Évasan vers La Réunion : deux poids, deux mesures !

Un enfant de 5 ans gravement malade nécessitant une évacuation sanitaire vers les établissements hospitaliers de La Réunion (mieux dotés que le CHM), un père français qui refuse de l’accompagner et une mère comorienne en situation irrégulière sur le sol mahorais : voilà un cocktail délirant dont seule la France semble avoir le secret dans ses tripatouillages politiques avec la dictature « azalienne » de l’Union des Comores.

Ce n’est pas une fiction, loin de là. Il s’agit d’un cas, malheureusement non isolé, dans lequel notre administration d’État est la seule à réussir à se dépatouiller en pratiquant allègrement une géométrie variable dans le traitement des dossiers et, bien sûr, selon la tête du client.

Que des suppôts des régimes successifs des trois îles comoriennes voisines viennent se faire soigner incognito dans les hôpitaux mahorais, « à l’Ouest, rien de nouveau », pourrait-on dire (en référence au célèbre film), tant cette situation n’a plus rien de surprenant. Le consulat de France à Moroni sait manifestement comment procéder pour rendre cela possible.

Malheureusement, il n’en est pas de même pour les citoyens comoriens ordinaires résidant à Mayotte en situation irrégulière. L’affaire dont Flash Info a eu connaissance cette semaine concerne une mère comorienne désireuse d’accompagner son enfant gravement malade dans un hôpital réunionnais.

En raison du très jeune âge de l’enfant, les médecins du CHM estiment que la présence de sa mère à ses côtés serait indispensable durant le traitement qui l’attend. Seulement voilà : un obstacle majeur se dresse. La préfecture de Mayotte refuse catégoriquement de lui délivrer un laissez-passer temporaire afin qu’elle puisse effectuer le voyage avec son enfant de seulement 5 ans.

Il faut mesurer à sa juste valeur l’ampleur du drame humain qui se joue dans l’ombre des arcanes des services de santé et de l’administration de l’État à Mayotte.

Dans une missive datée du 13 juillet 2026, émanant d’un service de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM), un fonctionnaire alerte sa hiérarchie sur le risque que la presse locale prenne connaissance de ce dossier.

Pour faire court, écrit-il : « La CMES a donné son accord pour une évasan avec accompagnement familial, comme cela a été demandé. Cependant, la maman se propose d’accompagner l’enfant, mais la préfecture refuse de lui délivrer un laissez-passer, car elle est en situation irrégulière. Il s’agit d’un enfant qui a bénéficié de plusieurs évacuations sanitaires depuis 2024, notamment vers la métropole. »

Et patatras ! L’État providence français aurait-il soudainement été saisi de remords et décidé de ne plus être sensible au malheur du monde, dès lors qu’il ne s’agit plus de protéger des persécuteurs de leurs peuples ou des puissants du moment ?

Que vive le régime Azali et ses suppôts, et tant pis pour la veuve et l’orphelin ! « Circulez, il n’y a rien à voir », surtout pas ces situations dramatiques que l’on ne voudrait plus voir dans nos hospices, où les bons samaritains ne semblent avoir droit de cité que pour les dictateurs et les tortionnaires comoriens.

Ouf ! C’est sorti, comme un œuf du ventre d’une poule pondeuse, et, franchement, cela fait beaucoup de bien !

Cette mascarade dure malheureusement depuis 2015, depuis le scandale du pétrole lampant, qui a vu plusieurs personnes mourir des suites de leurs blessures sur le territoire français. Faute d’autorisations consulaires adéquates, ne sont désormais évacués vers les hôpitaux de La Réunion ou de l’Hexagone que les malades étrangers remplissant certaines conditions…

Et quelles conditions ?

Ailleurs, les associations de défense des droits de l’homme, de la veuve et de l’orphelin qualifieraient cela de « délit de faciès ». Ici, à Mayotte, cela ne semble émouvoir personne. Après tout, ne sommes-nous pas à plus de 10 000 kilomètres de l’Élysée ?

« Ce qui est bon pour Pierre ne l’est absolument pas pour Paul, et encore moins pour Pilate. Circulez donc, il n’y a rien à voir ni à dire ! »

Le fonctionnaire de la CSSM qui alerte ses supérieurs sur cette situation pour le moins inhabituelle précise également dans son courrier : « Le père, qui est français, aurait refusé d’accompagner l’enfant. Or, le guichet unique n’a pas le droit d’organiser l’évasan d’un mineur sans accompagnement. »

Un élément qui, selon nos informations, a été fermement rappelé au CHM par les autorités compétentes.

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