Ce contingent qui n’a pas été autorisé à débarquer sur la terre ferme vient s’ajouter à un autre groupe de 31 migrants abandonnés la semaine dernière et qui étaient pris en charge par les autorités et placés sous surveillance sanitaire.
Encore une vague de migrants abandonnés au large. Selon des informations relayées sur les réseaux sociaux ce lundi et qui ont été confirmées par des sources locales, une embarcation transportant près de 116 personnes se trouvait dans les eaux comoriennes hier. Il s’agirait d’un signalement provenant d’une unité des gardes côtes de l’île d’Anjouan qui a donné l’alerte avant de venir porter assistance à leurs collègues de Moheli pour arraisonner le bateau de fortune. D’après nos informateurs, l’embarcation a été identifiée dimanche soir à Boingoma, au sud de Moheli, mais ce n’est que le lendemain, qu’une opération d’inspection et de désinfection a eu lieu en coordination avec la Croix-Rouge.
« Officiellement, ils disent qu’il y a à bord 116 continentaux, mais ce chiffre est prendre avec des pincettes. On y retrouve des enfants de moins d’un an, des femmes dont une qui est enceinte. Ils ont autorisé une équipe à monter mais les autorités refusent que les migrants descendent probablement pour éviter toute prise en charge« , a soufflé une source établie à Fomboni, contactée par Flash Infos. Tout indique que ces continentaux viennent des pays d’Afrique de l’Est comme le Burundi, la Somalie et voulaient rejoindre Mayotte. Un passeur comorien qui était à bord aurait réussi à se faire la malle. Leur pays de départ reste à confirmer même si ces dernières années, on a identifié un réseau opérant entre la Tanzanie et les autres îles de l’Union des Comores.
31 migrants la semaine dernière
Il faut savoir que la semaine dernière, un groupe de migrants venant notamment de la République démocratique du Congo, avait été abandonné et pris en charge par les autorités de Moheli. C’était 26 hommes et 5 femmes dont une fillette de 5 ans. Selon nos informations, on envisagerait de les faire embarquer dans le bateau intercepté ce dimanche. « Ils ont été conduits au port dans des véhicules de l’office national d’importation du riz. Mais ils refusaient de monter craignant pour leur sécurité et surtout que l’embarcation est déjà bondée avec les occupants« , a déclaré sous le sceau de l’anonymat un témoin ajoutant qu’un renfort des forces de l’ordre a dû intervenir.
A entendre notre source, les migrants assis à genoux, les mains en l’air, criaient haut et fort leur opposition à tout départ forcé, scandant les slogans suivants : « On a fui notre pays à cause de la guerre. Pitié laissez-nous s’il vous plait » ou encore » Nous ne voulons pas mourir. Nous sommes des humains« . Des déclarations qui n’auraient pas dissuadé les forces de l’ordre qui les transportaient dans des patrouilleurs des gardes côtes avant de rejoindre l’embarcation au large. Dans l’une des images que nous avons pu consultées, on voit de loin des enfants de près de 7 ans dont une fille debout discutant avec une femme en teeshirt bleu. Un autre garçon de plus de 10 ans, lui était allongé en plein soleil posant la tête sur un sac blanc tandis que deux hommes portant des pulls ont caché leurs visages probablement pour éviter d’être pris en photo.
Des boissons à 13h
Le bateau entouré de bâches vertes transporte ce qui semble être un simtank d’eau. Les autorités leur apportaient à manger à partir de 13h. Depuis rien. « il y avait de l’eau potable, des boissons et des pains« , a glissé une source.
Des sources laissent entendre que le bateau pourrait être remorquer vers 18h jusque dans les eaux internationales pour être relâché. Aucun responsable n’a accepté de faire une déclaration officielle sur le sujet. Depuis plus d’un an, des migrants originaires du continent africains tentent de rejoindre le 101ème département français. Certains y parviennent mais d’autres se font abandonner dans les plages mohéliennes ou celles de la Grande Comore. Les passeurs les trompent en leur faisant croire qu’ils sont arrivés à Mayotte, causant parfois des crises entre Paris et Moroni.
Fin août, en visite à Mayotte, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, avait créé la polémique en déclarant que l’aide au développement destinée à certains pays comme les Comores ou la Tanzanie devait être conditionnée à une meilleure collaboration « dans la lutte contre les passeurs » et « la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière ». Moroni qui considère que Mayotte fait partie intégrante de son territoire, selon le droit international avait répondu à Lecornu par le biais de son ministre des affaires étrangères. « Les propos tenus à l’endroit des Comoriens sur la fameuse aide au développement destinée aux Comores revêtent une condescendance insupportable« , a rétorqué, Mbae Mohamed.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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