Mortalité maternelle et infantile : des taux toujours supérieurs qu’au niveau national

L’étude de Santé publique France a mis à disposition des indicateurs de périnatalité décrivant l’état de santé de la femme enceinte, du fœtus, du nouveau-né, de la grossesse jusqu’au post-partum. À Mayotte, les taux de mortalité maternelle et de mortalité infantile sont plus de deux fois supérieurs à ceux observés au niveau national. En 2024, le taux de mortalité maternelle atteint 30,9 % pour 100 000 naissances vivantes, et le taux de mortalité infantile atteint 10,55 % pour 1 000 naissances vivantes.

Entre 2013 et 2018, le taux de mortalité maternelle durant la grossesse et l’année suivant l’accouchement à Mayotte s’élevait en moyenne à 30,9 % pour 100 000 naissances vivantes. Ce taux régional était l’un des plus hauts observés en France et significativement supérieur à la moyenne nationale (11,1 décès pour 100 000 naissances vivantes). Dans l’édition 2016-2018 de l’Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles, le suicide devenait la 1re cause de mortalité maternelle (jusqu’à un an après la fin de la grossesse), et les maladies cardiovasculaires étaient la première raison de mortalité maternelle considérée jusqu’à 42 jours.

Les causes de mortalité maternelle ne peuvent être décrites au niveau régional. L’étude souligne qu’en 2024, la part des femmes de 35 ans ou plus à l’accouchement reste faible et atteint 18,6 %. À l’inverse, en 2024, les grossesses « adolescentes » (< 20 ans) restent très supérieures par rapport au niveau national (10,7 % en 2024 contre 1,8 %). La mortalité périnatale, quant à elle, regroupe deux composantes : la mortinatalité, c’est-à-dire les enfants mort-nés (décès dans l’utérus à partir de 22 semaines d’aménorrhée ou d’un poids de 500 g), et la mortalité néonatale précoce (enfants nés vivants mais décédés dans les sept premiers jours de vie, de J0 à J6).

Sur la période 2014-2022, le taux de mortalité périnatale restait toujours supérieur à 15 décès pour 1 000 naissances, un constat, là aussi, très supérieur à celui observé au niveau national. Plus précisément, à Mayotte, 94 décès de nourrissons sont survenus entre 0 et 364 jours de vie en 2024, soit un taux de mortalité infantile de 10,55 %pour 1 000 naissances vivantes, là aussi plus élevé que celui observé en France. Trente-trois décès de nourrissons sont survenus entre 0 et 6 jours de vie en 2024, soit un taux de mortalité néonatale précoce de 3,70 pour 1 000 naissances vivantes.

Des facteurs de risque impactants mais d’autres gestes notables

Santé publique France s’intéresse également aux facteurs de risque et aux comportements pouvant entraîner une période de grossesse compliquée. Le surpoids est évoqué : « En 2021, la prévalence des femmes en situation de surpoids ou d’obésité (avec un indice de masse corporelle supérieur à 25) avant la grossesse était de 56,0 % » sur le territoire. Est également mentionné le diabète, avec une hausse passant de 0,8 % en 2022 à 1,1 % en 2024. Après plusieurs années de baisse, la prévalence des femmes enceintes présentant une hypertension artérielle chronique a progressé depuis 2023.

Le bulletin met également en avant une réalité satisfaisante avec des gestes protecteurs, tels qu’une pratique de l’allaitement largement répandue : 95,4 % des femmes ont tenté d’allaiter et 94,6 % ont pu mettre en place un allaitement mixte ou exclusif en maternité. On note également un très faible taux de tabagisme. En 2021, seulement 2,6 % des femmes déclaraient fumer un an avant leur grossesse à Mayotte (contre 26,8 % en France entière). Cette proportion diminuait encore davantage au troisième trimestre de grossesse, avec un taux de fumeuses de 1,3 % (contre 11,8 % en France entière). Les parts des fumeuses un an avant leur grossesse et au troisième trimestre de grossesse étaient également plus basses que celles observées en France entière.

Le cadre de vie et la santé mentale

D’après les données de la dernière ENP de 2021, le statut conjugal des femmes ayant accouché à Mayotte n’était pas différent de celui observé au niveau national. Une grande majorité d’entre elles, soit 84,6 %, se déclarait en couple et vivait dans le même logement (contre 90,6 % en France). Par ailleurs, l’exercice d’un emploi par les femmes durant la grossesse était trois fois moins fréquent à Mayotte qu’au niveau national : seulement 23,1 % d’entre elles déclaraient occuper un emploi pendant leur grossesse, contre 68,1 % au niveau national. En 2021, le sentiment d’aisance financière des mères à Mayotte (41,6 %) était lui aussi très significativement inférieur au niveau national (57,7 %) et l’un des plus bas parmi l’ensemble des régions françaises.

En 2021, 27,6 % des femmes à Mayotte déclaraient qu’elles auraient aimé être enceintes plus tard ou ne pas être enceintes, un résultat significativement supérieur à celui de la France entière (17,1 %). Toujours en 2021, 15,0 % des femmes à Mayotte déclaraient un mauvais vécu psychologique de la grossesse, soit un résultat supérieur à celui observé en France entière (12,5 %). Après ce communiqué, l’ARS Mayotte compte agir rapidement. Une ambition stratégique 2026-2030 est déployée : construire un parcours périnatal gradué, coordonné et accessible à l’ensemble des femmes vivant à Mayotte, avec une attention particulière portée aux publics vulnérables, afin de réduire la mortalité infantile, les complications obstétricales et les ruptures de parcours.

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