Sur une étroite bande de terre entre lagon et mangrove, la mosquée d’Antana-Bé, vestige du village historique de Poroani, s’apprête à entamer une nouvelle étape de son histoire. Gravement endommagé par le cyclone Chido en décembre 2024, l’édifice vient d’être sélectionné parmi les sites emblématiques du Loto du patrimoine 2026, un programme national destiné à sauver des lieux en péril.
La mosquée de Chirongui figure parmi les deux projets majeurs retenus dans la région, aux côtés de l’ancienne usine de Beaufonds à La Réunion. Une reconnaissance importante pour ce bâtiment chargé d’histoire, dernier témoin de l’ancien village déplacé en 1987 face à la montée des eaux.
Maintes fois rénovée puis reconstruite dans sa forme actuelle en 1930 à partir de matériaux locaux : pierres, coraux et chaux, la mosquée présente une architecture simple mais emblématique, avec une salle unique orientée vers La Mecque. Aujourd’hui, elle souffre de lourds dégâts : la toiture et la charpente ont été arrachées par les vents violents, laissant la structure exposée aux intempéries pendant de longs mois.
Face à l’urgence, un vaste chantier de restauration doit débuter à l’été 2026. Les travaux porteront sur la sécurisation de l’édifice, la reconstruction de la toiture, la consolidation des murs et la restauration des éléments intérieurs, notamment le mihrab. Au-delà de la simple réhabilitation, le projet ambitionne de redonner vie au site en permettant la reprise du culte, mais aussi en développant des activités pédagogiques et culturelles.
En effet, Antana-Bé possède un fort potentiel éducatif, notamment grâce à sa situation exceptionnelle au cœur d’écosystèmes littoraux variés. Des actions de sensibilisation à l’environnement et au patrimoine pourraient y être organisées.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large portée par la Mission Patrimoine. Selon la ministre de la Culture, Catherine Pégard, « Le Loto du patrimoine est devenu, au fil des éditions, un rendez-vous précieux pour notre mémoire collective. En participant à la sauvegarde de notre patrimoine de pierre le plus en danger, il prolonge l’engagement des territoires, des femmes et des hommes qui ne se résolvent pas à voir disparaître ces témoignages de notre histoire. Aujourd’hui, 70 % des 1 080 sites aidés depuis 2018 sont d’ores et déjà sauvés ou sur le point de l’être. »
À Antana-Bé, les travaux de la mosquée devraient s’achever en janvier 2027.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.




































