Diabète à Mayotte : une journée de sensibilisation pour mieux prévenir la maladie

À l’occasion de la Semaine de la Sécurité des Patients, qui a commencé le 14 septembre, le Centre hospitalier de Mayotte s’est mobilisé ce mercredi autour des maladies chroniques. Pour cette journée, le diabète était particulièrement à l’honneur. Une pathologie qui touche une majorité de la population mahoraise et qui constitue un véritable enjeu de santé publique sur le territoire. Au programme, il y’avait la sensibilisation et la prévention autour du diabète. L’objectif était notamment de mieux faire connaître les risques et les moyens de prévenir la maladie.

Une mobilisation qui vise ainsi à encourager chacun à adopter, le plus tôt possible, de bonnes habitudes pour préserver sa santé et réduire les risques liés au diabète : “ l’objectif, c’est justement d’inviter tous les professionnels de santé qui interviennent dans ce circuit à venir présenter leur rôle et échanger avec les patients et leur entourage sur cette maladie”, explique un travailleur du CHM.

À cette occasion, le Centre hospitalier de Mayotte a également convié l’association Rédiab Ylang 976, qui œuvre au quotidien pour sensibiliser la population au diabète et mieux informer sur les risques liés à cette maladie. Une matinée de sensibilisation qui s’est déroulée de 9 heures à 12 heures, avec des échanges et des informations destinés aux patients, mais aussi au grand public.

La Semaine de la sécurité des patients, qui a débuté ce mercredi, s’achève ce jeudi sur le territoire. Pour cette dernière journée, les échanges seront consacrés aux maladies avancées ainsi qu’à la drépanocytose.

Diabète à Mayotte : une journée de sensibilisation pour mieux prévenir la maladie

Comment s’est déroulée la journée de prévention contre le diabète ?

Comme indiqué précédemment, la prévention contre le diabète est assurée par l’association Rédiab Ylang 976. L’association mène des actions de sensibilisation auprès des personnes de tous âges. Ces interventions sont ouvertes à l’ensemble du public et peuvent se dérouler dans différents lieux comme les établissements scolaires, les associations, mais également au sein des entreprises. L’objectif est d’informer le plus grand nombre sur le diabète ainsi que sur les facteurs de risque et les moyens de mieux le prévenir.

Il y a également du dépistage 100% gratuit : “ À savoir aussi que pour les dépistages, nous tenons des permanences sur toute l’île. Dans les quatres coins de l’île : à Petite-terre, ici au CHM et dans nos locaux, nous sommes également au nord”, détaille Annaïsse Kamili.

Si le résultat du dépistage est positif, un accompagnement à long terme est mis en place afin d’assurer le suivi du patient. Cet accompagnement peut également concerner les personnes présentant un risque de développer un diabète, afin de les sensibiliser et de les aider à adopter les bonnes habitudes pour préserver leur santé.

Parmi les personnes à risque figurent notamment celles en situation de surpoids ou d’obésité, ainsi que les personnes ayant des antécédents familiaux de diabète : “ Ces personnes, une fois dépistées, sont orientées vers notre association afin qu’elles puissent suivre un programme d’éducation thérapeutique du patient”, témoigne la chargée de prévention.

Pour prévenir le diabète, il est également conseillé de faire attention à son alimentation. Il est notamment recommandé de limiter les quantités de féculents, comme le riz, la banane ou le manioc, et de privilégier les légumes et les sources de protéines, comme le poisson.

L’idéal est de composer des repas équilibrés en associant les trois catégories : féculents, légumes et protéines, tout en veillant aux quantités consommées.

Qu’ont retenu les patients et le grand public de cette journée de prévention ?

De nombreuses personnes se sont intéressées à cette journée de prévention, notamment autour du diabète. Parmi elles, Halima Daou, une jeune femme venue au Centre hospitalier de Mayotte. Par curiosité, elle s’est dirigée vers le stand de prévention, où elle a pris le temps de consulter les différentes pancartes et informations mises à la disposition du public. Elle s’est ensuite rapprochée d’Annaïsse Kamili, chargée de prévention, afin d’en savoir davantage sur le diabète et sur les objectifs de cette journée de sensibilisation.

Elle en ressort mieux instruite :  “ j’ai appris qu’il existe deux types de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2, ainsi que le diabète gestationnel. J’ai également appris des choses sur l’hypertension. Et j’ai été choquée par les chiffres que l’on a ici, à Mayotte. C’est un peu tabou, en quelque sorte. C’est un peu tabou d’aller voir les mamans et de leur dire : faites attention à votre alimentation, faites du sport et équilibrez votre alimentation”, déclare-t-elle.

Un jeune homme, assis aux côtés de la chargée de prévention au moment où elle l’informe sur les dangers du diabète, se dit désormais prêt à faire davantage attention à son alimentation. Il se montre également rassuré par les habitudes alimentaires de sa famille, où les repas sont variés : “ Avant de manger, je dois d’abord savoir si c’est bon pour la santé ou pas. Chez moi, il n’y a personnes qui ne mange pas de riz. Donc, à chaque fois, on mange du riz ou des bananes vertes et du poisson pour équilibrer la santé. Si on mange tous les jours du riz et des ailes de poulet, ça peut provoquer des maladies”, détailles djaldine Abdallah Said.

De plus en plus de personnes touchées par le diabète

À Mayotte, on a une forte prévalence du diabète, comme d’ailleurs dans les départements et territoires d’outre-mer. Nous sommes à peu près au double de la prévalence observée dans l’Hexagone. Dans les territoires insulaires, notamment à Mayotte, à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, on est autour de 12-13%, contre 6 à 7% dans l’Hexagone”, confirme le médecin Breno Speckhann.

Les populations des îles sont particulièrement touchées par le diabète. Une fois la maladie diagnostiquée, le patient doit mettre en place un suivi médical régulier et, selon sa situation, prendre un traitement tout au long de sa vie : “ Ça peut paraître léger, mais dans la vie de quelqu’un, beaucoup de gens peuvent se dire : maintenant, c’est le début de la fin, parce que je dois prendre mes traitements tous les jours. Mais il faut expliquer aux gens que prendre un traitement tous les jours, ce n’est pas la fin du monde ”, rassure le médecin.

Le médecin rappelle également qu’une maladie chronique se distingue d’une maladie aiguë. Elle peut évoluer de manière progressive et parfois silencieuse. Le patient doit donc respecter son traitement et assurer un suivi régulier afin de limiter les risques de complications : “ Ce sont des maladies qui sont souvent silencieuses et qu’on doit traiter surtout pour éviter les complications, parce que les complications sont énormes. Les aiguës sont les AVC. Mais on peut aussi parler d’insuffisance rénale. Pour le diabète, qui peut atteindre tout le corps, les complications peuvent toucher les yeux, les reins, les parties intimes, les pieds, les mains” explique le médecin.

Dans certains cas, lorsque le diabète de type 2 évolue défavorablement et que les traitements ne permettent plus de contrôler suffisamment le sucre, les médecins peuvent avoir recours à l’insuline. Celle-ci permet alors de mieux réguler le taux de sucre dans le sang. À l’inverse, certains patients atteints de diabète de type 2 parviennent à maintenir une glycémie équilibrée grâce à leur traitement et à un suivi médical régulier.

Selon le médecin Breno Speckhann, environ 420 000 personnes seraient atteintes de diabète sur le territoire.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS
Naslat Maroine

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une