Prévu ce lundi matin sur la place de la République, à Mamoudzou, le rassemblement de l’Organisation anjouanaise pour le mouvement populaire nouvel élan a été interdit par la préfecture. L’association entendait profiter du 6 juillet, date anniversaire de l’indépendance des Comores, pour contester cet héritage politique et porter un discours séparatiste anjouanais.
Ce lundi 6 juillet, de 8h30 à 11h30, l’Organisation anjouanaise pour le mouvement populaire nouvel élan souhaitait se rassembler sur la place de la République, à Mamoudzou. Dans sa déclaration transmise à la préfecture, l’association indiquait que la manifestation avait « pour objet d’exprimer son opposition à l’indépendance des Comores ».
Créée en 2025 à Mayotte, cette organisation anjouanaise revendique un positionnement proche de celui porté autrefois par le Mouvement populaire anjouanais, qui réclamait le rattachement d’Anjouan à la France. Son président, Nassur Damourane, assume cette ligne. « On a compris que Mayotte est un territoire français. On cherche la meilleure solution avec nos voisins », explique-t-il, en affirmant vouloir « respecter le choix » des Mahorais d’être français.
Pour lui, le 6 juillet n’est pas un jour de fête. « Pour nous, c’est un jour de deuil pour nos familles qui ont perdu la vie en mer », déclare-t-il, en liant son combat à la traversée meurtrière entre Anjouan et Mayotte. « À Mayotte, il y a une meilleure vie et le gouvernement comorien nous a tourné le dos. Il nous dit toujours que Mayotte, c’est chez nous, qu’on peut voyager à Mayotte, mais quand on est expulsé, il ferme les yeux. », poursuit-il.
Un mot d’ordre susceptible d’enflammer les esprits
Face au caractère politique du rassemblement, la préfecture a choisi l’interdiction. Dans un arrêté daté de vendredi, le préfet Frédéric Poisot estime que, « compte tenu de son objet, de sa date et du contexte dans lequel elle est organisée, cette manifestation est susceptible de provoquer des tensions et des affrontements, portant ainsi atteinte à l’ordre public ». Le représentant de l’État évoque aussi le risque de « réactions hostiles » et de « contre-rassemblements ».
L’association dit avoir pris acte de la décision. « On a déclaré la manifestation mais la préfecture a refusé. On ne peut rien faire, on ne peut pas obliger. On est dans un territoire étranger, on n’est pas chez nous », réagit Nassur Damourane. Il insiste sur sa volonté de passer par les autorités françaises : « Si on était chez nous et que le maire ou le préfet nous avait dit vous ne pouvez pas manifester, on serait quand même allés. Mais ici, on considère qu’on est dans un pays étranger. »
Le président de l’organisation assure ne pas être découragé. « Notre combat va continuer », affirme-t-il. Selon lui, des Anjouanais « demandent le retour de la France » et ne se reconnaissent plus dans l’Union des Comores. « Nous ne sommes pas fiers d’être avec les Grande-Comoriens », dit-il encore, en faisant référence à la crise séparatiste de 1997 à Anjouan, restée pour lui comme « une belle image ».
Ce lundi, la place de la République est restée vide. Mais la date du 6 juillet continue, pour cette association anjouanaise, de cristalliser un rejet de l’indépendance des Comores et une demande de reconnaissance adressée à la France.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































