D’après le dernier Observatoire des tarifs bancaires de l’IEDOM, portant sur avril 2026, plusieurs frais bancaires restent nettement plus élevés à Mayotte qu’en métropole, avec un écart pouvant atteindre 26,6 % pour la carte à autorisation systématique. En revanche, l’écart se réduit, voire s’inverse, pour certains services, comme les virements SEPA.
L’IEDOM a publié son Observatoire semestriel des tarifs bancaires destiné aux particuliers. Cette édition porte sur les tarifs en vigueur au 1er avril 2026, comparés à ceux pratiqués dans l’Hexagone, relevés le 5 avril 2026 par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), sur un échantillon de 102 établissements bancaires. À Mayotte, seules cinq banques sont prises en compte.
Par rapport à la métropole, trois postes se distinguent par des écarts supérieurs à 20 %. La tenue de compte coûte en moyenne 27,69 euros par an à Mayotte, contre 22,39 euros dans l’Hexagone, soit une différence de 23,7 %.
La carte à autorisation systématique, souvent appelée « carte petit budget » et utilisée principalement par les clients les plus modestes, présente l’écart le plus important : 36,75 euros à Mayotte contre 29,02 euros en métropole, soit 26,6 % de plus.
Les commissions d’intervention, facturées en cas de dépassement ou d’incident de paiement, s’élèvent à 8 euros contre 6,45 euros dans l’Hexagone, soit un écart de 24 %.
Pour les cartes bancaires internationales à débit immédiat, la différence est en revanche beaucoup plus limitée : 46,58 euros à Mayotte contre 44,61 euros en métropole, soit un surcoût d’environ 2 euros (+4,5 %).
Sur plusieurs prestations, Mayotte affiche toutefois des tarifs plus avantageux. Le retrait dans un distributeur automatique d’une autre banque est facturé 1 euro, contre 1,01 euro en métropole.
Le virement SEPA occasionnel réalisé en agence coûte 4,65 euros, contre 5,30 euros dans l’Hexagone.
Enfin, la mise en place d’un mandat de prélèvement est gratuite à Mayotte, alors qu’elle est facturée en moyenne 0,13 euro en métropole.
Une position intermédiaire parmi les territoires ultramarins
Comparée aux sept autres géographies suivies par l’IEDOM, Mayotte occupe une position intermédiaire. Concernant les frais de tenue de compte, l’île se classe 5e sur 8, avec des tarifs supérieurs à la moyenne des DCOM de la zone euro.
Pour la carte à autorisation systématique, Mayotte se situe également 5e sur 8, légèrement au-dessus de la moyenne ultramarine.
En revanche, pour la carte bancaire internationale à débit immédiat, l’archipel figure parmi les territoires les moins chers de l’outre-mer, aux côtés de La Réunion.
Une évolution contrastée depuis 2009
Le rapport retrace également l’évolution des tarifs bancaires mahorais depuis 2009.
La tenue de compte est passée de 30,32 euros en 2009 à 27,69 euros en 2026, soit une baisse de 8,7 %, après un point bas observé autour de 2015-2016.
Avec la généralisation des services numériques, l’abonnement aux services de banque à distance a chuté de 69 %, passant de 2,24 euros à 0,69 euro par mois.
À l’inverse, la carte à autorisation systématique a augmenté de 21,7 %, ce qui en fait le tarif ayant le plus progressé sur la période.
La carte bancaire internationale à débit immédiat est passée de 38,35 euros à 46,58 euros, soit une hausse de 21,5 %, son prix se rapprochant progressivement de celui des cartes à débit différé.
La cotisation de l’assurance perte et vol des moyens de paiement est, quant à elle, passée de 22,74 euros à 28,10 euros.
Le virement SEPA en agence a augmenté de 32 %, passant de 3,52 euros à 4,65 euros, tout en demeurant moins cher qu’en métropole.
Enfin, la mise en place d’un mandat de prélèvement est passée d’un tarif de 1,70 euro à la gratuité totale.
Des données à interpréter avec prudence
L’IEDOM souligne toutefois une limite méthodologique concernant les données mahoraises. Le nombre de comptes de La Banque Postale utilisé pour la pondération des résultats (données de décembre 2025) correspond en réalité à celui de décembre 2023, faute de mise à jour.
Par ailleurs, pour la BFCOI et le CRCAMR, les données de décembre 2025 sont identiques à celles de décembre 2024, ces deux établissements n’ayant pas été en mesure de transmettre des informations actualisées.
L’IEDOM précise ainsi que les tarifs moyens pondérés présentés dans cette édition peuvent être légèrement biaisés.


































