À Dzoumogné, plus de 100 habitations du quartier Maevantana-Majimbini promises à la démolition

128 constructions du quartier Maevantana-Majimbini, à Dzoumogné, sont déclarées insalubres. Selon un arrêté préfectoral du 24 juillet, 104 d’entre elles, soit 81 % doivent être démolies en raison de leur état jugé irrémédiable.

La procédure avait été engagée il y a deux ans par l’ancienne municipalité de Bandraboua. Le quartier Maevantana-Majimbini, situé à proximité du centre médical de référence (CMR) de Dzoumogné, avait alors été signalé aux autorités afin d’être déclaré insalubre.

L’arrêté préfectoral pris le 24 juillet, et publié le 13 août, vient désormais officialiser ce périmètre insalubre et détaille le sort de 128 constructions. Le diagnostic de l’Agence régionale de santé, établi en octobre 2024, fait état de logements exposant leurs occupants à de nombreux risques : insuffisance ou absence des réseaux d’eau potable, d’assainissement et d’électricité, difficultés de voirie ou encore exposition aux risques naturels.

À l’intérieur des logements, les autorités relèvent également des défauts d’aération et d’éclairage, des constructions sommaires en bois et en tôle, l’absence de fenêtres ou encore le défaut de raccordement aux principaux réseaux. Parmi les conséquences possibles figurent des maladies infectieuses, hydriques ou respiratoires, mais aussi des risques de chute, d’électrocution et d’incendie.

Le Coderst, consulté le 2 juillet, a estimé qu’il était possible de remédier à l’insalubrité de seulement 19 % des constructions. Pour les 81 % restantes, la démolition ou l’interdiction d’habiter a été retenue.

104 démolitions et 24 logements à réhabiliter

Dans le détail, 104 constructions doivent être démolies. Une est une habitation régulière, 92 ont été édifiées sans droit ni titre et onze autres, également sans droit ni titre, sont données à bail.

Pour ces constructions irrémédiablement insalubres, la démolition doit intervenir dans un délai de six mois et l’interdiction définitive d’habiter dans un délai de trois mois. Lorsque des locataires sont concernés, leur bailleur doit leur proposer une solution de relogement adaptée à leurs ressources et à leurs besoins. En cas de défaillance, le relogement devra être assuré par la personne publique à l’initiative de l’opération, ou par son concessionnaire.

À l’inverse, 24 constructions pourront être conservées à condition de faire l’objet de travaux. Vingt sont occupées par les personnes à l’origine de leur construction et quatre sont données à bail. Les prescriptions portent notamment sur l’aération, l’étanchéité, les installations sanitaires et électriques ou encore l’évacuation des eaux usées et pluviales.

Ces travaux devront eux aussi être réalisés dans un délai de six mois. À défaut, une mise en demeure pourra être adressée aux occupants ou aux bailleurs. Si elle reste sans effet, l’administration pourra aller jusqu’à interdire définitivement l’habitation et ordonner la démolition du bâtiment.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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