Au large de Mayotte, deux naufrages de kwassas en moins de 48 heures

L’embarcation a tourné plusieurs fois sur elle-même avant de chavirer. Le chiffre de 14 naufragés est avancé. Une femme prise de convulsions et son bébé ont bénéficié de soins médicaux. Aucune information officielle n’a été donnée quant à ce qu’ils sont devenus. Il s’agit de la deuxième embarcation à chavirer en moins de 48 heures à proximité de la barrière de corail.

Une embarcation de type kwassa-kwassa aurait chaviré aux environs de 21 heures mercredi soir, au large de la barrière de corail, du côté des Badamiers à Labattoir. Les informations dont dispose la rédaction de Flash Info indiquent la présence de 14 personnes à bord de cette barque en provenance de l’île comorienne d’Anjouan.

C’est une patrouille aérienne qui l’aurait repérée en premier et signalée au poste de commandement de la Marine nationale situé sur le rocher de Dzaoudzi. La « Daruba », un intercepteur de la gendarmerie, aurait ensuite été envoyée sur zone afin de procéder à son arraisonnement.

Selon une source bien informée, le kwassa aurait été repéré visuellement à 5 000 mètres nautiques en dehors du lagon. À l’inverse du reste de Mayotte, la Petite-Terre forme un ensemble avec la barrière de corail et, à cette période de l’année, les passeurs affectionnent particulièrement cette zone pour débarquer en raison de courants marins favorables.

Selon notre source, une fois à proximité du kwassa, l’équipage aurait ordonné au conducteur de l’embarcation de couper son moteur. Mais, en guise de réponse, ils l’auraient vu tourner sur lui-même pendant quelques instants avant de chavirer. Tout laisserait penser qu’à cet instant précis, un individu autre que le passeur se trouvait aux commandes du kwassa, ce qui expliquerait son incapacité à maîtriser les mouvements de l’embarcation.

L’ensemble des occupants aurait été repêché par les gendarmes. Parmi eux se trouvaient une femme et un bébé, qui auraient fait l’objet d’une prise en charge médicale à leur arrivée sur la terre ferme. La femme aurait notamment été victime de convulsions.

Pour l’heure, les autorités n’ont fourni aucune information relative à l’état de santé de cette femme prise en charge médicalement ni à celui de son enfant.

Ce naufrage fait suite à un autre accident maritime du même type survenu moins de 48 heures auparavant, toujours hors du lagon, du côté de Koungou, non loin des Badamiers. Il concernait 11 personnes découvertes fortuitement par une patrouille de la Police aux frontières (PAF) à l’aube, vers 5 h 20.

Le pilote de la vedette aurait repéré un écho sur son radar et, en s’approchant de la zone, aurait entendu des appels au secours. Onze personnes auraient alors été secourues. Elles se seraient agrippées à leur embarcation après son chavirement hors du lagon. Portées par les courants, elles auraient réussi tant bien que mal à pénétrer à l’intérieur du lagon, ce qui aurait contribué à leur sauver la vie.

Leurs deux passeurs les auraient abandonnées à leur sort et auraient nagé vers le rivage sans laisser de traces.

À l’approche des vacances d’été, les drames de ce genre sont fréquents entre Anjouan et Mayotte, sans jamais parvenir à décourager les candidats à la migration clandestine, dans un contexte que certains qualifient de passivité complice des autorités de l’Union des Comores.

Rackets et trafics de toutes sortes prolifèrent à cette période de l’année, faisant le bonheur des bandes criminelles et des trafiquants d’êtres humains. Les mêmes n’hésitent pourtant pas à dénoncer les dangers de ce bras de mer meurtrier de 70 kilomètres séparant Anjouan de Mayotte.

Les réseaux sont si profondément imbriqués dans la société comorienne que différentes couches de la population tireraient profit de ce commerce macabre, au point que les plus hautes autorités de l’Union des Comores ne verraient aucun intérêt à y mettre un terme.

Dès qu’un réseau est démantelé, un autre prendrait aussitôt sa place, bénéficiant des protections nécessaires pour asseoir son activité criminelle. Lorsque ce n’est pas l’armée comorienne qui le protège, ce serait la police, avec des soutiens jusque dans les plus hautes sphères du ministère comorien de l’Intérieur, selon certaines publications de la presse indépendante de l’archipel.

D’ici à la fin de l’hiver austral, le pire est peut-être encore à venir.

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