Le tribunal administratif a confirmé, ce jeudi 18 juin, les résultats du premier tour des élections municipales de M’tsangamouji, mettant un terme au recours déposé par les candidats Ousmane Ahamada Siaka et Allaoui Zoubert. Les deux requérants demandaient l’annulation du scrutin du 15 mars 2026, dénonçant de nombreuses irrégularités qu’ils estimaient de nature à fausser le résultat des urnes.
Dans leur requête, les deux candidats mettaient en cause la régularité des listes électorales, affirmant que des centaines d’électeurs auraient été inscrits sans résider réellement dans la commune, parfois avec des contreparties financières. Ils dénonçaient également des radiations arbitraires, un traitement inégal des demandes d’inscription, un recours jugé excessif aux procurations, ainsi que des irrégularités durant la campagne électorale et le jour du vote.
Après examen des pièces produites, le tribunal a toutefois considéré que ces accusations n’étaient pas suffisamment étayées. Les magistrats rappellent notamment qu’une simple liste établie par les requérants ou des soupçons non accompagnés de preuves ne permettent pas de démontrer l’existence de manœuvres frauduleuses ayant pu altérer la sincérité du scrutin.
Les procurations au cœur des débats
L’un des principaux arguments portait sur le nombre élevé de votes par procuration, qui a atteint 1 245 sur près de 4 800 électeurs inscrits. Si les juges reconnaissent l’importance de ce chiffre, ils soulignent qu’aucun élément ne permet d’établir que ces procurations étaient irrégulières ou qu’elles auraient bénéficié exclusivement à la liste victorieuse.
Le tribunal rappelle qu’un nombre important de procurations, à lui seul, ne constitue pas une preuve de fraude électorale.
Les requérants dénonçaient également l’attribution de marchés publics à une entreprise présentée comme proche du directeur de campagne du maire sortant, estimant qu’il pouvait s’agir d’un financement déguisé de la campagne.
Là encore, le tribunal juge que les documents produits ne démontrent pas l’existence d’un financement prohibé ni d’un détournement de fonds publics susceptible d’avoir influencé le scrutin.
Les candidats battus s’appuyaient aussi sur la forte progression du nombre de votants par rapport aux municipales de 2020. Le tribunal relève cependant que cette hausse s’explique notamment par une participation plus élevée et par la présence d’une liste de moins qu’en 2020. Ces seuls éléments ne permettent donc pas de présumer une fraude.
Le recours définitivement rejeté
Au terme de son analyse, le tribunal estime qu’aucune des irrégularités invoquées n’est suffisamment démontrée ni de nature à remettre en cause la sincérité du scrutin. Il rejette en conséquence la demande d’annulation des élections municipales de M’tsangamouji.
Les juges refusent également d’accorder au maire réélu les 2 000 euros qu’il réclamait au titre des frais de justice.
Cette décision confirme donc définitivement, à ce stade de la procédure, la victoire de Saïd Maanrifa Ibrahima dès le premier tour des élections municipales du 15 mars 2026.
Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.



































