Leur nombre ne cesse de croître dans l’île et dans les rues de la zone urbaine de Mamoudzou et Petite-Terre, et pourtant, les services publics ne semblent pas faire cas de leur existence. On en trouve même faisant les allées et retour dans la barge, amusant parfois le public par leurs propos souvent hors contexte. Que faut-il faire des personnes atteintes de folie dont certains s’avèrent très violents et mettent en danger la vie des automobilistes et des piétons dans les rues de la ville chef-lieu de Mayotte ?
« Ces personnes frappées de démence sont de véritables dangers ambulants qui menacent la vie des automobilistes sur les routes et des passants sur les trottoirs. Il est urgent que les autorités locales assument leurs responsabilités envers eux avant que le pire n’arrive et qu’il ait un jour mort d’hommes« , s’exclame Abdou Soimadoune Darouéchi, qui tient un commerce le long de la route nationale qui traverse la zone industrielle de Kawéni. Ce tronçon de route qui mène au centre commercial Lukida (Jumbo Score) à l’entrée de Majicavo Lamir est le terrain de chasse d’un jeune homme frappé de démence. Juste vêtu d’un pantalon marron très usé, c’est torse nu qu’il opère quotidiennement, qu’il pleuve, vente ou fait grand soleil, à toute heure de la journée.
Il mendie quelques pièces, 2 ou 4 euros, jamais plus, et malheur à celui qui ose lui en refuser. Pour le mieux, il s’en sortira avec une nuée d’insultes en tout genre et au pire, il aura droit à des jets de galets, parfois même des jets de parpaings sur le pare-brise de son automobile. « Il est un peu cyclique, parfois ça va à peu près, parfois il peut faire preuve d’une extrême violence« , fait part une dame âgée qui vend du piment et des salades à l’ombre d’une touffe de bambous à l’entrée de Kawéni (en provenance de Mamoudzou).
Il y a environ 2 semaines, un samedi matin aux environs de 8h30, ce jeune homme a tout bonnement jeté un énorme caillou sur le pare-brise d’un sapeur-pompier qui se rendait pour affaire familiale dans le nord de l’île. L’affaire a faillit très mal finir car la victime s’est immédiatement garé sur le bas-côté de la route pour venir en découdre avec le dément.
La fillette doit son salut à l’intervention providentielle d’une personne âgée qui traversait la route
Celui-ci l’a échappé belle, il doit son salut à une patrouille de gendarmerie qui passait par là et qui a réussi à le raisonner. « Imaginez un moment qu’il ait pu en être autrement, que serait-il advenu de lui« , interroge la dame âgée qui a assisté à cette scène en même temps que des dizaines d’autres usagers de la route ce fameux samedi matin. « Celui-là, il faut l’enfermer, qu’attendent sa famille et les responsables de l’ARS Mayotte ? Sa place est à l’hôpital ou un asile, pas sur la chaussée publique« , constate compatissant, une passagère d’un taxi immobilisé par cette circonstance malheureuse et inattendu. « Le problème c’est que tout le monde n’est pas aussi compréhensif que vous madame« , lui fait observer le conducteur du taxi. « Mine de rien, il cause pas mal de dégâts sur cette route car il peut devenir très violent à certains moments« , rajoute le chauffeur. Et ce n’est pas faux !
Le cas particulier de ce jeune homme, originaire de Hajangoi si l’on peut se fier à ses propres affirmations, a intrigué notre journal qui a choisi de suivre ses déplacements plusieurs jours durant. En vérité, il opère aussi bien du côté de Kawéni et Majicavo que du côté de Mamoudzou et Cavani. Ce qui est certain c’est qu’il ne discerne pas le bien du mal qu’il peut causer aux usagers de la route qu’il rencontre et desquels il cherche à obtenir un peu de monnaie. C’est ainsi qu’à Cavani-Mamoudzou, il s’est montré très violent à l’égard d’une fillette de 14 ans revenant du collège voisin de Mgombani et qui était dans l’impossibilité de lui fournir les quelques pièces d’euros qu’il lui réclamait. Dans ce cas-là également, l’intervention d’une personne âgée qui traversait la route à ce moment précis à permis à la fillette de poursuivre son chemin dans la quiétude.
À quand la construction d’un établissement de prise en charge des malades mentaux à Mayotte ?
Hier mercredi, 16 septembre 2026, c’est sur le trottoir devant la station Total de Majicavo qu’il s’en est pris à des jeunes personnes situées dans le périmètre du parking du centre commercial Lukida. Il leur a jeté des cailloux après que ces dernières semaines soient gaussé de lui pour une raison inconnue. Tous les automobilistes coincés dans les embouteillages monstres de midi en direction de Kawéni se sont dépêchés de remonter les vitres de leurs voitures. A la vue d’un policier municipal qui fluidifiait la circulation au croisement de la station de télévision Mayotte La Première, le dément à soudainement disparu des radars pour reappaitre 45 minutes plus tard sous le soleil brûlant du début d’après-midi, devant le carrefour de SFR, occasionnant à nouveau du désordre dans la circulation. Aussi re marqué soit-il, le cas de ce jeune homme n’est pas unique dans l’agglomération de Mamoudzou et Petite-Terre.
Des « fous » qui se baladent sans contrôles ni surveillance d’aucune forme, il y en a à peu près 8 au total, hommes et femmes confondus. Des mahorais, des Comoriens et depuis peu des africains du continent. Des victimes des atrocités de la guerre et des conditions difficiles de la traversée des mers entre l’Afrique de l’Est et Mayotte qui finissent par échouer et de devenir des épaves humaines aux abords de la gare maritime et du grand marché de Mamoudzou. D’autres tout aussi mentalement irrécupérable débarqués de kwasa en provence d’Anjouan, dans l’espoir pour leurs familles d’une prise en charge providentielle de la part du système de santé à Mayotte comme c’est souvent pour les handicapés moteurs.
Mais il n’en est rien, car ces cas désespérés n’ont aucune chance de croiser le chemin ou le regard d’un Sébastien Lecornu en voyage sur le territoire. Alors que faut-il en faire en attendant qu’un asile d’aliénés se construise un jour lointain dans l’archipel ? Étant donné qu’une simple seconde prison programmée depuis belle lurette ne soit plus possible, ce n’est certainement pas un hôpital psychiatrique qui pourrait être priorisé dans les urgences matérielles du territoire par les temps qui courent.
Journaliste politique & économique


































