Une grand-mère a reçu, ce jeudi 16 juillet, les clés de son logement entièrement rénové à Doujani, dans la commune de Mamoudzou. Orienté par le Centre communal d’action sociale (CCAS), son dossier est le premier à aboutir dans le cadre du cofinancement associant le Département-Région, la Direction de l’environnement, de l’aménagement, du logement et de la mer (DEALM) et la Fondation de France. Plus de 300 autres projets sont désormais prêts à être lancés à travers Mayotte.
Le mouchoir porté au visage ne suffit pas à retenir les larmes. Entourée des élus et des différents acteurs ayant accompagné son projet, la bénéficiaire découvre, avec émotion, les pièces rénovées de sa maison. « Merci beaucoup », répète-t-elle, visiblement bouleversée. À ses côtés, Madi Moussa Velou, septième vice-président du Département-Région chargé des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé, partage cette satisfaction.
Le changement est spectaculaire. Le logement dispose désormais de sols carrelés, de pièces lumineuses et entièrement fermées, d’une cuisine aménagée ainsi que d’installations électriques remises aux normes. Les photographies prises avant les travaux témoignent pourtant d’une tout autre réalité : une toiture en tôle très dégradée, rafistolée avec des matériaux de fortune, des sols fortement détériorés, des ouvertures précaires et des pièces sombres, exposées aux infiltrations d’eau.
Un premier chantier cofinancé par la Fondation de France
Cette rénovation n’est pas la première réalisée par le Département-Région dans le cadre de sa politique d’amélioration de l’habitat. Elle marque toutefois le lancement concret du partenariat avec la Fondation de France.
D’un coût total de 70.300 euros, l’opération a bénéficié d’une subvention de 30.000 euros de la DEALM, complétée par une participation équivalente du Département-Région. La Fondation de France a apporté 5.150 euros, tandis que la bénéficiaire a contribué à hauteur de 150 euros.
Le dossier de cette habitante a été identifié et orienté par le Centre communal d’action sociale de Mamoudzou. Après son instruction et sa validation par le Département-Région, l’association Soliha, présente à Mayotte depuis 2015, a assuré le suivi technique du chantier ainsi que sa réalisation avec des artisans locaux. Spécialisée dans l’amélioration de l’habitat, l’association accompagne notamment les ménages en difficulté dans la réhabilitation et l’adaptation de leur logement.
Le chantier s’inscrit dans le cadre du Fonds d’aide à la solidarité pour l’adaptation et l’amélioration du logement (FASAAL). Ce dispositif s’adresse principalement aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap et aux familles vivant dans une grande précarité. Il permet de financer des travaux portant sur les toitures, les installations électriques, les portes, les fenêtres, les sanitaires ou encore les cuisines.
À la suite du passage du cyclone Chido, les moyens consacrés au FASAAL ont été renforcés. Son budget annuel est passé de 1,5 à 3 millions d’euros. En 2025, 156 familles ont ainsi bénéficié du dispositif, pour un montant global d’aides dépassant les 3,3 millions d’euros, selon le Département.
Plus de 300 dossiers en attente de lancement
L’aide maximale accordée aux bénéficiaires a également été revalorisée.
« Jusqu’à l’année dernière, nous étions à 20.000 euros. Nous sommes passés à 30.000 euros par famille », rappelle Madi Moussa Velou. Selon les situations, cette enveloppe peut être complétée par des partenaires comme la Fondation de France.
Aujourd’hui, plus de 300 dossiers seraient prêts à entrer en phase opérationnelle sur l’ensemble du territoire, du sud au nord de Mayotte. Les demandes progressent également en Petite-Terre et à Mamoudzou, où le nombre de projets était jusqu’ici plus limité.
Pour le vice-président, les capacités techniques existent pour accélérer le déploiement du dispositif. « Nous réalisons facilement plus de 300 dossiers par an. Nous ne sommes pas sur de grosses opérations, mais sur des travaux que les artisans locaux savent faire, et ils sont suffisamment nombreux sur le territoire pour accompagner les familles. »
Au-delà de l’amélioration des conditions de vie des habitants, cette montée en puissance du FASAAL constitue aussi un levier économique pour les entreprises locales du bâtiment. « C’est une manière de relancer l’économie et de donner du travail aux artisans du territoire. Je ne suis pas inquiet : nous atteindrons les objectifs fixés d’ici le mois de décembre afin d’accompagner le maximum de familles », poursuit l’élu.
Dans sa maison fraîchement rénovée, la bénéficiaire peut désormais envisager son quotidien avec davantage de sérénité. Avant de quitter les lieux, les visiteurs prennent déjà rendez-vous : ils reviendront lorsque le logement sera entièrement aménagé, cette fois pour partager un repas dans une maison redevenue pleinement habitable.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































