Mayotte : des infrastructures publiques toujours à l’abandon plusieurs mois après Chido

Écoles, plateaux sportifs, bâtiments administratifs ou encore équipements de proximité. Plusieurs mois après le passage du cyclone Chido, de nombreuses infrastructures publiques restent dégradées ou inutilisables dans plusieurs communes de Mayotte. Du nord au sud de l’île, habitants, associations et élus s’interrogent sur la lenteur des travaux et les conséquences sur le quotidien de la population.

Le passage du cyclone Chido a profondément marqué Mayotte. Si l’urgence des premiers jours a permis de sécuriser les zones les plus touchées, les stigmates de la catastrophe demeurent visibles dans de nombreuses communes. À Mamoudzou,, Bandrélé, Bouéni, Chirongui, Kani-Kéli, Mtsamboro ou encore Koungou, plusieurs infrastructures publiques attendent toujours d’être réparées ou entièrement réhabilitées.

Des bâtiments aux toitures arrachées, des équipements sportifs fermés, des abribus détruits ou encore des espaces publics dégradés rappellent que la reconstruction est loin d’être achevée.

Des équipements sportifs privés de leurs usagers

Dans les communes du sud, plusieurs plateaux sportifs et terrains de proximité sont encore difficilement accessibles. Filets absents, clôtures endommagées, éclairage hors service ou revêtements dégradés empêchent parfois les associations sportives de reprendre leurs activités dans des conditions normales.

Pour de nombreux jeunes, ces installations représentaient bien plus que de simples lieux de pratique sportive.

« Les entraînements sont régulièrement déplacés ou annulés. Les enfants ont besoin de ces espaces pour pratiquer une activité et sortir du quotidien », explique un éducateur sportif de Chirongui.

Les associations regrettent que les travaux tardent à démarrer alors que ces infrastructures jouent également un rôle dans la prévention de la délinquance et l’encadrement de la jeunesse.

Les collectivités face à un chantier colossal

Les communes reconnaissent l’ampleur des dégâts. Entre les procédures administratives, les expertises techniques, les appels d’offres et la recherche de financements, la reconstruction demande du temps.

Plusieurs mairies rappellent que les coûts des réparations dépassent largement leurs capacités financières. Elles attendent le versement de certaines aides de l’État, des assurances ou des collectivités partenaires avant de lancer certains chantiers.

À cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement en matériaux de construction et la forte sollicitation des entreprises locales du BTP, déjà mobilisées sur de nombreux projets de reconstruction.

Une reconstruction à plusieurs vitesses

Si certains équipements ont pu être remis en état rapidement, d’autres semblent toujours figés dans le temps.

À Mamoudzou, plusieurs installations publiques ont retrouvé leur fonctionnement normal. En revanche, dans d’autres communes plus éloignées, certains habitants ont le sentiment que les travaux avancent beaucoup plus lentement.

Cette disparité alimente un sentiment d’inégalité entre les territoires.

« On comprend que tout ne puisse pas être réparé en quelques semaines, mais plusieurs mois après, on aimerait au moins connaître un calendrier » déplore une jeune de tsimkoura qui revendique leur plateau à l’abandon depuis 3 ans maintenant.

Des enjeux qui dépassent la simple reconstruction

Au-delà de la remise en état des infrastructures, c’est la qualité du service public qui est aujourd’hui en question.

Les équipements publics constituent des lieux essentiels pour la vie sociale, l’éducation, la pratique sportive ou encore la mobilité des habitants. Leur indisponibilité fragilise davantage des territoires déjà confrontés à une forte croissance démographique et à d’importants besoins en infrastructures.

Les élus locaux plaident désormais pour une reconstruction plus durable, capable de mieux résister aux prochains phénomènes climatiques. Plusieurs projets évoquent des bâtiments renforcés, des équipements sportifs modernisés et des aménagements mieux adaptés aux risques naturels auxquels Mayotte est régulièrement exposée.

L’attente d’un véritable calendrier

Pour les habitants, la priorité reste toutefois la reprise rapide des travaux.

Beaucoup réclament davantage de transparence sur l’avancement des dossiers, les financements mobilisés et les délais de livraison. Faute de visibilité, les interrogations se

multiplient sur la capacité des différents acteurs à mener simultanément les nombreux chantiers encore en attente.

Alors que Mayotte poursuit sa reconstruction, ces infrastructures publiques constituent aujourd’hui l’un des principaux symboles des défis auxquels le territoire doit faire face. Plusieurs mois après Chido, les traces du cyclone demeurent visibles dans de nombreuses communes, rappelant que la reconstruction ne se mesure pas seulement au nombre de bâtiments réparés, mais aussi à la capacité des habitants à retrouver un cadre de vie fonctionnel, sécurisé et digne.

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