Le monde économique mahorais s’organise contre la montée de l’insécurité

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

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Le Collectif du Monde Économique de Mayotte a vu le jour le week-end dernier pour contribuer à la lutte contre l’insécurité grandissante sur le territoire. Il appelle à une implication forte des pouvoirs publics et des responsables politiques locaux. Entretien avec son président, Marcel Rinaldy, qui pilote un groupe d’intérêt économique réunissant plusieurs sociétés dont Madora, Jennifer, Celio, le duty free de l’aéroport.

Flash Infos : Quelles sont les raisons qui ont poussé les organisations patronales et professionnelles à se réunir en association ?

Marcel Rinaldy : Tout est parti d’un courrier de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, qui disait avoir subi énormément d’agressions ces derniers temps, mais aussi des échanges entre plusieurs acteurs du monde économique ! On s’est alors dit qu’il fallait que la solidarité prévale et que l’on se prenne en main. La création de ce collectif s’est fait très rapidement et tout naturellement puisqu’on a organisé deux réunions. Actuellement, on est une cinquantaine d’entreprises, ce qui représente 900 salariés si je mets bout à bout l’ensemble des collaborateurs. Mais on grandit de jour en jour !

Il me paraît important que l’on se saisisse du sujet car on est au cœur de cette problématique liée à l’insécurité qui gangrène le territoire. On espère que notre mouvement prendra de l’ampleur, d’où la raison pour laquelle on a nommé trois porte-paroles officiels. Le bureau est mandaté pour travailler et apporter des solutions pérennes pour nous développer convenablement. La solution miracle ne passe pas seulement par l’envoi de nouveaux renforts de forces de l’ordre. On n’est pas juste là pour dire qu’on n’est pas content.

FI : Vous évoquez comme ambition d’élaborer des propositions à destination des décideurs publics et de favoriser le dialogue et la sensibilisation auprès des élus et des citoyens. Comment comptez-vous vous y prendre pour mener à bien votre action ?

M. R. : Notre idée est d’être force de propositions auprès des pouvoirs publics, notamment la préfecture qui est un acteur majeur du territoire. On attend ce que le gouvernement annoncera concernant le plan de relance de l’économie (Philippe Gustin, le directeur de cabinet de Sébastien Lecornu doit détailler les mesures pour les Outre-mer ce mercredi 2 septembre à 14h, ndlr.). Ce sera le fruit des échanges avec les représentants de l’État et les élus locaux.

Mais on se veut pragmatique et apolitique. Il n’est pas question de prendre position sur tel ou tel sujet. Clairement, on est intéressé par le solutionnement par l’action économique. Après, on est prêt à travailler avec tout le monde. Je pense aux associations de quartier, tout comme à l’ESS (économie sociale et solidaire), qui peuvent juguler l’insécurité en mettant sur la table des réponses à destination des populations les plus désœuvrées.

Après, notre plus grand souhait est que ce collectif soit dissous pour pouvoir retourner travailler sereinement et l’esprit libre. Cela voudra dire que les problèmes sont réglés. On n’a pas vocation à durer ad vitam eternam.

FI : Quel bilan tireriez-vous des dernières violences et de la recrudescence de l’insécurité sur le moral des entreprises ?

M. R. : Pour les entrepreneurs, les événements des dernières semaines limitent notre vision de l’investissement car on a un peu la main qui tremble avant de signer. Ensuite, on doit dépenser beaucoup plus que de raison dans la protection de nos entreprises, en finançant des systèmes de gardiennage et de vidéosurveillance. C’est un surcoût non négligeable qui n’est pas logique et qui surtout provoque des inégalités avec les autres territoires qui ne sont pas soumis à de tels actes.

Vous savez, nos collaborateurs vivent dans la crainte et la peur de venir tôt ou de finir tard car ils doivent réaliser leur trajet de nuit. Certains se font cambrioler pendant que d’autres se font agresser lors d’un simple jogging. Autre exemple : sur la ligne Koungou-Longoni, les transporteurs hésitent fortement à venir dans la zone Nel après 17h pour éviter de se faire caillasser. La plupart des commerçants membres ont déjà tous connu un problème sécuritaire. Pour preuve, Somaco a été vandalisé 3 fois en moins de 4 mois. Des entreprises du bâtiment se font également régulièrement visiter et dévaliser leurs entrepôts. Toutes ces intrusions répétées, ces vols et ces menaces avec armes ont des conséquences pour la vie économique à Mayotte.

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