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Résilience face aux changements climatiques : un trait d’union scientifique entre Mayotte et ses voisins

La ville de Mamoudzou veut impulser une dynamique régionale dans le cadre de ce qu’elle appelle « une diplomatie de ville ». Il ne s’agit ni d’un mot creux ni d’une dynamique politicienne vide de sens. La ville chef-lieu de Mayotte porte un projet visant à améliorer la compréhension des littoraux de l’océan Indien afin de mieux les protéger face aux changements climatiques.

Chido restera, à n’en pas douter, un marqueur définitif de la vie sur le territoire. Après deux années d’atermoiements au sujet de la reconstruction de l’île, de promesses non tenues de la part de l’État et de passes d’armes entre le gouvernement de Sébastien Lecornu et les différentes collectivités locales, l’heure est désormais au retroussement des manches. Le message du Premier ministre, le mois dernier, en direction des habitants de l’île semble avoir été reçu cinq sur cinq : il appartient à présent aux Mahoraises et aux Mahorais de reconstruire leur île, car personne d’autre n’a vocation à le faire.

Pour la commune de Mamoudzou, la refondation de Mayotte passe également par la sauvegarde de sa nature et la préservation de son écosystème marin. La ville chef-lieu du 101e département français ambitionne ainsi de porter un enjeu écologique majeur pour l’ensemble des États insulaires limitrophes : comprendre l’évolution des littoraux afin de mieux les protéger face aux changements climatiques.

Mamoudzou entend tirer les leçons du cyclone Chido, qui a rappelé à quel point le littoral est vulnérable. Pour ce faire, le premier magistrat, Ambdoulwahedou Soumaïla, a conçu le projet LITOR-OI, visant à conjuguer réflexion et actions concrètes grâce au croisement des expériences et des connaissances scientifiques entre les deux départements français de Mayotte et de La Réunion, ainsi qu’avec le Mozambique.

La perception des habitants est placée au centre de cette action. « Le projet prévoit notamment le suivi du trait de côte, 200 enquêtes auprès des habitants, des formations, la mobilisation des scolaires et des communautés, ainsi que la plantation de 7 500 plants de mangrove au Mozambique. »

Le maire de Mamoudzou explique que l’objectif est également d’identifier « des solutions innovantes et transférables entre nos territoires ». Un budget conséquent de 200 000 euros est consacré à la réalisation de ce projet, dont 140 000 euros financés par le Quai d’Orsay, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Ce projet n’a d’autre objectif que « d’observer et comprendre nos littoraux pour mieux agir, tout en faisant de la coopération régionale un outil concret de résilience face aux changements climatiques », précise le président de l’Association des maires de Mayotte et de la CADEMA.

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