Les docteurs mahorais mis à l’honneur au Technopole de Dembéni

À l’occasion de la Journée européenne du doctorat, organisée mercredi 13 mai au Technopole de Dembéni, l’académie de Mayotte a souhaité mettre en lumière les doctorants et jeunes chercheurs du territoire. Une journée dédiée à la valorisation de la recherche scientifique locale, encore méconnue du grand public, mais appelée à jouer un rôle majeur dans le développement de Mayotte.

Doctorants, enseignants-chercheurs, étudiants et partenaires institutionnels se sont réunis autour de conférences, témoignages et présentations de travaux de recherche menés sur l’île. L’objectif : faire découvrir la diversité des disciplines scientifiques présentes à Mayotte et encourager les parcours universitaires jusqu’au doctorat.

« Le doctorat est une école de la rigueur »

Dans un discours transmis par son collaborateur, le président de l’université de Mayotte, Abal-Kassim Cheik Ahamed, a salué « un message de fierté, de reconnaissance et d’ambition à l’ensemble de la communauté doctorante ».

« Le doctorat représente l’un des plus hauts niveaux d’exigence académique. Il est une école de la rigueur, de la persévérance et de la liberté intellectuelle », a-t-il déclaré. Lui-même docteur, il a rappelé les exigences de ce parcours universitaire : « une disponibilité constante, une capacité à douter, à questionner les évidences et à produire du savoir au service de l’intérêt général ».

Le président de l’université a également insisté sur les enjeux propres au territoire mahorais. « Notre université fait face à de multiples défis mais aussi à d’immenses opportunités. Les doctorants s’inscrivent au cœur de cette dynamique en produisant des travaux ancrés dans les réalités du territoire », a-t-il souligné, évoquant notamment les recherches menées sur le littoral ou encore les dynamiques sociales locales.

Une ambition : former davantage de docteurs à Mayotte

Depuis plusieurs années, l’université de Mayotte poursuit sa structuration autour de la recherche. Elliott Sucre, vice-président de l’université, a rappelé que le premier doctorant inscrit à Mayotte l’avait été en 2015. Aujourd’hui, cinq enseignants-chercheurs disposent d’une habilitation à diriger des recherches, un diplôme indispensable pour encadrer des thèses.

« Le nombre de doctorants dépendra de notre capacité à former davantage d’étudiants », explique-t-il. « Notre plus grande ambition est de voir des étudiants de licence poursuivre jusqu’au doctorat. »

Pour atteindre cet objectif, l’université travaille actuellement au développement de nouvelles formations. « Nous travaillons sur la création d’un master recherche consacré aux études socioécologiques marines et côtières », précise Elliott Sucre. Un projet qui suscite déjà l’intérêt d’étudiants en licence.

Faire connaître la recherche mahoraise

Présente lors de cette journée, Fahoullia Mohamadi, déléguée à la recherche et à l’innovation au rectorat de Mayotte, a rappelé l’importance de mieux faire connaître le doctorat auprès de la population. « En France, le diplôme de doctorat est encore trop peu reconnu. À Mayotte, le terme “docteur” est souvent associé uniquement à la médecine, ce qui rend invisibles de nombreuses disciplines scientifiques », explique-t-elle.

Pour le rectorat, cette journée vise aussi à démontrer l’utilité concrète de la recherche académique pour le territoire. « Nous voulons montrer que la recherche joue un rôle important dans le développement des sociétés », poursuit-elle.

Biologie, droit, chimie, sciences humaines : les travaux présentés illustrent la diversité des domaines étudiés à Mayotte. Les doctorants ont pu exposer leurs recherches sous forme de posters scientifiques, de présentations ou encore de témoignages sur leur parcours universitaire.

Une recherche tournée vers les besoins du territoire

De son côté, Mohamed El Hadi Soumaila, directeur général adjoint chargé de l’enseignement professionnel et de l’insertion au Département-Région de Mayotte, a rappelé l’importance de soutenir financièrement les chercheurs. « Tout chercheur entame un parcours personnel et nous sommes présents pour les accompagner. Des procédures existent pour bénéficier des financements du Département », indique-t-il. Le Département souhaite désormais orienter davantage les recherches vers les problématiques locales. Mohamed El Hadi Soumaila cite notamment les travaux de Madi Madi Halidi sur l’énergie solaire : « Ces recherches permettent de développer des solutions adaptées à des territoires comme Mayotte, notamment pour améliorer les performances des centrales solaires. » Avant de conclure : « Il faut que les doctorants participent à la construction de Mayotte. C’est un long processus qui commence dès le primaire et qui doit conduire vers l’excellence. »

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