Leur visite éclair à Mayotte a débuté en Petite-Terre lundi, à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi, et s’est achevée mercredi en début de soirée au même endroit. Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, François Wu Chihchung, avait réservé aux élus de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi la dernière séquence de son bref mais très dense séjour dans l’île Hippocampe. Entre discours officiels, colliers de fleurs et déplacements sur des sites à fort potentiel de mise en valeur, la délégation ministérielle taïwanaise n’a nullement chômé.
La délégation de haut niveau, conduite par le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, François Wu Chihchung, est repartie de Mayotte mercredi soir, avec des images hautes en couleur dans les yeux. Elle a exprimé une réelle volonté de se mettre immédiatement au travail afin de concrétiser une relation partenariale qui s’annonce prometteuse de part et d’autre, entre l’Asie et le canal du Mozambique.
La dernière séquence de cette visite, consacrée au territoire de l’Intercommunalité de Petite-Terre, a démarré très tôt dans la matinée sur le site des Badamiers, face à la plage, à proximité des installations de stockage d’hydrocarbures gérées par la société Total et de l’usine de production d’électricité d’EDM (Électricité de Mayotte).
Le président de l’Intercommunalité de Petite-Terre (ICPT), Charafouddine Ramadini Toto, a officié en qualité de maître de cérémonie, entouré du maire de Pamandzi, Youssoufi Maandhui, et du premier adjoint au maire de Dzaoudzi-Labattoir, Omar Simba.
Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, François Wu Chihchung, et sa suite — Philippe Yen, directeur des Affaires africaines, Jyr-Geng Wu, directeur adjoint des Affaires africaines, et Antoine Cheng, premier secrétaire de la représentation de Taïwan en France — étaient accompagnés du sénateur Thani Mohamed Soilihi, ancien ministre français chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux, des conseillères départementales Hellène Pollozec et Soihirat Elhadad, ainsi que de Salama Ramia, en sa qualité de conseillère municipale d’opposition de Pamandzi.
La ZAC des Badamiers au cœur des échanges
Au premier rang des enjeux de cette matinée figurait la présentation du projet de ZAC des Badamiers, en présence de techniciens de l’établissement public chargé de la refondation de Mayotte après le cyclone Chido et de l’ICPT.
La délégation taïwanaise a posé de nombreuses questions sur les mécanismes de financement de certaines opérations dans le cadre du droit français, notamment en ce qui concerne les outils de production énergétique.
Après une collation et un rapide parcours de la longue plage des Badamiers, les visiteurs et leurs hôtes mahorais se sont déplacés vers le site du Grand Moya, où ils ont pu constater de visu le potentiel de ces lieux en matière de développement d’infrastructures touristiques.
Guidés par Attoumani Harouna, patron de l’agence réceptive Baobab Tours, ils ont découvert les sites de ponte des tortues marines et apprécié le dispositif de surveillance des lieux, parfois assuré par des patrouilles de gendarmerie. Des exercices étaient également menés depuis un hélicoptère qui a longuement survolé la zone.
Dans le même esprit, la délégation a poursuivi son périple sur le front de mer reliant Labattoir à Pamandzi, avant de rejoindre l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Elle a ainsi pu mesurer l’ampleur des dégâts causés par le cyclone Chido sur les installations de la Croix-Rouge, qui avait notamment bénéficié d’une partie des aides fournies par l’État souverain de Taïwan à Mayotte en décembre 2024.
Des échanges autour de l’avenir de Mayotte
Les visiteurs taïwanais ont ensuite offert un déjeuner de travail à leurs hôtes mahorais à l’hôtel Ibis, situé en face de l’aéroport Marcel-Henry.
En milieu d’après-midi, ils ont été reçus par les responsables du pôle aéronautique du lycée de Petite-Terre, l’un des rares établissements de l’île à avoir résisté aux assauts du cyclone Chido, le matin du 14 décembre 2024.
François Wu Chihchung a pris le temps de s’enquérir des difficultés rencontrées par les élèves de cet établissement scolaire flambant neuf, porteur d’avenir pour les jeunes Mahorais désireux d’apprendre les différents métiers du secteur aéronautique, un domaine porteur de grands espoirs pour le développement de Mayotte.
Accompagnée du sénateur Thani Mohamed Soilihi et de sa suite, la délégation ministérielle taïwanaise de haut niveau s’est ensuite dirigée vers l’aérogare voisine pour prendre l’avion en direction de Taïwan, via Paris.
Une visite express, donc, mais particulièrement dense, au cours de laquelle les représentants taïwanais auront pu mesurer à la fois les fragilités de Mayotte et l’immense potentiel de développement du territoire. Des premiers contacts qui pourraient rapidement déboucher sur des projets concrets de coopération entre l’île française de l’océan Indien et Taïwan.
Journaliste politique & économique


































