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Femme et Résilience : à Mayotte, des entrepreneur(es) accompagnées pour se faire une place

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L’association PLAMFE Mayotte, s’est donné pour mission, à travers son programme “ Femme et Résilience”, d’accompagner 15 femmes entrepreneur(es) mahoraises. Lancé en avril 2026, ce programme s’étendra jusqu’en avril 2027. Il vise à aider ces femmes à développer et à pérenniser leurs entreprises, mais aussi à favoriser leur insertion dans le monde économique de Mayotte, un environnement encore largement dominé par les hommes. Dans le cadre de ce programme, nous sommes allés à la rencontre de l’une d’entre elles afin de découvrir son parcours, son activité et l’accompagnement dont elle bénéficie.

Elles sont 15 femmes à être accompagnées par l’association PLAMFE Mayotte dans le cadre du programme “ Femme et Résilience ”. Un dispositif qui n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien financier de la Fondation de France, à hauteur de 50 000 euros : “ Pour l’instant, 25 000 euros ont été versés ” explique Léonelle REDJEKRA, présidente de la PLAMFE Mayotte.

Grâce à ce financement, l’association peut proposer aux entrepreneur(es) un accompagnement destiné à renforcer leurs compétences, développer leurs activités et leur permettre de mieux s’insérer dans l’environnement économique mahorais.

Un accompagnement qui porte ses fruits

Parmi les 15 femmes entrepreneur(es) accompagnées dans le cadre du programme figure Nadia Bonahidi, une entrepreneuse aux multiples casquettes qui évolue à la fois dans le monde de la littérature et dans celui de l’entrepreneurial culturel : “Je suis autrice de roman avec la trilogie Fonzava et, depuis 2025, je suis également une entrepreneuse dans le milieu culturel avec Mahorais Puzzle. Ce sont des puzzles qui s’inspirent des contes et légendes de Mayotte”, présente-t-elle.

Elle a choisi de se faire accompagner par l’association dès qu’elle a commencé à envisager la création de son entreprise, notamment en raison d’un manque de repères. Elle recherchait surtout des modèles de femmes entrepreneuses susceptibles de l’inspirer et de la guider dans son parcours : “ En intégrant cette association, entourée d’autres femmes, je me sentirais mieux accompagnée et, surtout, je ne serais pas seule dans mes démarches”, explique-t-elle.

Nadia Bonahidi a intégré l’association en 2024. Elle fait partie des femmes à l’origine de la création du programme ” Femme et Résiliance ”. Les 15 femmes entrepreneur(es) inscrites au programme bénéficient de plusieurs formations, notamment sur le digital, la sauvegarde des données, mais aussi avec la BGE, autour de la structuration de leur entreprise, de la communication et de la gestion du budget.

Cet accompagnement repose également sur l’intervention de plusieurs partenaires, qui contribuent à renforcer les compétences des bénéficiaires et à les aider à mieux développer leurs activités : “ Tout cet accompagnement m’a permis, à moi, d’avoir une meilleure vision pour mon entreprise”, ajoute-t-elle.

Un accompagnement qui semble déjà porter ses fruits pour Nadia Bonahidi. Côté littérature, son travail avec ses éditeurs lui ouvre de nouvelles perspectives, notamment à l’échelle régionale : “ Pour les livres, je suis avec mon éditeur Fumosilaï, l’éditeur Hirizi ya Mahorais. Donc oui, on travaille déjà ensemble pour exporter les livres dans la région, par exemple à La Réunion, à Madagascar, et pourquoi pas en métropole. Et puis, pour les puzzles, pour l’instant, ils sont disponibles à Mayotte”, explique-t-elle.

Un succès qui se ressent également chez Afna Saidali, propriétaire de May’Sape, un salon de couture spécialisé dans la confection sur mesure. L’entreprise propose une large gamme de créations : tenues de mariage pour hommes, femmes et enfants, robes de soirée et bien d’autres modèles : “ On touche vraiment à tout”, se réjouit-elle.

Ses créations ont fait le tour des défilés au-delà de Mayotte. Une belle reconnaissance pour cette entrepreneuse, qui multiplie les occasions de faire rayonner son savoir-faire : “ J’ai participé l’année dernière au Made in France. Cette année, j’ai pris part à la Foire de Paris et, très prochainement, je participerai à un défilé à La Réunion dans deux mois”, détaille-t-elle.

Afna Saidali a pris la décision d’intégrer l’association PLAMFE Mayotte avec l’ambition de s’imposer et de se frayer un chemin dans le milieu de la mode à Mayotte. Mais au-delà du développement de son activité, elle cherchait surtout à être davantage reconnue et prise au sérieux en tant que femme entrepreneuse : “ On ne nous prend pas au sérieux. Quand on va vers les organismes pour présenter notre projet, on ne nous prend pas au sérieux. C’est pourquoi j’ai voulu faire partie de ce programme. Parce qu’on est toutes des femmes unies, et le but, c’est vraiment de se soutenir dans nos projets et de nous élever ensemble”, témoigne-t-elle.

Elle salue les efforts de l’association ainsi que les nombreuses opportunités dont elle a pu bénéficier, qui l’ont aidée à développer davantage son activité et à faire connaître son savoir-faire.

Une reconnaissance saluée par la présidente

“ On existe à travers différents continents, en Afrique, en Europe, et, je l’espère, bientôt dans les autres départements d’outre-mer”, ajoute fièrement Léonelle REDJEKRA, la présidente PLAMFE Mayotte.

La présidente explique que l’objectif de cet accompagnement est également d’élargir les compétences des femmes à travers différentes formations, mais aussi de valoriser leur savoir-faire grâce au rendez-vous “ Plan Fête” : “ Qui consiste à aller auprès des femmes entrepreneuse dans leur univers, donc dans leur activité entrepreneuriale, avec les membres de sa famille ou toutes seules. Et l’idée, c’est de pouvoir les accompagner en consommant tout simplement leurs services et produits et passer des moments conviviaux”, souligne-t-elle.

Il faut savoir qu’au passage du cyclone Chido, de nombreuses entreprises à Mayotte se sont retrouvées en difficulté. Face à un territoire durement touché, certaines ont peiné à se relever et à relancer leur activité. C’est cet enchaînement de difficultés qui a conduit l’association, dans le cadre de l’appel à projet de Mayotte Solidaire, à accompagner les entrepreneur(es) dans la reprise de leur activité, mais aussi dans sa structuration sur le long terme : “ Il s’agissait surtout de réfléchir à des programmes qui leur permettent d’avoir une meilleure visibilité, mais aussi une véritable perpective de développement de leur projet ”, confirme-t-elle.

Cet accompagnement n’aurait pas pu connaître le même succès sans l’implication de ses différents partenaires, parmi lesquels la Boutique de Gestion pour Entreprendre (BGE) et Allo M’Y Job : “ Nous espérons également pouvoir compter prochainement sur l’intervention de Thérapsy” ajoute-t-elle.

D’ailleurs, Sarah Boinaïdi, propriétaire de May’île Loisirs, une entreprise spécialisée dans le secteur du bien-être, affirme que les partenariats et les nouvelles rencontres lui ont permis d’élargir son carnet d’adresses : “ Elle faisait de la publicité. En fait, vraiment, je trouve que par rapport à mes débuts et maintenant, au niveau de mon carnet d’adresses, que ce soit professionnel ou même auprès des particuliers, ça a beaucoup joué aussi”, confirme-t-elle.

Une dynamique qui semble lui être bénéfique, au point qu’elle n’envisage pas de quitter l’association de sitôt.

Naslat Maroine

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