Un an après le passage du cyclone Chido, l’économie mahoraise reprend progressivement des couleurs. Selon le rapport annuel 2025 de l’IEDOM, la reconstruction a largement soutenu l’activité, portée par les chantiers du bâtiment et des travaux publics ainsi que par les investissements publics. La consommation des ménages repart également à la hausse grâce au renouvellement des biens détruits et aux aides versées après la catastrophe.
Les effets de la catastrophe naturelle ont profondément redessiné l’activité économique. Les travaux de réhabilitation des logements, des bâtiments publics et des infrastructures ont soutenu le secteur du bâtiment et des travaux publics tout au long de l’année. Cette mobilisation s’est traduite par une reprise de l’investissement et une amélioration progressive de l’activité dans le commerce et les services, après une année 2024 marquée par une succession de crises.
Le redémarrage est également visible dans la consommation des ménages. Les aides publiques, les indemnisations et le remplacement des biens détruits ont alimenté une hausse des achats. Les importations ont progressé de près de 26 %, atteignant un niveau inédit de plus de 300 millions d’euros. Les biens d’équipement, les matériaux de construction et les véhicules figurent parmi les produits les plus demandés. Cette dynamique s’est accompagnée d’une progression des crédits bancaires, en particulier des prêts à la consommation, largement utilisés pour financer les travaux de réparation.
Dans le même temps, l’inflation est restée relativement contenue. Les prix ont augmenté de 1,3 % en moyenne sur l’année, un rythme inférieur à celui observé les années précédentes, grâce notamment au recul des prix de l’énergie. Cette stabilité a contribué à préserver le pouvoir d’achat, malgré une hausse persistante des prix alimentaires.
Des fragilités toujours présentes
Cette amélioration ne suffit cependant pas à masquer les vulnérabilités de l’économie mahoraise. Le rapport rappelle que la croissance repose avant tout sur un effort exceptionnel de reconstruction et sur la dépense publique. Le chômage demeure élevé, les infrastructures restent insuffisantes face à une démographie en forte progression et la dépendance aux financements de l’État continue de structurer l’économie locale.
L’agriculture apparaît comme le secteur le plus durement affecté par le cyclone. Les pertes enregistrées dans les cultures vivrières et d’exportation ralentissent la reprise et compliquent les ambitions affichées en matière d’autonomie alimentaire. Les difficultés d’accès à l’eau constituent également un frein durable, dans un contexte où les épisodes de sécheresse et les effets du changement climatique accentuent la pression sur les ressources.
À ces contraintes internes s’ajoutent des incertitudes extérieures. L’IEDOM relève que les tensions géopolitiques internationales et la hausse des coûts du transport maritime pourraient renchérir les importations, dont dépend largement le territoire, avec le risque d’une accélération de l’inflation dans les prochains mois.
Le défi de l’après-reconstruction
Les perspectives pour 2026 restent néanmoins orientées à la hausse. La poursuite des programmes de reconstruction et des investissements publics devrait soutenir l’activité économique. La loi de programmation adoptée en faveur de Mayotte prévoit plusieurs milliards d’euros d’ici à 2031 pour moderniser les infrastructures et accompagner le rattrapage du territoire.
L’institut estime toutefois que l’enjeu dépasse désormais la seule reconstruction. La concrétisation des projets dépendra de la rapidité des décaissements, de la réduction des délais de paiement et de la capacité des pouvoirs publics à transformer les engagements financiers en réalisations effectives. Pour Mayotte, la question n’est plus seulement de réparer les dégâts laissés par Chido, mais de convertir cet effort exceptionnel en un développement durable, moins dépendant de la dépense publique et davantage fondé sur la diversification de son économie.
Mayotte Hebdo vise à contribuer au développement harmonieux de Mayotte en informant la population et en créant du lien social. Mayotte Hebdo valorise les acteurs locaux et les initiatives positives dans les domaines culturel, sportif, social et économique et donne la parole à toutes les sensibilités, permettant à chacun de s'exprimer et d'enrichir la compréhension collective. Cette philosophie constitue la raison d'être de Mayotte Hebdo.


































