Des mesures renforcées pour sécuriser les déclarations en ligne et protéger les données personnelles des citoyens, une simplification des démarches — notamment pour les travailleurs indépendants grâce à un parcours « fiscalo-social » — ainsi que l’accès aux espaces France Services dans cinq localités hors Mamoudzou : autant de dispositifs (parmi d’autres) déployés cette année par la DRFIP dans le cadre de la campagne déclarative 2025, lancée le 9 avril 2026.
Mayotte compte cette année 90 000 foyers fiscaux, bien que peu d’entre eux soient imposables. Ce chiffre est en nette augmentation, la DRFIP enregistrant chaque année entre 2 000 et 3 000 nouveaux foyers fiscaux.
Pour annoncer le lancement de cette campagne, Jean-Bernard Nilam, directeur du pôle gestion fiscale de Mayotte à la DRFIP, a organisé une conférence de presse hier après-midi au siège de l’institution, situé à Mamoudzou, dans le quartier de Boboka, afin de relayer un maximum d’informations auprès de la population.
Cette année, la campagne déclarative a débuté le 9 avril 2026 pour les usagers utilisant les outils numériques. Pour ces derniers, elle prendra fin le 4 juin 2026. Au-delà de cette date, les retardataires s’exposeront à une majoration de 10 %. Par ailleurs, ils ne pourront plus accéder au site dédié à compter du 23 juin 2026.
Les contribuables ayant opté pour une déclaration papier bénéficient d’un délai plus long : ils ont jusqu’au 19 mai 2026 pour déposer leur déclaration. Ils pourront être accueillis dans les locaux de la DRFIP du lundi au jeudi de 8 h à 12 h, et le vendredi de 8 h à 11 h.
Il est également possible d’effectuer ces démarches dans les espaces France Services répartis dans cinq localités de l’île : Bouéni (sud), Dembéni (est), Combani (centre), Hamjago (nord) et en Petite-Terre.
« Les usagers qui le souhaitent pourront bénéficier sur place d’un accompagnement pour l’utilisation des outils informatiques », a précisé Jean-Bernard Nilam.
Des mesures de sécurité renforcées
Cette année, deux nouvelles mesures ont été mises en place afin de renforcer la sécurité des données personnelles des déclarants, notamment face à la montée des cybermenaces.
Ces dispositifs, identiques à ceux appliqués dans l’Hexagone et dans les autres territoires d’outre-mer, visent à lutter contre les cybercriminels capables d’imiter presque parfaitement les sites gouvernementaux.
« La messagerie dispose désormais d’un espace doublement sécurisé, comme l’a annoncé le ministre des Finances, avec une volonté forte de simplifier les démarches », a expliqué Jean-Bernard Nilam.
Concrètement, un usager pourra poser une question simple, comme : « J’ai un enfant à charge, à quels avantages fiscaux ai-je droit ? » L’intelligence artificielle lui apportera directement une réponse adaptée, sans nécessiter la saisie de nombreuses informations personnelles.
Par ailleurs, pour accéder à leur espace personnel sur le site impots.gouv.fr, les contribuables devront désormais franchir un niveau de sécurité supplémentaire, en plus de leur identifiant et mot de passe, grâce à un code d’authentification.
Ces mesures répondent à un contexte de menaces accrues sur Internet, qui touchent particulièrement les publics les plus vulnérables, souvent moins familiers avec les outils numériques.
Un parcours simplifié pour les indépendants
Autre nouveauté majeure introduite cette année à la demande du ministre des Finances : la mise en place d’un « parcours fiscalo-social » destiné à simplifier les démarches des travailleurs indépendants, de plus en plus nombreux sur le territoire.
Désormais, ils n’auront plus à distinguer le calcul des cotisations à l’URSSAF d’un côté et celui de l’impôt de l’autre. Les deux dispositifs sont harmonisés, avec l’application d’un abattement forfaitaire de 26 %, afin d’éviter des calculs complexes liés aux déductions spécifiques.
Cette réforme est jugée positive par les spécialistes de la fiscalité, en raison des simplifications qu’elle apporte, et pourrait encore évoluer dans les années à venir.
La DRFIP souligne enfin que ces dispositifs visent à encourager le civisme fiscal. Elle reconnaît qu’un grand nombre de contribuables ont, par le passé, renoncé à déclarer leurs revenus non par volonté de fraude, mais en raison de la complexité des démarches.
Journaliste politique & économique



































