1 mort dans le naufrage d’un « kwasa » entre Anjouan et Mayotte

Partie avec 11 migrants clandestins à son bord, une embarcation de fortune aurait chaviré en mer entre Anjouan et Mayotte, dimanche 16 août 2026, faisant un mort parmi les passagers. Les rescapés auraient accusé une patrouille des garde-côtes comoriens d’avoir délibérément provoqué le drame en tentant de stopper l’embarcation contre la volonté de son conducteur.

Drame en mer, ce dimanche, dans le bras de mer d’environ 70 km qui sert de frontière entre Mayotte et l’île d’Anjouan (Union des Comores). L’information, qui comporte encore de nombreuses zones d’ombre, fait la Une de plusieurs médias de l’Hexagone (AFP, Le Monde, Le Figaro, 20 Minutes, Ouest-France, Sud-Ouest, Memento).

Un migrant aurait perdu la vie dans le chavirement d’une embarcation de type « kwasa », après que celle-ci aurait été prise en chasse par une patrouille des garde-côtes comoriens. Selon les informations fournies par les rescapés de ce drame en mer, 11 ressortissants comoriens avaient cherché à entrer illégalement sur le territoire de Mayotte au moyen de cette embarcation.

En cours de route, ils seraient tombés sur une patrouille des garde-côtes de leur propre pays, qui aurait tenté de les arraisonner. Le conducteur du kwasa ayant volontairement ignoré les injonctions des militaires comoriens de s’arrêter, une course-poursuite se serait alors engagée. Dans des circonstances qui restent encore floues, une personne aurait perdu la vie au cours de cette manœuvre. Les survivants auraient ensuite réussi à atteindre Mayotte, en accostant sur l’îlot de Mtsamboro, à la pointe nord du 101e département français.

C’est à cet endroit précis qu’ils auraient été récupérés et secourus par les autorités compétentes en matière de lutte contre l’entrée illégale sur le territoire national.

Que s’est-il exactement passé dans cette affaire ? « Mystère et boule de gomme » ! Ce qui semble en revanche confirmé, c’est que, pour une fois, aucun élément ne permet à ce stade de mettre en cause les services français, traditionnellement accusés, à tort ou à raison, de provoquer les naufrages de ce genre d’embarcations tentant d’atteindre les côtes mahoraises.

Côté comorien, des accusations similaires sont régulièrement portées à l’encontre des garde-côtes, dont « certains responsables monnaieraient le droit de passage auprès des organisateurs des filières de migration clandestine depuis l’île d’Anjouan ». Une accusation récurrente au sein des communautés comoriennes installées à Mayotte, bien qu’aucun élément n’ait, à ce jour, permis de l’étayer depuis plusieurs années.

Bien qu’elle soit particulièrement meurtrière, cette voie migratoire demeure la plus prisée des candidats à l’émigration vers Mayotte en provenance ou en transit des Comores, qu’ils soient comoriens, ressortissants d’Afrique continentale, arabes ou malgaches.

C’est d’ailleurs dans ce contexte particulier que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) tente, depuis une semaine, de sensibiliser les communautés malgaches du Boeny (province de Majunga) – qui entretiennent de fortes affinités culturelles et historiques avec les Mahorais – aux risques des traversées vers Mayotte, rapporte le média en ligne 2424.mg.

Dans un article publié il y a cinq jours, ce média explique qu’une campagne de sensibilisation a été lancée lundi dernier, en partenariat avec la police et les douanes malgaches, « dans le but de prévenir les départs irréguliers et mieux protéger les populations exposées aux risques de la migration maritime ».

Programmée pour durer cinq jours, cette campagne de sensibilisation aurait visé les communautés locales sur cinq sites, en ciblant notamment les femmes et les jeunes. Selon nos confrères de 2424.mg, cette action de sensibilisation aurait porté sur « les dangers des traversées maritimes vers Mayotte, les comportements à adopter en cas d’incident en mer et les moyens de signaler une situation à risques ».

Les autorités comoriennes, qui s’emmurent dans un déni de leur responsabilité première dans le départ de leurs ressortissants vers Mayotte, seraient bien inspirées d’imiter ce type de campagne de sensibilisation.

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