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L’Internat d’Excellence de l’Établissement public national (EPN) de Coconi a été inauguré ce mardi 15 septembre en présence de nombreux élus et membres des services publics. Son objectif est d’offrir les meilleures conditions de vie possibles aux élèves qui en ont besoin afin de les faire tendre vers “l’excellence éducative”.
Le préfet Frédéric Poisot, le maire de Ouangani Issoufi Madi ainsi que de nombreux autres élus et représentants de la gendarmerie et des pompiers de Mayotte, ont été accueillis “en grandes pompes” ce mardi matin dès 8h par la direction du lycée agricole de Coconi et ses élèves. Les mbiwis et tambours ont retenti, tandis que se déroulait une démonstration de danse traditionnelle. Il faut dire que cet “Internat d’Excellence” était attendu depuis très longtemps ! Lancé dès 2015, le projet a en effet connu de nombreux retards.
Les travaux, commencés en octobre 2022, ont notamment été perturbés par Chido, le bâtiment ayant été réquisitionné de janvier à août 2025 pour loger les pelotons de gendarmerie venus en renfort sur le territoire. Finalement achevé lors de la dernière semaine d’août, l’internat n’a pu ouvrir que le 31 août dernier, une semaine après la rentrée scolaire. Doté de 100 places (50 pour les garçons et 50 pour les filles), il ne compte pour l’instant que 26 élèves, de la 4ème jusqu’au BTS. Les effectifs seront complétés progressivement au cours de l’année selon une logique de “d’échelonnage”, une logistique qui s’explique par une livraison plus tardive que prévue du bâtiment.
“Le but n’est pas de sélectionner des élèves qui sont déjà excellents, mais de permettre à des élèves motivés et méritants, dont les conditions de vie et donc d’étude sont difficiles, de pouvoir tendre vers l’excellence”, résume Marie-Noëlle Ayçoberry, directrice de l’EPN de Coconi. Pour intégrer ce nouvel internat, pas besoin donc d’afficher les meilleures notes de sa classe. Les critères sont d’abord géographiques, en fonction de l’éloignement du domicile et des possibilités de transport de l’élève, mais également sociaux et familiaux. Les conditions de travail à la maison, la situation familiale mais aussi la motivation du jeune, les efforts qu’il fournit et son projet d’avenir sont ainsi pris en compte.
Un accompagnement scolaire, mais aussi des activités
Les internes ne disposent pas seulement d’une chambre. Entre 16h15 et 18h, différentes activités leur sont proposées : couture, fabrication d’objets ensuite vendus au marché de Coconi, sports, danses traditionnelles ou encore ateliers de musique. Le soir est consacré à l’étude, encadrée par 2 assistants d’éducation (ex-“surveillants”). Ces derniers tentent d’apporter aux jeunes un encadrement méthodologique : apprendre à organiser leurs cours, rédiger leurs fiches ou encore classer leur travail. Si ce personnel n’est pas uniquement dédié à l’internat (ils s’occupent également de l’externat), ils se relaient avec les CPE (Conseillés Pédagogiques d’Education) afin de surveiller les nuits à raison d’une nuit par semaine pour chacun.
Avec actuellement environ un adulte pour dix élèves, Marie-Noëlle Ayçoberry estime que les jeunes de son internat “bénéficient taux d’encadrement exceptionnel à l’échelle nationale ». Les premiers concernés semblent en tout cas apprécier leurs nouvelles conditions de vie. “Pour l’instant les internes sont ravis, ils sont très contents d’avoir leur chambre et le bouche-à-oreille fonctionne très bien », se réjouit la directrice qui précise que “dans l’hexagone tous les lycées agricoles ont un internat”. L’établissement dispose également d’une cantine où les repas sont cuisinés sur place, avec, lorsque cela est possible, des légumes cultivés directement dans l’enceinte de l’établissement.
Des formations qui ne mènent pas qu’à l’agriculture
Si le terme de « lycée agricole » évoque spontanément les métiers de l’agriculture, les formations proposées à Coconi permettent de s’orienter vers des secteurs beaucoup plus larges. Horticulture, élevage, services à la personne ou encore gestion et protection de la nature font également partie des possibilités offertes aux élèves. L’établissement propose notamment un BTS “Développement et animation des territoires ruraux”, susceptible de déboucher sur des emplois au Conseil départemental, dans des offices de tourisme ou encore au sein d’associations environnementales telles que Les Naturalistes de Mayotte par exemple.
Nora Godeau est journaliste indépendante à Mayotte. Elle couvre les enjeux sociaux, culturels et environnementaux du territoire, avec une attention particulière portée aux voix locales et aux initiatives de terrain.



































