Médaillé d’or au Salon de l’agriculture pour son savoir-faire dans la culture de la vanille, Foundi Madi, originaire de Tsingoni, possède plus de 50 ans d’expérience. Passionné, il défend la transmission de son métier, convaincu que partager son savoir est essentiel pour préserver la filière mahoraise.
Kofia sur la tête, chombo à la main, c’est à l’ombre d’un arbre à pain que Foundi Madi nous accueille. Regard perçant, barbe taillée, l’homme semble incarner la sagesse. Sur ses terres de Tsingoni, qu’il partage avec son épouse, il cultive bien plus que de la vanille : une philosophie de vie fondée sur le partage.
Lors du Salon de l’agriculture en février dernier, Foundi Madi a été lauréat de la médaille d’or au concours agricole organisé par le ministère de l’Agriculture. Une distinction qui relève de l’évidence pour son association. « Pour nous, c’est logique », confie Julie, coordinatrice de Saveurs et Senteurs de Mayotte, une association dont Foundi est adhérent et qui l’accompagne dans la structuration de sa filière. Elle souligne son engagement sans faille : « Il transmet toujours avec la même énergie et la même passion. »
Une vie dédiée à la terre
Sur sa plantation, le temps semble suspendu, l’homme ne tient pas en place. Ici, tout est affaire de patience et d’attention. « La vanille, c’est une liane. Elle peut pousser à partir d’un pied, mais elle demande un entretien constant », explique-t-il. Depuis plus de cinquante ans, il cultive la terre avec passion, sans jamais se lasser. « Ce n’est pas non plus fait pour les jeunes : il faut être délicat pour la polliniser. »
Le malavouni, pour lui, est un véritable lieu de vie. Un endroit où il a rencontré son épouse, et où il vient encore se réfugier lorsque les soucis s’accumulent. Il évoque aussi une époque révolue, où il fallait prouver sa valeur en coupant du bois à la hache pour être digne de se marier. « À l’époque, tu étais un homme quand tu avais un champ et des vivres. » Une époque où l’agriculture était vivrière et non encore tournée vers la professionnalisation.
Transmettre pour préserver
Foundi Madi défend une conviction simple : « Il faut d’abord donner », insiste-t-il. Une valeur qui, selon lui, tend aujourd’hui à disparaître. « Si je donne, la personne est contente. C’est une logique simple, presque mathématique. » Une générosité débordante, que souligne Julie avec humour : « Il donne tellement que parfois, ça ne rentre même pas dans les caisses de l’association. »
Témoin du temps qui passe, l’agriculteur a connu des périodes difficiles. Après le passage du cyclone Chido, il a tout perdu. « Mais je suis un cultivateur : c’est normal pour moi de revenir ici. Chaque année m’encourage à continuer », affirme-t-il.
Aujourd’hui encore, il tente de transmettre aux plus jeunes. À ses petits-enfants, il montre concrètement ce que peut rapporter le travail de la terre. La veille, il accueillait d’ailleurs une classe de première du lycée de Sada, une commune dans laquelle il a été scolarisé.
Engagé dans le développement de la filière vanille mahoraise, Foundi Madi participe désormais aux réflexions sur son avenir : structuration, valorisation, exploitation. Un engagement qu’il vit comme une reconnaissance. « Grâce à leur soutien, c’est encourageant », confie-t-il. Lui qui souhaite se développer de manière collective.
Car au fond, son combat dépasse la simple agriculture. « Je fais quelque chose que tout le monde aime, quelque chose de primordial et indispensable à notre vie », conclut-il.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.



































