MACF : le patronat salue une possible exemption de quatre ans

Le Parlement européen a adopté, le 15 septembre, un amendement ouvrant la voie à une exemption temporaire du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les régions ultrapériphériques. Le Groupement patronal de Mayotte (GPM) considère cette évolution comme une avancée importante pour les entreprises et la reconstruction du territoire.

Pour le Groupement patronal de Mayotte, cette décision répond à une préoccupation exprimée depuis plusieurs mois. L’organisation estime qu’une application uniforme du MACF aurait pu alourdir les coûts d’importation dans un territoire particulièrement dépendant des approvisionnements extérieurs.

Les conséquences économiques du dispositif sont particulièrement surveillées dans le secteur de la construction. Les matériaux nécessaires à la reconstruction, au logement et aux infrastructures sont largement importés depuis l’environnement régional.

Selon le GPM, l’application du MACF sans adaptation territoriale aurait pu se traduire par une hausse des coûts pour les entreprises et, indirectement, par une pression supplémentaire sur les prix payés par les ménages.

L’organisation patronale évoque également un risque pour la coopération économique régionale, alors que Mayotte doit continuer à s’approvisionner auprès de pays voisins en l’absence, dans de nombreux cas, d’alternatives européennes accessibles.

Une mobilisation engagée depuis plusieurs semaines

Le GPM rappelle avoir alerté le cabinet du Premier ministre lors de la visite de ce dernier à Mayotte, les 26 et 27 août 2026, sur les conséquences potentielles d’une application uniforme du MACF.

Cette position a ensuite été formalisée dans une note de suivi adressée au Premier ministre le 9 septembre. Le GPM y demandait qu’une exemption, ou à défaut une adaptation territoriale du mécanisme, soit défendue auprès des autorités nationales et européennes.

L’organisation souhaitait également disposer d’un état des lieux détaillé de l’exposition de Mayotte au MACF : produits concernés, codes douaniers, pays d’origine des importations, volumes importés, secteurs utilisateurs, nombre d’opérateurs concernés et estimation des surcoûts.

Dans son communiqué, le GPM salue particulièrement l’initiative de Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen, ainsi que l’engagement des parlementaires ayant soutenu l’amendement.

Le groupement met également en avant l’action de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Lors de son déplacement à Mayotte, la ministre avait échangé avec des représentants du GPM dans les locaux d’Expert RH, à Dzoumogné. Elle avait alors indiqué vouloir porter ce dossier au regard de ses conséquences potentielles sur le coût des matériaux de construction, la coopération régionale et l’inflation.

L’amendement adopté par le Parlement européen prévoit une dérogation de quatre ans, renouvelable, qui pourrait être activée par l’État membre concerné.

Pour autant, le dispositif n’est pas encore définitivement acté. L’amendement doit désormais être confirmé dans le cadre des négociations avec le Conseil de l’Union européenne. Dans l’intervalle, les obligations actuelles liées au MACF demeurent applicables aux entreprises concernées.

Le GPM appelle donc à poursuivre la mobilisation. L’organisation considère cette étape parlementaire comme une première reconnaissance des spécificités économiques de Mayotte, tout en soulignant que la transition écologique ne doit pas, selon elle, se traduire par une nouvelle hausse des charges pesant sur les entreprises ou le pouvoir d’achat.

Le groupement associe à cette démarche plusieurs acteurs économiques et institutionnels, notamment la FMBTP, l’AIM, le syndicat des transitaires, la FEDOM, les services de la douane, les services extérieurs du conseil départemental et de la région, ainsi que les importateurs ayant participé aux réunions consacrées au MACF.

Pour le patronat, le prochain enjeu sera désormais de transformer le vote du Parlement européen en une exemption effectivement applicable à Mayotte.

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Soldat
Journaliste

Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.

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