Le quartier Afrique, à Sada, va pouvoir entrer dans une nouvelle étape de sa transformation. Un arrêté publié ce mardi 7 juillet reconnaît officiellement l’état d’insalubrité d’une partie du secteur, situé près du cimetière. Derrière ce document administratif, c’est un vieux projet de réaménagement qui reprend forme : améliorer les accès, sécuriser les réseaux, accompagner les familles et, lorsque cela sera nécessaire, démolir les habitations les plus dangereuses.
À Sada, le dossier ne date pas d’hier. Le quartier Afrique fait partie des secteurs repérés depuis le plan communal de lutte contre l’habitat indigne lancé en 2011. Des études avaient été menées, puis le projet avait ralenti. La municipalité qui entame son deuxième mandat dit avoir repris dès 2020 l’ensemble des opérations de résorption de l’habitat insalubre engagées sur la commune, dont celle d’Afrique, l’une des plus petites.
L’objectif affiché n’est pas seulement de traiter des logements dégradés. La commune veut aussi mieux relier ce quartier au reste du village, notamment entre le bas de Sada et Mtsangamtiti. Le projet prévoit des cheminements piétons, une amélioration de la voirie, la gestion des eaux pluviales, ainsi que la sécurisation des réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement, encore insuffisants dans cette zone très dense.
Sur le terrain, le constat dressé par l’Agence régionale de santé est sévère : certaines habitations sont mal ventilées, mal raccordées, exposées à des risques sanitaires ou situées dans des zones dangereuses. L’arrêté distingue les logements qui pourront être remis en état de ceux qui devront être démolis ou interdits à l’habitation. Ainsi, 78 % des constructions peuvent faire l’objet de travaux de remise en état, tandis que 22 % devront être démolies ou interdites à l’habitation.
Concrètement, les bâtiments déclarés insalubres irrémédiables devront être démolis dans un délai de six mois. Ceux édifiés sans droit ni titre seront également interdits définitivement à l’habitation dans un délai de trois mois. Pour les constructions remédiables, l’arrêté prescrit des travaux à réaliser dans les six mois.
Des solutions d’hébergement provisoire sont envisagées pour les ménages qui devraient quitter leur logement pendant les travaux. À l’échelle de la commune, Sada prévoit cinq opérations de résorption de l’habitat insalubre, complétées par le lotissement de Mangajou, qui doit servir de solution de relogement pour certaines situations les plus dangereuses.
Pour Mohamed Allaoui, conseiller municipal chargé du suivi du dossier, cette décision marque surtout la fin d’une longue phase d’études. « Le processus est quand même long. Depuis qu’on est arrivés on s’y est attelés et là on peut enfin passer sur la phase opérationnelle », résume-t-il. L’arrêté permet désormais à la commune de solliciter les financements nécessaires et de préparer plus concrètement les travaux.
Le chantier ne devrait cependant pas démarrer immédiatement. Après le passage du cyclone Chido, les priorités financières de la commune ont été réorientées vers la réparation des écoles et des bâtiments publics. La reprise effective des opérations dans le quartier Afrique est plutôt envisagée en 2027. Un calendrier encore lointain, mais l’arrêté publié cette semaine donne désormais un cadre au projet. Pour ce secteur enclavé de Sada, il ouvre surtout la possibilité de passer des plans aux travaux.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































