Après avoir retrouvé ses locaux ce mardi 15 septembre, la CAPEB Mayotte veut renforcer son accompagnement des artisans et miser sur la transmission des savoir-faire, notamment à travers l’apprentissage. L’organisation souhaite aussi faciliter l’accès des petites entreprises aux marchés publics de la reconstruction.
“Si on se réunit tous ensemble, on peut faire de belles choses”. Devant les élus du Département-Région et de la Ville de Mamoudzou réunis pour l’inauguration, ce mardi 15 septembre, Madi Fahar affiche sa satisfaction de voir le siège de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) retrouver un visage neuf. Après plusieurs mois de travaux, le bâtiment de la rue de la Préfecture dispose d’une nouvelle clôture et d’un dispositif de protection renforcé et peut à nouveau accueillir les adhérents.
Le chantier a notamment été financé grâce aux cotisations versées par ces derniers. “On a décidé de faire des cotisations internes”, relève le président de la CAPEB Mayotte. Un fonds d’environ 30.000 euros a ainsi été constitué pour financer la clôture et la protection des locaux. Pour Madi Fahar, ces travaux, à l’image du panneau installé à l’entrée et sur lequel sont gravées les valeurs de la CAPEB — “Apporter, élaborer, grandir” —, sont aussi l’occasion de mettre en avant le savoir-faire artisanal défendu par son organisation.
Mais derrière les travaux du siège, le président veut surtout parler de la suite, et l’a rappelé aux élus présents à l’inauguration, auxquels il demande leur soutien. “Notre objectif, notre rôle, c’est d’accompagner les artisans du bâtiment”, résume Madi Fahar, qui cite la formation, l’orientation et la montée en compétence des professionnels.
Transmettre les savoir-faire
La reconstruction de Mayotte pose plus que jamais la question des compétences disponibles sur le territoire. Pour le président de la CAPEB, le cyclone Chido a rappelé l’importance de disposer de professionnels capables de participer aux travaux nécessaires à la reconstruction.
“Il faut aussi transmettre notre savoir-faire”, insiste-t-il. La formation constitue un premier levier, mais Madi Fahar insiste particulièrement sur les contrats d’apprentissage. Dans un territoire où une grande partie de la population est jeune, il constate que de nombreux lycéens cherchent à se former directement auprès des entreprises pour acquérir des compétences techniques.
La CAPEB veut donc inciter les entreprises qu’elle accompagne à accueillir davantage d’apprentis. “Si nous, la CAPEB, on arrive à accompagner nos artisans et que ces artisans accompagnés peuvent aussi accompagner nos contrats d’apprentissage, on peut développer notre territoire”, estime-t-il.
Pour le président, les organisations patronales et les institutions doivent désormais réfléchir ensemble à la manière de soutenir davantage l’apprentissage. Car l’enjeu est avant tout de permettre aux jeunes de se former sur place, tout en donnant aux entreprises les moyens de transmettre leurs savoir-faire.
Faciliter l’accès aux marchés publics
La CAPEB compte aujourd’hui 85 adhérents à Mayotte. L’organisation veut également les aider à mieux se positionner sur les marchés publics, notamment ceux qui devraient accompagner la reconstruction du territoire.
“C’est notre devoir à nous, la CAPEB, d’accompagner nos adhérents, de leur expliquer comment répondre à un marché public, quels sont les éléments obligatoires, les éléments facultatifs et comment répondre”, souligne Madi Fahar.
Pour les petites entreprises du bâtiment, ces procédures peuvent en effet constituer un obstacle lorsqu’elles ne connaissent pas les mécanismes de la commande publique. L’organisation entend donc jouer un rôle d’accompagnement pour leur permettre de mieux répondre aux appels d’offres.
Avec son siège désormais pleinement opérationnel, la CAPEB veut ainsi repartir sur de nouvelles bases. Pour Madi Fahar, les travaux réalisés sont aussi le symbole d’une mobilisation collective. “Je suis si fier de retrouver ce siège rénové, complet, sécurisé pour le bien des salariés et pour le bien des artisans”, se réjouit-il.

































