Le CHM célèbre ses nouveaux infirmiers

Ce vendredi 10 juillet, l’Institut des études de santé du CHM a mis à l’honneur les diplômés infirmiers d’État et infirmiers de bloc opératoire. Une cérémonie joyeuse et euphorique, partagée par la promotion Vanille et leurs proches. Plus encore, ce moment vient saluer des parcours exigeants, couronnés par une réussite à la fois prolifique et collective.

Ce jour-là, le parvis de la MJC de M’Gombani s’est transformé en théâtre de fête, arborant de grands chapiteaux. La décoration est bleue et blanche, aux couleurs du CHM, et la musique retentit déjà. Un traiteur est présent pour assurer la restauration. À midi, la foule commence à arriver et s’assoit dans le lieu de réception pendant que les derniers ajustements s’effectuent. Étudiants, familles et amis s’apprêtent à célébrer la réussite des nouveaux soignants. Sur les 34 élèves IDE, 32 sont diplômés.

La filière IBODE enregistre, quant à elle, un taux de réussite de 100 %, avec les neuf élèves promus : une consécration formidable pour la toute première promotion d’infirmiers de bloc opératoire formés à Mayotte. Un espace privé accueille les diplômés. Les camarades s’y retrouvent pour échanger et se détendre. Les IDE sont vêtus de bleu et de blanc, tandis que les IBODE portent du noir. Les convives discutent, rigolent, plus que ravis d’être présents. L’affluence du public atteint son pic peu avant le début de la cérémonie, à 13 heures. Le présentateur introduit les deux promotions, placées à l’entrée principale du chapiteau.

Musique à plein volume, chaque groupe arrive en file indienne, empruntant l’allée qui mène à la scène. Les regards du public sont captivés, tandis qu’applaudissements et cris retentissent à leur arrivée. Vient ensuite le temps des allocutions. L’Institut des études de santé est en partenariat avec le CHM, l’Agence régionale de santé et l’Assemblée de Mayotte, principal financeur de l’Institut.

Les représentants de ces institutions sont présents. Le discours d’ouverture de la directrice de l’Institut des études de santé, Samianti Kalame Soilihe, débute par un éloge à tous ceux qui ont contribué à cette réussite : étudiants, parents, formateurs, tuteurs de stage, partenaires. Elle déclare : « Je suis fière de voir les jeunes Mahorais diplômés. Cette cérémonie est un moment particulier pour notre institut. Elle marque l’aboutissement d’années de sacrifices, de doutes parfois, de nuits blanches, mais surtout de persévérance et de détermination pour tous. » Elle s’adresse ensuite aux diplômés : « Je tiens à adresser mes sincères félicitations à chacun d’entre vous. Vous pouvez être fiers du chemin parcouru. Vous avez choisi un métier exigeant, un métier de responsabilité, mais avant tout un métier profondément humain. »

Sous les applaudissements, chaque représentant prend ensuite la parole. Parmi eux, Jean-Michel Beaumarchais, directeur du CHM, évoque avec enthousiasme l’entrée dans la vie active :« Le métier que vous avez choisi est l’un des plus beaux métiers qui soient. Être infirmier, ce n’est pas seulement appliquer des soins et des protocoles, c’est accompagner une personne dans un moment souvent fragile de sa vie, rassurer, écouter, soulager et parfois sauver. C’est travailler en équipe, prendre des décisions, faire preuve de discernement, de rigueur et d’humilité. Vous serez au cœur des parcours de soins. Vous serez présents dans les établissements de santé, dans les blocs opératoires, les centres de santé, au domicile des patients, auprès des familles. Vous serez des acteurs essentiels de la qualité, de la sécurité et de l’humanité des soins. Les patients vous accorderons ce qu’ils ont de plus précieux : leur confiance. Cette confiance ne se décrète pas, elle se construit chaque jour. »

Il conclut son intervention par quelques mots en shimaoré : « CHM ya Maoré inatama na wagnou. » Les applaudissements retentissent de nouveau. Les représentants des différentes institutions se succèdent ensuite sur la scène. Ce qu’il faut retenir des différentes interventions, c’est une fierté indéfectible, une volonté affirmée d’améliorer la situation sanitaire de l’île afin de répondre aux besoins croissants de la population, de former localement des soignants compétents et profondément humains, mais aussi de poursuivre le développement des formations proposées par l’Institut. Arrive enfin la remise des diplômes. Une ambiance festive envahit les lieux. Au rythme du morceau gospel « Pilé », les diplômés se présentent tour à tour, d’un pas dansant, heureux de recevoir leur attestation de réussite ainsi que des goodies offerts par le CHM et la BFC.

Ils rejoignent ensuite leurs proches. S’ensuivent accolades, embrassades, colliers de fleurs de jasmin, bouquets de fleurs tropicales, roses rouges, séances photo et dégustation du buffet. Dans cette ferveur, Clémence Lacassin, 20 ans, diplômée IDE, réagit : « Je suis vraiment très contente. C’étaient trois longues années compliquées, que ce soit avec les apports théoriques ou les stages que nous avons effectués. C’est vraiment un soulagement d’être là aujourd’hui avec toute la promo. Cette formation nous a permis d’avoir une autre vision de la vie, de grandir et de gagner en maturité. » Elle confie également quelle a été son année favorite de la formation : « La troisième année a été ma préférée. J’ai effectué des stages où l’on me donnait davantage de responsabilités. J’étais plus à l’aise dans les partiels et nous étions beaucoup plus soudés au sein de la promotion. » Dhoifir Latuf, 25 ans, est quant à lui diplômé IBODE.

Il se trouvait en France hexagonale il y a quelques jours. Grâce au partenariat entre le CHM et le CHU de Nantes, il a participé à une première cérémonie de diplomation organisée par ce dernier. Mais ici, l’ambiance est bien différente :« Je suis très heureux d’être là. La célébration est plus libre ici. Je suis entouré de ma famille, de mon entourage. C’est vraiment un moment de partage et de convivialité. » Il partage également sa vision du futur : « L’avenir, ce sera le bloc opératoire afin d’essayer d’améliorer au maximum les conditions de travail et l’ensemble des protocoles mis en place. » Pour ce jeune diplômé, ce parcours étudiant se résume en trois mots : adaptabilité, résilience et rigueur. Aujourd’hui, l’Institut des études de santé de Mayotte accueille 115 étudiants. D’ici trois ans, sa capacité sera portée à 250 étudiants.  Selon l’Assemblée de Mayotte un financement de 1,7 million d’euros sera également assuré par le Département afin de consolider et d’améliorer les conditions de travail de l’institut. De plus, les étudiants dont les formations ont été financées par le Département-Région ont l’obligation d’exercer 9 ans sur le territoire. Mayotte compte sur ses nouveaux talents infirmiers pour renforcer un système de santé encore trop fragilisé.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS
Daphnée Zoubert

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une