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Explosion de violences au Chaudron : des raccourcis faciles visant les Mahorais à La Réunion

Explosion de violences au Chaudron : des raccourcis faciles visant les Mahorais à La Réunion

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La ville chef-lieu de La Réunion a été le théâtre d’événements violents dans la nuit de dimanche dernier. Le quartier du Chaudron, connu depuis de très longues années pour être un lieu « chaud », s’est enflammé, entraînant d’importantes destructions de biens publics et privés. Alors que les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de ces méfaits, sur les réseaux sociaux, les responsables sont déjà tout trouvés : les jeunes Mahorais, stigmatisés par une société réunionnaise qui oublie ce qu’elle fut il y a à peine deux décennies…

Dimanche 13 septembre 2026, le quartier du Chaudron, à Saint-Denis, sur l’île de La Réunion, a renoué avec des actes de violence rarissimes, bien que ce quartier ait longtemps été caractérisé par des événements réguliers de même nature et diverses incivilités. À lui seul, le quartier du Chaudron symbolisait les disparités sociales dans le département voisin durant les décennies 1980 et 1990, entre chômage endémique et absence de politiques publiques dans de nombreux domaines.

La courbe s’était inversée durant une vingtaine d’années, grâce notamment à des investissements publics conséquents en matière d’éducation, de culture et de développement des infrastructures. Contre toute attente, cette plaie d’antan s’est rouverte dans la nuit de dimanche à lundi, plongeant la ville chef-lieu de La Réunion dans des actes de vandalisme et des incendies, dans le quartier du Chaudron, mais également à d’autres endroits comme les Camélias ou les Bas-de-la-Rivière. Des quartiers qui avaient tous connu de grandes difficultés au cours des décennies 1980 et 1990.

Ces événements sont aujourd’hui source d’une forte stigmatisation de la communauté mahoraise résidant à La Réunion. Si les officiels prennent soin de contrôler leurs prises de parole en public et dans les médias, ne pointant personne du doigt en particulier, il en va différemment du citoyen lambda.

« C’est surtout sur les réseaux sociaux que l’on assiste à un déchaînement d’expressions violentes à l’endroit des Mahorais, accusés de tous les maux qui frappent la société réunionnaise actuelle », souligne un journaliste originaire de Mayotte que Flash Infos a réussi à joindre par téléphone hier après-midi, mardi 15 septembre 2026.

Les jeunes Mahorais, boucs émissaires tout trouvés pour une société réunionnaise habituée à se mettre des œillères pour ne pas assumer sa part de responsabilité

« Une stigmatisation qui n’a pas lieu d’être », selon notre confrère, « dans la mesure où la plupart des auteurs de ces violences au Chaudron étaient cagoulés ». Il estime que le ciblage d’une communauté dans de pareilles circonstances est un comportement plutôt classique sur l’île de La Réunion, comme dans d’autres territoires d’Outre-mer ou dans l’Hexagone.

Une militante associative très impliquée dans des actions d’intégration de la communauté mahoraise à La Réunion a déclaré à la rédaction de Flash Infos ne pas être étonnée par cette xénophobie qui se déverse sur les réseaux sociaux.

« C’est courant chez le Réunionnais d’indexer tous les Mahorais dès qu’un seul enfant de chez nous est identifié comme auteur d’un acte répréhensible ou comme ayant fait partie d’un groupe de jeunes délinquants. Toutes les pierres du monde sont alors lancées sur sa communauté, sans aucune retenue. »

Ce qui est sûr, c’est que le bilan de ces violences urbaines est lourd et se solde par des infrastructures publiques incendiées, de même que des biens privés, notamment des véhicules. Sur le terrain, les rares personnes à oser s’exprimer sur ces événements choisissent de nuancer leurs propos et parlent globalement d’une jeunesse délaissée, oisive, en manque de travail et d’encadrement culturel et social. Des éléments qui constituent habituellement un terreau fertile à ce genre d’explosions de violence dans les cités.

D’autres ajoutent à ce cocktail Molotov bien connu la généralisation des caméras de vidéosurveillance, qui aurait plutôt tendance, selon eux, à attiser la colère des jeunes désœuvrés.

La remarquable fermeté d’Ericka Bareigts, la maire de Saint-Denis

Une certitude après cette nuit dominicale très agitée à Saint-Denis : la détermination affichée par sa première magistrate, Ericka Bareigts, à ne pas laisser impunis les auteurs de ces méfaits.

« Nous mobilisons tous les moyens prévus par la loi pour que les responsabilités soient établies et que réparation puisse être recherchée », a prévenu l’élue.

Elle promet en outre de « chercher toutes les voies de droit pour pouvoir envoyer les factures aux parents de mineurs non originaires du Chaudron », se refusant absolument à reculer sur la question de la sécurité dans ce quartier.

Elle n’est pas la seule à adopter cette posture. D’autres citoyens dionysiens partagent son point de vue et réclament encore davantage de caméras de surveillance ainsi qu’une présence policière renforcée dans les rues de Saint-Denis.

La leçon de cette histoire, c’est qu’une fois de plus, l’hôpital se moque de la charité. Les violences urbaines commises par une jeunesse qui s’ennuie seraient-elles une recette importée à Mayotte par des gamins ayant vécu dans ces quartiers chauds des grandes villes réunionnaises il y a une vingtaine d’années ?

La mémoire pouvant être très courte pour certaines personnes, stigmatiser les jeunes Mahorais vivant actuellement dans le département voisin est peut-être le chemin le plus court pour fuir ses propres responsabilités parentales et collectives.

La vérité, c’est que ce type de violences résulte souvent des échecs de politiques publiques déployées en France, mais aussi d’une société à deux vitesses au sein de laquelle les inégalités entre les individus n’ont jamais cessé de se creuser et de s’amplifier.

“L’Internat d’Excellence” du lycée agricole de Coconi a été inauguré “en grandes pompes” ce mardi matin

“L’Internat d’Excellence” du lycée agricole de Coconi a été inauguré “en grandes pompes” ce mardi matin
Les élus et le préfet ont été accueilli par des danses traditionnelles

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L’Internat d’Excellence de l’Établissement public national (EPN) de Coconi a été inauguré ce mardi 15 septembre en présence de nombreux élus et membres des services publics. Son objectif est d’offrir les meilleures conditions de vie possibles aux élèves qui en ont besoin afin de les faire tendre vers “l’excellence éducative”.

Le préfet Frédéric Poisot, le maire de Ouangani Issoufi Madi ainsi que de nombreux autres élus et représentants de la gendarmerie et des pompiers de Mayotte, ont été accueillis “en grandes pompes” ce mardi matin dès 8h par la direction du lycée agricole de Coconi et ses élèves. Les mbiwis et tambours ont retenti, tandis que se déroulait une démonstration de danse traditionnelle. Il faut dire que cet “Internat d’Excellence” était attendu depuis très longtemps ! Lancé dès 2015, le projet a en effet connu de nombreux retards.

Les travaux, commencés en octobre 2022, ont notamment été perturbés par Chido, le bâtiment ayant été réquisitionné de janvier à août 2025 pour loger les pelotons de gendarmerie venus en renfort sur le territoire. Finalement achevé lors de la dernière semaine d’août, l’internat n’a pu ouvrir que le 31 août dernier, une semaine après la rentrée scolaire. Doté de 100 places (50 pour les garçons et 50 pour les filles), il ne compte pour l’instant que 26 élèves, de la 4ème jusqu’au BTS. Les effectifs seront complétés progressivement au cours de l’année selon une logique de “d’échelonnage”, une logistique qui s’explique par une livraison plus tardive que prévue du bâtiment.

“Le but n’est pas de sélectionner des élèves qui sont déjà excellents, mais de permettre à des élèves motivés et méritants, dont les conditions de vie et donc d’étude sont difficiles, de pouvoir tendre vers l’excellence”, résume Marie-Noëlle Ayçoberry, directrice de l’EPN de Coconi. Pour intégrer ce nouvel internat, pas besoin donc d’afficher les meilleures notes de sa classe. Les critères sont d’abord géographiques, en fonction de l’éloignement du domicile et des possibilités de transport de l’élève, mais également sociaux et familiaux. Les conditions de travail à la maison, la situation familiale mais aussi la motivation du jeune, les efforts qu’il fournit et son projet d’avenir sont ainsi pris en compte.

Un accompagnement scolaire, mais aussi des activités

Les internes ne disposent pas seulement d’une chambre. Entre 16h15 et 18h, différentes activités leur sont proposées : couture, fabrication d’objets ensuite vendus au marché de Coconi, sports, danses traditionnelles ou encore ateliers de musique. Le soir est consacré à l’étude, encadrée par 2 assistants d’éducation (ex-“surveillants”). Ces derniers tentent d’apporter aux jeunes un encadrement méthodologique : apprendre à organiser leurs cours, rédiger leurs fiches ou encore classer leur travail. Si ce personnel n’est pas uniquement dédié à l’internat (ils s’occupent également de l’externat), ils se relaient avec les CPE (Conseillés Pédagogiques d’Education) afin de surveiller les nuits à raison d’une nuit par semaine pour chacun.

Avec actuellement environ un adulte pour dix élèves, Marie-Noëlle Ayçoberry estime que les jeunes de son internat “bénéficient taux d’encadrement exceptionnel à l’échelle nationale ». Les premiers concernés semblent en tout cas apprécier leurs nouvelles conditions de vie. “Pour l’instant les internes sont ravis, ils sont très contents d’avoir leur chambre et le bouche-à-oreille fonctionne très bien », se réjouit la directrice qui précise que “dans l’hexagone tous les lycées agricoles ont un internat”. L’établissement dispose également d’une cantine où les repas sont cuisinés sur place, avec, lorsque cela est possible, des légumes cultivés directement dans l’enceinte de l’établissement.

Des formations qui ne mènent pas qu’à l’agriculture

Si le terme de « lycée agricole » évoque spontanément les métiers de l’agriculture, les formations proposées à Coconi permettent de s’orienter vers des secteurs beaucoup plus larges. Horticulture, élevage, services à la personne ou encore gestion et protection de la nature font également partie des possibilités offertes aux élèves. L’établissement propose notamment un BTS “Développement et animation des territoires ruraux”, susceptible de déboucher sur des emplois au Conseil départemental, dans des offices de tourisme ou encore au sein d’associations environnementales telles que Les Naturalistes de Mayotte par exemple.

Le CROUS de La Réunion et de Mayotte tient son premier conseil d’administration à Mayotte

Le CROUS de La Réunion et de Mayotte tient son premier conseil d’administration à Mayotte

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Le CROUS de La Réunion et de Mayotte a tenu son premier conseil d’administration à Mayotte, au sein du rectorat. À l’initiative de cette rencontre, le recteur de La Réunion, également président du conseil d’administration du CROUS, a répondu présent aux côtés du vice-président du Département de Mayotte et du président de l’université de Mayotte. Cette rencontre avait pour objectif de faire le bilan des dispositifs mis en place au cours des années précédentes et d’échanger sur les nouvelles actions en faveur des étudiants mahorais.

“ On a mis évidemment en avant beaucoup de ce que nous avons fait en 2025 pour les étudiants de Mayotte” déclare avec fierté Pierre-Olivier SEMPÈRE, le directeur général du CROUS de La Réunion-Mayotte.

Le principal objectif de ce conseil d’administration était de dresser un bilan des actions mises en place en faveur des étudiants mahorais, notamment au cours de l’année 2025, marquée par le passage du cyclone Chido. Cette rencontre a permis de revenir sur les dispositifs déployés pour accompagner les étudiants mahorais à Mayotte, mais également à La Réunion ou en France hexagonale, afin de répondre à leurs besoins dans cette période difficile : “ Il y a notamment eu une aide exceptionnelle de 300 euros accordée aux étudiants, pour un coût global d’un peu plus d’un million d’euros. Vous voyez donc qu’il y a eu un investissement important. Il y a également eu un accompagnement social des étudiants, en lien avec l’université de Mayotte. Et, depuis le 4 mai dernier, la mise en place du repas à un euros. ”, explique le directeur général du CROUS de La Réunion-Mayotte.

La mise en place du repas à un euro répond également à un objectif majeur : lutter contre la précarité étudiante, particulièrement présente sur le territoire mahorais et dans l’hexagone. Ce dispositif permet aux étudiants de bénéficier d’un repas à tarif réduit, y compris ceux qui ne sont pas bénéficiaires d’une bourse du CROUS, afin de garantir au plus grand nombre un accès à une alimentation saine.

Le CROUS de La Réunion et de Mayotte tient son premier conseil d’administration à Mayotte

Quels sont les nouveaux projets pour l’avenir ?

À l’issue du conseil d’administration, le directeur général du CROUS souhaite poursuivre les discussions avec la Société immobilière de Mayotte afin d’avancer sur le développement de futurs logements étudiants sur le territoire. L’objectif est notamment de rapprocher ces logements de l’université de Mayotte et de faciliter ainsi les trajets des étudiants : “ La nouveauté et ce que nous pouvons apporter comme nouveau service pour les étudiants de Mayotte, c’est vraiment de pouvoir offrir du logement étudiant sur le territoire. Aujourd’hui, il n’y en a pas, en tout cas pas de logements CROUS. Donc, à horizon proche, nous avons un projet de 200 logements ”, affirme-t-il.

Les futurs logements CROUS devraient être implantés à Dembéni, à proximité du campus universitaire. Le projet prévoit principalement des studios d’une superficie comprise entre 15 et 16 mètres carrés. À ce stade, le montant des loyers n’a pas encore été fixé par la direction du CROUS : “ Ce seront des logements tout confort, avec notamment un accès au Wi-Fi compris dans le prix. Le modèle CROUS, si vous voulez, c’est un loyer où tout est compris, aussi bien l’eau et  l’électricité que l’accès à Internet”, explique Pierre-Olivier Sempère, directeur général du CROUS de La Réunion-Mayotte.

L’accès à Internet, directement compris dans le loyer, permettra également de lutter contre la précarité numérique. À Mayotte, de nombreux étudiants ne disposent pas d’une connexion Internet à leur domicile, ce qui peut constituer un frein dans leurs études.

À qui seront destinés les futurs logements du CROUS ?

“ Notre critère est exclusivement social, puisque nous logeons en priorité les étudiants boursiers, et les étudiants boursiers aux échelons les plus élevés. Ce que nous envisageons, par contre, à Mayotte, c’est de tenir compte également des distances”, déclare Pierre-Olivier Sempère, directeur général du CROUS de La Réunion-Mayotte.

Un critère géographique qui vise à prendre en compte les difficultés de déplacement auxquelles certains étudiants sont confrontés quotidiennement sur le territoire. Les étudiants résidant à Koungou, à Majicavo, dans le nord de l’île, ainsi qu’en Petite-Terre, pourraient ainsi être prioritaires dans l’attribution de ces logements, en raison de l’éloignement de leur domicile par rapport au campus universitaire.

L’objectif du CROUS est de construire 150 logements étudiants à l’horizon 2029, avant d’achever le projet avec 50 logements supplémentaires d’ici 2030-2031.

Un projet de construction d’un deuxième campus est également envisagé dans les secteur de Ouangani et Coconi. Ce nouveau campus pourrait s’accompagner d’une seconde offre de logements étudiants : “ On prévoit également, dans cette opération-là, de construire 200 logements. Il y aura donc une première offre de 200 logements à Dembéni. Et avec l’accompagnement du futur campus, 200 nouveaux logements seront livrés”, confirme le directeur général du CROUS de La Réunion-Mayotte.

À Iloni, une formation pour accompagner les jeunes bacheliers

À Iloni, une formation pour accompagner les jeunes bacheliers
Au CCAS d’Iloni, des jeunes diplômés du baccalauréat retrouvent un cadre, des outils et de la confiance pour poursuivre une formation ou accéder à l’emploi.

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Au centre communal d’action sociale (CCAS) d’Iloni (Dembeni), une quinzaine de jeunes bacheliers participent à une formation destinée à les accompagner dans leurs démarches administratives et leur insertion professionnelle dispensé par l’association Emanciper Mayotte. Au programme : prise de parole, français, mathématiques, rédaction de CV et lettres de motivation.

Il est 8 heures au CCAS d’Iloni. Dans une salle également occupée, ce jour-là, par une activité de yoga destinée aux seniors, une vaingtaine de jeunes s’installent autour de tables disposées en U. Tous ont obtenu leur baccalauréat, mais plusieurs disent se trouver en attente d’une formation, d’un emploi ou d’une régularisation administrative.

La séance débute par un exercice de prise de parole en public. Les participants présentent le travail réalisé la veille, avant d’être évalués par leurs camarades sur leur posture, leur élocution et leur capacité à s’exprimer devant un groupe. L’objectif est de renforcer leur confiance et de les préparer, notamment, aux entretiens de recrutement.

« On travaille sur la prise de parole, qui est souvent oubliée, mais aussi sur les démarches administratives, les CV et les lettres de motivation », explique Orsane, formateur originaire de Kani-Kéli. « On reprend également les bases du français et des mathématiques, car certains jeunes rencontrent encore des difficultés dans ces matières. »

Étudiant en BUT techniques de commercialisation, Orsane est revenu à Mayotte en février après avoir voyagé en Australie et en Asie. Ayant lui-même étudié en métropole, il souhaite transmettre son expérience. « Je viens partager ce que j’ai appris. Je suis convaincu que c’est par l’éducation que l’on va s’en sortir », affirme-t-il.

À Mayotte, l’accès à une formation ou à un emploi demeure difficile pour une partie de la jeunesse. En 2021, 25 000 jeunes de 15 à 29 ans, soit 36% de cette classe d’âge, n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation, selon l’Insee. Si ce chiffre dépasse le seul public des bacheliers, il met en lumière les difficultés d’insertion auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes à la sortie du lycée.

À Iloni, une formation pour accompagner les jeunes bacheliers

« Je ne voulais pas rester à la maison »

Parmi les participants, Ahmadi Anli Ahmed, 18 ans, originaire d’Iloni, espère que cette formation l’aidera à concrétiser son projet professionnel. Après avoir obtenu son baccalauréat en 2024-2025, le jeune homme est resté une année sans activité.

« J’ai entendu parler de cette formation et, avec mes problèmes de papiers, je me suis dit : pourquoi ne pas me former ? », raconte-t-il. Il dit apprécier les ateliers consacrés à la présentation de soi, à la rédaction de CV et aux lettres de motivation. « À la base, je ne savais même pas ce que c’était. Maintenant, j’ai appris à faire un CV et une lettre de motivation. »

Son ambition est de devenir éboueur. « Je pense que cette formation va m’encourager à exercer le métier que je veux », estime-t-il.

À ses côtés, Issouf Fahima, 20 ans, venue de Tsarano, souhaite poursuivre son parcours dans le secteur de la petite enfance. Après son baccalauréat, elle a engagé des démarches sur Parcoursup, mais sa situation administrative reste un frein.

« J’ai décidé de venir tous les jours et d’aller en formation. Après le bac, je me suis retrouvée en situation administrative irrégulière », explique-t-elle. La jeune femme envisage une formation pour devenir auxiliaire de puériculture. « Je fais cette formation pour accumuler des connaissances et m’améliorer. Je n’aimerais pas rester à la maison », dit-elle.

Elle souligne les progrès réalisés depuis le début des séances : « J’ai appris la prise de parole en public et à gérer mon stress. »

Miser sur la jeunesse

Pour Orsane, l’accompagnement proposé dépasse la seule préparation à l’emploi. Il s’agit aussi de donner un cadre à des jeunes parfois confrontés à des difficultés scolaires, administratives ou sociales après le baccalauréat.

« Je crois en cette génération. C’est dans la jeunesse que Mayotte pourra se développer », insiste le formateur. « Si on les délaisse, c’est eux qu’on va retrouver sur la route. Ils ont besoin d’un encadrement. »

Dans une ambiance studieuse et conviviale, les participants poursuivent les exercices. Chacun avance avec ses propres objectifs, entre recherche de formation, projet professionnel et volonté de ne pas rester sans activité après le lycée.

Mosquée d’Antana-Bé : le Loto du Patrimoine octroie 350 000 euros pour sa rénovation

Mosquée d'Antana-Bé : le Loto du Patrimoine octroie 350 000 euros pour sa rénovation
* image améliorée par ia

Après avoir résisté pendant des décennies, la mosquée historique d’Antana-Bé à Chirongui doit désormais être sauvée des conséquences du cyclone Chido. Sélectionné parmi les 18 sites emblématiques régionaux du Loto du patrimoine 2026, l’édifice situé à Chirongui bénéficie d’une enveloppe de 350 000 euros de la Fondation du patrimoine. Cette aide doit permettre d’engager les principaux travaux de restauration, notamment la consolidation des murs et des structures maçonnées, la remise en état des éléments intérieurs ainsi que la reconstruction d’une charpente et d’une couverture définitives.

Le cyclone Chido avait lourdement fragilisé le monument en décembre 2024 en emportant sa toiture et sa charpente. Une première mise en sécurité, avec l’installation d’une toiture provisoire, avait été réalisée en décembre 2025.

Au-delà de sa dimension religieuse, la mosquée constitue un véritable morceau de l’histoire de Mayotte. Construite une première fois en matériaux végétaux en 1890, puis reconstruite en dur en 1930, elle est aujourd’hui le dernier vestige encore debout de l’ancien village d’Antana-Bé. Le site, avec sa citerne et les vestiges du village, est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2019.

La restauration doit ainsi permettre de préserver ce témoignage du peuplement de Mayotte, mais aussi de faire revivre le lieu de culte, avec la reprise des prières sur le site.

Eau : des perturbations sur le réseau de distribution

Eau : des perturbations sur le réseau de distribution

Une intervention sur le réseau perturbe l’alimentation en eau potable de plusieurs quartiers de Mamoudzou. M’Tsapéré-Bonovo, Doujani, Ngnambo Titi et certains chemins d’eau de Cavani Sud connaissent depuis lundi des manques d’eau et des baisses de pression.

À l’origine de ces perturbations, le désamorçage de la conduite principale de 450 mm alimentant ces secteurs, après une intervention au niveau du réservoir de tête. La SMAE travaille au réamorçage du réseau, une opération qui nécessite toutefois de chasser l’air présent dans la canalisation avant de permettre le retour progressif de l’eau et de la pression.

Les habitants devront donc patienter avant de retrouver une alimentation normale. Au moment de la remise en eau, la SMAE recommande de maintenir les robinets fermés pendant quelques minutes, puis de laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle redevienne claire. L’eau trouble pourra être récupérée pour des usages non alimentaires.

Par précaution, l’entreprise conseille également de faire bouillir l’eau destinée à la consommation et à la cuisine durant les premières heures suivant le retour de l’alimentation.

Football : la rencontre Kawéni-Majicavo se jouera à huis clos

Football : la rencontre Kawéni-Majicavo se jouera à huis clos

Le match se jouera sans supporters ce samedi à Kangani. La rencontre de Régionale 4 entre le FC Majicavo 2 et l’AS Kawéni 1 a été placée sous haute surveillance par les autorités, qui ont décidé d’imposer le huis clos. Une nouvelle illustration des tensions persistantes entre les deux secteurs.

Les tribunes resteront vides ce samedi 12 septembre à Kangani. Ni les supporters du FC Majicavo 2 ni ceux de l’AS Kawéni 1 ne pourront accéder au stade pour assister à leur confrontation de Régionale 4. Par arrêté publié lundi, la préfecture a ordonné le huis clos de la rencontre, redoutant que le rendez-vous sportif ne devienne le théâtre de nouveaux affrontements.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Kawéni et Majicavo. Depuis la rentrée scolaire, plusieurs épisodes de violences ont été signalés dans les deux villages. Les services de l’État évoquent ainsi un « risque sérieux et actuel de troubles à l’ordre public », s’appuyant notamment sur les renseignements recueillis par la gendarmerie et sur les incidents enregistrés ces dernières semaines.

Le football se retrouve donc, une nouvelle fois, contraint de composer avec les tensions qui traversent le territoire. Pour les autorités, la priorité est d’éviter qu’une rencontre sportive réunissant des jeunes des deux secteurs ne serve de point de départ à de nouveaux affrontements.

La mesure rappelle d’ailleurs que le sport n’échappe plus aux problématiques de sécurité à Mayotte. En avril dernier, une rencontre de play-off de basket entre le Vautour Club de Labattoir et l’Étoile bleue de Kawéni avait elle aussi dû se dérouler à huis clos après des débordements lors du match précédent.

À Kawéni comme à Majicavo, le ballon pourra donc circuler samedi. Mais pas les supporters.

Capeb : un nouveau siège pour relancer la transmission des savoir-faire

De retour dans ses locaux, la CAPEB mise sur l’apprentissage et la transmission des savoir-faire

Après avoir retrouvé ses locaux ce mardi 15 septembre, la CAPEB Mayotte veut renforcer son accompagnement des artisans et miser sur la transmission des savoir-faire, notamment à travers l’apprentissage. L’organisation souhaite aussi faciliter l’accès des petites entreprises aux marchés publics de la reconstruction.

“Si on se réunit tous ensemble, on peut faire de belles choses”. Devant les élus du Département-Région et de la Ville de Mamoudzou réunis pour l’inauguration, ce mardi 15 septembre, Madi Fahar affiche sa satisfaction de voir le siège de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) retrouver un visage neuf. Après plusieurs mois de travaux, le bâtiment de la rue de la Préfecture dispose d’une nouvelle clôture et d’un dispositif de protection renforcé et peut à nouveau accueillir les adhérents.

Le chantier a notamment été financé grâce aux cotisations versées par ces derniers. “On a décidé de faire des cotisations internes”, relève le président de la CAPEB Mayotte. Un fonds d’environ 30.000 euros a ainsi été constitué pour financer la clôture et la protection des locaux. Pour Madi Fahar, ces travaux, à l’image du panneau installé à l’entrée et sur lequel sont gravées les valeurs de la CAPEB — “Apporter, élaborer, grandir” —, sont aussi l’occasion de mettre en avant le savoir-faire artisanal défendu par son organisation.

Mais derrière les travaux du siège, le président veut surtout parler de la suite, et l’a rappelé aux élus présents à l’inauguration, auxquels il demande leur soutien. “Notre objectif, notre rôle, c’est d’accompagner les artisans du bâtiment”, résume Madi Fahar, qui cite la formation, l’orientation et la montée en compétence des professionnels.

Transmettre les savoir-faire

La reconstruction de Mayotte pose plus que jamais la question des compétences disponibles sur le territoire. Pour le président de la CAPEB, le cyclone Chido a rappelé l’importance de disposer de professionnels capables de participer aux travaux nécessaires à la reconstruction.

“Il faut aussi transmettre notre savoir-faire”, insiste-t-il. La formation constitue un premier levier, mais Madi Fahar insiste particulièrement sur les contrats d’apprentissage. Dans un territoire où une grande partie de la population est jeune, il constate que de nombreux lycéens cherchent à se former directement auprès des entreprises pour acquérir des compétences techniques.

La CAPEB veut donc inciter les entreprises qu’elle accompagne à accueillir davantage d’apprentis. “Si nous, la CAPEB, on arrive à accompagner nos artisans et que ces artisans accompagnés peuvent aussi accompagner nos contrats d’apprentissage, on peut développer notre territoire”, estime-t-il.

Pour le président, les organisations patronales et les institutions doivent désormais réfléchir ensemble à la manière de soutenir davantage l’apprentissage. Car l’enjeu est avant tout de permettre aux jeunes de se former sur place, tout en donnant aux entreprises les moyens de transmettre leurs savoir-faire.

Faciliter l’accès aux marchés publics

La CAPEB compte aujourd’hui 85 adhérents à Mayotte. L’organisation veut également les aider à mieux se positionner sur les marchés publics, notamment ceux qui devraient accompagner la reconstruction du territoire.

“C’est notre devoir à nous, la CAPEB, d’accompagner nos adhérents, de leur expliquer comment répondre à un marché public, quels sont les éléments obligatoires, les éléments facultatifs et comment répondre”, souligne Madi Fahar.

Pour les petites entreprises du bâtiment, ces procédures peuvent en effet constituer un obstacle lorsqu’elles ne connaissent pas les mécanismes de la commande publique. L’organisation entend donc jouer un rôle d’accompagnement pour leur permettre de mieux répondre aux appels d’offres.

Avec son siège désormais pleinement opérationnel, la CAPEB veut ainsi repartir sur de nouvelles bases. Pour Madi Fahar, les travaux réalisés sont aussi le symbole d’une mobilisation collective. “Je suis si fier de retrouver ce siège rénové, complet, sécurisé pour le bien des salariés et pour le bien des artisans”, se réjouit-il.

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Élections municipales à Mamoudzou : le tribunal administratif valide le scrutin

Élections municipales à Mamoudzou : le tribunal administratif valide le scrutin

Le tribunal administratif a rejeté, ce mardi 15 septembre, la demande d’annulation des élections municipales de Mamoudzou déposée par Ahamada Haribou. Le scrutin du 15 mars est donc confirmé. Les juges ont toutefois reconnu plusieurs irrégularités et retiré 104 voix à la liste conduite par le maire réélu, Ambdilwahedou Soumaïla.

Le contentieux électoral des municipales de Mamoudzou connaît désormais une première issue judiciaire. Dans un jugement rendu public mardi 15 septembre 2026, le tribunal administratif a rejeté la protestation déposée par Ahamada Haribou, candidat de la liste « Rassemblons-nous pour Mamoudzou », qui contestait les résultats du scrutin du 15 mars.

Ambdilwahedou Soumaïla avait été réélu dès le premier tour avec 60,9 % des suffrages exprimés, obtenant 42 des 49 sièges du conseil municipal. Sa liste avait également remporté 19 des 21 sièges de conseillers communautaires.

Si le tribunal ne remet pas en cause le résultat de l’élection, il a néanmoins constaté plusieurs irrégularités dans le déroulement du scrutin. Au total, 104 suffrages ont été retranchés des voix attribuées à la liste « Encore plus proche de vous », conduite par Ambdilwahedou Soumaïla.

Les juges ont notamment relevé 22 procurations irrégulièrement établies par des agents de police à quelques jours d’intervalle dans deux villes différentes de l’Hexagone. Ces 22 voix ont été déduites du résultat de la liste majoritaire.

Le tribunal a également identifié 36 émargements irréguliers. Dans ces cas, des électeurs avaient apposé un simple trait, un point ou un triangle en face de leur nom, sans signature véritable et sans qu’une mention justifiant une impossibilité de signer ne soit portée sur la liste d’émargement. Pour les magistrats, ces signes ne permettent pas de garantir l’authenticité du vote. À cela s’ajoutent 14 voix correspondant à des ajouts manuscrits non justifiés sur les listes électorales.

Les opérations de dépouillement ont également donné lieu à des retraits. Au bureau de vote n°5, le tribunal a constaté une différence de neuf entre les 434 signatures relevées sur la liste d’émargement et les 443 enveloppes mentionnées dans le procès-verbal. Neuf voix ont donc été retranchées.

Dans plusieurs autres bureaux, notamment les bureaux n°101, 2, 5 et 167, 26 noms avaient été ajoutés manuellement sur les listes d’émargement sans justificatifs suffisants, conduisant là encore à une soustraction de voix.

Enfin, au bureau n°167, le nombre d’émargements atteignait 445 alors que 434 suffrages avaient été décomptés. Le tribunal a retenu une différence de 11 voix.

Malgré ces constats, les juges administratifs considèrent que ces irrégularités ne justifient pas l’annulation de l’ensemble des opérations électorales.

Le tribunal relève en particulier que la soustraction de 104 voix à la liste arrivée en tête est sans incidence sur la répartition des sièges entre les trois listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

La liste de Soumaïla conserve ainsi ses 42 sièges au conseil municipal et ses 19 sièges au conseil communautaire. La liste de Haribou garde ses six sièges municipaux et ses deux sièges communautaires, tandis que la liste de Soiyinri Mhoudhoir conserve son siège au conseil municipal.

Le bulletin de vote jugé irrégulier, mais sans manœuvre frauduleuse

Autre point notable du jugement : le tribunal a reconnu que les bulletins utilisés par la liste de Ambdilwahedou Soumaïla ne respectaient pas les prescriptions réglementaires.

Ces bulletins comportaient un bandeau jaune en partie supérieure, alors que le code électoral impose un bulletin imprimé en une seule couleur sur papier blanc. Le tribunal estime néanmoins qu’aucune manœuvre frauduleuse n’est établie.

Les magistrats soulignent notamment que la commission de propagande avait elle-même validé le bulletin litigieux. Ils écartent donc l’argument selon lequel le choix de la couleur jaune aurait constitué une stratégie destinée à influencer le vote.

Ahamada Haribou avançait également de nombreux autres griefs : manipulation des listes électorales, électeurs décédés ayant participé au vote, radiations injustifiées, dépassement du plafond des dépenses de campagne, utilisation de moyens municipaux, pressions sur les électeurs, propagande pendant la période de silence électoral ou encore présence de « rabatteurs ». Le tribunal n’a pas retenu ces accusations.

Concernant notamment les aides alimentaires distribuées dans le cadre du Ramadan, les magistrats estiment qu’elles s’inscrivaient dans une politique sociale antérieure de la commune et ne peuvent donc être considérées comme une manœuvre électorale ou comme des dépenses de campagne.

Les juges n’ont pas davantage établi que des subventions municipales à des associations auraient été versées dans le but d’influencer les électeurs.

Quant à l’affiche représentant le maire, restée en place à proximité du scrutin, le tribunal rappelle que l’interdiction de propagande pendant la période de silence électoral n’impose pas le retrait des affiches ou banderoles installées pendant la campagne.

Le tribunal n’a pas non plus considéré que les témoignages faisant état de pressions ou d’un climat de tension aux abords des bureaux de vote suffisaient à établir une atteinte générale à la sincérité du scrutin.

Dans son article premier, le jugement fixe à 7 150 le nombre de voix obtenues par la liste « Encore plus proche de vous » conduite par Ambdilwahedou Soumaïla lors du scrutin du 15 mars 2026.

La demande d’Ahamada Haribou visant à faire annuler l’élection est donc rejetée, tout comme sa demande visant à faire proclamer élus les candidats de sa propre liste.

Le tribunal rejette également les demandes respectives des deux parties concernant le remboursement de leurs frais de procédure.

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Salon du tourisme : 26 299 visiteurs, un record à Mayotte

Salon du tourisme : 26 299 visiteurs, un record à Mayotte

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Record battu en 12 années d’existence du salon du tourisme de Mayotte, l’édition 2026 a vu se déplacer 26299 visiteurs à Mamoudzou sur 3 jours. La seule journée de samedi 12 septembre a connu plus d’affluence que l’ensemble du salon de l’année dernière. Le consommateur mahorais s’est pleinement approprié cet événement.

Michel Ahmed Madi, le directeur de l’Agence de développement et de l’attractivité touristique de Mayotte (ADTM), affiche un large sourire malgré les signes évidents de fatigue qui se lisent sur son front et les cernes sous ses yeux. La semaine dernière fut ponctuée d’intenses moments de surbooking mais le jeu valait la chandelle, l’édition 2026 du salon de tourisme sur la place de la République à Mamoudzou a remporté un vif succès. Pas moins de 145 exposants avaient répondu présent à ce rendez-vous annuel des professionnels du tourisme et des loisirs (contre 95 en 2025).

Bien que l’espace consacré à cet événement a été élargie cette année, les organisateurs du salon ont été dans l’obligation de refuser des demandes d’exposants, faute de places disponibles. Il faut admettre que cette année encore, l’ADTM avait mis les bouchées doubles pour s’assurer de la réussite de ce salon. La participation des exposants comme du public d’ailleurs a été la plus haute jamais enregistré lors d’un tel événement : 26299 visiteurs ont été enregistrés au cours des 3 jours (contre 11 000 en 2025) avec une pique particulière pour la seule journée de samedi 12 septembre 2026.

A elle seule, cette troisième journée a connu le déplacement de 15000 visiteurs sur le site soit plus de monde que les 3 jours réunis de l’édition 2025. «  Cette affluence record s’explique par le fait que les Mahorais se sont appropriés ce salon au bout de 12 années d’existence et qu’ils prennent une part importante dans le développement du tourisme sur le territoire« , explique Michel Madi.

Un appel à consommer local entendu par le touriste mahorais

Un autre élément a également participé à cet engouement inattendu du public cette année, l’accent qui a été mis sur le regroupement dans cet espace dédié de l’ensemble des acteurs de ce secteur d’activités, y compris les formateurs, les accompagnateurs et les futurs porteurs de projets. « Tous avaient répondu présents, y compris les acteurs de la formation initiale et les salariés qui sont venus découvrir les différents métiers du tourisme à Mayotte, certains étant même repartis avec de nouvelles idées à développer et à concrétiser dans le futur « , précise le directeur de l’ADTM.

A préciser également que cette édition 2026 du salon du tourisme de Mayotte a bénéficié d’une large campagne de communication dans les différents médias de l’île, notamment à la télévision et sur les réseaux sociaux. Pour Michel Ahmed Madi, l’objectif est amplement atteint bien qu’une moitié du travail reste à réaliser afin que le Mahorais devienne un véritable consommateur d’un tourisme local.

« Nous devons continuer à les séduire à travers ce salon, nous disposons aujourd’hui d’outils pouvant nous permettre d’apporter des vraies réponses aux attentes des Mahorais, de données chiffrées issues d’enquêtes de terrain, à la fois sur le quantitatif et le qualitatif. Nous savons exactement ce que le consommateur touristique local attend comme offre, auprès des opérateurs« , a déclaré Michel Madi. Les différentes crises qui ont secoué l’archipel de Mayotte avant le cyclone Chido en décembre 2024 avaient conduit l’ADTM a milité en faveur d’une consommation touristique local pour pallier la baisse de la fréquentation extérieure. Un message qui semble avoir fini par porter ses fruits étant donné que le touriste local se plaint aujourd’hui d’une diminution des capacités d’hébergement sur le territoire.

Reconstruction en mieux des établissements détruits par le cyclone Chido

« Il est vrai que nous devons impérativement récupérer l’ensemble des chambres existantes pour les remettre à la disposition des touristes locaux et extérieurs au territoire « , admet le directeur de l’Agence de développement et d’attractivité touristique de Mayotte. Au passage, il se félicite de la remise en état de 4 à 5 établissements hôteliers de l’île qui avaient été détruits par le cyclone Chido. Une remise en état rendu possible grâce à l’intervention du programme de financement européen Restor destiné à la reconstruction, en mieux, et à l’extension de ces établissements hôteliers durement endommagé par le cyclone il y a deux ans.

Ces travaux sont prévus pour durer 3 ans avec pour objectif de récupérer la totalité de la capacité hôtelière de l’île. Une capacité appelé à se développer avec la construction de deux hôtels neufs de 80 et 60 chambres classées 4 étoiles, le premier en Petite-Terre à côté de l’hôpital de Pamandzi, l’autre à Mamoudzou sur le front de mer, juste au bout de la rue Mahabou.

« Une fois que tout ça sera opérationnel, il nous faudra être en mesure de proposer des activités sur le lagon, la terre ferme et dans le domaine culturel« , a noté Michel Ahmed Madi. Il lance un appel à la jeunesse mahoraise entreprenante et créatrice pour qu’elle se rapproche des offices de tourisme dans les cinq intercommunalités et de l’ADTM en vue de mettre en place de nouvelles offres touristiques.

Pour être tout à fait complet sur ce salon 2026, il est à déplorer un télescopage avec d’autres événements qui avait été programmés dans la même période dans la commune de Mamoudzou. Une meilleure coordination des agendas festifs serait souhaitable pour l’édition 2027. Mayotte qui sera présente dès ce mercredi salon Top Réza à Paris , un autre grand rendez-vous des professionnels du tourisme mondial.

Tensions au lycée de Sada

Tensions au lycée de Sada

Le droit de retrait décrété lundi par une quarantaine de personnels du lycée de Sada traduit une rupture de confiance avec la direction. Au cœur de la contestation : la manière dont les violences survenues vendredi 11 septembre aux abords de l’établissement ont été présentées dans un message interne. Pour les syndicats, le récit livré par la direction ne reflète pas la gravité des témoignages recueillis auprès des élèves.

La tension ne retombe pas au lycée de Sada. Lundi, une quarantaine d’enseignants ont cessé le travail en exerçant leur droit de retrait, au lendemain d’une série d’agressions rapportées aux abords de l’établissement. Le mouvement pourrait se poursuivre mardi si les réponses apportées par la direction ne permettent pas d’apaiser la situation.

Au-delà des violences elles-mêmes, c’est surtout la communication de la direction qui a provoqué la colère des personnels. Un mail adressé après les événements de vendredi est notamment pointé du doigt par les organisations syndicales. Elles dénoncent une présentation jugée trop édulcorée de faits que plusieurs élèves décrivent, au contraire, comme particulièrement traumatisants.

D’après les témoignages rapportés par les victimes, plusieurs jeunes filles auraient été prises à partie par des individus cagoulés. Certaines auraient été menacées avec une machette et contraintes de remettre leur téléphone. Une élève aurait également perdu ses chaussures en tentant de prendre la fuite, tandis qu’une autre affirme qu’une machette lui aurait été placée sous la gorge. Ces éléments correspondent, à ce stade, aux déclarations des élèves et devront être établis dans le cadre des éventuelles procédures engagées.

Pour les personnels, l’épisode de vendredi est surtout devenu le révélateur d’un problème plus ancien : celui de la sécurisation de l’établissement. Le syndicat SNUEP-FSU réclame notamment que le portail du lycée soit réellement maintenu fermé afin de limiter les intrusions. « N’importe qui peut rentrer et chaque année, c’est la même problématique », déplore Ali Habla, co-secrétaire académique du syndicat.

La contestation dépasse toutefois le seul sujet de la sécurité. Les représentants syndicaux évoquent une accumulation de tensions au sein de l’établissement, notamment autour des emplois du temps et des conditions de travail. Ils dénoncent également des pressions psychologiques qui auraient été exercées sur certains personnels contractuels après leur participation à une grève.

Dans ce contexte déjà dégradé, l’épisode de vendredi a fait office d’étincelle. Pour les personnels mobilisés, l’enjeu n’est désormais plus seulement de réagir à une agression, mais d’obtenir des garanties concrètes sur la sécurité des élèves et des agents, ainsi qu’une reconnaissance de la gravité des faits rapportés. La suite du mouvement dépendra donc largement des réponses que la direction apportera aux revendications dès mardi.

La CAGNM renforce ses échanges avec La Réunion

La CAGNM renforce ses échanges avec La Réunion

La présidente de la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte, Roukia Kassidi, accompagnée de sa 2ᵉ vice-présidente Saouda Ali Lepley Mlanao, a rencontré Pierrick Robert, président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion. Les discussions ont porté sur les perspectives de coopération entre les deux territoires, notamment dans les domaines de la mobilité, de l’accompagnement des entreprises et de l’insertion professionnelle. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des relations engagées avec La Réunion. La CAGNM souhaite renforcer ces partenariats régionaux afin de partager les expériences, développer les compétences et faire émerger des solutions concrètes pour le développement et l’attractivité du Grand Nord.

Medetram ouvre un second centre médical à Tsingoni

Medetram ouvre un second centre médical à Tsingoni

Le Service de prévention et de santé au travail interentreprises de Mayotte (MEDETRAM) inaugurera son deuxième centre médical le vendredi 25 septembre 2026 à 9h30, à Tsingoni, au 35 rue Foundi Adinani, à Méla. Cette nouvelle implantation marque la volonté de MEDETRAM de déconcentrer ses activités du chef-lieu et de faciliter l’accès à la santé au travail pour les entreprises et les salariés de l’ensemble du territoire. Seul service interentreprises de santé au travail de Mayotte, MEDETRAM accompagne aujourd’hui plus de 18 000 salariés et 1 100 entreprises adhérentes. La cérémonie officielle débutera à 10h, suivie de la coupure du ruban à 10h30 et d’une visite du centre.

Comores : plus de 100 migrants interceptés au large de Moheli

Plus de 100 migrants interceptés au large de Moheli

Ce contingent qui n’a pas été autorisé à débarquer sur la terre ferme vient s’ajouter à un autre groupe de 31 migrants abandonnés la semaine dernière et qui étaient pris en charge par les autorités et placés sous surveillance sanitaire.

Encore une vague de migrants abandonnés au large. Selon des informations relayées sur les réseaux sociaux ce lundi et qui ont été confirmées par des sources locales, une embarcation transportant près de 116 personnes se trouvait dans les eaux comoriennes hier. Il s’agirait d’un signalement provenant d’une unité des gardes côtes de l’île d’Anjouan qui a donné l’alerte avant de venir porter assistance à leurs collègues de Moheli pour arraisonner le bateau de fortune. D’après nos informateurs, l’embarcation a été identifiée dimanche soir à Boingoma, au sud de Moheli, mais ce n’est que le lendemain, qu’une opération d’inspection et de désinfection a eu lieu en coordination avec la Croix-Rouge.

« Officiellement, ils disent qu’il y a à bord 116 continentaux, mais ce chiffre est prendre avec des pincettes. On y retrouve des enfants de moins d’un an, des femmes dont une qui est enceinte. Ils ont autorisé une équipe à monter mais les autorités refusent que les migrants descendent probablement pour éviter toute prise en charge« , a soufflé une source établie à Fomboni, contactée par Flash Infos. Tout indique que ces continentaux viennent des pays d’Afrique de l’Est comme le Burundi, la Somalie et voulaient rejoindre Mayotte. Un passeur comorien qui était à bord aurait réussi à se faire la malle. Leur pays de départ reste à confirmer même si ces dernières années, on a identifié un réseau opérant entre la Tanzanie et les autres îles de l’Union des Comores.

31 migrants la semaine dernière

Il faut savoir que la semaine dernière, un groupe de migrants venant notamment de la République démocratique du Congo, avait été abandonné et pris en charge par les autorités de Moheli. C’était 26 hommes et 5 femmes dont une fillette de 5 ans.  Selon nos informations, on envisagerait de les faire embarquer dans le bateau intercepté ce dimanche. « Ils ont été conduits au port dans des véhicules de l’office national d’importation du riz. Mais ils refusaient de monter craignant pour leur sécurité et surtout que l’embarcation est déjà bondée avec les occupants« , a déclaré sous le sceau de l’anonymat un témoin ajoutant qu’un renfort des forces de l’ordre a dû intervenir.

A entendre notre source, les migrants assis à genoux, les mains en l’air, criaient haut et fort leur opposition à tout départ forcé, scandant les slogans suivants :  « On a fui notre pays à cause de la guerre. Pitié laissez-nous s’il vous plait  » ou encore  » Nous ne voulons pas mourir. Nous sommes des humains« . Des déclarations qui n’auraient pas dissuadé les forces de l’ordre qui les transportaient dans des patrouilleurs des gardes côtes avant de rejoindre l’embarcation au large.  Dans l’une des images que nous avons pu consultées, on voit de loin des enfants de près de 7 ans dont une fille debout discutant avec une femme en teeshirt bleu. Un autre garçon de plus de 10 ans, lui était allongé en plein soleil posant la tête sur un sac blanc tandis que deux hommes portant des pulls ont caché leurs visages probablement pour éviter d’être pris en photo.

Des boissons à 13h

Le bateau entouré de bâches vertes transporte ce qui semble être un simtank d’eau. Les autorités leur apportaient à manger à partir de 13h. Depuis rien.  « il y avait de l’eau potable, des boissons et des pains« , a glissé une source.

Des sources laissent entendre que le bateau pourrait être remorquer vers 18h jusque dans les eaux internationales pour être relâché. Aucun responsable n’a accepté de faire une déclaration officielle sur le sujet. Depuis plus d’un an, des migrants originaires du continent africains tentent de rejoindre le 101ème département français. Certains y parviennent mais d’autres se font abandonner dans les plages mohéliennes ou celles de la Grande Comore. Les passeurs les trompent en leur faisant croire qu’ils sont arrivés à Mayotte, causant parfois des crises entre Paris et Moroni.

Fin août, en visite à Mayotte, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, avait créé la polémique en déclarant que l’aide au développement destinée à certains pays comme les Comores ou la Tanzanie devait être conditionnée à une meilleure collaboration « dans la lutte contre les passeurs » et « la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière ». Moroni qui considère que Mayotte fait partie intégrante de son territoire, selon le droit international avait répondu à Lecornu par le biais de son ministre des affaires étrangères.  « Les propos tenus à l’endroit des Comoriens sur la fameuse aide au développement destinée aux Comores revêtent une condescendance insupportable« , a rétorqué, Mbae Mohamed.

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Au CROS, le sport mahorais en quête d’un nouveau modèle

Au CROS, le sport mahorais en quête d’un nouveau modèle
Représentants des ligues, de la DRAJES et du Département-Région se sont réunis pour échanger sur l’avenir du sport à Mayotte, notamment sur son système de financement.

À l’occasion de la Fête du Sport, le CROS Mayotte a réuni ce lundi les représentants des ligues et des institutions autour d’une table ronde consacrée à l’avenir du sport sur le territoire. Financement, équipements, mobilité ou encore développement des grands événements : les échanges ont mis en lumière les difficultés à lever pour structurer le sport mahorais.

Après une première journée riche en activités et en émotions sur le front de mer de Mamoudzou, dimanche, la Fête du Sport s’est poursuivie ce lundi 14 septembre au Comité régional olympique et sportif de Mayotte (Cros), où les principaux acteurs du sport mahorais – notamment les représentants des ligues sportives –  se sont retrouvés autour de deux tables rondes sur la structuration du sport de demain et la place des femmes dans le sport mahorais.

Changer de modèle économique

Sur la première thématique : “comment construire l’écosystème sportif mahorais de demain”, les échanges s’orientent rapidement vers la question financière et un contexte économique de plus en plus difficile pour les structures sportives, confrontées depuis plusieurs années à une baisse des subventions publiques.

Le constat est aussi porté par le Département-Région, l’un des principaux financeurs publics du sport à Mayotte. Devant les représentants des ligues, Ali Saïd Attoumani, de la Direction des sports, relève que “le modèle économique sur lequel nous avons vécu depuis 40 ans à Mayotte est à bout de souffle. Quand la subvention est coupée, on fait une syncope. Ce modèle-là n’est plus possible”.

Le changement passe donc par une diversification des ressources. Sponsoring, mécénat, dons ou encore organisation d’événements font partie des pistes évoquées par Omar Boina, expert-comptable de OB Consultation & Formation. Mais cette évolution suppose aussi de revoir le rapport des clubs à leurs propres ressources.

Le directeur du Cros Mayotte, Fahdedine Madi Ali, pointe notamment les difficultés rencontrées par de nombreuses structures pour faire payer les licences. “Quand il s’agit de nos intérêts, manzaraka ou autre, 200 euros ça sort toujours. Investir pour nos enfants, 10, 50 euros dans l’année, ça devient un frein”, relève-t-il. Un paradoxe qui se retrouve dans certains clubs, où le nombre de pratiquants serait largement supérieur à celui des licenciés. “Beaucoup de clubs arrivent à brasser 200 pratiquants et sur le papier 20 licences, ce n’est pas normal”.

Autre piste évoquée, les financements européens restent difficiles à mobiliser pour les associations mahoraises, souvent faute de ressources humaines pour monter les dossiers. Cédric Boulanger, de la DRAJES Mayotte, insiste aussi sur les exigences qui accompagnent ces financements. “Si on sollicite le financement, si on n’arrive pas à justifier à l’euro près, on doit rembourser”. Une difficulté qui renvoie plus largement à la capacité des clubs à se structurer et à assurer un suivi précis de leurs finances.

Cette question du contrôle des fonds publics est également revenue dans les échanges. Cédric Boulanger reconnaît une réelle dépendance aux subventions, tout en estimant nécessaire de mieux suivre leur utilisation. “Cette dimension de contrôle, faut qu’elle existe”, estime-t-il. Pour les intervenants, la question n’est donc plus seulement de trouver de nouveaux financements, mais aussi de professionnaliser la gestion des structures afin de pouvoir rendre des comptes aux différents financeurs.

La mutualisation apparaît également comme une piste. Fahdedine Madi Ali évoque notamment la création de clubs omnisports, avec plusieurs sections réunies au sein d’une même structure afin de mutualiser les moyens et une partie des financements.

Faire du sport un levier économique

Le sport peut aussi constituer un véritable levier économique pour le territoire. M’bayé Bakar Ahamada, président de la Ligue mahoraise de kick-boxing, Muaythaï et disciplines associées (LMKMDA), plaide notamment pour le développement de grands rendez-vous sportifs. “Si on organise des grands événements sur le territoire, il faut faire comprendre que le sport va avec l’économie, le tourisme et la culture”, lance-t-il, appelant chaque ligue et comité à développer son propre événement.

Le président du comité départemental d’athlétisme, Ibrahim M’Colo, voit lui aussi dans les compétitions une possibilité d’attirer des visiteurs. Il cite notamment le trail, en prenant l’exemple de La Réunion où les participants reviennent parfois en famille après une première expérience. Mais l’organisation de telles épreuves reste aujourd’hui compliquée à Mayotte. “À ce jour, si on veut organiser d’ici 2027 un grand événement, l’athlétisme ne pourra pas le faire car tout ce qu’on fait est dans l’illégalité”, déplore-t-il, en raison notamment de l’absence de gestionnaire des sentiers.

Le manque d’infrastructures limite également certaines disciplines. “Aujourd’hui, on a un pro dans le kick-boxing, mais on n’a pas l’infrastructure pour le garder à Mayotte”, insiste M’bayé Bakar Ahamada. Une difficulté qui se retrouve dans la pratique scolaire et associative, notamment pour les activités nécessitant du matériel spécifique.

Philippe Versaud, directeur de l’UNSS, pointe ainsi le manque de vélos et de kayaks disponibles sur le territoire. “Je n’ai pas de kayaks, je n’ai pas de vélos sur le territoire. Comment je fais ?”, interroge-t-il. Pour organiser certaines activités, l’UNSS doit alors louer du matériel auprès de prestataires privés, avec des coûts qui peuvent rapidement s’envoler. Il plaide pour la création de lieux ressources où les structures pourraient accéder à du matériel et bénéficier de tarifs adaptés.

“Tout l’argent est dépensé chez CorsAir et Air Austral !”

La mobilité constitue une autre difficulté récurrente pour les sportifs, contraints de se déplacer régulièrement pour participer aux compétitions. “750 euros pour faire deux heures d’avion et aller à La Réunion, c’est du vol”, s’exaspère Mohamed Rouchdi du comité régional de rugby de Mayotte, “il faut trouver une solution pour quitter ce caillou ! On nous donne des subventions mais tout cela est depensé chez CorsAir et Air Austral est ce qu’on peut faire quelque chose sur ce point là ?”.

Une question à laquelle a répondu Cédric Boulanger de la DRAJES qui a indiqué engager des discussions avec les compagnies aériennes pour rechercher des partenariats et des tarifs adaptés, tout en rappelant également que des dispositifs de continuité territoriale peuvent être mobilisés par les familles sous certaines conditions, notamment via LADOM.

En sortie de table ronde, Fahdedine Madi Ali s’est félicité des échanges et du format, qui a permis de réunir les différents représentants du mouvement sportif. “On ne voulait pas refaire des constats que l’on connaît déjà, mais aller sur de réelles propositions”, souligne-t-il.

Reste maintenant à savoir ce qu’il adviendra de ces propositions. Dans la salle, plusieurs participants ont notamment demandé où en était le Projet sportif stratégique de territoire (PSST), élaboré par la Conférence régionale du sport, qui réunit l’État, les collectivités et le mouvement sportif, et adopté en 2023. Cette feuille de route fixe quatre grandes priorités pour le territoire : le sport d’excellence et de haut niveau, le sport pour toutes et tous, le sport de pleine nature et les équipements sportifs.

Mais alors que plusieurs des difficultés soulevées lundi figurent déjà dans cette feuille de route, personne n’a été en mesure de préciser où en était sa mise en œuvre.

Le flou persiste autour des Jeux des Îles

La participation de sportifs mahorais aux Jeux des Îles de l’océan Indien 2027, organisés aux Comores, reste toujours en suspens. Le CROS Mayotte y est favorable depuis plusieurs mois, considérant la compétition comme une étape importante dans le parcours des athlètes et un rendez-vous permettant de renforcer les échanges sportifs dans la région. En juillet, le comité affirmait que cette volonté était portée par “les ligues, les clubs, les éducateurs, les dirigeants et les athlètes”.

Le Département-Région avait lancé une concertation en janvier sur une éventuelle participation, dans un contexte marqué par les enjeux politiques et symboliques liés à l’organisation des Jeux aux Comores, mais aucune position officielle n’a été annoncée par la collectivité, laissant le Cros et les sportifs concernés dans le flou.

“Pour le moment, on n’a pas de nouvelles du Département-Région”, indique Fahdedine Madi Ali.

Une nouvelle échéance pourrait toutefois relancer le sujet : une assemblée plénière du Département est prévue le 25 septembre pour voter les subventions aux clubs sportifs. La question de la participation aux Jeux des Îles pourrait alors venir s’immiscer dans les débats.

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Grève au CHM : les brancardiers et ambulanciers réclament des réponses

Grève au CHM : les brancardiers et ambulanciers réclament des réponses

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Une vingtaine de brancardiers et d’ambulanciers du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) à Mamoudzou ont entamé une grève, lundi, pour dénoncer leurs conditions de travail et plusieurs difficultés liées à l’organisation du pôle transports sanitaires. Une réunion avec la direction est prévue ce mardi 15 septembre. 

Des heures supplémentaires au cœur du conflit

Les heures supplémentaires constituent l’un des principaux points de désaccord. Les agents estiment qu’une partie de celles-ci reste insuffisamment rémunérée. Les syndicats évoquent notamment des heures effectuées pendant la crise des barrages de janvier 2024, puis après le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024. Une partie de ces heures resterait encore à régler.

Les grévistes demandent également une meilleure prise en compte de leur temps de travail et des renforts pour le pôle transports sanitaires, alors que les équipes évoluent dans un contexte de forte pression sur le système de soins à Mayotte. 

Des tensions sur les missions et les moyens

Les agents contestent également certaines missions qui leur sont confiées, notamment des interventions liées au SMUR. Selon eux, le manque de véhicules et de personnels spécialisés pourrait réduire la disponibilité des secours sur l’île. Le mouvement ne concerne toutefois pas directement le SMUR.

Les brancardiers dénoncent par ailleurs leur affectation ponctuelle à la morgue et la pénibilité physique de leur activité, notamment lors de la prise en charge de patients lourds dans des locaux qu’ils jugent peu adaptés.

Après plusieurs alertes adressées à la direction, restées sans réponse, une rencontre est prévue ce mardi entre 10 heures et midi. Les discussions doivent d’abord porter sur la question des heures supplémentaires. L’issue de cette réunion pourrait déterminer la suite du mouvement.

Une synergie au bénéfice des artisans et petites entreprises mahoraises

Une synergie au bénéfice des artisans et petites entreprises mahoraises
Pour Madi Fahar, le président de la CMA, l’enjeu est de réussir à faire accompagner ses 4 000 adhérents par les pouvoirs publics après l’impact négatif du cyclone Chido. * image améliorée par ia

Un partenariat gagnant-gagnant s’est enclenché en fin de semaine dernière entre la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Mayotte (CMA) et l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail de Mayotte (Aract). Une convention-cadre, paraphée dans la journée du vendredi 11 septembre 2026, permet désormais à cette dernière d’accéder aux quelque 4 000 artisans et petites entreprises locales pour diffuser ses différentes actions de sensibilisation, et à la CMA de faire accompagner ses adhérents, très fortement laissés pour compte après le cyclone Chido.

Une convention-cadre pour mieux accompagner, sur le long terme, les artisans et petits entrepreneurs mahorais, très fortement impactés par le cyclone Chido. Le document a été paraphé vendredi 11 septembre 2026, à la mi-journée, dans les locaux de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, par Madi Fahar et H. Ben-Zayadi, respectivement président de la CMA Mayotte et de l’Aract Mayotte.

Il engage les deux organismes dans un partenariat d’une durée de trois ans, durant lesquels l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail de Mayotte pourra intervenir en faveur de 4 000 structures artisanales, petites et micro-entreprises. Il s’agit de déployer sur le terrain un panel d’actions de sensibilisation en direction des artisans et des salariés dans des domaines variés, tels que la prévention de certains risques et le respect des règles obligatoires.

« C’est le cas pour l’une de nos actions phares, qui concerne le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), qui est une obligation pour toute entreprise sur le territoire, quelle que soit sa taille. La plupart de nos chefs d’entreprise ignorent que le défaut d’un tel document peut avoir de graves conséquences en cas de contrôle des services de la DEET, pouvant aboutir à des amendes de 4 000 à 7 500 euros. Cela peut aller plus loin, jusqu’à un risque pénal en cas d’accident du travail », explique M. Ben-Zayadi.

Il a ajouté qu’une enquête de deux ans, diligentée par l’Aract Mayotte, avait démontré le manque flagrant d’engouement des entrepreneurs locaux à se mettre en conformité avec la réglementation sur ce point.

Reconstruire le moral des artisans et petits entrepreneurs mahorais après le cyclone Chido

La nécessité de disposer de ce document revient peu à peu au goût du jour depuis que les services de la DEET ont sévi au détriment de plusieurs entreprises de la place, ce qui nécessite la reconduction des opérations de sensibilisation financées par les services de l’État à Mayotte.

Cette convention signée vendredi avec la CMA assoit un cadre formel pour l’Aract Mayotte, qui pourra ainsi fluidifier ses actions sur le terrain, informer et agir plus rapidement en faveur des 4 000 petites entreprises et artisans répertoriés à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat.

En retour, celle-ci verra ses adhérents accompagnés par les différents services de la DEET à travers l’Aract.

« Deux ans après le cyclone Chido, il apparaît très clairement que les petites structures et les artisans ont été délaissés, autant sur les plans financier, matériel, physique que psychologique, par les pouvoirs publics. Ils traînent encore les séquelles de ce traumatisme que beaucoup n’arrivent toujours pas à surmonter, contrairement aux grandes structures qui disposent de services RH conséquents et ont pu bénéficier d’un suivi médical lorsque le besoin s’est fait ressentir », fait valoir Madi Fahar, le président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Mayotte.

Son partenaire de l’Aract constate lui aussi un manque de visibilité de la part des artisans quant à l’avenir de leurs activités. C’est donc désormais un problème en cours de résolution puisque l’Aract s’est vu renouveler, cette année encore, sa mission dans ce projet pour une durée de trois mois.

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La circulation alternée fait son retour à Kawéni dès le 16 septembre

La circulation alternée fait son retour à Kawéni dès le 16 septembre

La Ville de Mamoudzou annonce la reprise de la circulation alternée dans le secteur de Kawéni à compter du mercredi 16 septembre 2026. Cette mesure temporaire, qui s’appliquera jusqu’au dimanche 11 octobre, vise à fluidifier le trafic routier fortement perturbé par les travaux du CARIBUS et à répondre aux difficultés rencontrées par les habitants comme par les acteurs économiques.

Du lundi au jeudi, de 5 heures à 17 heures, les véhicules pourront circuler selon le numéro de leur plaque d’immatriculation. Les plaques impaires seront autorisées les lundis et mercredis, tandis que les plaques paires pourront circuler les mardis et jeudis. La mesure ne s’appliquera pas les vendredis, samedis et dimanches.

Une décision prise après concertation

Pour la municipalité, la congestion du trafic routier dégrade fortement les conditions de déplacement et la qualité de vie des habitants. Certains usagers sont contraints de partir très tôt le matin pour des trajets pouvant durer cinq à six heures. Cette situation entraîne stress et fatigue, mais également une exposition accrue à la pollution atmosphérique.

Les conséquences se font également sentir sur l’économie locale. Les embouteillages compliquent les déplacements des salariés, les livraisons et l’approvisionnement des commerces. Ils contribuent ainsi à l’augmentation des coûts et peuvent faire peser un risque de rupture de stocks, notamment pour les produits de première nécessité et les denrées alimentaires.

La décision intervient après une réunion de concertation organisée le 8 septembre avec les acteurs socio-économiques de Kawéni et les organisations syndicales. Ces derniers ont fait état de difficultés importantes liées à la circulation et demandé le retour de la circulation alternée afin de limiter la baisse d’activité.

Réunis le 10 septembre, la Préfecture, le Rectorat, la DEALM, le Département, la CADEMA, les forces de l’ordre et le SDIS ont décidé à l’unanimité de répondre favorablement à cette demande. La population a également été consultée à travers une enquête en ligne menée les 9 et 10 septembre. Sur les 1 408 participants, 55 % se sont déclarés favorables à la mise en place du dispositif.

La réglementation concernera la RN1, entre l’intersection du boulevard Mawana-Madi et de la rue de la Barge, au niveau du Quai Colas, et le rond-point Carrefour, ainsi que la RD14, entre la côte SOGEA et le rond-point SFR.

Certaines catégories de véhicules seront toutefois exemptées, notamment les véhicules des riverains de Kawéni et des Hauts-Vallons, les véhicules professionnels, les véhicules des services publics, de secours, de sécurité et d’urgence, ainsi que ceux transportant ou accompagnant des personnes à mobilité réduite, sous réserve de présenter les justificatifs nécessaires.

La Ville rappelle enfin que le réseau urbain CARIBUS, le réseau interurbain M’safara et les taxis restent à la disposition des usagers. Le covoiturage, l’autopartage, la marche et le vélo sont également encouragés. Des actions de communication et de concertation seront menées pendant toute la durée du dispositif afin d’en suivre les effets.

La municipalité remercie les habitants ayant participé à l’enquête et appelle chacun à respecter cette réglementation temporaire, mise en place pour tenter de réduire la congestion et préserver l’activité économique dans le secteur de Kawéni.

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Lycée du Nord : la mobilisation entre dans sa troisième semaine

Lycée du Nord : la mobilisation entre dans sa troisième semaine
Le mouvement se poursuit au lycée du Nord, où les grévistes maintiennent la pression malgré l’annonce de la reprise des cours par la direction.

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La mobilisation se poursuit au lycée polyvalent du Nord, à M’Tsangadoua. Après deux semaines de grève, personnels, parents d’élèves et représentants syndicaux maintiennent leur mouvement malgré les annonces du rectorat. Ils réclament des engagements concrets sur les locaux, les effectifs, les moyens humains et la sécurité.

Le conflit entre ainsi dans sa troisième semaine sans perspective immédiate de sortie de crise. La direction du lycée avait pourtant annoncé une reprise des cours vendredi 11 septembre, après plusieurs engagements pris par le rectorat de Mayotte. Une décision contestée par le collectif mobilisé, qui estime que les conditions ne sont toujours pas réunies pour reprendre normalement.

Dans un courrier adressé aux personnels et aux familles, le proviseur Christophe Benmimoune-Wisniewski indiquait que le rectorat acceptait de maintenir la structure actuelle à 23 classes de seconde. La dotation horaire globale doit également être abondée afin de permettre des dédoublements pour les travaux pratiques de SVT et de sciences physiques et chimiques, ainsi que certains aménagements pédagogiques.

Le rectorat s’est par ailleurs engagé, selon la direction, à installer rapidement des salles provisoires. Le service immobilier aurait déjà engagé les démarches nécessaires. Pour la direction, ces nouveaux espaces doivent permettre d’adapter progressivement les emplois du temps et de préserver le fonctionnement général de l’établissement.

Les annonces du rectorat ne suffisent pas

Pour l’intersyndicale, les représentants des parents d’élèves et le collectif des personnels, ces mesures restent insuffisantes. Dans un communiqué publié le 12 septembre, ils annoncent maintenir le mouvement « jusqu’à nouvel ordre », estimant ne toujours pas avoir obtenu de réponse satisfaisante à leurs revendications.

Les mobilisés demandent notamment une rencontre directe avec une délégation du rectorat au sein du lycée. Ils souhaitent qu’une réunion plénière puisse réunir enseignants, assistants d’éducation et parents, avec un véritable droit de parole pour chacun. Pour eux, les décisions concernant la poursuite du mouvement doivent être prises collectivement en assemblée générale.

Le collectif réclame surtout des garanties accompagnées d’un calendrier précis. Parmi les demandes figure l’installation d’au moins cinq préfabriqués fonctionnels avant le 25 octobre, puis de onze modulaires supplémentaires pour la rentrée 2027-2028. Les représentants évaluent à seize le nombre de salles supplémentaires nécessaires pour répondre durablement aux besoins de l’établissement.

Des revendications qui dépassent la question des salles

La mobilisation porte également sur les effectifs et les moyens humains. Les parents et personnels demandent que les classes soient limitées à 25 élèves, alors que certaines classes de seconde dépasseraient actuellement les 30 élèves. Ils réclament des créations de postes et des moyens horaires supplémentaires, ainsi qu’un renforcement durable des équipes d’AED.

La sécurité constitue également un point central. Le collectif demande la rénovation des anciennes salles, notamment en matière d’acoustique et de dispositifs de sécurisation, mais aussi le renforcement des équipes chargées de la sécurité aux abords du lycée. Six agents EMS supplémentaires sont notamment demandés.

À ces revendications s’ajoutent la mise aux normes du plateau logistique des filières professionnelles, des moyens supplémentaires pour encadrer les activités nautiques et la construction d’une cantine scolaire, réclamée depuis plusieurs années.

Alors que le lycée accueille aujourd’hui plus de 2 300 élèves, les grévistes entendent maintenir la pression sur le rectorat. La prochaine assemblée générale et les éventuelles discussions avec les services académiques pourraient être déterminantes. En attendant, le mouvement entre dans une troisième semaine et aucune sortie de crise n’est annoncée.

Petite-Terre : une centaine de composteurs distribués pour encourager le tri des déchets

Petite-Terre : une centaine de composteurs distribués pour encourager le tri des déchets

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La Communauté de Communes de Petites-Terres a organisé, ce lundi à Pamandzi, une distribution d’une centaine de composteur individuels aux foyers bénéficiaires, en présence de Chamssia MOHAMED, première vice-présidente chargée de la Transition écologique et de la Résilience territoriale. L’objectif de cette remise de composteur est de sensibiliser les habitants de Petite-Terre aux enjeux environnementaux et au bien-être de l’environnement, afin de limiter la quantité de déchets dans les rues. À cette occasion, nous sommes allés assister à ce dispositif et à la distribution de ces composteurs auprès des foyers bénéficiaires.

Cent composteurs à déchets verts ont été distribués à une centaine de particuliers inscrits sur la liste des bénéficiaires. Les demandes ont été recueillies du 5 au 29 août 2026. D’une capacité de 360 litres, ces composteurs proviennent d’un ancien stock de la CCPT, qui a été légèrement endommagé lors du passage du cyclone Chido. Certains présentent de légers défauts d’aspect, qui n’empêchent toutefois pas leur utilisation.

“ on encourage fortement la population à faire ce tri des déchets à la source, c’est-à-dire à capter tout le gisement de déchets verts et d’alimentation, à les mettre dans le bac à compostage, afin que ces déchets deviennent un amendement, c’est-à-dire un fertilisant naturel. On a beaucoup d’administrés de Petite-Terre qui ont leur propre jardin chez eux, avec de petits jardins vivriers, des tomates ou encore des herbes aromatiques ”, déclare Chamsia Mohamed, première vice-présidente chargée de la Transition écologique et de la Résilience territoriale.

L’objectif de cette opération, qui concerne principalement les particuliers, est de les sensibiliser à la préservation de l’environnement et au bien-être de notre écosystème. Cette initiative intervient alors que de nombreux déchets s’accumulent sur les trottoirs au fil des années. Une situation qui contribue à dégrader le cadre de vie, mais également à polluer le lagon et à fragiliser la faune et la flore de l’île.

Des habitants conscients des enjeux environnementaux

“ Je trouve que ce sont de très bonnes initiatives pour essayer de protéger l’environnement. L’environnement à Mayotte est hyper important, notamment pour protéger le lagon”, insiste Christophe Thouvenot, un particulier bénéficiaire du dispositif.

Christophe Thouvenot fait partie des personnes inscrites à cette distribution de composteurs destinés aux déchets verts. Il se réjouit de cette initiative, qu’il considère comme une bonne démarche en faveur de la protection de l’environnement. Il salue également les efforts de la CCPT pour répondre aux enjeux environnementaux : “ Les déchets qu’on met dans les composteurs, c’est quelque chose qui peut resservir, notamment pour ceux qui font des plantations, pour faire de l’engrais et tout ça, pour nos fleurs. Et vraiment, je trouve ça très, très bien. Il y a plein d’initiatives comme ça qu’il faut faire pour protéger notre environnement”, explique-t-il.

Des composteurs qui feront également le bonheur des plantes dans les jardins des particuliers. Ces derniers ne cachent d’ailleurs pas leur satisfaction à l’idée de pouvoir valoriser leurs déchets organiques : “ Je vais mettre tous mes déchets alimentaires, parce qu’il y en a qui passent et d’autres qui ne passent pas, afin d’avoir une bonne terre pour pouvoir faire mes plantations à la maison,” témoigne l’un des bénéficiaires.

Un autre particulier souligne l’importance des consignes fournies avec le composteur : “ Le composteur, comme on nous l’a enseigné, c’est pour faire notre tri des déchets et mettre ce qu’il faut dedans. D’ailleurs, c’est une très bonne chose. On nous a bien expliqué l’utilisation du composteur. Tout est indiqué de 1 jusqu’à 5. Avec cette fiche, on saura comment faire notre tri justement à la maison, pour que les déchets soient bien triés.”

Certains prévoient d’y déposer des épluchures de tomates, des graines ainsi que des herbes aromatiques. Pour la plupart, l’arrivée de ces composteurs va changer leurs habitudes et faciliter leur quotidien : “ On remplissait nos bacs quand ils étaient pleins. Pas forcément très bien, parce que, justement, on ne savait pas comment faire. On les fermait et on les mettait à côté. Mais malheureusement, le lendemain, on constatait que des chiens ou des chats étaient passés. Donc, avec ce nouveau composteur, c’est encore mieux”, confie Ken Igore, qui explique comment il faisait auparavant.

Des témoignages qui illustrent l’intérêt porté par les particuliers à cette initiative et leur volonté de participer à une meilleure gestion des déchets.

Les attentes de la vice-présidente envers les particuliers

Chamsin Mohamed, première vice-présidente chargée de la Transition écologique et de la Résilience territoriale, souligne la prise de conscience progressive de la population face aux enjeux liés à la préservation de l’environnement et de la santé, notamment concernant l’utilisation de produits chimiques : “ Donc, on fait ça pour que non seulement on préserve notre santé, mais aussi qu’on préserve nos écosystèmes et l’environnement de Petite-Terre”, affirme-t-elle.

L’attente de la vice-présidente est qu’il y ait de plus en plus de personnes qui se mettent concrètement au compostage des déchets verts chez elles, pour une agriculture et un jardinage bio, sans aucune utilisation de produits chimiques, qui sont très nocifs pour la santé.

Ce n’est pas la première fois que ce type de dispositif est organisé au sein de la CCPT. Cette organisation existe depuis la création de la Communauté de Communes de Petites-Terres, c’est-à-dire depuis 2015. D’autres dispositifs de ce type sont déjà prévus.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes