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Coopération économique et alimentaire : produire exclusivement à Madagascar pour le marché mahorais

Une foire en amène à une autre, les chambres des métiers et d’agriculture de Madagascar sont présentes à Mayotte cette semaine. L’heure est au développement de synergies profitables entre les deux territoires sœurs qui partagent un savoir-faire culturel, agricole et économique ancestral. Des projets à foison dans le cadre d’un nouveau partenariat formalisé cette semaine entre la CADEMA et les chambres de métiers et d’artisanat malgaches. 

Hakim Nouredine, un jeune agriculteur mahorais de Mtsapéré (commune de Mamoudzou) se bat pour instaurer un passerelle durable agro-alimentaire entre Mayotte et Madagascar Installé dans la région de Diégo-Suarez (nord de Madagascar) depuis2013, il y produit du piment pour le marché exclusivement pour le mahorais. Les bouleversements climatiques de ces dernières années l’obligent d’élargir le panel des produits qu’il cultive sur le sol malgache pour avoir la capacité de répondre à toutes les demandes du secteur agricole mahorais.

Du 17 au 23 septembre 2026, il a organisé un évènement inédit (en partenariat avec l’ensemble des chambres des métiers de Madagascar) sur le sol mahorais qui met en mettra en valeur l’agriculture et la transformation des matières premières dérivées pour promouvoir l’artisanat. « Ce qui nous intéresse dans cette affaire, c’est la chaine de valeur qui en résulte. Si nous prenons le cas du riz, il y a certes les épis qui finissent par être consommés mais derrière il y a toutes les balles de riz qui peuvent être transformées en produits artisanaux pour être revendu au public par la suite, sous formes de produits artisanaux recyclables », explique la chef de la délégation des CMA de Madagascar. Un processus jadis existant à Mayotte (jusqu’à la fin des années 1980) que les voisins malgaches sont disposés à partager et à réimplanté sur le territoire mahorais.

Hakim Nouredine à l’origine de cette coopération malgacho-mahoraise salue la synergie résultante de ce partenariat économique développé par les acteurs eux-mêmes lesquels ont fait le choix de travailler sur une chaine de valeurs. « C’est la première fois que nous concentrons tous les acteurs de cette chaine de valeurs sur la production, la transformation, la valorisation et le packaging. Le concept est très important parce que le projet que nous portons est très large, il concentre non seulement non simplement la production agricole et artisanale mais aussi le secteur de la production énergétique à travers le développement durable, mais également des ressources naturelles diverses et variées, de la reconstruction écologique, des matières premières, des textiles, des emballages et autres produits naturels qui ont obtenu l’assentiment des autorités malgaches ».

Des autorités malgaches qui ont choisi de mettre à la disposition de Mayotte, de grands espaces dans la région d’Ambilo Bé (nord malgache/ région DIANA) pour la mise en place d’une agropole qui se concentrera sur plusieurs secteurs de ce domaine précis, notamment, l’élevage de bovin, caprins et ovin, pour les cuirs et les cornes. « Les changements climatiques actuels nous obligent à conjuguer le tourisme avec une bonne gestion des ressources naturelles » note Hakim Noureddine. « Le défi que nous nous sommes fixés à travers cette opération, a un objectif pédagogique qui vise à sensibiliser la jeunesse mahoraise à travers une large communication de 15 jours, de même que la génération ancienne qui a tendance à perdre les connaissances qu’elle détenait et qui est très proche du savoir-faire de nos voisins malgaches », souligne Hakim Noureddine.

Donner corps à des zones de production agricoles exclusivement dédiées à Mayotte dans le secteur d’Ambilo Bé

Le constat que tire aujourd’hui le jeune agriculteur mahorais est que ce secteur artisanal n’intéresse quasiment pas grand monde dans le département. A travers la synergie qu’il a développé avec ses partenaires des différentes chambres des métiers de Madagascar, Hakim Noureddine ambitionne de développer un partenariat qui s’inscrira dans la durée. Il annonce l’arrivée prochaine à sur le sol mahorais, en novembre 2026, de deux techniciens malgaches qui auront la mission de mettre sur pied les premiers projets agricoles sur la filière riz, gimbre et oignons.

Originaire de Pamandzi et Mtsapéré, le jeune agriculteur mahorais implanté dans le nord de Madagascar a réussi à capter l’attention des autorités de la commune de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, pour l’accueil au mois de décembre, des chambres d’agricultures et des métiers et de l’artisanat de Madagascar à l’occasion du marché de noël de la capitale mahoraise. « il s’agira d’un pavillon spécialement dédié sous l’appellation de Madagascar business and Craft network, un réseau constructif qui va au-delà de Mayotte, qui contraindra les décideurs nationaux à Paris de suivre la cadence car sans eux, nous n’y arriverons pas ».

Dans cette aventure où il avance avec beaucoup de passion, Hakim Noureddine se défend de toute volonté de prédominance franco-mahoraise, il attire l’attention sur le fait que ses partenaires malgaches sont des leaders dans leurs dans leurs domaines et rompus aux mécanismes internationaux des foires et autres regroupements professionnels du même genre et qu’ils ne visent plus seulement le marché européen à travers Mayotte.

« Nos collègues artisans malgaches sont des leaders habitués à participer à des foires internationales, en Europe, en Asie et ailleurs dans le monde », rappelle Hakim Noureddine. Ce dernier dresse un constat : par la petitesse de son territoire, Mayotte n’est pas en capacité de produire assez de matière première pour assoir une économie artisanale sérieuse. Les marchés européens ont leurs références sur Madagascar, lequel bloque ces matières premières ». Il y a 3 semaines, les éleveurs de bétails mahorais ont émis une grosse commande de maïs, la DAF de Mayotte donne un avis favorable et les producteurs malgaches réunissent la quantité nécessaire.

Au dernier moment, les autorités douanières malgaches y apposent leur véto avant l’embarquement des conteneurs au motif que l’Etat malgache a depuis peu, ordonné un blocus sur l’exportation de certaines denrées alimentaires vitales en raison du réchauffement climatique. Il en est de même pour d’autres produits prisés par le marché mahorais.

Hakim Noureddine milite sur l’urgence pour Mayotte d’une production exclusivement destiné à Mayotte produite des espaces consacrés à Madagascar. « Les autorités malgaches ont décrétés un blocus sur certaines denrées vitales comme le maïs et le gingembre. La réalité est que par ce phénomène, la demande mondiale a fait exploser le prix du kilo de gingembre par 3 sur le marché malgache, ce qui impacte directement la consommation de ce produit prisé des Mahorais. « En raison des importateurs européens qui sont positionnés le sol malgache et qui ont tout acheté en un mois, à des prix défiants toute concurrence locale, il n’y a plus rien, même pas de petites quantités limitées ». Ainsi, Hakim Noureddine milite sur l’urgence de la mise en place de zones de production exclusivement dédié au marché mahorais et bénéficiant du respect total de la chaine de de contrôles phytosanitaires indispensables à l’entrée sur le marché européen de Mayotte.

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