandrani, qui se déroulera ce week-end dans le Grand Nord, la circulation des véhicules à moteur sera temporairement interdite sur une partie de la piste agricole reliant notamment les secteurs de Chadajou, Bandrani et Massoulaha.

Des arrêtés municipaux ont été pris par les communes de Bandraboua et de Mtsamboro afin d’assurer la sécurité des coureurs et des marcheurs participant à cette épreuve d’ultra-endurance. L’interdiction concerne la boucle de la piste de terre située entre la retenue collinaire de Dzoumogné et le col de Mtsamboro, à Chandajou.

Aucun véhicule à moteur — voitures, 4×4, quads ou deux-roues — ne pourra y circuler du samedi 12 septembre à partir de 8 heures au dimanche 13 septembre à midi.

L’information s’adresse notamment aux agriculteurs, riverains et usagers des zones concernées. La police municipale et la gendarmerie nationale seront chargées de veiller au respect de cette interdiction, indiquent les organisateurs et les municipalités.

Le maire de Mamoudzou reprend ses permanences hebdomadaires

Le maire de Mamoudzou reprend ses permanences hebdomadaires

Le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, reprend ses permanences hebdomadaires à destination des habitants de la commune. La première est prévue ce vendredi 11 septembre, de 8 heures à 11 h 30, à la médiathèque Rama M’sa de Passamainty.

Ces temps d’échange avec les habitants se tiendront ensuite chaque vendredi matin. En raison de la finalisation des travaux engagés à l’hôtel de ville, les permanences seront temporairement délocalisées dans les mairies annexes et différents bâtiments administratifs de la commune.

Les habitants pourront ainsi rencontrer le maire pour faire part d’une difficulté, d’une demande ou d’un projet. Après Passamainty, les prochaines permanences sont prévues le vendredi 18 septembre à la mairie annexe de Kawéni, puis le vendredi 25 septembre à la mairie annexe de M’tsapéré, toujours de 8 heures à 11 h 30.

Cinq jeunes adultes en situation de handicap de Mayotte en voyage inclusif dans l’Hexagone

Cinq jeunes adultes en situation de handicap de Mayotte en voyage inclusif dans l’Hexagone
* image d'illustration générée par ia

Cinq jeunes adultes accompagnés par le Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) de l’ALEFPA à Mayotte s’envoleront ce dimanche 13 septembre au soir pour l’Hexagone, où ils participeront à un séjour d’une semaine mêlant découvertes culturelles et activité sportive inclusive.

Accompagnée de sept professionnels — infirmier, aides-soignants et éducateurs — la délégation doit notamment passer deux jours à Paris, avec des visites de la capitale et une journée à Disneyland. Le programme prévoit ensuite deux jours au zoo de Beauval et dans la région.

La dernière partie du séjour se déroulera dans la Creuse, avec la visite de l’établissement pour enfants polyhandicapés Bertha Ros de Limoges, également géré par l’ALEFPA. Le groupe participera ensuite, le 19 septembre, au Trail de l’ALEFPA à Eymoutiers, un événement sportif inclusif qui rassemble chaque année plus de 1 500 participants.

La délégation mahoraise prendra part à un parcours de 9 kilomètres grâce notamment à l’utilisation d’une joëlette pour adultes, un fauteuil tout-terrain permettant aux personnes à mobilité réduite de participer à des randonnées en pleine nature avec l’aide d’accompagnateurs.

Au-delà de l’activité sportive, ce voyage doit permettre aux participants de découvrir un environnement différent de Mayotte, de vivre une semaine en dehors du cadre familial et de partager cette expérience avec des professionnels et d’autres personnes accompagnées.

Sur le chemin du retour, prévu le 21 septembre, le groupe fera également étape une journée à La Réunion afin de découvrir l’établissement d’accueil non médicalisé Jean-Clermont, à Saint-André.

Pénurie de poisson à Mayotte : les pêcheurs n’excluent pas une manifestation de grande envergure pour paralyser l’île et se faire entendre des autorités

Pénurie de poisson à Mayotte : les pêcheurs n’excluent pas une manifestation de grande envergure pour paralyser l’île et se faire entendre des autorités

Un vent de colère souffle contre la préfecture et le service des Affaires maritimes dans le secteur de la pêche à Mayotte. Placée sous embargo par l’ancien délégué du gouvernement, François-Xavier Bieuville, avant même le cyclone Chido en 2024, la profession subit une agonie, lente mais sûre. Des entreprises, mais aussi des familles entières, sont irrémédiablement brisées. Dégoûtés par le sort qui leur est imposé, les marins-pêcheurs sont livrés à leur triste sort, partagés entre résignation et révolte face à l’interdiction qui leur est faite de partir en mer pour pratiquer leur métier.

Ils crient au scandale et dénoncent une mainmise de La Réunion sur la zone économique exclusive de Mayotte, orchestrée depuis Paris à leur détriment, sans que la classe politique mahoraise n’ose, à leurs yeux, contester cet état de fait.

L’information circule dans l’île depuis plusieurs semaines et s’invite désormais sur les places publiques, dans les foyers et dans les mosquées : il serait devenu quasiment impossible de se procurer du poisson sur le territoire. Les congélateurs sont vides, tout comme les étals des halles de pêche, des halles à marée et de certains petits marchés à ciel ouvert dans les villes et villages mahorais.

« La pêche se meurt à Mayotte et c’est l’État français qui a décidé cela pour favoriser les armateurs réunionnais et européens. » C’est Abdoul Karim Saïd Nidhoim, président du syndicat des pêcheurs de Petite-Terre, qui sonne le glas devant un parterre de ses adhérents réunis sur le front de mer de Four-à-Chaux, à Labattoir. Attroupés autour d’un jeu de dominos, sous un préau miraculeusement rescapé du cyclone Chido, ils s’abritent du soleil ardent de la mi-journée en cette période de saison chaude.

Les mots sont forts, mais savamment choisis pour lancer un cri de ras-le-bol en direction des autorités compétentes. Et s’ils sont forts, ils ne reflètent pas moins une réalité dans laquelle le territoire se trouve plongé depuis deux ans, malgré les vagues successives de protestation et d’indignation des professionnels et des consommateurs mahorais.

Sous prétexte de mise en place de la réglementation européenne, une place nette serait faite dans et hors du lagon, dans les eaux territoriales du 101ᵉ département français, mis au pas, selon les pêcheurs, par les gouvernements successifs du second quinquennat d’Emmanuel Macron, dans l’objectif clairement affiché et assumé d’en faire une colonie de La Réunion.

Ils se disent victimes d’un harcèlement administratif et judiciaire

Les pêcheurs dénoncent un harcèlement administratif et judiciaire destiné, selon eux, à les décourager de pêcher dans l’espace maritime de leur propre île.

Tout ce qui rapporte un peu d’argent doit, coûte que coûte, échapper aux autochtones et ce n’est certainement pas Manuel Valls, ancien ministre des Outre-mer et, selon ses détracteurs, chantre de cette théorie, qui dira le contraire. Ils lui reprochent notamment d’être allé jusqu’à préférer Saint-Denis de La Réunion pour y organiser ses conférences de presse après des visites de terrain à Mayotte.

« Qui n’a pas compris le sens du vent qui souffle sur ce territoire est très mal barré. L’État nous enterre vivants sans gêne aucune et sans considération pour ce que nous sommes avant tout : des hommes et des femmes qui ne demandent qu’à bien vivre sur leur île natale », avance d’une voix nasillarde Aboubacar Mahamoud, nom d’emprunt demandé par l’intéressé par crainte de subir des pressions administratives ou des contrôles accrus du service des Affaires maritimes, devenu, avec le temps, la bête noire de toute la corporation sur l’archipel.

Et pour cause, selon les pêcheurs : les contrôles sont jugés innombrables et quotidiens, tandis que les verbalisations se multiplient. Ces derniers évoquent « un harcèlement destiné à les décourager de la pratique de leur métier ».

Rien qu’à Four-à-Chaux, une cinquantaine d’embarcations serait frappée d’une interdiction de reprendre la mer, car jugée non conforme à la réglementation européenne.

« Bientôt, nous allons nous nourrir de poissons en caoutchouc made in China ou Brazil pour remplir nos panses et celles de nos enfants, puisque la préfecture ne veut pas que nous les nourrissions de poissons frais issus de notre mer », avance, un brin provocateur, Ahamad, un autre marin-pêcheur, excédé de ne plus pouvoir exercer son métier.

Il parle carrément d’un système qui serait monté crescendo, avec, au centre du jeu, une politique d’intimidation des Mahorais, à l’intérieur comme à l’extérieur du lagon.

« Cela a commencé par des contrôles renforcés sur la route des bancs du Geyser et de la Zélée. Ensuite, des amendes élevées et des jugements dans des tribunaux à La Réunion, en présentiel ou par contumace. En attendant, nos élus nous regardent sombrer, impuissants à élever la voix pour défendre notre activité. Aujourd’hui, la situation est allée très loin, trop loin, avec des enjeux inconnus de nous, gens ordinaires », raconte-t-il.

Le banc poissonneux de la Zélée, proche de Mayotte, doit-il rester une réserve de pêche pour des marins réunionnais situés à des milliers de kilomètres ?

Il montre du doigt les 50 navires de pêche immobilisés dans la baie de Four-à-Chaux, certains ayant été retirés de la mer et retournés sur le sable brûlant de la plage attenante.

Abdoul Karim Saïd Nidhoim reprend la parole pour expliquer qu’il n’a de cesse de multiplier les allers-retours entre le front de mer de Labattoir et le siège des Affaires maritimes à Foungoujou, le long du boulevard des Crabes qui mène au rocher de Dzaoudzi.

« J’essaie inlassablement de les sensibiliser au drame que nous vivons, mais mon sentiment actuel est que c’est peine perdue », affirme-t-il, avant d’ajouter : « Ces 50 embarcations représentent 50 entreprises en cessation d’activité, du personnel au chômage prolongé depuis deux ans et des familles en souffrance et en difficulté économique qu’elles n’ont jamais souhaitée. »

Plus explicite, le syndicaliste nous apprend que cette petite flottille de kwassas alimente une très grosse partie du marché mahorais du poisson sur les deux îles habitées du département.

« Nous avions négocié un moratoire avec le directeur adjoint des Affaires maritimes, qui vient hélas de quitter le territoire, en attendant de pouvoir acquérir de nouvelles embarcations répondant aux nouvelles normes exigées. Un document a été élaboré, que j’ai paraphé au nom des pêcheurs, mais il est resté sans suite parce qu’au dernier moment, l’ancien préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, a refusé d’y apposer sa signature. »

Abdoul Karim Saïd Nidhoim balance une autre accusation : « L’ancien préfet nous a ouvertement dit que La Réunion s’oppose à la présence de pêcheurs mahorais sur le haut-fond de la Zélée, qui doit rester une réserve pour les pêcheurs réunionnais ! »

Un langage qui a eu l’effet immédiat de courroucer l’ensemble des pêcheurs présents à Four-à-Chaux, ce jeudi 10 octobre 2026, lesquels s’insurgent collégialement contre cette prétention et s’interrogent : laquelle, de Mayotte ou de La Réunion, se situe le plus près de ce banc poissonneux ?

« Voilà, les Mahoraises et les Mahorais savent pourquoi les services de l’État ont opté pour asphyxier la profession de pêcheur sur ce territoire. »

Une fois cela dit, il interpelle ouvertement les élus mahorais dans leur ensemble et leur demande s’ils avaient, le cas échéant, négocié avec l’État une mise sous tutelle de Mayotte par le département voisin de La Réunion.

Une nouvelle flottille de bateaux de pêche impossible à acquérir pour un pêcheur mahorais

Il n’est pas le seul à se poser une telle question. À Mamoudzou, le sujet revient sans cesse dans les discussions, notamment après qu’une société réunionnaise a tenté de prendre le contrôle de la COPEMAY, la coopérative de pêche qui a failli mettre la clé sous la porte récemment en raison d’une mauvaise gestion.

Aux dernières nouvelles, la manœuvre aurait été déviée de sa trajectoire et un simple statut d’observateurs aurait été accordé à ces investisseurs qui se proposaient d’injecter des liquidités dans l’activité de cette coopérative mythique de Mayotte.

Dans leur ensemble, les pêcheurs dénoncent des complicités locales dans ce qu’ils considèrent comme une volonté délibérée d’évincer les autochtones de ce marché jugé juteux.

« Nous avons compris cela lorsqu’il nous a été expliqué qu’il nous fallait acquérir des embarcations d’une valeur individuelle de 300 000 euros, subventionnées à hauteur de 60 %. À aucun moment, notre département ne s’est demandé lequel de ses pêcheurs pourrait consentir à un tel sacrifice après la catastrophe du cyclone Chido. C’est simple : nous devons faire un choix entre nourrir nos familles ou relancer notre activité professionnelle. »

Autre élément important rendu public hier par le président du syndicat des pêcheurs de Petite-Terre : l’obligation qui leur serait faite de ne pouvoir embarquer que deux jerricans de carburant à chaque sortie en mer, de sorte à s’assurer qu’ils ne puissent pas se déplacer hors du lagon.

« Avec ça comme seule réserve, vous n’atteindrez même pas la pointe de Mtsahara, dans le nord de l’île, si vous venez de Petite-Terre », fait remarquer un autre pêcheur qui suivait les déclarations de son président.

Leur seul espoir de limiter la casse dans ce qu’ils considèrent comme le naufrage programmé de la pêche à Mayotte réside dans la reconstitution de dispositifs de concentration de poissons (DCP) autour de l’île, grâce à un financement de 150 000 euros apporté par la Fondation de France.

« C’est du concret. Deux tiers de la somme nous ont déjà été versés et nous sommes très reconnaissants vis-à-vis de nos généreux donateurs », avance Abdoul Karim Saïd Nidhoim.

Face au désespoir dont ils se disent victimes, les pêcheurs mahorais discutent désormais de la forme à donner à des actions coup de poing pour manifester leur ras-le-bol contre le confinement qui leur serait imposé par la préfecture de Mayotte.

Ils mettent en garde contre une manifestation de protestation de très grande ampleur, qui pourrait aller jusqu’à paralyser l’île, avec l’adhésion des consommateurs mahorais.

Donc, à bon entendeur, salut !

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Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être

Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être
Michel Madi, président de l'Agence d'Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM), organisatrice du Salon du Tourisme.

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À l’occasion de la 12ᵉ édition du Salon du Tourisme et des Loisirs de Mayotte, qui s’ouvre ce vendredi à Mamoudzou, Michel Madi, président de l’AaDTM, revient sur les ambitions de l’événement et les perspectives du secteur après Chido. Tourisme intérieur, bien-être, hébergement et infrastructures : il détaille les chantiers à poursuivre pour relancer durablement la destination.

Le Salon du Tourisme et des Loisirs de Mayotte accueille le public dès ce vendredi 11 septembre après-midi pour trois jours de découverte, de rencontres et de valorisation des richesses du territoire. L’occasion de mettre en lumière la culture mahoraise, les savoir-faire locaux, l’artisanat et l’ensemble de l’offre touristique de l’île.

Cette 12ᵉ édition est placée sous le thème du “Bien-être” succède à une édition 2025 marquée par le passage du cyclone Chido. Axé sur la relance et la mobilisation, le salon avait alors rencontré un vif succès auprès du public, telle une respiration après les traumatismes, sans occulter les nombreux obstacles qui freinent encore le redressement du secteur, entre infrastructures à reconstruire, activités à relancer et préoccupations autour de l’état de l’environnement.

À la veille de l’ouverture, ce jeudi 10 septembre, l’effervescence est déjà palpable sur le site. Les équipes chargées de l’organisation s’activent pour monter les chapiteaux, installer la scène et peaufiner les derniers aménagements le long du front de mer et autour du marché couvert, tandis que les exposants, venus des quatre coins de Mayotte, prennent possession de leurs stands.

C’est dans cette ambiance de derniers préparatifs que Michel Madi, président de l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM), organisatrice de l’événement, a accepté de répondre à nos questions. Il revient sur les ambitions de cette nouvelle édition et livre son analyse des perspectives du tourisme à Mayotte dans les mois et années à venir.

Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être
145 exposants, 113 chapiteaux, animations traditionnelles, spectacles, pour sa douzième édition le Salon du Tourisme change de dimension.

Flash Infos : Que réserve cette 12ème édition aux visiteurs ?

Michel Madi : Cette année, nous avons vu les choses en très grand. Nous accueillons 145 exposants, contre 95 l’an dernier, ce qui nous permet de proposer une offre touristique presque exhaustive de Mayotte. Les opérateurs nautiques, les hôtels, les artisans, les offices de tourisme ainsi que plusieurs partenaires institutionnels seront présents.

Le salon comptera également 15 espaces thématiques, contre 11 l’année dernière, et 113 chapiteaux, contre 66 en 2025. Depuis samedi, une soixantaine d’entreprises sont mobilisées pour assurer son installation et son organisation, preuve que cet événement est aussi un véritable levier économique. Nous avons voulu lui donner une nouvelle dimension, avec des animations traditionnelles qui rythmeront les trois jours, sur scène comme dans les allées.

Au-delà de l’événement, notre objectif est de créer une rencontre entre l’offre touristique et les résidents, afin d’encourager les Mahorais à découvrir leur territoire. L’idée est de s’appuyer sur une clientèle de proximité, présente toute l’année, et de faire du salon un moment de découverte, de gastronomie et de convivialité à partager en famille ou entre amis.

FI : Pourquoi avoir choisi le thème du “Bien-être” ?

M.M : Nous avons choisi le thème du bien-être parce qu’une véritable offre commence à émerger à Mayotte, avec des spas, des massages traditionnels et d’autres prestations. L’objectif est de donner de la visibilité à ces initiatives. Après le cyclone Chido, nous nous sommes beaucoup concentrés sur la reconstruction matérielle, mais nous avons sans doute moins pris en compte l’aspect psychologique. Le tourisme, c’est aussi savoir prendre du temps pour soi.

L’offre reste encore limitée, mais nous voulons encourager son développement. Des projets voient déjà le jour, notamment à Sakouli et dans le Sud, et méritent d’être mis en valeur.

Nous constatons également une véritable demande de la population pour ces espaces de bien-être, au point qu’il faut parfois attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous. C’est une filière qui a un réel potentiel économique, à condition de s’appuyer sur les savoir-faire locaux, les plantes médicinales, les huiles essentielles ou encore l’ylang-ylang.

F.I : Comment construire le tourisme de demain à Mayotte ?

M.M : À l’issue du salon de l’an dernier, nous avons souhaité mieux connaître les attentes et les pratiques des résidents. Entre novembre 2025 et février 2026, nous avons donc mené une vaste enquête dans les cinq intercommunalités, à travers des groupes de discussion, des questionnaires en ligne et des entretiens en face à face. L’objectif était de recueillir des données qualitatives et quantitatives afin de bâtir une véritable stratégie de tourisme intérieur, en lien avec les offices de tourisme. Nous avons veillé à représenter l’ensemble des populations vivant à Mayotte, des Mahorais aux communautés régionales, métropolitaines et internationales.

Les principaux freins qui ressortent sont l’insécurité, les difficultés de déplacement et le rapport qualité-prix. Mais ces constats nous donnent aussi des pistes de travail. Nous pouvons, par exemple, réfléchir à des transports dédiés pour certaines activités. Si nous avons peu de marge sur les prix, nous pouvons en revanche accompagner les opérateurs pour améliorer la qualité de leurs prestations.

Le développement touristique de Mayotte se heurte encore à de nombreuses difficultés. Pour autant, nous ne pouvons pas attendre que toutes les infrastructures soient achevées avant d’agir. Mayotte est en pleine reconstruction et il faut développer le tourisme dès maintenant, en proposant des solutions qui permettent de répondre progressivement à ces contraintes.

Salon du Tourisme : une édition placée sous le signe du bien être
Le “Bien-être” est à l’honneur cette année, dans la continuité d’une édition 2025 apaisante tournée sur la relance et la mobilisation après Chido.

F.I : Les infrastructures, notamment les pontons et les capacités d’hébergement, restent des enjeux majeurs. Où en est-on aujourd’hui ?

M.M : Je comprends totalement les difficultés des opérateurs nautiques. Tous les matins, je les vois travailler dans des conditions difficiles, sans ponton. Les engagements pris au départ, notamment par le Département-Région, n’ont pas été tenus. On espère maintenant qu’un ponton pourra voir le jour en Petite-Terre d’ici la fin de l’année. Pour la Croisette, cela prendra davantage de temps. Nous sommes derrière les opérateurs pour pousser le Département-Région, comme sur des choses simples comme la sécurisation du site.

Le dossier est complexe, comme d’autres dossiers sur Mayotte, mais le Département nous dit être derrière, faire le travail.

“Les engagements pris au départ, notamment par le Département-Région, n’ont pas été tenus”, à propos des pontons.

Sur l’hébergement, le chantier de l’hôtel du front de mer de Mamoudzou, quatre étoiles et 60 chambres, est en cours. On espère une livraison d’ici 2028. En Petite-Terre, un autre hôtel quatre étoiles de 80 chambres est également en chantier, à côté du CHM. Dans le cadre du dispositif européen RESTOR, quatre projets d’établissements de trois à quatre étoiles se sont par ailleurs positionnés. Ce sont des projets qui vont, je pense, tirer la qualité de l’offre vers le haut. Il y a aussi un engagement entre le préfet et le Département pour étudier la question foncière des investissements hôteliers en dehors de Mamoudzou. Ce sont des signaux importants, car la capacité d’hébergement reste un goulot d’étranglement pour la destination.

F.I : Le tourisme a-t-il aujourd’hui toute sa place dans les discussions avec le Département-Région, l’État et les acteurs du territoire ?

M.M : Le tourisme est une priorité dans le contexte d’après-Chido. Le travail continue en bonne intelligence avec l’État, notamment avec l’EDEC Tourisme sur la formation, qui a été lancé, ainsi qu’avec les comités de filière. Avec le Département-Région, qui est l’un de nos principaux bailleurs de fonds, nous travaillons aussi sur plusieurs projets, comme la signalisation touristique que nous allons lancer dans les prochaines semaines. Nous avons également mené, dans le cadre de France Tourisme Ingénierie, des études pour la requalification du parc Mahabou et du Jardin botanique de Coconi, avec des financements de la BPI et du Département.

On aimerait que cela aille plus loin en termes de moyens et d’engagement, mais on reste réalistes.

Grand Mawlid : Chiconi se prépare à accueillir 3500 participants pour la sixième édition

Grand Mawlid : Chiconi se prépare à accueillir 3500 participants pour la sixième édition

La mairie de Chiconi a organisé une conférence de presse afin de présenter l’organisation du grand Mawlid, un événement majeur qui se déroulera en deux temps : la conférence prévue ce vendredi, suivie du Madjiliss ce samedi. Voici les principaux éléments à retenir de ce grand rendez-vous, qui rassemblera les habitants de Mayotte.

En cette nouvelle édition du Grand Mawlid, la ville de Chiconi est l’organisateur principal de cette sixième édition. Un événement territorial d’envergure qui nécessite une importante mobilisation, aussi bien sur le plan humain que financier : “c’est un événement territorial qui demande beaucoup de choses, beaucoup d’exigences, mais aussi beaucoup d’investissements financiers et humains. Aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, nous sommes à trois jours de l’événement”, déclare Mrichidou, président de Nouroul Houda de Chiconi, l’association de divague de Chiconi.

Dans l’ensemble, près de 3500 personnes sont attendues ce samedi à l’occasion du Grand Mawlid. Pour accueillir le public dans les meilleures conditions, un important dispositif organisationnel a été mis en place. L’objectif est d’assurer à la fois l’accueil, la sécurité et la prise en charge des besoins primaires, notamment la restauration. Les organisateurs se mobilisent ainsi pour garantir le bon déroulement de l’événement et offrir aux visiteurs des conditions d’accueil à la hauteur.

Mrichidou, président de Nouroul Houda de Chiconi, se veut rassurant quant à l’organisation de l’événement. Il souligne que l’association s’est entourée de spécialistes du domaine afin de préparer au mieux cette sixième édition : “Tout ce que je viens de vous dire a été travaillé, bien entendu, par des spécialistes, parce que nous, en tant qu’association Nouroul Houda de Chiconi, nous sommes jeunes et novices dans ce domaine. Il a donc fallu que nous nous rapprochions de personnes qui savent faire, notamment pour l’événement de demain, la conférence. “

Les informations à connaître sur la conférence de demain

S’agissant de la conférence de demain, les invités sont attendus entre 6 heures et 7 heures devant le plateau polyvalent de Chiconi, où un chengueh leur sera proposé. Un petit-déjeuner est ensuite prévu de 7 heures à 8 heures. À 8 heures, le maire de Chiconi prendra la parole pour souhaiter la bienvenue aux personnes présentes et ouvrir officiellement cet événement : “ Et puis suivra, bien entendu, la présentation générale des deux thématiques prévues. La première portera notamment sur la reconnaissance de la ville de Chiconi ou du canton de Chiconi. Dans un deuxième temps, nous aborderons la place de Chiconi dans son environnement, notamment au sein de la confrérie musulmane. Vous savez, il y a le dahira, le chengueh, le maoulida, les débats et j’en passe. “ ajoute Mrichidou, président de Nouroul Houda de Chiconi.

La journée de demain se poursuivra avec les débats jusqu’à 11 heures. Après la grande prière du vendredi, un déjeuner sera proposé aux participants sur place. L’événement reprendra ensuite de 14 heures à 16 heures, avec d’autres festivités : “notamment avec la participation des femmes aux débats et des hommes au mawlid. C’est lié à la présence des uns et des autres. Et le samedi matin, bien entendu, nous recevrons la commission de sécurité ici afin de valider tout ce que nous avons prévu et inscrit dans les documents. On va valider tout ça après un travail d’arrache-pied depuis, je dirais, quatre ou cinq mois.”, explique Mrichidou, président de Nouroul Houda de Chiconi.

En effet, la validation de l’ensemble du dispositif aura lieu ce samedi à 9 heures, en présence du directeur de cabinet de la préfecture.

Concrètement, que se passera-t-il demain lors de la conférence ?

 » Moi, je suis ici à titre de simple représentant du comité d’organisation de la conférence sur la grande thématique, qui est d’ailleurs une continuité, de l’ouest de Mayotte, berceau des confréries locales « , détails docteur Soibahoudine Ibrahim RAMADANI.

Le comité d’organisation s’appuie également sur un groupe de travail consacré aux recherches sur les origines du village de Chiconi. Mis en place depuis 2023, ce groupe a souhaité intégrer spontanément le comité d’organisation afin de mettre à profit les travaux menés sur l’histoire de Chiconi :  » Ce groupe de travail s’est présenté spontanément pour faire partie du comité d’organisation de la conférence et mettre à profit le travail qui a été fait depuis 2023 sur Chiconi« , explique le docteur Soibahoudine Ibrahim RAMADANI.

Par ailleurs, c’est l’association de Passamaïty qui a pris l’initiative d’ajouter une activité importante au programme du Grand Mawlid : l’organisation de cette conférence consacrée notamment aux origines et à l’histoire de Chiconi :  » une conférence sur le soufisme, puisque le Grand Mawlid est donc parti des activités soufisme.  » ajoute le docteur Soibahoudine Ibrahim RAMADANI.

L’année dernière, à l’occasion du Grand Mawlid, l’association de Passamaïty avait fait appel à plusieurs spécialistes pour intervenir lors de la conférence :  » Il y avait Yasmine Aouni, l’historien Dingizidjou et modestement, moi-même. Lorsque notre tour est venu, et quand je dis « notre », je parle de Chiconi, nous avons considéré que cette expérience de la conférence était plutôt une bonne initiative« , souligne-t-il.

Pour la journée de samedi, les invités seront accueillis à partir de 17 heures, notamment pour la restauration et l’accueil. Les organisateurs souhaitent mettre l’accent sur la qualité de cet accueil :  » Il faut que les gens soient bien accueillis« , conclut Mrichidou, président de Nouroul Houda de Chiconi.

La sixième édition du Grand Mawlid se déroulera ainsi à Chiconi, après avoir été organisée à Bandrélé, Sada, Pamandzi, Tsingoni et Passamaïty.

La commune s’apprête désormais à recevoir, à son tour, les habitants de Mayotte pour ce grand rendez-vous.

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Saïd Omar Oili demande des clarifications sur la gouvernance

Saïd Omar Oili demande des clarifications sur la gouvernance
Saïd Omar Oili demande également à Matignon de lui transmettre l’état d’avancement des travaux du comité interministériel, ajoutant une demande de transparence au débat sur la nouvelle gouvernance de la reconstruction.

Après les annonces de Sébastien Lecornu lors de sa visite à Mayotte, les vingt-six et vingt-sept août, le sénateur Saïd Omar Oili interpelle le gouvernement sur l’organisation du chantier de reconstruction. Il demande notamment des précisions sur le comité de suivi de la loi de programmation, le rôle de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte et l’avenir de la mission dirigée par le général Pascal Facon.

La reconstruction de Mayotte entre dans une nouvelle phase. Lors de son déplacement dans l’archipel, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu que le rythme des opérations restait insuffisant, malgré des crédits disponibles. Il a annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer le pilotage du chantier : des réunions interministérielles mensuelles à Matignon, la publication de l’état des crédits engagés et des projets, le renforcement des équipes préfectorales et des moyens d’ingénierie, ainsi qu’une association accrue des maires.

Ces annonces interviennent près de deux ans après le passage du cyclone Chido, qui a lourdement touché Mayotte en décembre deux mille vingt-quatre, et un an après la promulgation de la loi du onze août deux mille vingt-cinq de programmation pour la refondation de l’archipel.

Dans un courrier adressé le neuf septembre au Premier ministre, le sénateur Saïd Omar Oili demande désormais comment ces nouvelles modalités de pilotage vont s’articuler avec les dispositifs déjà prévus par la loi.

Le rôle des différentes structures en question

Première interrogation : le comité de suivi institué par l’article trois de la loi de programmation. Cette instance est chargée de veiller à la mise en œuvre et à l’évaluation du texte et d’en rendre compte au Parlement. Le sénateur souhaite savoir quelle place le gouvernement entend lui réserver face au nouveau suivi interministériel organisé à Matignon. Il demande également comment les élus mahorais seront informés des travaux et des décisions prises lors de ces réunions.

Saïd Omar Oili questionne ensuite la place de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte, créé en deux mille vingt-cinq. Un décret publié le cinq août deux mille vingt-six renforce les pouvoirs du préfet de Mayotte pour piloter la reconstruction et la refondation de l’île jusqu’au trente et un décembre deux mille trente.

Dans ce nouveau cadre, le sénateur souhaite connaître le rôle désormais dévolu à l’établissement public dans le pilotage opérationnel. Il demande également comment seront répartis les renforts d’ingénierie entre la préfecture et l’établissement, ainsi que les modalités de coordination entre l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte et les services placés sous l’autorité du préfet.

Quel avenir pour la mission Pascal Facon ?

Le troisième volet du courrier concerne la mission interministérielle pour la refondation et la reconstruction de Mayotte, dirigée depuis janvier deux mille vingt-cinq par le général Pascal Facon.

Alors que l’exécutif annonce une nouvelle organisation, Saïd Omar Oili demande si cette mission sera maintenue et, dans l’affirmative, jusqu’à quelle échéance. Il souhaite également connaître la manière dont ses missions de suivi de la stratégie quinquennale et de coordination seront articulées avec le nouveau dispositif de gouvernance.

Le sénateur présente sa démarche comme une demande de clarification destinée à éviter les chevauchements entre les différents dispositifs. Il estime nécessaire que les responsabilités en matière de décision, d’exécution et de suivi soient clairement identifiées.

Il demande enfin au Premier ministre de lui transmettre l’état de suivi des travaux du comité interministériel.

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Annice dévoile “ Délicatesse”, un conte musical entre souvenirs d’enfance et affirmation de soi

Annice dévoile “ Délicatesse”, un conte musical entre souvenirs d’enfance et affirmation de soi

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Annice, artiste auteure-interprète d’origine malgache, est installée à Mayotte depuis près de vingt ans. Passionnée de musique et de scène, elle s’est progressivement imposée dans l’univers musical mahorais, notamment en tant que choriste de Zily, la diva de la chanson mahoraise. À travers son univers artistique, Annice affirme une identité musicale tournée vers l’AfroLove. Inspirée par des artistes telles que Daphné, Tiwa Savage et Yemi Alade, elle puise dans leurs univers. Aujourd’hui, Annice a sorti son tout nouveau single, “ Délicatesse”.

“ Délicatesse”, un titre qui dévoile une facette sensible et assumée de l’artiste. Un conte musical qui la ramène à ses souvenirs d’enfance, à l’époque où elle vivait encore à Madagascar, entourée de l’ensemble de sa famille. À travers ses mélodies, Annice revisite cette période précieuse de sa vie, faite de souvenirs et de moments simples qui ont façonné la femme et l’artiste qu’elle est devenue.

Flash infos : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre parcours en tant qu’artiste et auteure-interprète ?  

Annice : Je m’appelle Annice. Comme vous avez pu le voir, je suis artiste, auteure et interprète de mes propres chansons. Je suis d’origine malgache et je vis à Mayotte depuis près de vingt ans. Je chante principalement en français, mais je m’exprime également en shimaoré et en malgache, notamment avec Zily. Cela fait réellement neuf ans que je chante.

F.I. : Avant de parler justement de votre nouveau single, j’aimerais revenir sur vos débuts. D’où vous vient cette envie de faire de la musique, cet amour et cette passion qui vous animent depuis maintenant vingt ans ?  

Annice : Alors, je chante depuis toute petite. Comme je vous l’ai dit, je suis d’origine malgache. Donc, les dimanches, on allait à l’église et on chantait en famille. Petit à petit, j’ai pris cette habitude de chanter tout le temps. Au départ, ce n’était qu’un simple hobby. Et puis, au fil des années, c’est devenu une véritable passion. J’ai aussi beaucoup hérité de mon papa. C’est un musicien autodidacte et, quelque part, il m’a transmis cet amour de la musique et cette envie de chanter.

F.I. : Et dans votre entourage, que ce soit au sein de votre famille ou parmi vos amis, est-ce que vous avez toujours été entourée de personnes qui pratiquaient la musique ? Y’avait-il également des artistes dans votre entourage ?

Annice : Alors non, dans ma famille, je suis la seule artiste. Dans mon entourage également, il n’y a pas vraiment d’autres artistes. Mais chez les Malgaches, chanter est quelque chose d’inné. On chante très souvent. Dans ma famille, la plupart savent chanter, mais je suis la seule à chanter en public.

F.I. : Aujourd’hui, vous nous présentez votre tout nouveau single, “ Délicatesse ”, dont le clip a été tourné à Nosy Be, nous y reviendrons un peu plus tard. Mais pour commencer, pourquoi avoir choisi “ Délicatesse ” comme titre ?

Annice : Alors, “ Délicatesse ”, c’est en réalité un morceau que j’ai écrit il y a quatre ou cinq ans. C’est une chanson que j’avais gardée dans mon placard, et je me suis dit que c’était enfin le bon moment pour la sortir. Cette chanson me ressemble beaucoup. D’habitude, j’écris en m’inspirant de ce que je vois autour de moi. Et pour “ Délicatesse”, j’ai vraiment senti que le moment était venu de la partager avec le public.

Pour moi, “ Délicatesse ”, c’est avant tout le portrait d’une femme forte. Une femme qui a l’habitude de tout contrôler, de tout gérer, de toujours vouloir maîtriser ce qui lui arrive. Mais on ne peut pas toujours tout contrôler dans la vie. Il faut aussi savoir lâcher prise, accepter de se laisser porter par les aléas de la vie, même lorsqu’ils nous mettent face à des obstacles.

F.I. : Dans le mail de présentation, vous décrivez “ Délicatesse ” comme un “ conte musical chaleureux ”, inspiré de vos souvenirs d’enfance. Quand vous parlez de “ conte musical ”, faites-vous référence à l’univers des contes de fées ou aux princesses Disney ?

Annice : Je suis née à Madagascar, plus précisément à Antsohihy, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 7 ans. J’ai ensuite passé deux années à Mtsapéré, à Mayotte, avant de partir vivre en métropole, où j’ai poursuivi ma scolarité jusqu’à mes études supérieures.

Après mes études, revenir m’installer à Mayotte m’a semblé être une évidence. Cela fait maintenant vingt ans que j’y vis. C’est ici que j’ai construit ma vie, mes repères et une grande partie de mon identité. Aujourd’hui, je ne me vois tout simplement pas vivre ailleurs.

Quant au peu de temps que j’ai passé avec mes cousines et toute ma famille à Madagascar, ce dont je me rappelle, ce sont les soirées passées ensemble, quand une de mes cousines, qui était beaucoup plus âgée que nous, nous racontait des histoires avant de nous endormir.

Je me souviens notamment que l’un des contes qu’elle nous racontait commençait par “ Hi ho, hi ho”. Je ne saurais pas vraiment expliquer ce qu’il y avait derrière ces mots, mais c’est justement cette petite phrase, cette ambiance et ces histoires qui m’ont inspirée pour créer “ Délicatesse.”

 F.I. : Si j’ai bien compris, “ Délicatesse ” fait référence aux histoires que votre grande cousine vous racontait avant de vous endormir ?

 Annice : C’est exactement ça. Elle commençait ses histoires comme ça, et j’avais envie de m’inspirer de ce souffle-là pour raconter l’histoire de “ Délicatesse ”. C’est d’ailleurs pour cette raison que la chanson commence par “ il était une fois une princesse ” À travers cette histoire, je voulais aussi faire passer un message qui est de prendre sa vie en main et d’apprendre à être indépendante.

J’ai été éduquée dans cette idée-là, avoir mon propre travail, être indépendante financièrement, avoir ma propre maison, pouvoir subvenir à mes besoins et, surtout, ne pas dépendre d’un homme. Pour moi, un homme, c’est secondaire. Dans la tradition mahoraise, ce n’est pas forcément ça. Mais en tant que malgache et avec une maman malgache, on m’a vraiment poussée à ce que je sois indépendante.

Avec le temps, j’ai aussi compris qu’à un moment il faut ouvrir son cœur à une personne, de laisser une autre personne entrer dans ma vie.

F.I.  : Le clip, vous l’avez tourné à Nosy Be, pourquoi avoir choisi plus précisément ce lieu ?

Annice : Il faut savoir que je suis cadre dans une entreprise privée. Je suis aussi maman, épouse et chanteuse. Donc, pour réussir à concilier toutes ces vies, il faut forcément beaucoup d’organisation. Je suis obligée de tout calculer, de tout anticiper, pour essayer de trouver un équilibre et faire en sorte que tout le monde soit content.

Je suis cadre, je travaille dans une entreprise privée. Je suis maman, je suis épouse. Je suis aussi chanteuse. Pour concilier tout ça avec les vacances, je suis obligée de tout calculer pour faire en sorte que tout le monde soit content. Là, j’étais en vacances à Nosy Be. Ça me permettait d’être avec mes enfants, d’être en vacances.

F.I. : Combien de temps a duré le tournage du clip à Nosy Be

Annice : Le tournage du clip « Délicatesse » s’est déroulé sur une seule journée. Toutefois, il a nécessité un important travail de préparation en amont. J’ai délégué l’organisation sur place à un ami qui s’est chargé de trouver les danseurs et la couturière, puisque toutes nos tenues ont été réalisées sur mesure. Il a également fallu repérer et sélectionner les différents lieux de tournage, puis coordonner l’ensemble avec le réalisateur afin que tous les éléments soient cohérents avec l’univers du clip.

Pour l’univers visuel et artistique, je me suis notamment inspirée de l’artiste Zuchu et de son clip « Sukari ». J’aime particulièrement sa façon de valoriser la culture africaine à travers les couleurs, les tenues, les décors et la danse. Nous avons ensuite créé notre propre histoire autour de “Délicatesse,” une femme forte, exigeante et sûre d’elle.

J’ai également rencontré une difficulté assez inattendue : une réaction allergique au visage, seulement cinq jours avant le tournage. Cela m’a beaucoup inquiétée, mais, heureusement, j’ai pu mener ce projet jusqu’au bout grâce au soutien et au professionnalisme de toute l’équipe.

Le chanteur malgache Basta Lion en concert à Mayotte les 18 et 19 septembre prochains

Le chanteur malgache Basta Lion en concert à Mayotte les 18 et 19 septembre prochains

Le chanteur malgache de dancehall Basta Lion sera de passage à Mayotte les 18 et 19 septembre pour deux rendez-vous musicaux, à Mamoudzou puis à Chirongui.

La première date est prévue vendredi 18 septembre au Barakili, à Mamoudzou, pour une soirée sound system aux côtés du Ujahma Crew. Le collectif mahorais est à l’initiative de cette venue. Le lendemain, Basta Lion rejoindra Tence Mena et d’autres invités à La Taverne de Chirongui, pour une soirée consacrée à la musique malgache.

Révélé à Madagascar à partir de 2014, notamment avec le titre Olo Joby, le chanteur navigue entre plusieurs univers, du dancehall au salegy, en passant par l’afrobeat et le kompa. Ces dernières années, plusieurs collaborations ont également contribué à élargir son audience au-delà de Madagascar.

Le musicien connaît déjà le public mahorais. Repéré dès ses débuts par DJ Mobhigh, membre du Ujahma Crew, il s’est produit à plusieurs reprises sur l’île et a collaboré avec le chanteur mahorais Terrel Elymoore sur Longtime, puis plus récemment sur Massera.

La soirée du 18 septembre au Barakili est proposée à 20 euros en prévente et 25 euros sur place. Pour le rendez-vous du lendemain à Chirongui, l’entrée est annoncée à 25 euros sur place.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes