Remontée contre le gouvernement Le Cornu dans sa façon à gérer les dossiers urgents de Mayotte, Anchya Bamana a quitté l’île jeudi soir, après plusieurs jours passés sur le terrain en compagnie d’autres députés membres de la délégation outre-mer de l’Assemblée nationale. L’annulation de plusieurs visites ministérielles dans l’archipel ce mois juin, a appelé de sa part une cascade de critiques.
Une mission de la délégation des outre-mer à l’Assemblée nationale a séjourné cette semaine à Mayotte. Cette délégation qui comprend des députés ultramarins et hexagonaux avait pour objectif de constater directement sur le terrain la réalité de l’île une année et demie après le passage du cyclone Chido. « Entre ce que disent les fonctionnaires de l’État sur ce territoire et la réalité du terrain, il y a un monde« , affirme Anchya Bamana la députée RN de la 2 nde circonscription legislative de Mayotte qui participe à cette mission. « Notre rôle est de venir constater la réalité sur le terrain afin que nous puissions contrôler l’action du gouvernement sur le territoire« , a-t-elle fait remarquer.
Ce déplacement de parlementaires à Mayotte était axé sur la thématique du développement économique en Outre-mer et s’agissant particulièrement du 101ème département français, elle fait suite à de très nombreux auditions sur place durant lesquelles l’ensemble des acteurs entendus se sont accordés sur le fait que ce développement économique ne pourrait se matérialiser tant des bases essentielles ne seront pas posées, à savoir, la lutte contre l’insécurité, la pénurie d’eau qui pénalise l’activité des entreprises, celle de l’éducation nationale et la vie simplement des Mahorais qui est mise à mal par ces manquements.
« Tant que ces conditions ne seront pas réunies, il ne sera pas possible d’avoir un développement économique harmonieux sur notre île, et pour moi cette mission est une occasion d’avoir des témoins afin que la parole des parlementaires de cette île ne soit mis en doute à l’Assemblée nationale comme c’est parfois le cas lorsque nous défendons certains sujets. L’union faisant la force, le fait d’avoir d’autres députés, dont certains ultramarins, qui se déplacent jusqu’ici constitue un atout dans la défense des intérêts de Mayotte à Paris« , a rajouté Anchya Bamana.
Celle-ci n’a pas manqué de commenter le report sine die de plusieurs visites ministérielles programmées dans le courant de ce mois de juin 2026, notamment du Premier ministre Sébastien Le cornu, du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, ainsi que de leurs collègues de la santé et de l’Education nationale.
La lecture que la députée mahoraise fait de ces annulations de visite est que « depuis Chido la réalité de notre territoire est connue de tous à Paris et comme ce gouvernement n’a pas la volonté de faire ce que nous lui demandons, le démantèlement en urgence de ce camp de la honte, l’accélération des procédures des dispositifs d’asile, faire jouer la solidarité nationale et le renvoie chez eux de tous les déboutés de l’asile par la coopération diplomatique. Le Centre Hospitalier de Mayotte n’est pas calibré pour recevoir toute la misère du monde et ce n’est pas du racisme que de dire la vérité. Mayotte est confrontée à une immigration illégale de grande ampleur et l’État ne déploie pas les moyens pour y faire face. Devant la risque que fait peser le virus Ébola, nous continuons à demander la fermeture des frontières maritimes car ne pas le faire équivaudrait à un abandon du territoire « . Pour elle, si tous ces ministres tergiversent pour ne pas se rendre sur l’île c’est qu’ils n’ont pas la volonté d’apporter les mesures que leur demandent les habitants de Mayotte.
A l’instar de sa collègue Estelle Youssouffa qui a indiqué mardi 2 mai 2026 au ministre des Affaires Étrangères, Jean-Noël Barrot, que les Mahorais ne lâcheront rien face au exigences comoriennes dans le cadre des JIOI (Jeux des Îles de l’Ocean Indien), Anchya Bamana prévient le gouvernement à son tour, « ils ont de toute façon le couteau sous la gorge car nous ne lâcherons pas« , au préfet de Mayotte qu’elle a reçu cette semaine et avec lequel elle aurait un entretien cordial, elle lui aurait tenu ce qu’elle considère comme un langage de vérité, « nous ne lâcherons pas sur l’immigration clandestine de masse, aucun maire de l’île ne délivrera un terrain pour accueillir un camp officiel du gouvernement français« . La députée rend le gouvernement responsable de cette situation devenue non maîtrisable.
Elle a évoqué le refus des membres du gouvernement Le Cornu, il y a deux semaines à l’Assemblée nationale, de déployer les moyens de la marine française en mer dans le canal de Mozambique et à la frontière avec Anjouan pour limiter les entrées massives de migrants illégaux à Mayotte. « Comme ils n’ont pas voulu le faire, ils se retrouvent pris dans leur propre piège, et nous ici nous demandons la fermeture de ces frontières, que la France prenne ses responsabilités pour protéger ce territoire« .
A l’approche de la réunion des ministres des pays membres de la Commission de l’Océan Indien prévue pour se tenir à Moroni lundi prochain 8 juin 2026, au cours de laquelle la France prendra officiellement la présidence tournante de cette institution régionale, Anchya Bamana s’est voulue très clair sur le sujet de l’intégration de Mayotte dans cette entité : « c’est une affaire franco-française, on ne viendra pas me dire que la cinquième puissance militaire du monde n’a pas les moyens de faire fléchir nos voisins comoriens sans pour autant générer trop de problèmes« .
Pour Anchya Bamana la France doit avoir la volonté politique d’assumer Mayotte et être ferme à l’égard des Comores et du reste du monde. Une position qu’elle aurait déjà signifié par courrier à Jean-Noël Barrot à la suite d’une récente mission sur la diplomatie ultramarine au sein de la nation tenue par la délégation des Outre-mer de l’Assemblée nationale. Sa conclusion personne de ce dossier de Mayotte.
Journaliste politique & économique


































