Réunis au PER de Coconi, élus, cadres territoriaux, chercheurs et associations ont échangé sur l’adaptation de Mayotte face aux risques naturels. Les débats ont porté sur le recul du trait de côte, la submersion marine, les glissements de terrain, les séismes et les effets du changement climatique. Les participants ont également insisté sur la nécessité de mieux informer la population et d’intégrer les risques dans l’urbanisme, notamment pour les logements situés en zones exposées.
À Mayotte, les risques naturels font partie du quotidien. Cyclones, inondations, glissements de terrain, séismes, feux de forêt ou encore phénomènes liés au littoral peuvent affecter directement les habitants, les infrastructures et les services publics. Dans un territoire soumis à une forte pression foncière, le changement climatique vient ajouter une nouvelle dimension à ces problématiques.
Organisée par la délégation Mayotte du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), en partenariat avec l’Université de Mayotte et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques (AFPCNT), la conférence-débat avait pour objectif de rapprocher les connaissances scientifiques des réalités rencontrées par les collectivités.
Le littoral et l’aménagement sous surveillance
Les échanges ont notamment porté sur les risques littoraux et leurs conséquences sur les choix d’aménagement. Une partie importante des équipements et des activités de Mayotte se concentre sur le littoral, alors que certains secteurs sont exposés à la submersion marine ou au recul du trait de côte.
Pour les acteurs réunis à Coconi, ces enjeux doivent davantage être intégrés dans les décisions d’urbanisme et les futurs projets. Une nécessité qui prend une importance particulière alors que Mayotte doit parallèlement répondre à d’importants besoins en logements et en équipements.
La distinction entre aléa et risque a également été rappelée. L’aléa désigne la probabilité et l’intensité d’un phénomène naturel. Le risque dépend, lui, de l’exposition des populations et des biens. Une différence essentielle dans un territoire où certains logements sont implantés dans des secteurs exposés.
Mieux informer pour mieux se préparer
La prévention passe aussi par une meilleure connaissance des risques. Un portail consacré aux risques naturels à Mayotte a ainsi été présenté. Porté par l’Agence d’urbanisme, il doit permettre de centraliser les données disponibles et de faciliter leur accès, notamment à l’échelle d’une parcelle.
Le portail « Risques naturels Mayotte » rassemble des informations sur les principaux aléas auxquels l’archipel est confronté. L’objectif est de fournir aux habitants comme aux professionnels des outils permettant de mieux intégrer ces risques dans les projets d’aménagement.
La sensibilisation constitue également un axe important. Depuis 2022, la Journée nationale de la résilience vise à développer la connaissance des risques et à préparer les populations aux catastrophes. À Mayotte, l’AFPCNT et la DEALM poursuivent cette démarche en 2026 avec « Namje Rilagwe Zi Hatwari », ainsi que des actions en milieu scolaire et une caravane de sensibilisation.
Au-delà de la seule connaissance scientifique, la rencontre de Coconi a surtout souligné la nécessité d’un travail collectif. Collectivités, services de l’État, chercheurs, associations et habitants sont appelés à mieux coordonner leurs actions pour faire face aux risques actuels et futurs.
À l’horizon 2050, la question restera entière : comment continuer à aménager Mayotte et répondre aux besoins de sa population tout en évitant d’accroître son exposition aux risques naturels ?
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.


































