À l’appel de l’intersyndicale, les agents de la fonction publique ont manifesté ce mardi 29 septembre, dans le cadre d’une journée nationale de grève. Au gel du point d’indice et au manque de moyens s’ajoutent des revendications propres au territoire, notamment sur l’indexation des salaires, la sécurité et les conditions de travail.
À l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, une journée nationale de grève s’est tenue mardi 29 septembre, à quelques jours de la présentation du budget 2027. CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP dénoncent notamment le gel du point d’indice, les conditions de travail et le manque de moyens dans les services publics. Cette mobilisation intervient alors que l’exécutif prépare un budget marqué par la nécessité de réduire les dépenses, avec un déficit public attendu à 5,4 % du PIB en 2026 et une dette qui a atteint 119 % du PIB au deuxième trimestre.
À Mayotte, les syndicats ont ajouté à ces revendications nationales la revalorisation de l’indexation des salaires, la sécurité des agents et la reconnaissance de certains métiers. La journée s’inscrit dans un climat social déjà tendu sur le territoire. Plusieurs mouvements sont en cours dans les services publics, notamment au centre hospitalier de Mayotte, où des agents exercent leur droit de retrait pour dénoncer l’insécurité et où un autre préavis porte sur les rémunérations et les conditions de travail. Dans l’Éducation nationale, le lycée du Nord est toujours bloqué par des parents et des syndicats et des droits de retrait ont également été exercés au lycée de Sada.
Dans le cortège, parti de la place de la République pour rejoindre le Rectorat avec un passage par le CHM, les revendications nationales sur les salaires se mêlent donc aux problématiques propres à Mayotte.
“Tout est lié au pouvoir d’achat”
Le gel du point d’indice, qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires, est au cœur de la mobilisation. Concrètement, si ce point reste gelé, la base de calcul des salaires ne change pas : il n’y a donc pas de revalorisation générale liée au point d’indice, alors que les prix peuvent continuer d’augmenter.
Pour Rivo Rakotondravelo, responsable syndical et secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976, “tout est lié au pouvoir d’achat”. Il dénonce le gel du point d’indice et la perspective d’une nouvelle année sans revalorisation. À Mayotte, il met notamment en avant “l’égalité des droits”, la convergence des minima sociaux et la revalorisation de l’indexation des salaires. Il rappelle que plusieurs corps de fonctionnaires sont concernés, notamment dans la police, l’hôpital, l’Éducation nationale et les finances publiques.
Dans un communiqué joint, les syndicats demandent notamment une hausse d’au moins 20 points du taux d’indexation des salaires et l’alignement des droits à Mayotte. Ils réclament également l’alignement des droits sociaux sur ceux de l’Hexagone, un plan pluriannuel de titularisation des enseignants et agents contractuels, ainsi qu’une meilleure prise en compte de la situation des contractuels ressortissants de pays non européens. Les conditions particulières d’exercice à Mayotte sont également mises en avant, notamment pour les AESH, les personnels médico-sociaux et les agents territoriaux.
Police, éducation nationale, lycéens
Les policiers mettent eux aussi en avant des revendications nationales et des difficultés propres au territoire. Blandine Rostang, déléguée adjointe de l’Unsa Police à Mayotte, cite la revalorisation du point d’indice et les évolutions envisagées pour les agents qui souhaitent poursuivre une activité après leur retraite. Localement, le syndicat demande notamment une revalorisation de l’indexation pour les policiers adjoints, les contractuels et les personnels administratifs, ainsi qu’un différentiel de logement élargi.
Elle réclame également davantage d’effectifs et de moyens matériels, alors que l’état des véhicules et les conditions de travail quotidiennes sont pointés du doigt. Pour elle, les agents déjà présents sur le territoire doivent aussi pouvoir bénéficier des mesures et avantages accordées aux renforts.
Dans l’Éducation nationale, les syndicats déplorent des effectifs trop importants dans les établissements. Un membre du SNEP-FSU Mayotte dénonce des classes de REP+ qui dépassent la trentaine d’élèves en moyenne contre 19 dans l’Hexagone, avec, dans certains cas, jusqu’à 47 élèves. Le communiqué intersyndical réclame également que tous les établissements de Mayotte soient reconnus comme relevant de l’éducation prioritaire et que les personnels exerçant dans les lycées bénéficient d’une prime équivalente à celle versée en REP et REP+. Les syndicats demandent par ailleurs la construction de plateaux sportifs scolaires dignes et de quatre piscines flottantes.
Dans le cortège, les agents publics n’étaient toutefois pas les seuls à faire entendre leurs revendications. Plus d’une trentaine de lycéens du lycée Younoussa Bamana ont rejoint la mobilisation pour dénoncer à leur tour leurs conditions d’étude, les problèmes de sécurité et les difficultés de transport.
Journaliste




































