Banderoles et chants traditionnels devant la préfecture ce lundi 11 mai. Le Collectif des Citoyens 2018, emmené par sa présidente Safina Soula, accueille le nouveau préfet Frédéric Poisot par un message clair : l’île n’a pas les moyens d’accueillir une zone d’attente pour migrants alors qu’elle peine encore à se relever du cyclone Chido.
Le collectif de citoyens 2018 s’est rassemblé devant la préfecture ce lundi 11 mai, banderoles et chants traditionnels sont de sortie. Le mouvement se veut pacifique, avec une intention claire : interpeller le nouveau préfet dès sa prise de fonction.
Le collectif veut discuter avec le gouvernement et le nouveau préfet. Cependant la présidente dénonce « un dialogue de sourds qui n’a que trop duré ». Elle déplore les agissements du gouvernement, qu’elle juge « pas efficace ». Elle rappelle les situations vues précédemment à Cavani et à Tsoundzou, où les camps, après démantèlement, sont reconstruits ou déplacés, « toutes les solutions ne sont que provisoires, on veut des solutions permanentes ».
Safina Soula, présidente du collectif, explique lutter contre la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière, prévue dans le cadre du programme Rideau de Fer. L’opposition s’axe sur l’argument du foncier, les ressources foncières de l’île sont limitées, le cyclone Chido impose encore aujourd’hui réparation et reconstruction à travers l’île. Le collectif refuse que la priorité soit donnée à une infrastructure d’accueil pour migrants plutôt qu’à des équipements pour les Mahorais. « La priorité de l’Etat c’est un camp de migrant à Tsoundzou plutôt que reconstruire l’île et [financer] des projets pour l’avenir de Mayotte »
Safina Soula, critique aussi le programme Rideau de Fer « les drones, les radars, on ne les voit pas ». Le collectif demande des moyens efficaces et durables : « on veut un vrai plan pour contrecarrer l’immigration, des bâtiments de guerre pour [surveiller les côtes et] empêcher l’immigration »
Pour rappel, le programme Rideau de Fer, ou Uhura wa Shaba, du 21 avril 2025, présenté par Emmanuel Macron, lutte contre l’immigration irrégulière. Il comprend le renforcement des contrôles aux frontières maritimes, le renforcement du Groupe d’Action Opérationnel (GAO) et la construction d’une zone d’attente pour les immigrés en situation irrégulière distincte du CRA (Centre de Rétention Administrative). C’est la continuité du projet de février 2024, le rideau de fer maritime, qui prévoyait l’augmentation des effectifs et la présence de drones et de radars.




































